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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 16 juin 2024 17 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalImmigration & asileÉconomie & entreprises

Majorité présidentielle divisée, risque de "chaos" annoncé par Nicolas Sarkozy, Attal plutôt que Macron … Le "8h30 franceinfo" de Richard Ramos

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous partagez ce constat, est-ce que vous partagez cette peur du chaos ?

  • 1:16RelanceRéponse directe

    Mais la faute à qui Richard Ramos ? Parce que Nicolas Sarkozy remet en cause le principe même de cette dissolution.

  • 2:15RelanceRéponse partielle

    Mais il y avait un contexte qui était l'Ukraine.

  • 2:43OuverteRéponse directe

    Parmi les conseillers historiques, il y avait un certain Jean Pisani Fieri, qui est économiste, qui a supervisé le programme d'Emmanuel Macron. Et encore ce matin dans la presse, il est particulièrement critique. Est-ce que c'est aujourd'hui l'image de la France à l'étranger, selon vous ?

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Vous croyez que vous pouvez faire abstraction du Président, le mettre de côté, démacroniser cette campagne ? Ça peut fonctionner ?

  • 3:58OuverteRéponse directe

    Alors que tous les sondages disent que ce sera le RN qui l'emportera, suivi au coude à coude de la gauche ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18Invité politiqueFait
    « J'ai dit il y a 2-3 jours chez vos confrères partout qu'on va avoir un an de chaos. On aura un an de chaos. »
  • 0:25Invité politiqueFait
    « Parce que je pense que le Rassemblement National qui est aujourd'hui très haut n'aura pas de majorité absolue dans cet hémicycle. »
  • 0:50Invité politiqueFait
    « Ça veut dire que pendant un an il y a zéro loi qui passe. Donc le choix il est très simple. »
  • 1:40Invité politiqueFait
    « Le Président de la République et ses conseillers, les têtes d'œufs, ils ont fait une erreur en 2022. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « Mais les Français lui ont dit, camarades présidents, il est hors de question que tu nous fasses faire le débat de la France, alors que tu nous as européens, alors que tu ne nous as pas fait faire le débat français. »
  • 3:14Invité politiqueFait
    « Moi, je pense qu'aujourd'hui, le président de la République, c'est pas le vote de la présidentielle. On va voter pour un Premier ministre. »
  • 4:05Invité politiqueFait
    « J'ai fait perdre des ministres au banc avec des alliances sur des sujets, sur des projets, sur des choses concrètes. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « Quand j'ai dit que beaucoup de ministres confondaient pédagogie et arrogance sur les plateaux télé, où ils expliquaient aux Français pourquoi c'était des cons, donc ils allaient leur réexpliquer. »
  • 5:40Invité politiqueFait
    « Ce qui est à son déshonneur, c'est qu'il ment aux Français. Les socialistes sont en train de mentir aux Français. »
  • 6:10Invité politiqueFait
    « Oui, moi je suis un peu dans la social-démocratie. »
  • 8:55Invité politiqueFait
    « Oui, mais il y a eu des choses qui ont été faites pour le pouvoir d'achat des Français, mais ce n'est pas perçu. »
  • 10:00Invité politiqueFait
    « Je pense que d'abord, c'est une bonne mesure. Tous ceux qui travaillent et qui trouvent qu'ils travaillent, mais ils n'ont pas de reste à vivre pour pouvoir manger ou partir un petit peu en vacances alors qu'ils travaillent, c'est une bonne mesure. »
  • 10:34Invité politiqueFait
    « En ce moment, c'est compliqué dans le caddie des Français quand ils vont faire leurs courses. Si demain, vous augmentez trop vite les salaires, ça veut dire que la grande distribution ne va pas acheter des produits en France. »
  • 12:46Invité politiqueFait
    « Moi, je l'ai toujours dit, je suis pour une immigration choisie. Mais on a besoin d'immigration. »
  • 13:56Invité politiqueFait
    « Je pense que le seul capable aujourd'hui d'avoir des promesses modérées mais qui sont audibles, c'est Gabriel Attal. »

Temps de parole

  • Nicolas Sarkozy66 %
  • Invité19 %
  • Présentateur9 %
  • Invité 26 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Richard Ramos, la dissolution constitue un risque majeur pour le pays comme pour le président, elle peut plonger le pays dans le chaos. Voilà la mise en garde de Nicolas Sarkozy dans la presse ce matin. Est-ce que vous partagez ce constat, est-ce que vous partagez cette peur du chaos ?

