Hondelatte Raconte : L'affaire Francis Evrard (récit intégral)
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:00narrateurChiffre
« Il a fait 40 années de prison essentiellement pour des faits de viol sur mineur. »
- 17:00Francis EvrardFait
« J'ai pas été violent. C'est contre mes principes parce qu'il a des principes. »
- 18:00Francis EvrardFait
« J'ai j'aime voir les petits garçons nus. »
- 24:00maître Emmanuel RiglerFait
« On n'a pas le droit effectivement de donner ni le prénom, encore moins le nom, ni même l'initial du prénom d'un mineur victime. »
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Ondelat raconte Christophe ondelat. Dans cette affaire criminelle, il n'y a pas de mort mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de souffrance ni de malheur. Voici l'histoire de l'un des plus grands pédophiles [raclement de gorge] de l'histoire de France.
Il s'appelle Francis Sevrard. Il aura récidivé neuf fois. Nous la débrieferons tout à l'heure avec maître Emmanuel Rigler du barreau de Lille qui a défendu les intérêts de la famille de sa dernière victime.
J'ai écrit cette histoire avec Thomas Audoard. Réalisation Séine Lebra Europe Christophe onat aujourd'hui à Roubé dans le nord c'est la braderie une immense brocante à ciel ouvert avec des moules, des frites et de la bière. Nous sommes le 15 août 2007, il est 2h30 de l'après-midi et Mustapha rentre chez lui dans le quartier de l'omelet.
Il a promis à son petit garçon à Enis de l'amener faire un tour à la braderie. Justement, il arrive chez lui. Enis, tu es là ?
Pas de réponse. Alors, il va sur la terrasse où son père est en train de bricoler. Oh, papa, tu as vu Éis ?
Ah ben non, il est pas avec toi. Ben non, je pensais plutôt qu'il était avec toi. Bah il était là il y a 5 minutes, il avait ses baskets neufs au pied, il voulait que je lui fasse les lacer.
Moi, j'étais occupé, je lui ai dit "Attendre une minute et là, tu me dis qu'il est nulle part." Je comprends pas. Mais où est-il ? d'une pipe.
Il a dû sortir. Il ne peut pas être bien loin. Alors Mustapha se précipite dans la rue, [halètement] il fait le tour du quartier, rien.
Alors, il retourne chez lui. Bon, papa maman, faut prévenir les amis et les voisins. Faut faire le tour de la de la braderie.
Il doit être quelque part. C'est c'est pas possible. [musique] Une demi-heure plus tard, tout le quartier est mobilisé.
Les gens arpentent les allées de la braderie. Il y en a même qui impriment en urgence des affichettes avec la photo d' Nice et un numéro de téléphone. Ils vont les scotcher sur les arrêts de bus et chez les commerçants.
Et le temps passe. Ça fait maintenant 3h Nice a disparu. Il est introuvable.
Un gamin de 5 ans seul seul aux alentours de 5h de l'après-midi, un petit espoir vient d'un voisin. Bon, je l'ai vu moi ton fils, je l'ai vu à la braderie vers 15h. Il était avec ton oncle, il tenait par la main.
Ton oncle ? Mais Mustapha n'a pas d'oncle. Du coup, le voisin l'aurait vu avec un homme, un inconnu, un homme qui l'a enlevé. [ __ ] enlevé.
Mustapha court au commissariat de police de Roubé. [halètement] Bonjour, je m'appelle Mustapha Coca. Ça fait 2 heur que mon fils de 5 ans a disparu.
Il s'appelle comment votre fils ? His cocacurte. On est d'origine turque.
Bon, attendu monsieur, un enfant c'est très sérieux, vous inquiétez pas. On va le retrouver. En tout cas, on va tout faire pour le retrouver.
Quelque chose à nous signaler qui pourrait nous aider ? Oui, un voisin l'a vu vers 3h avec un homme qu'il tenait par la main. Il croyait que c'était mon oncle mais mais j'ai pas donc cet homme c'est un incou.
Les flics commencent par inscrire Nice au fichier des personnes recherchées. Son signalement est diffusé dans toute la France et en Belgique voisine et des patrouilles de police sillonnent la ville. [musique] [musique] Pendant ce temps-là, le père Mustapha Cocakurt est à nouveau interrogé.
C'est vous qui avez la garde de votre enfant, monsieur ? Oui. Oui.
Moi, moi tout seul. Sa maman est dépressive depuis 8 mois. C'est c'est moi qui la garde et sa mère le voit de temps en temps.
Non. Non. Personne sait où il est.
