Marianne Maximi, députée LFI du Puy-de-Dôme | Politiques, à table !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 62 %Attaque 18 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00RelanceRéponse directe
Vous dénoncez l'enfumage de François Bayrou sur le budget, mais aujourd'hui, c'est plutôt votre truffade qui est accusée d'enfumage.
- 12:00FerméeRéponse partielle
La truffade contient-elle vraiment des truffes ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Vous mangez de la charcuterie avec la truffade ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Vous êtes flexitarienne ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Que pensez-vous de l'interdiction des termes 'saucisse végétale' ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Comment faites-vous vos courses ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 20:00Marianne MaximiFait
« Moi, je ne me définis pas comme flexitarienne. Enfin ce n'est pas un mot que j'utilise. J'évolue juste vers quelque chose qui me semble en cohérence avec mes idées politiques. »
- 25:00Marianne MaximiFait
« Le Conseil d'Etat vient tout juste d'annuler l'interdiction d'appeler des produits végétaux avec des termes de boucherie ou de charcuterie. »
- 30:00Marianne MaximiFait
« Moi, j'essaie de manger moins de viande. J'en mange encore, mais j'en mange moins. »
- 40:00Marianne MaximiFait
« Il y a zéro transition et zéro anticipation des modes de consommation, des évolutions des modes de consommation, aussi de l'inflation qui a durement impacté le panier des Français. »
- 1:00:00Marianne MaximiChiffre
« Selon le Secours populaire en 2024, plus d'un Français sur trois n'a pas eu accès à trois repas par jour. »
- 1:05:00Marianne MaximiFait
« Le repas à 1 euro pour les étudiants a été voté. »
- 1:10:00Marianne MaximiFait
« Le scorbut, une maladie qu'on pensait disparue, qui a un manque de produits frais, de carence de vitamines, la maladie du marin. Aujourd'hui, des enfants en France souffrent du scorbut. »
- 2:00Fait
« Le pruneau est arrivé plus tard, au XIXe siècle, lorsque les marins bretons ont troqué leur morue contre le pruneau d'Agen riche en vitamine C, idéal donc pour lutter contre le... -Le scorbut. »
- 4:00Fait
« La maladie des navigateurs qui vient aujourd'hui être la maladie des pauvres en France. »
- 5:00Fait
« C'est une recette qui est plutôt accessible, qui est populaire. »
- 7:00Fait
« C'est aussi issu de la cuisine d'origine populaire, celle des travailleurs, travailleuses, qu'ils soient des marins ou des bergers ou des gens qui étaient ouvriers ou ouvrières à l'usine. »
- 9:00Fait
« C'est un chant antifasciste italien qui est très connu en Italie, qu'ici on ne connaît pas. »
- 10:00Fait
« On l'a beaucoup écouté, nous, à Clermont. On l'a beaucoup écouté entre nous. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Générique (...) (...) Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Politiques à table, l'émission qui cuisine l'actualité politique et gastronomique.
On vous apporte sur un plateau des reportages saisis à point, des discussions dorées au four et une invitée qui apprécie la bonne chair. Bonjour Marianne Maximi. -Bonjour. -Et bonjour Jean-Pierre Montanay. -Bonjour Valérie. -Marianne Maximi, vous êtes députée La France Insoumise de la première circonscription du Puy-de-Dôme.
Des volcans aujourd'hui éteints qui ont pourtant su réveiller en vous la fibre politique. Dès l'université, vous militez auprès de l'Union Nationale des Etudiants de France. Vous marchez contre la politique de Nicolas Sarkozy pour les luttes syndicales et la défense des sans-papiers.
Des combats que vous porterez jusqu'à la mairie de Clermont-Ferrand. Depuis 2014, vous êtes conseillère municipale de la capitale Auvergnate. Connaissances et convictions qui ont fusionné dans un magma qui bouillonne ici à l'épicentre de vos engagements, l'Assemblée nationale, élue en 2022 et réélue après la dissolution de l'été dernier.
Vous êtes aujourd'hui membre de la commission des finances, mais aussi de la commission d'enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l'enfance, une mission dans laquelle vous partagez votre expérience d'éducatrice spécialisée. Un parcours volcanique qu'on retrouve dans le menu du jour, n'est-ce pas Jean-Pierre ? -Bien sûr, avec de l'Auvergne au menu et une truffade et un peu de Bretagne en dessert avec un far breton. -Dans Le dessous des plats, nous rejoindrons les équipes de la Soupe Populaire à l'église Saint-Eustache à Paris.
Vous le verrez, cette initiative aide les sans-abri, bien sûr, mais aussi de plus en plus de travailleurs et travailleuses pauvres. -Dans Les pieds dans le plat, pot au feu, hachis parmentier, crème caramel. Le chef étoilé Thierry Marx s'est lancé dans le Bouillon pour faire rimer qualité et petit prix. -Voilà pour le menu, passons à table et je vous propose de nous ouvrir l'appétit avec Cuisine et confidences.
Jingle -Marianne Maximi, avec vos compères de LFI, vous dénoncez régulièrement, je cite : "l'enfumage, l'entreprise même d'enfumage de François Bayrou" pour faire passer son budget auprès des députés, notamment des socialistes. Mais aujourd'hui, je dois le dire, l'enfumage, il est plutôt de votre côté. Je m'explique, "enfumer", je rappelle, Valérie, que ça signifie "abuser", "tromper par des promesses ou des mensonges".
Alors, cette truffade, parlons-en. Lorsque j'ai commencé à raconter que j'allais partager une truffade avec une députée LFI, les railleries ont fusé illico. Dis donc, elle ne s'embête pas, hein ?
Déguster des truffes aux frais de la princesse, c'est chaud ! Et oui, si on n'est pas Auvergnat, si on n'a jamais goûté une truffade de sa vie, il faut bien reconnaître que le mot truffade vient de truffe, donc ça paraît assez logique d'imaginer qu'il s'agit d'une recette truffée. Etymologiquement, "truffade" trouve son origine dans le mot occitan "Truffada", qui donne en français truffe.
Mais c'est là que ça se complique. Car "truffe", en occitan auvergnat, ça veut dire "pomme de terre". Bref, patate.
Si ça, c'est pas de l'enfumage, Marianne Maximi. Et oui, avec Valérie, on était persuadés de se taper la cloche avec une assiette pleine de truffes. Or, nous voilà devant de vulgaires patates couvertes de fromage filet.
Zéro truffe, quel tromperie, quelle désillusion. Bref, cette truffade, c'est juste une cousine de l'aligot, c'est ça, non ? -Alors, on peut le voir comme ça.
La truffade, c'est un plat auvergnat, mais un plat simple et qui vient des bergers. Donc, c'est un plat plutôt des milieux populaires avec deux ingrédients principaux. Donc c'est justement le contraire de ce qu'on imagine avec la truffe.
C'est plutôt l'inverse, c'est-à-dire une cuisine très simple qui tient au corps pour travailler en montagne, donc de la pomme de terre et de la tomme fraîche. Donc voilà, c'est l'inverse. -Je vous propose justement qu'on la goûte cette truffade, elle sent très bon.
On remercie le restaurant Le Bourbon qui chaque semaine nous prépare les plats réclamés, demandés par les députés. Est-ce que...
Voilà, est-ce que c'est ce que vous faites à la maison par exemple ? Elle est bonne ? -Alors elle est bonne, effectivement c'est un plat que j'aime bien car il est simple à cuisiner, il n'est pas cher.
Ca représente une cuisine qui me parle, alors c'est un plat qu'on ne mange pas tous les jours, qui est calorique, on ne va pas se mentir, mais qui est quand même un plat assez accessible avec des produits locaux qu'on trouve très facilement, même ici à Paris d'ailleurs. Et moi, j'aime la cuisiner. J'en ai mangé beaucoup quand j'étais jeune.
