Marylise Léon : "Emmanuel Macron ne parle pas vraiment aux Français : il parle aux politiques"
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Questions et réponses
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Est-ce que vous dites, comme le chef de l'État, que le compromis est la seule solution ?
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Vous avez l'impression qu'il y a un air de tambouille dans cette lettre d'Emmanuel Macron ?
- 2:52OuverteRéponse directe
Pourquoi ne pas donner les clés au Nouveau Front Populaire, qui est arrivé en tête ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Quelles mesures essentielles dans le programme du Nouveau Front Populaire ?
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Le SMIC à 1600 euros : qu'en pensez-vous ?
- 7:13OuverteRéponse directe
Quelles sont les 3-4 priorités d'un gouvernement de compromis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On a frôlé la catastrophe. Je pense que si le RN était arrivé au pouvoir, on aurait été dans une toute autre configuration. »
- 2:15InvitéFait
« Les attentes des travailleurs et des travailleuses autour du pouvoir d'achat, des conditions de travail, elles ne se sont pas dissoutes avec les élections législatives. »
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« Aujourd'hui, il y a 17% des travailleurs qui sont au SMIC et qui n'arrivent pas à vivre dignement. »
- 9:36InvitéFait
« Emmanuel Macron, le premier ? Tous ceux qui ont été aux manettes depuis 2017. »
- 10:16InvitéFait
« On a toujours voulu ouvrir et on a noué le dialogue sur les lieux de travail, partout où on est présent sur l'ensemble du territoire. »
- 15:27InvitéFait
« C'est le blocage du pays. »
Temps de parole
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France Inter, Simon Le Baron, le 6-9. Le pouvoir est au Parlement, entend-on depuis dimanche, et le résultat des élections législatives. Et si, dans cette période d'instabilité, le pouvoir était aussi au syndicat. La secrétaire générale de la CFDT, Marinise Léon, est l'invité du grand entretien de la matinale de France Inter. Bonjour.
Bonjour.
Vous connaissez le numéro du standard 0145 24 7000 et l'application de France Inter pour vos questions et vos réactions, chers auditeurs. L'ensemble de la classe politique, Marie-Lise Léon, parle depuis hier soir de cette lettre d'Emmanuel Macron, dans laquelle le président dit vouloir laisser du temps aux forces républicaines pour bâtir un compromis. Alors ça, le compromis, c'est un mot qui vous parle à la CFDT, c'est votre credo. Est-ce que vous dites, comme le chef de l'État, que c'est la seule solution ? C'est sûr que dans le cadre des résultats des élections législatives, il y a trois blocs qui se dégagent. Personne, aucun de ces blocs n'a de majorité absolue.
Donc si l'un des blocs veut gouverner, il faut pouvoir construire des alliances, ou en tout cas construire des compromis. Mais moi, ce qui me frappe dans la lettre d'Emmanuel Macron, c'est qu'il ne parle pas vraiment aux Français. Il parle aux politiques, il parle aux députés. Et moi, hier, j'ai fait un courrier à l'ensemble des députés pour leur dire, comme vous le disiez tout à l'heure, il faut compter aussi sur la société civile, il faut s'appuyer sur les forces syndicales, les forces associatives, les ONG, pour pouvoir réparer un peu notre démocratie. Parce qu'on est vite passé à autre chose. On a frôlé la catastrophe.
Je pense que si le RN était arrivé au pouvoir, on aurait été dans une toute autre configuration. Et rien ne peut plus être comme avant. Vous avez l'impression qu'il y a un air de tambouille dans cette lettre d'Emmanuel Macron ? Je suis un peu exaspérée d'entendre beaucoup parler d'alliances entre formations politiques, entre on veut bien travailler avec un tel, mais surtout pas avec un tel. Moi, ce qui m'intéresse, et ce qui intéresse les Français et les travailleurs que je représente, c'est qu'est-ce qu'on va leur proposer concrètement ? Comment on change leur vie ? Comment on répond à leurs attentes ?