Est-ce que vous pensez qu'elle aurait pu enlever votre fils ? Non non franchement je le crois pas. Non.
Le voisin qui a vu Éis vers 15h tenant un homme par la main et lui aussi interrogé. Est-ce que vous pouvez me le décrire cet homme ? Bah oui oui, environ, je dirais 60 ans de type européen.
Oui, il avait il avait un plâtre au bras. Un plâtre ? Ça c'est intéressant, c'est pas courant.
Ils allaient vers où ? vers le centreville. Les policiers de la police judiciaire de Lille qui sont maintenant en charge de cette enquête décident d'alerter les médias.
Le soir même, la disparition des Nice est sur toutes les chaînes de TV et de radio. [musique] Un petit garçon de 5 ans, cocacurte, a disparu en début d'après-midi à Roubé à l'occasion de la braderie. La police demande à toute personne qui aurait pu le croiser de se manifester dans la foulée des gens appellent le patron du bar le métropole notamment sur la grande place à Roubé.
J'ai un client qui vient depuis 15 jours environ. Il correspond au signalement et en plus il m'a dit qu'il avait fait de la prison. Est-ce que vous connaissez son nom monsieur ?
Il s'appelle Evrar. Francis Evr. Les policiers passe immédiatement son nom au fichier.
Hop hop hop hop, j'ai des infos intéressantes. C'était un gros poisson hein dans toute sa vie. Écoutez bien, il a fait 40 années de prison essentiellement pour des faits de viol sur mineur.
C'est un pédophile notre gars. Et le pompon, c'est qu'il a eu récemment un accident de scooter et c'est donc pour ça qu'il a qu'il a un plâtre. Il a été hospitalisé et il a donné une adresse à venu Alfred Mot à Roubé.
Allez, enfance. Quand les policiers arrivent sur place à l'adresse indiquée, il n'y a ni maison ni appartement. Il n'y a qu'une rangée de boxe, une vingtaine de garages alignés derrière une grille cadnassée.
Bon ben, il a filé une fausse adresse. Alors, aux alentours de 22h, un homme se présente au commissariat. Bonjour, je suis chauffeur taxi et ce matin, j'ai chargé un client avenu Alfred Mot là, il portait un plâtre comme celui que vous recherchez.
Et vous l'avez déposé où ? B au centre-ville. Il m'a dit qu'il allait faire un tour à la braderie et puis vers 3h, figurez-vous qu'il m'a rappelé, il m'a demandé de venir le chercher près de la braderie.
Et cette fois, bah il était accompagné d'un enfant. Regardez bien cette photo, monsieur. Regardez bien.
Est-ce que c'était ce petit garçon ? Ah ben ouais, ouais, c'était lui, j'en suis sûr. [musique] Et et vous l'avez déposé où, monsieur ?
Avenue Alfred Mot quoi là où je l'avais pris le matin. Vous voulez bien venir avec nous sur place monsieur parce que nous sommes allés à cette adresse et il y a que des boxes. Mais sur place le taxi est incapable de dire où l'homme et l'enfant sont allés.
Bon, on va quand même pas défoncer toutes les portes de garage. En plus, il est dans un de ses boxes, il risque de paniquer, de s'en prendre au gamin si c'est pas déjà fait. Euh, monsieur, monsieur, bonjour.
Est-ce que vous savez si quelqu'un habite dans l'un ces box, un squatter, un SDF, je sais pas moi, cette box là ? Boncre, je comprends pas, jamais vu. Et là, les policiers appellent en renfort une équipe coppe.
Et ils font sentir au chien un vêtement d'énis que le père a apporté. Et le chien immédiatement fonce en direction d'un box. Et là, ni une ni, les policiers enfoncent la porte. [musique] Au milieu d'un fatra de meuble, il y a un matelas sur le sol.
Et sur le matelas, un homme d'environ 60 ans qui sert un petit garçon tout nu contre lui. C'est Nice, il est vivant. [musique] Les flics neutralisent le bonhomme.
Il le menotent. Il n'oppose aucune résistance. Le petit Nice n'a pas l'air d'être blessé.
Il est tout de suite emmené [musique] à l'hôpital de Lille. Ça va Enis ? Je suis docteur, je vais m'occuper de toi.
Tu as l'air fatigué Nice. En Nice Titume, c'est à se demander s'il n'a pas été drogué. Bon, on va te faire une prise de sang, Anice, hein.
Ça fait pas mal. L'analyse de sang confirme qu'on lui a administré un tranquillisant. Vers 4h du matin, les médecins autorisent les policiers à l'interroger.
