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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 10 décembre 2019 33 minComplaisantActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Premier ministre face à la contestation, mission impossible ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer l'état de nervosité du pays face à la réforme des retraites ?

  • 6:00OuverteRéponse partielle

    Les murs de Matignon rendent-ils les premiers ministres sourds à la contestation ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi attendre pour présenter le projet de réforme des retraites ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer la défiance des Français envers la parole du gouvernement ?

  • 21:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la posture d'Édouard Philippe face à la contestation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Édouard PhilippeFait
    « la France est à fleur de peau elle est à fleur de peau »
  • 7:00Édouard PhilippeFait
    « il ya dans le pays on l'a vu l'année dernière avec la crise des gilets jaunes un état de d'énervement »
  • 8:00Édouard PhilippeFait
    « c'est ce qui est en train de se jouer aujourd'hui un agacement qui est peut-être aussi du parent ou qui naît de ce sentiment d'une partie des français de ne plus être entendu »
  • 13:00Édouard PhilippeFait
    « il faut être attentif et c'est ce que premier ministre a rappelé cette semaine attentif à la préoccupation de justice sociale »
  • 18:00Gilles BoyerFait
    « avant même que le gouvernement ait présenté son projet on présume qu'on présume que tout le monde va y perdre »
  • 24:00Gilles BoyerFait
    « le système des retraites français est pourtant loin d'être le plus urgent à réformer »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

et dans l'actualité des idées aujourd'hui premier ministre face à la contestation comment y répondre ou plutôt comment y répondre at-il edouard philippe actuellement va-t-il s'inspirer de l'expérience de ses prédécesseurs s'ils le souhaitent ils pourraient demander au choix à gilles boyer député européen et l'air est moteur chez jean claude lattès d'un roman qui parle et fait la part belle aux maîtres d'hôtel de matignon c'est le titre de ce roman à qui éventuellement edouard philippe pourrait aussi demander conseil un roman inspiré de personnages existants et d'anecdotes véridiques cet homme de l'ombre aurait servi 13 premier ministre qu'il appelle ses patchs à rentrer dans cet ordre républicain en 88 avec michel rocard connaissant tour à tour des premiers ministres de gauche comme de droite et même un premier ministre ni de gauche ni de droite l'actuel locataire de la rue de varenne edouard philippe leur romance déjà pour raconter les coulisses du pouvoir dans deux polars sorti en 2007 et 2011 l'heure de vérité puis dans l'ombre co écrit par gilles boyer avec edouard philippe qui vous nomme d'ailleurs j'ai le boyer conseiller à matignon après sa nomination en 2017 poste que vous occuperez jusqu'à l'élection européenne vous resté proche aujourd'hui de l'actuel premier ministre après l'avoir été d'alain juppé pendant plus de 15 ans vont changer le voyez mon jour à mes côtés donc stéphane robert est resté avec le chef du service politique de france culture bonjour stéphane bonjour un mouvement social de grande ampleur gilles boyer a débuté jeudi dernier contre la réforme des retraites une contestation qui se durcit qui agrège des colères très différente celle des personnels hospitaliers des profs des cheminots des paysans dans ce contexte edouard philippe a affirmé hier dans le journal du dimanche qui la mènerait à son terme cette réforme impassible il est dans son rôle ce qui me frappe maintenant que je passe beaucoup de temps dehors de paris en l'occurrence vous l'avez rappelé au parlement européen donc à bruxelles et à strasbourg ce qui me frappe quand je reviens ici une ville où j'habite et où j'ai habité depuis ma plus tendre enfance c'est l'état de nervosité du pays il est à d'agacement des français les français sont agacés tout le monde est énervé alors évidemment on peut être énervé parce qu'il pleut on peut être énervé par ce qui est des grèves et qu'on a du mal à se rendre à son travail mais bien au delà de ça il ya dans le pays on l'a vu l'année dernière avec la crise des gilets jaunes un état de d'énervement la france est à fleur de peau elle est à fleur de peau alors est ce que c'est une raison suffisante pour ne pas enclencher les réformes qu'on estime juste ce que c'est une raison suffisante pour ne pas mettre en oeuvre le projet sur lequel le président de la république a été élu il ya deux ans et demi je ne le crois pas ça nécessite en effet du doigté de la psychologie ça nécessite un travail de préparation comme celui qui