Ca me fait penser à pas mal de choses de mon enfance et de ma ville, en fait, de ma région aussi, qui est un plat qu'on trouve beaucoup dans les restaurants à Clermont-Ferrand. -Vous le disiez, c'est assez calorique, c'est riche. Ca veut dire que vous, vous ne faites absolument pas attention à votre ligne et même plus généralement à la nutrition, à ce que vous mangez ? -Ca ne veut pas dire ça, mais que j'aime cuisiner plein de choses, et manger plein de choses et donc, avoir des fois des plats qui sont un peu plus caloriques et puis des fois des choses beaucoup plus simples et plus saines. -Vous équilibrez comme ça ? -J'équilibre plutôt sur la durée, mais j'aime aussi me faire plaisir avec des choses qui sont bonnes, qui me parlent, qui me rappellent plein de choses et puis que j'ai envie de transmettre aussi ici, en fait, à la télé, mais aussi que je transmets à mes enfants, à mes amis, que j'aime bien faire découvrir quand des gens viennent dans ma région. -Je reviens sur la confusion truffe, truffade, car même au Bourbon, quand on leur a demandé une truffade, ils se sont dit : "Mince, il faut mettre des truffes, on ne sait pas si on a." Quand vous invitez des gens qui ne sont pas auvergnats, vous leur servez une truffade, là aussi, ils se sentent bernés ? -Non, je n'ai jamais eu la réflexion. -C'est nous les truffes, c'est ça ? -Je n'irai pas jusque-là, mais... -En revanche, j'ai vu qu'il existait une truffade gastronomique... -Avec de la truffe ? -Oui, parce qu'il y en a un qui a dû se dire : "Une truffade, ça sent la truffe, il n'y en a pas, on va en rajouter." Vous avez déjà goûté ? -Non. -C'est comme la vôtre, mais on rajoute soit des lamelles de truffe blanches, soit des lamelles de truffe, ça ne doit pas être mauvais.
Ca fait moins un Cucina Povera, mais ça ne doit pas être mauvais. -Je connais peu la truffe. -C'est un plat, vous me dites, si je ne me trompe pas, mais qu'on sert généralement avec de la viande, qui peut être accompagnée de saucisses ou de charcuterie.
Là, ce n'est pas le cas, mais est-ce que vous, par exemple, ça vous dérange qu'on mange encore de la charcuterie ou de la viande avec la truffade ? -Non ça me dérange pas mais il y a des plats qui des fois se suffisent à eux-mêmes et la truffade pour le coup avec une salade c'est suffisant mais ça peut être servi et tout le monde peut manger comme il le souhaite cette truffade, la cuisine est aussi faite pour évoluer, pour se mélanger, pour représenter là où on en est dans la société et effectivement aujourd'hui...
Moi, j'essaie de manger moins de viande. J'en mange encore, mais j'en mange moins. J'ai fait le choix aussi de manger de la viande de meilleure qualité.
Et donc, c'est aussi parce que mon pouvoir d'achat en tant que députée a aussi augmenté, on ne va pas se mentir. Mais de dire qu'il y a des plats qui ne sont pas nécessairement accompagnés de protéines animales, en tout cas de viande. Et on peut manger des choses qui sont très bonnes.
Là, pour le coup, il y a de la protéine quand même, c'est du fromage. Mais qui sont simples. Donc ça, c'est important.
Mais je peux la servir aussi avec du jambon cru d'Auvergne. Ca se mange avec plein de choses. -Vous êtes flexitarienne, on l'entend beaucoup, alors, Politiques à table ça tombe bien, nous on mêle politique et table, mais on a l'impression que la viande est un sujet politique parce que tous les députés qui viennent ici nous disent : "Je mange de la viande de meilleure qualité mais moins souvent." On ne peut pas dire autre chose que ça ? -C'est une évolution et puis moi c'est raccord avec ce que je pense sur des questions de transition écologique, parce qu'on sait aussi l'impact de la consommation, de la production de viande et donc de sa consommation.
Et on sait aussi qu'on a pris des habitudes de manger beaucoup de viande qui ne sont pas nécessaires non plus à notre santé. Donc voilà. Moi, je ne me définis pas comme flexitarienne.
Enfin ce n'est pas un mot que j'utilise. J'évolue juste vers quelque chose qui me semble en cohérence avec mes idées politiques. Et puis, je mangeais peu de viande aussi quand j'étais plutôt précaire.
C'est aussi un produit... -Ca coûte cher la viande. -Les gens, des fois, ne le font pas par choix, mais parce que oui, en termes de pouvoir d'achat, c'est compliqué.
Moi, je ne suis pas végétarienne, mais effectivement, j'essaie de cuisiner de plus en plus de recettes sans viande, notamment les soirs. Et après, quand j'en mange, j'essaie de manger des bons plats avec de la viande de qualité, souvent locale, parce que je pense que c'est important aussi de changer notre rapport. -Alors, pas végétarienne, mais justement sur ce rapport politique, vous le savez, le Conseil d'Etat vient tout juste d'annuler l'interdiction d'appeler des produits végétaux avec des termes de boucherie ou de charcuterie.
Donc maintenant, on a le droit, on a re le droit de dire : "la saucisse végétale", "le steak de soja". Vous en pensez quoi ? C'était une demande des éleveurs. -Oui, c'est une demande des éleveurs.
Et en même temps, c'est aussi comment on fait rentrer dans la vie quotidienne des gens des plats qui correspondent aussi à une alimentation qui est équilibrée, différente. -Vous avez déjà goûté, vous, du saucisson de soja ? -Le saucisson non, mais il y a des productions qui sont intéressantes.
C'est important de pouvoir aussi compléter. L'utilisation de ce mot-là, moi, ne me choquait pas. Après, c'est un vrai débat, j'entends, chez les éleveurs.
Moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est que les gens aient accès à une nourriture de qualité, produite le plus possible dans des bonnes conditions, que les éleveurs soient bien rémunérés pour le travail qu'ils fournissent, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Le débat, pour moi, ne s'y situe pas autour de l'appellation, j'aimerais qu'il y ait des prix planchers pour que les éleveurs et producteurs puissent vivre de leur travail, et vivre correctement de leur travail. Le débat devrait se situer là.
Là, c'est un peu une diversion aussi, dans le débat politique qui nous anime. -Oui, mais il y a une chose importante. Les bouchers sont furieux, un steak de boucher, c'est un vrai steak.
Il n'y a pas de soja. J'ai même interrogé des véganes en disant : "C'est débile et schizophrénique. Vous ne voulez pas manger de viande et vous voulez l'appeler "steak"." C'est intéressant quand on voit "steak végétal" ou "saucisse végétale", pour la ménagère, elle sait le cuisiner.
Parce qu'elle se dit : "Ca se cuisine comme un steak." "Ca se cuisine comme une saucisse." -"Je sais faire." -Voilà.
Parce qu'autrement, elle se retrouve devant un objet non identifié et elle ne sait pas quoi en faire. C'est aussi pour lui donner une direction, une piste. Ca se prépare comme un steak.
C'est pour ça que ce débat...
Comme Valérie l'a dit, on n'a pas arrêté parce que ça fait au moins quatre fois que ça change. Et ça va rechanger. Dans deux mois, on va refaire une émission pour nous dire que ça a été à nouveau annulé.
C'est parce qu'il y a un vrai débat qui est intéressant et pour les bouchers et pour ceux qui ne sont pas... -Et celles et ceux qui achètent. -Et ceux qui cuisinent aussi. -Et donc, justement, comment vous faites ?
Vous faites vos courses comment ? -Alors, quand je peux, parce que là, c'est pareil, la vie, elle change quand on doit passer la moitié de son temps à Paris, mais dès que je suis chez moi, je fais mes courses, j'essaie de faire le marché, mais on ne va pas se mentir non plus, la vie quotidienne fait que des fois, on va dans le supermarché, on achète aussi des produits rapidement, parce que c'est aussi les contraintes de tout un chacun quand on a une vie de famille, quand on a du travail, quand on a beaucoup de choses à faire, mais en tout cas, on privilégie à la maison plutôt des produits frais sur les marchés, sur...
Justement, aller chez un boucher, par aller en grande surface. Mais des fois, la vie quotidienne fait qu'aussi, on est contraint d'aller dans des endroits qui sont moins en cohérence avec nos idées. Mais moi, je ne suis pas là pour faire la morale aux gens sur la façon dont ils consomment.
Il faut faciliter, effectivement, d'autres moyens de consommer, mais on n'en est pas là encore aujourd'hui. Pareil pour la cuisine. Moi, j'aime beaucoup cuisiner, mais il y a des soirs, quand on est fatigué, quand on a une grosse journée, que les enfants sont impatients, les pâtes trois minutes, ça dépanne aussi.
Donc voilà, c'est la réalité de la vie quotidienne aujourd'hui des familles. Et après, quand on a le temps, effectivement, c'est important de prendre plaisir à cuisiner, de prendre plaisir à manger et à le transmettre aussi avec ses enfants, je pense. -Vous vous définissez comment ?
Gourmet, gourmande, curieuse ? -Alors moi, je suis très curieuse sur ce qui concerne l'alimentation. Il y a plein de choses que j'apprends à aimer aussi, même aujourd'hui. -Des produits exotiques ?
Par exemple, il y a un an de ça, les sushis, je n'aimais pas. -Ah oui ? C'est pour dire que les goûts, tout ça évoluent au fil de la vie. -C'est le poisson cru qui vous rebutait ? -Oui, je n'étais pas très fan et puis j'ai essayé régulièrement et puis maintenant, je trouve ça assez délicieux.
