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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 14 avril 2026 20 minComplaisantActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsImmigration & asile

Sébastien Chenu : "Les Français sont abandonnés !" (CNEWS)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteRéponse directe

    On va parler du 1er mai. Le gouvernement a reculé M. Chenu, il a cédé au syndicat sur le fait de ne pas revenir sur ce 1er mai chômé pour tout le monde.

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Pourtant, il y avait une proposition de loi de Gabriel Attal qui devait permettre le travail de salariés dans certains commerces de bouches de proximité, boulangerie, pâtisserie, primeurs, fleuristes.

  • 2:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes pour travailler plus ? Est-ce que vous pensez que les Français ne travaillent pas assez ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Mais est-ce que vous ne trouvez pas que la valeur travail est en train de sombrer dans notre pays ?

  • 4:40OuverteRéponse directe

    C'est un peu le problème économique du RN que je questionne. Vous rencontrez, je crois, beaucoup le MEDEF, les grands patrons.

  • 6:24OuverteRéponse directe

    On va parler un peu de la guerre en Iran, mais par le prisme des carburants, parce que là, on est dans le brouillard de la guerre.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49Invité politiqueChiffre
    « 75% des salariés qui sont concernés par ce texte étaient d'accord. »
  • 1:48Invité politiquePromesse
    « En France, il y a un problème, par exemple, de salaire. Nous, on a des propositions sur l'évolution salariale, plus 10% des salaires en échange d'un gel des cotisations patronales. »
  • 4:59Invité politiqueFait
    « Tous les patrons, et pas seulement le MEDEF, moi j'avais rencontré le président du MEDEF il y a déjà fort longtemps, mais les patrons de PME et de TPE, qui sont ceux qui créent le plus d'emplois à valeur ajoutée, eh bien, ils vous disent que c'est la suradministration d'abord, les normes, les réglementations, les contrôles dans tous les sens, qui d'abord les étouffent. »
  • 5:24Invité politiqueFait
    « Nous, on explique toujours qu'on n'est pas favorable à l'augmentation du SMIC à 1 500 euros, comme l'extrême gauche le veut, d'abord parce que les petites boîtes ne peuvent pas. »
  • 8:13Invité politiqueChiffre
    « Nous nous l'avons étudié. En tous les cas, c'est 1 milliard par mois. »
  • 8:23Invité politiqueChiffre
    « Si on arrête de contribuer à l'Union européenne de 6 milliards de plus, c'est 6 milliards qu'on garde dans nos caisses, qu'on peut répercuter immédiatement sur la baisse de la TVA. »
  • 10:24Invité politiqueChiffre
    « Les chrétiens sont très peu nombreux, les catholiques très peu nombreux en Algérie. Je crois que c'est 0,1 ou 0,2% des croyants. »
  • 10:33Invité politiqueChiffre
    « C'est aussi le 20e pays, c'est le pays qui est classé au 20e rang des pays qui persécutent les chrétiens. »
  • 13:20Invité politiqueFait
    « Il a annoncé d'ailleurs qu'il allait prendre des mesures pour réduire encore l'immigration en Hongrie. »
  • 15:47Invité politiqueFait
    « À deux mes yeux, aujourd'hui, c'est Jean-Luc Mélenchon, qui de toute façon est celui qui a le plus la possibilité de se qualifier. »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu79 %
  • Présentateur22 %

6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews Europe 1, c'est Sébastien Chenu. Bonjour à vous, vice-président du Rassemblement National, député du Nord. On va parler du 1er mai. Le gouvernement a reculé M. Chenu, il a cédé au syndicat sur le fait de ne pas revenir sur ce 1er mai chômé pour tout le monde. Pourtant, il y avait une proposition de loi de Gabriel Attal qui devait permettre le travail de salariés dans certains commerces de bouches de proximité, boulangerie, pâtisserie, primeurs, fleuristes.