a été fait sur la réforme qui nous occupe mais je crois pas que ce soit une raison suffisante pour renoncer parce que derrière les inquiétudes et les agacements immédiat il y à l'avenir de la france dans 20 30 40 50 ans et c'est ce qui est en train de se jouer aujourd'hui un agacement qui est peut-être aussi du parent ou qui naît de ce sentiment d'une partie des français de ne plus être entendu aujourd'hui et notamment par le premier ministre ça c'est une question récurrente qui se posent souvent est-ce que les murs de matignon de cet hôtel qui est le cadre donc de ce roman que vous venez de signer gilles boyer sont tellement épais qu'il rende tous les premiers ministres sourd à la contestation non je ne crois pas dans le dans le roman que j'ai écrit j'ai voulu raconter matignon qui est un endroit quand même très particulier dans l'histoire de la république de la vème république et à travers les yeux de quelqu'un qu'il y en ait qui en est le maître d'hôtel le premier maître d'hôtel depuis maintenant 30 ans et qui a comme vous l'avez rappelé côtoyé 13 premier ministre dans toutes leurs diversités humaines politiques et c'est vrai que le risque de on va dire de l'isolément pour tous les dirigeants existe il n'existe pas seulement politique d'ailleurs il existe aussi dans l'entreprise quel point est ce que le chef d'entreprise a une connaissance réelle de ce qui s'y passe on ne le sait jamais vraiment et tous ont cette préoccupation et c'est le cas aussi des hommes politiques il ya aussi beaucoup de français qui comptent sur le premier ministre qui compte sur le gouvernement pour mettre en oeuvre le projet sur lequel le président est élu il ya deux ans et demi mais cela il faut pas les oublier ils sont probablement plus silencieux ils ne manifestent pas mais ils sont là ils sont là et ils sont nombreux puisque le président de la république par définition pour devenir président a remporté l'élection présidentielle donc il faut pas les oublier pour autant il faut être attentif et c'est ce que premier ministre a rappelé cette semaine attentif à la préoccupation de justice sociale je crois que l'opinion est de plus en plus réceptive à ce qu'il perçoit comme des injustices et donc il faut répondre à ça et 7 c'est vrai que c'est au gouvernement d'expliquer cette réforme d'expliquer en quoi elle est juste et d'expliquer en quoi elle pérennise le système de retraite kiffer soi-disant l'envi du monde entier pour nos enfants et nos petits-enfants c'est le projet dites-vous g2 boyer sur lequel président de la république a été élu il ya deux ans alors ça c'est discuté par un certain nombre de personnes aujourd'hui déjà parce que le projet tel qu'il est présenté où il sera présenté dans le détail mercredi n'existait pas encore d'or dans cette forme là il y a deux ans mais au-delà de ça aujourd'hui c'est le premier ministre quand l'on voit et que l'on entend surtout porté ce projet qui lui n'a pas été élu par principe il ya deux ans sur ce projet là ça veut dire qu'il le fait totalement sien ce projet il se l'est complètement approprié et oui ce qu'il a encore une marge de manoeuvre marge d'autonomie dans la définition de ce projet de réforme des retraites je crois que ce qui a toujours été dit enfin edouard philippe depuis qu'il est nommé depuis deux ans et demi c'est pourquoi il est pour mettre en oeuvre le projet du président de la république alors le ce projet tel qu'il était rédigé il ya deux ans et demi ne rentrait pas dans tous les niveaux de détails que nous sommes aujourd'hui appelés à avoir détaillé la semaine prochaine c'est une évidence mais néanmoins sur la philosophie la philosophie du régime unique du régime par points ça a été tout à fait un élément du débat de la campagne présidentielle edouard philippe au moment d'accepter la fonction de premier ministre il a d'une certaine manière signé pour mettre en oeuvre le projet du président c'est pour ça qu'il est là et c'est d'ailleurs en grande partie ce qui a été fait depuis deux ans et demi la réforme du statut de la sncf les ordonnances travail bien d'autres réformes et donc moi je me sens très à l'aise et très en harmonie avec ça et il n'y a pas de raison de transiger quand on est premier ministre quand on est premier ministre je le rappelle aussi dans le dans le livre vous avez rappelé cette distinction fondamentale en politique entre être nommé et être élu un président est élu le premier ministre est nommé et il y a par définition depuis 60 ans il ya une seule ligne c'est la ligne du président élu et si le premier ministre un problème avec cette ligne il faut qu'il fasse autre chose c'est danser dans la fiche de poste d'une certaine manière il n'y a pas de raison de transiger avec qui avec quoi non non je voulais dire de transiger pas très étonnant il ya pas