En toute confidence avec Christopher Weissberg, redevenu député des Français de l’étranger
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Vous vous attendiez à ces allers-retours entre l'Assemblée nationale et la vie civile ?
- 2:05OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une situation facile à gérer avec son employeur et sa vie personnelle ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Avez-vous déjà défini des priorités concernant les Français de l'étranger ?
- 6:05OuverteRéponse directe
Est-ce que vous déconseilleriez aux Français de venir s'installer aux États-Unis ou au Canada actuellement ?
- 8:05OuverteRéponse directe
Comment allez-vous travailler avec Roland Lescure, redevenu ministre ?
- 10:05OuverteRéponse directe
Les enjeux des Français de l'étranger peuvent-ils être relégués au second plan dans le débat national ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:30Christopher WeisbergFait
« On a aujourd'hui plusieurs ministres au gouvernement qui sont des représentants des Français de l'étranger. »
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Bonjour et bienvenue dans toute confidence [musique] sur les français. Press. Mon invité aujourd'hui est Christopher Weisberg, député de la première [musique] circonscription des Français de l'étranger qui regroupe, je le rappelle, le Canada et les États-Unis, Christopher Weisberg.
Bonjour. Bonjour Jérémy. Alors, vous avez déjà [musique] siégé à l'Assemblée nationale entre 2022 et 2024 et depuis le 13 novembre, vous êtes revenu en tant que député.
Vous étiez le supplur de Roland l'escur qui lui a été nommé ministre dans le gouvernement de Sébastien Lecnu. Christopher, en tant que suppléant, vous vous attendiez à ces allers-retours entre l'Assemblée nationale et la vie civile ? Quand j'ai commencé mon mandat en 2022, j'avais l'impression d'être dans la 5e République.
Et la 5e République, quand quand on a une majorité, même si elle est relative, elle permet de faire tenir de faire tenir un gouvernement et donc de se donner un peu de temps. Et puis au fur et à mesure et après les dissolutions, on est vite rentré dans ce qui ressemble plutôt à la 4e République. Et donc écoutez, bah je je me suis retrouvé comme beaucoup de collègues dans ce qui ressemble à la description que mes grands-parents me donnaient de de leur époque où les gouvernements successifs ne tenaient pas très longtemps et où les parlementaires au gré des au gris des votes pouvaient passer d'un parti à l'autre et se défaire et se refaire.
C'est c'est ainsi et c'est sûr que c'est moins je pense c'est moins structurant. et c'est plus difficile de faire son travail de député dans ces conditions-là. Mais enfin, c'est ainsi et je ferai je ferai du mieux que je peux et je je le ferai avec beaucoup d'enthousiasme comme j'ai toujours fait.
Alors, vous parlez de votre job de député mais entre-temps puisque Ron Descu avait récupéré son mandat de députés, vous vous aviez trouvé un autre emploi. Est-ce que c'est une situation facile à gérer avec son employeur ses allers-retours et puis même pour votre vie personnelle ? Écoutez, moi j'ai jamais voulu euh comme me plaindre sur le sort des des élus et des parlementaires.
Pour certains élus, vous savez, j'ai été conseiller municipal. Quand on est conseiller municipal d'une petite commune, on a beaucoup de travail, on a très peu de moyens et euh on a une vie professionnelle à côté euh de son mandat et on le fait euh et on le choisit. Donc euh est-ce que c'est difficile ?
C'est pas c'est pas difficile, il faut pouvoir expliquer les choses et généralement toutes les personnes de bonnes de bonne foi comprennent que dans ces conditions là et bien on doit rester engagé sur sur les sur les différents fondements de sa vie. Et la vie la vie politique pour moi c'est surtout un engagement civique. Donc je je le fais en en parallèle aujourd'hui à mon activité professionnelle.
Et encore une fois le mandat de parlementaire permet quand même de faire les choses très correctement parce que on a une équipe de collaborateurs avec lesquels que j'ai pu recruter et et donc je ne me m'inquiète pas trop. Je pense au contraire que je vais réussir à à être au plus près de nos compatriotes et de mes administrés. Et ben justement être au plus près de vos compatriotes et de vos administrés.
La configuration politique a un peu changé hein par rapport à celle que vous connaissez la dernière fois. Vous l'avez évoqué passant d'une 5e République à une 4e. Mais est-ce que vous avez dans déjà défini des priorités concernant les les Français de l'étranger ?
Est-ce qu'il y a déjà des sujets sur lequels vous aviez vous avez tout de suite envie de de retravailler ? Oui, absolument. Bah évidemment tous les sujets des Français d'étranger, vous savez, j'ai été conseillé de d'un ministre des Frances à l'étranger avant d'être parlementaire.
Donc tous les sujets associatifs sur le l'enseignement français à l'étranger, euh sur la protection sociale sont des sujets qui m'ont qui m'ont toujours intéressé. Je vais continuer de les suivre. Après, j'ai une circonscription qui en l'espèce d'un an a beaucoup changé.