Donc, c'est important de se dire que c'est une éducation et que l'éducation se fait tout au long de la vie et qu'il faut être curieux, effectivement, aller chercher d'autres inspirations aussi. Moi, j'aime beaucoup découvrir plein de cuisines différentes. Après, j'aime beaucoup aussi... -Cuisine du monde aussi ? -Cuisine du monde, oui, effectivement.
J'aime beaucoup. la cuisine libanaise, découvrir d'autres façons de manger, d'autres produits, mais j'aime aussi partager les produits qui viennent de chez moi. Nous, on parle beaucoup de créolisation dans notre programme politique et je pense que l'alimentation en fait partie aussi et je trouve ça vachement intéressant de pouvoir faire évoluer des plats de pouvoir mélanger des cultures, avoir accès et on a la chance en France d'avoir aussi beaucoup d'accès à d'autres restaurants, à d'autres cultures.
On est un pays riche de son immigration et donc, d'un point de vue culinaire, on peut découvrir beaucoup de choses ici à Paris, mais aussi à Clermont-Ferrand. Donc voilà, moi je suis plutôt très curieuse de goûter des choses, découvrir et d'apprendre à aimer de nouvelles choses. -On m'a dit que vous êtes la reine des samoussas.
Vous les faites comment ? -Non, je ne suis pas la reine des samoussas. C'est vrai, c'est très créolisé chez moi c'est pas du tout académique, mais souvent, je bricole avec ce que j'ai et donc j'aime beaucoup mélanger des choses, faire des expériences.
C'est un peu ça, c'est un peu la réalité qui est des fois...
Des fois, on n'anticipe pas tout, donc on découvre, on essaye de faire des choses... mélanger des produits qu'on a et de faire découvrir de nouvelles saveurs.
Donc voilà, je n'ai pas un plat que je fais... -Il n'y a pas de plat signature chez vous ? -La truffade ! -Vous avez dit que ce n'est pas très compliqué à faire. -Ca dépend.
Il y a plein d'écoles de truffade, mais ce n'est pas si compliqué. J'aime beaucoup faire des lasagnes. En tout cas, faire ce que mes enfants aiment manger aussi.
J'aime faire découvrir des choses qui me plaisent. -Vous parlez de vos enfants et de la transmission. Vous faites la cuisine avec eux ?
Je ne sais pas quel âge ils ont, mais ils sont en âge de pouvoir... -Oui, ils sont en âge.
Le plus grand a 9 ans et le plus petit a 3 ans. Mais par exemple, le petit dernier, depuis qu'il est sur ses deux jambes, il adore regarder la cuisine, participer, éplucher des légumes, les couper, mélanger. C'est une passion dévorante chez lui.
Et je crois que mes enfants aiment manger. Parce que nous, on prend plaisir aussi à manger. C'est important.
C'est la base d'une bonne santé aussi, c'est d'avoir du plaisir à manger et à partager des repas. Parce qu'il y a le fait de cuisiner et de partager ces repas-là avec des amis, avec de la famille, même si ce n'est pas toujours évident dans une vie très chargée. Mais en tout cas, de s'asseoir autour d'une table et de passer du temps ensemble, la nourriture est un bon support pour ça. -Qu'est-ce que vous cuisinez d'autre ?
Des lasagnes...
Vous avez d'autres plats ? -Plein de choses...
J'aime bien cuisiner des moussakas. Quand j'ai le temps, j'aime bien cuisiner des choses qui prennent du temps. J'ai aussi des moments où on est sur quelque chose de très rapide.
Voilà, c'est comme ça. Mais j'aime bien cuisiner, découvrir, essayer des choses, plutôt dans le salé, mais aussi dans les desserts. Enfin, faire des goûters maison, c'est un peu le défi qu'on s'est fixé aussi, de ne pas acheter de gâteaux en emballage et d'essayer de faire les choses.
Mais c'est pareil, je le fais quand j'ai le temps. Il ne faut pas se culpabiliser, car la vie quotidienne est faite aussi de moments où on n'a pas forcément le temps. Mais voilà, quand je peux, je le prends et je prends plaisir à le faire. -Clermont, c'est au centre de la France.
Il n'y a pas plus éloigné que des côtes bretonnes, méditerranéennes. Vous parlez des sushis. Je ne sais pas d'où ils viennent, les sushis.
Vous mangez un peu de poisson quand même ou ce n'est pas dans la culture auvergnate ? -C'est moins dans la culture auvergnate. Ma famille paternelle vient de Bretagne.
Je vois ce que c'est la culture de la pêche. C'est pour ça qu'il y a un far breton après. Je vois ce que c'est une région où il y a de la pêche, où on a accès à des produits très frais et très bons.
En Auvergne, il y a des poissonneries qui font des bons produits, mais il y a moins de culture, effectivement, en tout cas de produits de la mer, plutôt de rivières, en tout cas de pêche d'eau douce. Je cuisine moins le poisson, effectivement, mais par contre, j'ai une histoire familiale liée avec des recettes en poisson. -Et vous parliez de faire vos courses et parfois, en effet, en supermarché, évidemment, ça m'amène à parler de la grande distribution, avec notamment Auchan, l'hypermarché de Clermont-Ferrand Nord, si je ne dis pas de bêtises, et le supermarché d'Aurillac, 200 emplois qui vont être supprimés.
Comment vous regardez les choses ? Et surtout, j'ai cru comprendre que c'était tout un tissu local qui allait disparaître. -Effectivement.
C'est le plan social national d'Auchan. Donc, c'est 2 500 suppressions d'emplois. Mais sur ma circonscription, c'est pas loin de 200 emplois qui vont disparaître avec la fermeture d'un hypermarché.
Alors, oui, c'est des modèles qu'on peut questionner, qui sont voués à évoluer. -J'allais le dire. Peut-être que c'est une bonne chose ? -Ca ne l'est pas d'un point de vue de l'emploi et quand il n'y a pas de préparation.
Il y a zéro transition et zéro anticipation des modes de consommation, des évolutions des modes de consommation, aussi de l'inflation qui a durement impacté le panier des Français. Et donc, c'est une décision qui est douloureuse, qui est injuste pour les salariés parce que c'est leur travail, c'est leur gain de pain, c'est des familles entières qui vont être plongées dans la précarité et c'est tout un quartier aussi. Un quartier populaire où, justement, l'accès à des boutiques différentes, à des modes de consommation un peu différents.
Par exemple, il n'y a pas de marché sur ce quartier-là. Et donc, c'est le seul lieu pour consommer. Et ce n'est pas faire la promotion de la grande société de consommation quand je dis ça, mais aussi, quand je parle de vie quotidienne, il faut aussi être au niveau de là où on en est.
Et ces gens qui habitent dans ce quartier populaire qui est ma circonscription, n'ont pas d'autres lieux pour faire leurs courses. Et je rappellerai que les hypermarchés, ce n'est pas que des produits frais, c'est aussi la vie quotidienne, là aussi, des produits ménagers. Et ça, ça disparaît.
Et surtout, dans des grandes surfaces comme celle-ci, il y a des galeries commerçantes où là, il y a des commerces, des pharmacies, des cafés, et dans des quartiers où il n'y en a pas d'autre. En là, c'est la disparition de tout un tissu économique pour les habitants et les habitantes. Et pour l'instant, il n'y a pas de repreneur.
Et c'est un plan social qui est très, très violent, qui ne concerne pas que Clermont-Ferrand, mais qui, en tout cas, ma circonscription, incarne vraiment... des licenciements économiques, parce que c'est ça dont il s'agit à Auchan, et le fait de voir des quartiers populaires être complètement relégués encore plus.
Déjà, les services publics, sont difficiles à maintenir dans les quartiers populaires. On le voit avec l'austérité. C'est les endroits où ça disparaît en premier.
Et quand même le privé s'en va, ça crée des catastrophes aussi sociales pour les habitants. -Vous suivez ça de près, on le comprend...
Qu'est-ce qu'aujourd'hui, vous, à votre échelle de député, vous pouvez faire ? Vous êtes en discussion avec les autorités locales, avec peut-être les syndicats aussi présents ? -Bien sûr, moi je travaille beaucoup avec les syndicats, avec les associations aussi du quartier car elles ont leur mot à dire, elles comptent dans ce qui se passe dans leur vie.
Et puis, on essaye aussi de travailler d'un point de vue législatif. Par exemple, sur Auchan, c'est le groupe Mulliez, qui est une association familiale Mulliez qui tient énormément de grandes enseignes, mais qui n'est pas un groupe économique en tant que tel. Et du coup, par exemple, les salariés ne seront pas reclassés dans d'autres grandes enseignes du groupe, comme Leroy Merlin ou comme d'autres Kiabi, par exemple.
