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Podcast / conversationFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 21 juillet 2022 37 minComplaisantDivertissementEnvironnement & énergieCulture, médias & sportSolidarités & famille

Dis-moi quel maillot de bain tu portes face aux injonctions

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Il est comment le vôtre ? Du genre bariolé ou tissu sobre et uni ? Plutôt une pièce ou monokini ?

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Et vous messieurs, c'est quoi votre maillot pour cet été ?

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Et d'ailleurs, achetez-vous un nouveau maillot chaque année ? En avez-vous plusieurs pour le plaisir de varier ?

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Et comment le choisissez-vous ce maillot ?

  • 0:42OuverteRéponse directe

    Alors cette année, avez-vous opté pour un maillot en crochet dernier cri, mais plus joli à porter que pratique pour se baigner ?

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Et quid des maillots en matière responsable, histoire de limiter les matières plastiques très polluantes ? C'est un critère pour vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:51InvitéFait
    « C'est un maillot de bain qui est confectionné à partir de filets de pêche récupérés en mer. »
  • 1:56InvitéChiffre
    « Il faut savoir que les filets de pêche sont source de 50% de la pollution plastique dans les mers. »
  • 11:14InvitéFait
    « C'est une jeune femme qui s'appelle Ingrid Medeiros, qui est brésilienne, qui fait un beau 44. »
  • 11:21InvitéChiffre
    « 40% des Françaises en 2006 faisaient une taille 44 et plus. »
  • 23:36InvitéFait
    « Elle doit faire en 1942. »

Temps de parole

  • Invité37 %
  • Invité 230 %
  • Présentateur24 %
  • Invité 33 %
  • Invité 42 %
  • Invité 52 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, le téléphone sonne. Il est comment le vôtre ? Du genre bariolé ou tissu sobre et uni ? Plutôt une pièce ou monokini ? Et vous messieurs, c'est quoi votre maillot pour cet été ? Bermuda aux allures de surfeur hawaïen ou slip de bain, paraît-il sur le retour ? Et d'ailleurs, achetez-vous un nouveau maillot chaque année ? En avez-vous plusieurs pour le plaisir de varier ? Et comment le choisissez-vous ce maillot ? Parce que les modes évoluent depuis le costume de bain ou la chemise entièrement couvrante de l'époque victorienne jusqu'aux deux pièces parfois minimalistes. Le maillot en a fait du chemin et perdu du tissu.

Alors cette année, avez-vous opté pour un maillot en crochet dernier cri, mais plus joli à porter que pratique pour se baigner ? Ou préférez-vous la version plus utilitaire type t-shirt anti-UV ? Et quid des maillots en matière responsable, histoire de limiter les matières plastiques très polluantes ? C'est un critère pour vous ? Ou s'en est devenu un ? Car d'ailleurs, portez-vous le même maillot aujourd'hui qu'il y a dix ans ? Et sinon, pourquoi ? Parce que votre corps a changé ? Parce que vous l'assumez mieux ou moins bien qu'avant ? Parce que c'est aussi ça, non ?

Toute la problématique du maillot, pas toujours facile de s'exposer à la plage ou à la piscine, même s'ils sont rares finalement les corps qui ressemblent aux couvertures des magazines. À moins que celle-ci ait changé elle aussi, que les injonctions à la minceur sur la plage sont moins prégnantes aujourd'hui. Qu'en pensez-vous ? Et tout compte fait, vous aimez ça, vous, être en maillot ? Toutes vos questions jusqu'à 20h, c'est le Téléphone Sonne. Soyez les bienvenus. Le Téléphone Sonne. 01 45 24 7000. Et on accueille tout de suite Anne-Sophie. Bonsoir Anne-Sophie. Vous avez déjà acheté votre maillot ?

1:44
Invité

Oui, j'ai déjà acheté mon maillot et j'ai acheté un maillot de bain éco-responsable cette année.

1:49
Présentateur

Alors racontez-nous, c'est quoi un maillot de bain éco-responsable ?

1:51
Invité

Eh bien, c'est un maillot de bain qui est confectionné à partir de filets de pêche récupérés en mer. Il faut savoir que les filets de pêche sont source de 50% de la pollution plastique dans les mers. Et donc, ce maillot de bain permet à la fois de nettoyer les mers et de ne pas produire de nouveaux produits car le nylon est recyclé. Et alors, il ressemble à quoi ? Vous pourriez nous le décrire ? Ah ben, il est parfaitement adapté. Alors moi, j'ai opté pour une pièce, mais bien sûr, c'est une marque qui propose différents modèles. Et voilà, chacun son style. Et moi, j'ai plutôt opté pour une pièce classique.

2:24
Présentateur

Et est-ce qu'on le voit finalement au regard que c'est un maillot en matière éco-responsable ? Il est différent des maillots que vous aviez auparavant ?

2:31
Invité

Ni dans la texture, ni dans la... Il est très agréable à porter. Moi, je ne sens pas du tout de différence. Il est parfaitement adapté.

2:39
Présentateur

Merci beaucoup Anne-Sophie pour ce témoignage. Pour discuter ensemble jusqu'à 20h, Audrey Millet, docteur en histoire et chercheuse à l'université d'Oslo en Norvège, auteur du livre « Les dessous du maillot de bain, une autre histoire du corps ». Bonsoir. Bonsoir. En direct des studios de France Bleu Nord. Merci aux techniciens d'assurer la liaison avec nous en studio ici à France Inter, Katel Poulikin, journaliste, directrice des rédactions chez Marie-Claire. Bonsoir. Bonsoir. Et donc la question d'Anne-Sophie. On commence tout de suite. Un maillot en matière éco-responsable. C'est aussi une tendance de cet été ?

