Cédric Perrin : « Le conflit au Moyen-Orient s’étend de manière incontrôlée »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 8:00OuverteRéponse directe
Comment vous avez compris cette déclaration d'Emmanuel Macron sur un embrasement possible à nos frontières ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Mais est-ce qu'il y a un risque que ce conflit au Moyen-Orient provoque un embrasement plus large ?
- 13:00OuverteRéponse partielle
Vous avez compris ce choix des États-Unis et d'Israël d'aller frapper samedi ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Est-ce que le régime des Mollahs peut tomber ?
- 19:00OuverteRéponse directe
Est-ce que Donald Trump qui dit deux à cinq semaines, c'est l'objectif qu'il se fixe ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Est-ce que l'Iran a les moyens de riposter longtemps à Israël ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:00Cédric PerrinFait
« chacun a bien compris que le conflit au Moyen-Orient s'étendait de manière assez incontrôlée »
- 11:00Cédric PerrinChiffre
« les marchés pétroliers se sont emballés, que l'augmentation du baril est en cours. Il est à 80 dollars arrière et il va encore augmenter aujourd'hui parce qu'il y a des risques de pénurie »
- 20:00Cédric PerrinFait
« Trump a qualifié les armes iraniennes de plutôt sophistiquées »
- 23:00Cédric PerrinFait
« les expériences ont montré que si on intervient pas sur le territoire de manière physique, on a du mal à aboutir à ces résultats »
- 29:00Cédric PerrinFait
« on est en période de suspension des travaux parlementaires »
- 35:00Emmanuel MacronPromesse
« augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal »
- 36:00Emmanuel MacronFait
« Nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire »
- 38:00Emmanuel MacronFait
« la dissuasion nucléaire ne se partage pas »
- 42:00Cédric PerrinChiffre
« depuis 1964 nous consacrons des sommes très importantes à la dissuasion nucléaire »
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Merci beaucoup Cédric Perrin d'être là. Vous étiez en Bretagne hier aux côtés d'Emmanuel Macron qui a présenté l'évolution de la dissuasion nucléaire. On va évidemment y revenir également avec.
Et puis à la une de nos régions, à 12 jours des municipales, les dernières infos de la campagne Nantes qui pourrait basculer à droite. Le point sur la campagne à Brest également. Débat entre les candidats à suivre ce soir sur notre antenne à 17h.
Et puis dans 68 communes, vous ne serez pas appelés aux urnes le 15 mars prochain faute de candidats à la mairie. Les détails dans le journal de campagne, c'est dans moins d'une heure. Voilà pour le programme.
On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité.
Bonjour Johan Delra. Bonjour Doré. Elle a une de ce mardi 3 mars, le conflit au Moyen-Orient qui s'étend sur plusieurs fronts.
Oui, quatrième jour de conflit. Les Etats-Unis et Israël poursuivent leur offensive contre l'Iran. Ce matin, Washington affirme avoir détruit des postes de commandement des gardiens de la révolution qui, en retour, disent avoir attaqué une base aérienne américaine à Bahreïn.
Une attaque de drone a aussi touché l'ambassade des États-Unis en Arabie saoudite. Mais ça ne suffit pas à faire reculer Donald Trump. Écoutez. « Nos objectifs sont clairs.
Premièrement, nous détruisons les capacités balistiques de l'Iran, comme vous pouvez le constater heure après heure, ainsi que leur capacité à en produire de nouvelles. Et elles sont plutôt performantes. Deuxièmement, nous anéantissons leurs marines.
Nous avons déjà coulé dix navires qui gisent au fond de la mer. Et troisièmement, nous veillons à ce que le premier sponsor mondial du terrorisme ne puisse jamais se doter de l l'arme nucléaire. Il n'aura jamais l'arme nucléaire.
Et c'est dans ce contexte qu'Emmanuel Macron a présenté hier une évolution de notre dissuasion nucléaire. Oui, un discours très attendu sur la base opérationnelle de l'île Longue près de Brest. Elle héberge les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de la France.
Emmanuel Macron a annoncé la création d'un cinquième en 2036. Il veut aussi augmenter le nombre de têtes nucléaire. La France en possède aujourd'hui 300.
Écoutez. C'est C'est pourquoi j'ai ordonné d'augmenter le nombre de têtes nucléaires de notre arsenal. Pour couper court à toute Nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire, contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé.