0:24
Sébastien Chenu

Le 1er mai, c'est sacré ou pas pour vous ? Le 1er mai demeure un jour, évidemment, férié auquel nous sommes attachés. Il n'est pas question de faire travailler tous les Français le 1er mai, ça n'a jamais été la question. Mais quand je vois que le gouvernement recule, cède, est en échec sur sa propre proposition, car la proposition, elle venait de Gabriel Attal. Donc en fait, le gouvernement recule sur ses propres idées. Je me dis, mais quand même, tout ça pour ça, quelle impuissance ce gouvernement. 75% des salariés qui sont concernés par ce texte étaient d'accord. Il y a eu une demande, il y a un besoin, vous le disiez.

Les boulangeries, par exemple, je pense à mes boulangers qui sont, dans ma circonscription, en concurrence directe, avec par exemple parfois des grandes surfaces qui sont ouvertes, ou ce qu'on appelle des points chauds, qui sont ouvertes le 1er mai.

1:10
Présentateur

C'est-à-dire qu'un fast-food peut ouvrir, mais le chiffre reste du coin ne peut pas.

1:13
Sébastien Chenu

Et là, ce gouvernement recule, n'a même pas la... Mais je veux dire que M. Lecornu laisse la place à Olivier Faure directement, puisque c'est Olivier Faure qui dicte les textes qui doivent être soumis au vote de la représentation nationale ou qui doivent être retirés. Sincèrement, quelle impuissance ! C'est des nuls. Ils font marche arrière. Il a peur de son nombre, le pauvre Lecornu.

1:31
Présentateur

Il ne voulait pas être passage en force. Il ne voulait pas brusquer les syndicats sur une question aussi centrale que le 1er mai. Mais vous ne comprenez pas la stratégie de Sébastien Lecornu qui est de durée, au fond, M. Sevenu.

1:40
Sébastien Chenu

C'est la stratégie de la trouille. Mais si vous voulez, avec ça, on est loin d'aborder, par exemple, les grandes questions du travail qui peuvent nous préoccuper. En France, il y a un problème, par exemple, de salaire. Nous, on a des propositions sur l'évolution salariale, plus 10% des salaires en échange d'un gel des cotisations patronales.

Mais si, ne serait-ce que pour le 1er mai, pour permettre à une partie de salariés concernés de travailler sur la base du volontariat, le gouvernement recule, on n'est pas là de traiter l'égalité salariale, on n'est pas là de traiter l'emploi des jeunes, on n'est pas là de traiter l'emploi des seniors, on n'est pas là de traiter la hausse des salaires nécessaires pour les Français. Ils ne feront jamais rien.

2:16
Présentateur

J'entends Sébastien Chouineau sur le travail et les salaires. Est-ce que vous êtes pour travailler plus ? Est-ce que vous pensez que les Français ne travaillent pas assez ? On vous entend assez peu sur la durée du travail. Est-ce que vous pensez, encore une fois, qu'il faut revenir sur les 35 heures et qu'il faut que tout le monde travaille un peu plus dans ce pays ?

2:31
Sébastien Chenu

Non, mais il faut que tout le monde puisse travailler, par exemple, plus tôt et plus tard. Et ça, c'est une façon peut-être un peu différente de répondre à votre question, mais ça veut dire qu'il faut faire entrer davantage de jeunes plus tôt sur le marché du travail, toutes les politiques d'apprentissage, mais aussi d'orientation, et permettre aux plus vieux de travailler plus tard. C'est plutôt comme ça, je crois qu'il faut aborder les choses. Oui, mais votre matrice, ce n'est pas de travailler plus, on est d'accord. Quand vous dites que la retraite, il faut plus tôt que ce soit à 62 ans, c'est pas pour travailler plus.

Oui, mais en réalité, c'est que tout le monde puisse travailler et qu'on ait des emplois à valeur ajoutée. Ce n'est pas travailler plus. Ah, mais que tout le monde puisse travailler, c'est plus de travail dans le pays. Oui, mais ce n'est pas allonger la durée du travail. Non, mais nous, on n'est pas pour allonger la durée du travail aujourd'hui, mais on est pour, par exemple, la défiscalisation des heures supplémentaires. On est pour donner de la souplesse. Ça, c'est le gagner plus. Oui, mais bien sûr, mais c'est important, ça marche avec. Ceux qui veulent travailler sur la base du volontariat puissent le faire. Ceux qui veulent travailler plus tôt puissent le faire.