Les attentes des travailleurs et des travailleuses autour du pouvoir d'achat, des conditions de travail, elles ne se sont pas dissoutes avec les élections législatives. Elles demeurent, et il y a une énorme responsabilité du côté politique de répondre à ces attentes. Les citoyens, ils ont pris leur responsabilité. Pacifiquement, ils ont posé un bulletin dans l'urne, ils ont voté massivement, ils ont rejeté l'extrême droite. Et donc, il y a aujourd'hui une très grande responsabilité du côté politique à être enfin à l'écoute et de vouloir faire un peu différemment. Vous dites qu'il faut du concret, il faut des mesures qui parlent au français.
Il y a un camp qui revendique la victoire, puisqu'il est arrivé en tête dimanche dernier, et qui a un programme clair et qui veut l'appliquer. C'est le nouveau front populaire, l'alliance de gauche. Pourquoi ne pas lui donner les clés ? Vous dites qu'ils ne sont pas en mesure de gouverner. Ce n'est pas moi qui décide. Non mais, clairement, c'est un bloc qui arrive en tête, mais qui n'a pas de majorité absolue. Donc, s'il veut gouverner et mettre en œuvre ce qu'il a prévu, il est obligé de composer avec d'autres. Moi, en tant que citoyenne, je pense que c'est légitime que ce bloc qui arrive en tête pose les conditions et qu'on parte de leur programme.
C'est quand même ce qu'ont demandé les citoyens. Je pense que c'est important aujourd'hui de respecter le vote. Et comme on a, je le dis souvent, l'exercice de la démocratie, ce n'est pas uniquement l'élection. C'est-à-dire que les personnes qui sont élues aujourd'hui, et notamment nombre de députés, et c'est le message que j'ai voulu leur passer hier, personne ne peut faire comme si la question de l'extrême droite n'était pas majeure au moment de l'élection, et un député qui a été élu ensemble ne peut pas aujourd'hui prétendre qu'il n'y a que des citoyens qui ont adhéré à son programme.
Il y a beaucoup de personnes qui ont voté Front Populaire au premier tour qui ont dû voter ensemble au deuxième tour. Il faut composer et donc il faut des compromis. Donc on parle de leur programme, parlons du fond. Justement, quelles mesures pour vous sont essentielles dans ce programme du nouveau Front Populaire ? Parlons de la plus emblématique, l'abrogation de la réforme des retraites. Il faut que le gouvernement de compromis que vous appelez de vos voeux se mette d'accord là-dessus, on abroge la réforme. Je pense que c'est... Moi, je ne fais pas un déplacement, je ne fais pas... Sans qu'on me parle de cette question de l'injustice sociale absolue d'avoir ce recul de l'âge.
Et donc, l'abrogation de ce report de l'âge me semble indispensable. C'est une véritable attente. Après, ça ne veut pas dire que ça résout tous les sujets, puisque la méthode qui nous semblerait la plus efficace, c'est de remettre les choses à l'endroit et de se dire qu'est-ce qu'on voudrait avec une réforme des retraites ? Comment on veut plus de justice sociale ? C'est ce que veut la CFDT. Il y a aujourd'hui de très fortes inégalités entre les hommes et les femmes, par exemple. Il y a beaucoup d'inégalités entre les personnes qui ont un parcours qui passe par le public et le privé, ce qu'on appelle les polypensionnés. Donc il y a beaucoup de...
Vous remettriez sur la table le système par points que Laurent Berger, votre prédécesseur, a appelé CG ? Alors ça, ça fait partie des... C'est une revendication de longue date de la CFDT d'avoir un régime universel qui permette, enfin, de la justice sociale en fonction des parcours professionnels. Et donc, il faut pouvoir le mettre sur la table. Et ça, ça n'est possible que si un gouvernement a une majorité absolue à l'Assemblée. Donc il faut composer. Vous défendez les travailleurs, vous êtes dans le dialogue social dans les entreprises.