3:12
Invité

Ou peut-être que ça existait déjà au préalable ? Bravo Anne-Sophie. Je pense que c'est extrêmement intéressant d'écouter sa démarche et de voir à quel point elle s'est renseignée sur le maillot qu'elle a choisi. Je pense que ça correspond en effet à un certain nombre d'actes d'achat. Aujourd'hui, les femmes en particulier sont sans doute beaucoup plus attentives qu'avant au type de vêtements qu'elles achètent et donc au type de maillot qu'elles achètent aussi. Et c'est vrai que l'écologie fait partie des préoccupations des consommatrices et on ne peut que s'en réjouir.

3:42
Présentateur

Parce que c'est vrai que le maillot finalement c'est un des vêtements qu'on porte le moins longtemps dans l'année. Et on a peut-être tendance, peut-être plus les femmes que les hommes d'ailleurs, quoique on achetait un nouveau chaque année. Donc c'est pas très responsable dans l'achat en tant que tel le maillot de bain.

3:56
Invité

Après le plaisir fait partie de la vie aussi. Donc ce qui compte en effet c'est quand même de pouvoir continuer à se faire plaisir. Mais c'est vrai que là, l'alliage de ce maillot qu'elle nous a décrit et qui a l'air de tout à fait lui convenir est du nylon recyclé. En effet, je pense qu'on peut le saluer. Ça correspond aussi aux pratiques d'un certain nombre de marques aujourd'hui, notamment de maillot de bain, qui souhaitent en effet être beaucoup plus attentives aux filières de production, à la transparence, aux matières premières, à la qualité et à la surveillance, je dirais même, de l'ensemble de la chaîne de production.

Donc ça correspond absolument en effet aux nouvelles pratiques que l'on peut observer quant à la mode, et en particulier aux maillots de bain, puisque c'est notre sujet de ce soir.

4:41
Présentateur

Audrey Millet, vous avez donc écrit un livre intitulé « Les dessous du maillot de bain » et vous retracez un peu toute l'histoire de ce bout de tissu. Alors au départ, ce n'était pas vraiment un bout de tissu, parce que l'idée c'était de couvrir les corps quasiment intégralement. Les matières responsables, c'est devenu aussi une préoccupation de ce maillot de bain d'aujourd'hui ?

5:00
Invité

Oui, les matières responsables sont véritablement au cœur de l'actualité, à cause bien entendu de la crise écologique, mais aussi, je crois que les gens ont envie de consommer autrement. Et finalement, quitte à choisir un maillot de bain, c'est celui, alors ce maillot de bain, c'est cette toute petite pièce du dressing qui va dévoiler le maximum et cacher le minimum. Autant bien la choisir, ne pas accumuler des maillots de bain et avoir le maillot de bain parfait, ou le deuxième, les deux maillots de bain, qui nous fait plaisir, en effet, et qui nous rassure aussi par rapport à notre acte de consommation et par rapport à l'environnement.

5:39
Présentateur

Alors on a Christine qui nous écrit depuis le Val d'Oise et qui nous dit « J'ai le même maillot de bain depuis dix ans, même si mon corps a beaucoup changé. » Et elle, Poulikin, c'est difficile de choisir un maillot de bain adapté à son corps ?

5:52
Invité

De moins en moins, je pense que là encore, je pense que l'offre, heureusement, est de plus en plus large. Après, ce qui est difficile sans doute pour encore certaines femmes, c'est de se retrouver confrontées à la cabine d'essayage, qui est souvent quand même une torture, et encore plus peut-être aux injonctions qu'on peut observer encore assez souvent dans les images qui sont projetées par la publicité, par certains magazines encore aujourd'hui. Donc peut-être que c'est celle-ci la difficulté la plus grande pour les femmes. En revanche, en termes d'offres, je pense qu'on peut trouver chacune maillot à son corps.

Après, ce qui est difficile aussi, c'est de concilier, je pense, les exigences de style et les exigences écologiques. Il y a des marques qui proposent des maillots extrêmement beaux, mais quand ça coûte 5,50 euros, ça veut dire que quelqu'un d'autre paie. Et en l'occurrence, peut-être qu'à l'autre bout du monde, le maillot a été produit dans des conditions peu recommandables.

6:49
Présentateur

Audrey Millet, le maillot de bain, c'est quoi ? C'est l'objet de l'émancipation de la femme au fur et à mesure de l'histoire ? Ou au contraire, c'est son assujettissement à d'autres critères ? Celui du corps parfait, par exemple ? C'est un peu les deux. Comment vous le résumeriez ?

7:01
Invité

Alors, un peu les deux, voilà, c'est ça. C'est un long combat, un long combat pour amener son corps vers le littoral et profiter de ces moments extraordinaires de vacances, de paix, de repos et d'un grand bien-être, avec ces rayons du soleil qui vont vous caresser la peau, cette glace et ce beignet trop sucré qu'on mangera l'été, ce petit cocktail, les pâtés de sable. Et à côté de ça, lorsqu'on a enlevé le corset et qu'on a autorisé les femmes à porter des maillots de bain sur la plage, on leur a aussi dit que, bon, le naturel était quand même à sceller, qu'il fallait redresser tout ça.

