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interviewFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 28 juillet 2023 56 minContradictoire

Les arbres sont-ils devenus intouchables en France ?

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:16
Locuteur 8

Bienvenue dans le débat de midi sur France Inter, très heureuse de vous retrouver. Et aujourd'hui, nous sommes dans une forêt primaire, un paradis vierge de toute activité humaine. Ici, il n'y a plus de sentier, mais une nature ré-ensauvagée, peuplée de loups, de lynx et de bisons. Cette forêt en liberté est loin d'être un fantasme. Certains militent pour son retour en France, quand d'autres pensent qu'il n'est pas bon de revenir à la loi de la jungle. À l'heure où les forêts gagnent du terrain en France, peut-on se permettre d'abandonner toute logique économique pour lester des hectares non domestiqués ? Est-ce une bonne idée pour la planète ?

Aujourd'hui, l'arbre est notre meilleur allié pour lutter contre le réchauffement climatique. Il devient un bouclier, y compris en ville. La prise de conscience est énorme, si bien que la vision d'un arbre en train d'être coupé fait mal. Et pourtant, le paradoxe, c'est que les Français aiment le bois dans leur maison. Charpente, jouets, feux de cheminée, c'est quand même mieux que le plastique. D'où le débat. Couper des arbres, est-ce bon pour l'environnement ? Comment retrouver une gestion durable de nos forêts ? On est ensemble jusqu'à 13h sur France Inter.

Et pour ce débat sur l'arbre, sur la forêt, nouveau totem ou en tout cas sujet qui se politise, la preuve, nous avons reçu énormément de réactions sur la page du débat de midi, signe que la question exacerbe les tensions. Et pour débattre, j'ai à ma table un activiste, arboriste, grimpeur. Bonjour Thomas Braille. Bonjour. Vous êtes fondateur du Groupement National de Surveillance des Arbres et aussi un homme perché, car il vous arrive régulièrement de vous accrocher à des platanes pour embêcher leur abattage. Bienvenue à Tamouz et Lou, bonjour. Bonjour.

Vous êtes ingénieur forestier, secrétaire général de l'Union des coopératives forestières, premier gestionnaire des forêts privées françaises, et ça représente quand même 2,1 millions d'hectares. Bonjour également à Paloma Moritz. Bonjour. Vous êtes journaliste et réalisatrice en charge de l'environnement pour le média indépendant Blast. Et enfin avec nous en duplex de Lyon, Pierre Athanas, bonjour. Bonjour. Vous êtes vice-président de la métropole de Lyon en charge de l'environnement et de sa végétalisation. Et on commence tout de suite avec votre témoignage, Thomas Braille, puisque vous hissez régulièrement en haut des cimes pour militer contre l'abattage des arbres.

Comment ce combat a-t-il commencé ?

2:39
Locuteur 1

Alors déjà, merci de m'avoir invité. Je voulais juste signaler que je ne me définis pas comme activiste, mais comme simple citoyen et arboriste grimpeur. C'est mon métier. Comment ce combat a commencé ? Il a commencé en 2019 à Mazamé, dans le Tarn, où le maire avait un projet d'abattre 9 platans âgés de plus d'une centaine d'années. Et moi, ayant travaillé en cette ville en tant que jardinier pendant 10 ans, je connaissais bien ces arbres. Et il était inconcevable pour moi que ces arbres tombent, parce qu'ils avaient tout leur rôle à jouer. Ils étaient carrément plus à l'aplomb d'une route, donc voilà.

Et j'ai passé trois jours dans un platan, et sur les neuf qui devaient être abattus, j'en ai sauvé sept. Deux sont tombés, et suite à la médiatisation, bien entendu, tout ça s'est arrêté.

3:29
Locuteur 8

Et alors, pourquoi vous n'aimez pas le mot activiste ?

3:32
Locuteur 1

Parce que je trouve qu'aujourd'hui, on met un peu tout le monde dans des boîtes. Ça fait des clivages, je trouve. Moi, je suis simple citoyen de cette planète, et j'estime que mon métier, c'est les arbres, et que j'ai toute légitimité à en parler et à les défendre, puisque je les grimpe dans ma profession. Donc voilà, moi, je sais pourquoi je le fais.

3:53
Locuteur 8

Alors pourquoi vous le faites, justement ?

3:55
Locuteur 1

Parce qu'il y a un petit garçon qui est en régie, qui est mon fils, qui a 6 ans aussi, et que j'aime plus que tout. Et je pense qu'aujourd'hui, il va falloir trouver un petit peu plus d'humilité par rapport au monde du vivant et au végétal, et se dire que ce n'est pas les arbres qui ont besoin de nous, c'est nous qui avons besoin des arbres.