0:18
Nicolas Sarkozy

J'ai dit il y a 2-3 jours chez vos confrères partout qu'on va avoir un an de chaos. On aura un an de chaos. Pourquoi un an ? Parce que je pense que le Rassemblement National qui est aujourd'hui très haut n'aura pas de majorité absolue dans cet hémicycle. Et que de l'autre côté, ça veut dire que le pays va être ingouvernable. Et je ne vois pas aujourd'hui l'espèce d'alliage de M. Mélenchon qui se cache pour être Premier ministre avec des socialistes qui étaient des gens modérés. C'est impossible. Et donc ça veut dire qu'on aura un an de chaos. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas dissoudre l'Assemblée Nationale dans les un an. Ça veut dire que pendant un an il y a zéro loi qui passe.

Donc le choix il est très simple. Soit on veut, et si les gens sont extrémistes qui votent pour Bardelab et qui lui donnent une majorité, qui votent pour M. Mélenchon Premier ministre, ou alors on va dans l'espace central, on vote pour Gabriel Attal et on fait les trois ans qu'il nous reste à faire. C'est ça l'enjeu aujourd'hui. Et moi je pense que s'il n'y a pas pour Gabriel Attal et tous ceux qui sont derrière lui une majorité, on aura le chaos pendant un an.

1:16
Invité

Mais la faute à qui Richard Ramos ? Parce que Nicolas Sarkozy remet en cause le principe même de cette dissolution. Il dit qu'on ne donne pas la parole aux Français quand ils viennent de s'exprimer pour des Européennes. On dissout, on leur donne la parole quand ils n'ont pas parlé depuis des années. Il dit qu'Emmanuel Macron aurait dû utiliser autrement les trois dernières années de son mandat. Ça vous interpelle ? C'est quand même une analyse aux antipodes de celles qu'a faites le Président ?

1:40
Nicolas Sarkozy

Le Président de la République et ses conseillers, les têtes d'œufs, ils ont fait une erreur en 2022. En 2022, ils ont voulu enjamber l'élection présidentielle, comme si on n'allait pas parler au peuple. Et après, aux élections européennes, on a dit, on va faire le débat européen. Mais les Français lui ont dit, camarades présidents, il est hors de question que tu nous fasses faire le débat de la France, alors que tu nous as européens, alors que tu ne nous as pas fait faire le débat français. Et donc on est là aujourd'hui, finalement. Il a fait une campagne à contre-temps, vous dites ? Il n'a pas fait campagne. En 2022, personne, on n'a pas débattu avec les Français.

2:14
Présentateur

Mais il y avait un contexte qui était l'Ukraine.

2:15
Nicolas Sarkozy

Mais oui, ce que vous voulez, mais les Français, ils aiment qu'on parle d'eux et de la France. Et donc là, on voit en accéléré, on voit en accéléré un débat avec la France dans les yeux des Français, qu'on n'a pas eu en 2022. Et ce qu'on est en train de vivre, ce qui est incroyable, surtout sur une chaîne d'info publique comme celle-ci, c'est qu'on est en accéléré. Chaque jour, il se passe quelque chose. Et encore chaque jour, c'est chaque heure.

2:36
Présentateur

Mais alors, vous parlez des conseillers d'Emmanuel Macron, vous parlez des têtes d'œufs autour d'Emmanuel Macron, je vous cite bien évidemment. Parmi les conseillers historiques, il y avait un certain Jean Pisani Fieri, qui est économiste, qui a supervisé le programme d'Emmanuel Macron. Et encore ce matin dans la presse, il est particulièrement critique. Il dit qu'on envoie le signal d'un pays en désarroi. C'est aujourd'hui l'image de la France à l'étranger, selon vous ?

