La lutte contre l'illettrisme en outre-mer
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:00OuverteRéponse directe
Quelles sont les actions que vous comptez déployer pour remédier à l'illettrisme adapté à chaque territoire ultramarin ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Les structures s'adressent-elles aux adultes en situation d'illettrisme ont-elles les moyens de réduire ce fléau ?
- 35:00OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous les différences de taux d'illettrisme entre les territoires ultramarins ?
- 40:00RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'il y a un véritable pilotage interministériel ou simplement un sous-poudrage ?
- 50:00OuverteRéponse directe
Les modalités d'enseignement à l'école sont-elles adaptées au public ultramarin ?
- 1:00:00OuverteRéponse directe
Manque-t-il de formateurs sur les territoires et comment sont-ils formés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:30:00Cécile JaffreyChiffre
« Plus de la moitié des actions de professionnalisation sont portées par des centres ressources lettrisme analphabétisme. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Nous allons commencer si vous le voyez bien. Donc nous reprenons ce jour les travaux de notre commission d'enquête avec une audition de l'Agence nationale de lutte contre l'illétrisme. Vous le savez en raison notamment de la proportion importante de personnes n'ayant pas le français comme langue naturelle.
L'électrixme est davantage présent dans nos territoires que dans l'hexagone. Je remercie vivement nos interlocuteurs. Alors, par ordre alphabétique, monsieur Christian Janin, président de l'Agence nationale de lutte contre l'illitrisme.
Bonjour monsieur. Madame Cécile Jaffrey, directrice générale de l'Agence nationale de lutte contre l'électrisme. Bonjour.
Bonjour et bienvenue. Madame Julie Nardin, coordonnatrice des actions régionales de l'Agence nationale de lutte contre l'illérisme. Bonjour madame et merci d'être présente.
Mesdames, messieurs, je vous rappelle que notre commission d'enquête a été constituée à la demande du groupe communiste républicain citoyen, écologiste et elle a débuté ses travaux le 27 janvier dernier et ma collègue Éveline Corbienne la Menzo en art la rapporteur. Nos auditions ont débuté le 12 février. L'objet de nos travaux est de comprendre la persistance, voire l'accroissement des inégalités dans les outres mès, notamment en matière de formation, d'emploi, de revenus, de partage de la richesse et de santé.
Nous souhaitons saisir les causes profondes de ces égalités économique, sociale et sanitaire à la fois entre les territoires ultramarin et la France hexagonale, mais aussi au sein des sociétés ultramarines. L'une des causes profondes des inégalités externes et même internes en outre mer semble liée à la formation des individus. La proportion des personnes en situation d'ilétrisme enrem est 2,5 fois plus élevé que dans l'hexagone.
Il est essentiel pour nous de comprendre les causes de cette inégalité extrêmement forte. Or, l'illétrisme ainsi que l'électronisme emporte des conséquences fortes en terme d'emploi et de pauvreté. Notamment, un adulte en situation d'électronisme aura davantage de difficultés pour accéder à ses droits sociaux. par exemple, nous serions intéressés d'obtenir davantage d'analyse sur ce point.
Des solutions pour remédier l'électrisme adapté à chaque territoire ultramarin doivent pouvoir être apporté dans le cadre du plan interministériel de prévention et lutte contre l'électrisme en outre mer. Quelles sont les actions que vous comptez déployer ? Plus largement, l'éducation nationale ainsi que les structures s'adressent aux adultes en situation d'éilectrise.
Ont-elle les moyens de véritablement réduire le fléau de l'électrisme en outre M ? Nous sommes évidemment très intéressés par vos propositions prioritaires de réforme ainsi que votre retour sur des exemples d'initiatives ayant réussi et les raisons de leur succès. Je rappelle qu'un questionnaire indicatif vous a été transmis en amont afin de mieux cerner leurs premières interrogations.
Alors, je souhaite maintenant vous rappeler que cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat. Je vous rappelle qu'un faux témoignage devant notre commission d'enquête serait passible des peines prévues aux articles 434-13, 434-14 et 434-15 du code pénal. Monsieur Janin, je vous invite maintenant à prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, et dire je le jure, je le jure.
Je vous remercie madame Jaffrey. Je vous invite à votre tour à prêter sermon, dire toute la vérité, rien que la vérité, en levant la main droite et en disant je le jure, je le jure. Je vous remercie madame.
J'en viens maintenant à madame Nardin. Je vous invite à prêter serment de dire toute la vérité, rien que la vérité, en levant la main droite et en disant "Je le jure, je le jure." Je vous remercie.
Alors, si vous le voulez bien, mesdames, messieurs, vous pourriez prévoir une brève présentation liminaire de 5 à 10 minutes maximum impérativement, après laquelle je céderai la parole à madame la rapporteur puis à monsieur le commissaire pour vous poser des questions. Je vous cède maintenant la parole. Monsieur Janin veut commencer.
Merci. Oui, je vais Bonjour. Merci madame la présidente.
Merci à la commission. de nous auditionner aujourd'hui. Euh donc 5 10 minutes, je vais le faire très court pour ma partie puisque c'est principalement madame Jaffrey et madame Nardin qui pourront vous faire une présentation très détaillée de la situation entre ma mais pour démarrer cette audition peut-être quelques éléments à verser à rappeler.
La l'Agence nationale de lutte contre l'ilisme est un groupement d'intérêt public qui a été créé en 2000. et qui rassemble aujourd'hui 25 organismes et institutions en quatre collèges, des ministères, 12 ministères euh des collectivités territoriales avec principalement comme membre le l'association région de France et l'association des départements de France, des OPCO euh et un un 4e collège représentant les organismes de formation d'emploi France travail, Sertif pro, Lavepa. Euh donc ces différents organismes partagent ensemble au sein du groupement les chantiers sur lesquels il considèrent qu'il est plus utile de travailler ensemble plutôt que de chacun [raclement de gorge] mener ses opérations dans le coin, sachant que chacun sur son propre champ prend des initiatives.
L'agence n'est pas une agence de moyens. Nous nous n'avons pas de crédit à distribuer, à mettre à disposition. Nous sommes une structure euh qui principalement vise à optimiser l'intervention des uns et des autres, à coordonner nos interventions euh et euh autour de trois axes principaux euh la connaissance qualitative et quantitative du phénomène de l'ilétrisme, la production d'outils et la mise à disposition d'outils, la disposition du public et des professionnels pour mieux repérer et résoudre les difficultés et accompagner ensuite l'ingénierie à mettre en place pour intervenir le plus efficacement possible par nos différents intercuteurs nationaux et locaux.
L'agence donc en tant que telle euh est constituée de 35 salariés dont un chargé de mission dans chaque région. Donc nous disposons aujourd'hui pour ce qui vous concerne d'un chargé de mission de l'agence dans les cinq territoires ultramarin euh la Réunion, la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe et Mayotte. Nous reviendrons tout à l'heure.