4:13
Locuteur 8

Et c'est pour ça, d'ailleurs, que vous avez passé 28 jours accrochés à un platane devant le ministère de l'écologie. Est-ce que vous avez l'impression que l'État prend conscience de cette urgence climatique ?

4:23
Locuteur 1

Alors, je suis désolé, je suis un petit peu en rupture avec le gouvernement, parce que j'ai travaillé pendant un an et demi avec eux, avec le ministère de la Transition écologique. A l'époque, c'était Mme Borne qui était ministre de la Transition écologique. Et justement, j'ai fait du bruit par rapport à un article de loi qui est l'EL 350-3 du Code de l'Environnement, qui interdit tout abattage d'arbres d'alignement en bonne santé. Et en un an et demi de travail, cet article de loi a régressé. Donc maintenant, il est en décret d'application, mais il est encore moins protecteur que ce qu'il était. Donc aujourd'hui, les préfets donnent des dérogations pour abattage.

Et on voit nos arbres tomber un petit peu partout. Et là, pour info, à Champigny, on nous appelait cette semaine, 180 platanes vont être abattues dans une allée pour faire l'allée.

5:05
Locuteur 8

Paloma Moritz, comment est-ce que vous voyez la société changer de regard ? Parce qu'il y a encore quelques années, des actions comme celle de Thomas Braille étaient aperçues de façon insolite, alors qu'aujourd'hui, les riverains se positionnent et le contactent pour alerter contre ces abattages.

5:21
Locuteur 4

Oui, il y a quelque chose qui est en train de changer, parce que je pense qu'on se rend compte qu'on a un lien sensible aux arbres qui nous entourent et aux vivants qui nous entourent de plus en plus. Et à la fois, en même temps, Baptiste Morizot en parle très bien, philosophe, qui parle de la crise de la sensibilité. Et il dit qu'on a tendance à croire que nous sommes la seule forme de vie intéressante, alors que nous sommes des vivants parmi les vivants, et que nous avons besoin justement des arbres pour pouvoir vivre et respirer. Et puis, on en parlera sûrement, faire face notamment aux effets du dérèglement climatique. Et de plus en plus de personnes prennent conscience de ça.

Et ont aussi fait, par exemple, pendant l'été 2022, le deuil de forêts qui les entouraient, dans lesquels ils avaient l'habitude d'aller se balader, etc. Et ça a été des événements assez traumatisants, en fait, pour beaucoup de Françaises et Français. Et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui se rendent compte aujourd'hui qu'on a besoin de ce vivant, y compris en ville, et que c'est grâce à ce vivant qu'on va s'en sortir. Et ce n'est pas en menant une guerre contre lui. Et c'est ce qu'on fait, malheureusement, aujourd'hui. La première cause d'extinction de la biodiversité, c'est la destruction des habitats.

6:23
Locuteur 8

Tamou Zélu, vous qui êtes ingénieur forestier, et qui gérez des millions d'arbres, vous avez une idée du chiffre ? Non, on ne peut même pas compter le nombre d'arbres que vous gérez via cette coopérative.

6:35
Locuteur 3

C'est en milliards.

6:36
Locuteur 8

En milliards. Comment est-ce que vous voyez l'action d'un défenseur des arbres comme Thomas Braille qui se bat pour, quelquefois, 1, 2, 3, 20 arbres ?

6:45
Locuteur 3

En tant que forestier, nous, on adore les arbres. Tout forestier aime les arbres, et c'est vraiment le sujet principal. Après, nous, on évolue dans le milieu forestier. C'est-à-dire que nous, l'arbre, ce n'est pas le tilleul, le marronnier ou le platane. Nous, ce sont des centaines d'arbres par hectare. Donc, un hectare, c'est 100 mètres sur 100 mètres. Et on en gère des milliers. Donc, on le voit de façon plus globale. On gère un écosystème qui est très complexe, sur un temps très long, qui est l'arbre. Et avec un regard de multifonctionnalité. C'est-à-dire qu'on regarde la forêt avec un rôle économique pour produire du bois, dont la forêt, dont la société a besoin.

Un rôle écologique, abriter la biodiversité. Et bien évidemment, un rôle sociétal qui fait que tout le monde adore se promener en forêt.

7:24
Locuteur 8

Et néanmoins, comment est-ce que vous vous qualifierez cette action ? Est-ce que vous trouvez qu'aujourd'hui, je ne sais pas, il y a une question de l'arbre qui est devenue un peu émotionnelle, ce qui fait qu'on a du mal à en parler de façon rationnelle ?

