Emmanuel Macron passe son entretien d'embauche | BFM TV
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
8h35, notre entretien d'embauche avec Emmanuel Macron. Bonjour. Bonjour à vous.
Merci d'être avec nous. Comme pour nos précédents entretiens d'embauche, c'est pas compliqué. Jusqu'à 9h, vos engagements, votre programme, et de 9h à 9h30, on essaiera d'en savoir un petit peu plus sur votre personnalité, sur vous.
Interview sans complaisance, parce que nous, Français, nous sommes exigeants, Emmanuel Macron. Avez-vous conscience que nous sommes trompés depuis 30 ans ? J'ai conscience que le moment que nous vivons est profondément grave, oui.
Trompés. Oui, j'emploie le mot, volontairement trompés. Je comprends.
On nous a fait tant de promesses qui n'ont jamais été tenues. Mais je ne veux pas céder à ce qui pourrait apparaître comme de la démagogie. Je pense que le moment qu'on vit est grave.
Et moi, j'aborde cette dernière semaine, d'ailleurs, avec beaucoup de gravité. Avec beaucoup de préoccupation pour notre pays. Avec une volonté, puisque je suis engagé dans cette bataille, évidemment, une volonté de l'emporter, de convaincre.
Mais en même temps, extraordinairement conscient de la gravité de la situation et de la responsabilité qui est la mienne, compte tenu de ce que vous venez de dire. Oui, il y a un soupçon qui s'est installé dans la vie politique, il y a un trouble. Et donc, on doit être à la hauteur.
Et ça fait aussi partie de cela. Bien, vous allez essayer de convaincre. Moi, je me souviens du débat du 4 avril sur BFM TV.
François Asselineau vous interpelle. Il faut mettre un terme à toute complaisance avec le Qatar et l'Arabie saoudite. J'aimerais d'ailleurs que M.
Macron nous dise ce qu'il en pense. Vous répondez « Je suis d'accord avec vous » sur ce dernier point. Et il réplique « Vous êtes toujours d'accord avec tout le monde ».
Est-ce que vous êtes toujours d'accord avec tout le monde ? Non, absolument pas. D'ailleurs, j'ai dit non à plusieurs reprises.
Qu'est-ce qui m'a structuré politiquement ? C'est de dire non. Quand j'ai été ministre, assez jeune, en charge de l'économie, de l'industrie, du numérique, et je suis venu à plusieurs reprises devant vous dans ses fonctions, j'ai dit non.
J'ai dit non quand on n'a pas voulu aller plus loin dans les réformes. J'ai monté un mouvement politique, En Marche, et j'ai quitté le gouvernement. Tant et tant sont restés tapis dans l'ombre, ont été d'accord, ou n'étant pas d'accord, ne l'ont pas dit.
Mais à qui pensez-vous ? À qui pensez-vous ? À des générations entières d'hommes et de femmes politiques.
Ceux qui disent « Moi j'ai du tempérament ». Pensez à François Fillon ? François Fillon, excusez-moi de vous le dire, il a été ministre d'à peu près tout, depuis 30 ans.
Il a été 5 ans Premier ministre pour nous expliquer qu'en fait il voulait faire autre chose. La Constitution elle dit une chose, le Premier ministre y conduit la politique du gouvernement. Donc moi je ne suis pas de cette race-là.
J'ai dit non. Mais je sais aussi la complexité du monde dans lequel on vit. Et donc je ne m'interdis pas, quand autour d'une table on débat avec des gens qui sont mes adversaires dans cette élection, on est 11, et qui quelque chose est dit que je partage, de dire « Je suis d'accord avec vous là-dessus ».
Je l'assume totalement. Et d'ailleurs ce qui épuise notre vie politique, c'est qu'on puisse faire croire une seconde à nos concitoyens qu'on est en désaccord sur tout quand on est adversaire. C'est faux.
Et d'ailleurs c'est ce qui fait notre paralysie, notre immobilisme. Donc je suis un homme de tempérament, j'ai dit non à plusieurs reprises et je continuerai à dire non, et c'est ce qui me structure. J'assume pleinement d'avoir des convergences parce qu'elles sont du pragmatisme.
Alors Emmanuel Macron, nous allons parler de l'actualité internationale parce que c'est important. Et ensuite nous parlerons de quelques mesures de votre programme. Nous parlerons politique aussi, et dans la deuxième partie, votre personnalité.
Donc l'actualité, victoire d'Erdogan en Turquie, pouvoir renforcer, il envisage de réintroduire la peine de mort. Est-ce que ça veut dire qu'il faut maintenant stopper toute négociation sur l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne ? Elle n'avancera pas dans les prochaines années de manière évidente.
D'abord il y a des contestations sur cette élection. Et je pense qu'il faut tout faire pour aider, soutenir les démocrates qui se battent. Parce qu'il y a plusieurs centaines de milliers, voire millions de voix qui sont contestés dans le cadre de ce scrutin qui s'est joué à très peu.
Donc là-dessus, moi je ferai tout ce qui est en mon pouvoir. Et je pense que collectivement on doit tout faire pour aider ceux qui se battent sur le terrain, sur ce sujet. Ensuite, cela marque une dérive du régime, une dérive autoritaire, on le voit bien, une sortie du cours de l'histoire de la Turquie.
Non mais répondez à ma question. Et donc je vous ai dit très concrètement, avec un régime qui prend ces décisions-là, il n'y aura aucune avancée d'adhésion à l'Union Européenne. Par contre, mon souhait c'est qu'on puisse continuer à avoir une Union Européenne, une France qui laisse la porte ouverte aux démocrates de la Turquie.
Vous savez, qu'est-ce qui s'est passé avec la Turquie ? On a, il y a 15-20 ans, laissé espérer des vrais démocrates, qui pourraient avoir un dialogue avec nous. On les a abandonnés.
On a ensuite été très naïfs avec Erdogan, en disant qu'il a l'air formidable, ne voyant pas la dérive qu'il était en train de conduire. De manière évidente, dans les prochaines années, et si je suis élu président de la République, il n'y aura pas d'avancée de la discussion d'intégration dans l'Union Européenne. Par contre, il y aura tous les efforts faits pour aider, en Turquie, les femmes et les hommes qui se battent pour la démocratie, pour nos valeurs, pour les valeurs du Conseil Européen des Droits de l'Homme et celles de l'Occident.
La Syrie, si vous êtes élu président de la République, est-ce que vous prendrez une initiative pour essayer de trouver un chemin vers la paix, qui est si difficile à trouver ? Il est très dur à trouver parce que la situation est multiple. Il y a aujourd'hui d'abord la nécessité d'avoir un vrai cessez-le-feu et une action humanitaire.
Vous avez vu le dernier attentat terrible en Syrie ? Je l'ai vu. Et sur ce plan-là, il montre quoi ?
La nécessité, enfin, de ne rien céder à la naïveté ambiante. Moi, je ne suis pas un fasciné de M. Poutine, comme trop de candidats dans cette élection.
Ce n'est pas la Russie qui fera la paix en Syrie. C'est d'avoir un vrai cadre international multilatéral et de demander justement à la Russie, aujourd'hui alliée du régime de Bachar el-Assad, de prendre ses responsabilités. Donc on a, nous, en tant qu'Européens et Français, une priorité dans la région, c'est la lutte contre Daesh et tous les groupements terroristes.
