La machine démocratique est en train de se bloquer ! - Sébastien Chenu (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteÉludée
Est-ce que les justifications du Premier ministre vous ont convaincu ?
- 1:29OuverteRéponse directe
Pourquoi aujourd'hui vous envisagez cette présidentielle anticipée ?
- 2:33OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il reste à Emmanuel Macron aujourd'hui ?
- 3:56OuverteRéponse directe
C'est aussi un message qui a été envoyé au juge ?
- 5:42OuverteRéponse directe
Est-ce que l'État est à la hauteur à Mayotte ?
- 7:12OuverteRéponse partielle
Comment vous réagissez à la position du ministre de l'Intérieur sur Mayotte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« François Bayrou, parlant de Mayotte comme n'étant pas dans le territoire national »
- 1:42Invité politiqueFait
« la machine est en train de se bloquer peu à peu »
- 1:56Invité politiqueFait
« Il est là pour construire au mieux un budget pour 2025, mais pour le reste, on n'attend pas grand-chose de lui. »
- 2:41Invité politiqueFait
« la France s'est fait humiliée par Ursula von der Leyen »
- 3:04Invité politiqueFait
« Ursula von der Leyen, dont les commissaires européens, dont la composition de la commission, ont été élus, soutenus par les Républicains. »
- 4:07Invité politiqueFait
« le calendrier judiciaire trouvera sa finalité à la fin du mois de mars »
- 4:15Invité politiqueFait
« Marine Le Pen sera totalement relaxée, parce qu'elle est totalement innocente. »
- 6:15Invité politiqueFait
« Mayotte ploie sous une immigration qui l'empêche de pouvoir vivre normalement »
- 7:30Invité politiqueFait
« La première chose aujourd'hui, c'est d'abord la nécessité d'un recours à l'aide internationale »
- 7:56Invité politiqueFait
« l'Union européenne a financé pendant des années les réseaux d'eau à Gaza avec notre argent »
- 9:11Invité politiqueFait
« Une politique qui soit plus dure sur l'incarcération, qui devrait être immédiate »
- 14:01Invité politiqueChiffre
« 435 millions d'euros par an pour le Conseil économique et social »
Temps de parole
- Sébastien Chenu70 %
- Présentateur30 %
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Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Et bienvenue à la grande interview sur CNews et Europe 1. Vous êtes député du Nord, vice-président du Rassemblement National. Face aux députés, hier, le Premier ministre François Bayrou a tenté de justifier son déplacement à Pau et son absence physique à la réunion de crise à Paris au sujet de Mayotte. La France Insoumise, Sébastien Chenu, a dénoncé un naufrage hier à l'Assemblée. Et vous, est-ce que les justifications du Premier ministre, et plus largement d'ailleurs, ce premier face-à-face avec les députés, vous a convaincu ?
Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'était poussif, pas très convaincant. J'allais dire, comme disent les jeunes, ça n'envoie pas du rêve. François Bayrou, hier, moi j'avais l'impression d'être au croisement entre Raymond Barr et Édouard Balladur, c'est-à-dire quelqu'un de très décalé par rapport à la société d'aujourd'hui, quelqu'un de très décalé par rapport au rythme de la vie politique, au rythme de la vie de la nation.
Et pour le coup, c'est vrai que François Bayrou, parlant de Mayotte comme n'étant pas dans le territoire national, ou François Bayrou, préférant le conseil municipal de Pau à une réunion entière de suivi de cette dramatique crise à Mayotte, ce n'est pas tout à fait ce qu'on attend d'un Premier ministre. Moi, je ne veux pas l'accabler. Il prend ses marques, mais on sent bien que ça va être compliqué.
Vous ne voulez pas l'accabler, d'ailleurs, étonnamment, Marine Le Pen, ce matin, dans Le Parisien, l'épargne aussi, mais pour mieux attaquer, ou en tout cas constater, dit-elle, la fragilité du président. Elle estime, Sébastien Chenu, qu'Emmanuel Macron s'est fini, ou presque. Vous ne vouliez pas, il y a quelque temps, parler de démission. Pourquoi aujourd'hui vous envisagez cette présidentielle anticipée ? Pourquoi votre discours a changé ?