7:35
Locuteur 3

En fait, je distinguerais les cas. Il y a forcément de quel arbre on parle. Si c'est l'arbre multicentenaire qui est un cèdre dans un parc, effectivement, il faut le protéger. Effectivement, il est joli. Son rôle, c'est d'être de l'agrément, je dirais. D'arriver à pouvoir se promener avec des enfants autour d'un bel arbre, c'est majestueux. Est-ce qu'il faut l'élaguer ? Est-ce qu'il faut le couper ? Je pense qu'il y a des spécialistes qui vont pouvoir se dire, tiens, en termes de sécurité, faut-il le faire ou pas ? Moi, je suis moins dedans. Les forestiers pourraient peut-être avoir un apport au niveau des arbres, des arboristes, je dirais.

Et bien sûr, l'arbre en ville, il faut ramener la nature en ville. C'est évident. C'est très minéral, c'est de la pierre. L'arbre en ville, c'est du paysage. C'est du carbone qui est stocké également. L'arbre en ville, il est très mal traité. Mais ça, je pense que Thomas Paille pourra en reparler davantage. Et donc, du coup, il apporte un confort. Il n'apporte pas une production de bois.

8:26
Locuteur 8

Bien entendu. Pierre Athanas, vous qui êtes président de la métropole de Lyon en charge de l'environnement et de la végétalisation, de temps en temps, il faut couper des arbres en ville qui sont malades ou dangereux. Est-ce que ça génère des conflits dans la métropole de Lyon ?

8:40
Locuteur 5

Alors, on essaye d'anticiper, évidemment, ces conflits. La métropole de Lyon, cette saison, a planté 24 884 pour être précis. Et bon an, mal an, on abat entre 300 et 500 arbres pour des raisons sanitaires. Soit les arbres sont malades, soit les arbres sont dangereux parce qu'ils sont devenus creux, parce qu'il y a eu des champignons. Donc, on fait cet équilibre-là. Et pour bien informer la population et surtout les riverains qui sont au contact de ces arbres tous les jours, ces arbres appartiennent au quotidien de la vie des grands Lyonnais, quand on doit les abattre, on fait une information au pied par pied.

C'est-à-dire que sur l'arbre qui va être tombé, on met une affiche en disant, « Ben voilà, l'arbre va être abattu, on laisse un délai d'à peu près deux semaines pour telle et telle raison ». Et il y a un numéro de téléphone du technicien qui gère le secteur. Si le riverain se pose des questions, est-ce que l'abattage est justifié ? Moi, je ne comprends pas, l'arbre, il est toujours vert et pourtant on me dit qu'il est en mauvais état. Il peut appeler le technicien et avoir une conversation directement avec lui. Et ça nous évite évidemment énormément d'incompréhension et globalement, ça se passe bien.

Alors après, et j'entendais bien Thomas Braille tout à l'heure parler effectivement de ces abattages, lorsqu'il y a des projets, des projets d'aménagement, des projets d'urbanisme et tout, on est évidemment confronté à ça. Or nous, sur la métropole de Lyon, on est quand même dans une dynamique où on plante beaucoup plus d'arbres. On a vraiment multiplié le budget et les plantations depuis notre arrivée. il y a trois ans, mais de temps en temps, effectivement, parce qu'on va faire un tram, parce qu'on va construire une école, etc., il faut abattre des arbres, des arbres qui sont sains. Donc là, c'est vraiment de l'information, c'est des réunions publiques, c'est vraiment expliquer pourquoi.

On fait vraiment le maximum pour garder les arbres, pour garder les arbres une fois que le chantier va être fini, mais surtout parce que c'est là que l'arbre souffre le plus, c'est pendant sa phase chantier. Donc c'est effectivement énormément de travail par rapport à ça.

10:42
Locuteur 8

Et alors, vous avez beaucoup planté, mais est-ce que c'est possible de créer des forêts urbaines ? Est-ce que ça fonctionnerait, par exemple, dans une ville comme Paris ?

10:49
Locuteur 5

Alors, Paris a des difficultés, donc il y avait annoncé la création de plusieurs forêts urbaines et un petit peu des difficultés pour les réaliser. Sur Lyon, on a plus de chances. Alors, parce que aussi, je parle bien de la métropole de Lyon qui comprend Lyon, mais également 58 autres communes avec un territoire qui est plus grand, qui est plus varié. Mais même en centre-ville, pour ceux qui connaissent Lyon, à la sortie de la gare de la Pardieu, nous allons créer un boisement d'un hectare sans, vraiment un hectare avec de la plantation forestière.

On ne sera pas dans un square, on sera vraiment dans un boisement, un boisement d'un peu plus d'un hectare qui va communiquer avec des espaces verts qui sont proches, qu'on va agrandir, qu'on va planter de façon plus dense. Mais le fait d'avoir de véritables forêts en milieu urbain, même si effectivement c'est petit, un hectare je le conçois, mais ça va être de véritables îlots de rafraîchissement et ça va être des îlots de biodiversité. Et ça, c'est vraiment très important.