Pour être libre donc, il faut être craint, et pour être craint, il faut être puissant. Cette augmentation de notre arsenal en témoigne. Emmanuel Macron a également inauguré ce qu'il appelle la dissuasion avancée.
Concrètement, la France envisage de déployer ses capacités nucléaires chez ses alliés européens. Huit pays sont intéressés pour le moment Parmi lesquels le Royaume-Uni et l'Allemagne Mais au bout du compte, le contrôle de l'arme nucléaire Resterait strictement français Et puis les condamnations sont tombées dans le procès en appel De l'assassinat de Samuel Paty Oui, la cour d'assises spéciale de Paris a condamné hier 4 hommes à des peines allant de 6 à 15 ans de prison ferme ils sont tous coupables d'avoir joué un rôle dans l'enclenage ayant entraîné l'assassinat du professeur par un djihadiste tchétchène en 2020 les peines les plus lourdes sont pour un parent d'élève et un militant islamiste. Ils écopent respectivement de 10 et 15 ans de réclusion pour avoir lancé la campagne de haine en ligne visant Samuel Paty.
L'avocat de sa sœur est satisfait du verdict. Le message qui doit être entendu aujourd'hui partout en France, c'est que de désigner du doigt un professeur, un journaliste, un professionnel quelconque parce qu'il a fait œuvre de pédagogie sur la République et sur ses valeurs doit être sévèrement condamné et c'est le cas ce soir. Merci beaucoup, merci Johan.
On va revenir dans quelques instants avec vous sur la dissuasion nucléaire française. Vous étiez hier en Bretagne, c'est Henrique Perrin. Merci beaucoup d'être avec nous.
Je me rappelle que vous êtes sénateur à l'air du territoire de Belfort. Vous présidez ici au Sénat la commission des affaires étrangères, de la défense, des forces armées. On va évidemment revenir longuement dans cette demi-heure sur le conflit au Moyen-Orient qui s'étend et ses conséquences et on va commencer par écouter les quelques mots d'Emmanuel Macron hier à ce sujet.
La guerre en cours, proche et Moyen-Orient qui porte et portera son eau d'instabilité et d'embrasement possible à nos frontières avec un Iran aux capacités nucléaires et balistiques non encore détruites. Comment vous avez compris cette déclaration embrasement possible à nos frontières, Cédric Perrin – Écoutez, je pense qu'aujourd'hui, chacun a bien compris que le conflit au Moyen-Orient s'étendait de manière assez incontrôlée, j'ai pu dire. Les iraniens ont décidé de faire feu de Touboua et d'impliquer leurs voisins et alliés des Américains dans le conflit, avec pour objectif, j'imagine bien sûr, de faire en sorte que les pays du Golfe fassent pression sur les Américains et sur les Israéliens pour cesser ce conflit mais avec le risque également de j'allais dire d'embarquer les pays du goeuf dans cette guerre où ils pourront ou il pourrait c'est ce que je pense attend donald trump être des alliés actifs des américains l'embrasement je pense que c'est ce à quoi fait référence Emmanuel Macron j'imagine en tout cas c'est ce qu'il y a dans la revue nationale stratégique et c'est ce que le chef d'état-major des armées a rappelé d'ailleurs devant l'ensemble des maires de France lors du congrès des maires en novembre dernier un risque qu'une hypothèse de confrontation à 3 ou 4 ans.
Et quand je vois aujourd'hui la situation du monde, la situation du Moyen-Orient, je pense à ceux qui ont fait preuve de pudeur et de vapeur au moment où le chef d'état-major s'est exprimé en disant qu'il avait dérapé. Je crois qu'il n'a absolument pas dérapé, il a juste dit qu'il y avait cette hypothèse, qu'elle existait et qu'il fallait la prendre en considération, et donc qu'il faut se réarmer moralement et capacitairement pour pouvoir, le cas égéant, répondre à une menace. – Mais est-ce qu'il y a un risque que ce conflit au Moyen-Orient provoque un embrasement plus large que la simple aux régions du Moyen-Orient ?
Déjà, je pense que les conséquences de ce conflit au Moyen-Orient pour l'instant ne sont pas tout à fait mesurées. Elles vont être économiques avec le blocage du détroit d'Hormoz d'un point de vue commercial, d'un point de vue énergétique. On voit bien déjà que les marchés pétroliers se sont emballés, que l'augmentation du baril est en cours.
