ANDREA KOTARAC : « Il y a un problème systémique dans notre pays sur la pédophilie » (France Info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous pouvez nous citer une mesure précise qui aurait permis d'éviter ce drame ?
- 0:57RelanceÉludée
Une priorisation ?
- 1:23FerméeRéponse partielle
Donc vous, ça aurait été la mesure ? C'est-à-dire dire, voilà, c'est une priorité ?
- 1:43RelanceRéponse partielle
Vous parlez de manque de moyens, mais le budget de la justice est en constante hausse depuis 2017.
- 2:34RelanceRéponse partielle
Sauf que vous dites vouloir donc lutter contre les violences sexuelles. Mais quand on regarde de près ce qui se passe à l'Assemblée nationale, le RN ne vote pas les textes.
- 3:41OuverteRéponse partielle
Est-ce que ce matin vous demandez sa tête ou celle du garde des sceaux Gérald Darmanin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« on a un vrai problème avec la pédophilie dans ce pays. »
- 0:33Invité politiqueChiffre
« Souvenez-vous, quand même, il y a quelques mois, on a 75, même 80 personnes poursuivies, voire mises en examen dans le périscolaire à Paris. »
- 0:42Invité politiqueFait
« La mairie a pris des animateurs qui étaient suspectés d'eux pour les transférer dans un autre arrondissement. »
- 1:06Invité politiqueFait
« ce Jérôme Barrella était en liberté. »
- 1:52Invité politiqueChiffre
« 11 milliards et puis 10 milliards pour l'Union européenne, 40 milliards pour l'immigration. »
- 2:28Invité politiquePromesse
« Ma priorité, c'est protéger la petite enfance, donner les moyens de la justice, construire des places de prison, expulser les délinquants étrangers. »
- 3:14Invité politiqueFait
« On avait aussi les textes suffisants pour expulser cette femme algérienne qui avait tué la petite Lola. »
- 3:57Invité politiqueFait
« M. Nunez vit sur la planète Mars parce que lors des émeutes, y compris du Paris Saint-Germain, dans 71 villes de France où les Français ne peuvent plus voir ces images d'abribus cassés, de policiers attaqués, de tirs aux mortiers qui sont quand même interdits normalement dans notre pays, il a dit que la situation était sous contrôle. »
- 4:50Invité politiqueFait
« Ce n'est pas le Rassemblement National qui le dit. Emmanuel Macron lui-même, le président de la République, le dit. »
- 6:06Invité politiqueChiffre
« on a 91% des Français qui demandent à la justice d'être plus sévères. »
- 6:19Invité politiqueChiffre
« Les macronistes voulaient construire 15 000 places de prison. »
- 7:57Invité politiqueFait
« Je rappelle que M. Mélenchon a réélu deux fois M. Macron. »
- 8:30Invité politiqueFait
« M. Mélenchon a passé 5 ans à faire du racialisme, c'est-à-dire à faire primer la couleur de peau, la religion avant le fait d'être français. »
- 8:44Invité politiqueFait
« M. Mélenchon est pour l'autonomie de la Corse, l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. »
- 8:49Invité politiqueFait
« Il manifestait avec des islamistes du CCIF, une organisation dissoute par le ministre de l'Intérieur. »
Temps de parole
- Andréa Kotarac67 %
- Présentateur33 %
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Bonjour Andréa Cotarac. Hier, plus de 6000 personnes sont rassemblées pour participer à une marche blanche en hommage à la jeune Liana. Après chaque drame comme celui-ci, la classe politique promet qu'il n'y aura plus jamais d'affaires Liana. Est-ce que vous pouvez nous citer une mesure précise qui aurait permis d'éviter ce drame ?
Il faut évidemment des instructions. Prioriser la protection de la petite enfance.
Il y a eu une circulaire, 25 janvier 2025. C'était la deuxième priorité.