Comment est-ce que tu as rencontré ce monsieur Nice ? Il avait promis m'offrir un un jouet mais il m'a emmené dans une cave. Il faisait tout noir.
J'avais peur. Il avait un couteau le monsieur. Et après Nice, ben après il m'a mis tout nu et lui aussi il s'est mis tout nu.
Il voulait toucher mes fesses et aussi mon zizi. Et lui, lui son zizi, il était tout gros. Au même moment commence la garde à vue de Francis Evrin.
Pour commencer, son box sordide est perquisitionné. Tiens tiens, voilà le couteau dont le gamin a parlé. [musique] On trouve aussi un rouleau de pansement, un jean roulé en boule, une boîte de viagraas dans laquelle il manque deux comprimés et dans une mallette des somnifères et des cordes. [musique] Et ensuite Francis Evrard est interrogé.
Bon, je tour à la batterie. J'aurais pas dans l'idée de le prendre moi ce petit gosse. C'est lui il m'a demandé si je pouvais l'aider à noisser la je pouvais pas avec mon bras dans le plâtre.
Alors, je lui ai pris la main et je lui ai dit "Viens, je vais je vais t'acheter un jouet dans un magasin." Et après, je l'ai je l'ai emmené au garage ou où que vous m'avez trouvé quoi. Le petit garçon dit que tu l'as menacé d'un couteau.
C'est pas vrai ça. J'ai pas été violent. C'est contre mes principes parce qu'il a des principes.
Oui monsieur. Et si tu as des principes, pourquoi est-ce que tu l'as déshabillé ? Bah c'est parce que j'ai j'aime voir les petits garçons nus.
Pas que les voir manifestement. Bon, je lui ai juste mis un doigt dans les fesses. C'est pas violet ça.
C'est pas violet. Mais bien sûr que c'est violé Francis pour la loi. C'est violé.
Mais quand tu as pleuré, je je essuyer les larmes. OK. Tu lui as demandé de te caresser.
Ouais. Ouais. C'était avant le doigt.
Il l'a fait avec ses petites mains là. W je m'en souviendrai tout le temps de ça. Est-ce que tu lui as demandé de te faire une félation ?
Je m' Je m'en souviens pas de ça. Et toi ? Tu lui en as fait une ?
Non, enfin si. Quand il dormais, c'est tout. Combien de temps est-ce que ça a duré ?
Bah une heure quoi, surtout. Il raconte tout ça avec un air satisfait, l'air de celui qui a pris son pied. Il dit aussi que ce qu'il aime chez les enfants, c'est leur pureté, leur douceur.
Je vous promets que j'aimerais me soigner pour ça. Je vous promets. Tu as pris du viagra.
On a trouvé une plaquette en non pas là. Le vi c'est pour une femme que j'ai en rapport avec. À l'issue de 48 heures de garde à vue, Francis Evrés qui le met en examen pour enlèvement, séquestration et viol sur mineur de moins de 15 ans.
Son avocat sort du palais de justice. Des journalistes l'attendent. Monsieur Evrard est dans une sorte de douleur.
C'est un échec pour beaucoup de monde et pour lui aussi. Il ne justifie pas ce qu'il a fait. Il explique cela par une pulsion et il est conscient de la gravité des faits qu'il a commis.
Francis Evrard écroué à la maison d'arrête. Qui est ce lascar ? Depuis les années 60, il a violé, tenez-vous [musique] bien, neuf enfants.
Neuf. Et là, il venait d'être libéré du centre de détention de camp en Normandie. Il y a 1 mois et demi à peine, le 2 juillet, il venait de passer 20 ans en prison pour avoir violé [musique] deux petits garçons en 1987 alors qu'il était déjà en récidive.
Comment [grognement] est-ce qu'on a pu le laisser sortir ? Un type aussi dangereux. La vice-procure de Lille tente de se justifier au cours d'une conférence de presse. veut rappeler ici que dans les jours qui viennent, monsieur Francis Évrard devait faire l'objet d'un suivi médical et psychiatrique, qu'il était également suivi par le juge d'application des peines et le service de probation et qu'il avait l'obligation absolument impérieuse d'éviter tout contact avec des mineurs.
Ouais, moi ça pâche sec dans les explications hein. Et à partir de là, sans surprise, l'affaire devient politique. Et oui, on est à l'été 2007.
