Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 9 mars 2019 6 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSécuritéInstitutions & élections

L'ARNAQUE DE MACRON ET DU MEDEF SUR L'ASSURANCE CHÔMAGE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Fait
    « le gouvernement dit-il, va devoir reprendre la main, car on ne peut pas avoir un déficit cumulé sur le chômage comme on en a un depuis tant d’années »
  • Fait
    « les syndicats ne financent plus le chômage, c’est le contribuable »
  • Fait
    « l’assurance chômage, l’UNEDIC, est en principe gérée de façon paritaire »
  • Fait
    « les négociations ne sont pas satisfaisantes. Elles se déroulent toujours au siège du MEDEF et uniquement à partir de textes écrits et proposés par le patronat »
  • Fait
    « les syndicats représentent bien ceux qui financent les salariés qui payent la CSG, les retraités qui ont été mis à contribution »
  • Fait
    « les cotisations employeurs sont en fait du salaire différé, du salaire socialisé, sur lesquels les syndicats sont tout à fait légitimes à intervenir »
  • Fait
    « l’UNEDIC est en équilibre lorsque le taux de chômage est de l’ordre de 8% »
  • Chiffre
    « l’UNEDIC doit financer le fonctionnement de Pôle Emploi, soit chaque année une charge de 3,5 milliards d’euros »
  • Chiffre
    « le gouvernement exige que l’UNEDIC réduise les prestations chômage de 1 à 1,3 milliards d’euros par an »
  • Chiffre
    « en moyenne un chômeur reçoit 1200€ par mois. 40% des chômeurs et leur famille sont sous le seuil de pauvreté »
  • Fait
    « un jour travaillé ne donnerait plus droit à 1 jour d’indemnisation mais seulement à 0,8 jours »
  • Fait
    « les lois travail, El Khomri et Pénicaud ont organisé la précarisation de l’emploi »
  • Fait
    « dans certaines branches : hôtels, cafés, restaurants, services à la personne, spectacles… les entreprises abusent des contrats à durée déterminée dits d’usage »
  • Fait
    « le gouvernement a envoyé au patronat et aux syndicats une lettre de cadrage qui fixait ses exigences extrêmement précise »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Comme prévu, les négociations entre le patronat et les syndicats sur l’assurance chômage n’ont pas abouti à un accord. A cette occasion, Emmanuel Macron s’est encore une fois permis quelques phrases provocatrices et scandaleuses. Le gouvernement dit-il, va devoir reprendre la main, car on ne peut pas avoir un déficit cumulé sur le chômage comme on en a un depuis tant d’années.

D’ailleurs, dit-il, les syndicats ne financent plus le chômage, c’est le contribuable. L’assurance chômage, l’UNEDIC, est en principe gérée de façon paritaire. Mais les négociations ne sont pas satisfaisantes.

Elles se déroulent toujours au siège du MEDEF et uniquement à partir de textes écrits et proposés par le patronat. Pendant la négociation officielle, certains syndicats comme la CFDT s’engagent dans des négociations parallèles sans la CGT, négociations pendant lesquelles ils acceptent des compromis inacceptables. C’est la démocratie sociale à la française où le MEDEF joue toujours de la division syndicale.

Emmanuel Macron poursuit une stratégie claire, il veut la fin du paritarisme pour le chômage comme pour les retraites. Il s’agit d’étatiser pour contrôler et pour réduire les dépenses. Remplacer les cotisations salariées par la CSG lui permet comme on vient de le voir de mettre en cause la légitimité des syndicats à gérer l’assurance chômage.

Pourtant, les syndicats représentent bien ceux qui financent les salariés qui payent la CSG, les retraités qui ont été mis à contribution tandis que les revenus du capital bénéficiaient au contraire du prélèvement forfaitaire unique. Les cotisations employeurs sont en fait du salaire différé, du salaire socialisé, sur lesquels les syndicats sont tout à fait légitimes à intervenir. Depuis 2008 l’assurance chômage connait certes des déficits importants : plus de 4 milliards d’euros en 2015.

Elle a accumulé 35 milliards de dette. L’UNEDIC est en équilibre lorsque le taux de chômage est de l’ordre de 8%. C’est la crise financière puis les politiques d’austérité qui ont fait que le taux de chômage est passé puis resté depuis longtemps au-dessus de ce niveau.

Les syndicats n’en sont pas responsables. Par ailleurs, il se trouve que l’UNEDIC doit financer le fonctionnement de Pôle Emploi, soit chaque année une charge de 3,5 milliards d’euros. Sans cette charge, l’UNEDIC n’aurait pas accumulé sa dette.

La dernière convention date d’avril 2017 et elle est valable jusqu’en septembre 2020, mais le gouvernement a imposé la réouverture des négociations en novembre 2018. Cette négociation ne s’est pas faite librement. Le gouvernement a envoyé au patronat et aux syndicats une lettre de cadrage qui fixait ses exigences extrêmement précise.

Le gouvernement exige que l’UNEDIC réduise les prestations chômage de 1 à 1,3 milliards d’euros par an en plus, écrit-il, de ce que rapportera le contrôle actif des chômeurs. Pourtant, les prestations chômages ne sont pas généreuses. En moyenne un chômeur reçoit 1200€ par mois. 40% des chômeurs et leur famille sont sous le seuil de pauvreté.

Le MEDEF a donc proposé des économies plus ou moins mesquines. Faire passer l’allocation de 57% à 56% du salaire antérieur, verser l’allocation sur 30 jours les mois à 31 jours, réduire les allocations des assistantes maternelles, réduire les prestations des chômeurs qui ont un petit emploi épisodique. Un jour travaillé ne donnerait plus droit à 1 jour d’indemnisation mais seulement à 0,8 jours.

Le gouvernement lui veut réduire les allocations des cadres alors que ces allocations sont la contrepartie de leurs cotisations, alors qu’en moyenne les cadres rapportent plus à l’UNEDIC qu’ils ne coûtent. Les lois travail, El Khomri et Pénicaud ont organisé la précarisation de l’emploi. Dans la période récente les CDD de plus en plus courts se sont multipliés.

Dans certaines branches : hôtels, cafés, restaurants, services à la personne, spectacles… Les entreprises abusent des contrats à durée déterminée dits d’usage. Elles ont inventé ce qu’elles appellent la “permitence”. Le même salarié est employé en contrat à durée déterminée, licencié quand l’entreprise n’en a plus besoin et réembauché un peu plus tard quand l’entreprise a besoin de lui.

C’est lui qui supporte maintenant les fluctuations de l’activité. Pendant la négociation sur l’assurance chômage, le patronat a refusé les demandes des syndicats de lutter contre les contrats courts soit en augmentant les taux de cotisation pour ces contrats courts, soit en taxant les fins de contrat court. Les exigences d’économies du gouvernement, le blocage du patronat sur les contrats courts ont fait échouer les négociations.

Le risque aujourd'hui est grand que le gouvernement utilise l’échec qu’il a lui même provoqué pour étatiser l’assurance chômage, pour prendre la main, pour passer progressivement à une allocation forfaitaire de bas niveau comme au Royaume-Uni pour augmenter les contraintes pesant sur les chômeurs. Face à cette offensive nous devons réclamer le rétablissement des cotisations salariées et la gestion de l’UNEDIC par les syndicats. Car l’argent de l’UNEDIC c’est l’argent des travailleurs.