Alors, c'est l'essor de toute une industrie qui s'entend très très bien avec le prêt-à-porter, celle des crèmes amincissantes, celle des rouleaux palpant la cellulite, celle des seringues qu'on pouvait acheter en pharmacie 25 francs en 1910 à Paris pour se piquer soi-même ses varices parce qu'il fallait être parfaite.

7:57
Présentateur

On accueille Stéphanie au Standard. Bonsoir Stéphanie. Oui, bonsoir. Vous vous sentez comment, vous, en maillot de bain ?

8:03
Invité

Eh bien, depuis ma dernière grossesse, mieux, c'est-à-dire que c'est ce que j'expliquais là au Standard. En fait, moi, il m'a fallu un peu de temps pour m'accepter après mes enfants. Mon corps avait changé, j'étais devenue une mère de famille. Et puis, finalement, après la naissance de ma dernière fille, je me suis dit, bon, en fait, j'aime la plage, j'aime aller me baigner, je suis pleine de complexes, mais tant pis, j'y vais. Et puis, en fait, j'ai redécouvert la plage comme un espace de liberté où, finalement, j'allais avec le corps que j'avais. Et puis, ça m'allait.

Et puis, finalement, les gens ne me regardaient pas ou me regardaient, mais en fait, se fichaient de savoir comment j'étais. Et j'ai redécouvert le plaisir du maillot de bain. Et alors, vous choisissez quoi comme type de maillot de bain ? Alors, moi, j'ai un, une pièce et un, deux pièces en fonction des envies. Et vous alternez ? Exactement, voilà. Et c'est les mêmes que j'ai depuis plusieurs années, même depuis avant mes grossesses.

8:59
Présentateur

Alors, c'est vrai, merci beaucoup, Stéphanie, qu'il y a l'injonction au corps parfait. Et forcément, c'est pas à vous que je vais le dire, qu'à tel poulikin, on pense aux couvertures des magazines féminins, à toutes ces injonctions à maigrir et du régime de l'été, etc. Forcément, ça pèse aussi dans le rapport que les femmes ont à leur corps et particulièrement en maillot, sur la plage ou au bord de la piscine.

9:19
Invité

Absolument, je vais être obligée de faire un mea culpa collectif, pas pour le Marie-Claire que je dirige aujourd'hui depuis un peu plus de deux ans, mais pour notre histoire collective en tant que magazine féminin. C'est vrai qu'on a pas mal de choses à considérer, à regarder et sans doute à critiquer aussi. Et je suis assez à l'aise pour le faire quand on parle précisément de ce sujet. J'ai exhumé à l'occasion de cette émission quelques couvertures de Marie-Claire. Oui, vous êtes venue avec, là, on les voit. Je suis venue avec.

Et c'est vrai que certaines sont en effet assez difficiles à regarder aujourd'hui et en même temps extrêmement intéressantes puisqu'on mesure ainsi le chemin parcouru. C'est vrai que dès les années 70, les injonctions commencent à apparaître en couverture au moment de l'été, au moment des spéciaux maillots justement. Je pense que le paroxysme, c'est dans les années 80. Le corps triomphant, vraiment la Wonder Woman, doit a priori avoir un corps qui correspond à ses ambitions. Et en l'occurrence, c'est vrai que les magazines projettent l'idéal du corps comme un corps mince. Et donc, dès qu'on affiche un spécial maillot, on affiche aussi un spécial maigrir. C'est tout à fait corrélé.

Et on observe le chemin parcouru dans les années 90. C'est encore le cas. Et à partir du début des années 2000, c'est 2000, 2010 surtout, on sent que l'autocritique commence à apparaître. Les injonctions sont un peu moins caricaturales, ce qui ne signifie pas qu'elles disparaissent tout à fait. On revient vraiment de loin. Et je suis assez fière du numéro qui est en caisse de Marie-Claire. Permettez-moi une seconde d'autopromo, d'autopromotion. On va peut-être le décrire d'ailleurs.

10:55
Présentateur

Cette femme, cette mannequin qui est en une, qui est beaucoup plus ronde que ce qu'on a l'habitude de voir, mais qui correspond finalement, très probablement, à la moyenne des Françaises.

11:05
Invité

C'est comme ça qu'on peut le résumer ? Exactement. C'est tout à fait ça. C'est une jeune femme qui s'appelle Ingrid Medeiros, qui est brésilienne, qui fait un beau 44. Et ça correspond en effet à la moyenne des Françaises. En l'occurrence, j'ai retrouvé une étude de 2006. C'est la dernière campagne nationale de mensuration en France. Et 40% des Françaises en 2006 faisaient une taille 44 et plus. Donc cette femme correspond en effet à la moyenne des femmes françaises en particulier. Et elle est là sans retouche. C'est-à-dire que son corps est exactement son corps. Son ventre est exactement son ventre.

J'ai d'ailleurs des lectrices qui m'ont écrit pour me dire « Merci, enfin, mon ventre en couverture de Marie-Claire ». Et cette remarque en particulier nous a vraiment touchés. Et je pense que nous avons une responsabilité très forte en tant que magazine féminin. D'autant plus que nous sommes diffusés à un très fort nombre d'exemplaires. Donc c'est vrai que les femmes nous voient, les femmes nous regardent, les femmes nous attendent. Et tant mieux si elles commencent enfin à se reconnaître en couverture de leur magazine préféré. Je vous propose d'accueillir Frédéric Homme, au Standard.