Ceux qui veulent travailler plus tard puissent le faire. Ça veut dire beaucoup plus de gens en activité dans notre pays.

3:30
Présentateur

Mais est-ce que vous ne trouvez pas que la valeur travail est en train de sombrer dans notre pays ? On avait François-Olivier Gisbert hier qui disait qu'on est quasiment un pays communiste en réalité.

3:38
Sébastien Chenu

Bon, je ne sais pas si on est un pays communiste. Moi, je me méfie des caricatures comme ça. Mais ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu une désaffection de la valeur travail. On passe dans une société dans laquelle le loisir est au centre des préoccupations plutôt que le travail, comme des générations l'ont connu. Il faut restaurer cette valeur travail. Ça passe dès le début par l'orientation, la formation, l'apprentissage.

À partir du moment où l'éducation nationale s'est aussi écroulée et on envoie des dizaines de milliers de jeunes gens dans des filières sans déboucher, comment voulez-vous ensuite que ces gens-là qui ne trouveront pas de travail considèrent que la valeur du travail a encore de l'importance ? Évidemment, tout est à reconsidérer. Mais on peut le voir aujourd'hui avec cette reculade sur le 1er mai qui est quand même un tout petit microscopique.

4:25
Présentateur

Emmanuel Macron s'y était engagé pourtant.

4:28
Sébastien Chenu

Encore une fois, encore un engagement qui ne tiendra pas. Mais enfin bon, on va cesser d'en faire la comptabilité. Mais s'ils sont incapables d'avancer sur ça, sur le reste, l'immensité des sujets dont je vous ai fait part, ils n'avanceront jamais.

4:40
Présentateur

C'est un peu le problème économique du RN que je questionne. Vous rencontrez, je crois, beaucoup le MEDEF, les grands patrons. Il y a un déjeuner qui est prévu avec Jordan Bardella le 20 avril prochain. Qu'est-ce qu'ils vous disent des patrons ? Ils vous disent, bon, évidemment, les charges sur les salaires, les charges patronales. Mais ils ne vous disent pas, il faut travailler plus, il faut nous aider à travailler plus.

4:55
Sébastien Chenu

Non, mais ils nous disent surtout qu'ils sont étouffés de suradministration. Ça, c'est la première des choses à laquelle il faut penser. Tous les patrons, et pas seulement le MEDEF, moi j'avais rencontré le président du MEDEF il y a déjà fort longtemps, mais les patrons de PME et de TPE, qui sont ceux qui créent le plus d'emplois à valeur ajoutée, eh bien, ils vous disent que c'est la suradministration d'abord, les normes, les réglementations, les contrôles dans tous les sens, qui d'abord les étouffent. Ensuite, il y a évidemment les charges. Deuxième chose, la couche de charges qui empêche d'augmenter les salaires.

Nous, on explique toujours qu'on n'est pas favorable à l'augmentation du SMIC à 1 500 euros, comme l'extrême gauche le veut, d'abord parce que les petites boîtes ne peuvent pas. Le fameux boulanger dont je vous parle, mon boulanger de Tian, par exemple, dans le Nord, s'il augmente le SMIC à 1 500 euros, eh bien, évidemment, il ne pourra pas, il devra répercuter le coût sur ce qu'il vend, et il verra sa clientèle partir. Donc, il faut alléger les charges pour augmenter bien au-delà, et jusqu'à deux fois et demi le SMIC, parce qu'il y a des gens qui touchent 2 000 euros, c'est pas énorme, et qui ont besoin aussi d'être augmentés.

Donc, ces politiques salarielles-là, elles sont nécessaires, et je pense que le patronat est d'accord pour s'attaquer à ça, pour ouvrir le débat.

6:01
Présentateur

Donc, c'est un tournant libéral que le RN prend ?