de raison de transiger de sa part à lui besoin de m'interroger sur edouard philippe y'a pas de raison transiger sur ce principe de la réforme qui peut-être qu'il faut le mieux l'expliquer probablement raison de négocier sur le ventre mais il ya aussi on a un problème plus plus globale si je peux me permettre c'est que les français ont désormais un préjugé le contre la parole du gouvernement c'est à dire qu'avant même que le gouvernement est ouvert la bouche on préjuge d'une certaine manière que il va y avoir des mensonges et des fausses promesses que les engagements ne seront pas tenues et que plus gouvernement dit que vous n'y perdrez pas et plus les français en tant que vous ayez y perdre donc on a un problème de confiance dans la parole publique qui ne date pas d'hier ni d'il ya deux ans lydia cinq ou dix ans métis est qui est une accumulation de déceptions depuis 30 ou 40 ans dont le gouvernement actuel paye aujourd'hui le prix et c'est une forme de maladie de notre démocratie c'est que d'une certaine manière avant même que le gouvernement ait présenté son projet on présume qu'on présume que tout le monde va y perdre l'attend pour l'instant ce projet on pourrait effectivement s'exprimer sur le calendrier à puisque edouard philippe parlera mercredi pour exposer l'architecturé générale de sa réforme deux nouvelles journées annoncées pour encadrer cette intervention ce mardi veille de ces annonces et je dis peut-être au lendemain si on se demande un peu pourquoi attendre si l'otan ou comment se prépare à 1 comment lui se prépare un bras de fer qui s'allument ans quand même assez longue question de stéphane rebelles vous vous disiez tout à l'heure j'ai loyer que la france est à fleur de peau vous a été presque deux ans conseiller spécial du premier ministre à lyon comment déjà comment est-ce que vous l'expliquer et comme os comprends ça en compte quand on est à matignon et qu'on doit conseiller royal durant la période où j'étais à matignon il ya eu les fameux samedi des gilets jaunes qui se sont succédé avec une espèce de paroxysme il ya maintenant un an autour de l'arc de triomphe et autour de toutes les violences qui ont dégénéré à partir de ces manifestations et c'était un mouvement inédit ça je rien d'original dans ce que je dis mais inédit dans le sens où c'était un mouvement dont personne n'a pu expliquer l'origine ou la survenance qui s'est cristallisée à partir probablement des prix des carburants c'était quand même ça au début l'origine et c'était un mouvement qui était sans tête c'est à dire que pour un gouvernement c'était impossible de l'appréhender puisque dès lors qu'on cherchait un interlocuteur avec qui discuter qui peut être négociée en tout cas ouvrir des discussions c'était impossible et je dirais même que celui qui étaient tentés de venir parler avec nous a été stigmatisé par ses camarades et même menacé physiquement donc il y avait une forme de une forme de c'était la france quand je parle de france énervé c'était ça la france énervé alors évidemment je ne mésestime pas les difficultés que rencontrent nombre de compatriotes dans leur vie quotidienne c'est vrai que la place qu'a pris la voiture le carburant dans la vie quotidienne de certains et la place qu'a pris la voiture dans le budget mensuel de certains de nos compatriotes est devenu très important mais on en est venu à partir de ça à remettre en cause les fondements de la démocratie représentative a dénié aux élus le droit de représenter les français ce qui est quand même le fondement de notre système et là on rentre dans une dans un territoire qui était assez périlleux est assez dangereux donc aujourd'hui on est dans une contestation sociale on va dire de type plus traditionnelle bond avec des interlocuteurs identifié et qui eux acceptent et demande même le dialogue donc on peut avoir c'est pas la première réforme des retraites qui suscite la contestation c'est un sujet extrêmement passionnel les retraites parce que c'est un sujet à l'occasion desquels s'exprime toutes les passions toutes les peurs toutes les inquiétudes on se demande de quoi demain sera fait moi depuis que je suis en âge de de lire le journal me dis que j'aurais pas de retrait ne voyez donc pourtant jeu pourtant j'approche maintenant de la retraite je suis plus proche qui a 20 ans qui a 30 ans et je sais que j'en aurais eu ne sera peut-être pas au niveau de celle de mes parents mais enfin elle va exister donc c'est donc moi aussi j'ai peur d'une certaine manière j'ai peur je me dis pas de quoi demain sera fait et surtout pour mes filles bon donc je comprends cette peur mais est ce que c'est une raison suffisante pour ne rien changer je ne crois pas non mais il faudra peut-être aussi entendre les espoirs qu'ils sont portés par parcelle contestation ceux d'un modèle