12:17
Présentateur

Bonsoir Frédéric. Frédéric n'est pas encore là, pardon. On est en train de la voir, il va nous rappeler dans quelques instants. Parce qu'effectivement, ce n'est pas qu'une question de femmes. Les maillots de bain, c'est assez universel et tout le monde le porte. Audrey Millet, pourquoi est-ce qu'on parle souvent femmes pour le maillot de bain ? Parce qu'il y a eu aussi ce rapport au corps qui a été plus difficile à gagner pour les femmes que pour les hommes.

12:43
Invité

Oui, le rapport au corps a été quand même très très très compliqué. Donc dès l'Antiquité, en réalité, dès qu'on lit par exemple les métamorphoses d'Ovide ou encore l'art d'Aimé, il y a des injonctions sur le corps féminin qui sont très très fortes. Et notamment, une peur de la séduction, clairement. Les discours masculins, puis également durant le Moyen-Âge, avec toutes ces sorcières qu'on brûle. le corps féminin est accusé de séduire et cette femme serait plus faible biologiquement, évidemment. Donc tout ça, on sait très bien que c'est faux. Mais on s'appuie sur les travaux d'Hippocrate ou encore de Galien, ces médecins qui expliquent que la femme est humide et que l'humidité, c'est l'eau.

Cette eau, vous savez, cette mer, cet océan, on ne les maîtrise pas non plus à l'époque. Donc le corps féminin est accusé de tout et à chaque fois qu'il s'approche dans les mythes d'une source, d'eau, de la mer, alors il est attaqué, il est agressé sexuellement, il peut être également violé. Donc ce rapport est quand même beaucoup plus difficile. Mais il ne faut pas sous-estimer les complexes également masculins. De nombreuses études en psychologie montrent depuis les années 2000 qu'il y a une croissance de l'anorexie masculine également. Le petit ventre bodonnant, ce n'est pas spécialement la chose que les hommes aiment le plus chez eux.

Et il faut faire attention que finalement, tous ces complexes féminins qui ont été subis et qui sont encore subis bien entendu, ne se reportent pas également sur les hommes qui pourraient devenir un nouveau marché, un nouveau marché pour ces crèmes amassissantes et tous ces produits artificiels visant à, non pas améliorer, mais à atteindre un idéal totalement inatténiable en réalité.

14:42
Présentateur

Alors je vous propose effectivement d'accueillir Frédéric. Bonsoir Frédéric.

14:45
Invité

Bonsoir.

14:46
Présentateur

Alors quel est votre maillot de bain de prédilection ?

14:48
Invité

Alors mon maillot de bain de prédilection depuis plus d'une trentaine d'années, c'est le string de bain.

14:56
Présentateur

Et vous en trouvez, vous en portez, vous assumez, comment ça se passe ? Racontez-nous.

15:01
Invité

Oui, j'en porte sur toutes les plages où je vais, partout sur la planète. J'assume totalement. J'en trouve de moins en moins parce qu'il y a encore peut-être une quinzaine d'années, on pouvait en trouver dans des grandes boutiques type Galerie Lafayette, Le Printemps, Géant Casino, des choses comme ça. Maintenant, on en trouve sur Internet, mais c'est des choses qui ne sont pas forcément de bonne qualité. Il y a encore quelques rares boutiques du type la chaîne de sous-vêtements pour hommes, Scipissimo, ou une boutique Les Dessous d'Apollon, où on trouve encore des choses de qualité. Mais franchement, je n'ai jamais eu aucun problème à porter des strings sur la plage.

15:52
Présentateur

Et alors pourquoi vous choisissez le string ? Vous nous expliquez ?

15:55
Invité

C'est un confort incroyable. Et puis en même temps, une liberté. Parce que vous avez une sensation de presque nudité, avec la pudeur préservée, ce qui vous permet de pouvoir aller partout et d'avoir ce sentiment de totale liberté et un vrai confort. Un vrai confort.

16:16
Présentateur

Merci beaucoup Frédéric Cattel-Poulikin. Il paraît que le slip de bain est sur le retour, le string, qu'en est-il ?

16:22
Invité

C'est possible, je pense que chacun fait comme il l'entend. C'est vrai que Frédéric parlait de pudeur et je pense qu'en effet, l'histoire du maillot de bain, c'est l'histoire du rapport au corps, c'est l'histoire du rapport au regard, au regard social. C'est aussi l'histoire de la pudeur, en effet. Et je pense que c'est à la fois politique, mais c'est aussi extrêmement intime et à chacun, encore une fois, chacune, de faire ce qu'il veut sur la plage.

16:48
Présentateur

Audrey Millet, la pudeur, c'est quoi finalement ? C'est l'injonction sociale ou c'est son propre rapport à l'intime ?

16:53
Invité

Alors voilà, c'est ça, c'est que souvent on dit, voilà, je me sens mal parce qu'on me regarde, parce que je ne suis pas comme dans un magazine. En réalité, ce rapport à la pudeur, il commence dans la salle de bain. Donc dans un espace privé où c'est à ce moment-là que vous allez vous changer, vous lavez, vous allez être nu, vous allez mettre un soutien-gorge, votre culotte, votre string, comme vous voulez. Mais en fait, ensuite vous allez vous retrouver sur la plage comme ça. Et c'est vraiment un moment particulier, c'est un moment qui arrive, on va dire, une semaine par an. C'est un moment qui est très très court dans la salle de bain, au regard des 24 heures qu'ont une journée.