6:02
Sébastien Chenu

Non, parce que donner du pouvoir d'achat à ceux qui travaillent, c'est pas ce que j'appelle un tournant libéral. Enlever de la suradministration, c'est décommuniser peut-être le pays, si tant est qu'il soit communiste, mais c'est ça, donner de l'oxygène, en faisant en sorte qu'effectivement, le travail paie, que l'effort paie, et c'est la France qui bosse qui a besoin d'être récompensée.

6:24
Présentateur

Sébastien Chenier, on va parler un peu de la guerre en Iran, mais par le prisme des carburants, parce que là, on est dans le brouillard de la guerre, et des invectives de part et d'autre. Ils flambent à la pompe, on nous avait promis, le gouvernement avait promis une baisse significative des prix ce week-end, ça s'est avéré 1 centime sur le litre. L'Allemagne vient de décider de réduire pendant deux mois une taxe sur le diesel ou l'essence. La France, ce que vous demandez aussi, mais la France n'a pas les moyens de le faire. Qu'est-ce qui est possible aujourd'hui, vu l'état de nos finances en France ?

6:51
Sébastien Chenu

D'abord, moi, ce que je note, c'est qu'aujourd'hui, la France est un pays isolé, au sein de l'Union européenne, puisque c'est le seul pays dans lequel on laisse les Français se débrouiller par eux-mêmes avec l'essence qui s'envole. Dans d'autres pays, il y a des systèmes, des dispositifs qui sont mis, y compris d'ailleurs en Allemagne.

7:03
Présentateur

Pré-flash carburant, là, ils ont mis en place un pré-flash carburant pour les entreprises.

7:07
Sébastien Chenu

Je vais y venir. Mais en tous les cas, il y a des baisses de, je crois en Allemagne, c'est 17 centimes du litre qui baissent. Il y a des dispositifs. Aujourd'hui, on laisse les Français dans leur immense majorité tout seuls. En France, il y a une arnaque. Ce pré-carburant, c'est une arnaque. Vous connaissez un système... 5 à 50 000 euros sous condition pour... Vous connaissez un système économique dans lequel...

7:24
Présentateur

C'est la BPI qui le fait.

7:25
Sébastien Chenu

Dans lequel on emprunte pour payer une taxe. Et sur cet emprunt-là, on va en plus payer des intérêts. Non mais je veux dire, à un moment, il faut que... Donc le gouvernement va gagner de l'argent sur ce fameux prêt. On emprunte pour payer une taxe. Enfin, il faut arrêter. C'est une arnaque totale. La deuxième chose, il y a une déconnexion. Quand le Premier ministre nous dit, écoutez, on va électrifier la France. Il nous a déjà promis tout ça il y a bien longtemps. C'est pour 5 ans, 10 ans, 15 ans. D'accord ? Et pour le mois de mai, on fait quoi ? Et pour le mois d'avril, d'ailleurs, les 15 derniers jours d'avril, on fait quoi ? La réalité, c'est qu'ils ne comprennent pas.

Ils ont une impuissance totale à agir. Mais parce qu'ils sont prisonniers d'un rail idéologique. Ils ne veulent pas baisser les taxes. Peut-être parce que ça leur fait gagner de l'argent à l'État, les surplus fiscaux. Peut-être que ça leur coûterait très cher aussi.

8:10
Présentateur

Ce que vous proposez, ça coûterait très cher, Sébastien Cheney.

8:12
Sébastien Chenu

Nous nous l'avons étudié. En tous les cas, c'est 1 milliard par mois. On a déjà largement expliqué la façon dont on pouvait faire baisser un certain nombre de dépenses, à commencer par la contribution à l'Union européenne. 6 milliards de plus encore. Mais c'est du long terme, ça. La réponse qu'on attend, c'est tout de suite. Si on arrête de contribuer à l'Union européenne de 6 milliards de plus, c'est 6 milliards qu'on garde dans nos caisses, qu'on peut répercuter immédiatement sur la baisse de la TVA. Nous, on pense que les énergies, vous ne pouvez pas vivre sans énergie, sans électricité qui va augmenter, sans gaz qui va augmenter, sans carburant qui augmente.