Euh notre groupement n'a pas compétence sur les autres territoires d'outre mer euh qui ne enfin de l'article 74 de la Constitution. Donc je vous propose pour faire plus court, c'est de donner la parole à Cécile Jaffrey, directrice de notre agence qui va vous faire une présentation, une photographie de la situation telle que nous la euh nous la voyons actuellement dans les outres Mès. Merci Christian.
Bonjour mesdames, bonjour messieurs. effectivement donc en complément de ce qui vient d'être indiqué par notre président peut-être indiqué que en depuis 2023 l'agence est dotée d'un observatoire de l'ilétrisme et l'électronisme et que cet observatoire donc qui est animé par une statisticienne et un un adjoint nous permet effectivement d'avoir une vision améliorée, j'allais dire hein d'un certain nombre de territoires et comme l'indiquait Christian Janin, pas la totalité des territoires ultramarins mais en tout cas sur certains et notamment une enquête INC dont les résultats sont parus en 2024 et qui nous permet aujourd'hui d'aller plus loin dans la compréhension notamment des profils des personnes concernées mais aussi d'une typologie des territoires sur les différents les différentes régions. Donc nous pourriez revenir évidemment tout à l'heure, mais l'apport de cet observatoire me paraît important au moment où vous vous interrogez sur une connaissance plus fine de ce qui se passe sur les territoires.
Et je pense que tout à l'heure, on aura l'occasion d'évoquer aussi la notion de facteur de risque d'ilétrisme que nous allons mettre en évidence dans le cadre de travaux qui vont être rendus publics le 8 avril prochain. Donc ça c'est une première une première notion que je voulais partager avec vous. Une un deuxième élément en terme liminaire pour vous dire effectivement que nous partageons le constat que vous venez de faire tout à l'heure sur le fait que l'été mais en tout cas le défaut de maîtrise des compétences de base parce que je pense que c'est bien comme ça qu'il faut qu'on le lise c'est-à-dire lire écrire compter et utiliser le numérique de base qui sont effectivement j'allais dire les compétences nécessaires pour fonctionner de façon autonome.
Et bien effectivement, ce sont bien ces on constate bien une surreprésentation des difficultés sur un certain nombre de territoires ultramarin. Mais pour les territoires pour lesquels nous avons des chiffres, on constate quand même des disparités entre les territoires eux-mêmes qui méritent d'être soulignés puisque tous les territoires n'ont pas la connu la même évolution notamment et l'ampleur n'est pas tout à fait la même. Donc on vous présentera ces chiffres si vous le souhaitez tout à l'heure.
Le dernier élément que je voulais partager en terme de propoliminaire, c'était de vous dire que parmi les expérimentations et parmi les outils qui sont aujourd'hui porté par la NLCI, un certain nombre trouve à se développer tout particulièrement en territoire ultramarin. Je pense notamment à une expérimentation qui s'appelle familier. Nous arrivons dans la 3e année hein de de cette expérimentation, la dernière année d'expérimentation et c'est une expérimentation qui fonctionne très bien à la Réunion en Guyane et à Mayotte et qui permet d'accompagner de jeunes adultes, donc essentiellement de jeunes femmes d'ailleurs qui sont devenues mères et qui au moment de l'entrée en scolarité de leur enfant sont intéressés par s'engager dans un processus de formation autour des enjeux de parentalité.
Et dans le cadre de ce processus, on les accompagne aussi sur une montée en compétence par rapport à leurs compétences de base. Et euh les premiers éléments qu'on peut tirer, hein, de ces deux premières années d'expérimentation sont très intéressants, ce qui permet de constater une véritable un véritable changement hein de de posture à la fois dans le cadre de la cellule familiale. Je pense notamment à des témoignages autour de la baisse des violences intrafamiliales, mais aussi une volonté euh qui qui débouche he de ce programme qui est une volonté d'insertion professionnelle et de formation de ces jeunes adultes, ce qui n'était pas nécessairement le point d'entrée, j'allais dire, de ce programme.
Donc, on voit effectivement l'importance d'avoir des programmes qui soient ouverts et décloisonnés et qui permettent de répondre à l'ensemble des enjeux et des besoins d'une population. Quand on parle d'illétrisme, on parle de personnes qui ont terminé leur scolarité et qui sont malgré tout en difficulté dans le cadre de leur vie quotidienne pour pour lire, écrire, compter et donc pour être autonome. Et on ne parle effectivement pas des enfants qui sont eux dans un cursus d'apprentissage.
Pour autant, il est bien évident que la question de la scolarité, alors qui relève de l'éducation nationale he et pas de la NLCI, et bien cette question de la prévention de l'illétrisme, elle a complètement sens en particulier par rapport à la question de la reproduction des inégalités que vous soulignez en introduction et qui est effectivement un cercle qu'il s'agit là de de rompre. Voilà. Donc euh je vous l'ai citer Familir, mais évidemment il y a bien d'autres programmes ou ou euh outillages que nous pourrons évoquer en fonction des questions.
Merci. Nous passons la parole maintenant à madame Nardin, si vous voulez bien pour les propos liminaires. Merci madame la présidente.
Non, j'ai pas j'ai rien à rajouter à ce que viennent de dire la directrice et le président. Je vous remercie. Donc s'il y a rien à rajouter, je vais passer la parole à madame la rapporteur pour les questions.
Merci madame la présidente. Merci pour vos propos liminaires pour vous exposer. Excusez-moi pour les petits désagréments de santé.
Je voulais euh redire ici comme l'a fait madame la présidente la l'importance que peut avoir la scolarité, la réussite, l'apprentissage des apprentis des des compétences clé en matière de réussite sociale, de réussite professionnelle et d'insertion. Et sur le sujet qui nous intéresse, à savoir les inégalités systémiques en notre mer, et bien l'ilétrisme est un sujet central puisque il est un des indicateurs sur lesquels nous fondons notre idée que les inégalités en notre mère sont systémiques puisque elles se reproduisent et bien souvent elles sont transmises d'une génération à une autre. L'idée c'est de faire le point avec vous en tant que expert de ce sujet pour avoir les les éléments qui vont nous permettre d'avancer sur ce sujet et enrayer cette dynamique de reproduction des inégalités.
Moi, je je voulais revenir simplement sur les indiques, les les chiffres qui nous disent donc qu'il y a des disparités importantes entre les territoires ultramarins concernant les difficultés face à l'écrit. 41 % des adultes sont en difficulté face à l'écrit en Guyane, 61 % à Mayotte, 17 % à la Réunion, 16 % en Guadeloupe et 13 en Martinique. Comment est-ce que vous expliquez donc de telles différences entre les territoires d'outre mer, y compris entre la Martinique et la Réunion ?