On doit les éradiquer. Nous participons à la coalition. Nous sommes d'ailleurs présents sur des bases.
Moi, je m'y suis rendu il y a quelques mois en Jordanie. Et donc, il faut tout faire pour éradiquer les terroristes et, justement, ces terroristes islamistes. Dans le même temps, nous avons une responsabilité internationale qui est de construire la paix en Syrie et de cesser les exactions contre des civils.
C'est encore ce qui s'est passé hier. Et là-dessus, un, nous devons demander à la Russie de prendre ses responsabilités. Elle ne peut plus s'opposer à une résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies pour, justement, mettre en place tous les corridors humanitaires.
Non, parce que je pense que là-dessus...
Oui, vous demanderez tout ce que vous voudrez et la Russie vous répondra non. C'est pas forcément. Non, d'abord...
Pas forcément ? Un, pas forcément, parce que moi, je pense que si on monte la pression en Européens et avec les États-Unis, parce que ce qui a changé il y a maintenant quelques jours, c'est justement les États-Unis qui décident de mettre davantage de pression. Et donc, il y a cette discussion pour avoir une résolution humanitaire de court terme.
Et il y a la destruction des capacités d'intervention chimiques du régime de Bachar el-Assad. Et là-dessus, on doit être intraitable. Et enfin, et ça c'est l'initiative diplomatique que je veux prendre, parce que nous ne devons pas tomber dans l'escalade de la guerre et de la violence, eh bien, c'est d'avoir une solution politique inclusive.
Qu'est-ce que ça veut dire ? De réussir à mettre autour de la table l'ensemble des parties prenantes en Syrie, l'ensemble des États arabes concernés, l'ensemble des Européens qui ont été touchés par ce qui se passe aujourd'hui en Syrie et depuis des mois, les Nations-Unis, pour construire justement une sortie de Bachar el-Assad et une transition du régime. Pourquoi je dis ça ?
Parce qu'il n'y a pas d'intervention militaire qui se justifie, il n'y a pas d'intervention militaire qui réussisse si on ne construit pas une solution politique sur le terrain. Emmanuel Macron, parlons de cette campagne électorale, grand meeting à Bercy ce soir. Est-ce que Dominique de Villepin sera présent ?
Il ne sera pas présent parce qu'il est à l'étranger, mais Dominique de Villepin...
Est-ce qu'il vous soutient ? Je vous laisse lui demander, parce que moi je respecte toujours les individus, on a beaucoup parlé de ralliement, de soutien, etc. Oui, de ralliement, justement.
Ça n'a pas beaucoup de sens ces choses-là, parce que beaucoup des gens dont on a dit qu'ils étaient ralliés ne l'étaient pas, et beaucoup de gens, ce n'est pas le terme que j'aime, ils soutiennent. Ils soutiennent. Et donc, moi, Dominique de Villepin, c'est quelqu'un pour qui j'ai beaucoup d'estime, c'est quelqu'un avec qui je discute régulièrement, on s'est encore parlé, vous voyez, hier, et quelqu'un avec qui j'aime réfléchir, parce qu'il connaît le monde, et il a une philosophie d'action sur le plan, si vous voulez, diplomatique, qui est proche de celle que je porte.
Et ce que je viens de vous dire, d'ailleurs, je crois que là-dessus on converge beaucoup, comme sur d'autres sujets, il est attaché à cette tradition que je qualifierais de golo-mitterrandienne, dans laquelle d'ailleurs Jacques Chirac a aussi creusé son sillon, et qui a permis à la France d'être toujours dans cette stature d'indépendance. Il faudra construire aujourd'hui bien davantage avec l'Europe que Naguère, mais qui en même temps a toujours permis à la France d'être écoutée, crédible, de ne céder à aucun néo-conservatisme, mais en même temps de toujours défendre ses valeurs. Cette campagne électorale, ce temps, dans les derniers jours, c'est un grand classique dans les campagnes présidentielles, mais là, plus que jamais, il y a des rumeurs qui courent ici ou là, et il y en a une, il y en a une qui affirme que vous auriez obtenu un héritage de plusieurs millions d'euros accordé par Henri Hermand.
Vous avez entendu parler de ça ? Mais j'entends parler de tout, vous savez. Il y a donc un héritage caché, j'ai des comptes dans des paradis fiscaux, tout et tout.
Pourquoi ? Parce que vous avez dans cette campagne deux responsables politiques qui ont des ennuis judiciaires, des vrais, et qui sont livrés justement à leur propre turpitude. Et ils ont des soutiens, parfois même ce sont des journalistes, paraît-il.
C'est étonnant la vie. Qui, justement, font passer des bruits de ce type. Des journalistes ?
Laissez-les à leur propre turpitude. C'est faux, je vous le dis. Je n'ai, et dès mardi d'ailleurs, j'ai demandé à ce que le notaire de cette personne qui était un ami cher, et qui est décédé il y a quelques mois, puisse communiquer de manière officielle.
Vous savez, quand on a quelque chose...
C'est faux. C'est totalement faux. Emmanuel Macron.
C'est totalement faux. C'est totalement faux. Vous savez, l'argent que j'ai gagné dans ma vie, je l'ai gagné.
J'ai travaillé pour gagner. Toujours. Est-ce que vous l'avez bien géré ?
On parlera de ça tout à l'heure. Je l'ai très bien géré. Nous verrons.
Si vous voulez être mon conseiller en patrimoine, je vous prends des deux mains dans cette fonction. Non, non, non, non, ne me prenez pas, je suis nul. En tout cas, moi, je n'ai jamais eu de cadeau caché, je n'ai jamais eu de prébande.
L'argent que j'ai gagné, je l'ai gagné et j'ai toujours traqué dans ma vie les conflits d'intérêts. Quand j'étais dans le privé, en étant dans le public, c'est ma façon de faire. Je n'ai pas peur des gens qui réussissent.
J'aime, si vous voulez, les gens qui se battent. Moi, je sais d'où je viens et je sais où je veux aller. Et donc, je me suis toujours battu dans la vie.
Ce que j'ai réussi à obtenir, j'ai réussi à obtenir parce que je n'ai jamais compté mes efforts. Et c'est pour ça que vous m'avez toujours entendu aussi tenir le même discours. Je veux, dans notre pays, qu'il y ait des gens qui puissent réussir.
Je veux, dans notre pays, qu'il y ait des gens aussi qui puissent échouer et se relever. Qu'on puisse protéger les plus faibles. Mais ce qui est insupportable, c'est que dès qu'il y a quelqu'un qui sort son nez et que d'autres ont des vrais ennuis, sous le contrôle de la justice, eh bien, on essaie de le salir.
On le fait depuis des mois. Donc, vous pensez, s'il y avait vraiment des faits comme celui-ci, les juges qui se sont intéressés à plusieurs reprises, à mon cas, étant saisis par des associations, des particuliers ou autres, l'administration fiscale, la haute autorité de la transparence de la vie publique, toutes ces structures l'auraient déjà montré et je serai, comme d'autres, déjà devant la justice. Si ce n'est pas le cas, c'est que je suis probe.
Est-ce que vous nommerez une femme Premier ministre ? Ça n'est pas l'objectif et ce n'est pas le service qu'on peut rendre aux femmes. Pourquoi ?