On entend beaucoup de débats sur une autre mesure emblématique du nouveau Front populaire puisque vous dites que c'est leur programme qui doit servir de base à ce gouvernement. Le SMIC net à 1 600 euros. On entend des patrons qui disent en gros c'est la ruine de l'économie française et puis d'autres comme le patron du groupe Crédit Mutuel qui était ici même hier à ce micro qui disent qu'il y a beaucoup d'entreprises qui peuvent le faire. Qu'est-ce que vous dites-vous ? Moi, je pense qu'il faut... C'est le sujet numéro un de préoccupation des travailleurs. C'est la question du pouvoir d'achat. Aujourd'hui, il y a 17% des travailleurs qui sont au SMIC et qui n'arrivent pas à vivre dignement.
Il faut augmenter le SMIC. Est-ce qu'il faut le faire à 1 400, 1 500, 1 600 euros ? Aujourd'hui, il est à 1 400. Donc, dans quelle mesure il faut l'augmenter ? Je pense que ça se discute. Ma préoccupation, c'est que le SMIC, c'est un salaire d'entrée dans la vie active. C'est-à-dire que rester scotché au SMIC toute sa vie, ce n'est pas possible. Donc, la question de la dynamique des carrières professionnelles, elle doit être posée. Et ça, c'est aussi un sujet sur lequel, par la négociation, on peut avancer. On a encore, il y a moins d'un mois, réussi à négocier dans les services de santé au travail.
Des résultats concrets qu'on a obtenus, plus 9% pour les assistantes médicales, pour des conseillères en prévention dans les services de santé au travail. Voilà, ça, c'est ce que réussit à produire la négociation collective. Donc, il faut que les branches, elles jouent le jeu. Et je pense que le patronat, aujourd'hui, n'est pas suffisamment dans cette optique de pouvoir discuter, de négocier et de le faire par branche. On a parlé de la réforme des retraites, on a parlé à l'instant du salaire. Pour vous, à la CFDT, les 3, 4, 5 priorités d'un gouvernement, de coalition, de compromis, d'union nationale, on l'appelle comme on veut, quelles doivent être ces priorités ?
Priorité, numéro 1, pouvoir d'achat. La question numéro 2, c'est la question du travail, remettre les enjeux du travail. Transition écologique juste. Aujourd'hui, on ne parle plus beaucoup de climat, malheureusement, mais c'est un enjeu extrêmement important pour beaucoup de travailleurs qui sont confrontés, encore là, tout de suite, maintenant, comment je travaille quand il fait 40 degrés dans mon atelier. Ça, c'est des questions d'adaptation. Il y a aussi la question des reconversions massives qu'il va falloir accompagner pour faire face à cette transition écologique. Et puis, il y a la question des services publics. On a parlé de compromis, compromis, compromis.
Encore une fois, vous défendez cela à la CFDT depuis des années. Ça a toujours été votre credo, mais franchement, pourquoi ce qui ne marche pas, en particulier depuis 7 ans, marcherait aujourd'hui ? Parce qu'on a frôlé la catastrophe. On a failli avoir un gouvernement du Rassemblement National. C'est pour ça que j'ai envie de dire aux politiques, réveillez-vous ! Entre dimanche matin et lundi matin, on a tous eu un soupir de soulagement. Aujourd'hui, ça veut dire que pratiquer la démocratie, l'exercice de la démocratie en continu, ça nécessite de faire différemment.
Et ça veut dire qu'il faut accepter parfois de ne pas savoir, de ne pas savoir tout seul et d'avoir envie de faire avec d'autres. Ça, c'est le message que l'ensemble de la société civile... Moi, CFDT, mais je parle aussi au nom du Pacte du Pouvoir de Vivre qui regroupe une soixantaine d'organisations, il est temps de partager le pouvoir et de nous écouter. Parce que nous avons des particularités. Nous connaissons des sujets de lutte contre la pauvreté, sur le logement, sur la question sociale de façon fine. Et on a des propositions concrètes à faire.