11:47
Locuteur 8

Parce qu'il y a cette idée que quand on coupe un arbre en ville, on peut compenser par le fait d'en planter un autre. Mais ça, un auditeur n'est pas du tout convaincu, il s'est enregistré sur l'application France Inter.

11:59
Locuteur 6

Il y a un sujet qui mérite selon moi des données statistiques, chiffrées, précises. Ce sont tous les arbres, les jeunes arbres que l'on plante pour compenser des abattages parfois abusifs et que l'on voit surtout en ce moment sécher, griller au soleil sous des températures extrêmes. Les compensations sont souvent un écran de fumée, un leurre. Mais quand en plus, on laisse mourir les arbres sur place, ça devient un scandale.

12:28
Locuteur 8

Merci Thomas et n'hésitez pas à réagir sur l'application France Inter. Thomas Braille, quand on coupe un arbre, il suffit d'en planter un autre ?

12:36
Locuteur 1

Non, ce n'est plus comme ça que ça marche aujourd'hui, ça s'est terminé. Aujourd'hui, on atteint des températures tellement caniculaires maintenant les étés que les jeunes plantations que l'on fait dans l'hiver, j'en ai notamment repéré en venant à Gardos Terlitz, il y en a plein d'arbres qui sont morts. En fait, ça ne fonctionne plus. À partir de 40 degrés, un végétal ferme son système hydrique. Il n'est plus en capacité d'absorber, soit par les racines, soit par les poils absorbants qu'il a sous les feuilles. Et donc là, on assiste vraiment à un vrai dépérissement.

Et les seuls arbres de valeur aujourd'hui et qui passent les canicules, ce sont les grands arbres majestueux que vous avez dans les villes. Et notamment les platanes. Les platanes, ils ne subissent pas la canicule. Ils sont toujours là, ils sont présents, parce qu'ils ont un système racinaire qui est fort et puissant. Mais les arbres que l'on va planter maintenant, aujourd'hui, avant, il fallait les suivre à l'arrosage pendant 2-3 ans. Maintenant, je ne sais pas combien de temps il va falloir les suivre, mais comme je vous ai expliqué, à partir de 40 degrés, il n'est plus en capacité d'absorber de l'eau. Donc vous l'arrosez, en fait, et il meurt quand même.

13:38
Locuteur 8

Paloma Moritz, d'ailleurs, vous dénoncez un genre de greenwashing, c'est-à-dire qu'on dit, bon, ce n'est pas grave, on coupe un arbre, mais on va en replanter un. Vous pouvez prendre l'avion. D'ailleurs, vous allez donner un euro pour replanter des arbres à l'autre bout de la planète.

13:51
Locuteur 4

Alors, c'est plutôt sur ça, oui, qu'il y a le greenwashing. C'est qu'aujourd'hui, on a un peu cette idée qu'on va pouvoir compenser nos émissions de CO2 et donc pouvoir avoir exactement les mêmes modes de vie tant qu'on plante des arbres à peu près partout. Alors déjà, il n'y a pas assez de surface dans le monde pour planter assez d'arbres pour compenser nos émissions. Et ensuite, c'est un leurre parce qu'il y a une question de temporalité.

Quand on prend un avion, par exemple, et qu'on nous propose donc de donner quelques euros supplémentaires pour compenser ce vol avec de la plantation d'arbres, eh bien, en fait, quand on prend un avion, le CO2, il est mis directement dans l'atmosphère et donc il réchauffe directement le climat. Et les arbres qui vont être plantés pour compenser ces émissions-là, en fait, ils vont mettre plusieurs années, parfois 20 à 30 ans, pour absorber, en fait, ce CO2. Parce qu'un arbre, quand il est très jeune, il absorbe peu de CO2 parce qu'il a peu de feuillage, il a peu de tiges, etc.

Et surtout, à condition que cet arbre ne dépérisse pas à cause de la sécheresse ou des effets du dérèglement climatique, ce qui se passe de plus en plus en France. On a une mortalité des arbres qui a augmenté de 54% en 10 ans. C'est complètement hallucinant. Et si cet arbre ne brûle pas, parce qu'en fait, quand l'arbre brûle, il libère la grande partie du CO2 qu'il a absorbé. Donc, c'est aussi... On utilise, en fait, les arbres, aujourd'hui, malheureusement, pour faire du greenwashing sans comprendre la façon dont les choses sont faites.

Et la dernière chose, c'est aussi que souvent, dans les projets de replantation, ce sont des projets où on ne va planter qu'une seule espèce d'arbre, ce qui n'est pas forcément très bon pour la biodiversité et qui est encore moins bon pour que les forêts soient plus résistantes justement aux canicules et aux feux de forêt. Parce que quand on a une seule même espèce d'arbre, en fait, les forêts vont brûler beaucoup plus vite.