Et j'ai une deuxième question [raclement de gorge] puisque vous nous avez décrit rapidement le dispositif familière et compte tenu des enjeux qui sont en présence et finalement au manque d'ambition et au manque de moyens compte tenu des retards immenses qui sont constatés enem. Est-ce que vous considérez que finalement il y a un véritable pilotage interministériel ou simplement un sous-poudrage ? et quelle place peuvent prendre dans cette lutte contre l'ilétrisme les collectivités euh territoriales qui elles sont euh véritablement euh au plus proche finalement des personnes euh dont on parle vulnérables et isolées.
Merci. Alors, c'est peut-être moi qui vais prendre le les premiers éléments de réponse par rapport à votre interrogation. Donc concernant les chiffres, peut-être déjà vous indiquer que euh sur la partie véritablement euh chiffre, nous côté agence et donc c'est les éléments qu'on vous partagera tout à l'heure puisque là on peut pas partager notre notre tableau là, mais euh effectivement euh on vous les on vous les adressera.
Euh dans le cadre des travaux menés par l'observatoire, ce qu'on relève c'est effectivement que euh côté hexagone, on on dit un adulte sur 10 est en difficulté avec au moins une des compétences de base, hein, donc 10 %. Quand on regarde les territoires ultramarins pour le même périmètre, c'est-à-dire toute personne qui a eu une partie de sa scolarité en français euh et qui est désormais adulte, ce nombre ce taux d'adultes en difficulté importante avec au moins une compétence de base est de 38 % à Mayotte, 19 % en Guadeloupe, 22 % en Martinique, 26 % à la Réunion et 33 % en Guyane. Donc je je me permets de vous donner ces chiffres qui sont complémentaires par rapport à ce que vous nous avez indiqué puisque pour le coup ils émanent d'une enquête qui a été donc rendu publique par l'INC en 2024 mais qui a pu être réexaminé avec un prisme qui est un petit peu plus large que celui de l'illétrisme strict mais qui nous permet d'embrasser nous semble-t-il de façon plus juste le pourcentage d'adultes en difficulté dans leur autonomie du quotidien puisque voilà des difficultés importantes en numéraci emportent également des conséquences he sur le quotidien bien des adultes.
Donc donc vous le constatez, il y a effectivement des disparités hein que vous que vous pointiez madame la la rapporteur. Donc effectivement, mais qui sont un peu aussi moins nettes quand on prend ce chiffre là qu'avec le chiffre strictensu de de l'illétrisme euh qui nous permettent quand même de pointer que la Guyane et Mayotte sont les deux territoires parmi les cinq hein. Et encore une fois, nous n'avons pas de chiffre pour les autres territoires hein euh mais sont effectivement les deux territoires les plus concernés.
Et si on regarde un autre chiffre qui est celui de la répartition entre ellétrisme, halophonie et analphabétisme euh pour les adultes en difficulté à l'écrit. On va retrouver là aussi à Mayotte par exemple sur l'ensemble des adultes en difficulté avec l'écrit. 19 % vont relever de l'illétrisme, 34 % de l'allophonie et 43 % de l'analphabétisme.
Alors que si je prends par exemple la question la réunion par exemple sur les adultes en difficulté avec les l'écrit à la Réunion, on va trouver 70 % en situation d'illétrisme, 5 % en situation d'halophonie et 6 % en situation d'analphabétisme. Vous voyez que on n'est pas on n'est pas tout à fait sur le le même vécu social et le même vécu culturel au sein de chacun de ces territoires. Alors, je pourrais vous donner les autres he vous les aurez sur le tableau, mais j'aurais pas vous abreuver de chiffres non plus, mais c'était juste pour vous pointer cette notion effectivement de le le territoire lui-même, évidemment l'histoire du territoire et l'histoire migratoire du territoire colore nécessairement ben la question he des difficultés et de leur répartition.
Voilà. Donc ça c'était euh une un premier élément par rapport au aux chiffres. Si l'on regarde maintenant, et j'en terminerai là, c'est promis avec les chiffres, mais les chiffres de la journée, défense et citoyenneté.
Donc, j'allais dire que ce que je viens d'évoquer, c'est plutôt la situation globale des adultes sur l'ensemble du territoire concerné. Et puis là, on va prendre euh, j'allais dire le flux, c'est-à-dire une génération, hein, de des des 17 ans qui passe, hein, tous les jeunes français passent donc ce test hein, de la journée défense et citoyenneté. Et bien là, on a des chiffres aussi qui nous permettent de voir que l'hexagone, on est à peu près à 10,5 % de jeunes français en difficulté de lecture puisque ce test ne porte he que sur la lecture et la compréhension hein de de l'écrit.
Il y a pas de production écrite hein dans le texte de dans le test de la JDC. Vous vous nous demandiez dans les questions qui nous avaient été transmises de comparer avec des départements hexagonaux concernés. Donc j'ai pris le département de l'IN par exemple hein qui est un département de la région des Haut-Frances qui concernait.
Donc l'hexagone je vous ai dit 17,5 % l'EN. Et puis si on regarde là les territoires ultramarins et bien Mayotte c'est 58 % des jeunes qui sont en difficulté de lecture à 17 ans. La Guadeloupe 31, la Martinique 32.
Donc vous voyez ça se tient un petit peu. Donc là aussi ça me permet de de dire qu'il y a peut-être moins de différence qu'on ne le perçoit entre les deux territoires des des antançaises. La Réunion 30 % et la Guyanne 52 %.
Donc euh je ne peux que rejoindre ce qui était évoqué tout à l'heure, c'est-à-dire que non seulement c'est un sujet important pour les adultes, mais c'est un sujet toujours important chez les jeunes qui entrent dans leur vie d'adulte en outreem et que les résultats de ce test nous amènent évidemment à avoir une vision et je je je continuerai par rapport à votre deuxième question, une nécessité d'action véritablement systémique de lutte, ce qui signifie que évidemment il y a quelque chose à à travailler sur et bien l'accès à l'école, les modalités d'enseignement et cetera, mais ça pour tout dire, ça relève plutôt de l'éducation nationale que de l'Agence nationale de lutte contre l'illétrisme puisque nous notre action est plutôt centrée autour des adultes. Et on voit bien que si on veut entrer vraiment sur une action bon efficace et et massive, même si on agissait sur l'école, on ne peut pas agir que sur l'école et il faut véritablement que les modalités d'accès à la deuxième chance de d'apprentissage he à l'âge adulte soient opérationnelle sur l'ensemble des territoires et soient efficace pour l'ensemble des besoins des personnes. Je m'explique.
Quand effectivement on a des personnes donc jeunes qui entrent sur le marché du travail, elles ont une typologie de besoin. Si elles sont en difficulté sur le lire, écrire, compter, les réponses qu'on va pouvoir proposer vont être nécessairement orientées vers bah la mobilité, la capacité à s'insérer professionnellement, l'apprentissage mais aussi le permis de conduire, un certain nombre d'éléments de cette nature. Plus tard dans la vie d'adulte, c'est la question de la parentalité qui va très certainement être un levier efficace.