2:59
Nicolas Sarkozy

Oui, oui. Aujourd'hui, ce pays, notre pays, je veux dire, ce pays de grande figure humaniste, penser que le RN peut arriver au pouvoir, c'est regarder de façon assez surprenante par nos amis étrangers. Moi, je pense qu'aujourd'hui, le président de la République, c'est pas le vote de la présidentielle. On va voter pour un Premier ministre. On en a deux, ils sont là, M. Bardella, M. Attal. Qui ? On voit bien que M. Mélenchon est en embuscade. Et donc, qui est le troisième ? Donc aujourd'hui, ce qu'on va faire, dans les 15 jours, c'est en fait, ce qu'avait dit M. Mélenchon, vous vous rappelez en disant, je serai Premier ministre dans la dernière législative.

C'est un vote, non pas pour le Président de la République, c'est un vote pour le Premier ministre. Qui sera Premier ministre ? Le Président de la République ne peut pas se représenter. Donc, de toute façon, il ne sera plus là.

3:47
Invité

Vous croyez que vous pouvez faire abstraction du Président, le mettre de côté, démacroniser cette campagne ? Ça peut fonctionner ? Et vous croyez aussi que vous pouvez inverser la tendance ? Alors que tous les sondages disent que ce sera le RN qui l'emportera, suivi au coude à coude de la gauche ?

4:03
Nicolas Sarkozy

Moi, pardon, je suis constant depuis six ans. J'ai fait perdre des ministres au banc avec des alliances sur des sujets, sur des projets, sur des choses concrètes. Donc moi, j'ai été d'une virulence avec le gouvernement. Et pourtant, j'étais dans la majorité présidentielle. Quand j'ai dit que beaucoup de ministres confondaient pédagogie et arrogance sur les plateaux télé, où ils expliquaient aux Français pourquoi c'était des cons, donc ils allaient leur réexpliquer. Il faut faire avec. Ça fait six ans que je dis ça. Donc moi, je reste dans mon couloir de nage. Je ne serai peut-être pas réélu. Ce n'est pas le sujet. Moi, je suis un député de terrain. Je suis un théorie enraciné.

On verra si ça suffit pour être une poignée dans cet hémicycle pour contrer le Rassemblement national.

4:41
Présentateur

Mais vous parlez du terrain sur le terrain. Peut-être, est-ce qu'on vous dit, nous, on veut Jordan Bardella à Matignon ? Il y a plusieurs choses.

4:47
Nicolas Sarkozy

Il y a un noyau dur. C'est tout ce qui se passe sur les immigrés qui veulent Jordan Bardella à Matignon. Et dans tous les villages les plus reculés où il n'y a pas d'immigration, c'est là où ça vote le plus Bardella. Le seul noir qu'ils ont vu, c'est les tâches sur les vaches Holstein. D'accord ? Mais ils vont voter Bardella. De l'autre côté, on a une gauche qui n'existait pas et qui essaie de se requinquer à travers un mélange incroyable entre LFI, M. Mélenchon, et finalement, on va dire, M. Hollande.

5:16
Invité

Justement, François Hollande qui a annoncé hier, il a pris tout le monde de court sa candidature aux législatives en Corrèze parce que la situation est grave et le danger de l'extrême droite avéré, dit-il. Est-ce que vous trouvez ça pathétique comme Éric Dupond-Moretti, le ministre, ou est-ce que vous vous dites qu'il a du courage ?

5:33
Nicolas Sarkozy

Non, ni l'un ni l'autre. Que le président de la République, M. Hollande, l'ancien président de la République, se présente, c'est pour moi un peu tout à son honneur. Ce qui est à son déshonneur, c'est qu'il ment aux Français. Les socialistes sont en train de mentir aux Français. Pourquoi ? Parce qu'ils savent qu'au lendemain, le dimanche soir où ils sont dans l'hémicycle, ils se refâchent avec LFI. Et qu'en fait, c'est de l'entrisme. C'est de l'entrisme des socialistes par l'intérieur. Et donc, ils disent aux Français, regardez, on est rassemblés. Et le dimanche soir, ils seront encore une fois opposés les uns les autres avec des invectives.