15:22
Locuteur 8

Tamouz, Zélo, justement, en tant qu'ingénieur forestier, en termes de stockage de carbone, est-ce qu'un arbre jeune vaut autant qu'un arbre vieux et mature ?

15:31
Locuteur 3

Il y a plusieurs sujets. Tout à l'heure, on parlait des arbres. Il y a la beauté de l'arbre. Là, quand on parle d'un arbre en ville qu'on a coupé, on va assurer les citoyens pour dire qu'on va revoir ce dernier.

15:39
Locuteur 8

Mais sur le stockage de carbone, juste, est-ce qu'un arbre jeune aspire et stocke autant de carbone qu'un arbre vieux, mature, sans terre ?

15:47
Locuteur 3

Un arbre qui est en pleine croissance va absorber plus de carbone qu'un arbre qui est sénécent. Ça, c'est évident. Maintenant, c'est sur quelle temporalité on parle. Et après, la question que nous, on voit en tant que forestier, c'est quand l'arbre est jeune, c'est-à-dire qu'avant, lui, il y avait un autre arbre. Maintenant qu'avons-nous fait du bois, le bois qui stocke le carbone dans des produits qui sont majestueux. La charpente de Notre-Dame, par exemple, qui a été utilisée il y a 800 ans, elle a stocké du carbone pendant 800 ans. Rendez-vous compte. Et donc, maintenant, il y a d'autres projets qui permettent de dire tiens, quel usage du bois qui est fait ?

Il stockera du carbone et ce bois-là va venir peut-être en substitution d'autres énergies ou d'autres matériaux qui seront plus énergivores et qui seront, d'un point de vue carbone, très, très négatifs.

16:25
Locuteur 8

Ce que vous voulez dire, c'est qu'en fait, couper et renouveler la forêt, quelque part, c'est un acte écologique.

16:30
Locuteur 3

Exactement. C'est un acte écologique dès lors qu'il est fait dans des règles qui sont carrées. Donc, nous, nous sommes à Zé en France. Donc, couper un arbre en France dans une forêt qui est gérée, qui est un document de gestion validé par l'État, effectivement, c'est un acte écologique plutôt que de couper un arbre, j'allais dire, dans d'autres pays du monde et sans parler du transport. On sait ce qui est fait en France et utiliser du bois, c'est écologique.

16:50
Locuteur 8

Thomas Braille, vous êtes d'accord avec...

16:52
Locuteur 1

Oui et non. Si on parle que des forêts avec des modèles économiques, enfin, ce ne sont même pas des forêts, on appelle ça des plantations, c'est-à-dire qu'on va planter le même arbre en randonnion sur ce modèle économique-là, non, je ne suis pas d'accord parce qu'ensuite, on va passer sur de la coupe rase et puis on va replanter. Mais on n'est pas du tout sur un modèle de forêt. Par contre, si on parle de forêts géré en futé irrégulière avec des arbres de différentes hauteurs, avec une gestion durable et toujours en couvert végétal qui va protéger le sol, là, je suis d'accord, il n'y a pas de souci. Le bois, on en a utilisé depuis la nuit des temps.

On en a toujours besoin, on en aura toujours besoin. Mais ce qu'on déplore aujourd'hui et d'ailleurs, je pense que les médias ont été assez informés qu'il y a 15 jours, on a réalisé une action avec Canopé au siège d'Alliance Forêt-Bois à Bordeaux pour dire stop, au coupe rase, ça suffit.

17:42
Locuteur 8

C'est-à-dire à la logique industrielle finalement de la forêt dominée par une économie du bois,

17:47
Locuteur 1

c'est ça ? Tout à fait, parce que dans ces forêts-là, il faut savoir qu'il n'y a aucune biodiversité, plus aucune biodiversité. On nous dit que les arbres sont matures à 40 ans, c'est faux. Un Douglas, ça peut vivre bien plus, on peut sortir bien plus de matière d'un Douglas. Mais cet arbre-là, j'ai envie de dire, on le dépeint en permanence, mais c'est un arbre magnifique, le Douglas, mais mixé avec d'autres arbres parmi des feuillus, parmi des forêts diversifiées, oui, mais il va falloir aussi penser à revaloriser les bûcherons qui ont des tronçonneuses à main plutôt que de faire que de l'industrialisation avec des grosses machines qui abîment tout.

18:16
Locuteur 8

Tamou Zellou, à partir de quel âge pour vous, un arbre est considéré comme mature ?