Je l'ai dit, je nommerai, si je suis élu président de la République, la personne la plus compétente possible pour exercer ses fonctions, c'est-à-dire qui sait maîtriser des dossiers dans des secteurs multiples, qui a une expérience politique, parce que pour la fonction de Premier ministre, il faut quelqu'un qui a une expérience politique et en particulier parlementaire. Je vous donne une indication. Et je souhaite, si c'est possible...
Qu'est-ce que vous venez de dire ? Allez-y, répétez-nous. Et je dis que j'ai indiqué qu'une part non négligeable de mon gouvernement sera composée de femmes et d'hommes qui viennent de la société civile.
Voilà. Pourquoi ? Parce que je crois à cette légitimité...
Un Premier ministre qui vient de la société civile ? Et je pense que c'est difficile pour la fonction de Premier ministre. Pourquoi ?
Parce qu'il faut une expérience parlementaire et politique. Donc il faut plutôt quelqu'un qui a une expérience politique. Ensuite, si possible, et ce sera mon souhait, que ça puisse être une femme.
Mais vous savez, moi j'ai toujours promu, et je continuerai à le faire, et j'aurai un gouvernement paritaire, les femmes en fonction de leur mérite, et pas parce que ce sont des femmes. Bien. Pourquoi ne souhaitez-vous pas que François Hollande vous soutienne ?
Mais je n'ai jamais exprimé les choses ainsi. Ah bon ? Mais vous ne les exprimeriez ainsi ?
Ce serait...
Franchement, est-ce que si François Hollande vous soutient, c'est le baiser de la mort ? Les baisers de la mort, il y en a tellement qui ont essayé de me les donner depuis plusieurs semaines. Oui.
Dans la dernière semaine, rien ne vous arrête. Il faut avoir chevillé au corps, Jean-Jacques Bourdin, cette forme d'inquiétude responsable que j'évoquais. Parce que la plus importante, c'est votre première question.
C'est ça, ce qu'il faut que vous ayez dans la tête à chaque seconde. C'est d'aller convaincre des gens qui ne pensent pas comme vous, mais c'est d'être...
Oui, alors moi, je vous pose des questions. Je vous pose une question. Est-ce que vous souhaitez que François Hollande...
Non, parce que je pense qu'il va être jusqu'au dernier moment, jusqu'à la dernière minute, président de la République. Et donc, je l'ai dit...
Imaginez que vous soyez élu. Imaginons que vous soyez élu. Vous vous retrouvez à l'Élysée face à François Hollande.
C'est lui qui vous a embauché. En quelque sorte, on parle d'entretien d'embauche. C'est lui qui vous a embauché.
Je vous le confirme, dans d'autres fonctions. Qu'est-ce que vous lui direz ? Lors de la passation de pouvoir.
Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ? D'abord, vous savez, je ne vous le dirai pas. Vous avez réfléchi à ça ?
Est-ce que vous avez réfléchi à ça ? Non, j'ai réfléchi à convaincre. Et chaque étape se passe l'une après l'autre.
Je n'ai pas la disponibilité psychologique, mentale, pour réfléchir à cela. Ce que je vous dis, c'est que jusqu'à la dernière seconde, moi, je serai dans cette bataille, et jusqu'à la dernière seconde, le choix qui a été le sien en décembre dernier, c'est de présider. Parce que notre pays est en état d'urgence, parce que les défis sont tels, qu'il importe qu'avant tout, ils soient concentrés dans cette fonction.
Ensuite, pour ce qui relève de la suite, j'y réfléchirai en temps voulu, et ce qui relève des discussions personnelles reste dans le champ des discussions personnelles. Aujourd'hui, il y a beaucoup trop de femmes et d'hommes politiques qui oublient que ce qui est personnel doit le rester. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon est un candidat d'extrême-gauche ?
D'évidence. D'extrême-gauche. Pourquoi d'extrême-gauche ?
Il ne m'a pas semblé qu'il était du centre-gauche ou du centre-droit, ou alors je suis mal informé, vous allez peut-être m'éclairer. Il peut y avoir gauche aussi entre les deux. Écoutez, il est sur des propositions extraordinairement radicales sur le plan de la fiscalité, de la propriété, sur le plan des principes.
Il est proche de régimes qui revendiquent justement cette appartenance. Donc oui, il est d'extrême-gauche. Le discours qu'il tient d'ailleurs sur le plan international, sur le plan de l'Europe ou autre, est exactement le discours du Parti communiste français des années 50.
Celui qui consiste à promettre la paix. Mais c'est la paix de Moscou qu'il propose simplement. Moscou a un peu changé de visage, il n'est pas plus enviable.
Mais oui, il est d'extrême-gauche, d'évidence. Mais après, c'est un fait. Après, les gens décident en fonction de la personnalité.
Regardons votre programme. Quelques points qui méritent précision. 35 heures, négociation avec les syndicats dans les entreprises ou les branches.
On est bien d'accord. Si à corps, l'entreprise déroge aux règles du temps de travail. Oui, clairement.
Bon, si à corps, il y a une référence légale. Je le dis depuis le premier jour. Oui.
Aout 2014. N'en déplaise à qui que ce soit. J'ai toujours dit, ce qui a été une erreur, c'est d'imposer par la loi les 35 heures dans tout le pays.
Néanmoins, aujourd'hui, si je vous disais, on va mettre à 37, 39 ou 41 heures dans la loi, on ferait la même bêtise. Parce que les 35 heures, il y a des tas de secteurs où ça marche très bien. Donc les 35 heures restent la référence légale pour tout le monde dans la loi.
Et c'est le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Ensuite, on doit permettre à des entreprises, compte tenu de leur taille, compte tenu du secteur auquel elles appartiennent, de pouvoir changer les choses si elles ont un accord majoritaire ou s'il existe dans leur branche. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Qu'elles ont la possibilité de faire travailler, mais elles négocient aussi les conditions justement de paiement des heures supplémentaires. Moi, je crois à la possibilité dans notre pays de pouvoir travailler plus. Et c'est pour cela d'ailleurs qu'avec beaucoup de pragmatisme, j'ai repris également dans mon programme, en même temps qu'il y a cette possibilité de négocier l'organisation du travail, et pas que le temps de travail et tout le reste, j'ai repris l'exonération pour le patron et pour le salarié des heures supplémentaires.
C'est dans mon projet, c'est financé dans mon projet. Et donc demain, si vous êtes dans une petite entreprise du BTP, on sait très bien que les 35 heures, ça n'est pas adapté. Vous pourrez négocier une autre forme d'organisation en disant, voilà, je vais pouvoir te demander de travailler certaines semaines 40 heures, d'autres semaines 32 heures.
Eh bien, les heures supplémentaires, elles seront exonérées pour le patron, elles sont exonérées pour le salarié de charge. Emmanuel Macron, autre précision, en ce qui concerne le chômage, une mesure, droit au chômage en cas de démission. On est bien d'accord, tous les 5 ans ?
Tous les 5 ans. On est bien d'accord. Alors j'imagine, je travaille dans une entreprise, je suis cadre, je gagne très bien ma vie, au bout de 5 ans je démissionne, je touche le chômage, donc je prends une année sabbatique tranquille.
Non ? Non, d'abord je vais vous dire, parce qu'il y a un contrôle et je vais vous l'expliquer. Aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ?
Pourquoi je prends cette mesure ? Parce qu'on est dans une situation de très grande hypocrisie. Aujourd'hui, vous êtes dans la situation que vous évoquez, vous en avez assez au bout de 5 ans.
