Condamnation de Nicolas Sarkozy: l'interview en intégralité de Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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Cette note, c'est vous qui l'avez dévoilée dans Mediapart il y a 13 ans. Que contient-elle et pourquoi est-elle si importante ?
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Nicolas Sarkozy dit que cette note est un faux. Est-ce que vous vous êtes trompé ?
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Comment expliquer une erreur de date sur un document aussi important ?
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Pourquoi publier cette note pile entre les deux tours de l'élection présidentielle en 2012 ?
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Quelle est la gravité de ce que décrit le tribunal de Paris ?
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Est-ce qu'il y a un complot de la justice ou des médias contre Nicolas Sarkozy ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Fabrice ArfiFait
« Il y a très souvent dans les documents administratifs libiens des erreurs de date. »
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Fabrice Arfi, cette note, c'est vous qui l'avez dévoilé dans un article dont vous étiez le co-auteur il y a maintenant 13 ans chez Mediapart. Une note en arabe, elle est datée du 9 décembre 2006. Elle porte la signature, on la voit à l'écran, la signature du chef des services des renseignements extérieurs libien qui s'appelle Mousakousa.
Que contient-elle et pourquoi est-elle si importante ? Alors, c'est une note que nous avons révélé en avril 2012 alors que ça viit ça faisait déjà 1 an qu'on faisait des révélations sur l'affaire libienne. He le premier article de Média Part qui était euh titré sarkozigué le grand soupçon libien date de juillet 2011.
Donc c'est pas l'article qui lance qui lance l'affaire. Elle est importante cette note parce qu'elle elle elle est conforme à une décision du régime Kaddafi de financer la campagne présidentielle à venir de Nicolas Sarkozy à concurrence de 50 millions d'euros. Ça veut pas dire que 50 millions d'euros ont été versés, mais mais j'y reviens parce que de l'argent a effectivement été versé comme l'a reconnu le tribunal de Paris pour financer la campagne.
Il n pas arrivé sur les comptes de campagne de Nicolas. Attendez, attendez, je vais je vais je vais je vais préciser tout ça, mais c'est la note qui surtout révèle un élément fondamental à savoir une rencontre secrète à Tripoli entre Bris Ortefeu, ministre délégué de Nicolas Sarkozy quand il était ministre des collectivités territoriales françaises avec un terroriste condamné par la justice française, un homme qui a été à l'origine d'un attentat qui a fait 170 morts. C'est qui a fait sauter un avion de ligne he c'est plus que le Bataclan en nombre de morts euh et cette rencontre secrète est l'un des fondements de la condamnation pour association de malfaiteur notamment de monsieur Sarkozi.
H h Nicolas Sarkozi dit que cette note est un faux. Il s'appuie d'ailleurs sur les mots de la présidente au moment de prononcer le le jugement la semaine dernière qui dit "Il y a aucun élément qui a permis de corroborer le contenu de la note qui apparaissait déjà fragile." Je cite les mots de la présidente du tribunal.
Le plus probable est que ce document médiiapart soit un faux. Est-ce que vous vous êtes trompé ? Alors alors non, ce document n'est pas un faux mais ça n'est pas moi qui le dit.
En fait Nicolas Sarkozy a déposé plainte pour faux contre médiapart. Il a eu procès, il vous a attaqué pour faux. Il y a eu une enquête pendant 4 ans, une enquête poussée qui a recueilli des témoignages de militaires français, de diplomates français, d'agents du renseignement français, mais aussi qui a mobilisé des expertises techniques, une expertise graphologique qui dit que la signature est de la main de Moussausa, que la signature est authentique.
Il y a une expertise scientifique qui a dit qu'il y avait une matérialité de la note, qu'il y avait un support papier, que le vieillissement du papier correspondait à la date, que les ancres sont authentiques. C'est si vrai, il y a eu procès, enfin vous avez raison, il y a eu procès, il y a eu procès en appel. Vous avez gagné procès, procès en appel.
Il y a une Cour de cassation euh sur cette affaire et la Cour de cassation dit à la fin euh elle a écarté l'accusation lancée par Nicolas SarkoZi. Elle dit "Ce n'est pas un faux mais on ne peut pas dire pour autant avec certitude qu'il s'agit d'un vrai." Mais parce que la justice pas avancé à ce moment la justice a dit et il faut faut être prudent dans l'expression.
Il y a ce qu'on appelle en droit une autorité de la chose jugée. Cette note est selon la justice française ni un faux matériel ni un faux intellectuel. C'est si vrai qu'elle a révélé une rencontre secrète qui a existé et qui est au fondement de la condamnation.
Mais il y a d'accord faut dire que la cour de cassation n'a jamais dit il s'agit d'un vrai. La justice est saisie pour dire si c'est un faux. Oui, elle pas été interrogé si c'était un vrai.
Mais non, mais c'est en fait la justice est saisie pour dire mais non mais c'est le droit. La justice ne peut pas dire elle est authentique. Elle dit il n'y a rien qui permet de dire que c'est un faux matériel et un faux intellectuel.