D'abord parce que François Bayrou nous montre que la machine est en train de se bloquer peu à peu. Et donc, si la machine se bloque, celui qui peut la débloquer, c'est le président de la République. L'arrivée de François Bayrou ne va rien changer, ne va rien impulser. Si François Bayrou croit d'ailleurs qu'il est là pour mener la politique du modem, il se trompe. Il est là pour construire au mieux un budget pour 2025, mais pour le reste, on n'attend pas grand-chose de lui. Et à partir du moment où la machine se bloque, où la France ne peut plus se réformer, ne peut plus avancer, eh bien, il faut que le président de la République en tire les conséquences.
Et je pense même, je vais vous dire, Sonia Mabrouk, que ce ne sont pas les oppositions qui demanderont ou qui feront partir Emmanuel Macron. Ce sont ses propres amis, ceux qui l'ont fait élire, des milieux économiques, des milieux politiques, qui lui diront à un moment, ça suffit, les dégâts, on arrête les dégâts. Il va falloir en tirer les conséquences. Et je pense que ceux qui ont créé Emmanuel Macron seront ceux qui le détruiront.
Qu'est-ce qu'il reste à Emmanuel Macron, selon vous, aujourd'hui ? La scène internationale, la scène européenne ? Même cela, Marine Le Pen ne lui accorde pas cette présence, cette action.
Oui, il est sûr que la scène européenne, quand on voit la façon dont il s'est fait humilier, et dont la France s'est fait humiliée par Ursula von der Leyen, Ursula von der Leyen, la grande amie d'Emmanuel Macron...
Certains vous diront que c'est le vide provoqué par la censure qui a fait que Mme von der Leyen a pris le dessus.
Non, la fameuse réunion dans laquelle Ursula von der Leyen a validé le Mercosur était prévue depuis des mois, on le sait très bien. Ursula von der Leyen, dont les commissaires européens, dont la composition de la commission, ont été élus, soutenus par les Républicains. Emmanuel Macron, sur la scène européenne, à l'international, il s'est fâché à peu près avec tout le monde, n'a plus grand-chose. Il a encore, j'allais dire, le ministère de la Parole, pouvoir peut-être donner des orientations au pays, en tous les cas, impulsé celle-ci, mais je crois qu'il est très peu écouté, je crois que même dans sa majorité, ils n'ont qu'un rêve, c'est de le passer par-dessus bord.
La majorité, qui n'est plus une majorité d'ailleurs, en tous les cas, le bloc central n'a qu'un rêve, c'est de se débarrasser d'Emmanuel Macron. C'est la raison pour laquelle je vous dis, ce sont ses amis.
Donc vous êtes prêts pour une présidentielle anticipée ?
Mais il faut l'être. Et Marine Le Pen l'est, elle travaille depuis longtemps d'ailleurs. Elle se prépare, notre mouvement se prépare depuis longtemps, en faisant élire des femmes et des hommes, en travaillant sur un programme, sur des propositions. Nous prenons au sérieux la situation du pays.
C'est aussi un message qui a été envoyé au juge, compte tenu de son calendrier judiciaire ?
Nous n'avons jamais mélangé les deux. Le calendrier judiciaire trouvera sa finalité à la fin du mois de mars. Et nous pensons, parce que moi j'ai encore confiance dans la justice de mon pays, qu'évidemment Marine Le Pen sera totalement relaxée, parce qu'elle est totalement innocente. Donc par conséquent, elle pourra se présenter à l'élection présidentielle de 2017.
Mais s'il n'y a pas d'exécution provisoire en mars prochain dans le procès, Marine Le Pen fera logiquement, Sébastien Chenier, appel de la décision. Et si tout cela intervient avant 2027, elle peut être candidate. C'est-à-dire que c'est le message envoyé au juge. Regardez, vous pourriez m'empêcher par votre décision d'être candidate à la présidentielle.
Est indiquer qu'elle souhaitait être candidate aux présidentielles ne date pas d'aujourd'hui, ni même du jugement. Ça fait très longtemps que Marine Le Pen a dit qu'à par elle, et aussi par malheur, il lui arrivait quelque chose, ce serait quelqu'un d'autre. Mais elle est en tous les cas la candidate naturelle de notre mouvement depuis très longtemps. Donc moi je pense qu'elle sera relaxée, parce que je pense que nous avons démontré la vacuité de ce dossier, le vide total de ce dossier. – Oui, je pense, oui, qu'elle sera relaxée. – La pensée magique ou… – Non, non, parce que j'essaie de réfléchir objectivement. J'ai assisté au tribunal.
– Oui, vous vous avez assisté, effectivement.