Vous allez voir votre patron, et vous lui dites, tu sais quoi, j'en ai assez, je vais de toute façon démissionner. Est-ce que tu ne veux pas qu'on fasse une rupture conventionnelle ? Dans bien des cas, le patron dit ok.
Et donc aujourd'hui, quand on regarde les motifs de rupture individuelle, le premier poste, c'est la rupture conventionnelle, 2008. Et là, vous avez droit au chômage. Donc il y a un contournement de la loi qui se fait depuis presque 10 ans, qui fait que de toute façon, dans ce cas-là, vous allez au chômage.
Si votre patron vous dit non, moi, je ne jouerai pas à ça, tu ne sors pas. Dans beaucoup de cas, vous allez à ce moment-là dire, tu veux qu'on joue à ça ? Je me mets en congé maladie.
Et on rentre dans cette guérilla qui fait qu'on finit au prud'homme. Donc moi, je préfère qu'on soit clair et qu'on dit tous les 5 ans, il y a cette possibilité de, si je puis dire, licencier son employeur si les choses se passent mal. C'est une très bonne chose parce que d'abord, ça oblige l'employeur à avoir un vrai dialogue dans l'entreprise, à s'occuper un peu de vous.
Et donc, c'est une bonne forme de régulation. Ensuite, pourquoi ça n'est pas ce que vous dites ? Si on va à cette extrémité, vous décidez de démissionner, vous allez au chômage.
Bon. Eh bien, dans le premier mois, comme pour toutes celles et ceux avec ma réforme qui tomberont au chômage. Dans le premier mois, vous avez un bilan de compétences qui est fait.
Et sur ce bilan de compétences, on regarde les offres d'emploi. Si vous êtes un cadre bien formé, vous avez des offres d'emploi. Il n'y a pas aujourd'hui de pénurie d'emploi pour les gens bien qualifiés.
Ça n'est pas vrai. Et donc, je vous proposerai des offres d'emploi. Vous n'avez pas le droit d'en refuser plus de deux.
Sinon, fini, vous perdez tout chômage. Tous les droits. Là où aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ?
Dans les milieux les plus qualifiés, on le sait bien, et ça pèse d'ailleurs sur notre système. Eh bien, soit par la rupture conventionnelle, soit par tel ou tel autre système. Eh bien, je me mets au chômage, ou je bénéficie de la rupture.
Et en effet, comme c'est un droit au chômage, comme j'ai cotisé, eh bien, je vais pouvoir faire le tour du monde. C'est quelques cas, c'est rare, mais ça existe. Donc, il y a des nouveaux droits, mais en même temps, des nouveaux devoirs.
Ce contrôle est derrière la formation. C'est vraiment, pour moi, c'est une des réformes les plus profondes. J'ai écouté tout à l'heure vos chroniqueurs qui disaient, il ne va pas assez loin, etc.
Ce qu'on est en train de dire, la réforme de l'assurance chômage qui est dans mon projet, c'est un élément central de la bataille contre le chômage. Pourquoi ? Un, parce qu'on n'en fait plus une assurance que vous payez vous comme salarié.
C'est l'impôt qui la paye. Plus d'assurance chômage payée sur votre salaire, je supprime, c'est la CSG qui paiera. Deux, c'est universel.
Si vous êtes artisan, commerçant, agriculteur, entrepreneur, aujourd'hui, vous n'avez pas droit au chômage. Vous y aurez droit. Trois, parce que maintenant, ça devient tripartite comme la maladie.
Droits et devoirs. L'État va vous contrôler. Et vous pourrez pu me dire, vous n'avez pas le droit de me contrôler, j'ai un droit au chômage.
Non. Contrôle. Dès le début.
Et quatre, un système de formation. Parce que la clé, c'est qu'on a presque 2 millions de chômeurs, jeunes chômeurs ou chômeurs de longue durée, qui n'ont pas les qualifications pour pouvoir reprendre un métier. Et donc, je fais un gros investissement dans la formation.
Je mets 15 milliards d'euros. Je change en profondeur le système de formation professionnelle qui est fait pour bien former les gens déjà bien formés. pour aller justement former les chômeurs.
Emmanuel Macron, nous allons parler de Mohamed Saou. Je voudrais quand même que nous ayons quelques précisions. Oui, très bien.
Tout à l'heure, après 9h, je vais vous parler de votre personnalité, les questions que m'ont posées des auditeurs pour vous, et je ne les oublie pas, et puis votre personnalité, juste après cette petite pause de 3-4 minutes. A tout de suite. Emmanuel Macron, vous avez 39 ans, vous êtes né Amiens.
Nous allons tout savoir, essayer de tout savoir sur votre personnalité. Mais auparavant, deux choses d'abord. Quelques précisions, Mohamed Saou, référent d'En Marche, dans le Val d'Oise, a été écarté de votre mouvement parce qu'il a écrit sur Internet des messages qui blessent.
Je ne suis pas Charlie, par exemple. Vous avez dit sur Beurre FM, je ne l'ai pas viré parce que c'est un type bien. Vous le pensez que c'est un type bien ?
Non, j'ai dit des choses qui sont beaucoup plus circonstanciées. J'arrive, j'incite d'ailleurs chacun, s'il s'intéresse à ce sujet, à aller écouter en détail ce que j'ai dit. Qu'est-ce qui a été fait pour Mohamed Saou ?
C'est quelqu'un qui a été un référent extrêmement mobilisé, qui est très mobilisé pour le mouvement. Est-ce qu'il a tenu des propos qui contreviennent aux lois de la République ? Non.
Il a tenu des propos avant les fonctions qu'il a prises comme référent en particulier, qui ne correspondent pas à mes positions, aux positions du mouvement, en particulier suite à Charlie Hebdo, etc. Puisque là-dessus, j'ai toujours été clair, moi j'ai été dans la rue avec des millions de Françaises et de Français, et qui ont choqué. Et donc dans ce cadre-là, il a été mis en retrait de ses fonctions, et il va passer, comme d'autres référents pour des tas d'autres raisons, comme tous les partis politiques, devant une commission d'éthique.
Maintenant, qu'est-ce que cela dit cette affaire ? Cela dit beaucoup de l'extraordinaire violence dans laquelle notre pays est aujourd'hui plongé. D'un côté, des gens, proches de l'extrême droite, très sensibles à certains sujets, disent « vous auriez dû l'écarter, tout de suite le sortir ».
Est-ce qu'il a tenu des propos qui contreviennent, encore une fois, aux lois de la République ? Non. Est-ce que, d'un geste souverain, j'aurais dû le priver de toute responsabilité, l'exclure ?
Non, il y a des procédures dans un mouvement politique, j'ai respecté ces procédures, j'ai demandé qu'elles soient respectées. Et de l'autre, beaucoup de gens, et c'est la question qui m'était posée sur BRFM, m'ont dit « très bien, il a une procédure parce qu'il s'appelle Mohamed Saoud, et vous cédez aux pressions du Front National ou de la droite dure ». Non, j'ai dit de la même façon, ce n'est pas parce qu'il s'appelle Mohamed Saoud qu'il est intouchable.
Et d'ailleurs, je regrette que son nom soit livré en peinture à des millions d'auditeurs qui ne connaissent pas forcément cette affaire, donc il faut aller regarder le dossier en détail. Mais moi, je ne cèderai ni à la facilité, ni au communautarisme. Je pense que notre République, elle a besoin, sur ces sujets, de calme et de précision.