Nicolas Sarkozi vient d'être élu président de la République et c'est pas le genre de bonhomme à ne pas exploiter une affaire pareille. Pour commencer, la garde des SA Rachi Adati vient sur place à Roubé. et elle rencontre les parents et puis elle va voir les policiers pour les féliciter.
Il y a de quoi. Ils ont mis fin à l'enlèvement en moins de [musique] 10h et le petit tennis est vivant. 2 jours plus tard, Mustapha Coca est reçu en personne par le président Sarkozy à l'Élysée.
Monsieur, c'est pas facile de vous parler, je m'en doute. Mais je voulais vous dire que toute la nation est solidaire de ce qui vous est arrivé et moi le premier, la justice sera fait, croyez-moi, et je m'engage devant vous. à ce que des mesures soient prises pour que les récidivistices comme monsieur Evrard, voyez-vous, ne soient plus remis en liberté.
Enfin, c'est un vrai semblable. Chacun peut le comprendre. Vient ensuite une question subsidiaire mais pas sans intérêt.
Comment Francis Évrar, pédophile notoire, a-t-il pu obtenir du Viagras ? Vous savez ce que c'est le Viagras ? Ça fait bander ce qui bande de mou. qui lui a prescrit du viagrain parce qu'il faut une ordonnance.
Et bien figurez-vous que c'est un médecin de la prison qui lui a fait cette ordonnance le jour de sa sortie. Ce médecin, on lui demande de se justifier. Bien sûr, j'ai fait ça dans l'urgence.
Il me parlait de difficultés sexuelles avec les femmes. Mais je reconnais que j'aurais pas dû. Je me suis fait berner.
Je suis je suis désolé. moins que le petit tennis. Même si, et ça c'est vrai, les médecins qui exercent dans les prisons n'ont pas accès au dossier pénal des détenus.
Ils ne savaient pas qui était Évrar, ni pourquoi il était là. Alors alors, d'où vient ce cingler ? Il est né juste après la guerre en 1946 [musique] dans un milieu ouvrier, un père belge et une mère française.
Enfant unique, son grand frère est mort en basage. Il passe toute son enfance à Roubé. Et sans surprise, son père picole et il n'est jamais là. scolarité médiocre pour le petit Francis mais il a son certificat d'étude.
Il est pris en apprentissage mais il se fait virer et après il zone à roubé sur sa mobylette. Il n'a jamais travaillé. [musique] Au cours de sa carrière de pervers, il a été expertisé plusieurs fois par des psychiatres.
Il leur a tous raconté la même histoire. Bon, j' été violé moi quand j'étais gosse. J'avais 9 ans.
C'était par un cousin. Mais d'autres fois, il dit que c'était quand il avait 8 ans ou quand il avait 10 ans, que ça n'était pas un cousin mais que c'était un oncle ou un beau-frère. Bref, on ne sait pas s'il faut croire à son histoire, mais lui dit que c'est ce viol qui lui a donné ses pulsions pour les enfants. [musique] Son premier viol, Evrard le comet quand il est encore mineur.
On est en mai 1962, il a 16 ans. Il se promène sur les bords du canal de Roubé et il agresse [musique] un petit garçon de 6 ans, sa première victime. Et il remet ça dès le lendemain, toujours à Roubé dans un parc, un garçon de 9 ans et de deux.
Pour ces deux attentat à la pudeur contre nature, comme on disait à l'époque, il est condamné une première fois à 3 mois [musique] de prison. Quand il sort, comme il est mineur, on l'envoie à ne château dans les Voges, dans un institut public d'éducation surveillé. Il y passe une année et quand il sort rebelotte, il agresse de nouveau un petit garçon 18 mois de prison et de trois.
Il sort, pas de travail, pas de logement. En 1969 en Belgique, il viole un gamin de 7 ans, sa 4e victime. Et cette fois, il est enfermé en Belgique [musique] dans un établissement moitié prison, moitié hôpital psychiatrique pendant 4 ans.
Sa photo passe alors dans le journal et un gamin de 10 ans de roubé le reconnaît. Mais c'est lui, c'est lui, il m'a fait mal. et de 5.
Quand il quitte son lieu de détention en Belgique en 1973, il revient chez sa mère à Roubé et au mois d'août, il est sur sa mobylette et il dit qu'il a une pulsion soudaine et il viole Fabrice 9 ans. On en est à 6. Quelques jours plus tard, le petit Fabrice le reconnaît dans la rue à Roubé.
Il le dénonce. Francis Evrard est jugé cette fois-ci devant la cour d'assise et il en prend pour 15 ans. C'est sa première lourde peine mais une fois en to comme d'ailleurs beaucoup de délinquants sexuels, il se tient à carreau.