En revanche, en revanche, et nous le disons depuis des années, il y a probablement une erreur dans la date, c'est ce que j'allais vous demander. Il y a une date sur ce document qui n'est pas la date du document, mais la date qui est de la réunion Takedine Bris Sortefeu. Il est inscrit qu'elle aurait eu lieu le 6 octobre 2006.
Ce jour-là, Bris Sortefeu était non pas à Tripoli mais à Clermontferrand qui n'a pas grand-chose à voir. Comment expliquer une erreur de date comme ça sur un document aussi important ? Alors le d'abord la justice a dit que la probabilité de la réunion à cette date là n'est pas établie mais pas impossible.
La présidente dit cette expression malheureuse probablement faux qui ne veut rien dire en droit en disant comme la date ne correspond pas à une réunion qui a pu matériellement se se passer pour Brisortefeu elle est probablement faux. Ce que nous disons depuis des années, c'est qu'il y a très souvent dans les documents administratifs libiens des erreurs de date. Pourquoi ?
Et c'est important de l'expliquer Mohamar Kaddafi quand il est arrivé au pouvoir en 69, c'est un fou de la Révolution française et il a imposé un calendrier révolutionnaire, une sorte de termidor liben qui a d'ailleurs changé plusieurs fois, qui rendait folle son administration quand il s'agissait de convertir en calendrier chrétien les événements du calendrier révolutionnaire qualifisque. C'est très fréquent qu'il y ait des erreurs de date dans des documents dans des documents libys, mais c'est pas parce qu'il y a une erreur de date que ça en fait à force pour une réunion qui a vraiment existé et ce qui est en train de se passer, ça n'est rien d'autre qu'une manœuvre de diversion de monsieur Sarkozy et de son clan comme un chef de corale médiatique qui dit regardez ici pour qu'on ne regarde par là. Et qu'est-ce qu'il y a la présidente de la tribune du tribunal ?
Elle est pas manipulée par Nicolas Sar. dis pas ça, je dis qu'il y a une phrase malheureuse de la présidente du tribunal et des assesseurs qui vont à l'encontre de l'autorité de la ch jugée et qui pour qui dit cette phrase sur la foi d'une erreur de date, une erreur ne fait pas un faux. Ce qu'on essaie de cacher avec cet écran de fumée comme si quand même Média part était l'accusé de cette affaire.
Vous nêtes pas accusé Fabrice, je vous pose des questions qu'on se pose sans doute parce qu'on les voit passer partout. J'en ai plein d'autres à vous parler de vous. Oui.
Bah allez-y. Bon, cette note vous la publiez vous à Media Part 28 avril 2012. C'est pas une date à Noine, on est pile poil entre les deux tours de l'élection présidentielle.
Nicolas Sarkozy est candidat. Il est finaliste. Il va affronter François Hollande quelques jours après.
Pourquoi à ce moment-là ? Alors, depuis combien de temps vous l'aviez cette dette ? Alors, comme je vous l'ai expliqué, notre premier article date de juillet 2011 sur l'affaire libienne.
Est-ce qu'on est en campagne électorale à ce moment-là ? On est au milieu. Enfin, on oui, mais en fait, on publie on publie des informations quand les vérifications sont faites.
Imaginez que alors c'est vrai que c'est un calendrier qui nous a été désagréable, mais est-ce qu'il aurait fallu est-ce qu'il aurait fallu retenir la publication de cette note parce que il y avait l'élection présidentielle ? Bien sûr, on s'est posé la question en disant là euh comme c'est quand même potentiellement explosif mais bien évidemment mais imaginez le crime journalistique de retenir cette information d'attendre l'élection présidentielle pour la publier donc c'est le 28 avril 2012 à une semaine du second tour que vous avez eu la preuve selon vous qu'elle était exacte pas gardé sous le coude. Non mais pardon mais qu'est-ce qui vous permet de de penser ça ?
Parce que vous savez que cette date là on est dans une dans une période en plus où le temps de parole est géré. Les candidats peuvent pas s'exprimer très peu. C'est l'égalité entre guillemets, il pouvait pas répondre aux accusations à ce moment.
Bien sûr que si, il a répondu. On a contacté l'Élysée, on a contacté tous les acteurs dans les médias audiss. Vous savez, c'est la période de d'égalité entre les deux tours de la maisolas Sarkozy s'est exprimé dans la foulée pour annoncer un dépôt de plainte contre Media Part qu'il a qualifié d'officine de la gauche alors que les mois qui allaient suivre, nous révélons le compte suisse du le compte en Suisse du ministre socialiste du budget Jérôme Causac.