Je tiens, puisque le sous-jacent de tous ces débats, c'est justement le rapport à la religion, c'est le rapport aux communautés. Moi, je suis contre le multiculturalisme et contre le communautarisme. Je suis pour la défense de la laïcité française dans ce qu'elle est et tout ce qu'elle est, c'est-à-dire la possibilité de croire et de ne pas croire, et de protéger chacune et chacun dans sa religion, parce qu'il respecte avant tout, quand il est dans l'espace public, les lois de la République.
Bien. Emmanuel Macron, de quoi vivez-vous ? Je vis aujourd'hui, depuis que j'ai démissionné du gouvernement et de la fonction publique, puisque je suis parmi les principaux candidats, le seul dans cette situation.
Tous et toutes vivent aujourd'hui des moluments qui leur sont versés pour faire autre chose qu'une campagne, la plupart du temps pour être députés, européens ou nationaux. Moi, j'ai démissionné du gouvernement. J'ai ensuite démissionné de la fonction publique, ce qui était normal en novembre.
J'ai remboursé les un peu plus de 50 000 euros que je devais à la fonction publique. Je vis aujourd'hui de mes droits d'auteur. J'ai écrit un livre qui s'appelle Révolution.
J'invite d'ailleurs chacune et chacun à l'acheter s'il veut mieux me connaître. C'est de ça dont je vis aujourd'hui. 250 000 euros de droits d'auteur à peu près.
Ça doit être à peu près ça. C'est à peu près ça. Vous avez touché beaucoup d'argent chez Roche.
Oui. Combien ? 2 800 000 euros, c'est cela ?
Oui. On peut y aller directement si vous voulez. Oui, allons-y directement.
J'ai payé combien d'impôts dessus ? Alors, je vais vous dire. Pourquoi je vais, un, ce matin, en parler avec vous ?
Non, c'est moi d'abord qui pose les questions, Emmanuel Macron. Vous pensiez bien que j'allais vous poser la question, mais...
Non, mais jusqu'à présent, j'ai excusé d'en parler. Oui. Pourquoi ?
Je vais vous expliquer parce qu'il faut faire de la pédagogie. Oui. J'ai été pendant 4 ans dans le secteur privé.
J'ai très bien gagné ma vie. Je l'assume totalement. J'en suis très fier parce que j'ai beaucoup travaillé.
J'ai ensuite décidé de revenir dans la sphère publique comme conseiller. J'ai démissionné ensuite comme ministre. Moi, j'ai toujours considéré que je devais répondre aux questions des journalistes sur cette période-là.
Oui. Mais que ce que j'avais gagné il y a 4 ou 5 ans dans le secteur privé, ça ne regardait personne. Je l'ai encore dit il y a quelques jours parce que j'ai dit ça, c'est mon affaire.
La transparence qui est due, ça n'est pas la divulgation de tout. Simplement, j'entends ce qui est dit. Je vous ai écouté toute la semaine dernière.
Vous n'arrivez pas à dire à vos auditeurs qu'ils disaient qu'il a gagné près de 3 millions d'euros. Vous leur disiez, je vais lui demander. Donc, il y a un doute qui est là.
Les gens disent, il y a eu de la magouille. Deux, je sais, et j'ai encore vu certains de vos confrères qui l'annonçaient hier, que certains de mes adversaires politiques ont décidé de propager des fausses nouvelles, des fausses informations. On parlait d'un héritage tout à l'heure, mais quelles autres fausses nouvelles ?
Ils veulent dire cette semaine, vous allez entendre dire, M. Macron, il a un compte caché dans un paradis fiscal, il a de l'argent caché à tel et tel endroit. C'est totalement faux.
Moi, j'ai toujours payé tous mes impôts en France et j'ai toujours eu tous mes comptes en France. Donc, j'ai gagné pendant 6 ans, entre 2009 et 2014, c'est le chiffre qui circule partout sur Internet. Donc, allons-y.
J'ai gagné un peu plus de 3 millions d'euros, tout cumulé. Là-dessus, j'ai payé, j'arrondis les sommes, 1,4 million d'impôts. J'en suis très heureux, je n'ai pas fait d'optimisation fiscale, je n'ai pas caché d'argent.
J'ai payé 1,4 million d'impôts. Et donc, il est resté 1,9 million d'euros sur ces 6 années. Là-dessus, j'ai remboursé des emprunts que j'avais, pour partie, 500 000 euros.
J'ai fait des travaux, en particulier dans la maison de ma femme, qui est sa maison de famille, qui est dans ce qu'on appelle les Hauts-de-France aujourd'hui, pour 300 000 euros. J'ai fait 100 000 euros de travaux à Paris. Et j'avais, à la fin de cette période, 270 000 euros d'épargne qui apparaissent dans les déclarations devant la Haute Autorité de Transparence pour la Vie Publique.
Ce qui fait que j'ai consommé, durant ces 6 années, environ 700 000 euros ensuite de vie courante. Je vivais mieux que je n'ai ensuite vécu comme ministre. Ce qui n'est pas très bien géré, alors, là.
Mais j'ai bien géré, j'ai quand même mis 270 000 euros d'épargne. Vous pouvez me conseiller de faire mieux, etc. Non, non, je vous dis, moi je suis...
Mais voilà, ce qu'il n'apparaît pas, ce que les gens n'ont pas vu dans cette période, parce que je trouvais que je n'avais pas à le dire, ça ne regardait personne, mais je vous le dis, c'est qu'en effet, j'ai fait des travaux sur cette résidence, qui est la maison de famille de ma femme. Au Touquet. Au Touquet, merci.
Ne donnez pas l'adresse, s'il vous plaît. Non, je ne l'ai pas, je ne la connais pas. Bon, et que, quand vous regardez ce que la Haute Autorité a mis en ligne, cette maison n'apparaît pas.
C'est aussi pour ça que vous pouvez me dire, vous avez un patrimoine qui est très faible. Pourquoi ? On va rentrer, qu'il faut tout dire.
Parce que c'est un bien propre de ma femme. Parce que c'est une maison dont elle a hérité. Donc moi, je l'ai déclaré à la Haute Autorité, mais la Haute Autorité, conformément à la loi, parce que c'est un bien propre de ma femme, elle ne l'a pas mis dans ce qui est mon patrimoine.
Or, quand vous êtes un responsable politique, ce n'est que votre patrimoine. Voilà. Donc, voilà ce que j'ai fait, de l'argent que j'ai gagné.
Voilà à quoi ça a servi. Il n'y a pas d'autre bien. Votre femme n'a pas d'autre bien.
Non. Ni ma femme, ni moi. Bon.
Emmanuel Macron. Et donc, tout ce que vous allez peut-être entendre cette semaine...
Mais ça vient d'où ? De chez François Fillon ? Disons clairement les choses.
Je vous laisse...
Il ne viendra pas vous l'annoncer. Mais on attend de voir déjà si certaines ou certains le sortiront. Moi, je vois...
Certains de vos confrères hier le mettaient. Des boules puantes sont annoncées, etc. Il y a des gens qui font de la politique autrement que je ne la fais.
Est-ce que ça veut dire que la présence de sens commun, par exemple, auprès de François Fillon, a durci sa campagne ? Attendez, moi, il ne faut pas tout confondre. Non, mais je vais vous poser la question.