Et en réalité, c'est la pudeur, c'est ce rapport d'égalité que vous aurez avec vous-même et votre propre représentation, votre propre acceptation. Et il est certain que si vous, vous vous sentez bien, et j'ai adoré ce qu'a dit Frédéric sur la liberté, parce que la plage c'est ça, si vous êtes bien avec vous-même, le regard de l'autre, généralement, quand même, il va peu vous atteindre.

18:01
Présentateur

Alors on a Magali qui nous parle de l'épreuve de la cabine d'essayage, notamment à 60 ans, beaucoup de kilos en trop, nous dit Magali via l'appli France Inter. Je m'achète des maillots de bain d'une pièce que je n'essaye jamais, parce que je redoute le regard de la vendeuse. Par contre, je me fous complètement, et depuis longtemps, du regard des gens sur ma plage, et je pense que la plupart des gens sont indifférents à ma taille 46. Et puis on a par mail, Claire, qui nous dit, on déconseille aux femmes qui ont du ventre de se mettre en maillot deux pièces, mais personne ne dit rien aux hommes qui ont du ventre et qui sont, eux, en slip ou en caleçon.

Il y a toujours, malgré tout, on voit que les magazines évoluent qu'a-t-elle Poulikin, mais cette injonction-là, ce corps stéréotypé, on peut dire, il existe encore,

18:40
Invité

et il est encore subi par beaucoup de femmes. Oui, et puis c'est vrai qu'on est nombreuses à avoir sans doute, malheureusement, intériorisé ces stéréotypes depuis des décennies, donc ce n'est pas toujours aussi simple de s'en défaire. Et puis chacun est complexe, et parfois on a envie de s'en défaire, on voudrait intellectuellement s'en libérer, et en même temps, c'est parfois plus difficile que cela. Je voulais aussi préciser que certaines marques, notamment de lingerie et donc de maillot de bain, aident, je pense, collectivement, notamment les femmes à se libérer.

19:10
Présentateur

Parce qu'on a vu arriver, pour préciser un peu là-dessus, on voit arriver des marques qui désormais ont des mannequins de toutes tailles, donc ça peut être le 36 ou 34 comme on voit chez les mannequins habituels, mais aussi du 44, on le voit chez, on peut peut-être en citer quelques-unes, Princesse Tam Tam, Calvin Klein, Etam, H&M, revendiquent aussi ce type de mannequin, ça c'est assez récent.

19:28
Invité

Tout à fait, c'était vraiment l'industrie de la lingerie et du maillot de bain, qui est souvent la même, était particulièrement stéréotypée, et a fait beaucoup de chemin.

Je pense que vous citez Calvin Klein, en effet, Calvin Klein Underwear, Calvin Klein Lingerie, donc aux Etats-Unis, est un bon exemple de cela, c'est-à-dire que c'était Kate Moss en 1997, sein nu, avec un caleçon extrêmement petit, et aujourd'hui, cette marque américaine, au contraire, a fait énormément de chemin, et j'ai deux exemples à donner, c'est Bestito, en 2019, qui a fait une campagne pour cette marque, Bestito, qui est vraiment une femme aux rondeurs tout à fait assumée, et plus récemment, en avril dernier, c'est la fille de Madonna, Lourdes Léon, qui a participé à une publicité pour cette même marque, et qui, elle, montre ses aisselles poilues, parce qu'elle assume de ne pas s'épiler, donc je voulais aussi parler du corps montré dans toute sa vérité, avec parfois de la cellulite, parfois des vergetures, parfois des poils, et en effet, de nombreuses marques, aujourd'hui, montrent des femmes comme on est vraiment.

20:40
Présentateur

Alors, puisque vous parlez des seins nus, il y a aussi la question de la sexualisation du corps sur la plage, on a Mireille Dagde, qui nous dit, aujourd'hui, il y a des maillots de petites filles avec des soutiens-gorges, je ne trouve pas ça normal, à 5 ans et demi, ce corps, ou en tout cas, l'âge qui recule, ou qui évolue, à partir duquel on le sexualise, c'est aussi quelque chose que vous avez constaté, Audrey Millet ?

20:59
Invité

Oui, tout à fait. Alors, en effet, on peut s'interroger sur le maillot de pièces pour les petites filles. Alors, moi, il me semble qu'à mon époque, les petites filles, toutes petites, n'avaient même pas de haut. Ensuite, il y a évidemment eu le une pièce, mais cette hyper-sexualisation est extrêmement inquiétante, parce que ce corps-là, ce doit être le corps des pâtés de sable, et ce n'est pas le corps de la séduction. Mais c'est un nouveau marché, voilà. Donc là, l'industrie a bien aperçu depuis très longtemps qu'il fallait faire également des petites baskets, des petites sneakers, identiques à celles des parents, des adultes, pour les enfants.

Le luxe fait également des vêtements de luxe pour les petits, qui ressemblent à ceux des parents. Vous pouvez avoir votre trench coat, dont je ne citerai pas la marque, pour un enfant. C'est un marché comme un autre, et la morale, vous savez, dans les marchés, ce n'est pas tout à fait central.

22:02
Présentateur

Qu'a-t-elle Poulikin ? Il y a une responsabilité aussi, par exemple, des magazines féminins là-dessus, sur la sexualisation des corps, parfois de plus en plus jeunes ?