Il est à 80 dollars arrière et il va encore augmenter aujourd'hui parce qu'il y a des risques de pénurie. Les structures des pays du Golfe sont à portée des missiles iraniens. Donc on ne sait pas comment tout ça va se jouer.
Et puis derrière tout ça, il y a évidemment un certain nombre de pays qui dépendent de ces échanges commerciaux et Je pense en particulier à la Chine, je pense en particulier au Japon, à la Corée, mais aussi aux pays européens. Donc tout ça va générer un certain nombre de problématiques. Les Américains, de leur côté, ont une certaine autonomie en matière énergétique puisqu'ils ont du gaz de schiste et donc ils seront sans doute moins touchés par tout cela.
Mais il y a un risque inflationniste, un risque économique et un bouleversement majeur. Je crois que de plus en plus, on vit dans un monde de chaos, d'instabilité et on On rajoute de l'instabilité à l'instabilité, le monde n'en manquait pas. – Vous avez compris ce choix des États-Unis, d'Israël, d'aller frapper samedi, d'aller atteindre Ramenei et une grande partie de son état-major Alors, ce que dit aujourd'hui Rubio pour essayer sans doute de faire passer la pilule aux États-Unis, c'est qu'ils ont été un peu poussés par Israël qui avait décidé de toute façon d'y aller.
Et donc le risque, c'était un risque de dommages collatéraux pour les Etats-Unis puisque si Israël était allé seul, le risque c'était qu'évidemment les Iraniens rétorquent, répondent et frappent les bases américaines et donc c'est pour ça qu'ils appellent ça une frappe préventive pour pour éviter d'avoir à subir des conséquences dommageables d'attaques massives des Iraniens sur les bases et sur les intérêts américains. Mais il fallait attaquer le régime iranien de cette façon, de manière militaire ? Écoutez, personne ne va pleurer le barbare qui était Karménaï qui a dirigé d'une main de fer, c'est même pas le terme, c'était abominable l'Iran pendant 47 ans je crois.
Et la question maintenant c'est comment on se sort de tout ça, comment les choses vont se mettre en place. Le vrai sujet c'est que tout a commencé le 7 octobre 2023 au moment de l'attaque du Hamas sur Israël, les Etats-Unis se sont retirés de cette partie du globe, se retirant de cette partie du globe parce qu'ils avaient une autonomie énergétique retrouvée, ils ont laissé cette partie du globe livrée à elle-même. Il n'y a plus, si je puis dire, de gendarmes pour régler les problématiques dans cette partie particulièrement mouvementée de notre planète.
Et donc, aujourd'hui, tout explose. Et les États-Unis essayent, je pense, en partie de reprendre la main pour contrôler les choses, mais ça ne fonctionne pas vraiment pour le – Mais à quoi peut aboutir cette opération ? Est-ce que le régime des Mola peut tomber ? – On peut aussi avoir une bonne surprise, on peut aussi regarder ce qui s'est passé en Libye, regarder ce qui s'est passé en Irak au bout d'un moment, le régime tombe.
La différence, c'est qu'en Iran, le régime est en place depuis pratiquement 50 ans, qu'il y a eu une forte, je veux dire, un fort endoctrinement d'une partie de la population et qu'il y a une partie des passe-d'arand, des gardiens de la révolution et qui sont extrêmement nombreux plusieurs centaines de milliers de personnes qui contrôlent d'une main de fer la population et compte tenu de ce qui s'est passé je pense en iran au mois de janvier on parle quasiment de 30 000 personnes qui ont été assassinées par le régime suite à des manifestations je pense qu'on réfléchit à deux fois avant de sortir dans la rue et de prendre une salve de Kalashnikov parce qu'aujourd'hui on voit bien que dès lors qu'il y a une manifestations les gardiens de la révolution sortent et tirent à tira vu sur les manifestants donc il ya évidemment une forte je pense mobilisation dans les esprits une forte envie on le voit bien aujourd'hui dans les médias quand on arrive à des interviews de gens sur place mais une énorme peur évidemment donald trump il n'exclut pas d'envoyer des troupes au sol c'est ce qu'il a dit hier est-ce que vous évoyez de la dissuasion stratégique ou est-ce qu'il ne peut pas à arriver à ses fins, son troupe au sol. – Écoutez, c'est le principe du no boat on the ground qui est développé par les Américains en disant qu'en gros on va bombarder, mais ça a été le cas aussi sur d'autres conflits, regardez au Venezuela, il n'y a pas eu de personnel sur le territoire vénézuélien enfin les expériences ont montré que sans intervention non parce que la défense n'est pas la même on peut comparer une chose qu'on soit d'accord ou pas avec la disparition de Kamenai et je suis le premier à m'en réjouir ou de Maduro, c'est le non-respect du droit international dans les deux cas. C'est-à-dire qu'en l'espace d'un mois, quasiment, les États-Unis ont mis fin à deux régimes de manière autoritaire et et sans respecter le droit international.