C'est un autre sujet. Donc, je vais y venir. Ce que je dis simplement, c'est que depuis des semaines, vous avez des gens qui...
Que les journalistes d'investigation fassent leur recherche sur tel ou tel sujet. Moi, je me suis toujours livré à l'exercice de vérité. Et je pense que c'est un élément de santé de notre vie démocratique.
Qu'on fasse courir des fausses rumeurs ou des fausses informations par le biais des boucles de mail ou du numérique, ça m'est insupportable. C'est pour ça que je voulais faire cette opération de transparence avec vous. Voilà.
Ensuite, sur ce qui est de sens commun, ça n'a rien à voir avec ces sujets. François Fillon a souhaité s'exprimer ce week-end sur ce point. C'est un durcissement.
Et je pense que beaucoup de nos concitoyens qui nous écoutent et qui sont aujourd'hui de centre-droit ou de droite ne peuvent pas se retrouver dans ce projet politique. Parce que c'est un vrai conservatisme social et sociétal. Parce que sens commun, c'est l'émanation politique de ce qui a été la manifestation pour tous.
C'est-à-dire des femmes et des hommes qui pensent que leur principal combat dans notre société c'est d'aller réduire les droits de certains. Est-ce qu'on peut dire qu'on assiste au retour des ligues d'extrême droite ? Je pense qu'on assiste au retour et que François Fillon, dans sa campagne, a décidé...
C'est Alain Juppé qui a eu cette formule. Il a dit qu'il y a une radicalisation. Il a décidé de réveiller une part de la droite qui ne se sent plus totalement à l'aise dans la poursuite de l'intérêt général républicain.
Il a décidé de réveiller une part de la droite dont la foule parfois trahit le peuple pour reprendre la belle formule de Victor Hugo. Il a décidé de réveiller des femmes et des hommes qui décident que les médias leur mentent et font des complots quand ils disent du mal de leur leader que les juges ne sont pas dans notre pays impartiaux. Et donc il a décidé d'attaquer le cœur de la démocratie.
Et ça, c'est dangereux. Il attaque le cœur de la démocratie. Mais vous avez entendu comme moi les propos qu'il a pu tenir à plusieurs moments de cette campagne.
Et donc je pense que, en particulier pour cette dernière semaine, la responsabilité de toutes celles et ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions, c'est de préserver ce que nous avons de plus cher. Notre démocratie, notre état de droit. Regardons le monde tel qu'il est.
Il est attaqué de partout. Par des terroristes dans notre chair qui justement nous poussent à certaines extrémités. Mais il est attaqué aussi par des régimes autoritaires qui ne partagent pas nos valeurs.
Et ce que nous avons de bien commun, c'est la démocratie. Et c'est-à-dire aussi le rôle que dans cette démocratie ont les partis politiques, les juges, les médias, c'est-à-dire les autorités indépendantes, et les contre-pouvoirs. Et durant cette campagne, ils ont été mis à mal.
Emmanuel Macron, je ne vais pas revenir sur votre enfance. Une enfance dans de bonnes conditions, dans un milieu aisé. Vous êtes recalé au concours d'entrée au conservatoire, en première année, c'est vrai ?
Oui. Par un prof. Vous avez tenu à repasser avec cette même prof l'année suivante.
C'est vrai, ça ? Ce n'est pas faux. Ce n'est pas faux.
Ça veut dire que battu cette année, vous revenez en 2022 ? Ne tirez pas de conclusion hâtive de ces éléments. Non, non.
Non. Je mène les combats avec toute l'énergie. Non, mais c'est impossible de répondre à votre question.
Je ne vais pas vous mentir. Parce que je suis tout entier dans le temps, dans la vie de notre pays et dans cette bataille. Bien.
Vous mettez votre épouse, Brigitte, en avant. Non, je ne la mets pas en avant, mais je ne la cache pas. Vous ne la cachez pas.
Je ne la mets pas en avant. Je vais revenir sur son rôle. Si je la mettais en avant, ça voudrait dire que je construis quelque chose d'artificiel.
Elle est là dans ma vie, elle a toujours été. J'ai aimé ce qu'elle a dit sur vous. Emmanuel a besoin de tout le monde et de personne.
On ne rentre jamais dans son périmètre. Il les met à distance. Toutes celles et ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus sur lui.
C'est vrai, ça ? Vous gardez à distance beaucoup de monde ? Mais j'ai une intimité.
J'ai une vie intime, intellectuelle, sensible, philosophique. Et elle n'a pas besoin d'être divulguée. Et je pense que, d'ailleurs, que quand on divulgue tout, quand on dit tout de ce que l'on est intimement, ça veut dire qu'on n'a plus d'intimité.
C'est ce moment-là où on devient dangereux. Et donc on peut être sincère. On peut être honnête.
On peut, comme on vient de le faire sur certains sujets dont je considérais jusqu'à présent, qui relevait de l'intime, dire, parce qu'on considère que c'est indispensable. Mais pour autant, je pense qu'il ne faut pas dire tout le temps tout ce qu'on pense à tout le monde. Et elle a raison de dire cela.
Pour avoir de la densité, il faut aussi avoir ses propres secrets intimes et sa propre solidité intérieure. Séducteur ? Beaucoup vous accusent d'être séducteur.
Il essaie de séduire tout le monde, toutes celles et ceux qu'il croise. Je suis attaché à convaincre, plus qu'à séduire. Je suis plus dans la conviction que dans la séduction.
Et d'ailleurs, si je n'étais que dans la séduction, vous savez, je ne serais pas devant vous aujourd'hui. Parce que je ne serais pas sorti du bois. On sait votre attachement à la philosophie.
Certains doutent de votre rôle auprès de Paul Ricoeur. Vous avez vu ça ? Est-ce que vous avez été l'assistant de Paul Ricoeur ?
Oui. Mais d'ailleurs, ça a été très bien dit. Il y a eu une enquête qui a été faite par vos confrères Dupont, je crois, l'été dernier, qui l'ont très bien montré.
Ce que des esprits chagrins, vous savez, vous en croisez beaucoup d'esprits chagrins quand vous faites ce que je fais. Eh bien, on dit, il n'était pas l'assistant, parce que l'assistance a un sens très précis. C'est évident.
J'ai connu Paul Ricoeur, il avait plus de 80 ans, il n'était plus professeur d'université. Et donc, je n'ai pas été son assistant, au sens où on est un assistant universitaire. Mais j'ai eu l'insigne chance de l'accompagner pendant plusieurs années sur son livre, La mémoire, l'histoire, l'oubli.
Et j'ai été celui qui relisait, travaillait, l'aidait, faisait ce qu'on appelle l'appareil critique. J'étais une petite main, j'avais une fonction très humble, mais il m'a énormément appris. Voilà.
Et donc, ceux qui étaient dans son intimité l'ont évidemment confirmé. Je n'ai pas besoin de m'inventer des vies, vous savez. J'ai eu la chance d'en vivre.
Alors, votre vie, justement, vous avez choisi, est-il vrai que vous avez choisi de ne pas avoir d'enfant pour vous concentrer sur votre vie professionnelle ? Ah non, on ne peut pas résumer les choses ainsi. Bon.
D'abord, ça, ce sont des choix éminemment intimes. Oui. Mais j'ai choisi de ne pas...