22:09
Invité

Oui, absolument. Notamment dans le choix des mannequins que nous faisons. On y prend... On y accorde une importance extrême. Chaque choix est vraiment considéré, et on évite absolument les corps trop maigres. Les filles trop jeunes, on y est extrêmement vigilantes à Marie-Claire, parce que, d'abord, ça ne correspond pas à notre lectrice moyenne, mais au-delà de ça, on a en effet une responsabilité. Et je ne souhaite pas qu'on montre une jeune femme de 16 ans pour porter des bijoux, pour porter la mode que nous mettons en avant dans notre magazine. Donc, c'est une grande responsabilité, de même que montrer tous les corps, de tous les âges, et de toutes les carnations.

Ça doit être l'évidence, ça l'est chez nous. J'espère que ce sera le cas de plus en plus.

22:58
Présentateur

Et ça, c'est différent en France, ou selon les pays où on se trouve, par exemple ?

23:01
Invité

On est plutôt en retard, en France. Et la presse française, en particulier, n'est vraiment pas en avance sur le reste du monde. C'est le cas aussi pour les marques et pour la publicité. On est plutôt très, très en retard. Marie-Claire a mis en couverture du numéro du 8 mars 2021. C'était une couverture plurielle. Il y avait huit couvertures pour le 8 mars 2021, pour la Journée internationale des droits des femmes. Et on avait parmi les personnalités, comme Annie Arnaud ou Aïssa Maïga, qui ont fait la couverture de ce numéro exceptionnel, on avait une mannequin française, considérée comme plus size, même si elle n'est pas grosse. Elle doit faire en 1942.

Qui s'appelle Odile Gautreau, qui est une jeune française, très belle, métisse, rousse, avec des taches de rousseur, et considérée comme ronde. Et cette jeune femme vient de m'écrire, il y a trois semaines, un mois, pour me demander une lettre de recommandation, parce qu'elle part faire carrière à New York. Et c'est malheureusement très souvent le cas de ces jeunes femmes qui ne correspondent pas aux critères de la taille 36 en France. Le marché est évidemment plus grand aux Etats-Unis pour des raisons démographiques, mais aussi pour d'autres raisons.

Et en Angleterre, qui est davantage comparable à la France que les Etats-Unis, on voit bien aussi à quel point ils sont beaucoup plus avancés dans la représentation de tous les types de corps. Donc le chemin est encore très long chez nous, même si on est sur le bon chemin. Le maillot de bain,

24:25
Présentateur

est-ce que c'est un vêtement qu'on limite absolument aux plages et aux piscines et qui n'est toléré que là ? Ou est-ce que c'est un vêtement en soi ? Est-il acceptable en dehors d'une zone très définie, Audrey Millet ?

24:38
Invité

Le vêtement est codifié, le survêtement est codifié, le tailleur est codifié, le maillot de bain l'est aussi. Parce que lorsqu'on a commencé à aménager les littoraux, donc à mettre des restaurants, un casino, un marchand de glace pour les touristes et pour les nouveaux arrivants, on a créé des codes. Parce que ce n'est pas un non-espace. Donc il y a des codes, il y a des endroits où on peut se baigner, il y a des endroits où on ne peut pas se baigner et ce vêtement correspond à un vêtement de plage. Donc ils se portent à la plage, ils se portent sur un bateau, donc des activités maritimes, liées à l'eau, à la piscine. Mais ces codes-là peuvent être très très différents selon les pays.

Moi je travaille à l'université d'Oslo et en fait il y a des saunas flottants à Oslo, donc vraiment devant l'opéra, en ville, et les gens se baignent, vont dans le sauna et ensuite sautent dans le fjord, ce qui la première fois fait quand même très très bizarre. mais ils sont comme ça au milieu des touristes, en maillot de bain. C'est très très différent d'en Italie par exemple. En Italie, une femme va porter son bas de maillot mais n'enlèvera jamais le haut. On ne montre pas ses seins. Au Brésil également, il y a un rapport à la maternité qui est différent, il y a une liberté dans les pays scandinaves qui est complètement décomplexée corporellement. Qu'a-t-elle Poulikin ?

Oui, pour rebondir sur votre question, je pense que les plus jeunes générations, certaines jeunes femmes, sont sans doute plus libres que ma génération ou d'autres générations encore plus âgées. Encore une fois, pas toutes les jeunes femmes, on ne va pas généraliser, mais enfin une part quand même de ces jeunes filles qui portent notamment toute l'année des crop tops, même en hiver, sous une chemise. Donc ces crop tops, c'est ces petites brassières assez légères et on se rend compte que beaucoup de jeunes filles portent ce crop top indépendamment de leur morphologie.

Donc je pense que dans l'espace social, l'espace public, j'ai envie d'espérer, de penser, en tout cas que notre regard collectivement s'habitue aussi à avoir tout type de corps. Et de l'autre côté, une marque de lingerie a mis récemment une femme en une de sa publicité, qui est une femme qui a une soixantaine d'années. Qui a de longs cheveux gris-blancs, des formes, des beaux seins lourds, du ventre qui correspond à sa belle soixantaine. Et cette femme qui s'appelle Carolina Ida Ours, qui a 61 ans exactement, je pense qu'elle a fait du bien à beaucoup de monde dans la rue, dans le métro à Paris, parce que, encore une fois, c'est important que le regard soit rééduqué aussi.