Alors que les dividendes, eux, remontent très facilement dans l'association familiale Mulliez. Donc là, on travaille aussi à essayer de modifier et de faire en sorte que ces grands groupes, la famille Mulliez, c'est la septième fortune de France, aient des contraintes dans le reclassement des salariés quand ils font des choix que je conteste, mais en tout cas qu'ils font, et donc de pouvoir reclasser les salariés pour que l'emploi puisse rester dans nos territoires et que des familles puissent avoir un travail, car les chiffres du chômage sont très mauvais ce trimestre. Et je pense que plus on va avancer dans les mois qui viennent, plus on va avoir une catastrophe économique et sociale qui est devant nous.
On parle beaucoup des grandes entreprises, mais il y a aussi toutes les petites entreprises à bas bruit qui sont en train de mettre la clé sous la porte. -Une catastrophe économique et sociale, le chômage n'a jamais été aussi bas, donc ça va se durcir. -Le chômage a augmenté très fort. -Oui, il augmente. -Il y a des prévisions de suppression de l'emploi qui se comptent. -Souvenez-vous du chômage, mais il était beaucoup plus haut que ça. -Il faut décrypter le discours aussi aujourd'hui.
On n'est pas dans le plein emploi, ce n'est pas vrai. Les taux de chômage ont baissé, mais il faut décrypter aussi comment sont calculées les catégories de chômeurs. Quand on fait rentrer l'apprentissage, par exemple...
Donc il y a aussi tout ça à regarder très précisément. Ce qu'on voit et ce qui est annoncé, ce n'est pas nous qui le disons à la France Insoumise, c'est aujourd'hui un plan de licenciement massif à l'échelle du pays, que ce soit dans l'industrie automobile. J'ai Michelin sur ma circonscription, c'est pas là où ça ferme, mais c'est deux usines qui ferment en France, qui sont délocalisées.
Attention, il a un marché, et elles sont délocalisées pour plus de profits. Et on voit que la grande distribution est touchée. Et on voit aussi plein de petites entreprises artisanales qui sont en difficulté.
Et qui ne le sont pas parce qu'il y a eu une motion de censure. Ils le sont car c'est dans le temps long où on voit vraiment une dégradation des indicateurs économiques. Et donc le chômage, les premiers chiffres qui sont sortis, montrent une remontée importante du taux de chômage.
Et ce n'est qu'un début. -On va y revenir plus tard dans l'émission. Mais revenons à notre assiette et à cette magnifique truffade, parce que ça a l'air simple comme ça, qu'on met un peu tout dans la casserole, mais il faut connaître plusieurs choses pour bien la préparer. -Il faut faire des choix, je parle sous le contrôle de Marianne Maximi.
D'abord, ne pas se tromper sur les patates. Ne prenez pas de pommes de terre nouvelles, optez pour des variétés à chair ferme, comme les princesses amandines, les charlottes ou les belles de Fontenay. Et alors là, je suis un peu en désaccord avec le Bourbon, même si je les aime beaucoup, mais on me dit, moi, du côté de l'Auvergne, qu'il faut les couper en dés plutôt qu'en rondelles. -Il y a débat. -Pour le fromage, il n'y a pas d'hésitation, c'est l'atome fraîche qui s'impose.
Et plus elle est fraîche, plus elle va filer. Vous savez, ce fromage qu'on tire et il fait un fil, c'est pour ça qu'on dit fromage ou pâte à filet. Alors, elle ne va pas partir, mais déployer son ruban de fromage quand on l'étire.
Et il faut la couper en petits morceaux au lieu de la râper. Là aussi, il y a peut-être un débat auvergnat. -Il y a plusieurs écoles. -Alors, pour la cuisson, il n'y a pas de débat, c'est oublions l'huile d'olive.
Oui, nous sommes en Auvergne. Donc, huile de tournesol ou encore mieux même, l'huile de pépins de raisin qui se marie très bien avec les pommes de terre. Vous êtes d'accord avec ça ?
Vous prenez le pépins de raisin ? -Alors, pas toujours. Je vais être décevante là-dessus, mais il y a l'école de la truffade, il y a les puristes, et puis ce que je disais, il y a ceux qui font évoluer aussi la recette, mais effectivement, à la base, c'est des pommes de terre coupées en carrés, en rondelles, ça marche aussi, et ensuite, là, la différence peut-être avec celle qui est présentée, c'est qu'on mélange...
Mais on mélange la tome dans les pommes de terre et effectivement, c'est comme ça que ça file, et ce qu'on connaît plus, c'est l'aligot qui file vraiment et qu'on peut couper. -Je précise, je finis. Plutôt une poêle en inox parce que ça va un peu accrocher dans l'inox.
Et les pommes de terre vont un peu croustiller. Puis, à mi-cuisson des pommes de terre, on ajoute un peu d'ail, un peu de beurre. Et ensuite, on rajoute le fromage qui va se mélanger là, il est un peu superposé, et il va faire un magma de pommes de terre.
Et ça s'appelle la truffade et il n'y a pas de truffe. -Exactement. Et on peut y rajouter du cantal vieux, d'autres fromages aussi.
Et là, il y a aussi plein d'écoles, plein d'évolutions de la truffade. -Et ça ne se réchauffe pas ? -Ce n'est pas super réchauffé. -Donc il faut la finir. -Comptez sur moi, Jean-Pierre.
Et pour accompagner ce plat typique auvergnat, vous nous avez apporté également un vin bien de chez vous. Racontez-nous tout. Les Chemins de l'Arkose. -Oui, j'ai ramené un vin auvergnat.
Alors l'Auvergne, on a souvent...
Quand on parle de vin, on nous dit : "Vous n'avez pas de vin." Mais si, il y a une histoire du vin en Auvergne. Et il y a justement des vignerons qui sont en train de retravailler depuis quelques années, à refaire sortir des cépages auvergnats.
Là, c'est un Gamay. Et donc, du coup, on a des bons vins en Auvergne, qu'on voit moins dans les grands salons. Mais on a des salons locaux aussi pour remettre, justement, sur le devant de la table des productions qui sont locales. -Alors, il est très, très bon.
Et surtout, il est bio, même fait en biodynamie, je crois, et il a le logo Demeter, qui est la classification la plus difficile. -Sur la biodynamie, ce n'est pas pour ça que je l'achète, mais ce n'était pas le critère. C'est dans la logique aussi d'essayer de voir ce qu'il y a auprès de nous.
Alors, ça ne veut pas dire que je n'aime pas d'autres vins. J'aime beaucoup d'autres vins. Moi, par exemple, quand je fais des événements publics, j'essaie de travailler avec ce qui existe sur le territoire.
Donc, quand on fait une réception pour des voeux, c'est par exemple à Yvan Bernard que je commande le vin pour avoir des produits du coin et valoriser aussi ce qui existe, faire vivre aussi des producteurs. -Ce que vous voulez dire, c'est que c'est plus important pour vous le côté local que le côté bio ? -Alors, c'est bien important, bien sûr, mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a un côté... il y a des gens avec qui on travaille, on sait comment ils travaillent, et c'est ça qui me compte aussi.
Effectivement, quand c'est bio, c'est bien. Mais voilà, moi, j'aime bien mettre en valeur, même parce que des fois, les Clermontois ignorent aussi ce qu'il y a des fois autour de nous. Enfin, pas que les Clermontois, mais on a du mal des fois à voir les richesses qu'on a autour de nous.
Et c'est vrai que sur le vin, on n'est pas réputé pour être une terre viticole, et pourtant, il y a des producteurs qui font un travail hyper précieux pour valoriser justement les terroirs de chez nous. -Un mot juste, la richesse, vous en avez parlé dans votre introduction, c'est les volcans. Il y a-t-il des vignobles sur les volcans ? -Oui, des terres volcaniques. -Car ça donne un goût particulier, ça caractérise certains vins.
Il y a des vins de l'Etna, qui sont très recherchés. Est-ce qu'il y a des vins de volcans ? -Sur les volcans mêmes, il y en a pas loin de la chaîne des puits autour de Clermont, qui sont des terres volcaniques.
Là, c'est du gré, donc on est sur autre chose, plus calcaire. Mais oui, il y a une culture aussi. Et il y avait une culture, qui est en train d'être remise au bout du jour et être valorisée.
Donc, il y a de plus en plus de producteurs de vignerons qui travaillent et qui travaillent bien. -Vous serez gagnant avec le réchauffement climatique. Il y aura de plus en plus de vins en Auvergne. -Il y a pas mal de choses qui vont bouger. le goût du fromage peut changer aussi. -C'est vrai.