– Oui, j'ai assisté aux audiences, j'ai assisté à la plaidoirie des avocats. Et effectivement, dans ce problème organisationnel d'assistant parlementaire du Parlement européen, Marine Le Pen n'a rien à se reprocher. Donc je pense qu'elle ne sera pas condamnée et qu'elle sera présente devant les Français pour défendre une autre politique qui aura d'autres effets.
– Pour l'heure, Emmanuel Macron, qui est aux responsabilités, sera demain à Mayotte. Première nuit, Sébastien Chenu sous couvre-feu sur place. Il aura fallu des jours pour distribuer de la nourriture, pour rétablir en partie l'électricité. Mayotte 101e département français. Est-ce que l'État est à la hauteur ? Le ministre des Outre-mer ce matin sur Europe 1 a dit « l'État est au rendez-vous ».
– Ça fait longtemps que l'État n'est pas au rendez-vous pour nos compatriotes maorais. Je pense que cette terrible crise, comment ne pas avoir une pensée immédiatement ce matin pour nos compatriotes maorais, cette terrible crise qui est suite à cet ouragan, agit comme un révélateur en réalité, un révélateur de l'État de Mayotte. Ça fait très longtemps qu'au Rassemblement national, avec Marine Le Pen, on parle de Mayotte, on dénonce la situation de Mayotte, on explique que Mayotte ploie sous une immigration qui l'empêche de pouvoir vivre normalement. Ça fait des années, Marine Le Pen, déjà en 2018, déposait des propositions de loi sur la situation de Mayotte.
Et aujourd'hui, à cause de cette terrible cyclone…
– Il y a des constats, l'ancien ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin… – Ridicule. – Ridicule ?
– Ridicule, le plan Wambouchou, qui a démantelé, qui devait démanteler les habitants salubres, les bidonvules, a démantelé très très peu de celles-ci, qui devaient intervenir sur l'immigration illégale.
– Vous savez pourquoi certains magistrats ont mis un coup d'arrêt à se démantèner ?
– Bien entendu, mais ça veut dire que le cadre législatif n'est souvent pas adapté. Nous, nous avons demandé par exemple que le droit du sol soit supprimé à Mayotte, et pas seulement d'ailleurs. Mais où en sommes-nous ? C'est toujours pas une réalité ?
– Et maintenant, regardez, le ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, parle évidemment, la première des urgences, rappelons-le ce matin sur ces news européens, ce sont les vies humaines, c'est l'eau, l'électricité. Mais il évoque aussi, Bruno Rotaillot, le jour d'après, avec le défi migratoire, la France insoumise a dénoncé les obsessions racistes et xénophobes du ministre. Comment vous réagissez ? Est-ce que vous lui apportez votre soutien ?
– La France insoumise, qui était à la manœuvre pour les recours sur le fait de démanteler les bidonvilles, n'a rien à dire là-dessus. Ils ont laissé, ils ont défendu les comores qui tentent d'envahir Mayotte depuis des années. Franchement, la France insoumise devrait faire preuve de beaucoup d'humidité. La première chose aujourd'hui, c'est d'abord la nécessité d'un recours à l'aide internationale. Je pense qu'on devrait avoir une voix qui demande aux pays, l'Afrique du Sud par exemple, qui n'est pas très loin, de nous aider. Vous savez, la problématique… – La France donc a besoin d'aide extérieure. – Oui, on a besoin de l'aide internationale. Oui, on a besoin de l'aide de l'Union européenne.
Quand vous pensez que l'Union européenne a financé pendant des années les réseaux d'eau à Gaza avec notre argent, l'argent des Français, et que là, pour des Français, les Mahorais sont des Français comme les autres, et bien le réseau d'eau potable est détérioré depuis des années, et bien je pense qu'on devrait aussi demander à l'Union européenne de passer à la caisse, de dire que Mayotte, une île française, Mayotte a besoin de notre soutien, et bien Mayotte, pour son réseau d'eau potable, doit pouvoir compter sur l'Union européenne. Oui, je pense qu'on doit pouvoir faire appel à toutes les bonnes volontés.
– Défi humain et humanitaire d'abord, défi migratoire, vous l'avez dit, défi sécuritaire aussi, couvre-feu, d'ailleurs sur l'ensemble du territoire, parlons de ce qui s'est passé il y a quelques jours qui a beaucoup choqué les policiers Sébastien Chenus et ces fonctionnaires qui ont été agressés littéralement, lynchés à Nice. Les suspects ont comparu d'abord libres, et puis on a appris finalement que 3 des 5 suspects ont été déférés et placés en prison. Que vous ont inspiré ces images ?