Nous avons choisi, avec mon épouse, un choix qui n'était pas égoïste pour moi, mais qui était de dire que les trois enfants qu'elle avait, qui ont un père et une mère, je pourrais les aimer en plus de ceux-là, et que ça ne leur enlèverait rien, et que les sept petits-enfants qui sont les siens seraient aussi les miens. Et je n'ai pas...
Parce que le choix a dû se faire quand j'étais très jeune, compte tenu de la différence d'âge, je n'ai pas...
Nous n'avons pas fait le choix d'avoir, nous, des enfants. Et c'est un choix qu'on a totalement assumé, parce que je n'ai pas eu besoin que ce soit mes enfants et mes petits-enfants, sur le plan biologique, pour leur donner autant d'amour que je leur donne. Vous avez vécu auprès, loin, ou auprès, physiquement, mais peu importe, auprès d'une femme qui a beaucoup compté pour vous, qui est votre grand-mère, que vous appeliez Manette, d'ailleurs.
Votre grand-mère, je crois que lorsque vous avez révélé à vos proches que vous étiez amoureux d'une femme plus âgée que vous, elle vous a compris tout de suite. Alors que tout le monde ne vous a peut-être pas compris, à ce moment-là. Mais j'ai eu une chance inouïe.
Elle ne m'a pas compris tout de suite, pour être totalement honnête. Ah bon ? Mais c'est normal.
Oui. Mais...
La vie est faite de hasard. Et j'ai eu beaucoup de chance. J'ai eu la chance d'avoir une grand-mère et des parents qui ont été intelligents.
Et qui ont eu cette intelligence du cœur. ils n'ont pas forcément accepté. Mais ils ont fini par admettre.
Et je dois beaucoup, en effet, à ma grand-mère et à mes parents, qui, alors que cela peut choquer, alors que ce n'est pas forcément l'idée qu'on se fait de la vie de son enfant, eh bien, ont accepté ma vie. Et en même temps, j'ai eu la chance d'avoir une femme qui a pu, justement, les convaincre d'être là. Donc, rien de tout ça.
C'est une bataille, hein ? C'est un travail qui se fait. Et il faut du temps pour que les uns et les autres l'acceptent.
C'est pour ça que, moi, vous savez, les combats, je sais les mener. Est-il vrai que vous avez été meurtri lorsque vous avez annoncé à François Hollande que votre grand-mère venait de décéder et qu'il a été un peu léger dans cette situation ? De ces choses-là, on ne parle pas.
Donc, c'est vrai ou pas ? De ces choses-là, on ne parle pas. Est-il vrai que vous étiez nul en maths ?
Non, ce n'est pas si vrai. J'ai fait un bac...
On va s'amuser ? J'ai fait un bac un an. 7 x 8.
Non, non, non. Quoi ? Ne faites pas vos jeux.
Ce n'est pas un jeu. Vos jeux de devinettes. Que j'ai fait beaucoup.
Non, non, non, non. Parce que ce n'est pas ça, l'élection présidentielle. Non, j'ai fait un bac scientifique et j'ai eu la mention très bien.
Donc, je n'étais pas si nul en maths. Ce qui est vrai, c'est qu'ensuite, j'ai fait une prépa qui était une prépa littéraire et scientifique qu'on appelle la BL, qui est une formidable école, où là, j'ai été confronté à ce qu'est être très talentueux en mathématiques. Et donc, j'ai eu avec moi des co-religionnaires qui étaient déjà très doués.
Je n'ai jamais été...
Mais on peut oublier les tables de multiplication. Non, mais je ne les ai pas oubliées, je vous rassure, mais je trouve que ce n'est pas ça, l'élection présidentielle. Oui, on est mieux d'accord, mais enfin...
On va en savoir plus. Ce que je veux vous dire, c'est que là-dessus, il y a des gens très talentueux en mathématiques et je n'étais pas un génie des mathématiques. Cédric Villani, qui me soutient, est un génie des mathématiques.
On va l'appeler, alors, pour la réponse. Non, mais je connais mes tables. Rassurez-vous.
Vous les connaissez ? Mais je connais mes tables, mais je refuse cet exercice de quiz. Je l'ai refusé avec qui que ce soit, rassurez-vous, je peux vous les dire hors antenne.
Bon, d'accord. Imagine-t-on le général de Gaulle répondre à des tables de multiplication ? Ah oui, le général de Gaulle, on l'a mis à toutes les sauces.
Voilà, c'est pour ça. Je faisais une référence. Donc, je réponds à toutes les questions utiles, mais on ne fait pas de quiz.
Avant de terminer, j'ai trois questions quand même d'auditeurs. Je voudrais des réponses courtes. Oui.
Sur la taxe d'habitation. 20% paieront cette taxe d'habitation, si j'ai bien compris. Oui.
Qui ? Les ménages les plus aisés, c'est-à-dire quand vous êtes sur un couple avec deux enfants au-dessus de 5 000 euros de revenus de référence par mois. Donc, pour une très large majorité, 80% de nos concitoyens, ils ne la paieront plus.
Aujourd'hui, ce sont simplement les plus pauvres qui en sont exonérés. Bien. 80% ne paieront plus.
Très clair, parce que j'ai écouté votre auditeur tout à l'heure en venant en voiture vous rejoindre. Oui. Donc, j'anticipe le point d'après.
Je le finance comment ? Ça coûtera 10 milliards d'euros. Oui, 10 milliards.
C'est 10 milliards d'euros. D'autres candidats proposent de baisser l'impôt sur le revenu, de supprimer totalement l'impôt sur la fortune ou autre. Moi, je fais 60 milliards d'économies à la fin du quinquennat par an.
D'accord ? Non. 60 milliards sur les 5 ans ?
Non. Ah ! 60 milliards par an ?
Oui. Comment ça...
Parce que je comprends que pour nos auditeurs, c'est très compliqué à comprendre. Comment ça se passe, c'est que...
Je vais essayer d'être pédagogue. Ah, on va voir si vous êtes bons en maths, alors. Vous allez voir que je le suis utilement.
Vous avez, en fait, une dépense publique qui évolue de manière naturelle. Oui. C'est ce qu'on appelle la tendance.
Oui. Et quand vous faites des économies, qu'on parle des 60, des 100 milliards, c'est l'économie que vous faites par rapport à cette tendance. D'accord ?
Donc, ce n'est pas une économie en chiffre absolu. Oui. Je ferai, à la fin du quinquennat, il y aura 60 milliards d'euros en année 2022 par an de moins de dépenses publiques.
Oui. Ça veut dire qu'ensuite, pour toutes les années qui suivront, par rapport à la tendance qui aurait préexisté, il y aura 60 milliards d'euros de dépenses publiques en moins. Et chaque année, je vais le faire en 5 ans, grosso modo, vous ferez 12, puisque 12 fois 5, 60, vous ferez 12 milliards d'économies de plus par an.
OK ? Donc, sur ces 60 milliards d'euros d'économies, 40 milliards seront affectés à la baisse du déficit courant, 10 milliards à la baisse des impôts pour les entreprises, c'est pour ça que je baisse l'impôt sur les sociétés et les charges, 10 milliards pour les ménages, c'est la taxe d'habitation. Donc, ce sont les économies qu'on va progressivement faire sur l'État, la sphère sociale, les collectivités, qui permettront cela.
Et qui font que le budget des communes, en particulier, ne sera en rien affecté par cette baisse d'impôt. Alors, Emmanuel Macron, puisqu'on parle de pouvoir d'achat, Gisèle m'a appelé tout à l'heure. Gisèle, elle m'a fendu le cœur, je le dis sincèrement, 780 euros de retraite par mois.