social français qui a serait préservé ce d'une solidarité nationale qui resterait au coeur de cette réforme des retraites de jouer vous ramener si vous voulez bien gilles boyer à côté de ce premier ministre dont vous avez été conseiller jusqu'à votre départ pour strasbourg comme député européen vous on le voit dans les pages du point qui l'a suivi durant une semaine expliquer comment il compte faire passer sa réforme des retraites edouard philippe confidence par gros temps nous dit le point on le voit plutôt stoïque détendu à l'aise consultant rencontrant bien dans ses baskets comme il faudrait dire aujourd'hui puisque apparemment l'expression de alain juppé en 95 le droit dans ses bottes n'est plus d'usagers à matignon le clos de votre majordome ce maître d'hôtel de matignon qui vous donner la parole sous pseudo dans ce roman gilles boyer raconte la difficulté du job de premier ministre c'est un job physique terriblement physique les journées sont tellement longues de tôt le matin à tard le soir les mauvaises nouvelles et les arbitrages impossible s'enchaînent un peu plus loin il raconte fatigué le premier mise donc irritable donc moins bon chaque décision est difficile même la plus simple et puis il y a la peur de partir cette épée de damoclès la peur de l'erreur fatale la figure du président au-dessus qui n'a qu'à baisser le pouce un jour de mauvaise humeur car ses ennemis aussi sont courtes pour faire basculer un destin tel un empereur romain dans les arènes surchauffées la peur de partir qui prive de sommeil bientôt remplacée par une peur pire encore celle de rester encore et toujours pour tenter de remplir le tonneau qui fuit partant de trous ce mauvais rêve ne jamais être libéré être condamné à perpétuité à ce job impossible que tous en tant désiré est-ce qu'il a peur aujourd'hui doit philippe dont il avait il a tout sauf peur c'est un c'est un métier que j'ai voulu un peu d'écrits remercie de l'avoir rappelé parce que c'est un métier qui est quasiment sans égal dans le monde c'est à dire d'avoir un premier ministre qui est le chef du gouvernement qui est à la fois nommé par un président qui peut par définition le démettre et qui en même temps pour durer s'il le souhaite doit avoir aussi la confiance d'une majorité parlementaire et en l'occurrence dont il n'est pas l'émanation donc c'est une originalité française ça n'existe nulle part ailleurs et en effet on est quand on est premier ministre mais là je parle en général pour m'extraire un petit peu de l'actualité si vous voulez bien on est tiraillé entre eux en effet il faut il faut il faut garder la confiance du premier ministre il faut garder le soutien de la majorité parlementaire et puis par ailleurs il faut aussi si c'est possible d'être à l'aise avec ce qu'on fait il ya trois conditions à remplir qui sont toutes les trois difficiles à à réunir et dans l'histoire de la vème république on a tout connu on a tous connu les relations entre l'elysée et matignon qui était très conflictuelle sans même parler des cohabitations des majorité fragile et fluctuante des frondeurs qui apparaissent et quand on est premier ministre on se retrouve au coeur de tout ça il ya que les mauvaises nouvelles qui remonte à matignon il ya que les arbitrages difficiles qui remonte à matignon et donc c'est une espèce de machine à laver si vous voulez de lessiveuse en permanence avec ce qui m'a frappé quand j étais c'est la diversité des sujets qu'on peut traiter dans une même journée avec des arbitrages à rendre sur des sujets très très complexe et extrêmement lourdes conséquences sur les la question relationnel du premier ministre avec ses ministres sur la question des arbitrages vous propose d'écouter les mots d'un ancien premier ministre c'est jean pierre raffarin à matignon est une machine à arbitrer vous avez beaucoup beaucoup de réunions de ministres et dents serrées nos ministes vous arbitrez à la ch et donc vous avez toujours inquiet comptant l'autre cas mécontents et celui qui est mécontent il est souvent très très grognon alors quand il s'appelle sarkozy quand il s'appelle villepin comme ça et quand il est mécontent vous traîner ça trois quatre jours avec un certain nombre de petites pollutions qui font que ça rend la vie un peu compliqué mais enfin de ses attaches du premier ministre s'il sait qu'il a ça à faire il arbitre à longueur de journée entre les uns et les autres pour donner une cohérence et une direction à l'action gouvernementale voilà jean pierre raffarin sur le job de premier ministre extrait d'un documentaire ina sur l'enfer de matignon vous disiez autant de petits passages que olivia à lui tout à l'heure ce que vous décrivez c'est plus qu'un certain c'est presque une torture c'est quoi la vente âge c'est quoi le le le bénéfice d'être non c'est une