6:02
Présentateur

Mais est-ce que ce n'est pas le signe que la social-démocratie est en train de reprendre du poids à gauche ?

6:08
Nicolas Sarkozy

Oui, certainement. D'ailleurs, M. Glucksmann en est vraiment l'archétype de cette affaire-là. Oui, moi je suis un peu dans la social-démocratie. Ça devrait faire votre affaire au fond. Non, mais je ne veux pas mentir. Les gens mentent aux Français, là. Les LFistes et les socialistes mentent aux Français. Ils ont fait un alliage qui est un alliage qui va exploser juste après qu'ils ont été à la gamelle. C'est ça l'histoire.

6:32
Invité

Et en même temps, ce sont eux les seuls remparts aujourd'hui d'après le sondage au Rassemblement National.

6:36
Nicolas Sarkozy

Moi, je ne le crois pas.

6:36
Invité

Eux et pas vous.

6:37
Nicolas Sarkozy

Eh bien oui, mais moi je pense que c'est nous. C'est là où on n'est peut-être pas d'accord ce matin. Mais moi je pense que c'est nous parce que je pense qu'il y a des choses qui ont été faites. Je pense que c'est un rejet personnel du Président de la République. Je pense que cette arrogance, donc les gens, ma maman qui me regarde souvent, elle dit souvent « Oui, mais il est arrogant le Président ». Ben oui, c'est cette arrogance-là. Mais je pense que...

6:58
Invité

Mais il y en a conscience Emmanuel Macron de ce rejet qu'il suscite ?

7:00
Nicolas Sarkozy

Je ne sais pas. Je ne discute pas avec lui, donc je ne peux pas vous répondre. En tout cas, c'est comme ça qu'il est perçu. Et donc je pense qu'aujourd'hui, autour de Gabriel Attal, il faut faire une force, un pack avec des gens comme François Bayrou. Il y a des gens, des socialistes comme M. Rapsamen, qu'on dit qu'il fallait suivre ce chemin-là. C'est celui que je vais emprunter dans cette campagne qui s'ouvre.

7:19
Présentateur

Richard Ramos, député sortant Modem du Loirien. On se retrouve dans un instant, juste après le fil info de Claire Chekaglini. Il est 8h40 sur France Info.

7:26
Invité

Après 18h, ce sera trop tard. Heure limite des dépôts de candidature en préfecture dans les 577 circonscriptions. On connaîtra notamment les noms des 60 ou 70 candidats présentés par LR et soutenus par le RN. Les investitures à vie n'existent pas, réponse de Jean-Luc Mélenchon aux députés insoumis sortant non investis. Il ajoute, les mêmes qui pleurent n'ont pas protesté quand la commission électorale les a parachutés dans leur circonscription autrefois. La plongée dans le chaos, hypothèse probable selon Nicolas Sarkozy. Pour l'ex-président, la dissolution est un risque majeur pour la France. Il s'exprime pour la première fois depuis l'annonce des nouvelles législatives.

Nuit de violence dans le quartier des provinces à Cherbourg. Incendie d'une quinzaine de voitures d'une agence France Travail. Hier, près de 400 personnes se sont rassemblées pour réclamer la détention provisoire de la policière mis en examen pour avoir tué un jeune de 19 ans justement à Cherbourg. Les vols commerciaux de retour en Nouvelle-Calédonie. L'aéroport de Nouméa rouvre demain après plus d'un mois de fermeture. Le couvre-feu commencera désormais à 20h contre 18h. Toujours avec Richard Ramos, député sortant Modem du Loiret, secrétaire général adjoint du parti de François Bayrou. Gagnez plus et dépensez moins.