Elle touche une allocation logement, c'est vrai, de 260 euros. Il lui reste pratiquement rien pour vivre. Elle m'a demandé simplement, j'aurais envie de voter pour Emmanuel Macron, mais qu'est-ce qu'il me propose pour ma petite retraite, lui ?
Est-ce qu'il va me l'augmenter, ma petite retraite ? Oui, alors, le minimum vieillesse, on va l'augmenter de 100 euros par mois. Pourquoi ?
Parce qu'il n'est pas normal qu'on ait aujourd'hui un minimum vieillesse qui soit sous le seuil de pauvreté. Donc, dans le projet...
Voilà le résultat de ces 30 années de gouvernement droite-gauche, non ? Cette situation-là, franchement, Emmanuel Macron...
C'est un peu facile si je vous disais oui. Mais je suis d'accord qu'on a aujourd'hui une situation pour des gens qui ont travaillé, et vous avez la même chose chez les petits retraités agricoles, chez les petits commerçants, chez les artisans, etc. C'est-à-dire des retraites qui sont parfois en dessous de certains revenus de substitution, et donc qui ne comprennent pas.
Moi, j'ai été pris à partie énormément de fois, et ce qu'on disait tout à l'heure, en allant sur le terrain, de gens qui, en effet, vous envoient ça au visage. Donc, là-dessus, je lui dis, un, on va revaloriser le minimum vieillesse, donc 200 euros par mois. Comme on le fera d'ailleurs sur les autres prestations qui sont en dessous de ce minimum, je pense à l'allocation adulte handicapé.
Donc, vous dites à Gisèle, elle touchera 200 euros de plus par mois ? 100 euros de plus par mois. 100 euros de plus par mois.
Je ne vais pas vous mentir. Ensuite, sur ce sujet, il y a aussi tous les remboursements et les petits soins. Qu'est-ce qui est terrible pour cette dame ?
C'est que, par exemple, pour s'équiper sur le plan auditif, pour les soins du quotidien, en particulier dentaire, optique ou auditif, eh bien, quand on est dans ces situations-là, généralement, on ne va pas se soigner parce que ça coûte trop cher. C'est pour ça que j'ai dit que, durant le quinquennat, et cet engagement, je le tiendrai fermement, et je m'en porte garant moi-même. Vous vous engagez, là ?
Je m'engage. J'ai dit qu'à la fin du quinquennat...
Nous n'oublierons pas. Emmanuel Macron, vous le savez. N'oubliez pas, s'il vous plaît.
N'oubliez pas. Parce que, ça veut dire que, dès le début, on mettra l'ensemble des professionnels de santé, des mutualistes et des assureurs, des prothésistes autour de la table, pour, justement, eh bien, considérer comment, à la fois, baisser les prix et améliorer les remboursements. Parce qu'aujourd'hui, les classes moyennes et populaires, ce sont les principales victimes de ce système.
Et donc, quand on est dans la situation de Gisèle, eh bien, on ne s'équipe pas, et donc, on entend mal, et on tombe plus vite, par exemple, dans la dépendance. C'est ça, la réalité du quotidien, de ce que vivent nos personnes âgées qui sont dans ces situations. Donc, voilà, ce sont des choses concrètes, des engagements concrets, et une transformation aussi du pays pour qu'on puisse enfin éradiquer tout ça.
Alors, j'ai une dernière chose. Une dernière question, ensuite, j'aurai...
J'ai deux questions. Réponse courte. Le handicap à l'école.
Oui. Très important. Alors, là, aussi, un auditeur qui m'a interpellé, je pose la question.
Qu'est-ce que vous faites pour les enfants qui ont besoin d'être accompagnés à l'école et qui souffrent d'un handicap ? Qu'est-ce que vous faites ? Je vais vous dire, je prends un engagement très clair et solennel ce matin parce que c'est une situation, moi, qui me tient énormément à cœur et pour laquelle je veux m'engager.
Il n'y aura pas une personne en situation de handicap qui sera laissée sans solution. Ce qui est aujourd'hui le cas de plusieurs dizaines de milliers d'entre eux, qui soient d'ailleurs en situation, qui soient enfants ou adultes. Là, vous me parlez des enfants.
Tous les enfants qui peuvent aller à l'école, je veux qu'ils puissent aller à l'école. Qu'est-ce que ça veut dire ? Dans le programme, et c'est financé dans notre territoire, des auxiliaires de vie scolaire.
Et donc, nous embaucherons les auxiliaires de vie scolaire, surtout, nous les pérenniserons. Parce qu'aujourd'hui, pourquoi on n'a pas d'AVS ? Parce que c'est des contrats très courts, parce qu'on les paye très mal.
Et donc, du coup, vous avez l'AVS qui vous lâche au bout de trois ou quatre mois et qui ne reste pas, en quelque sorte, auprès de l'enfant. Tous les enfants qui peuvent aller à l'école, il faut qu'ils aillent à l'école. Et il faut qu'ils puissent, du coup, être encadrés et avoir cet auxiliaire de vie scolaire.
Les autres, ils ont besoin d'instituts spécialisés. Mais c'est un échec. Et c'est une chance de moins pour l'enfant de réussir.
Alors qu'il pouvait aller à l'école, on l'oblige à aller dans un centre spécialisé ou à rester avec ses parents. Emmanuel Macron, je termine plus légèrement. René Char, c'est le poète que vous préférez.
Vous l'avez cité. Poète, résistant. Alors, vous aimez le romancier aussi.
Vous êtes romancier, vous ? Vous avez écrit, hein ? J'ai écrit, mais pour mes tiroirs.
C'est Babylone, non ? A 17 ans, c'est pas vrai ? C'est vrai.
J'ai écrit, mais pour mes tiroirs. Pour mes tiroirs, bon. Parce que je n'ai jamais été content de ce que j'écrivais.
Le seul livre que j'ai accepté de sortir, c'est Révolution, parce qu'il fallait que je donne un peu pour expliquer aux gens qui j'étais. Mais j'ai écrit plusieurs romans qui n'ont été lus la plupart du temps que par mon épouse et qui sont consignés dans mes tiroirs. Bon, les films préférés, la symphonie pastorale et puis les Tontons-Flingueurs de Lautner, ça, vous adorez, hein ?
Vous adorez, les cons, ça osse tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît. Je crois pas que ce soit dans les Tontons, celui-là.
Ah bon ? Si, peut-être. Si, si, bah oui, oui, oui, oui, oui, ça l'est, ça l'est.
Ça l'est, bon. Oui, il y a des répliques formidables dans les Tontons. A Tnavour, Alidé, Ferré.
Oui. On va terminer avec Alidé, si vous voulez bien. Allez.
Envie de quoi ? De faire. De changer les choses.
Que ma génération prenne ses responsabilités. Et qu'on donne à notre pays le destin qu'il mérite. Bien, merci Emmanuel Macron.
Vous êtes venu passer votre entretien d'embauche comme six autres candidats avant vous. Demain, je ne serai pas là. Vous savez pourquoi.
François Fillon a refusé ma double invitation. Mercredi, Marine Le Pen sera là. Jeudi, Jean-Luc Mélenchon.
Et vendredi, Benoît Hamon. Merci. 9h27.
Merci à vous. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Emmanuel Macron