Donc c'est un bien de première nécessité. Il faut baisser les taxes et la TVA sur ce bien de première nécessité. Et bien entendu, il faut contrôler aussi les marges. Le gouvernement s'y était engagé. Je ne vois rien. Le gouvernement nous avait dit qu'il n'y aura pas d'augmentation de l'électricité et du gaz. C'est en train d'augmenter. Le gouvernement nous avait dit qu'il y aura une baisse de la consommation. Elle ne l'a pas baissée parce que les Français ont besoin de leur voiture. Donc en réalité, ils sont impuissants. Ils laissent les Français à l'abandon. Et comme d'habitude, ils inventent des trucs.

Ils inventent des morceaux de scotch qui sont des arnaques, qui sont des dispositifs qui, à la fin, coûtent très cher aux finances publiques.

9:17
Présentateur

Avec un risque de pénurie à court ou moyen terme d'ici trois mois. On pourrait manquer de carburant et de kérosène, notamment pour les avions. Ce sont les prévisions les plus pessimistes.

9:25
Sébastien Chenu

Oui, et puis on aura la crise des endroits. On aura la hausse de l'électricité. Alors qu'on ne devrait pas payer l'électricité si cher parce qu'on est prisonnier d'un marché européen de l'électricité dont ils ne veulent pas sortir. Je rappelle qu'il y a des pays européens qui en sont sortis de façon temporaire. Pourquoi ? Parce que le prix de notre électricité est calculé, est adossé au prix du gaz. Donc évidemment, alors qu'on a une électricité pas chère, et bien évidemment, nous, on est prisonniers. Ils se sont mis dans des corners, ils se sont mis dans des dispositifs. Ils ne veulent pas s'en délier. Et aujourd'hui, ils laissent les Français à l'abandon.

9:55
Présentateur

Sébastien Chenu, on est sur CNews et Europe. Un mot de la visite du pape à Léon XIV en Algérie. Il y a depuis hier, il a prononcé un discours très fort, hier devant le mémorial des martyrs de la guerre d'Algérie, appelant les Algériens au pardon. C'est important de porter cette parole-là devant le peuple algérien.

10:10
Sébastien Chenu

Le pape est un homme de paix et partout où il passe, il essaye de créer les conditions de la paix. Moi, ce que j'attends de la visite du pape, c'est évidemment d'avoir une amélioration de la situation des chrétiens en Algérie. Les chrétiens sont très peu nombreux, les catholiques très peu nombreux en Algérie. Je crois que c'est 0,1 ou 0,2% des croyants. C'est aussi le 20e pays, c'est le pays qui est classé au 20e rang des pays qui persécutent les chrétiens. On peut avoir une foi différente de la foi musulmane en Algérie, mais il y a beaucoup d'entraves à pouvoir l'exercer. Donc moi, j'attends effectivement d'abord... C'est ce qu'a fait le pape, évidemment, à Louis XIV,

10:47
Présentateur

qui a rendu hommage aux moines de Tibérine qui ont été massacrés.

10:50
Sébastien Chenu

Absolument, il y a 30 ans, je crois. Et puis, évidemment, qu'il porte une parole sur la libération de Christophe Gleize. Le pape a aussi ce rôle-là.

10:59
Présentateur

Mais sur le pardon. Dire aux Algériens, il faut pardonner, il faut tourner la page de cette guerre d'Algérie qui laisse encore tant de traces aujourd'hui. Sébastien Chenius qui explique aussi la relation dramatique que nous avons avec l'Algérie.

11:09
Sébastien Chenu

Oui, mais on a un régime algérien qui est assez hypocrite et qui utilise la guerre d'Algérie comme une rente mémorielle pour faire pression sur la France. On l'a déjà expliqué. Alors moi, je n'attends pas du pape, évidemment, d'avoir une exigence diplomatique. On attend du pape, et tout le monde l'attend toujours, des paroles, effectivement, de paix. Mais sur le fait que l'Algérie utilise une rente mémorielle pour quelque part tenir la dragée haute à la France, on le sait. Et c'est plutôt du côté des gouvernements français qu'il y aurait quelque chose à dire. C'est au gouvernement français de ne pas plier, de ne pas faire de gênuflexion, pour le coup, devant le gouvernement algérien.