Ensuite, on peut avoir d'autres leviers efficaces à d'autres moments de la vie autour de ben la perte d'emploi. Par exemple, retrouver un emploi et se reconvertir ou encore être maintenu dans son emploi quand on a des difficultés de santé et que on était sur un poste très physique. Donc, on voit que les types d'offres en réponse qui vont devoir être présents sur le territoire, ça ça va devoir être adapté par rapport à l'ensemble de ces besoins là.
Et donc par rapport à l'action des pouvoirs publics mais aussi des donc que ce soit des services de l'État ou des collectivités, on voit bien que c'est une action concertée et systémique qui est importante. De la même façon, on voit effectivement que parfois on veut repérer les personnes. Donc il y a des outils de repérage hein.
L'agence en porte un un service public numérique qui s'appelle EVA. Mais effectivement, si on repère les personnes mais qu'on a pas de solution à leur proposer ensuite, bah en fait voilà, on on stigmatise finalement plus qu'on accompagne puisque'effectivement on n'arrive pas à proposer des choses. Et c'est le cas sur certains territoires où on est en difficulté, soit sur certains bassins de vie, soit même sur certains territoires par rapport à une typologie de population.
Alors, à certains endroits, ça va être pour les demandeurs d'emploi où on aura plus de difficultés à proposer des choses. À d'autres endroits, c'est plutôt pour les salariés. à d'autres endroits encore, c'est plutôt pour les jeunes et cetera et cetera.
Or, effectivement, pour qu'on soit efficace, il faut bien sûr agir au moment de l'entrée à l'école et des acquisitions fondamentales, mais il faut aussi accepter l'idée qu'il puisse y avoir des temps de réapprentissage à l'âge adulte. Et dans ce cadre-là, il faut que soit en place un système sur le territoire qui permette d'avoir une bonne sensibilité à ce sujet. C'est généralement le cas sur les territoires ultramarins, plus qu'en hexagone.
Un repérage efficace et bienveillant. Donc c'est ce que permet Eva avec la valorisation des compétences transverses. Une véritable professionnalisation des acteurs sur le territoire qui vont être capables d'accompagner les personnes.
Et on voit l'émergence de diplômes universitaires notamment à la Réunion et en Guadeloupe, ce qui n'existait pas et on espère bien que tous les territoires ultramaréens s'en doutteront. Et puis la dernière chose, il faut avoir une offre de formation comme je l'indiquais adaptée aux différents besoins, donc aux différents niveaux. À la fois des personnes qui ont davantage besoin de renforcer des compétences qui sont là et d'autres qui ont véritablement besoin de remobiliser des compétences qu'ils ont eu du mal à ancrer au moment de la scolarisation.
Donc en en conclusion sur ce point simplement dire que euh c'est pas nécessairement qu'il y a du saupoudrage, c'est peut-être que dans un certain nombre de cas, on manque d'une vision globale d'action qui permettrait d'avoir des résultats certainement plus probants. Le plan interministériel Outreem qui a été signé ces derniers mois est un premier pas, j'allais dire en ce sens puisque là on a une véritable articulation et on voit aussi qu'on a certains territoires, je pense à Mayotte en particulier qui se sont dotés de plans de lutte contre l'illétrisme où les collectivités, les services de l'État et les acteurs du monde de l'entreprise se se mettent ensemble pour produire des actions et avoir une vision un peu globale des choses. Et c'est très certainement ce vers quoi il faut tendre, c'est-à-dire avoir une vision à agir sur l'ensemble des leviers en même temps pour être efficace.
Questions ? Oui. Merci.
Euh merci pour vos réponses. Très clair et euh très exhaustive en même temps, même si vous nous dites que vous neous avez pas donné tous les chiffres. ce que ce que vous nous avez donné déjà là sont très éclairants.
Euh vous parliez euh des modalité d'enseignement, on constate bien dans les chiffres qu'il y a effectivement un un réel décrochage entre l'Hexagone et euh les les autres mères, en tout cas ceux ceux ceux pour lesquels vous avez des chiffres. [grognement] Et on constate que le l'illétrisme, le taux d'illétrisme est constant aussi. Ce sont des chiffres qui ne qui ne baissent pas malgré les politiques qui sont mises en œuvre puisque chaque année nous avons des décrocheurs scolaires et nous avons euh des jeunes qui quittent le système scolaire sans avoir acquis les compétences clés leur permettant de s'insérer plus facilement dans la société, pas seulement au niveau professionnel mais dans la société de façon générale. [raclement de gorge] Comment est-ce que est-ce que est-ce que vous considérez que les modalités d'enseignement que l'école est adapté au public qu'elle qu'elle accueille sur les bancs de l'école dès la maternelle ? puisque vous dans dans les chiffres que vous nous avez donné précédemment, vous croisez ilisme, hallophonie et analphabétisme.
Donc la question de la langue, elle est elle est centrale. Et euh selon vous, est-ce que l'école telle qu'elle est telle qu'elle existe actuellement dans les territoires ultramarins prend suffisamment en compte la question de la langue maternelle qui peut ne pas être le français ? Et est-ce que les jeunes, les petits entrent véritablement dans les apprentissages de façon correcte par rapport à à cette spécificité territoriale qui se décline de façon différente ?
Et quand on regarde les chiffres pour la Guyane où là on est à 52 %, on voit bien que il y a il y a un réel il y a un vrai sujet sur la maîtrise des compétences clé qui n'est pas faite qui ne se fait pas comme on voudrait qu'elle se fasse en notre mère. Merci. Alors peut-être si vous me le permettez, je voudrais quand même pointer le fait qu'on a quand même plutôt une tendance à la baisse sur l'illétrisme puisqueen fait il y a trois enquêtes hein national il éétrisme une en 2004, une en 2011, une en 2000 donc 23 qui est paru en 2024 et quand même mis à part en Guyane euh les chiffres tendent à baisser.
Je je vous donne juste deux illustrations. En Guadeloupe, en 2011, on mesurait à 20 %, on mesure en 2024 à 9 %. Donc c'est quand même voilà, ça va dans le bon sens.
À la Réunion, on est passé de 21 à 12. Donc on est quand même plutôt sur une tendance à la baisse. Alors je vais tout de suite nuancer ce que je viens de vous dire pour vous indiquer.
Donc en Guyane, c'est stable he autour de 20 22 %. Euh la raison de cette baisse euh malheureusement est sans doute moins liée à euh la sortie de l'illétrisme d'un certain nombre de personnes adultes euh que au à la à la population et à la pyramide des âges qui fait que on sait que a priori plus on est âgé plus le risque d'illisme est fort et donc effectivement comme les enquêtes s'arrêtent à 64 ans, bon il y a eu une bascule. Voilà.