Et vous regrettez à nouveau, justement, maintenant qu'on est dans cette situation d'incertitude et d'inquiétude quant au blocage du pays, d'avoir été, vous, corps intermédiaire, peut-être pas assez considéré depuis sept ans ? C'est plus qu'un regret. Depuis 2017, on a appelé à... C'est aussi pour cela qu'on en est là aujourd'hui ? Je pense qu'on en est aussi arrivé là aujourd'hui parce qu'il y a eu trop de politiques qui ont considéré qu'ils avaient raison tout seuls, effectivement. Emmanuel Macron, le premier ? Tous ceux qui ont été aux manettes depuis 2017. Vous appeliez à faire barrage à l'extrême droite. Vous avez dit votre soulagement ce matin à ce micro.
Comment faire aussi pour montrer aux 10 millions d'électeurs qui ont choisi le Rassemblement National et ses alliés qu'on ne les oublie pas, qu'on les écoute ? Ça, ça fait partie aussi de l'action de la CFDT qu'on a menée pendant la campagne. C'est-à-dire que moi, j'ai jamais méprisé les électeurs du Rassemblement National. On a toujours voulu ouvrir et on a noué le dialogue sur les lieux de travail, partout où on est présent sur l'ensemble du territoire. Donc, aller au débat et aller au débat d'idées à la confrontation, je pense que c'est extrêmement important de pouvoir continuer de le faire et on le fait encore aujourd'hui.
Et par ce débat, c'est donner à voir le vrai visage de cette formation politique qui base son projet sur l'inégalité de droit et donc, y compris sur les lieux de travail, vouloir diviser les travailleurs en expliquant qu'en fonction de sa nationalité, on peut ou pas participer aux élections professionnelles, on peut ou pas occuper un certain nombre d'emplois. Je pense que c'est important que ces questions, elles soient aussi abordées dans le cadre des entreprises et des administrations. Et très concrètement, c'est là-dessus que les syndicats doivent pouvoir avoir un rôle aujourd'hui, au-delà des entreprises.
Comment vous pouvez intervenir et finalement aider le pays à s'en sortir aujourd'hui ? C'est d'abord être écouté sur notre cœur de métier. Et nous avons une fine connaissance de ce qu'est le travail, quels sont les enjeux et quelles sont les attentes des travailleurs et des travailleuses ? C'est valable dans les entreprises comme dans les administrations. Aujourd'hui, moi, je pense que les deux mots que j'entends le plus quand je rencontre des salariés et des agents, c'est je veux être respectée dans mon travail, je veux vivre dignement de mon travail. Respect et dignité, je pense que c'est vraiment le cœur du réacteur, c'est le cœur des attentes et donc c'est pouvoir s'exprimer.
Et donc, il faut du dialogue, du compromis et il ne faut pas faire semblant, en fait, qu'on nous écoute. Il faut pouvoir véritablement contribuer aux propositions et aux solutions qui seront... Et parce que les défis sont immenses aujourd'hui et la fracture, la crise démocratique que l'on traverse, elle est loin d'être terminée. Marie-Élise Léon, secrétaire générale de la CFDT, une question pour vous au standard inter de Grégoire. Bonjour Grégoire, on vous écoute.
Oui, bonjour. Bonjour à tous. Je souhaite vous proposer ce qui avait été dit par M. Glucksmann il y a quelque temps et en écoutant également l'intervention de Laurent Berger il y a peu près un an sur France Inter où, après avoir été parti de la direction de la CFDT, il est intervenu et dans son discours, il était parfaitement équilibré. Il collait toutes les cases sur comment réunir et parler à tout le monde et actuellement, dans la situation politique qui est effectivement une situation de crise où tout le monde tire un petit peu la couverture à soi ou l'extrême droite, l'extrême gauche, droite-gauche, enfin tout ça, ils ne veulent que des politiques.
Vous voyez bien Laurent Berger à Matignon,
si je vous comprends bien Grégoire. Ça paraît une évidence, c'est-à-dire que c'est une personne qui, par essence, manie l'art du compromis puisque la CFDT ou les syndicats à l'intérieur des entreprises sont là pour lier à la fois le patronat, le social, l'humain et puis également la politique puisque c'est à un haut niveau. Il a du sens commun qui fera plaisir à tous, c'est-à-dire que dans les idées et dans les positions qu'il va défendre, forcément, comme l'extrême droite dit des discours populistes, l'extrême gauche tout autant, la gauche et la droite essayent de faire la même chose. Lui, il le fait réellement.