11:47
Présentateur

Vous avez compris les accusations, les critiques absolument scandaleuses du Donald Trump à l'égard du pape. Jean-Jean Mélanie les a condamnés avec beaucoup de vigueur.

11:55
Sébastien Chenu

Non, Donald Trump est excessif, comme d'habitude. Mais je vais vous dire à la fin, qui va tirer bénéfice de cette visite du pape ? C'est le gouvernement algérien. Parce que le gouvernement algérien va dire « Regardez, nous on accueille le pape, regardez chez nous, on peut croire en qui on veut, regardez chez nous, on est des gens tolérants, etc. » Moi, je pense que derrière ça, et c'est pour ça que ça ne sert à rien, ce que fait Donald Trump, d'agonir le pape, c'est le régime algérien qui va essayer de tirer ce bénéfice. Donc ça ne sert strictement à rien. Le pape vient rendre aussi hommage à Saint-Augustin, qui est quand même un des piliers, fondateur de l'Église.

Et je pense que c'est Saint-Augustin, Dieu est au-dessus de tout, Dieu étant chacun d'entre nous. C'est cette parole qu'il vient donner, qu'il faut entendre.

12:44
Présentateur

On va évoquer aussi la Hongrie, puisque votre ami Victor Orban a été défait aux législatives. Il a été battu par le conservateur pro-européen Peter Maguiar. Alors il y a eu beaucoup de commentaires, camouflet pour l'ERN, Marine Le Pen s'était rendu sur place, etc. En réalité, quand on regarde le programme de M. Maguiar, c'est zéro immigration, zéro travailleurs étrangers en dehors de l'UE. Ils se sont trompés sur M. Maguiar ?

13:06
Sébastien Chenu

Je pense que les dirigeants de l'UE qui pensent voir M. Maguiar quelqu'un qui sera passif vis-à-vis de la lutte contre l'immigration, se sont mis le doigt dans l'œil. Il a un programme qui ressemble beaucoup, quelque part peut-être un peu en plus jeune, à Victor Orban. Il a annoncé d'ailleurs qu'il allait prendre des mesures pour réduire encore l'immigration en Hongrie. Donc attention à ceux qui essayent de donner des lectures partisanes. La réalité, c'est quoi ? C'est que Victor Orban, qui a été réélu plusieurs fois en Hongrie, qui semblait donc avoir l'adhésion des Hongrois pendant très longtemps, il a souffert probablement d'une certaine usure du pouvoir. Probablement.

Victor Orban était un allié en ce qui nous concerne pour lutter contre l'Union européenne qui écrase les nations. C'est comme ça qu'il faut le lire. Et en cela, nous perdons un allié au sein du Parlement européen. Mais je ne suis pas sûr que le nouveau président hongrois sera complice des politiques de Mme van der Leyen dans les années qui viennent. Donc voilà.

14:05
Présentateur

Ce n'est pas une si mauvaise nouvelle pour vous, le RN ?

14:08
Sébastien Chenu

En tous les cas, si, comme j'entendais les macronistes dire, le nouveau président hongrois restaure les valeurs de l'Union européenne, si les valeurs de l'Union européenne, c'est moins de souverainisme, je ne suis pas sûr que dans quelques temps, ils ne déchantent pas. La réalité, c'est que les Hongrois sont très attachés à leur souveraineté. Et ils ont bien raison. On ferait mieux de l'être davantage. Emmanuel Macron, qui déteste tellement qu'on vienne commenter les affaires de la France, que les pays étrangers, que les dirigeants étrangers commandent les affaires de la France, tout de suite, c'est ingéré, finalement, dans les affaires hongroises. Il en aura pour ses frères, mon avis.