Il y a il y a un an et demi, on avait un président, une administration américaine qui était une administration amie de l'Europe et qui se projetait ainsi. Euh et pour la première fois, on voit euh des Français euh aux États-Unis euh qui sont euh un peu secoués euh parfois qui sont euh attaqués sur leur euh sur leurs conditions de vie euh sur leur visas. Euh et donc ça ça change quand même fondamentalement la donne.
Euh j'ai toujours gardé quand même un regard très proche sur ce qui se passait et je vois bien que pour ceux qui n'ont ni de nationalité américaine, qui ne sont pas binationaux ou qui n'ont pas la carte verte, les conditions de de vie de résidence sont devenues très difficiles. Alors ça évidemment je pense que ça m'oblige à un peu reconsidérer la manière de voir le mandat. Un des sujets, par exemple, ça devient le retour en France.
Jusqu'ici, c'était un sujet qui pouvait être important, mais ça nous concernait peu puisque par principe quelqu'un qui revenait en France, il repartait dans le dans le système administratif métropolitain. Là aujourd'hui, je pense qu'il faut qu'on ait un regard plus proactif sur ces changements de vie et sur des parcours qui vont être un peu plus complexes. Donc, je vais essayer de travailler là-dessus notamment sur la manière de de de faciliter la vie des Français qui doivent quitter le pays parce pour des raisons de visa.
Et puis il y a aussi sur le Canada qui est un peu le le la victime collatérale première de cette administration américaine. Là aussi, les choses ont beaucoup changé. Vous savez, il y a il y a un an, un an et demi, ça faisait 10, 15, 20 ans que les flux étaient plutôt dans le sens de français qui partait au Canada et qui allait aux États-Unis, mais qui beaucoup allait au Canada.
Et pour la première fois, on voit qu'il y a un véritable changement et ça c'est un sujet sur lequel je veux vraiment travailler, c'est comment aussi faciliter la question des visas pour les Français qui sont au Canada, qui sont installés et qui aujourd'hui sont très contrariés dans leur dans leur résidence canadienne. Donc c'est un sujet que j'ai évoqué avec l'ambassadeur du Canada à Paris euh il y a quelques jours et je vais continuer de le porter parce que je pense que ça va avoir beaucoup d'implications pour pour les Français les Français du Canada et parce qu'aujourd'hui que ce soit les Français du Canada donc vous venez de l'évoquer ou les Français des États-Unis en tout cas ceux qui souhaiteraient peut-être tenter l'aventure aux États-Unis ou au Canada est-ce que vous les déconseilleriez en fait de venir actuellement ou il il y a quand même encore des voies d'installation réaliste ? Mon rôle c'est pas de leur déconseiller.
Mon rôle c'est de les accompagner. Et euh et je considère toujours que c'est une expérience de vie absolument extraordinaire. Euh vous connaissez bien les Français de l'étranger, votre journal les traite avec assiduité.
Euh je pense que c'est toujours une expérience remarquable. Euh cela dit, il faut quand même se rendre compte que on n plus dans une mondialisation heureuse qui faisait que on pouvait être à la fois un binational, on pouvait être un français actif à l'étranger et et en même temps impliqué dans la vie locale aux États-Unis, au Canada, ça a beaucoup changé. Et donc moi, si vous voulez, je je veux je veux à la fois dire aux Français que il faut faire attention.
On est dans une époque où ce qui paraissait euh ce qui paraissait euh des biens acquis euh comme la démocratie, l'état de droit euh en fait sont en train d'être extrêmement bousculés. Les Français d'Amérique le voi au quotidien. Euh on a beaucoup beaucoup de messages de chercheurs, de scientifiques, euh de d'investisseurs qui nous disent que là aujourd'hui euh euh ils ne sont plus les bienvenus.
Et donc il faut il faut informer les gens, leur expliquer, leur rappeler leurs droits. Euh je suis évidemment toujours dans mon rôle hein et je suis un un un personnage un représentant français mais j'ai des liens assez forts avec les avocats en droit de l'immigration et je ferai en sorte de bien communiquer avec nos Français pour qu'il fassent attention. Par exemple, encore une fois, de façon très concrète, quand vous traversez la douane aujourd'hui aux États-Unis, les les services de douanes peuvent regarder vos réseaux sociaux.
Alors, je le dis souvent parce que encore une fois, ça n'est pas dogmatique ce que je dis là. Quand vous êtes américain, vous êtes relativement épargné, vous pouvez faire à peu près ce que vous voulez. Euh quand vous êtes euh résident permanent ou euh ou carrément vous avez un un visa investisseur, je je je dis au français, faites très attention, ne vous mettez pas dans une situation compliquée qui pourrait mettre en difficulté votre vie et la vie de votre famille aux États-Unis.