Il est à la fois au contact des gens, des êtres humains et son rôle, par essence, est depuis toujours de représenter le peuple. Merci beaucoup. Il colle parfaitement à la fonction.
Grégoire, on a bien compris que vous êtes séduit par le profil de Laurent Berger. Est-ce que vous verriez bien, vous aussi, Marie-Lise Léon, votre prédécesseur au poste de Premier ministre ? Écoutez, je ne vais pas répondre à sa place. La question, elle lui est adressée. Elle lui a été adressée, j'en ai parlé avec lui et il reste fidèle à ses engagements. C'est un très grand, ça a été un très grand syndicaliste. Il n'est pas d'usage que les responsables de la CFDT fassent de la politique. Et donc, il a dernièrement, et d'ailleurs, il s'est exprimé sur la question du bon promis. Et je pense qu'il va rester fidèle à la tradition des secrétaires généraux de la CFDT.
Il ne s'engagera pas en politique. Fermez le banc. Bon, on parlait tout à l'heure du patronat et du programme du Nouveau Front Populaire. Qu'est-ce que vous pensez de ce que dit le patron du MEDEF, Patrick Martin ? La mise en œuvre du programme du NFP serait fatale à l'économie française. Il dramatise volontairement ? Je pense qu'il dramatise.
Moi, ce qui m'interpelle, c'est qu'il se positionne uniquement sur les questions économiques et qu'à un moment, quand on est une organisation patronale, je pense qu'on a aussi une responsabilité d'acteur démocratique et d'avoir aussi une expression sur les attentes des travailleurs et des travailleuses, de pouvoir s'exprimer sur leur travail, de pouvoir avoir des négociations qui leur changent leur quotidien sur le pouvoir d'achat, sur les conditions de travail, sur les questions de santé au travail. Et donc, voilà. Il fait partie des personnes qui se sont positionnées très clairement à la fois sur le programme du RN et sur le programme du Nouveau Front Populaire.
Moi, ce qui concerne mon organisation, je ne renverrai jamais aucune autre formation dos à dos avec le RN. Vous vous dites le plus dangereux pour la France aujourd'hui, c'est le programme du NFP ou c'est le blocage du pays ? C'est le blocage du pays. C'est le blocage du pays. Enfin, on est clairement dans... Les attentes des travailleurs ne se sont pas dissoutes avec ces élections. Il y a énormément de défis à relever et il faut pouvoir y répondre très concrètement sur la question du partage de la valeur, sur la question des mutations et de la façon dont on fait face à la transformation des métiers avec l'intelligence artificielle, avec la transition écologique.
Aujourd'hui, on a une mutation phénoménale de la filière automobile. Il faut pouvoir apporter des réponses concrètes aux travailleurs. Nouvelle question pour vous, Marie-Lise Léon. Celle de Gilles. Bonjour.
Bonjour. Bon, voilà. Moi, je suis un adepte total du compromis. Je me félicite que la CFDT soit moteur. Et je me demande si, effectivement, la CFDT a l'intention de jouer un rôle fort dans l'incitation au compromis qui prévaut au Parlement européen mais qui a du mal à arriver à nos partis politiques français. Et par exemple, à propos de la situation actuelle, je ne suis pas particulièrement inquiet par le fait que les négociations pour composer le gouvernement prennent du temps. Enfin, si j'avais à rajouter un petit codicil, Laurent Berger aurait été un bon cas de figure mais il refuse. Mais moi, je pense toujours à Nicole Nota.