Alors après, on peut aussi considérer que les Iraniens étaient bien loin de respecter le droit international et le droit au cours, donc c'est discutable. Mais non, je pense que...
Enfin, c'est difficile de comparer l Le sujet, c'est qu'effectivement, ils ont mis fin à deux régimes. Enfin, en tout cas, ils ont par la force mis fin à la dictature de deux personnes en l'espace d'un mois. – Est-ce que Donald Trump qui dit deux à cinq semaines, c'est l'objectif qui se fixe ?
Est-ce que vous y voyez clair sur son but de guerre avec cet objectif ? – Je ne suis pas allé au bout sur l'histoire de « No Boats on the Ground », sur le fait qu'il n'y ait pas des soldats sur le territoire. Je voudrais dire que les expériences ont montré que si on intervient pas sur le territoire de manière physique, on a du mal à aboutir à ces résultats.
L'exemple le meilleur c'est l'Israël et le Liban. Ça me semble un sujet qui démontre que ça va être compliqué quand même. Est-ce que l'Iran elle est moyens de riposter longtemps à Israël ?
Je ne sais pas si vous avez entendu à l'instant, Trump a qualifié les armes iraniennes de plutôt sophistiquées. On voit bien aujourd'hui qu'ils ont des moyens importants, en tout cas en quantité. Le vrai sujet aujourd'hui, c'est de savoir si les défenses antiaériennes vont être supérieures en nombre aux missiles d'attaque iraniens.
Donc qui va pouvoir durer ? Et c'est un débat qui nous rappelle quand même celui qu'on a en France aujourd'hui, puisque je rappelle qu'on est à l'aube du vote d'une nouvelle loi de programmation militaire et que Le sujet que soulève ma commission depuis des mois et des années, c'est la question des stocks de munitions. On voit bien que dans cette situation précise, le stock de munitions, c'est ce qu'il y a de fondamental.
Justement, quel rôle ? Quelle place pour la France dans ce conflit au Moyen-Orient ? Emmanuel Macron qui a dit que la France n'avait été ni prévenue ni impliquée hier matin.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, a pris la parole. Disons que la France était prête à participer à la défense des pays du Golfe. On écoute aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des gardiens de la Révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie, Arabie Saoudite, Émirats arabes Unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie.
La France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête, conformément aux accords qu'il a lient à ses partenaires et au principe de légitime défense collective prévue par le droit international à participer à leur défense. Comment ils font comprendre cette phrase, Cédric Perrin ?
La France se tient prête à participer à leur défense. De quelle manière ? Je crois qu'on a un certain nombre d'accords stratégiques avec ces pays et qu'il est de bon temps tout de même de respecter notre parole et je crois qu'on essaie d avoir des partenariats avec ces pays et que la réponse que vient de faire le ministre, même si je pense, en tout cas de mon point de vue elle était assez tardive, c'est que la France va accompagner ces pays dans la défense de leur espace aérien et dans la défense de leurs espaces aériens et dans la défense de de leurs intérêts et de leurs concitoyens.
Nous avons un certain nombre de points d'appui dans les pays du Golfe et je pense que le respect des accords que nous avons mis en pneuuvre avec ces pays du Golfe est une nécessité. Et ça doit s'arrêter là ? Les frappes défensives ?