Gabriel Attal a précisé une semaine après la dissolution, le programme de la majorité. Peut-être qu'il aurait fallu commencer par là, non ?

8:55
Nicolas Sarkozy

Oui, mais il y a eu des choses qui ont été faites pour le pouvoir d'achat des Français, mais ce n'est pas perçu. Évidemment que ce n'est pas perçu. Mais je pense qu'aujourd'hui, il n'y a pas le choix, c'est une page nouvelle. On n'a pas fait 2022, je l'ai dit, devant les Français. Il faut refaire le débat. Il faut bien mettre un programme que Gabriel Attal a envie de défendre. On aurait pu dire, oui évidemment, vous êtes là depuis 7 ans, vous auriez pu le faire. Il y a eu des choses qui ont été faites. Là, on voit bien que tout va très vite. Les Français qui nous regardent ou qui nous écoutent, beaucoup ne comprennent plus ce qui se passe là.

Il va falloir qu'il se pose pendant 8 jours, il y a encore 15 jours, pour comprendre. Là, c'est très simple. On a un chef d'équipe, il s'appelle Gabriel Attal. Il met lui là aujourd'hui. C'est lui l'homme fort aujourd'hui. Le président est affaibli dans cette affaire-là de la République. C'est Gabriel Attal l'homme fort. Et c'est normal que maintenant Gabriel Attal pose aujourd'hui son propre programme, parce que c'est lui l'homme fort de cette majorité.

9:43
Invité

Le trichement de la prime Macron, par exemple, elle pourra être portée à 10 000 euros par an avec la possibilité de la mensualiser. Emmanuel Macron avait été élu sur la lutte contre l'assignation à résidence. Est-ce que vous pensez qu'après 7 ans de pouvoir, ce type de mesures est de nature à convaincre à nouveau les Français ?

10:00
Nicolas Sarkozy

Je pense que d'abord, c'est une bonne mesure. Tous ceux qui travaillent et qui trouvent qu'ils travaillent, mais ils n'ont pas de reste à vivre pour pouvoir manger ou partir un petit peu en vacances alors qu'ils travaillent, c'est une bonne mesure. Je pense que là-dessus, il n'y a pas de souci. La difficulté, vous l'avez pointée, c'est comment on peut tenir un discours comme celui-là en ayant été au pouvoir 7 ans. Est-ce qu'il se rattrape aux branches parce que tous les autres partis actuellement parlent de pouvoir d'achat ? Oui, mais vous savez, c'est la distribution de la démagogie. Les chèques, on redevient aux chèques, tout le monde va faire des promesses intenables.

Je vais donner un exemple très concret. En ce moment, c'est compliqué dans le caddie des Français quand ils vont faire leurs courses. Si demain, vous augmentez trop vite les salaires, ça veut dire que la grande distribution ne va pas acheter des produits en France. Ils vont nous foutre des produits et des poulets ukrainiens et des produits qui viennent d'Allemagne et d'ailleurs. Et donc, attention, c'est un tout. Et c'est pour ça que c'est complexe à expliquer. Mais si vous augmentez trop vite les salaires, vous allez avoir tout de suite des produits qui vont venir importer et donc vous allez mettre le chômage qui va monter. Et donc, c'est un équilibre.

Il faut à la fois que les gens puissent vivre. C'est ça l'important. Et puis, visite de leur travail. C'est-à-dire que là aussi, il faut faire en sorte que cette majorité qui avait fait ça, qui avait essayé de redonner du pouvoir d'achat à ceux qui travaillent et essayer de ceux qui ne travaillent pas de les mettre au travail.

11:15
Invité

Mais c'est la panacée, cette prime Macron, parce que la moyenne, c'est 789 euros versés, ce qui n'est pas énorme. Donc, est-ce qu'augmenter le plafond, ça servira à quelque chose ? Par ailleurs, l'effort reposerait sur les entreprises et en même temps, les syndicats ne sont pas contents non plus parce qu'ils disent que ça pourrait se substituer au salaire. Oui, mais... C'est un moindre mal ?