fonction difficile mais quand on quand on aime décider quand on aime les affaires de l'état quand on aime et affaires publiques c'est aussi c'est aussi un métier formidable ça a été décrit comme l'enfer par une journaliste que vous avez cités par raphaël d'acquis dans son livre qui a de suite ce film documentaire exactement l'enfer de matignon mais je ne connais pas beaucoup de premier ministre qui se soit approprié le terme en ayant vécu eux mêmes c'est à dire que tous décrivent quelque chose de difficile mais je note d'abord que personne n'a refusé d'y aller alors qu donc si c'était l'enfer on en connaît très vivement quelques-uns qui aurait refusé d'y aller et tous ceux qui étaient ils ont peut-être trouvé ça dur pandore mais ils sont quand même il en garde tous un excellent un excellent souvenir parce que quand on aime prendre des décisions quand on aime mettre en oeuvre les idées donc l on croit c'est une fonction extraordinaire on est là une certaine manière la tour de contrôle de l'appareil d'état et du gouvernement donc c'est c'est une aventure humaine politique professionnelle extraordinaire en même temps qu'une qu'une aventure personnelle physique très très difficile alors dans l'heure de vérité que vous avez cosigné ensemble en 2007 vous en parliez pourtant l'un et l'autre de matignon avant de connaître la vie dans cet hôtel comme premier ministre ou comme conseiller du premier ministre vous en parliez de matignon comme d'une forme d'enfer ce sont vos mots une forme doré convoité par beaucoup est satisfaisante pour l'ego mais c'est un enfer tout y arrive tout y convergent assez rapidement le premier ministre est submergé par une masse d'informations de décision d' initiatives à prendre d'arbitrage a rendu tout compris à déminer les conseillers du cabinet ça c'était vous ont beau s'échiner à lui préparer le travail à but simplifier la vie apprend dès qu'ils peuvent les décisions les moins importantes pour lui éviter de perdre du temps sujets annexes ils finissent comme lui par crouler sous le poids de l'information ce qui est important je crois quand on est premier ministre quand on est en général dans des fonctions de direction importante c'est de garder le sens des priorités les deux ou trois priorités qu'on s'est fixé en arrivant ne jamais les perdre de vue ne pas en rajouter trop ne pas en effet consacré trop d'énergie à des choses futiles qui ne passeront pas l'échelle de la journée pour toujours essayé de remettre en perspective et puis essayer de garder plus possible du recul sur ce que l'on est sur ce que l'on fait c'est ça sans doute qui est le plus difficile d'essayer de ceux de relativiser les choses de travailler sérieusement sans se prendre au sérieux comme edouard philippe aime à le dire et comme alain juppé ml à le dire avant lui c'est des choses qui sont très précieuses je décrie aussi matignon comme le job de premier ministre comme un job extrêmement physique c'est physique on se rend pas compte vous avez rappelé à dans le dans le petit passage que vous avez lu mais on connaît tous ça dans nos vies quand on est quand on dort mal on est fatigué quand on est fatigué on est irascible quand on est irascible on prend de mauvaises décisions et c'est une espèce de spirale qui est vertigineuse à neuf et donc il faut aussi prendre en compte sa alors encore une fois tout ce qu'ils ont fait ce job l'ont fait volontairement il s'agit pas de il s'agit pas de les plaindre d'autant que même s'en plaignent rarement mais j'ai voulu aussi mettre le doigt sur la complexité de cette fonction et surtout sa spécificité puisque en étudiant un petit peu à peu à part en russie mais je sais pas si c'est un très bon exemple la fonction équivalente n'existe pas c'est à dire soit on est chef du gouvernement comme la chancelière allemande mais on n'a pas de président la république doté d'importants pouvoirs au dessus de soi soit on a un président qui décide comme aux états unis mais on est dans un régime totalement différent il n'y a pas de premier ministre mais le système français qui est en même temps une merveille d'équilibré des pouvoirs et qu'il faut absolument préserver a créé la spécificité de cette fonction de premier ministre qui a fait un bouclier fusible oui oui oui sidi ben oui oui la cinquième oui oui ou en tout cas oui en tout cas le ça prouve bien son nom le chef du gouvernement c'est à dire celui qui met en oeuvre la politique du président de la république en tout cas lorsque la majorité présidentielle et la majorité parlementaire coïncide comme c'est le cas aujourd'hui fusible je sais pas oui l'avenir le dira ça existe et ça a existé dans le passé les saisons avec l'idée du président qui peut simplement tourner et swizz ceci parce que vous et vos amis c'est tout à fait vrai et d'ailleurs c'est