Ah monsieur Evrard C'était un détenu modèle exemplaire tellement exemplaire [rires] qu'il ne fait que 10 ans sur les 15 ans. Pour ce qu'on sait, il ne replite. Mais 4 ans plus tard, c'est reparti.
Sa 7e victime est un petit garçon de 7 ans. Il est encore et toujours sur le bord du canal de Roubé. Il la madoue avec un billet de 50 francs et comme il ne se fait pas prendre, il n'a aucun mal 3 mois plus tard à faire sa 8e victime.
Un gamin de 8 ans qui cherche des trèfles à quatre feuilles. Viens, viens, viens-y. Donc, je te dis, je vais te montrer où qu' en a.
Il l'embarque sur sa mobylette. Il l'amène près du canal de Wascal. Il lui attache les mains dans le dos.
Il lui colle du scotch sur la bouche, il lui met du gel lubrifiant et bref, en 1989, ça lui vaut à nouveau la cour d'assise. Il en prend pour 27 ans. En l'an 2000, il est transféré au centre de détention de camp et entre-temps, le système de prise en charge des pédophiles a évolué.
Bien monsieur Ivard, nous vous proposons de suivre des soins psychiatriques et par ailleurs un traitement chimique qui agit sur la la testostérone et qui va en quelque sorte anniler vos pulsions sexuelles. Et je veux vous dire que c'est le suivi de ces deux traitements qui conditionnent éventuellement, je dis bien éventuellement, une libération conditionnelle. C'est compris ça ?
Autrement dit, on lui propose une castration chimique. Au début, il la prend sans problème. Et puis un jour, maintenant que je le prends là, votre truc là, je peux sortir.
Ah non monsieur, non. Je je vous ai dit que ça n'était pas automatique, hein. Ah bon ?
Et ben, puisque c'est comme ça, ben, j'arrête. Et il voit aussi de moins en moins le psychiatre. Il a décidé d'attendre en prison plutôt que de ne plus bander. [musique] En 2003, à quand sa cellule est fouillée.
Dites-moi Evr qu'est-ce que c'est ça ? Bon, je sais pas moi. Je sais pas d'où que ça vient. des revues pédopornographiques, des revues qui montrent des relations sexuelles entre des adultes et des enfants.
Comment est-ce qu'il se les ait procuré ça ? Mystère. Mais notons que c'est le seul écart de conduite de sa carrière de détenu.
Et donc c'est comme ça qu'en 2007, ayant en fait 20 ans de prison sur les 27 auxquels il l'avait été condamné, Evra est libéré et il fait sa 9e victime et celle-là vous la connaissez. Il s'appelle Enis Cocakurt [musique] [musique] que s'est-il passé ? Entre le moment où Evrar quitte le centre de détention de camp le 2 juillet 2007 et le moment où il enlève Nice le 15 août, un mois et demi plus tard.
Quand il sort, Evrar va d'abord se poser dans un hôtel de Rouan, l'hôtel Stanislas. Ce sont les services sociaux de la prison qui le lui ont trouvé. Comme il est en conditionnel, il est tenu de voir à intervalle régulier son conseiller de probation et il va le voir ou plutôt l'avoir puisque c'est une femme, sauf qu'elle ne sait pas à qui elle a affaire.
Je suis absolument désolé, monsieur Evrard, mais j'ai pas encore reçu votre dossier de de la part de la maison d'arrêt. Du coup, il est censé voir aussi un médecin. Il ne le fait pas.
à 61 ans, il n'a jamais travaillé de sa vie. C'est pas maintenant qu'il va commencer. Heureusement, il a un petit pécule accumulé pendant ses 20 ans de prison.
Il y ajoute un petit crédit que lui fait la caisse d'épargne de Rouan et il prend le train pour Rober. Mais pourquoi vous n'avez pas averti le service de probation de Rouan, monsieur Evrin ? Vous n'aviez pas le droit de quitter Rouan ?
Bah au départ, je pensais à la roué pour quelques jours quoi. C'est pour ça Aroué, sa mère qui l'a toujours protégé est morte. Alors il tente de renouer avec quelques membres de sa famille, il le rejette.
Il s'installe dans un formule 1. Il fréquente les cafés, en particulier le café métropole sur la grande place et il ne cache pas au patron qu'il a fait de la prison. Oh, c'est pas j'ai tué un gars qui a graissé une femme là, c'est pour ça que j'ai fait de la tôle.