11:34
Nicolas Sarkozy

Non, c'est utile, c'est très utile parce que quand on dit que ce n'est pas beaucoup, etc., il y a des gens, par semaine, ils sont à 10 euros près dans le caddie. D'accord ? À 10 euros près. C'est-à-dire que tout ce qu'on met dans le caddie en plus, il faut le prendre. Mais il faut le prendre dans le travail, pas par le travail, par un surplus de travail.

11:51
Présentateur

Mais quelles sont les entreprises qui peuvent mettre alors 700, 3 000 ou 10 000 euros ?

11:54
Nicolas Sarkozy

Non, mais il y en a, il faut faire l'effort parce que de toute façon, vous avez vu qu'il y avait des entreprises, même moi, des petites entreprises, elles ont fait l'effort salarial. C'est compliqué. Pourquoi ? Parce qu'il n'y avait pas de main-d'oeuvre. Parce qu'il faut expliquer quand même que des entreprises qui cherchent des travailleurs, il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup. Alors après, il faut que les gens soient formés. C'est un tout, une société. C'est à la fois l'éducation, c'est à la fois la formation. On avait des formations qui n'étaient pas en dédéquation avec sur le terrain.

Moi, dans les restaurants, ils cherchent, ils cherchent des cuisiniers, ils cherchent des gens pour travailler. Puis, c'est très simple. Si M. Bardella, il arrive au pouvoir et pareil, il remet les étrangers, plus d'étrangers, on ne pourra plus aller manger dans les restos. On ne pourra plus aller boire un coup de vin parce qu'il n'y aura plus d'étrangers et de Marocains pour aller couper les vignes. Il ne faut pas se leurrer. On a besoin d'un équilibre.

12:42
Présentateur

Pour vous, c'est un mensonge, par exemple, typiquement sur la question de l'immigration qui est des trois thèmes de la campagne.

12:46
Nicolas Sarkozy

Moi, je l'ai toujours dit, je suis pour une immigration choisie. Mais on a besoin d'immigration. Alors, ce n'est pas la mode. Les gens qui m'écoutent, ils vont se dire non, parce que le fonds de commerce de Bardella, c'est l'immigration. Moi, je suis pour une immigration choisie. J'ai même des jeunes Marocains qui vivent chez moi. D'accord ? Mais choisis. C'est-à-dire qu'on met dans un parcours républicain. Voilà. Et là, aujourd'hui, M. Bardella, qu'est-ce qu'il nous dit ? Il dit tout le monde dehors. Mais c'est l'économie qui s'effondre. Les Français, il faut qu'ils regardent, qu'ils ouvrent les yeux.

Quand on va à l'hôpital, une partie des gens qui nous soignent sont des gens parce qu'on n'a pas les gens qui sont nécessaires. Quand on va au restaurant, quand on prend un taxi, quand on regarde qui est dans le BTP...

13:23
Invité

En même temps, Richard Ramos, le Rassemblement National met un peu d'eau dans son vin. En ce moment, il temporise. Il dit que les retraites, on ne reviendra pas dessus tout de suite. L'impôt sur le revenu exonéré pour les moins de 30 ans, on ne le fera pas tout de suite. Est-ce que ça vous rassure ? Ou est-ce que c'est juste une posture ?

13:43
Nicolas Sarkozy

Non, mais on est dans des élections qui démarrent tellement vite qu'on dirait le film Pinocchio. Je veux dire, tout le monde va mentir aux Français pour essayer de faire des promesses qui sont intenables. Je pense que le seul capable aujourd'hui d'avoir des promesses modérées mais qui sont audibles, c'est Gabriel Attal. Tout le monde ment, sauf vous. Non, non, non. Alors, non, non, non. Pardon. On peut aussi mentir. Et moi, quand le gouvernement mentait, vous avez vu avec la démagogie, je l'ai dit aussi. Donc, ce n'est pas ce que je veux dire.

Ce que je veux dire, c'est que les gens qui n'étaient pas au pouvoir, ou ceux qui veulent y revenir, ils sont tellement énervés de prendre le pouvoir qui sont prêts à dire le tout et son contraire.