arrivé dans le passé comme président se sépare d'un premier ministre contre son gré d'une certaine manière on y est temps contraint par les circonstances alors même que la relation personnelle était très forte et très parfois très affective alors dans ce roman le maître d'hôtel de matignon on suit l'action au jour le jour dans le récit de claude le maître d'hôtel de treize premiers ministres deux tendances de couleurs différentes escales edouard philippe l'actuel locataire de la rue de varenne va s'inspirer de l'expérience de ses prédécesseurs je vous propose d'écouter les mots de raymond barre on est alors en 1976 et le conseil des ministres vient d'adopter le premier plan d'austérité du premier ministre j'entendais ce matin l'oqaj des salaires et un blocage des salaires il y a eu un adaptation de l'évolution des salaires à l'évolution des prix mais il n'y aura rien de plus cette année quoi que l'on puisse dire quoi que l'on puisse faire vous êtes entré dans fin de juillet locale bien je vais vous dire que j'étais bien décidée en acceptant la fonction parce que j'ai fait seul parce que je n'étais pas un homme politique traditionnelle j'étais décidé à être inflexible j'ai été décidée être inflexible on peut donc en arrivant à matignon décider de ce que sera sa posture le positionnement à suivre du premier ministre face à une contestation c'est aussi comme ça que pour vous edouard philippe aujourd'hui s'inspirant peut-être de la position de ses prédécesseurs entament cette longue bataille qui s'annonce sur la réforme des retraites vous savez vraiment bas et je crois pas qu'il ait dit ce qu'il vient de dire pour le plaisir à l'époque c'est pas pour le plaisir qu'on fait ça il ya des raisons qu il explique qu'il ya des raisons qu il expliqué aujourd'hui ça fait maintenant quarante ou cinquante ans que l'état français dépense plus que ce qu'ils gagnent et on a une accumulation de déficit qui est extrêmement de dette qui est extrêmement préoccupante parce que les déficits d'aujourd'hui c'est les impôts de demain donc ce qui est fait pour rationaliser tout ce que n'a pas été fait depuis 40 ans et pas pour le plaisir qu'on le fait c'est aussi pour résoudre un certain nombre de difficultés qui vont finir par nous péter à la figure pardon pour l'expression mais on a souri devant le mot austérité parce que le mot austérité il est employé volontiers maintenant fin plus aucun plus aucun ministre ne l'emploie rey aujourd'hui mais la france n'a pas connu l'austérité à l'austérité c'est l'austérité c'est la grèce le portugal qui ont connu la baisse des salaires des fonctionnaires la baisse des retraites ce qu'on imagine sa en france il en est pas question une seconde mais est ce qu'on imagine ce que eux ont vécu ces pays là au moment où précisément leur dette est devenue insoutenable et où plus personne ne voulait leur prêter de l'argent pour financer le train de vie quotidien de ces états là c'est ce qu'il faut éviter c'est ce qu'il faut éviter on emploie le mot austérité retrouve les sauces il faut l'éviter pourquoi dans ce cas attendre as voilà l'oreille aux exigences de bruxelles qui attend la france sur ce dossier de la réforme des retraites on sait que le système des retraites français est pourtant loin d'être le plus urgent à réformer aujourd'hui c'est vous qui dites mais c'est aussi edouard philippe qui dit que lui veut préparer l'avenir mais pour ce sens il n'y a pas de nécessité réelle pourquoi céder à la pression de l'union européenne on ne sait pas la pression de l'union européenne le président de la république a rappelé lui même qu'il fallait réfléchir à cette règle des 3% réfléchir à sa modernité a son utilité dans l'économie d'aujourd'hui et le commissaire européen à l'économie a rappelé pas plus tard que ce matin dans une interview à la presse allemande c'était sans doute un critères obsolètes qu'il fallait revisiter sa à la lumière des évolutions de l'économie la nécessité de verdir l'économie d'investir dans l'innovation donc il ya 3 % et 3 % il ya des thés dette tout ne se vaut pas quand on s'endette pour payer les salaires des fonctionnaires c'est évidemment pas vertueux quand on s'endette pour financer des investissements verts c'est autre chose et donc il s'agit pas de se soumettre au diktat de bruxelles il s'agit de pérenniser un système juste équilibré pour nous et nos enfants qui peut dire que 42 système de retraites ces vertueux qui peut dire que des règles différentes selon l'endroit où on exerce son métier ses vertus qui peut dire que pour les femmes qui touche 40% de retraite en moins ces vertus on ne peut pas dire que c'est le système parfait c'est un système tellement parfait que personne ne le copie ça devrait quand même nous mettre la puce à l'oreille qu'est ce qu'il en pense claude votre