Et puis quand il n'a plus assez d'argent pour se payer le Formule 1, il va donc dormir dans ce box qu'il loue depuis des années pour y entreposer les meubles qu'il a hérité de sa mère. Personne ne sait qu'il est à Roubé et le 15 août, il enlève Nice, sa 9e victime. Le procès de Francis Evra s'ouvre le 26 septembre 2009 devant la cour d'assise du nord à Doué.
Juste avant, il écrit au président Sarkozy : "Monsieur le président, je souhaiterai votre accord pour subir une ablation des testicules par chirurgie. Je sais que ça se fait au Canada et que c'est sans appel. De toute façon, à mon âge actuel, 63 ans, je n'en souffrirai pas et cela m'empêchera mes tendances envers les enfants.
Le président Sarkozy évidemment ne lui répond pas. Et de toute façon, en France l'ablation des testicules, c'est impossible. L'avocat d'Evrar, maître Pianedza, décide de rendre ce courrier public.
Une stratégie de défense un peu sans doute, même s'il n'y a pas grand-chose à plaider pour défendre Francis Évrain. Mais ce faisant, il met aussi en exerg pour ces hommes qui ne savent pas se contrôler ? [musique] Le procès dure 5 jours et Évrar commence par remercier le président de la cour d'assise.
Je vous je voudrais vous dire que je suis touché, que vous m'accordez un peu de temps, quoi. Je vous suis reconnaissant quoi. Il dit aussi que la justice ne l'a pas assez encadré, ce qui n'est pas faux.
Et après il joue sur les mots. C'est pas un viol que je lui ai fait, c'est que des attouchements. Pour mettre un terme à cette mascarade, le président diffuse alors les images vidéos de l'audition du petit tennis et c'est bouleversant.
Et lui, lui il sourit. À la fin, l'avocat général Luc Frot prend la parole. Vous êtes l'enfer du système et on ne peut rien pour vous.
Monsieur Evr, je requère la peine maximale pour viol, c'est-à-dire 30 années de réclusion criminelle que vous assortirez d'une peine de sûreté de 22 ans. [musique] Les jurés condamnent finalement Francis Evrard à 30 ans à sortie de 20 ans de sûreté. Il a 63 ans.
Il a fait 2 ans de prison préventive. Il ne pourra pas demander de libération conditionnelle avant ces 81 ans. S'il ne meurt pas d'ici là, il aura donc passé plus de 60 ans de sa vie en prison. [musique] Je vais débriefer cette histoire avec vous, maître Emmanuel Rigler.
Vous avez été l'avocat de la famille du petit tennis Coca Curte. sa sa dernière victime, c'était il y a un certain temps. Euh mais euh je me doute que vous n'avez rien oublié de de cette histoire, n'est-ce pas ?
Oui, c'est effectivement une histoire marquante dans une carrière de jeune avocat à l'époque. Je suis au barreau depuis 5 6 ans quand cette affaire éclate. On s'en souvient pour de multiples raisons.
D'abord l'âge de l'enfant, la tristesse des parents, mais aussi vous venez de le rappeler la personnalité de l'accusé. Procès hors norme, des enjeux politiques qui vont se greffer effectivement sur cette affaire. un procès filmé donc de A à Z, ce qui est extrêmement rare.
Donc oui, une affaire totalement hors norme. Est-ce que vous savez ce qui est devenu le petit tennis qui doit donc avoir aujourd'hui plus de 20 ans ? Alors, Renis c'est effectivement majeur.
Oui, depuis 2 3 ans. Euh c'est un adolescent qui a eu énormément de mal à se construire parce que vous l'avez répété, c'est une affaire plus connue sous son prénom que sous le nom d'Evrar et que des Nices euh à Lille, il n'y en a pas 50000 et que l'anonymat a donc été extrêmement compliqué. La loi prévoit que normalement on n'indique pas le nom des victimes mineures, mais je ne sais pas pourquoi cette affaire a été baptisée de son nom.
C'est vrai que son père a beaucoup beaucoup parlé dans la presse et et donc le nom apparaissait souvent et et cet enfant devenait facilement identifiable. Donc ça a été compliqué aussi parce que comme vous l'avez à juste titre dit, il n'y a pas de maman. Elle ne s'est pas manifesté non plus après ce drame et depuis. un adolescent qui n'avait pas l'anonymat et qui euh voilà avait besoin de de justifier aussi euh de sa masculinité, de sa force, qu'il n'était bien évidemment pas euh euh d'accord pour quoi que ce soit de ce qu'il s'était passé avec Evrar.