C'est ce que dit, c'est des frappes défensives, donc c'est-à-dire la capacité qu'on a à mettre hors d'état de nuire les capacités offensives des Iraniens pour pouvoir éviter qu'ils aillent frapper les pays du Golfe. Alors après, jusqu'où ça ira, je suis bien incapable de vous le dire. Est-ce qu'en tant que président de la commission des affaires étrangères et de la défense ici au Sénat, vous avez été informé, vous avez été tenu au courant de ce qui se passe ?
Rien. Est-ce que vous le demandez ? Est-ce que le Parlement doit être à minima informé ?
Je pense que, en tout cas, là on est en période de suspension des travaux parlementaires. La commission va retravailler dès demain. D'ailleurs, ce sera diffusé sur votre antenne à 15h30.
Une audition de Pierre Razou qui était vraiment un expert du secteur et qui va être une audition intéressante. Il faudra sans doute qu'à un moment ou à un autre, s'il y ait évidemment une information faite au Parlement. Ça me semble absolument évident.
On a parlé un temps peut-être d'un format Saint-Denis pour informer les chefs des partis politiques, et comme ça se fait habituellement, en général, c'est les présidents de partis, les deux présidents des deux assemblées, les deux présidents des deux commissions d'indéfense à l'Assemblée et au Sénat. À minima, cette forme doit être évidemment...
Mais il n'y a pas d'urgence à faire revenir le Parlement en période de suspension du Parlement parlementaire, ça peut attendre après l'église. – On n'a qu'un jour, on va déjà voir comment les choses vont se décanter sur place et puis de voir de quelle manière la France va s'impliquer dans ce conflit pour essayer de défendre ses intérêts et les intérêts de ses partenaires sur place. Et dans ce contexte, et c'est une coïncidence, puisque c'était prévu depuis longtemps, Emmanuel Macron était hier en Bretagne pour un discours très attendu sur la dissuasion nucléaire.
Vous y étiez, Cédric Perrin, avant d'ovenir au fond du discours, un mot sur la forme. Elle a beaucoup fait parler, elle a son importance. On regarde ces images.
Ces images, ce sont celles du Falcon d'Emmanuel Macron qui se rend donc en Bretagne et on le voit là au-dessus du Mont-Saint-Michel encadré de quatre rafales de forces aériennes stratégiques et de forces aéronavales nucléaires. Qu'est-ce que vous pensez de ces images ? Qu'est-ce qu'il a voulu montrer le chef de l'État en diffusant ça ? – Écoutez, je pense que le discours sur la dissuasion c'est aussi un discours de puissance.
C'est aussi un discours qui consiste à démontrer que la France est une puissance, qu'elle est une puissance nucléaire et qu'il faut que certains ne l'oublient pas. Que certes, la doctrine a évolué et ça il l'a très clairement dit pour ce qui concerne les quatre rafales autour du falcon je pense qu'il faut pas en faire non plus plus cas que cela dans la mesure où vous le savez un certain nombre de personnalités et de journalistes ont été acheminés vers l'île longue avec un MRTT, un avion ravitailleur qui a eu une démonstration de ravitaillement en vol pour montrer comment les choses se mettent en place avec ces quatre rafales et ils en ont profité j'imagine en tout cas pour accompagner ou escorter l'avion du président de la République. C'est une image de puissance et je pense qu'on a besoin aussi de montrer qu'on a une capacité.
Je pense qu'il ne faut pas en faire plus cas que cela. – Alors on en revient au fond du discours, c'est votre éclairage, Yohann-Emmanuel Macron qui a donc prononcé hier un Un discours sur l'évolution de la dissuasion nucléaire française. Qu'est-ce qu'il faut en retenir ?
Eh bien d'abord, le chef de l'État veut augmenter notre arsenal nucléaire. La France est quatrième au niveau mondial avec 300 têtes nucléaires. Loin, très loin des trois premiers, la Russie qui en possède 4 300, les Etats-Unis et la Chine.
Emmanuel Macron qui a ajouté que désormais l'Etat ne communiquerait plus sur les chiffres de son arsenal. Il a en revanche annoncé la création d'un nouveau sous-marin nucléaire lanceur d'engins, la La France en compte déjà 4. Le cinquième se nommera l'invincible et sera opérationnel en 2036.