On est tellement habitués à voir un type de morphologie, un seul corps, que forcément, ça peut induire aussi à ce qu'on soit extrêmement durs avec nous-mêmes dans la salle de bain, comme le disait Audrey Millet.

27:47
Présentateur

On a Catherine de Saint-Nazaire qui nous dit à ce sujet, je suis assez contente de l'évolution de la mode, car elle intègre la diversité du public. à 64 ans, j'ai pu enfin trouver un maillot qui convient parfaitement à mon corps. Aujourd'hui, les mères ne portent pas les mêmes maillots que leurs filles et peut-être que les filles sont plus libres dans le choix de ce maillot ?

28:04
Invité

Je pense qu'il y a des mères qui portent les mêmes maillots que leurs filles. Ça dépend, mais je pense que la nouveauté, c'est qu'on a sans doute davantage le choix et que les représentations se renouvellent. Et donc, je pense que les femmes se sentent peut-être plus libres de s'autoriser ce qui leur fait vraiment plaisir et ce qui les rend vraiment libres.

28:24
Présentateur

Audrey Millet, sur cette évolution qui est en train de se passer maintenant de génération en génération ?

28:29
Invité

Moi, je trouve ça extraordinaire. Quand j'ai écrit ce livre, je suis évidemment allée voir des maillots de bain, bien entendu, et j'ai trouvé que quand même, le monde était vraiment meilleur aujourd'hui parce qu'on avait ce fameux une pièce terrible pour aller à la piscine et on était obligés d'y aller parce que ça nous permettait d'avoir notre bac et c'est quand même un mauvais souvenir pour tout le monde. Ensuite, il y a ce bikini qui est quand même rikiki, le triangle qui peut être tout petit, qui ne va pas convenir à tout le monde. Là, vous avez d'une pièce, du shorty, du boxeur, d'une pièce plongeant devant ou plongeant derrière, des culottes hautes qui sont revenues.

On a vraiment de tout. Donc, je crois que véritablement, en tout cas, on a le choix. On peut accepter son corps et il ne faut pas oublier quelque chose, c'est qu'on n'a qu'un seul corps. Donc, vu qu'on n'a que 24 heures également dans la journée, on ne va pas passer notre vie à faire du sport. Enfin, vous n'avez pas spécialement le temps, vous savez, après avoir donné à manger aux enfants, le bain, tout ça, ce n'est pas possible. Donc, il faut véritablement prendre son corps comme il est et le désagresser, le décapitaliser de toutes ces injonctions, oui, qui sont intégrées. Quand même, aujourd'hui, on fait des efforts. Je trouve que le monde du maillot de bain va mieux.

29:50
Présentateur

Est-ce qu'on peut dire la même chose des jeunes hommes ? Sont-ils aussi plus libres que ne l'étaient leurs pères ? Je repense à Frédéric qui nous parlait de sa liberté de mettre des strings sur la plage. Est-ce que ça vaut autant pour les hommes que pour les femmes ? Audrey Millet ?

30:04
Invité

Les hommes n'ont pas trop de choix, en réalité. Lorsqu'on va sur la plage, alors, vous avez plusieurs types de maillots pour les hommes. Vous allez au Québec, dans les piscines, ils vont avoir des shorts très très longs. Vous savez, un peu rappeurs, jésis, ce genre de choses. Ce n'est pas interdit pour l'hygiène. Chez nous, c'est interdit pour l'hygiène. Et ensuite, vous avez ce fameux slip de bain qui apparemment reviendrait. Mais j'attends quand même de le voir parce que, alors, c'est la génération de mes parents. Ensuite, notre génération...

30:39
Présentateur

Mais il a été un peu connoté aussi, pardon, ce slip de bain avec l'effet camping, etc. Il y a un peu l'effet beauf aussi auquel on l'a longtemps associé, en tout cas.

30:48
Invité

Alors, je crois que pour ne pas être le plouc en maillot de bain, il va falloir quand même être sacrément musclé. Vous voyez, avoir des atouts, de grands atouts. Mais messieurs, mettez des maillots de bain. Les slips aussi sont revenus. C'est très joli, les slips. Qu'est-ce que c'est le Poulikin ? C'est sûrement très joli, effectivement. Je pense que c'est... Je partage votre avis. Il y a beaucoup plus d'offres, beaucoup plus de choix. Et donc, ça va quand même tout à fait dans le bon sens. J'ajoute que la couverture de Marie-Claire, c'est un spécial sport, mais que ce n'est pas du sport injonction. C'est plutôt du sport pour se faire du bien. Ça ne voulait pas dire pour maigrir.

31:27
Présentateur

Oui, est-ce que ce n'est pas Fête du sport qui a remplacé le fait d'un régime ? Comment est-ce que ça se passe ? Non, justement,

31:33
Invité

c'est vraiment... Sinon, on n'aurait pas mis cette fille pour incarner ce numéro. C'est un numéro qui vante le sport, qui propose, en tout cas, le sport comme clé et de notre équilibre. Et c'est plutôt un sujet qui parle de santé mentale, de corps, d'anti-âge aussi. On a tout un sujet qui explique pourquoi le corps peut faire du bien. Et c'est une proposition, ce n'est pas une injonction. Il n'y a pas d'impératif sur nos couvertures, comme ce fut le cas pendant des décennies en couverture de magazines féminins. Chez nous, ça n'arrive plus et il n'y a pas non plus de spéciaux régimes dans Marie-Claire.