Oui, bien sûr, mais vous savez, on a un vrai problème avec la pédophilie dans ce pays. Souvenez-vous, quand même, il y a quelques mois, on a 75, même 80 personnes poursuivies, voire mises en examen dans le périscolaire à Paris. La mairie a pris des animateurs qui étaient suspectés d'eux pour les transférer dans un autre arrondissement. Puis pour revenir, vous voyez sur l'affaire Liana, quand même, il y a eu plusieurs plaintes, plusieurs affaires avant cela, avec même une parente d'une victime qui a dit...
Une priorisation ?
Ah ben, excusez-moi, on a quand même un problème dans ce pays, puisque vous voyez bien qu'après trois ou quatre affaires de viol ou d'attouchement sexuel, ce Jérôme Barrella était en liberté. C'est d'ailleurs cette liberté qui lui a permis de kidnapper, violer et tuer la petite Liana. Pardon, mais je crois que chaque téléspectateur et chaque famille est meurtrie dans le cœur et dans l'esprit par ce type d'affaires. La protection de la petite enfance, c'est la priorité aujourd'hui dans le pays. Ça doit être la priorité.
Donc vous, ça aurait été la mesure ? C'est-à-dire dire, voilà, c'est une priorité ?
Mais on manque évidemment de moyens. La justice manque de moyens. Quand vous avez quatre plaintes, quand vous avez des mamans qui viennent et qui disent « Ma petite-fille a été violée par cet homme », violée et que cet homme, si on en croit vos confrères, attend la petite Liana chaque matin devant l'école, dans sa voiture, pardon, mais on a un vrai problème.
Vous parlez de manque de moyens, mais le budget de la justice est en constante hausse depuis 2017. 7 milliards. Aujourd'hui, c'est 11 milliards.
Oui, 11 milliards et puis 10 milliards pour l'Union européenne, 40 milliards pour l'immigration. Et le reste, qu'est-ce qu'on priorise ? Vous savez, le budget, c'est peut-être le texte le plus important en politique. Parce que ça fixe les choix budgétaires et les choix politiques. C'est pas un tableur Excel. L'argent, il y en a. Reste à savoir quelles sont nos priorités. Est-ce que c'est de distribuer des prestations sociales aux primo-arrivants, ceux qui n'ont pas encore cotisé ? Est-ce que c'est de donner de l'argent à Mme van der Leyen qui nous met des couteaux dans le dos sur le Mercosur, par exemple, en foulant au pied la démocratie française ? Voilà. Quelles sont les priorités ?
Ma priorité, c'est protéger la petite enfance, donner les moyens de la justice, construire des places de prison, expulser les délinquants étrangers. Bon, ben tout ça, vous voyez, après 10 ans de macronisme, on en est très loin.
Sauf que vous dites vouloir donc lutter contre les violences sexuelles. Mais quand on regarde de près ce qui se passe à l'Assemblée nationale, le RN ne vote pas les textes. Deux exemples. 28 janvier 2025, les députés RN se sont abstenus sur un texte qui renforce la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. 1er avril 2025, ils ont voté contre la nouvelle définition pénale du viol. Où est la cohérence entre vos paroles et les actes ?
Mais moi, je vais être très clair avec vous. On a aussi eu de très grandes critiques avec le texte contre l'immigration de M. Darmanin. Pourquoi ? Parce que ce texte était nul, mis à part le titre. Vous savez, sur le viol, on a tout ce qu'il faut. Et il n'était pas utile de redéfinir le viol pour arrêter M. Barrella et permettre à Liana d'être aujourd'hui en vie. On avait aussi les textes suffisants pour expulser cette femme algérienne qui avait tué la petite Lola. On avait tous les textes prévus. Moi, je ne me demande pas des textes. Je ne demande pas de l'inflation législative.
Je demande à ce que le politique exécute ces textes, expulse les délinquants étrangers et mette en prison des pédophiles qui mettent en péril notre vie.
Le politique, entre autres, je parle du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez qui hier soir a reconnu un échec mais écarte une démission. Est-ce que ce matin vous demandez sa tête ou celle du garde des sceaux Gérald Darmanin ?