C'est avec l'estomac bien rempli et l'esprit ouvert par Les Chemins de l'Arkose que l'on passe maintenant au quiz. Jingle -Alors, vous êtes née en Normandie et qui dit Normandie dit beurre et qui dit beurre dit croissant. C'est des raccourcis, bien sûr.
Sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou fausses ? Dans l'Antiquité, les Egyptiens confectionnaient des pains en forme de croissant, symbole de la lune. Vrai ou faux ? -Je ne sais pas du tout, je vais vous dire, peut-être vrai. -Oui, vraie, bonne intuition, la lune était un objet de vénération et les Egyptiens offraient des pains aux déesses.
B, au XVIIe siècle, pour célébrer la capitulation ottomane aux portes de Vienne, en Autriche, les boulangers de la ville inventent une pâtisserie en forme de croissant ottoman. Vrai ou faux ? -Vrai ? -Oui, bravo, vrai.
Et ensuite, ce croissant ottoman, ça deviendra le croissant qu'on retrouve dans les viennoiseries. Vienne, viennoiserie. C'est Marie-Antoinette d'Autriche, épouse de Louis XVI, qui est à l'origine de l'arrivée du croissant viennois à Paris.
Faux ou vrai ? -Faux. -Faux, oui.
Alors, elle y a contribué car elle adorait ça, mais c'est sans doute grâce à Auguste Zang, ancien officier de Vienne, qui a ouvert à Paris en 1838 une boulangerie avec des viennoiseries, donc avec des croissants. Enfin, D, le vrai croissant français au beurre est protégé par une AOP. Faux ou vrai ? -Faux. -Oui, faux.
Vraiment, quatre sur quatre. Aucune législation ne protège le croissant. L'AOP protège des produits et non pas des recettes. -Bon, je vais essayer de vous piéger.
Vous avez eu tout bon. Parmi les nombreuses traditions culinaires de votre région, on n'a pas encore parlé de la potée auvergnate. J'imagine qu'elle n'a pas de secret pour vous, mais saurez-vous nous dire si ces affirmations concernant les autres potées régionales sont vraies ou fausses ?
La potée alsacienne est appelée boulangère car la tradition voulait qu'elle cuise longtemps dans un four à pain de boulanger. -Elle est vraie. -Oui, vous avez raison.
Maintenant, 40 minutes dans une cocotte suffisent amplement. Mais ça vient bien de là. La potée champenoise, dite des vendangeurs, est une recette qui contient du champagne. -Faux. -C'est faux.
C'est faux, vous avez raison, à ne pas confondre avec la soupe champenoise. Pour le coup, il y a du champagne dedans. Dans la potée albigeoise, il y a quatre sortes de viande.
Est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ? -Alors là, je dirais faux. -Vous avez raison encore, bonne intuition.
C'est faux, seulement trois, donc du porc, du boeuf et du canard. Et enfin, la potée antillaise contient des bananes vertes et plantains et des ignames. -Alors là, je ne sais pas du tout.
Vrai. -Eh bien, c'est vrai. Incroyable.
Un sens incroyable. C'est vrai. Voilà.
Juste pour dire que l'igname, parce que moi, je le découvrais, c'est une tubercule riche en fibres. Maintenant qu'on sait tout sur les croissants, le beurre et les potées, on va essayer d'en savoir un petit peu plus sur vous avec la Brève de comptoir. Jingle Alors quand vous quittez votre circonscription, pour rejoindre le Palais Bourbon en général, vous n'arrivez pas les mains vides, c'est ça ?
Expliquez-nous. -Alors pas tout le temps. Vous allez croire vraiment que je suis très localo-localiste, mais effectivement, on a la chance en Auvergne d'avoir des très beaux fromages.
Et donc j'essaie de ramener régulièrement, pas assez selon plein de collègues, parce que c'est assez lourd dans une valise. Du Saint-nectaire, notamment, qui est le produit phare de l'Auvergne. -Et vous nous en avez ramené. -J'en ai ramené. -Il est beau, hein ? -Il est sublime ! -C'est un demi-Saint-Nectaire. -Vous connaissez le producteur ? -Alors, oui.
Non, pas vraiment. On l'a acheté. -Allez-y. -Je connais surtout le fromager affineur, qui est une institution à Clermont-Ferrand.
Et là, je sais que c'est des producteurs qui sont du côté du Sancy. Le Saint-Nectaire, c'est un produit, là aussi, assez phare dans notre région. Il n'y a pas que ça.
Il y a plein de fromages très bons en Auvergne. On aime bien se vanter là-dessus. J'adore le bleu d'Auvergne, par exemple. -Très bon aussi, bien sûr. -Mais le Saint-Nectaire a beaucoup de succès... -Un morceau ? -Je veux bien. ...à l'Assemblée nationale parce qu'on n'en trouve pas beaucoup dans les restaurants de l'Assemblée nationale ni dans le self.
Et donc, quand j'en ai ramené, ça m'est arrivé d'en ramener des Saint-Nectaires entiers...
Bon, il y a du monde pour goûter. -Et c'est transpartisan, c'est-à-dire que ça dépasse un peu les clivages politiques, j'ai l'impression, sur le Saint-Nectaire. -Oui, le Saint-Nectaire attire beaucoup.
Après, j'ai mes lignes rouges dans le partage, mais en tout cas, je le fais partager. J'aime bien faire découvrir. Et c'est vrai qu'il y a des produits qu'on peut trouver, par exemple à Paris, mais qui sont dans des petites épiceries fines, on trouve du très bon Saint-Nectaire, mais ce qu'on va trouver dans des supermarchés ne sera pas aussi qualitatif que ce que je peux ramener directement. -Je suis intrigué, vous connaissez peut-être, mais rue de Lappe à Paris, qui est une rue où il y a des boîtes de nuit, des bars cubains, etc.
Moi j'y vais, et il y a toute petite échoppe, produits d'Auvergne. Vous y avez déjà été ? Vous le connaissez ?
Là ils vendent des fromages, alors qu'il n'y a que des gens qui sortent de boîtes de nuit, et il est là, installé ici. -Je pense que ça fonctionne bien. -Ca m'amuse toujours quand je passe devant. -Il y a une histoire des Auvergnats à Paris. -Qui tenaient toutes les brasseries... -Oui, c'est certainement lié. -Et puis oui, des produits Auvergnats, il y a beaucoup de gens, mais encore aujourd'hui, d'Auvergnats qui viennent s'installer à Paris.
Du coup, ces produits-là sont connus et appréciés. -Bon, allez, on a la chance ici autour de cette table de manger chaque jour à notre faim et même plus encore. Malheureusement, ce n'est pas le cas de tout le monde.
Et les associations qui distribuent des repas voient les rangs de leurs bénéficiaires grossir. On en parle tout de suite dans Le dessous des plats. Jingle Depuis quarante ans maintenant, La Soupe Saint-Eustache distribue gratuitement des repas chauds chaque soir entre le 1er décembre et le 31 mars.
L'organisme sert entre 250 et 300 personnes dans le besoin en plein centre de Paris. Beaucoup de sans-abri, mais de plus en plus de travailleurs et travailleuses pauvres. Une situation qui inquiète les 350 bénévoles de l'association, déjà soucieux de relever un défi logistique et nutritionnel.
Le reportage de Mateo Stéphan et Marion Devauchel. -C'est une cuisine presque comme les autres, à une différence près. Ici, toute la brigade est composée de bénévoles. -Alors là, on est sur un effiloché de boeuf cuisiné.
Donc là, on a rajouté des petites carottes. Donc c'est en train de mijoter tranquillement avec un petit peu de sel, de poivre, des herbes de Provence. -Leur défi quotidien, un repas chaud pour 300 personnes et avec du goût. -On n'est pas dans un grand restaurant ou dans une brasserie où on a pléthore de produits, mais avec le goût, le savoir-faire et des idées, de l'imagination, ça fonctionne. -Chaque hiver, l'association doit délivrer près de 30 000 repas chauds.
Les bénévoles s'appuient sur des partenariats avec la Banque Alimentaire d'Ile-de-France, des commerces du quartier et le mécénat d'entreprise. -La grande difficulté, c'est d'arriver à avoir ces quantités de viande, de poisson, de dinde, de volaille en tout genre et d'être capable d'alimenter tous les soirs à peu près 35 kilos. Donc il va falloir pendant 18 semaines trouver tous les soirs 35 kilos à des prix intéressants ou que ce soit donné.