maître d'hôtel de ce qui se passe aujourd'hui lui qui est au service 2 depuis 30 ans lui à qui on ne demande jamais son avis oui ou lui demander ce qu'il dirait c'est une bonne question parce qu'il me il raconte dans le livre que vos fonds trente ans on compterait en côtoyant les premiers ministres on lui a jamais demandé son avis sauf une fois où un jour alain juppé donc c'était quoi ya 22 ans 22 ans est un peu plus tout d'un coup à brûle pourpoint lui dit ah tiens claude le président envisage de dissoudre l'assemblée qu'est ce que vous en pensez y les prix complètement de court parce que c'est la première fois qu'on lui demande son avis sur une question politique et est probablement c'était le moment où alain juppé lui-même se posait beaucoup de questions et poser la question toutes les personnes qui rencontrent et et et claude a été pris de court et a dit je ne sais pas si le président l'envisagent c'est sûrement une bonne idée et donc je pense que je ne peux pas répondre à sa place il faudrait que vous n'habitiez à supposer qu'il existe évidemment pour lui demander son avis mais d'une manière générale le fait qu'on lui ai jamais demandé son avis en 30 ans est assez significatif en même temps il est conscient lui même que c'est pas son métier c'est pas pour ça qu'il est là il ya des conseillers pour ça mais est ce que comme on le disait au début de notre entretien est ce que les conseillers de matignon et je me mets dans le lot ont toujours la lucidité la capacité de prendre l'ambiance qui est dans le pays c'est une vraie c'est une vraie question mais moi j'ai vu le courage de dire ce qu'il pense au projet à sept ans et c'est aussi une question que soulève claude d'en louer c'est tout à fait vrai quand on côtoie quand on est dans la proximité d'un homme politique qui a les conseillers qui sont toujours d'accord si vous voulez cela bon je sais pas à quoi ils servent mais ça existe je sais que ça existe il y en a qui sont jamais d'accord ça sert pas non plus à grand-chose de prendre systématiquement le parti inverse ça ça aide à nourrir le débat et puis il ya ceux qui parviennent et ça c'est quand même une c'est une singularité à dire leurs vérités à dire c'est bien quand c'est bien dire c'est pas bien quand c'est pas bien mais ça implique aussi que celui qui est en face soit en capacité de l'entendre c'est souvent ça le problème vous étiez conseiller spécial edouard philippe et vous avez une relation particulière avec province puisque c'est aussi votre avis mais du coup il a besoin de votre père de quoi est-ce qu'ils avaient besoin entre vous le conseiller sur quoi qu'est-ce qui vous demandaient précisément je sais quoi c'est un soutien psychologique ce sont des analyses politiques se sont soutien psychologique peut-être disons que notre relation c'est vrai n'était pas uniquement professionnelle dans le sens où nous étions amis bien avant que je devienne son collaborateur et nous sommes restés amis bien après que je ne le sois plus je ne suis plus donc il n'y a pas de il n'y a pas uniquement une relation professionnelle est aussi une relation amicale et c'est vrai qu'avec edouard philippe on a vécu des aventures politiques communes depuis maintenant plus de quinze ans on a écrit deux livres ensemble comme vous avez eu la gentillesse de le rappeler ce qui évidemment créé des liens très fort et je crois qu'il attendait de moi et comme il attend toujours de moi d'ailleurs parce que mon départ de matignon n'a pas changé sa juste un avis libre sur ce que je pense qu'ils confrontent d'ailleurs alors qu'elle est aujourd'hui quel est votre vérité comme vous dites j'aidais ma vérité mais sur quel sujet sur ce sujet de la réforme des retraites parce qu'on est là quand même en ouverture d'une semaine sociale qui va être encore chaude que la contestation ne faiblit pas depuis jeudi je voudrais que les partenaires sociaux attendent aussi l'ouverture d'un dialogue qui selon eux n'a pas eu lieu moi je fais ce jeu n'a pas eu lieu alors que depuis un an et demi il a évidemment eu lieu mais moi je ce que je voudrais dans la semaine qui s'ouvre c'est qu'on laisse la chance au gouvernement de présenter son projet et qu'on soit disposé à l'écouté de bonne foi sans lui faire de procès d'intention je pense que ce serait vertueux pour cette réforme est aussi pour l'avenir je ne dis pas que le gouvernement de la france a raison sur tout et en tout temps depuis 40 ans bien sûr que l'on m'ait retrouvons cette capacité retrouvons cette capacité à entendre les arguments du gouvernement sans le soupçonner des pires turpitudes et si on fait ça cette semaine déjà on aura gagné on aura gagné un peu l écoute ce que vous a dit claude puisque le vrai claude vous l'auriez rencontré beaucoup discuté aussi avec lui quand vous étiez à matignon vous