14:40
Présentateur

Sébastien Chignon est à un an de l'élection présidentielle de 2027. Les prétendants se multiplient dans le bloc central et à droite. Plus il y en a, mieux c'est pour vous ?

14:48
Sébastien Chenu

C'est leur problème.

14:49
Présentateur

Non, mais est-ce que c'est mieux pour vous ?

14:50
Sébastien Chenu

Non, mais moi, je crois que la droite dite classique n'est pas une alternance crédible. Je ne sais pas, moi, ce que pense M. Retailleau. Puis la droite, c'est qui ? M. Retailleau, c'est M. Philippe. C'est qui d'abord ? M. Bertrand. Je ne sais pas ce que ces gens pensent du travail, de la valeur travail que nous avons évoquée, de l'Europe.

15:08
Présentateur

Ils sont assez clairs sur la valeur travail.

15:09
Sébastien Chenu

Pas trop, non, pas trop. Vous les écoutez, ils sont très différents. Sur le 1er mai, vous avez différents sons de cloche. Je ne sais pas ce qu'ils pensent sur l'Europe. Je ne sais pas ce qu'ils pensent sur l'écologie, sur l'éducation nationale. En fait, c'est très vide, tout ça. De temps en temps, ils copient nos mesures, pensant que les Français ne préféreront pas l'original à la copie. La réalité, c'est que c'est vide de sens. Et puis surtout, ils sont quand même très liés. On l'a vu, ils ont sauvé la Macronie matin, midi et soir. Le bilan d'Emmanuel Macron, c'est leur bilan.

15:37
Présentateur

Donc ça veut dire, Sébastien Chenu, que vous vous préparez à un affrontement, le RN, quel que soit le candidat, Marine Le Pen, Jordan-Badda, et la France Insoumise, et Jean-Luc Mélenchon. C'est le seul qui peut se qualifier aujourd'hui pour le second tour, pour vous ?

15:47
Sébastien Chenu

À deux mes yeux, aujourd'hui, c'est Jean-Luc Mélenchon, qui de toute façon est celui qui a le plus la possibilité de se qualifier. Je pense que nous, nous sommes le rempart contre la France Insoumise. Nous sommes le rempart contre cette gauche qui, aujourd'hui, abîme. C'est votre adversaire idéal.

16:05
Présentateur

Vous rêvez de ce second tour ?

16:07
Sébastien Chenu

Oui, mais derrière Jean-Luc Mélenchon, on l'a vu, Olivier Faure, c'est-à-dire des gens qui empêchent la France de travailler, qui veulent étouffer notre pays. Je ne sais pas si c'est un adversaire idéal, parce que je pense que...

16:17
Présentateur

Parce qu'un adversaire, disons, du bloc central, même si c'est explosif, ça serait plus compliqué pour vous de l'emporter ?

16:22
Sébastien Chenu

Non, et ce serait très intéressant, je vais vous dire. Parce que, face à Jean-Luc Mélenchon...

16:25
Présentateur

Dans les sondages, face à Édouard Philippe, ce n'est pas gagné.

16:27
Sébastien Chenu

Oui, mais d'accord, mais une bataille, ça se mène. Moi, je n'ai jamais cru en la candidature d'Édouard Philippe, l'homme des gilets jaunes, le boulet absolu du macronisme. La réalité, c'est que face à Édouard Philippe, le choix de société, il serait très clair. Face à Jean-Luc Mélenchon, il y aurait forcément un rejet très fort de Jean-Luc Mélenchon. Qui jouerait en votre faveur ? Je pense en votre faveur. C'est votre année favori. Mais, face à Édouard Philippe, ce serait plus clair, et probablement, on gagnerait en légitimité, si on gagnait face à Édouard Philippe, parce qu'on ne dirait pas qu'on a gagné simplement par rejet de l'autre.

Donc, moi, je pense qu'il est intéressant, le débat face à Édouard Philippe, ou face à n'importe quel macroniste issu du bloc central.

17:03
Présentateur

Vous allez organiser le RN, votre congrès, en octobre prochain à Orléans. Il s'agira peut-être de passer pour Marine Le Pen le relais à Jordan de Bardella, s'elle était empêchée judiciairement, Sébastien Chenu ?