Ca, c'est une difficulté et ça se renouvelle chaque année. C'est la même angoisse, c'est même en milieu de campagne. -18 h 30, c'est l'heure pour la deuxième brigade de prendre le relais et l'organisation est millimétrée. -Je veux bien que tu me fasses les croutons, ça te va ? -J'ai déjà fait. -Le café. -OK. -Il y a à peu près 22 postes, que ce soit du service, de l'accueil, à les collecter dans les boulangeries avec les charrettes, des personnes qui servent la soupe, des personnes qui servent le plat, des distributions du sac pour le lendemain. -La Soupe de Saint-Eustache existe depuis plus de 40 ans.
A son lancement, les bénéficiaires étaient uniquement des sans-abri. Mais depuis l'épidémie de Covid, la sociologie a changé et les travailleurs pauvres sont de plus en plus nombreux. -Même si aujourd'hui, je vais bien, même si je ne travaille pas continuellement, mais je travaille régulièrement, j'ai ce besoin de revenir, de les voir, de ne pas oublier. -Selon le Secours populaire en 2024, plus d'un Français sur trois n'a pas eu accès à trois repas par jour. -Est-ce que vous avez déjà participé à ce type de distribution ?
Est-ce que c'est aussi un public que vous avez souvent rencontré quand vous étiez éducatrice spécialisée ? -Effectivement, venant du travail social, c'est des personnes que moi j'ai accompagnées dans ma carrière professionnelle et puis maintenant en tant que députée j'ai beaucoup eu à coeur de rencontrer es associations qui oeuvrent au quotidien et qui font un travail incroyable. Une grosse suppléance aux défaillances de l'Etat parce que c'est de ça dont il s'agit quand on voit votre sujet, notamment le fait de voir ce public évoluer.
Moi, j'avais fait une journée au Resto du Coeur à Clermont. Je le savais, mais c'est évidemment criant de voir des jeunes, beaucoup de jeunes, des étudiants. dans le sujet on en parlait moins, mais l'aide alimentaire concerne aujourd'hui beaucoup de jeunes étudiants, des travailleurs pauvres, des personnes qui sont en CDI mais qui n'arrivent pas à remplir leur frigo, c'est aussi ça qu'on voit, et puis des retraités très pauvres aussi, et des familles aussi qui sont dites "sans papier" et qui sont maintenues dans une précarité car il n'y a pas de régularisation pour elles et eux, et qui sont les bénéficiaires de l'aide alimentaire.
Et donc c'est un vrai sujet aujourd'hui, il n'y a pas de réponse du côté du gouvernement, parce que nous on a beaucoup porté cette question, on en parle beaucoup, on nous a beaucoup accusé aussi d'être catastrophistes, mais en fait on le voit, c'est un phénomène qui prend de l'ampleur, et encore il y a tous ceux qui ne vont pas faire appel aux associations, donc il y a aussi tous ceux qu'on ne compte pas dans les bénéficiaires de l'aide alimentaire. Qui n'osent pas, oui, bien sûr. Ou qui, des fois, sont trop éloignés parce qu'en ruralité, il y a des associations qui font un travail formidable.
Mais se déplacer, par exemple, est très compliqué. Donc, les chiffres sont en dessous de ce qui se passe réellement dans notre pays. -Vous parlez du manque de réponses.
Là, en l'occurrence, c'était la semaine dernière, le 23 janvier, dans la niche parlementaire socialiste. Le repas à 1 euro pour les étudiants a été voté. Est-ce que c'est une bonne chose ? -Bien sûr, c'est une bonne chose.
C'est une mesure qu'on a portée et soutenue. Encore faut-il qu'elle aille jusqu'au bout de son chemin et qu'elle soit appliquée. -Elle ne passera pas au Sénat ? -Il y a le Sénat, après, il faut aussi des décrets d'application.
On sait que si le gouvernement ne signe pas des décrets, les lois ne sont pas effectives. -Vous craignez cela ? -Souvent, moi je vois les lois régressives, les décrets sont pris très vite et les lois qui moi me semblent utiles, moi je travaille sur les questions de protection de l'enfance, on a beaucoup parlé de la loi Taquet de 2022, les décrets ne sont pas sortis pendant 2 ans.
C'est important de se dire que le chemin législatif est long. Mais on a besoin que ça pousse derrière et de pouvoir en parler, avoir des émissions qui en parlent, c'est important. Et donc, il y a d'autres mesures.
Le blocage des prix, c'est une mesure importante qui a déjà existé. Ce n'est pas une mesure qui va mettre en péril le pays. C'est une mesure qui permet d'avoir accès à un minimum de dignité sur l'alimentation cat c'est de ça dont il s'agit. -On bloque les prix sur quels produits ? -De première nécessité, mais la question est balayée comme si ce n'était pas possible.
Mais si c'est possible à mettre en place, il faut aussi, mais ça pose la question, ce que je disais aussi au début, comment on rémunère correctement aussi les producteurs. Il y a toute la chaîne aujourd'hui, sur l'alimentation, de la production à la consommation. qui est totalement inégalitaire, que ce soit du côté de ceux qui produisent, ceux qui travaillent la terre et qui nous font manger, mais aussi de ceux qui consomment.
L'accès à la consommation est inégalitaire. Et donc, il y a effectivement les associations qui sont là, qui font un travail formidable. C'est aussi les gens qui font des dons, les bénévoles qui s'investissent.
Mais ce n'est pas satisfaisant d'en être là et de voir autant de monde aujourd'hui devoir s'investir pour nourrir l'autre. C'est ça qui se passe dans notre pays. Et sur l'équilibre alimentaire, parce que c'est important aussi d'en parler, c'est une question qui est de plus en plus importante dans les associations, c'est de trouver comment équilibrer.
Mais on sait que ce n'est pas évident, que ça se fait peu et que la plupart des produits qui sont distribués sont aussi des produits transformés. Et donc on voit que les personnes les plus précaires ont vraiment des difficultés d'avoir accès à des produits frais. Même si dans les ramasses, la Banque Alimentaire essaye d'avoir le maximum de produits de qualité et frais, mais ce n'est pas le cas.
Et ça a des conséquences de santé publique aussi sur l'obésité. Et je parlais aussi des personnes sans papier parce que ça fait partie des combats que j'ai portés. J'ai parrainé une famille aujourd'hui régularisée avec des enfants qui vivaient cachés parce qu'ils étaient sans papier. qui mangeaient à l'aide alimentaire et qui n'avaient pas accès, par exemple, à des cuisines pour cuisiner.
Et c'est des enfants qui étaient en surpoids, qui étaient vraiment au niveau santé, qui ne s'étaient pas bons, parce que la précarité conduit à ça. Et le fait qu'on soit en plus en situation irrégulière accentue ces drames au niveau de la santé des enfants notamment, mais aussi des adultes. Donc c'est un vrai sujet sur lequel nous, on travaille beaucoup, mais on n'arrive pas à arracher des mesures et des réponses à la hauteur de la catastrophe que nous vivons dans notre pays. -C'est un sujet compliqué puisqu'il y a encore quelques minutes, on est en train de s'apitoyer en se disant : "C'est dommage qu'Auchan ferme à Clermont-Ferrand", donc c'est aussi compliqué.
On défendait la grande distribution. Vous le sentez que dans les zones rurales, on voit de plus en plus de gens qui sont un peu démunis qui vont directement acheter à la ferme ? Est-ce que ça, ça se développe un petit peu ? -J'aurais du mal à le quantifier mais je sais que ça se développe, mais je ne suis pas sûre que ce soit les gens les plus démunis qui aient accès aussi à la vente directe par exemple.
Moi, ce que je vois c'est que les gens les plus démunis mangent moins, sautent des repas, enfin ça c'est pas nous qui le disons non plus, vous l'avez dit dans votre sujet, et ce sont des chiffres... -En 2024, 40 % de Français sautent un repas, je crois. -Bien sûr.
Les parents qui se privent de repas pour que leurs enfants mangent, c'est une réalité sociale. Et ce n'est pas faire du misérabilisme. -Le taux de privation matérielle et sociale a augmenté. -Voilà.
Et le coût de l'alimentation a aussi augmenté. Parce qu'il y a une crise inflationniste très forte. Des produits essentiels à la vie quotidienne ont vu leur prix complètement explosé.
Et donc, du coup, quand les salaires stagnent, l'inflation augmente, le chômage aussi, parce que c'est la réalité qui arrive, notamment en ce moment, évidemment que l'alimentation, c'est un des postes de dépense qui fait que les parents se privent, que des étudiants ne mangent pas à leur faim, et qu'on voit réapparaître le scorbut dans notre pays ? Je pense que c'est un des signaux les plus importants. Le scorbut, une maladie qu'on pensait disparue, qui a un manque de produits frais, de carence de vitamines, la maladie du marin.