– Un éternel recommencement. On a vraiment le sentiment dans notre pays que cet ensauvagement, enfin on ne trouve presque même plus les mots, et permanent, à tout niveau, dans toutes les villes, à tous les moments, et que l'histoire se répète sans cesse. Et puis il y a des politiques qu'on ne tente pas. – Lesquelles ? – Une politique qui soit plus dure sur l'incarcération, qui devrait être immédiate, avec des peines plus courtes, plus adaptées, plus immédiates, plus réalistes, c'est-à-dire faites de façon évidente, des politiques sur les parents, de responsabilisation des familles, des parents, expulsion de logements sociaux, retenues sur un certain nombre d'aides sociales.
Tout ça, ce n'est pas tenté, et pourtant ça fait des années que la situation se dégrade.
– Il y en a un qui souhaite tenter tout cela, et est-ce que vous lui apportez son soutien ? Est-ce que dans le prochain gouvernement, la prochaine équipe qui devrait être mise en place bientôt, quelqu'un comme Bruno Rotaillot est indispensable pour mener ces défis ?
– Mais il est indispensable s'il a les leviers, si on lui donne les moyens. Moi je crois que malheureusement, Bruno Rotaillot, et on l'a vu, a beaucoup parlé et a peu agi, ou en tous les cas a été forcément contraint.
– Qu'il y a eu le temps, avec votre censure, il n'a pas pu développer son volontarisme.
– Peut-être que de temps, mais aussi peu de moyens. Quand Bruno Rotaillot a, face à lui, Didier Migaud, garde des Sceaux, ministre de la Justice, il est borné.
– Là, avec cette nouvelle équipe, probablement il y aura plus de ministres de gauche. Vous avez censuré un gouvernement pour avoir un gouvernement avec probablement plus de...
– Non madame, c'est le « en même temps » qui tue les choses, à partir du moment où Emmanuel Macron et François Merroux...
– Et vous avez la garantie qu'il n'y aura plus du « en même temps » là ?
– Ah mais de toute façon, c'est pour ça que la situation, elle est liée à Emmanuel Macron. C'est lui qui bloque les choses. Bruno Rotaillot, par exemple, a perdu les arbitrages sur l'aide médicale d'État. C'est la ministre de la Santé qui avait dit « on continuera l'aide médicale d'État ». Bruno Rotaillot n'a pas été entendu sur la demande de référendum sur l'immigration que nous demandons depuis des années.
– Alors qu'est-ce qui vous fait dire que M. Bayroux, avec lequel vous êtes plus conciliant, si je vous écoute, ira vers ces arbitrages-là ?
– J'ose espérer qu'il ne mettra pas face à un ministre de l'Intérieur, si c'était Bruno Rotaillot, un garde des Sceaux qui sera là pour démanteler ce que pourrait faire le ministre de l'Intérieur. Tant qu'on est dans cette logique, elle est mortifère. J'espère que François Bayroux entend le cri de détresse des Français, le cri de détresse de nos forces de l'ordre, des policiers, mais aussi des pompiers, de tous ceux qui concourent à la sécurité au sens général de notre pays, qu'il les entend et qu'il comprendra que les Français ne veulent plus qu'on fasse de la nuance.
– La loi immigration pourrait passer à la trappe, c'est ce qui est demandé sous pression d'ailleurs à Bruno Rotaillot qui pourrait peut-être, on ne le sait pas, consentir à certaines concessions. Ce serait un test si cette loi est abandonnée ?
– Alors si Bruno Rotaillot ne fait pas de loi immigration et recule, alors il ne sert donc à rien. Je veux dire, si Bruno Rotaillot est ministre de l'Intérieur, c'est pour agir. Je plaide pour qu'il n'ait pas face à lui des ministres qui l'empêchent d'agir, comme je plaide pour le fait qu'il y ait une loi immigration. Mais si Bruno Rotaillot redevient ministre de l'Intérieur sans pouvoir faire de loi immigration, sincèrement, à quoi ça sert ?
– Que savez-vous en réalité de la ligne qui va être défendue par François Bayrou ? – Hier, on l'a entendu à l'Assemblée, à un moment il dit ce n'est pas par exemple la fiscalité, dans la fiscalité qu'on trouvera des solutions, un peu plus tard il parle possibilité de nouveaux impôts. Est-ce qu'aujourd'hui le député que vous êtes peut nous dire l'orientation qui va être prise pour le pays ?