l'avait prévenue de ce livre que vous aviez envie d'écrire et donc de la représentation de cette fonction dans son regard à lui qu est ce pour vous qu'un bon premier ministre aujourd'hui gilles boyer un bon premier ministre c'est celui qui je crois au fil du temps n'oublie jamais pourquoi il est là n'oublie jamais par qui il a été nommé pour quelles raisons et pour quoi faire on a souvent prêté au premier ministre le l'ambition de franchir l'étape du dessus et de devenir président et dès lors qu'on leur prêtait cette ambition forcément la relation avec l'elysée était abîmée eux-mêmes d'une certaine manière était probablement moins concentrés sur sur leurs tâches et d'ailleurs je note que personne aucun premier ministre en fonction on est arrivé à être élu président donc ça veut bien dire qu'il ya quelque chose premier ministre et voilà c'est autre chose et je trouve que dans la relation entre emmanuel macron et edward chez edouard philippe on est en train on est on est revenu une certaine manière ou aux sources de la vème république qu'on avait un petit peu qu'on avait un petit peu oubliés avec la légitimité populaire vous l'avez rappelé dont le président est le dépositaire exclusif il a nommé edouard philippe à matignon il ya deux ans et demi il aurait pu parfaitement nommer quelqu'un d'autre edouard philippe n'était pas le chef de la majorité nouvelle ils n'étaient pas même dans son camp politique il a choisi de nommer à matignon ce qui est une première inédite sans y être contraints quelqu'un qui n'appartenait pas à la même famille politique que lui et donc pour être un bon premier ministre je crois qu'il faut être loyal respecté à chaque instant la légitimité populaire du président il faut veiller au dialogue et au soutien avec la majorité parlementaire sans laquelle rien n'est possible et il faut animer le mieux possible le collectif gouvernementale et ce sont des conditions qui est déjà quand on les énumère sont difficiles à accumuler est-ce qu'il faut accepter sa part d'impopularité jusqu'au bout tant que ce qu'on fait tant qu'on croit juste les réformes qu'on engage certaines implique une part d'impopularité en tout cas si on si on gouverne avec l'oeil rivé sur les courbes de popularité on commet des erreurs ça j'en suis certain on peut pas se soustraire totalement aux sondages d'opinion de popularité parce que c'était évidemment un paramètre important mais si on ne regarde que ça on perd toute une partie de ce qui à son avis en l'occurrence doit être fait pour que le pays allait mieux quand il partira que quand il est arrivé la question ce trailer très court edouard philippe ah vous avez décrit son rôle de soldat finalement sa très grande fidélité au président de la république il l'a fait parce que ça puisqu'il a acquis une véritable stature nationale qu'est ce que ça change pour lui est ce que ça ouvre des perspectives je ne sais pas quand vous dites acquis une stature nationale je sais pas à quel moment ça c'est fait qui a décidé ça vous voulez vous lui dites aujourd'hui moi je trouve ça très bien simplement ça s'est fait de manière progressive et précisément parce que je crois que les français le crédite de ne jamais avoir oublié pourquoi il est là et de ne jamais s'être cru plus important que la fonction claude conserve dans une boîte à chaussures rappelez vous une photo de chaque pas chaque quand ils arrivent jeunes fringants et quand il repart les traits tirés des poches sous les yeux le seul reparti plus reposé c'était bernard cazeneuve arrivé épuisé après les attentats qu'il a vécu de la place beauvau en 2015 est arrivé que pour cinq mois sacha en gros qu'il allait se terminer sans réforme d'envergure à ce poste là avantages des fins de règne écrivez vous gilles boyer ce que ce roman figure déjà dans l'une des bibliothèques de matignon j'espère bien le maître d'hôtel de matignon j'espère bien vous irez pas vérifié prochainement cette semaine oui oui ça pourrait être un formidable cadeau de noël pour tout le personnel il vient de paraître ce roman chez jean claude lattès gilles boyer roman inspiré d'une vraie vie et de faits réels romance et par certains aspects et notamment dans l'exactitude des dialogues que vous retranscris vais ici merci à vous merci de m'avoir été avec no merci à stéphane robert de m'avoir accompagné sur cette deuxième partie de la grande table et un grand merci à toute l'équipe jean christophe brianchon et l'aura du teich perez pour la grande table des idées à oriane delacroix et henri leblanc pour la grande table culture à la réalisation aujourd'hui c'était gilles blanchard avec marie claire où mme abadie et à la vidéo jordan fuentes bel après midi à tous sur france culture

Premier ministre face à la contestation, mission impossible ? — Édouard Philippe · Pourquijevote