14:22
Invité

Mais vous les mettez au même niveau ?

14:23
Nicolas Sarkozy

Comment ?

14:23
Invité

Vous les mettez au même niveau ? En cas de duel gauche-RN ?

14:26
Nicolas Sarkozy

Non, je ne mets pas au même niveau. Il faudra appeler très clairement un côté contre le RN ou pas ? RN, RN, RN, RN, contre le RN, contre le RN, contre le RN. Je veux dire, moi, vous savez, ma vie est faite de ça. Ma vie personnelle est faite de ça. Voilà, j'étais déjà objecteur de conscience et déjà je me battais sur ces sujets-là.

14:44
Présentateur

Néanmoins, il y a une stratégie actuellement au niveau de la Macronique qui est de renvoyer effectivement dos à dos l'extrême droite et d'appeler la gauche, l'ensemble de la gauche, l'extrême gauche. Est-ce que ça, ce n'est pas une forme de caricature qui finalement vous desserre aussi un petit peu ? Non, je ne crois pas.

14:58
Nicolas Sarkozy

Pardon, excusez-moi, mais moi, je suis dans la patrie de Jean Zé à Orléans. Quand je vois que M. Glucksmann, les LFI ont fait des affiches en disant qu'ils s'en mettaient plein les poches sous-entendant que c'est parce qu'il était juif. D'accord ? Ce n'est pas vieux ça. Il y a quelques jours, les affiches. Et aujourd'hui, ça va se mettre ensemble avec les gens de LFI. Non, je pense que ces gens sont dangereux, mais je ne les mets pas. Il y a des gens, notamment au Parti Socialiste, pour qui j'ai hôte estime.

15:27
Invité

Il y a la majorité présidentielle qui est mise à rue des preuves aussi par cette dissolution. Est-ce que vous comprenez la décision d'Edouard Philippe, le patron d'Horizon, qui est décidé de faire campagne sous la bannière de son parti, pas sous les couleurs de la majorité présidentielle ?

15:40
Nicolas Sarkozy

Moi, en tout cas, j'ai eu l'accord d'Edouard Philippe de mettre Horizon sur mes affiches avec le soutien d'Edouard Philippe. Et donc, moi, ce qui est bien, c'est ça aussi. On est des députés de territoire.

15:50
Invité

Mais vous avez l'image du président sur votre trac ?

15:52
Nicolas Sarkozy

Ah non, je n'ai pas l'image du président. Vous avez qui, alors ? Vous avez Edouard Philippe ? Mais l'image de gens qui vont être sur le terrain. Moi et ma suppléante. Je veux dire, on est tous les deux sur l'affiche. Et après, j'ai le soutien de Gabriel Attal, de François Bayrou et d'Edouard Philippe. Mais je l'ai dit, le président de la République doit être en surplomb. Il a son mandat à finir. On est en train d'accélérer la recomposition politique. Mais je ne mettrai pas la photo du président. Mais je l'ai déjà dit, même avant ces élections.

16:19
Invité

Est-ce que cette première semaine ne signe pas déjà l'échec de la stratégie du président ? Un pari à minima déjà compromis, fait de dissoudre après une défaite électorale, choisir un calendrier extrêmement resserré, le plus resserré possible pour faire campagne seulement 20 jours. Est-ce qu'il n'a pas déjà un peu raté son coup de guerre ? J'avais fait la métaphore

16:43
Nicolas Sarkozy

de la vache. Eh bien, je vais la continuer. Chez moi, on dit que c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses. Et donc, c'est à la fin de l'élection qu'on verra si on a gagné ou perdu. Mais il faut faire une bagarre. Moi, je suis très proche de mes concitoyens. J'irai sur le terrain et parler avec eux. Et c'est après qu'on comptera les bouses.

16:59
Présentateur

Merci beaucoup, Richard Ramos, député sortant du Modem, député sortant Modem du Loiret. Merci d'avoir été l'invité du 830 France Info.