Donc, mais bon voilà, je voulais juste quand même pointer le fait que quand on regarde les chiffres en valeur en valeur absolue, hein, on a quand même une tendance à à la baisse entre les trois enquêtes de 2004, 2011 et 2023. Donc ça c'est un élément concernant la scolarisation des enfants. Alors encore une fois, nous ne sommes pas là dans le secteur d'expertise de l'agence, c'est-à-dire que nous n'avons pas le JP NLCI he quand il a été fondé en en 2000 n'avait pas pour objet d'intervenir sur la pédagogie mais plutôt sur une proposition donc vraiment destinée aux adultes.
C'està-dire qu'est-ce qu'on propose à des personnes dont on constate que à la fin de la scolarité obligatoire, ils n'ont effectivement pas la maîtrise suffisante. Donc vous voyez, on est moins dans l'analyse des causes qui n'appartient pas à l'agence plutôt on est plutôt dans l'action de remédiation par rapport aux adultes. Pour autant, peut-être deux petits points, voilà, pour alimenter le débat, mais encore une fois, sans être conclusif sur ce sujet, c'est de dire que il faut faire attention à ce que nous comparions bien une offre de scolarisation comparable.
Ce qu'on constate dans certains territoires ultramarins, c'est que l'accès à l'école n'est pas équivalent à celui qu'on peut connaître par exemple dans une région hexagonale. Je pense notamment à la disponibilité des bâtiments scolaires, à la question des enseignants et à la question des manuels scolaires. Donc ces points sont d'ailleurs repris dans le plan interministériel Outre hein qui a été signé là en fin d'année dernière avec notamment des efforts substantiel autour des manuels autour voilà on sait que dans certaines régions par exemple on a une scolarisation des enfants en demi-journée avec une alternance matin après-midi de deux groupes d'élèves pour permettre à tout le monde voilà c'est pas tout à fait la même scolarité que quand on est voilà dans dans une dans une école toute la journée toute l'année sans difficulté climatique et cetera.
Donc bon, c'est il faut quand même avoir ça en tête. C'est-à-dire que je pense que la modalité de scolarisation n'est pas tout à fait la même. Et le deuxième point, alors pas partout hein, c'est variable d'un territoire à l'autre.
Là encore, on peut pas vraiment qu' comparer la réunion avec Mayotte, par exemple, hein. Il y a des choses qui sont quand même des des réalités de vie qui sont quand même différente. Et la deuxième chose, c'est peut-être aussi de pointer le fait que évidemment il y a d'autres langues parlé simultanément sur un certain nombre de territoires hein par rapport au français et que là encore comparer en fait un territoire sur lequel et bien le français et la langue qui est à la fois la langue de scolarisation mais aussi la langue parler au domicile, parler dans la cour de récréation, parler au travail, parler pour faire ses courses par rapport à un certain nombre de territoires où finalement le français n'est que la langue qu'on parle dans la classe mais pas en dehors de la classe.
Nécessairement, la question du bain langagier et donc de l'usage n'est pas tout à fait la même. Il y a peut-être aussi des des endroits où on peut être autonome sans avoir une bonne maîtrise du français à l'écrit, ce qui est pas le cas pour la plupart des autres régions. Donc voilà, ça c'est des points en tout cas des éléments de réflexion mais en tout cas il n'y a pas de travaux menés par l'agence sur la question de la causalité et de la qualité ou des améliorations à avoir sur la question de la scolarisation puisque ce n'est pas notre champ de compétence.
J'ai pas une questionne, je voulais juste effectivement aborder une question, c'est le financement de la lutte contre l'illétrisme. Évidemment, comme vous l'avez dit à l'école, une partie importante repose sur l'éducation nationale, mais moi, j'ai vécu dans mon département un petit peu une querelle de de chapelle qui a fait disparaître une assoutte contre l'île lettrise parce que il y avait le département au titre de ces compétences sociales et la région au titre de la formation et la région s'est désengagée. Donc là, il n'y avait plus la possibilité de faire alors si ça se produit dans l'hexagone, est-ce que c'était un cas isolé ou est-ce queon retrouve des cas de collectivité notamment dans les outres mères en complément de ce que peut faire l'état, le financement à l'État pour l'école pour dire l'école obligatoire.
Merci. Alors, il y avait Julie qui voulait intervenir. Je réponds peut-être à monsieur et puis tu complètes après.
Julie, ça te ça te va très bien. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'effectivement, j'allais dire chaque acteur public a une forme de responsabilité. Je dire c'est à la fois ce qui est intéressant et ce qui est complexe dans la situation de la lutte contre l'illétrisme, c'est que finalement euh bah si on réfléchit insertion sociale, on pense plutôt au département.
Euh si on réfléchit cohésion sociale, euh et ben on pense plutôt euh enfin département ou euh voire état euh la formation professionnelle et de la compétence de la région et puis sur la question de l'école, les différents degrés de scolarité sont aussi euh voilà euh financés et pilotés par différents acteurs. Donc euh j'allais dire c'est la question de tout le monde. La vraie difficulté, c'est qu'il faut faire bien attention à ce ça ne devienne pas la question de personne, voyez, parce que effectivement chacun a son rôle à jouer et à son niveau.
Alors, sur la question de la scolarité, concrètement, pour répondre à votre question, je n'ai pas d'exemple en tête de désengagement ou de réengagement du département et d'une région. Par contre, sur la question de la formation des adultes, c'est vraiment une question qui est complètement dans notre actualité. Nous avons des territoires y compris en hexagone où à un moment donné la question du portage des actions de formation professionnelle pour les adultes qui est normalement de la compétence de la région euh bah sont plus ou moins prises en charge par les régions et éventuellement par subsidiarité on peut avoir des financements qui sont repris par l'État voire par France travail sur délégation de l'État voire par certains départements qui mettent en place un certain nombre par exemple ce qu'on appelle nous des ateliers première marche c'est-à-dire des formations pour les personnes les plus éloignées les ARSA, les BRSA.
Donc on peut avoir effectivement l'ensemble de ça. Mais comme je vous le disais en fait voilà la difficulté c'est il peut y avoir des des j'allais dire des querelles de périmètre. Ça peut se trouver mais finalement sur la question de la lutte contre l'illétrisme ça ne devrait pas se poser puisque en fait si on s'en tient même strictement au périmètre fixé par la loi par rapport aux compétences des uns et des autres, tout le monde a véritablement son rôle à jouer par rapport à la lutte contre l'ilétrisme s'agissant des enfants comme des adultes.
Si j'ai répondu à votre question. J'aurais voulu savoir est-ce qu'il manque de formateurs sur les territoires par rapport à l'hexagone et comment sont formés les formateurs ? Voilà en fait aussi quelle est la qualification en fait voulue.