18:21
Locuteur 3

Tout dépend de l'usage qui va être fait. Nous, en tant que forestiers, on raisonne sur trois piliers, un pilier économique, un pilier écologique, un pilier sociétal. Et il n'y a pas une forêt en France, il y a des forêts en France. Vous avez 3,4 millions de propriétaires forestiers qui ont leur propre vision de leur forêt et vous avez autant de situations différentes. Donc, du coup, il n'y a pas de nécessité de dire à tel âge, il faut couper ou pas couper.

C'est-à-dire qu'à un moment, vous avez des produits bois dont la société française a besoin et selon les situations, certains résineux, vous allez les récolter à 40 ans, 45 ans, d'autres à 80 ans, d'autres à 120 ans et pour les feuillus, c'est le même principe.

18:54
Locuteur 8

Et aujourd'hui, on coupe les arbres comment ? Alors, à la main, avec une tronçonneuse, avec des machines, comment ça se passe ?

19:00
Locuteur 3

Alors, heureusement, notre filière a évolué. C'est quand même quelque chose qui est important. On se modernise, contrairement à ce que certains peuvent penser ou imaginer. On récolte des arbres avec, quand c'est du résineux, souvent des machines qui permettent d'assurer une sécurité pour les personnes qui est le point prioritaire numéro un pour nous qui leur permet également d'avoir une ergonomie dans leur travail. C'est-à-dire qu'un bûcheron qui travaille à 20 ans, à 50 ans, il a le dos cassé s'il est encore vivant. Est-ce que c'est viable ? Est-ce que c'est durable ? Donc non. Donc, les machines remplacent certains bûcherons.

Par contre, ces bûcherons-là, on en a énormément besoin pour certains types d'arbres, les gros feuillus, les arbres en pente. Et donc, du coup, on a besoin de tout. Et c'est ce mélange-là que tous les forestiers utilisent et essayent de gérer au mieux selon leur situation.

19:38
Locuteur 8

Thomas Braille, justement, sur cette question des machines.

19:41
Locuteur 1

Il faut savoir qu'une machine, ça prend le travail de 10 à 15 bûcherons. Donc voilà, ça déjà aussi, c'est de la perte d'emploi, clairement. Mais j'ai envie de dire, comme je le disais, si ces métiers-là, ils étaient mieux valorisés, et bien ça...

19:55
Locuteur 8

Mais sur la question des diamètres, par exemple. Il y a cette idée que la machine...

19:58
Locuteur 1

Alors, il faut savoir que les têtes abatteuses, ce sont ces machines avec des grands bras, des bras télescopiques, avec une pince et une tronçonneuse au bout. Ces machines-là, elles sont équipées pour récolter un diamètre de 40. Donc quand on dit qu'un arbre est à maturité à 40 cm, il n'est pas du tout à maturité. Il est adapté, la machine... Enfin, l'arbre est récolté parce qu'il est adapté à l'outil et à la machine. C'est tout, quoi.

20:21
Locuteur 8

Thomas... Pardon, Tamuzelou, pardon, excusez-moi. Je vous voyais faire non-non de la tête.

20:26
Locuteur 3

Non, mais là, c'est une caricature. En fait, moi, je viens du terrain, je suis ingénieur forestier, je connais très bien ce secteur du machinisme forestier. Dire que les machines coupent des arbres à 40 cm, c'est totalement faux. C'est rendre le débat binaire. Et moi, sur France Inter, aujourd'hui, j'aimerais qu'on apporte à vos auditeurs des éléments factuels et de compréhension. Une machine, ça peut couper des arbres qui ont 15 cm de diamètre. Ça peut le faire aussi avec 70 cm de diamètre. Raisonner uniquement pour dire c'est que ça et ça détruit la forêt. Absolument pas. On a des guides, on a des formations. Je pose une question.

Est-ce que vous avez des salariés à qui vous pouvez dire utilisez une tronçonneuse et puis ce soir, peut-être que vous rentrerez vivant chez vous ? Peut-être pas. Est-ce qu'en 2023, c'est audible ? Non. Est-ce qu'on a des bûcherons en France ? C'est compliqué. Qui veut devenir bûcheron ?

21:13
Locuteur 8

Et justement, d'ailleurs, les bûcherons sont souvent victimes d'incivilité aujourd'hui.

21:18
Locuteur 3

Malheureusement, parce qu'en fait, dans ce débat caricatural qui est porté par certains, ils sont les premières victimes d'actes de vandalisme que nous dénonçons. Thomas Braille a évoqué une action illégale menée il y a 15 jours que nous dénonçons également sur des rapports qui sont mensongers et qui rendent le débat binaire. Et moi, j'aimerais bien sortir de ce sujet-là. Les bûcherons font le travail de la meilleure façon possible et je les remercie. Les travailleurs forestiers, les entreprises de travaux forestiers partout en France font un travail compliqué. Là, aujourd'hui, il pleut sur Paris. C'était de la canicule il y a un mois.