Enfin voilà, une une vie qui n'était déjà pas promise à être la plus simple, qui se retrouve encore plus compliquée. Je le dis d'ailleurs au passage, on n'a pas le droit effectivement de donner ni le prénom, encore moins le nom, ni même l'initial du prénom d'un mineur victime, mais je l'ai fait parce que on a donné son nom et son prénom depuis le début de cette affaire et et ça n'est pas de bon fait, quoi, hein. Oui.
Ah mais personne ne vous le reproche aujourd'hui. Ce n'est pas la première et la dernière fois, c'est un phénomène positif au départ d'ailleurs. C'est-à-dire que finalement quand on l'appelle comme cela, on se rend bien compte que c'est cet enfant le cœur du problème et le centre de l'affaire et pas Francis Évrard.
C'est-à-dire que Francis Evrard, la justice lui a donné 100 fois sa chance et là on a un petit bonhomme à qui et bien effectivement la vie n'a pas encore beaucoup souri et qui se retrouve dans cette tempête. Non non, c'est un il y a absolument rien de rien de malsin dans cette idée au départ. C'est simplement que elle va le marquer parce qu'il ne s'appelle pas Pierre, il ne s'appelle pas François et que la communauté turque n'est pas extrêmement nombreuse sur l'île.
Donc on le retrouvera vite et ça marquera toute son adolescence. Il faut qu'on parle donc la manière dont les médias se sont emparés de cette histoire. À l'époque, ça a été un déferlement médiatique.
Pourquoi selon vous ? Ah, c'est effectivement la seule fois de ma carrière où je vais répondre à la télévision coréenne, à la télévision japonaise, où effectivement le monde entier se concentre sur cette affaire. D'abord parce que il y a cette lettre envoyée à l'AFP qui euh bien évidemment est la lettre présent Sarkozy, hein, c'est ça exactement. qui pose déjà la couleur 2 jours ou 3 jours avant l'ouverture du procès.
On on sait effectivement que donc la des dépêches vont sortir et vont être prises par tous les médias qui s'intéressent à cela et c'est un débat récurrent en France de c que cette question de la castration. On a aussi effectivement euh une garde des sauts à l'époque et un président de la République qui euh ont inventé un nouveau concept qui serait effectivement celui de la rétention judiciaire. C'est-à-dire qu'une personne pourrait rester détenue à l'issue de sa peine ou retenue si on n'utilise pas le verbe détenir pourrait rester retenu parce qu'elle ne donne pas des gages de sécurité et cette affaire-là tombe idéalement dans le calendrier politique.
Oui. d'un président qui vient d'être élu et qui a à démontrer que ce qu'il a commencé comme ministre de l'intérieur juste avant va se poursuivre et s'amplifier quoi. Oui, cette affaire est parfaitement adaptée à la politique que le gouvernement de l'époque veut mettre en place.
Cette affaire illustre exactement ce que le gouvernement envisage, c'est-à-dire euh de laisser euh la population à l'abri de gens dangereux qu'il y ait un titre ou aucun titre pour justifier cette mise à l'écart. Et et d'ailleurs la loi que propose SarkoZi dans la foulée qui est donc d'enfermer tout bonnement à vie des gens comme Evar euh après l'exécution de leur peine de prison euh est un truc qui ne tient pas sur le plan du droit. juridiquement, je me suis même à l'époque prononcé, j'enseignais encore à l'université à ce moment-là et bien évidemment tout le monde a les poils qui se dresse et qui se hérissent quand on entend de telles propositions à ce moment-là parce que effectivement la fin ne justifie absolument pas ce moyen-là et la proposition juridiquement n'est pas entendable. en tous les cas serait bien évidemment amènerait la France à être bien évidemment sanctionnée par la Cour européenne des droits de l'homme.
On on parle d'une excellente idée qui est de trouver véritablement des solutions pour ne pas multiplier les victimes et qu'il n'y en ait pas une diè après Nice pour le cas de Evrar. Mais effectivement les moyens sont problématiques. Alors il y a il y a cette histoire de de Viagra aussi qui a fait en partie la la célébrité de de cette histoire qui est donc prescrite par un médecin de la pénitentiaire.
Il y a aussi cette histoire des images pédopornographiques qu'on retrouve dans sa cellule et on sait pas comment. Il y a aussi le fait que le conseiller probation qu'il voit à Rouan n'a pas encore reçu le dossier. C'est-à-dire que ça donne tout ça des arguments à Sarkozy.
Le système ne fonctionne pas. Oui, mais j'ai envie de dire exactement l'inverse. Ça le prive de tous ces arguments parce que si le système fonctionnait, il n'y aurait pas besoin de rétention.