Ben je vais je vais je vais vous répondre bien sûr, c'est une question très intéressante. Je vois juste que Julie Nardin avait souhaité intervenir. Je voudrais la laisser compléter sur le point précédent avant qu'on ne change de sujet.
Oui, merci Cécile. Non, je je je ne peux que qu'abonder sur ce que tu viens de dire, sur la nécessaire cohérence des différents acteurs publics euh pour lutter contre l'ilétrisme. Simplement euh par rapport à la question même d'avant.
Euh j'avais euh j'avais peut-être un petit un petit point à à faire en en exergue euh sur le le sujet euh euh du comparatif entre euh situation d'ilétrisme, euh situation euh de personnes halophones et analphabétisme. Quand vous aurez les chiffres, vous verrez ce qui est assez intéressant dans les chiffres, c'est que donc sur une population adulte en en difficulté avec les cris, on se rend compte que les différences entre les cinq départements d'outreem se s'interprète dans les chiffres, à savoir que dans les départements Guadeloupe, Martinique et la Réunion dans lesquelles on on identifie moins d'adultes en difficulté importante avec les compétences de base, c'est-à-dire que en proportion la population de personnes en situation de difficulté et moindre que à Mayotte et en Guyane. Et bien parmi ces personnes-là, la proportion de personnes en situation d'illétrisme est beaucoup plus importante que la proportion d'halophone ou de personnes en situation d'analphabétisme.
Et c'est le contraire à Mayotte Guyane où on se rend compte que euh il y a beaucoup moins de personnes en situation euh dilétrice hein en proportion et plus d'allophones et plus de personnes en situation d'analphabétisme. Ça me semble important parce que ça rejoint un peu votre question sur l'école. qui dit analphabétisme dit que les personnes n'ont pas été scolarisées en France puisque l'éducation étant obligatoire et la scolarité étant obligatoire en France jusqu'à 16 ans, toute personne en situation d'analphabétisme, c'est des personnes qui ne sont pas allées à l'école, donc des personnes qui n'ont pas qui n'ont pas qui n'étaient pas en France et qui n'ont pas été scolarisé en France.
Et euh voilà, cette proportion là de personnes en état d'analphabétisme, on voit que plus elle est importante euh et plus euh le taux d'adulte en difficulté avec les compétences de base est importante. Et il me semble je parle sous évidemment sous le sous réserve de ce que pourrait rajouter Cécile Jaffre qui est bien plus à l'aise avec ses chiffres. Mais tout de même, il me semble que c'est un un point intéressant parce que ça montre euh s'il était besoin de le faire, mais je pense que c'est nécessaire dans certains territoires, ça montre à quel point euh il est absolument nécessaire d'adapter le plus possible euh la réponse à la fois euh du système scolaire et du système de formation pour les adultes.
C'est-à-dire que plus la solution de formation ou d'éducation sera adaptée au profil des personnes concernées et plus ça sera efficace et plus on aura de chance de de d'aider d'aider ces personnes à à sortir de leurs difficultés. Et je crois que c'est vraiment un point. Alors pour ne rien vous cacher, euh moi je suis euh très récente dans l'agence mais j'ai la chance d'accompagner et d'appuyer les chargés de missions régionaux y compris nos cinq collègues qui sont dans les dans les cinq départements euh en question.
Et euh et c'est un point vraiment important sur lequel ils insistent beaucoup sur le fait que c'est nécessaire d'avoir et vous avez raison des euh des formateurs formés et aussi très important des solutions qui sont vraiment adaptées au territoire, adapté aux situations, adapté au type de difficultés des personnes. Et voilà et je crois que c'est tout l'intérêt des chiffres que de nous amener à faire ce type de distingo. Donc c'était juste cette petite précision sur sur ces chiffres là et ça t'ouvre la voix Cécile pour répondre sur la question des formateurs et de la formation de formateurs.
Oui effectivement la question des professionnels formés hein, je vous le disais tout à l'heure voilà il faut bien agir sur tous les leviers en même temps. Donc la professionnalisation c'est effectivement un un des un des axes forts. Et pour le coup effectivement on on pêche un peu.
Alors, on pêche aussi parfois en hexagone, c'est pas spécifique à l'outre mer, mais j'allais dire que les conséquences sont peut-être encore plus importantes en outreem au vu de la situation de de départ. Trois points par rapport à la formation des professionnels. Premier point, ce qu'on constate, il y a eu un état des lieux de la professionnalisation autour du champ de l'accompagnement des personnes en situation d'illétrisme qui a été fait par l'agence en 2023 et qu'on vient de remettre à jour en 2025.
Ce qu'on constate, c'est que plus de la moitié des actions de professionnalisation sont portées par des centres ressources lettrisme analphabétisme, les cria. Or euh aussi surprenant que ça puisse paraître, des centres ressources en outreem, on en a donc un en Martinique porté par la GFMA, donc le Carifor. Euh on en a euh un qui est en train de se monter en Guadeloupe puisque le recrutement de la personne qui va piloter ce centre ressources est en cours.
Donc il devrait y en avoir un mais pour l'instant il n'y en a pas non plus en Guadeloupe. Il n'y en a pas à la Réunion, il y en a pas en Guyane. Il y en a un à Mayotte là aussi porté par le par le Carif hein, c'est le la plateforme la plateforme du de la PLIA.
Donc ça c'est déjà fa d'avantal, c'est-à-dire que si le principal acteur de professionnalisation n'est déjà pas installé, ben voilà, en fait la question de la professionnalisation derrière, elle est de toute façon moins tenue, moins logique et moins portée. Donc ça c'est déjà une priorité. Donc ça fait partie hein des mesures du Sium euh de d'implanter des centres ressources électrisme dans chacun des territoires ultramarins.
L'agence il travaille beaucoup hein sur celui de Guadeloupe. On a participé très activement à la préfiguration. On espère vraiment que le plan interministériel va permettre l'installation de centres de ressources dans tous les territoires.
Donc ce sera un point d'appui très important pour l'ensemble des professionnels qui souhaitent se former et donc être davantage ensuite en capacité d'accompagner les adultes concernés. Donc ça c'est vraiment la première chose et je pense que c'est vraiment le point le plus fondamental. La deuxième chose c'est de dire que euh la professionnalisation des acteurs, elle dépend aussi de la pérénité des organismes de formation qui les emploient.
Or, on constate, j'allais dire les les hauts et les bas du financement des offres de formation sur les territoires. Donc je vous disais tout à l'heure que c'était quand même relativement inégal. Et bien ça ça a des conséquences hein sur la la survie à 5 ans ou à 10 ans de certains organismes qui avaient des formateurs compétents et formés.