Ils se lèvent, ils travaillent à 7 heures du matin, ils rentrent fatigués et sur des réseaux sociaux, ils voient des bobos qui commandent des messages pour dire vous détruisez la nature. Ce n'est absolument pas ça. Il y a du professionnalisme en forêt. On est une filière dynamique. Maintenant, notre enjeu et je pense un enjeu commun, c'est d'arriver à dire comment pouvons-nous faire mieux ?

22:03
Locuteur 4

Paloma Moritz. Oui, moi, j'ai une question pour vous parce que je ne sais pas si vous avez entendu parler du travail que fait Laurent Sillon qui est responsable de biodiversité à l'Office National des Forêts et qui fait quelque chose qui me semble assez intéressant, c'est-à-dire en fait de s'inspirer du fonctionnement de la nature pour gérer les forêts et de dire que le premier filtre pour ça, c'est la biodiversité.

Et donc, en fait, d'avoir une gestion partagée des forêts, c'est-à-dire à la fois des îlots de biodiversité, des endroits qu'on laisse entièrement tranquilles, on laisse la nature tranquille, des corridors pour les animaux et d'autres endroits où on va couper le bois, certains arbres, mais pas tous les arbres. On va en laisser certains qui vont abriter des espèces et qui vont aussi réguler un peu les écosystèmes. Et en fait, tout ça, de prendre la biodiversité comme premier prisme, leur permet d'avoir un très bon rendement en bois mais aussi de rendre les forêts plus résistantes à la fois aux maladies, au réchauffement climatique, etc.

Et c'est quelque chose qu'il a commencé à expérimenter dans la forêt de Rambouillet et moi, je me demandais pourquoi est-ce que cet exemple-là, il n'est pas répliqué beaucoup plus massivement en France et pourquoi il n'y a pas des moyens qui se sont donnés à ça ?

22:59
Locuteur 3

En fait, on a une réponse, c'est-à-dire qu'il y a effectivement des forêts françaises. Après, ce qui nous dessert au niveau forestier, c'est le temps long. Les expérations de l'ONF sont très intéressantes pour tous les forestiers, que ce soit des gestionnaires forestiers publics ou privés comme pour les coopératives. On observe ce qui se passe mais le temps, l'inertie forestier fait que ce n'est pas du jour au lendemain qu'on peut savoir comment se passer. Mais si on ne commence pas

23:21
Locuteur 4

maintenant, on peut vraiment savoir en quelque sorte.

23:23
Locuteur 3

Mais qu'est-ce qui vous dit qu'on n'a pas commencé maintenant ? Je vous pose la question. Oui, on a déjà commencé. Les travaux de Laurent Tillon sont ici. 30 ans avant lui, il y avait d'autres travaux. 50 ans avant lui, il y avait d'autres travaux. L'école des eaux et forêts datent il y a maintenant au moins 200 ans. Et ce que l'on sait aujourd'hui en 2023 ne sera pas forcément la vérité de 2123.

23:39
Locuteur 8

Pierre Athanas, justement, vous vouliez intervenir. Est-ce que vous trouvez ce débat un peu binaire ?

23:44
Locuteur 5

Voilà. Mais avec des choses intéressantes. Je vais revenir peut-être sur quelque chose qu'a dit tout à l'heure Paloma Moritz sur le fait des aliments monospécifiques et elle a complètement raison. Autant sur les alignements en ville, à une époque, on identifiait les villes ou on identifiait les rues selon les essences. Maintenant, il faut absolument mélanger les essences et il ne suffit pas de mélanger les essences. Ce qui est important, c'est de mélanger les strates. Il faut absolument que dans nos villes, pour les rafraîchir, et ça, c'est vraiment très important, on est vraiment dans une course actuellement contre le dérèglement climatique et contre les températures, contre les canicules.

Il nous faut absolument planter des alignements avec des très grands arbres, des arbres plus petits, des grands arbustes et des couvre-sol. On a sur la métropole de Lyon, à Lyon même, dans le quartier de la Pardieu, une station qui enregistre deux sites différents, un alignement très régulier de platane et ce même alignement qui a été planté il y a quelques années avec des strates intermédiaires et on a des résultats qui sont juste énormes en matière de température. C'est 4,7 degrés en moyenne sur les 4 mois d'été. En période de canicule, c'est 7,2 degrés qui sont gagnés. Donc évidemment, il faut revoir complètement la façon de planter nos arbres en ville.