Aujourd'hui, des enfants en France souffrent du scorbut. Quand on a dit ça, on se rend bien compte qu'on a face à nous un problème extrêmement important. Et que moi, entendre dire que nous, on serait des gens pas sérieux sur les mesures qu'on propose, ça me met extrêmement en colère parce qu'il s'agit de la santé d'enfants.
Là, c'est des indicateurs qui devraient alerter tout le monde. -Est-ce qu'il y a des pays à l'étranger qui arrivent à empêcher cette paupérisation et le scorbut chez les enfants ? -Le scorbut ne réapparaît pas partout. -Non mais bien sûr, dans d'autres pays, s'il est en Frnace, mais dans d'autres pays, où on mange encore moins bien qu'en France.
Est-ce que vous inspirez de modèles qui fonctionnent à l'étranger et qui permettent justement de... -Par exemple, en Espagne sur l'augmentation des salaires, parce que ça va aussi avec le fait de pouvoir faire ses courses dignement.
L'Espagne l'a fait. Ca n'a pas écoulé le pays. Les gens vont plutôt bien.
Il y a effectivement des expériences. Le blocage des prix de l'énergie, quand nous, on le revendiquait, la taxation des super profits, ça a été fait dans des pays européens. Et le monde ne s'est pas écroulé.
Donc, en fait, c'est aussi des choix politiques qu'ont refusé les différents gouvernements que moi, je vois depuis 2022 l'Assemblée nationale. On voit que la situation continue de se dégrader. C'est ce qui est inquiétant. -On va passer d'une triste tendance à une autre un peu plus réjouissante, celle des Bouillons, ces établissements qui servent des aliments de bonne qualité.
Rapidement, et a des prix abordables fleurissent un peu partout en France. A l'origine, l'addition était à moins de deux francs. On en parle tout de suite dans Les pieds dans le plat.
Jingle -Alors, surfant sur cette mode des Bouillons, ces restaurants qui servent de la cuisine traditionnelle, du pot-au-feu, du hachis parmentier, des crèmes caramel, etc., à des prix très doux, le chef étoilé Thierry Marx vient d'ouvrir le sien, le Bouillon du Coq, l'été dernier à Saint-Ouen, en proche banlieue. Reportage de Mateo Stéphan et de Marion Devauchel. -Dès que les premiers clients arrivent, tout de suite on donne la carte, on propose des suggestions, apéritifs et puis on donne un rythme un peu soutenu tout de suite. -Dernier brief pour les équipes du Bouillon du Coq.
Plus de 500 clients sont attendus aujourd'hui. Ici, pas de réservation, mais une file d'attente dès 11 h 30. -Combien êtes-vous ? -On est deux. -Malheureusement, je ne vais pas avoir de disponibilité avant 30 à 40 minutes. -Dans le menu élaboré par Thierry Marx, les grands classiques de la bistronomie, parmentier de canard, saucisse purée ou boeuf bourguignon. -Ca me rappelle la cuisine de ma grand-mère et ça me rappelle surtout les bistrots et les bistrotiers et la bonne ambiance et la convivialité du bistrot. -C'est très agréable, c'est réconfortant comme nourriture. -A peine débarrassés, les tables sont aussitôt redressées.
Bouillon de chef étoilé mais les prix restent attractifs. Aucun plat au-dessus de 19 euros. -Il faut pouvoir aussi se réinventer, se réadapter.
Et là, les Bouillons commencent de plus en plus à s'implanter, à voir le jour. Parce que justement, les gens ne peuvent plus payer 50 euros pour manger dans un restaurant. Donc avoir des choses accessibles, des choses de qualité à des prix raisonnables.
On réclame un boeuf, un fiche, un parmentier. -Pas de compromis sur la qualité des produits, mais pour faire baisser les factures, chaque euro compte. Le secret du chef, les gros volumes. -On cuit quasiment tous les jours, 360 oeufs, quasiment tous les jours.
Avec ces volumes-là, on négocie un prix. On dit : "Moi je suis capable de te prendre 200 kilos par semaine ou une canadienne par jour, donc six canadiennes d'oeufs par semaine. Ca nous permet de baisser un petit peu les coûts aussi. -Si les Bouillons semblent avoir trouvé la bonne recette, le secteur de la restauration traverse une crise importante.
Selon Thierry Marx, 20 établissements mettraient la clé sous la porte chaque jour. -Pour bien comprendre, Thierry Marx n'est pas seulement propriétaire de ce Bouillon, il est le président de l'UMI, le syndicat patronal des hôteliers et des restaurateurs. C'est un phénomène assez parisien, le Bouillon.
Mais le Bouillon Clermont vient d'ouvrir dans votre ville fin 2024. Vous avez découvert les sushis en 2024. Et le Bouillon en 2024.
Êtes-vous déjà entrée dans cet établissement ? -Alors, il y a plusieurs Bouillons, je crois, il y en a un juste à côté de ma permanence. C'est presque mes voisins.
Bouillon de Ravel, en tout cas. Juste à côté de ma permanence parlementaire. Effectivement, c'est très parisien.
J'avais découvert ça plutôt à Paris. Et à Clermont, ça arrive. C'est un peu un modèle de retour à ce qui se faisait avant aussi.
C'est intéressant, et surtout sur la question du petit prix, d'avoir accès à une cuisine simple. Moi, j'aime beaucoup ce genre de concept. -Un peu tradit aussi. -Tradit, mais en tout cas, oui, une cuisine qu'on connaît, mais qui peut se mélanger.
C'est là aussi, je pense que c'est intéressant. J'aime bien l'idée que dans des villes, et pas que dans des villes, on puisse avoir accès à des produits très locaux, mais aussi, comme je disais, à des produits de cuisine du monde, ailleurs. Donc, voilà.
C'est la complémentarité de tous ces restaurants qui sont intéressants. Je ne vais pas dire qu'il faut des Bouillons partout, manger que de la cuisine locale, ce n'est pas du tout mon projet de sociéter sur l'alimentation, mais c'est de se dire que c'est un modèle qui fonctionne. La question du petit prix, à mon avis, elle est essentielle, mais il n'y a pas que les Bouillons qui font des petits prix, il y a d'autres restaurants qui sont encore accessibles, en tout cas à Clermont-Ferrand. -Le Bouillon, ils arrivent à faire des produits traditionnels qui, d'habitude, étaient vendus un peu cher, une blanquette de veau, à des prix doux.
Après, manger trois frites avec un petit morceau de poulet frit, on peut trouver des prix bas. Mais là, le truc, l'alchimie, c'est des plats un peu traditionnels à des prix doux. -Oui, ça semble fonctionner, en tout cas. -Très bien, à Paris, ça cartonne. -Je vois les files d'attente, même à Clermont-Ferrand, à côté de ma permanence.
Mais moi, j'aime bien aussi l'idée de développer, parce qu'on parle beaucoup de tables, de restaurants, mais par exemple, quelque chose qui qui nous manque un peu, c'est la culture de la cuisine de la rue. En France, on n'est pas du tout là-dedans. -Non, vous ne pouvez pas dire ça, je vous arrête. -Les food trucks et tout ça ? -La street food, en France... -Non, il n'y a pas de street food.
C'est des hamburgers dans des food trucks. -Mais pas à Clermont, peut-être. Non, mais c'est pas du tout...
Non ! Non, mais c'est pas du tout...
Moi, je suis lyonnais, donc...
Non, mais ça a peut-être pas touché tous les territoires. Mais quand on voit les enquêtes sur l'état de la restauration, c'est la street food qui trust tout par rapport aux restaurants traditionnels. -Ca dépend ce que vous définissez comme street food. -Vous allez dans les arrondissements de Paris, 9e, 10e, il n'y a pas cinq mètres sans avoir un restaurant, quelqu'un qui vend des naan, du poulet frit, tous les cinq mètres.
Justement, aujourd'hui, et on parlera peut-être de la fermeture des restaurations, il y a une offre trop importante à Paris à cause de ces petites offres qui se multiplient, qui font que les gens se détournent. Aujourd'hui, plus d'un repas sur deux en France est consommé dans un comptoir et non pas à table au restaurant. Ca prouve bien quand même...
C'est un peu un trompe-l'oeil. Peut-être que vous souffrez qu'il en manque. -Non, mais c'est quand même des emplois.
Il ne faut pas dissocier les deux. C'est pour ça qu'il n'y a pas un modèle de restauration, de façon de manger qui serait dominant. -Vous avez tout à fait raison. -...le plus respectable. -Le plus vertueux. -Voilà, je pense qu'il faut...
Et par exemple, le temps du repas, moi, je serais pour qu'on ait le temps de manger tous les jours, mais la réalité n'est pas comme ça. Aujourd'hui, on a un temps qui est...