Mais effectivement, le fait d'avoir des financements qui s'en vont et qui s'en viennent fait que un certain nombre de ces organismes ont fermé, que d'autres ont réduit leur effectif et d'autres encore sont en fait un peu en incertitude sur la suite. Ça n'est pas de nature à faciliter et bien la la pérénité de l'offre et donc et bien la la stabilité de la compétence des formateurs et encore moins à créer des vocations pour des formateurs de s'engager, se former et se professionnaliser sur ces sujets. C'est deuxème point.
Le 3è et dernier point sur ce sujet-là, c'est la question de la qualification, de la certification. Et nous avons un déficit pour le coup France entière de qualification spécifique par rapport au sujet de l'illétrisme. Euh autant il y a eu un développement relativement important et souhaitable hein des des masters, des diplômes autour du français, langue étrangère, autant la question des DU sur le sujet de l'illétrisme ou en tout cas qui embarque aussi le sujet de l'illétrisme parce qu'on peut tout à fait avoir des des diplômes universitaires qui soient plus ouverts et bien c'est un vrai sujet.
Donc je vous le disais, donc grâce à à l'initiative de l'INSpect Guadeloupe et de la chargée de mission régionale à NLCI, on a donc depuis 2 ans maintenant un DU en Guadeloupe donc qui a fait le plein encore cette année hein. La première promotion a été diplômée en décembre dernier et c'est une nouvelle promotion qui a commencé son cursus en janvier. Et on a donc en septembre prochain l'ouverture non en janvier dernier pardon l'ouverture du DU à la Réunion porté par Lilette hein madame Jasmine Dijou donc s'il y a des réunionnés parmi vous ils la connaissent probablement qui fait un travail remarquable et qui a pu lancer ce ce DU.
Évidemment, là aussi, il serait éminemment important d'avoir des diplômes universitaires qui permettent de continuer à alimenter en compétenir et donc là, il faut maintenant enclencher le travail à la fois à Mayotte. Donc je serai à Mayotte dans 3 semaines et je vais en profiter pour aller rencontrer justement le doyen de l'université pour qu'on puisse échanger sur ce sujet. Euh peut-être que le diplôme universitaire de Guadelou pourrait un jour s'exporter en Martinique et puis faire peut-être une année chez les uns, une année chez les autres.
Moi, je pense que ça pourrait être une bonne solution. Euh et puis il restera évidemment la Guyane où là il faut effectivement qu'on qu'on y travaille. Donc vous voyez, une offre de professionnalisation dont on voit bien ce qu'elle devrait être mais qui aujourd'hui très clairement n'est pas au niveau des besoins des territoires.
Plus de Oui, moi j'ai une question. Merci. Merci pour vos réponses madame Jfré et madame Nardin également pour l'explication avec les chiffres que vous avez que vous vous nous avez faites.
Moi ce que je enfin à part le dispositif familière, quels sont les dispositifs qui sont soutenus par l'agence et qui fonctionne qui ont pu fonctionner pour lutter contre l'ilétrisme et et pourquoi selon vous ils ont ils ont pu mieux donner du résultat ? Et j'ai une autre question où là on rejoint le même sujet que que que tout à l'heure puisque vous parliez de de français langue étrangère. Moi, je maintiens dans le cadre de cette commission d'enquête qu'on ne peut pas nous répondre que la solution pour lutter contre l'illétrisme dans les territoires ultramarins qui sont des terres de France depuis plusieurs siècles où les populations sont françaises depuis plusieurs générations, on ne peut pas nous répondre que la réponse à la à la problématique de l'illétrisme serait le dispositif français langue étrangère.
Le français n'est pas une langue étrangère. pour ces populations. Pour nous, le français est une langue mais il n'est pas notre langue maternelle.
Et je pense que c'est en cela que euh le paradigme doit véritablement changer puisque enseigner à des à des jeunes ou à des adultes dans une langue qu'il ne maîtrise pas, c'est aller droit dans le mur. Donc comment est-ce qu'on pourrait renforcer ces enseignements dans les langues les langues régionales ? et et finalement leur apporter la maîtrise des compétences clé dans la langue qu'il maîtrise le mieux et la transférer ensuite dans une langue qu'ils auront de fait à travers les apprentissages appris et et appris à manipuler parce que finalement ce décrochage avec la langue officielle c'est ce qui génère un décrochage social, une difficulté dans l'insertion professionnelle et ce qui induit les difficultés d'accès à l'emploi et également la pauvreté On en parlait encore ce matin avec la déléguée interministérielle de la lutte contre la pauvreté.
J'ai encore une question. Selon vous au niveau interministériel, [raclement de gorge] est-ce que des moyens sont prévus, des moyens supplémentaires, je veux dire prévus par les ministères pour traiter ce drame systémique de l'illétrisme dans les outres mères ? Est-ce que vous pourriez, s'ils existent les quantifier, les les les expliquer un peu ? parce que il me semble que avec des taux pareils, on ne peut pas se contenter de reproduire simplement ce qui a à marcher.
Il est peut-être temps d'aller vers de l'innovation. En tout cas, c'est ce que on se propose de relayer si c'est le genre de message que vous souhaitez relayer grâce à cette commission d'enquête. Merci.
Merci. Alors, trois questions assez différentes. Euh si vous le voulez bien, je terminerai par les outils.
Euh je vais peut-être vous dire un mot sur la question du multilinguisme ou plurilinguisme. Euh j'imagine bien que votre commission a aussi étendu he son son travail à des universitaires ou des chercheurs. Je me permets peut-être juste de vous en citer quatre dont j'ai eu l'occasion d'entendre les travaux et qui recoupe complètement ce que vous disiez même la rapporteur.
Alors, j'évoquéis tout à l'heure Jasmine Dijou de Lilette à la Réunion qui mène des travaux très intéressants. Voilà, je pense à Frédéric Anciot à la Guadeloupe qui est aussi membre de notre conseil scientifique au sein de l'agence sur ce sujet du plurilinguisme, Frédéric Anciot ACUX. Je pense aussi à Sophie Albi ALBY en Guyane.
Sophie Albi qui a réalisé un travail justement sur les classes dans lesquelles on enseigne à la fois dans une autre langue et en français. euh qui avait rendu compte de ses travaux devant le conseil scientifique de l'éducation nationale. J'avais eu l'occasion d'entendre sa restitution et c'était tout à fait passionnant.
Et puis enfin Nathalie Aug qui est à Montpellier et qui travaille aussi sur ces sujets et ces travaux permettaient notamment de montrer que quand on travaille en parallèle sur deux langues dont une langue qui est la langue parlée en famille, ça permet en fait d'anticiper les difficultés que les élèves vont rencontrer ou pas dans l'apprentissage du français puisque ça permet de de comparer par exemple si mettons qu'il y ait pas de de genre par exemple de féminin et de masculin dans certaines langues, ben en fait l'enseignant connaissant cette spécificité de la langue qui est parlée par les enfants, elle va pouvoir en fait insister davantage sur tel ou tel aspect dans l'apprentissage du français puisque ce sera plus ou moins évidemment ben intrigant hein pour des élèves qui découvrent ça. Donc ces quatre chercheurs là [raclement de gorge] on font des des travaux sur le sujet que vous évoquez. Bon voilà, je ne fais que les rapporter mais j'avais trouvé en tout cas que c'était très intéressant et je pense queils auraient tout à fait euh leur place euh dans le cadre des travaux de votre commission.