Bon, donc en fait là ce qui est en train de se passer une inversion de la réalité dans un moment trumpien qui est en train de s'écrire sur le dos de l'affaire libyenne pour faire oublier une chose et une seule, c'est que le tribunal de Paris a reconnu coupable Nicolas Sarkozy, Brisortefeu et Claude Guéan d'avoir l'association de malfaiteurs d'avoir négocié à l'automne 2005 avec un terroriste condamné par la France, Abdallah Senusi, le numéro 2 du régime. Im corruptif, c'est écrit noir sur blanc dans le jugement dont le but était le financement illégal de la campagne de 2007. Nicolas Sarkozy a dit et ça a été répété sur tous les plateaux qu'il est condamné pour un projet.
Non, non. Le tribunal dit que en exécution du pacte corruptif, le régime de monsieur Kaddafi a versé 6,5 millions d'euros dont 2 millions du terroriste Sensi qui sont arrivés dans les poches des intermédiaires de l'équipe Sarkozi. Je n'ai pas terminé.
Bah, j'ai même pas eu le temps de vous poser la question. La contrepartie la contrepartie de ce pacte corruptif d'après le tribunal de Paris, c'est la promesse faite par l'équipe SarkoZi de regarder la situation pénale du terroriste en France qui était recherché par la justice française pendant que monsieur Hortfeu et monsieur Géan le rencontraient secrètement à Paris. Est-ce qu'on mesure à Tripoli ?
Est-ce qu'on mesure Est-ce qu'on mesure la gravité de ce qui est décrit par le tribunal de Paris ? Et en fait, monsieur, pardon, vous avez raison, mais ce jugement tel que vous l'expliquez là, il a été expliqué dans ses termes sur ce même plateau. Non, mais je parle pas de BFM.
Je parle pas de BFM. Je dis, je dis l'opération de Nicolas Sarkozy qui est en train de faire quelque chose de très simple. Nicolas SarkoZi hier, où l'a sans doute lu comme nous dans l'interview au JDD dit "L'officier de policier de police judiciaire qui enquêtait sur moi likit les articles de Media Part et par ailleurs à chaque fois qu'il y avait une audition chez un magistratis quasiment en lisant médiia part est-ce qu'il y a pour répondre aux accusations qu'il a lancé contre vous un complot la justice ou la police et médiart pour le faire tomber Non mais c'est enfin c'est c'est le mot qui l'utilise parce que Nicolas alors parce que Nicolas Sarkozy qui est un multicondamné, on est en train de parler d'un homme hein, on est en train de parler d'un homme qui a été définitivement condamné pour corruption.
D'ailleurs, il a assisté il fait appel. Non non non dans l'affaire bismut, il a corrompu un magistrativement condamné au regard du droit français. C'est un délinquant donc il doit plus s'exprimer dans la maison.
C'est pas du tout. C'est si vrai, c'est si vrai qu'il a assisté au procès libien avec un bracelet électronique au pied. Il a été condamné en première instance et en appel pour le financement illégal de sa campagne en 2012 et l'affaire Big Malion où on a découvert d'ailleurs qu'une campagne présidentielle ça pouvait coûter 46 millions au lieu des 20 millions autorisés.
Il est présumé innocent puisqu'il a fait appel. Bien sûr, mais il vient d'être condamné pour association de de malfaiteurs. Ce qui est en train de se passer.
Ce qui est en train de se passer et le le chef de coral médiatique qui est Nicolas Sarkozy, il est en train de faire quelque chose de très grave et toute la coordre de ses soutiens avec c'est attaquer en démocratie deux piliers de notre République. Un la justice indépendante, de la presse libre. Et donc moi je suis ici pour dire qu'il n'est la victime d'acun complot pour répondre à votre question.
Et il y a des vraies victimes dans cette affaire qui ont été reconnus par le tribunal de Paris. Ce sont les familles de victimes du décédiste décédist du théâtre orchestré par le même dont le tribunal a dit qu'elles avaient subi un préjudice à cause des tractations et du pacte corruptif noué à Tripoli. C'est si vrai, c'est si vrai que Nicolas Sarkozy solidairement avec monsieur Hortfeu et Géant vont devoir lui verser à toutes ces familles des dommages et intérêts.
Est-ce qu'on mesure la gravité ? Est-ce qu'on imagine que 6 ans après les attentats de 2015 à Paris, des hommes du ministère de l'Intérieur sous l'autorité du ministre vont aller négocier avec un djihadiste en chef en Syrie le financement de la future campagne électorale avec Daesh par Daesh et qu'en retour on va promettre de regarder la situation pénale du du djihadiste et que des fonds vont être effectivement versés. Est-ce qu'on va faire le débat pour se demander si la justice est pas quand même un peu militante contre les djihadistes ?
Sérieusement, on en est là dans le débat public en France. Merci beaucoupf d'être venu défendre ce point de vue ce soir sur ce plateau. Vous avez rappelé quel effet, j'en ai rappelé d'autres aussi.
J'essaie aussi, je vous assure. J'essaie aussi. Merci beaucoup Fabrice Arf méia part d'être venu ce soir sur le plateau de 60 minutes.