– Non, malheureusement, et c'est bien le problème. Mais Marine Le Pen l'avait très bien dit, on a l'impression que ces hommes politiques montent à cheval et cherchent à s'y maintenir coûte que coûte. Ils ne savent pas où va le cheval, comment il y va, dans quelle direction pour faire quoi, mais il faut se maintenir sur le cheval. Et François Bayrou, héritier de 50 ans de vie politique, on a l'impression qu'il est monté sur un cheval dont il rêvait depuis toujours, pour aller où on ne sait pas, pour faire quoi on ne sait pas, pour enjamber quelle barrière on ne sait pas.
– Mais pardonnez-moi à vous écouter, j'ai presque l'impression que vous avez le doigt sur le bouton de la censure ce matin.
– Non, mais si François Bayrou ne tient pas compte des erreurs qu'a pu commettre Michel Barnier, tant sur la forme que sur le fond, il se dirigera lui aussi vers les mêmes conséquences, c'est-à-dire tôt ou tard, vers une censure. S'il a été attentif aux erreurs, aux incohérences de Michel Barnier et qu'il ne les reproduit pas, alors il pourra construire un budget s'il nous écoute, s'il nous entend, s'il retient des propositions. Vous savez, nous, ce sont toujours les mêmes. Protéger les Français, protéger leur économie, leur pouvoir d'achat, mais aussi les protéger dans le quotidien, d'où cette loi immigration.
– Et faire aussi des efforts d'économie. Votre partenaire Eric Ciotti, lui, veut faire des économies à la tronçonneuse. D'ailleurs, il s'inspire d'une, si je peux dire, d'un triangle, d'une trinité. Millet, l'argentin, Trump et Musk. Alors, il dit qu'il faut, Sébastien Chenu, éliminer certaines agences qui ne servent à rien, dégonfler la baudruche démocratique. À mon avis, ceux qui nous écoutent ou nous regardent ce matin seront à peu près d'accord. Mais s'il faut aller plus loin et toucher au cœur de la politique sociale ?
– Écoutez, il y a des bonnes dépenses sociales. Moi, je suis attaché à la solidarité nationale, mais évidemment pas à l'assistant. A raison pour laquelle nous nous considérons que la priorité nationale doit être instaurée dans notre pays pour un certain nombre d'aides sociales, pour des impôts, pour des aides qui sont non contributives. Nous pensons que les Français ont le droit davantage que des gens qui sont ou en situation irrégulière ou étrangers sur notre territoire. Maintenant, sur l'administration ou sur les agences d'État, évidemment, qu'Éric Ciotti a raison quand vous pensez que…
– C'est très libéral. Sur ça, nous sommes d'accord. – Non, mais sur les agences d'État… – Vous êtes prêts à… – Sur les agences d'État, je vous donne un exemple
qui n'est pas une agence d'État, mais qui est une structure. 435 millions d'euros par an pour le Conseil économique et social, dans lequel sont nommés uniquement des copains du pouvoir. Ces gens-là ne sont pas élus. On les nomme comme ça pour leur faire plaisir. Ils rendent des avis sur un certain nombre de sujets que personne n'écoute, qui n'intéressent personne. Et ils roulent carrosse toute l'année sur le dos des Français et se comportent comme de véritables notables d'un système qui ne défend pas les intérêts des Français. Donc ça, ça fait partie de ces choses. Il y a des doublons aussi dans les agences d'État. Il y a des choses qu'on pourrait fusionner.
Et là, on a des milliards d'économies à faire. Même chose sur la fraude, qu'elles soient sociales ou fiscales. Donc vous voyez, il y a des marges sur le millefeuille administratif. On pourrait reparler du rôle des régions. Moi, je crois que là aussi, il y a des marges de progression pour faire des économies.
Et pour conclure, si François Bayrou ne prend pas ce chemin, combien pourrait-il rester à la tête du gouvernement ?
Eh bien, le chronomètre est enclenché. C'est François Bayrou qui va nous dire en combien de temps il est capable de créer un budget qui protège les Français. Et puis, le sablier est retourné. Nous lui dirons, au moment où les derniers grains s'écouleront, s'il a rempli sa mission ou s'il mérite lui aussi de partir.
Merci Sébastien Chouinus. C'est votre grand détail sur CNews Européens. Je vous dis à bientôt.
Bientôt. Sous-titrage Société Radio-Canada
Sébastien Chenu