32:08
Présentateur

Alors, on a une question d'Estelle de Sologne que vous allez nous aider à décrypter parce que je vous avoue Elle nous dit il y a des mannequins pros de taille 34 qui reçoivent des contrats pour porter des fat suits, avoir un corps plus gros mais garder un visage fin pour maintenir les standards de beauté. J'espère que c'est en train de changer. Ça vous parle et décryptez-nous qu'est-elle Poulikin ?

32:27
Invité

Elle met le doigt sur une forme d'hypocrisie du milieu dont on peut en effet parler. C'est-à-dire que parfois on veut bien une mannequin qui a des rondeurs mais il faut que ce soit certaines rondeurs. Quand je dis on, ce n'est pas moi spécifiquement ni notre journal, bien sûr, mais dans l'industrie il arrive en effet que les représentations cherchent des corps qui soient minces à la taille par exemple mais avec des gros seins et des grosses fesses mais pas des grosses hanches etc.

C'est absurde évidemment mais ça arrive et de la même façon certaines marques se sont fait épingler récemment pour avoir pris lors de leur défilé de mode un mannequin un peu alibi qui est une fille ronde mais qui sert d'alibi et de couverture en quelque sorte à toutes les autres qui sont extrêmement maigres.

Donc là encore les femmes qui sont extrêmement informées grâce aux réseaux sociaux notamment et qui voient les défilés en direct maintenant sur toutes les plateformes digitales ne laissent pas passer grand chose et tant mieux donc il y a aussi une pression des lectrices des consommatrices des femmes qui regardent la mode et qui la consomment et tant mieux c'est-à-dire qu'il y a des marques qui sont je pense convaincues qu'il faut avancer qu'il faut bouger qu'il faut être plus écologique plus responsable d'autres moins et font quand même le chemin par cynisme et par intérêt business tant mieux pour nous d'une certaine façon.

Audrey Millet est-ce qu'on peut dire du maillot de bain qu'il est un vêtement politique aussi ?

Oui bien entendu alors il est politique déjà par féminisme tout simplement parce que c'est quand même un gain qui a été très très très long très long et tous ces féminismes du 19ème siècle alors qu'il s'agisse des suffragettes anglaises des françaises mais également du Brésil de l'Iran ont participé à la mise en place de ce corps autorisé de ce corps visible et c'est sur la visibilité que le maillot de bain est politique parce que lorsqu'on invisibilise une femme lorsqu'on la recouvre on se pose la question de ce qui a été dégagné pendant ces 2500 dernières années qu'est-ce qu'on est en train de nous reprendre ?

On voit actuellement ce qui se passe au niveau de l'avortement aux Etats-Unis ça avait commencé par la Pologne il y a deux ans il y avait des questions également des manifestations en Espagne chaque gain féminin doit être protégée car on le sait elles sont toujours en première ligne lorsqu'il y a une crise et ça a été le cas par exemple pendant le Covid donc ce maillot de bain est politique et ce maillot de bain est bien un étendard c'est un étendard pour nos filles c'est un étendard également pour notre bien-être pour notre corps et pour tous ces jours durant lesquels on a travaillé pendant l'année qui nous ont permis d'aller en vacances à un moment

35:20
Présentateur

pour finir je vous propose d'accueillir Nathalie au standard bonsoir Nathalie

35:25
Invité

bonsoir moi je vais donner un témoignage un petit peu anti-maillot de bain je suis une grande nageuse et à 57 ans cet été je me suis libérée du maillot de bain et j'ai nagé nue dans l'eau et je n'ai jamais connu cette liberté là il y a des plages naturistes tout à fait charmantes en France et c'est la la liberté totale au-delà de tous les complexes et je conseille cette aventure vraiment à tout le monde et mon mari aussi était tout nu et on était bien tout simplement

35:59
Présentateur

merci beaucoup Nathalie la liberté du maillot c'est aussi de l'enlever

36:03
Invité

je vous donne tout à fait raison Nathalie j'ai écrit l'édito du numéro dont on a parlé sur ça sur le fait de nager nu donc je vous rejoins Audrey Millet également ah oui oui c'est le total bonheur et ça arrive beaucoup en Scandinavie dans les rivières c'est très normal la nudité il n'y a pas de complexe vous voyez personne ne va vous regarder bizarrement encore moins qu'en maillot finalement ? ah oui mais alors finalement je me demande si c'est pas la meilleure tenue la nudité

36:31
Présentateur

et bien ça sera le mot de la fin merci beaucoup Audrey Millet qu'a-t-elle Poulikin merci à vous Audrey Millet je rappelle le titre de votre livre les dessous du maillot de bain aux éditions les pérégrines qu'a-t-elle Poulikin vous êtes co-auteur de Retro Cool comment le vintage peut sauver le monde aux éditions Flammarion et puis on rappelle que ce numéro de Marie-Claire le dernier est sorti propose un mannequin un peu différent vous avez fait un choix audacieux pour cet été c'est un mannequin qui finalement reprend les normes de la femme française parce que rappelons quand même ça fait du bien quelle est la taille moyenne des vêtements portés par les françaises

37:09
Invité

c'est 40% des femmes je vous rappelle

37:11
Présentateur

le chiffre de tout à l'heure font au moins une taille 44 voilà donc dans les maillots si on achète du 44 c'est que finalement on est dans la norme merci beaucoup c'est la fin de ce Téléphone Son merci à tous et à toutes