Enfin, et surtout, Emmanuel Macron souhaite donner une nouvelle dimension à la doctrine nucléaire française. Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces, et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive de ce que j'appellerais une dissuasion avancée. Dissuasion avancée, qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
Eh bien ça veut dire que les alliés européens de la France auront la possibilité de participer aux exercices de dissuasion française. Emmanuel Macron a parlé de huit pays européens intéressés. Le Royaume-Uni qui possède aussi l'arme nucléaire, l'Allemagne bien sûr, mais aussi la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède ou encore le Danemark.
Mais le chef de l'Etat a tenu à rassurer ceux qui s'inquiètent d'un éventuel partage de la dissuasion française. Ni de sa mise en oeuvre. En vertu de notre constitution, elle appartient au seul président de la République comptable devant le peuple français.
La France garderait donc seule la main, Johan, sur la chaîne de commandement. Comment peut-elle utiliser son arsenal nucléaire ? Eh bien d'abord, les têtes nucléaires peuvent être placées dans des missiles tirés par des avions de chasse, les célèbres rafales.
C'est ce qu on appelle la composante aéroportée de la dissuasion. Elle existe depuis 1964. Les rafales concernées appartiennent aux forces aériennes stratégiques.
On les trouve dans les bases de Saint-Dizier, Istres et Avors. D'autres rafales sont aussi mobilisées au sein de la FANU, la force aéronavale nucléaire. Ils opèrent à partir du porte-avions le Charles de Gaulle.
Les rafales sont aussi armés de missiles air-sol de moyenne portée, 500 kilomètres environ. Et si besoin, ils peuvent être ravillés en plein vol par de gros avions transporteurs. Alors ça c'est pour la voie aérienne, la force nucléaire française elle se déploie aussi en mer.
Oui les têtes nucléaires peuvent autre ici être placées dans des missiles balistiques intercontinentaux. Ils sont tirés ensuite. par des SNLE pour sous-marins nucléaires lanceurs d'engins.
On appelle ça la composante océanique, elle a été instaurée en 1972. La France compte quatre sous-marins de ce type en attendant donc le cinquième en 2036. Ils sont tous basés à Lille-Longue, là où Emmanuel Macron a fait son discours hier.
Ils sont tous équipés aussi de 16 missiles longues portées, environ 10 000 kilomètres. Et il y en a toujours un en patrouille dans les mers du monde. En revanche, la France n'a plus de composantes terrestres, c'est-à-dire un domicile seul-seul, et ce depuis les années 90.
Dernière question, est-ce que la dissuasion nucléaire, ça coûte cher ? Oui, très cher. La France y a consacré 7 milliards d'euros en 2025, 12 % du budget de la défense, ça représente 0 ,2 % du PIB.
Emmanuel Macron qui n'a pas communiqué de chiffres hier mais avec ses annonces la facture s'annonce encore plus salée. Une question pour vous Cédric Perrin. Est-ce que la France a les capacités de production nécessaires et surtout dans un contexte budgétaire délicat, est-ce qu'on a les moyens de s'offrir ces nouvelles têtes nucléaires ?
Je pense que depuis très nombreuses années nous consacrons un budget important à la dissuasion nucléaire. Alors 7 milliards, je pense que c'est aussi le fait qu'il y a eu une modernisation qui a été mise en place et que la modernisation, évidemment, a un coût supplémentaire par rapport au fonctionnement, j'allais dire, régulier. Il est évident que cette question de la dissuasion est sacralisée dans la loi de programmation militaire et dans les budgets annuels.
Mais que tout cela, ça démontre essentiellement une chose, finalement, c'est qu'il faut qu'on ait des moyens et des budgets pour pouvoir améliorer nos capacités de défense, qu'on puisse en tout cas avoir les moyens des ambitions qu'on fixe à nos armées. Et donc il y a une loi de programmation militaire qui sera votée ici en première lecture au Sénat aux alentours du 15 mai et il faut donner les moyens à nos armées puisqu'on voit bien que ça a un coût. Et je rebondis sur les chiffres que vous venez d'annoncer et la démonstration que vous venez de faire pour redire que les Allemands qui nous ont un peu tensés en disant qu'on ne dépensait pas suffisamment d'argent pour notre défense oublient quand même un peu, que depuis 1964 nous consacrons des sommes très importantes à la dissuasion nucléaire et que si nous n'avons pas diminué notre capacité de défense à la hauteur de ce que d'autres pays ont pu le faire ça a aussi obérait à nos capacités d'investissement et ça a aussi obéré du non-respect des critères de Maastricht.