On est dans l'immédiateté, on doit aller vite, on a peu de pauses repas, la plupart des...
Enfin, voilà, ça va...
Donc, il faut aussi, effectivement, trouver des réponses à ça. Donc, la street food n'est pas la concurrence, en tout cas, à la restauration plus traditionnelle, parce que c'est aussi une façon de consommer qui n'est pas plus dégradante que les autres. -J'adore, moi. -Et les gens qui y travaillent ne sont pas...
Ce sont aussi des emplois. Et c'est aussi une façon de vivre et qui doit répondre aussi à des besoins qu'on a aussi de restauration. Et je pense que c'est l'équilibre de tout ça qui doit fonctionner.
Je connais moins bien la situation parisienne, effectivement, mais moi, je vois à Clermont, c'est important qu'on puisse avoir une offre différente en fonction du temps qu'on a, des envies qu'on a, des personnes avec qui on a envie de partager ce temps-là ou pas. Et donc, c'est pour ça que moi, je ne suis pas pour opposer deux modèles qui me semblent, tout à fait complémentaires. -Je ne les opposais pas du tout, Madame Maximi.
Je dis qu'il y a une vraie offre, contrairement à ce que vous aviez laissé entendre, qu'il n'y avait pas beaucoup d'offres de street food. Il y en a beaucoup dans les grandes villes, Marseille. Après, sur les villes moyennes... -On en a aussi, mais,... -Pardon...
Juste pour avancer un peu, si ces petits restaurants et ces Bouillons s'ouvrent, c'est parce qu'il y a énormément de défaillances d'entreprises, notamment depuis la crise du Covid, et ces grands restaurants sont obligés de fermer de plus en plus. Est-ce que c'est aussi ce que vous constatez chez vous ? -Sur les défaillances, oui, on constate que sur le marché de restauration, hôtellerie, qu'il y a des défaillances, il n'y a plus les prêts garantis par l'Etat, on voit bien que c'est un moment compliqué, mais qui est lié aussi à la baisse du pouvoir d'achat des Français et des Françaises, des gens qui vivent ici.
On le disait, les gens se privent de repas chez eux, consomment moins, mais évidemment qu'ils ont moins les moyens d'aller aussi consommer en extérieur. Le Bouillon peut être une réponse, mais aujourd'hui, il faut, pour moi, augmenter les salaires, permettre aux gens d'avoir de quoi vivre dignement, de pouvoir choisir leur alimentation, de pouvoir consommer et de pouvoir être en bonne santé. Le débat se situe là, surtout.
Et ça permettrait aussi aux restaurateurs de pouvoir aussi travailler correctement. Donc plus on popularise une population, plus ceux qui sont là pour proposer une consommation vont en pâtir. Et ça vaut pour les hypermarchés, parce que c'est aussi une réalité.
Si les hypermarchés nous disent qu'il y a moins de consommation, et que le panier moyen a baissé, c'est aussi parce que le niveau de vie moyen a baissé aussi. Le salaire réel a diminué dans notre pays. C'est la réalité. -C'est une réaction en chaîne, évidemment, on l'a bien compris.
On ne termine jamais un repas, vous le savez, dans cette émission, sans une note sucrée. C'est pourquoi nous passons au Péché mignon. Jingle -Et voilà un dessert qui va éclairer notre journée.
Un far. Totem de la gastronomie bretonne, mais adoré par la France entière. Trois siècles qu'il régale la Bretagne.
A l'origine, il était composé de farine de sarrasin et salé pour accompagner plutôt de la viande. Le pruneau est arrivé plus tard, au XIXe siècle, lorsque les marins bretons ont troqué leur morue contre le pruneau d'Agen riche en vitamine C, idéal donc pour lutter contre le... -Le scorbut. -Oui, c'est un petit clin d'oeil.
La maladie des navigateurs qui vient aujourd'hui être la maladie des pauvres en France. Alors, comment ce dessert breton s'est immiscé dans votre vie auvergnate ? Vous avez répondu dans l'émission.
Vous avez des origines bretonnes. -Ma famille paternelle est bretonne. Donc, ce n'est pas forcément un plat, d'ailleurs, qu'on mangeait beaucoup.
Mais j'aime bien les choses assez simples aussi. Promouvoir des produits simples. Et pour le coup, le far breton, c'est une recette qui est plutôt accessible, qui est populaire. -Vous le faites ? - Oui, j'en fais.
Et j'aime bien les choses qui tiennent au corps. La truffade et le far breton, je pense que c'est un joli combo de produits. Mais c'est aussi issu de la cuisine d'origine populaire, celle des travailleurs, travailleuses, qu'ils soient des marins ou des bergers ou des gens qui étaient ouvriers ou ouvrières à l'usine.
Cette histoire-là que j'ai envie de porter dans mon histoire politique, parce que promouvoir aussi des choses qui sont importantes pour pouvoir tenir une bonne journée, qui sont des produits simples, des classes populaires. Chaque région a son histoire avec ses classes populaires qui redeviennent un peu à la mode aujourd'hui. Il y avait les farsous plutôt vers Albi, des mélanges de produits qu'on a de la vie quotidienne qui ne sont pas chers, qui poussent ici.
Et j'aime bien ce genre de... -Des produits sains aussi, il faut insister. -Voilà.
Ils sont des fois plus caloriques, mais...
Mais c'est important. Et le far breton, c'est un dessert que j'aime bien faire, qui est facile. -On va vous laisser le goûter et surtout nous dire s'il vous rappelle votre enfance ou s'il est comme vous le faites à la maison. -Oui, il est très bon. -Moi, j'aurais bien aimé une petite goutte de rhum.
Vous mettez du rhum ? -Moi, je ne mets pas forcément de rhum, mais ça peut, oui. C'est l'évolution.
Chacun rajoute après ce qui lui plaît dans ses goûts. -Est-ce que vous aimez d'autres desserts ? Est-ce que vous fabriquez d'autres desserts ? -Je ne suis pas très pâtissière, mais j'aime faire des gâteaux assez simples, ce que je disais. -Pour le goûter, quoi. -Pour le goûter, mais même des tartes avec les produits d'été.
Des choses qui sont assez familiales, on va dire, dans l'histoire et puis dans la façon dont on les partage aussi. Donc, oui, par exemple, le far breton, mais des tartes. J'aime faire des crêpes au goûter de mes enfants parce que ça a toujours du succès.
Et c'est aussi des produits très simples. -Pour accompagner ce dessert réconfortant que vous avez choisi, une musique très à l'opposé de la Bretagne, une chanson qui nous vient d'Italie qu'on écoute tout de suite. Musique (...) Pourquoi "Fischia il vento" ?
Pourquoi ce chant révolutionnaire italien ? -C'est un chant antifasciste italien qui est très connu en Italie, qu'ici on ne connaît pas. Ici on a "Bella Ciao", beaucoup en référence, qui était remis au bout du jour par des artistes d'ailleurs français, mais. -Et par des Iraniennes. -Et par des Iraniennes aussi.
Mais voilà, effectivement, dans les manifestations, "Bella Ciao", c'est un grand classique. Et on est très fiers aussi de l'avoir. Mais celui-ci est beaucoup plus confidentiel ici.
Et moi, il me parle parce que, d'une part, la mélodie est très belle. Et puis parce qu'on l'a remis un peu au goût du jour, justement, dans les manifestations contre la réforme des retraites. Et aussi pendant la dernière législative, celle après la dissolution, avec le Nouveau Front Populaire.
On l'a beaucoup écouté, nous, à Clermont. On l'a beaucoup écouté entre nous. et je trouve qu'il est d'actualité, malheureusement, et c'est un chant d'espoir aussi, parce que ça raconte l'histoire de quelqu'un qui va combattre l'extrême droite, le fascisme, et qui revient en ayant gagné pour la liberté, et donc ça donne aussi une idée d'espoir, de se dire que, malgré le contexte qui est dur, qui est inquiétant, la bataille contre l'extrême droite, elle n'est pas perdue, et il faut continuer à se mobiliser, c'est aussi mon histoire politique, et j'aime bien des fois avoir des références comme ça... -En musique ? -Ce n'est pas ce qu'on écoute à la radio, mais c'est de remettre dans le débat des chants d'ailleurs, mais aussi qui sont d'actualité. -Pas à la radio, mais sur LCP, dans Politiques à table.
Merci beaucoup, Marianne Maximi, d'avoir partagé ce repas avec nous. Merci beaucoup, Jean-Pierre Montanay. On en profite aussi pour remercier le Bourbon qui nous a préparé l'ensemble du repas.
Et on se retrouve la semaine prochaine pour un prochain numéro de Politiques à table. Musique
Marianne Maximi