M. Nunez vit sur la planète Mars parce que lors des émeutes, y compris du Paris Saint-Germain, dans 71 villes de France où les Français ne peuvent plus voir ces images d'abribus cassés, de policiers attaqués, de tirs aux mortiers qui sont quand même interdits normalement dans notre pays, il a dit que la situation était sous contrôle. Deux morts, un policier gravement blessé. Est-ce qu'il doit démissionner ? Aujourd'hui, il nous explique que tout va bien. Oui, il y a un petit échec. Mais c'est tout le macronisme qui doit démissionner. C'est-à-dire à ça qu'on s'emploie. On ne peut plus voir ces gens aujourd'hui. Tous les feux sont au rouge sur le macronisme.
Le taux de pauvreté, le taux de défense d'entreprise, les dettes, le déficit et l'ensemble de ces affaires dites « faits divers » qui sont en fait des vrais « faits de société ».
Gérald Darmanin convoque ce matin à 8h30 les procureurs généraux. Il a promis des sanctions à l'encontre de certains magistrats impliqués en fonction des résultats d'une enquête d'inspection. Il faut sanctionner davantage les magistrats ?
Je pense que l'initiative de M. Darmanin, pour le coup, n'est pas mauvaise puisque c'est, à mon avis, lui-même la seule hypothèse qu'il pouvait remplir. Il y a eu des dysfonctionnements. C'est incontestable. Ce n'est pas le Rassemblement National qui le dit. Emmanuel Macron lui-même, le président de la République, le dit. Le problème, c'est que M. Darmanin est un ministre qui était au pouvoir depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron en 2017. Et ça m'embête à chaque fois de voir M. Nunez réunir les gens parce qu'il y a un problème. M. Darmanin réunir, là aussi, pour permettre une enquête administrative et des sanctions contre des magistrats. On ne peut plus réunir.
Maintenant, il faut agir. Il y a un problème systémique dans notre pays sur la pédophilie.
Donc, vous dites qu'il faut sanctionner davantage les magistrats.
S'il y a eu des erreurs, je ne veux pas être en enquête avant l'enquête.
Bien évidemment. Est-ce que vous êtes d'accord avec la proposition de Bruno Rotaillot qui propose de créer une cour disciplinaire de la magistrature composée notamment de citoyens tirés au sort justement pour sanctionner ces magistrats en cas de manquement ?
M. Rotaillot, on aurait aimé qu'il soit ministre. C'était le ministre de l'Intérieur. C'est assez étonnant qu'il propose une multitude d'idées les unes après les autres alors qu'il était au pouvoir aussi. Il est comptable de ce bilan-là, M. Rotaillot. Maintenant, me concernant, je sais qu'en étant juriste...
Mais vous êtes d'accord avec sa proposition ?
Je ne sais même pas. Elle est assez floue. Je vais vous dire la vérité. Elle est assez floue comme d'ailleurs la ligne des LR est toujours floue depuis maintenant des années. Mais la question, c'est la suivante. Il faut réunir le peuple français de sa justice. Vous savez, chaque décision de justice est prononcée au nom du peuple français. Et quand vous voyez les sondages, on a 91% des Français qui demandent à la justice d'être plus sévères. On voit aujourd'hui la petite délinquance, la grande délinquance. Les Français considèrent qu'elle n'est pas assez sévère et sanctionnée. J'ajoute que les macronistes voulaient construire 15 000 places de prison. C'est votre sujet tout à l'heure.
Moi, je vous le dis.
Un dernier mot, parce qu'on doit avancer. Pendant la marche blanche, Jordan Bardella a été photographié dans le carré VIP du Grand Prix de Monaco, vert à la main en compagnie de sa compagne Maria Carolina de Bourbon des Deux Siciles. Est-ce qu'il n'y a pas un décalage fort entre le candidat supposé du peuple et puis ce côté bling-bling ?
Et vous, vous étiez où ?
Moi, je ne suis pas responsable politique. Je suis encore moins possible candidate à la présidence.
Si c'est ça l'argument pour attaquer Jordan Bardella...
Non, mais est-ce que ce n'est pas troublant quand même de voir ces deux images télescopées ?