On va faire tous les scatheurs généraux. Autre grand syndicaliste. Non, mais c'est sûr qu'en tant qu'organisation... De la CFDT. Je me félicite. Sur le rôle des syndicats, c'était la question de Gilles. C'est exactement le... Gilles a raison de le souligner. La CFDT, elle est déterminée à prendre toute sa part dans cette recomposition politique. C'est-à-dire qu'on ne peut pas dire à la fois qu'on regrette qu'il y ait eu un exercice vertical du pouvoir et aujourd'hui, on va rester observateur de ce qui se passe dans la période. Et je pense qu'on a besoin de faire des compromis côté politique. Et nous, organisations syndicales, on a cette...
Moi, je ne suis pas là pour donner de leçons, mais on a cette expérience et moi, je suis le témoin que ça fonctionne. Réussir à faire en sorte que des intérêts divergents puissent converger et trouver des compromis, je pense que c'est aujourd'hui la seule solution pour pouvoir se sortir de la situation actuelle. puisque Gilles nous a ramenés sur le rôle des syndicats, le Rassemblement National a séduit une large partie des ouvriers, 57% selon l'étude de notre partenaire, une large partie des employés aussi, 44%. Comment vous expliquez que le vote RN soit si important dans le monde du travail ? Est-ce que ça vous interroge, vous, en tant que syndicat ?
Oui, ça m'interroge et je pense que le Rassemblement National a réussi à comment dire à porter et capter l'ensemble des attentes et probablement mieux que d'autres formations politiques et donc ça interroge aussi sur le fait que les organisations syndicales et le syndicalisme CFDT il est aussi en capacité de répondre à ses attentes concrètes dans le milieu de l'entreprise et ses parties prenantes donc ça fait partie effectivement des sujets qui nous interrogent. Par exemple, c'est très symbolique, Frédéric Weber, ex-syndicaliste FO et CFDT d'ArcelorMittal qui est élu député sous les couleurs du RN en Meurthe et Moselle. Ça doit vous interpeller, j'imagine ?
Oui, ça nous interpelle mais après, on est une organisation de masse, on a à peu près 635 000 adhérents et adhérentes, majoritairement d'ailleurs des adhérentes. On est une organisation aussi qui est à l'image de la société. Ça veut dire qu'on a un travail aussi à faire avec nos adhérents et nos adhérentes pour expliquer que non, le RN n'est pas un parti comme les autres. Leur projet est totalement antinomique avec ce que l'on porte en termes d'émancipation, en termes d'égalité, de solidarité et donc ça fait partie des chantiers qu'on a démarrés depuis un petit moment maintenant mais sur lesquels il faut qu'on continue de travailler.
Un dernier mot, Marie-Lise Léon sur les Jeux Olympiques et le climat social à l'approche de ces Jeux dans deux semaines. Est-ce qu'il pourrait y avoir des grèves dans certains secteurs ? Il pourrait y avoir des grèves dans certains secteurs où le dialogue social est en panne et là pour le coup la question, je pense notamment il y a eu des grèves dans la sécurité privée, à ADP prochainement, je crois que c'est le 17 juillet, il y a un mouvement.
le groupe qui gère les aéroports de Paris le 17 juillet, voilà, là on est sur je dirais des moments de tension où le dialogue social n'a pas pu se dérouler comme il aurait dû, des blocages notamment du côté des employeurs et donc lorsque la situation est bloquée, la grève est parfois le seul moyen de pouvoir débloquer des situations mais l'enjeu de la CFDT n'est pas de bloquer les Jeux Olympiques, je le rappelle, nous sommes attachés à ce que ce soit un événement qui se déroule bien donc charge aux employeurs de prendre leurs responsabilités.
Mais vous soutenez le mouvement par exemple dans les aéroports mercredi prochain pour notamment une gratification à l'occasion des JO pour les personnels des embauches et pour dénoncer la dégradation des conditions de travail ça fait partie des sujets qui sont sur la table depuis très longtemps pour ADP il n'y a pas eu d'évolution du dialogue il y a eu un blocage du côté de la direction et donc il est légitime que les syndicats qui sont à la manœuvre et aux négociations puissent activer ce levier lorsqu'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent. Marie-Lise Léon secrétaire générale de la CFDT merci à vous d'être passée nous voir sur France Inter ce matin.