17:14
Sébastien Chenu

C'est toujours la même chose. Nous n'avons pas la main sur la décision. C'est une décision de justice. Si les juges veulent s'ingérer, si les juges veulent décider de qui est le candidat à la présidentielle, moi, je pense que ça pose problème. Eh bien, ils le feront, et ils empêcheront Marine Le Pen de concourir. Si c'est eux qui veulent devenir les arbitres de l'élection présidentielle, eh bien, ils le feront. Mais j'ai confiance, moi, dans l'institution judiciaire. Et je pense que l'institution judiciaire reconnaîtra à Marine Le Pen ce qu'elle a défendu, ce qu'elle a expliqué devant le tribunal, et probablement son innocence, finalement, dans ce procès.

Donc vous n'avez aucun doute sur le fait qu'elle sera candidate ? J'ai un doute parce qu'on n'a pas la main. Mais je pense qu'à la fin, elle pourra être candidate.

17:55
Présentateur

Une dernière question concernant le couple qui a été affiché à la lune de Paris Match entre Jordanne Barnella et la princesse Maria Carolina des Bourbons des Deux Siciles. Ça fait beaucoup de bruit. Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui reprochent au président du RN d'opérer en vue de 2027 un espèce de Paris médiatique bien huilé ?

18:12
Sébastien Chenu

Non, mais je n'arrive pas à comprendre cette polémique, je vais vous dire. que des gens rageux, jaloux, de voir deux jeunes gens, beaux, élégants, cette demoiselle parle six langues, elle est élégante, elle donne une très belle image, etc. Qu'il y ait des gens qui soient jaloux de tout ça, bon, on peut le comprendre. Mais enfin, chercher à attaquer un candidat à la présidentielle à travers celle qu'il aime, je trouve que c'est le degré le plus minable de la vie politique. Donc Jordanne Barnella, s'il était demain un candidat, serait probablement attaqué sur ses idées. mais chercher à l'attaquer à travers sa vie privée. Qu'il a rendu public parce que...

18:47
Présentateur

Mais ce n'était pas la question que je vous posais, moi c'est sur le Paris médiatique, c'est-à-dire sur l'organisation de ses photos.

18:51
Sébastien Chenu

Non, mais au bout d'un moment, il faut dire les choses parce que sinon vous êtes harcelé médiatiquement. Vous n'avez pas de... Déjà quand vous êtes en haut de la fiche, vous avez très peu de vie privée. Et donc Jordanne Barnella a eu, je crois, a fait un effort de transparence et de vérité vis-à-vis des Français en expliquant qui il aimait, pour qui son cœur battait. Et il l'a fait, voilà, pour être honnête plutôt que d'avoir des salles photos volées, des choses laides, des gens qui le suivent matin, midi et soir.

19:20
Présentateur

Mais ça ressemble à la mise en orbite d'un candidat pour 2027.

19:23
Sébastien Chenu

Non, ça ressemble à... Non, c'est de l'honnêteté. Et puis les gens veulent savoir...

19:27
Présentateur

Marine Le Pen n'a jamais eu cet honneur-là.

19:28
Sébastien Chenu

Enfin, on savait avec qui vivait Marine Le Pen les fois où elle a été candidate. Mais Jordanne, il y avait un espèce d'harcèlement qui était en train de se monter. Donc il y a une volonté d'être aussi honnête vis-à-vis des Français. Et moi, je crois que sincèrement, les Français aiment bien cette image. Et je pense que c'est plutôt une jolie image. Et qu'en tous les cas, c'est toujours mieux qu'un président à scooter qui va livrer des croissants à sa maîtresse à l'aube ou qui congédie celle avec qui il vit par fax. Mais vous, je trouve que c'est plus élégant, tout ça.

19:57
Présentateur

Jean-Denis, Sébastien Chenu, pardon, était notre invité ce matin dans la matinale sur CNews et sur Europe. Merci beaucoup à vous et bonne journée sur nos antennes.