Donc je trouverais aussi le rappeler, ça a un coût, mais c'est le coût de notre liberté, c'est le coût de notre indépendance et c'est évidemment des choses qui sont absolument fondamental. Donc ça devra être sacralisé, c'est sacralisé dans le budget des armées, mais c'est un coût important effectivement. Jusqu'ici, on se contentait de 300 têtes nucléaires, on appliquait le principe de strict suffisance.
On estimait que c'était le strict minimum pour causer des dogas inacceptables à l adversaire. Pourquoi vouloir augmenter le nombre de têtes nucléaires ? Je pense qu'aujourd'hui, compte tenu de la conflictualité mondiale et de la nécessité d'être de plus, j'allais dure ambiguë possible sur la question du nucléaire, l'augmentation des têtes de manière strictement suffisante pour répondre aux différentes éventuelles problématiques qu'on pourrait rencontrer est une idée intéressante et le président de la république a redit d'ailleurs que le nombre de têtes qui seront en possession de la france ne seront pas le nombre ne sera pas ne sera pas divulgué donc on joue il joue en tout cas l'ambiguïté et la prévisibilité.
Il n'y a pas un risque de provocation aussi auprès de la Russie ? Est-ce que la Russie n'est pas dans une provocation perpétuelle ? Est-ce qu'à un moment donné il ne faut pas aussi qu'on soit en capacité de démontrer une force d'opposition suffisante pour être dissuasif justement ?
Johan, un dernier mot ? Oui, on a parlé aussi de cette forme de coopération avec le partage d'exercices avec 8 alliés européens. Comment on arrive à concilier une approche collective avec la matrice quand même strictement française de l'arme nucléaire ?
Le président de la République a très clairement exprimé, et il l'a fait à plusieurs reprises, l'idée que la dissuasion nucléaire ne se partage pas. Et donc la décision ultime, elle appartient au président de la République et rien qu'à lui. Et la définition des intérêts vitaux, qui sont donc les intérêts qui pourraient engendrer le déclenchement d'un ultimavertissement et ensuite d'une frappe nucléaire, n'appartiennent qu'au président de la République, ça c'est clair, c'est un milieu rouge qui n'est pas franchi et c'est très bien.
En revanche, il y a une extension évidemment au niveau européen de cette dissuasion, de manière à permettre ce qu'il appelle la dissuasion avancée, donc une dissuasion qui permet d'aller un peu plus dans la profondeur et de faire des exercices avec nos alliés. Et je rappelle, parce que ça a été dit dans la presse, ce ne sont pas des stationnements d'avions dans un certain nombre de pays, mais ce sont des exercices purement des exercices. L'idée c'est d'être beaucoup plus ambigu à nouveau et d'être beaucoup plus imprévisible quand vous avez des avions qui potentiellement peuvent se trouver en Norvège ou en Finlande, c'est évidemment pour de potentiels adversaires à l'est de l'Europe, beaucoup plus ambigu et beaucoup plus insaisissable que s'il devait partir de Paris ou de base française, de base d'invocation nucléaire.
Juste sur le fait que la dissuasion nucléaire ne se partage pas, est-ce qu'il vous a rassuré ? Parce que Bruno Retailleau, ces derniers jours, on l'avait entendu, le président des Républicains dire qu'il fallait affirmer que la dissuasion française ne se partage pas. Est-ce qu'il avait raison d'être un peu alarmiste et est-ce qu'après le discours d'Emmanuel Macron ?
Fin de l'épisode, tout le monde est rassuré ? Je pense que tout le monde est rassuré puisque le président a très clairement affirmé que la dissuasion ne se partageait pas. En revanche, il pourrait y avoir des exercices avec un certain nombre de nos alliés.
C'est ce qu'on appelle l'épaulement. C'est-à-dire l l'épaulement de la force conventionnelle à l'arme nucléaire, la capacité aussi de pouvoir la projeter de manière beaucoup plus imprévisible. C'est le terme le plus adéquat.
Je l'ai répété de nombreuses reprises. De la même manière qu'on le fait sur la force océanique, on le fera peut-être avec les Britanniques pour peut-être augmenter encore la capacité d'imprévisibilité en augmentant le nombre potentiellement de sous-marins sous l'eau. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites par le président de la République, mais qui démontrent qu'aujourd'hui il y a une forte volonté de travailler au niveau européen.