Donc ne postez pas de de de postes critiques de cette administration parce que malheureusement euh même si par conviction parfois on a envie de le faire, ça représente un vrai risque. Et ben c'est un message qui est aussi lancé à nos à nos auditeurs des États-Unis ou ceux qui auraient l'envie de venir s'y installer. Euh on parlait justement de votre retour à l'Assemblée nationale puisque Rolandur lui est redevenu ministre.
Est-ce que comment vous allez travailler ? C'est c'est un véritable binôme. Lui, ministre, a toujours une un œil attentif sur la circonscription et peut-être que lui aussi au sein du gouvernement peut faire avancer des dossiers concernant les Français de l'étranger.
Oui, bien sûr. Bah, vous c'est c'est la c'est une bonne nouvelle pour tous les Français de se dire qu'on a aujourd'hui plusieurs ministres au gouvernement qui sont des représentants des Français de l'étranger. Donc ça c'est c'est une excellente nouvelle.
Et puis par ailleurs que Rolandur maintenant est ministre titulaire euh à Bersi qui est un très très grand ministère qui est au cœur de au cœur de l'action publique aujourd'hui et en plein cœur du débat politique puisque évidemment il a aussi à sa charge le débat. Évidemment, il est tellement pris que même s'il s'y intéresse beaucoup, il me fait confiance et je suis quand même là pour traiter les dossiers. Mais on est, vous savez, lui comme moi très très proche, on a les des convictions très similaires et puis nos équipes travaille au quotidien sans aucune difficulté.
Donc c'est une force et on l'utilisera autant que possible. C'est une force d'autant plus qu'on peut peut-être se poser la question dans un contexte économique et budgétaire complexe, les enjeux des Français de l'étranger peuvent être relégués au second plan dans le débat national. C'est une crainte que vous avez en revenant à l'Assemblée.
Vous savez, malheureusement, elles peuvent être remises au premier plan pour de mauvaises raisons. Euh et je crois que le risque, c'est que les Français de l'étranger puissent être victimes parfois euh de positions un peu dogmatiques, très difficile. Évidemment, on est en plein moment du budget.
Il y a un débat qui revient chaque année depuis des années, c'est euh la question de la CSG CRDS, mais c'est aussi surtout euh quelque chose qui à mon avis a beaucoup plus d'impact, la question de l'impôt à la nationalité qui est une spécificité aujourd'hui qui n'existe qu'aux États-Unis. Je crois qu'il y a l'hériterait aussi qu'il y a le deuxième pays qui se disent mais dans les pays dans les pays du G20, c'est uniquement les États-Unis. Et je pense que c'est une erreur.
Moi, vous savez, je suis je suis franco-américain, donc je suis dans la situation où quand je vis en France euh je déclare mes impôts aux États-Unis. Alors, il y a des conventions fiscales entre les deux pays, hein, ce qui il faut pas il faut pas mentir aux gens et les inquiéter outre mesure. Il y a toujours on n'est pas doublement taxé.
Enfin, c'est beaucoup beaucoup de contrariété. Chaque année, il faut faire une déclaration à la et puis des coûts des coûts qui sont assez importants. Et je pense pas, si vous voulez que ce soit une très bonne idée de faire ça.
Et au contraire, c'est ce qui est inquiétant, ça ça consiste surtout à stigmatiser parce que quand on écoute une partie de la classe politique, on a l'impression que les raisons d'un d'un de l'expatriation, c'est l'exil fiscal. Or ça véritablement c'est totalement faux. C'est totalement faux et on est là pour le rappeler et donc on fera très attention avec mes collègues euh à bien à bien rappeler cela au au collègues parlementaire de l'hexagone et des outres ma Christopher Vexberg, qu est-ce qu'on peut vous souhaiter ?
Quelques mois devant vous de travail ? Ouais, bien sûr. En fait, je vais vous dire, moi je je j'ai toujours fait ce mandat au service des gens.
Donc on peut me souhaiter que la communauté française aux États-Unis, au Canada aille le mieux possible dans un contexte encore une fois qui est compliqué. C'est la seule chose qui compte. Moi, si euh si ça s'arrête demain ou après-demain, euh je je ferai ma vie et et tout se passera bien.
Mais par contre, je veux utiliser ce temps-là le mieux possible pour mes compatriotes et donc tout ce qui sera bon pour eux sera bon pour moi. Et ben merci beaucoup Christopher Weisberg et bon retour à l'Assemblée nationale. Merci beaucoup Jérémy.
En toute confidence, c'est fini pour aujourd'hui. N'oubliez pas de vous abonner à notre newsletter pour rester informé. Vous êtes déjà 610000 à l'avoir fait.
Merci [musique] pour cette confiance et on se retrouve très prochainement toujours sur lesfrançais. Yes. [musique]
Christopher Weissberg