La peine de détention suffirait. L'exécution de la peine ordonnée par la justice suffirait si effectivement il n'y avait pas de trafic d'images pédophiles à l'intérieur de prison spécialisée telle que celle dans laquelle était Évrar. Oui.
Voilà. Quand c'est un centre de détention qui accueille spécifiquement des ce qu'on appelle des pointeurs qui en général dans toutes les autres prisons se font martyriser et donc on les réunit pour les prendre en charge au même endroit. Alors voilà, l'idée c'est c'est non seulement effectivement d'assurer leur sécurité mais surtout de pouvoir mettre en place des soins spécifiques, des ateliers spécifiques, des accompagnements psychiatriques et psychologiques particuliers adaptés à cette criminalité là qui est une forme particulière de criminalité.
Donc l'idée euh peut-être folle pour certains de dire on les met tous ensemble et finalement c'est une catastrophe mais pour d'autres donc le système pouvait être bien meilleur et cette histoire de Viagra est dramatique parce que la police n'aura même pas le temps de perquisitionner euh que effectivement le ministère de la santé aura déjà fait le ménage et on va mettre un temps fou à identifier qui est le médecin qui a fait cela parce qu'on va nous dire je ne savais pas le les problèmes d'Evrar Evrar et n'est pas dans cette prison par hasard. Donc on sait pourquoi il est là, que ce ne soit ou pas sur sa fiche médicale. Donc on on se moque du monde et surtout effectivement on va nous opposer un un un silence médical que j'entends bien ou un secret.
Sauf que là, on n'est pas dans un acte de soin, on est dans le cadre d'une prescription effectivement de Viagra. Vous aviez vu je je disais que ça correspondait effectivement à donner une kalashnikov à un braqueur qui qui sortait de prison. C'était exactement ça.
Alors, parlons de ces pulsion dont parle Evrar. Pour vous, est-ce que c'est une maladie ? Maître, vous êtes parti civile, hein, je le précise, mais j'ai cru comprendre comme ça en vous écoutant depuis le début de cette interview que vous êtes certes partie civile, mais en fait vous êtes avocat, vous êtes aussi parfois défenseur donc vous n'avez pas l'espèce de de comment dire de manière qu'ont souvent les avocats de parti civile d'être à 100 % dans la victime et pas vouloir comprendre le reste.
Il y a effectivement aucun a priori dans notre approche et l'intelligence des cocurtes était justement de de chercher à comprendre comment cet homme dont le sexe ne fonctionnait plus sans sans artifices chimiques et et sans pharmacopé. Comment effectivement le cerveau de cet homme pouvait lui dire de faire quelque chose que son corps ne voulait pas faire. Et c'est là où où nous avons atteint les limites de l'explication et du rationnel dans le cadre de ce dossier.
Personne ne comprendra ou ne sera capable de nous vulgariser, de nous expliquer pourquoi Evrar en a envie alors que son corps n'en a pas envie. Pourquoi son cerveau prend le dessus alors que ça ne lui suscite aucun aucune autre réaction qu'intellectuelle ? Et là, on ne peut plus être à ce moment-là dans l'ordre des pulsion puisque ce ne serait pas le corps qui commanderait, mais vraiment l'intellect, vraiment le cerveau.
Et c'est là où on atteint les limites de savoir la sincérité ou pas de de Francis Evrard et de sa coopération à l'œuvre de justice. Donc ça serait une maladie et j'ai envie de dire même une maladie a priori incurable, ce dont la société ne veut pas entendre parler. Le mot maladie est imprononçable.
Mais bien sûr, nous sommes dans une société du zéro risque où personne ne peut entendre que nous ayons à côté de nous des gens inadapté, déséquilibré ou malade comme vous le dites. En tous les cas, Francis Évrard ne nous permettra pas de savoir dans quelle catégorie il est. Et bien évidemment, c'est encore plus difficile pour des juges et des jurés de statuer quand ils ne savent pas réellement à qui ils ont affaire, même après autant de procès, autant d'expertise, autant de passage à la cour d'assise.
Enfin, je je voilà, on ne sait toujours pas de quoi il souffre ou de quoi il est malade ou de quoi il est atteint. J'ai adoré parler avec vous, maître Rigler. Je conseille aux gens de l'île de vous prendre comme avocat.
Vous êtes un avocat brillant. Des [musique] centaines d'histoires disponibles sur vos plateformes d'écoute et sur europein.fr.
Ter.