Moi, je vais vous dire, Jordan Bardella aspire à de grandes responsabilités dans ce pays, notamment à être Premier ministre si Marine Le Pen est présidente de la République. Par conséquent, le fait qu'il soit avec sa fiancée ce week-end ne me surprend pas plus que ça. Ce qui me surprend, moi, c'est qu'on a Jérôme Barrella, pédophile, qui vraisemblablement, en tout cas, est présumé assassin et violeur, lui, était en liberté. Vous voyez, ce n'est pas le fait que M. Bardella soit VIP, je ne sais où, qui me choque. Ce qui me choque, c'est que M. Barrella était en liberté et a permis de tuer et violer Liana.
À force de rentrer dans le système, est-ce que vous ne risquez pas, le Rassemblement national, de ne plus incarner le vote contestataire au détriment d'un vote Jean-Luc Mélenchon, qui, lui, reste un vote anti-système ? Vous le connaissez bien, Jean-Luc Mélenchon, puisque vous avez fait un petit bout de chemin avec lui aux côtés des...
Vous savez, Jean-Luc Mélenchon a fait son grand meeting. Vous savez, la France insoumise est toujours révolutionnaire avant le premier tour. Je pense que c'est Gabriel Attal et Edouard Philippe qui sont contents de voir qu'il y ait du monde à ce meeting, puisqu'ils sont révolutionnaires avant le premier tour et ils sont une voiture balai du macronisme entre les deux tours. Je rappelle que M. Mélenchon a réélu deux fois M. Macron. Il a réélu Mme Borne, M. Darmanin, aux élections législatives contre l'URN. Donc s'il y a bien quelqu'un qui est dans le système, c'est M. Mélenchon.
Lors de ce grand meeting à Saint-Denis, effectivement, ça se passait hier, Jean-Luc Mélenchon a ciblé le Rassemblement national. Il vous a accusé de nourrir un nouveau projet politique, celui d'une volonté de hiérarchisation humaine pour dominer les peuples en les divisant en ethnie et en religion. Pour lui, vous êtes des suprémacistes. Est-ce que vous lui répondez quoi ce matin ?
Je lui réponds que c'est amusant quand même parce que M. Mélenchon a passé 5 ans à faire du racialisme, c'est-à-dire à faire primer la couleur de peau, la religion avant le fait d'être français. Au Rassemblement national, c'est l'exact inverse. On est français, on ne regarde pas la couleur de peau ni la religion et il est temps à un moment donné de réunir ce peuple français qui est si fracturé depuis 10 ans de macronisme. Je rajoute que M. Mélenchon est pour l'autonomie de la Corse, l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Il manifestait avec des islamistes du CCIF, une organisation dissoute par le ministre de l'Intérieur.
Donc s'il y a bien quelqu'un qui frappe cure et divise les Français, c'est Jean-Luc Mélenchon.
Rapidement, hier, il a particulièrement ciblé Jordan Bardella. On se souvient que le président du Rassemblement national avait pointé du doigt la Nouvelle-France comme étant responsable des violences après le match du PSG. La Nouvelle-France pour Jean-Luc Mélenchon, c'est une France plus métissée, urbaine, jeune et populaire. Elle vous pose des problèmes, cette Nouvelle-France ?
M. Mélenchon propose à Nouvelle-France la créolisation ou je ne sais quoi. Il dit même que le monde rural, on s'en fiche. C'est seulement les banlieues qui comptent. Ce n'est pas ma conception de réunir les Français. Vous savez, l'extrême pauvreté, ce n'est pas les banlieues. C'est les villes les plus éloignées dans le monde rural. Donc si vous voulez, la Nouvelle-France est bien. Mais quel est le projet de Jean-Luc Mélenchon ? Il analyse la société, certes, merci M. Évidence, mais quel est son projet sur la sécurité, sur l'immigration et sur le reste ? Je ne le sais pas.
Et pour vous, ce sera un formidable candidat de second tour ? Vous souhaitez que Marine Le Pen ou Jordan Bardella soient face à lui ?
Peu importe. Je pense que si les Français veulent du changement, ils voteront au Rassemblement national, puisque tous les autres se réunissent pour se distribuer les places contre nous.
Merci Andréa Cotara. Merci à vous. Bonne journée à vous. Bonne journée à vous.
Andréa Kotarac