Il y a une forte appétence des Européens, puisque ça a été dit tout à l'heure, notamment les Allemands qui sont prêts à travailler sur ces sujets. Donc il n'y a pas de difficile. De toute façon, le partage de la dissuasion c'est quand même assez complexe.
On ne va pas faire un Conseil européen à un moment où on décide s'il faut frapper ou pas. C'est quelque chose qui doit se décider en quelques minutes et qui ne souffrirait pas d'une concertation avec d'autres puissances. On va terminer sur cette question de l'Iran.
La Commission des Affaires étrangères et de la Défense cette année au Sénat est en train de travailler sur un rapport sur la dissuasion pour populariser cette question. Expliquez aux Français aussi où va l'argent qui est consacré à cette dissuasion, de quelle manière ça fonctionne. Je pense qu'il y a vraiment beaucoup de travail à faire.
On a vu au début de la guerre en Ukraine combien… C'est une grammaire très précise, avec un sujet très sensible, et donc on a besoin aussi d'expliquer les choses, et donc on va le faire à la commission. Pardon, je vous laisse. Je vous en prie, comment les Iraniens présents en France vivent cette situation ?
On va aller à Lille. Bonjour Aurélien Vurly, merci beaucoup d'être avec Avec nous, vous êtes journaliste RCF Hauts-de-France. On va évoquer la communauté iranienne dans votre région.
Aurélien, comment vit-elle cette situation ? Les Iraniens exilés à Lille se réjouissent de la mort du guide suprême, Auréane. Dimanche soir ils se sont réunis pour célébrer la mort de ce tyran.
On voulait qu'on nous enlève les obstacles à mitraillette. On peut descendre dans la rue désormais pour reprendre le pouvoir. Ce sont les mots de Mourad, quelqu'un qu'on a interviewé sur RCFO de France hier matin.
Il avait du furiaire l'Iran dès sa prise de pouvoir par les Mollahs en 1979. Il était inquiété par le pouvoir iranien, considéré comme trop ses proches avaient reçu des menaces, alors il était parti en France et n'est jamais revenu chez lui. Hier matin sur RCF, il semblait se réjouir de la mort du guide suprême et des différentes têtes du régime.
Il appelait les Iraniens à prendre la télévision et la radio d'État avant de passer aux autres instances de gouvernance. Il appelle également à ne pas laisser un gouvernement préfabriqué à se mettre en place. Mourad s'inquiète de la possible négociation qu'il pourrait y avoir entre les régimes qui sortiraient des décombres et Donald Trump, république, démocratie, monarchie constitutionnelle.
Les débats sont vifs entre les personnes de la communauté iranienne ici à Lille. En tout cas, c'est certain qu'ils souhaitent mettre fin au régime des Mola et à ce qui pourrait en découler. Ils ont craint pendant longtemps la répression du régime de Téhéran pour leurs familles restées au péril.
Une question pour vous, monsieur le sénateur. La diaspora a eu peur des représailles pendant des années. Est-ce qu'aujourd'hui la France peut assurer leur sécurité lorsqu'elle prend la parole contre la répression.
Vous voulez dire en France ? En France, oui. J'espère que la France est en capacité d'assurer la protection de ses concitoyens et des ressortissants réfugiés en France.
C'est une d'évidence. Après, vous savez, le régime iranien depuis 1979 a exporté et soutenu dans le monde le terrorisme de manière assez claire. L'ayatollah sur les mains des quantités de sang absolument abominables et donc je pense que je comprends que la population se réjouisse.
La difficulté aujourd'hui c'est que le régime est tellement, j'allais dire torsionnaire, est tellement en capacité d'assassiner sa population sans aucune retenue. On peut comprendre que les gens soient inquiets et réfléchissent à deux fois avant de sortir dans la rue, mais je pense que beaucoup de gens aujourd'hui, l'immense majorité des Iraniens se réjouit de celle de la fin du guide suprême. Merci Aurélien, merci beaucoup on a perdu la connexion et je précise que ce matin Alice Ruffo, ministre des Légues armées dit nous connaissons le risque terroriste venu de l'Iran et de ses proxys et les Les mesures sont prises en France.
Merci beaucoup, merci Cédric Perrin d'avoir été avec nous, Johan.