Voilà, je sur la 2è 2è point autour des moyens supplémentaires. Donc euh j'entends que vous en vous aviez ce matin Anne Rubinstein, la déléguée interministérielle prévention et lutte contre la pauvreté. On a la grande chance que la DIPLP intègre notre groupement d'intérêt public là c'est c'est c'est ces temps-ci.
Donc c'est évidemment un sujet qui est tout à fait en lien avec celui de de la question de la maîtrise des du lire écrire compté. vous posez la question des moyens supplémentaires et ben écoutez il n'y a pas de ligne ilétrisme nulle part dans aucune politique hein. Il y a la possibilité d'aller mobiliser des crédits au titre d'un certain nombre de lignes.
Et je ne dis pas qu'il n'y a aucun moyen hein parce que on le voit sur la politique de la ville, on le voit justement sur les crédits des pactes locaux de solidarité et de la DIPLP qui soutient. On voit un certain nombre de crédits mobilisés par des drets, on voit des crédits mobilisés par les conseils régionaux, mais ne les oublions pas, il y a aussi un certain nombre de crédits de formation qui sont mobilisés par les OPCO et par les entreprises. Parce que la question, on l'a pas abordé encore, mais la question de la responsabilité hein de de l'écosystème professionnel est aussi très forte.
En tout cas, il y a des gens qui mettent des moyens mais il n'y a jamais de visibilité de ligne ilétrisme. Donc la question de la quantification est une question extrêmement complexe. Ce qui est sûr c'est que les chargés de missions régionaux de l'agence qui donc depuis euh 3 ans et demi maintenant sont sur les territoires et agissent pour monter des projets.
Et bien je dis souvent et et je dis souvent qu'il tricote mais en fait c'est un peu ça. C'est-à-dire qu'on va être à la chasse de l'opportunité qui va permettre d'aller monter un projet, une expérimentation et très souvent sans garantie de pérennité derrière. Ce qui pose d'autres difficultés, c'est qu'on est sur des publics où et bien la question de la confiance dans le dispositif, de la confiance dans le professionnel est fondamentale.
Et si en fait on n pas le temps en fait d'installer les choses, bah c'est compliqué. On le voit très bien sur Familir où c'est au cours de la 3e année où à la Réunion comme à Mayotte, on a pu euh faire deux groupes parce que le bouche à oreille avait fonctionné de façon très favorable et hop là on arrive à avoir des gens. La première année, c'est très difficile de faire venir les personnes sur un nouveau cursus.
Donc cette question de la pérennité et de la vision dans le temps euh c'est une question qui nous pose souci parce que justement on n'est pas sur des lignes spécifiques, on est sur des morceaux de lignes qu'on agrèche les uns aux autres et parfois même voilà il est arrivé que sur des petits projets l'agence met elle-même un peu voilà le le pied le pied dans la porte pour pouvoir forcer les choses. que c'est une c'est un vrai sujet et aujourd'hui encore une fois ce que je vous disais tout à l'heure c'est la question de tout le monde. Il y a des bonnes volontés, il y a de la mobilisation mais peut-être manquons-nous un peu de vision voilà de vision en fait hein sur ce qu'on attend sur les territoires et donc des moyens qui permettent d'aller enrichir cette vision.
Sur la troisème question que vous posiez concernant les outils portés par l'agence. Donc je je vois l'heure donc je vais pas vous les détailler tous. Sachez quand même que parmi les outils prioritaires portés, nous avons donc alors Famili est un programme expérimental qui est financé par l'INJEP et qui va s'arrêter que nous cherchons donc maintenant que toute l'expérimentation est arrivée hein quasiment à son terme.
On sait ce qu'il faut faire, on sait combien ça coûte, on sait comment le faire marcher. Il va ensuite falloir trouver et bien les porteurs pour queon puisse continuer puisqu'on est sur des dispositifs qui produisent des effets mais dont aujourd'hui on ne sait pas ce qu'on fera à partir de la rentrée prochaine puisque nous n'avons pas de personne ne se saisit du dispositif au-delà des financements INEP. Ça c'est première chose.
D'autres outils proposés par l'agence. Donc EVA qui est le service public numérique de repérage des difficultés des adultes avec les compétences de base qui est un jeu sérieux qui marche très bien qui est utilisé par le RSMA, qui est utilisé en mission locale, qui est utilisé par des organismes de formation, qui est utilisé chez France Travail. Donc ça c'est un outil qui est maintenu et qui est développé par la NLCI sur la base d'une start-up d'état qu'on a récupéré en 2021.
Euh duplexe qui est une démarche endragogique qui permet euh enfin d'articuler le numérique et les compétences de base. Donc là, c'est une démarche pour les formateurs pour le coup pour les aider en fait à mieux accompagner les personnes. Et puis donc outil qui va être lancé en juin qui s'appelle EVAPRO et qui là est un outil à destination des entreprises et des organisations publque qui va permettre en fait d'enclencher une démarche d'action, j'allais dire d'introspection d'abord et puis ensuite de mise en action de l'entreprise par rapport aux difficultés qui peuvent être rencontrées par son personnel.
Donc voilà, ça c'est quelques-uns des outils. On a la coopérative des solutions aussi. Donc là, c'est grâce à des fonds du FSE, on va pouvoir proposer à des acteurs locaux euh des un accompagnement d'intelligence collective pour pouvoir élaborer une solution adaptée puisque comme l'indiquait Julie tout à l'heure, ce qui est très important d'avoir une diversité des solutions sur chaque territoire et surtout des solutions qui ont été construites avec les acteurs du territoire pour qu'on soit sûr qu'elles sont exactement adaptées.
Il faut vraiment faire de l'artisanat dans la solution, même s'il faudrait faire de l'industrie dans les moyens qui y sont consacrés. Je vous remercie pour vos peup qui nous déclare bien. Mais d'autres questions madame la rapporteur ?
Non. Question ? Écoutez mesdames messieurs, nous vous remercions.
Je vous signale que vous pouvez toujours compléter vos propos d'ici le mois d'avril si vous voulez si vous avez d'autres informations à nous à nous soumettre. et on vous remercie pour ces exposés très clairs cet après-midi. Merci à vous.
Merci. Merci à vous. Merci beaucoup.
Merci Cécile. Oui.
Evelyne Corbière Naminzo