Et par rapport à ce que disait Thomas Braille, effectivement, c'est plus dur de planter maintenant qu'il y a quelques années. Mais il faut aussi revoir les principes de plantation. Et on va continuer. On évite au maximum de planter des arbres un et puis un autre et puis un autre mais de faire des banquettes continues, de récupérer l'eau de fluide et on est vraiment dans une stratégie de désinperméabilisation sur la métropole de Lyon. De façon à récupérer l'eau de pluie, déjà, elle ne va pas dans les stations d'épuration. On l'a utilisée sur place et on a des résultats qui sont très très bons.

Et on le voit même l'année passée avec 3 canicules, une sécheresse très intense, on a eu 2 à 3 % de pertes ce qui équivaut à des années normales. Et on va continuer et on va continuer Pierre Athanase.

25:39
Locuteur 8

Et on va continuer à parler de cette stratégie pour une forêt durable parce qu'on voit bien qu'il y a quand même des conceptions de la nature qui n'ont pas s'opposent mais en tout cas se répondent en tout cas et on va se demander s'il faudrait aussi laisser une partie de nos forêts vierges de toute intervention humaine. Le rêve d'une forêt primaire excède autant qu'il fascine.

26:02
Locuteur 9

C'était Marguerite Thiam,

28:06
Locuteur 8

plus rien n'est grave.

28:08
Locuteur 7

Et on est toujours ensemble

28:15
Locuteur 8

jusqu'à 13h sur France Inter pour se poser une question comment retrouver une gestion responsable durable de nos forêts toujours en compagnie du premier gestionnaire des forêts privées françaises Tamou Zellou de la journaliste Paloma Moritz du défenseur Thomas Braille et du vice-président de la métropole de Lyon Pierre Athanase. Et on a reçu énormément de messages d'auditeurs notamment celui de Denis qui dit les forestiers sortent toutes les coupes à blanc il ne reste rien sur le sol donc appauvrissement de la fertilité et de l'érosion et au contraire d'un auditeur qui salue la gestion des forestiers.

28:53
Locuteur 2

Je profite pour exprimer mon point de vue qui serait de dire que les sylviculteurs en France en tout cas s'apparentent leur métier à un travail d'épicerie fine c'est du détail qu'on fait dans la forêt c'est un travail de minutie tout n'est pas fait en vente en gros ou en gros tout est vérifié à part celle près donc pour ça je voudrais vraiment remercier les forestiers français pour effectuer ce travail de détail qu'il fait dans la forêt française au vu du territoire qu'on a.

29:19
Locuteur 8

Merci à Paul pour cette réaction je vous invite aussi à réagir pendant ce direct Tamouz et Louvou qui gérez 2,1 millions d'hectares de forêt privée ça vous semble une bonne image l'épicerie fine ?

29:31
Locuteur 3

En fait ce qui est important c'est de savoir intervenir au bon moment au bon endroit c'est ça peut-être que je retiens sur ce thème d'épicerie fine le forestier qui est formé il regarde sa forêt et il regarde les enjeux qui s'offrent à sa forêt le climat nous fait nous oblige à agir on le voit depuis maintenant on a une feuille de route adaptation de la forêt changement climatique qui a été produit en 2019 et on voit qu'on perçoit des choses que la société ne voyait pas et notre rôle de forestier c'est de prendre soin de cette forêt de récolter par endroit d'entretenir la de débroussailler et toujours avec ce regard de spécialiste qui fait qu'on maintiendra ces forêts vivantes

30:04
Locuteur 8

vous avez l'impression d'entretenir la forêt c'est-à-dire que vous devez la gérer c'est le rôle de l'homme de gérer sa forêt

30:12
Locuteur 3

c'est notre responsabilité c'est même plus que notre rôle en fait la société française et même européenne a besoin d'avoir du bois pour se loger pour utiliser dans son quotidien des produits à base de bois et comment amener ce bois de façon la plus durable possible sur le long terme on va vraiment sur le long terme tout à l'heure on parlait d'arbres qui ont entre 40 ans et 150 ans qui résonnent de nos jours à 150 ans donc la responsabilité du forestier c'est de maintenir une forêt vivante de produire du bois dont la société a besoin et de façon le plus professionnel possible avec le moins d'impact

30:44
Locuteur 8

Thomas Braille une forêt doit rester vivante elle a besoin de l'homme pour rester vivante la forêt ?

30:50
Locuteur 1

écoutez on va faire un distinguo parce que j'ai l'impression qu'on va perdre les auditeurs il y a deux sortes de modèles de gestion dans les forêts il y a les gestionnaires les gros gestionnaires d'accord qui font de la coupe rase et qui nous mettent des plantations d'arbres en ligne ça c'est très très très mauvais pour les forêts et vous avez d'autres gestionnaires comme Pro Silva par exemple je prends comme exemple qui font ce que faisait l'ONF il y a quelques années d'accord c'est-à-dire on prend cet arbre au fond là-bas celui-là on le garde parce que c'est une niche écologique celui-là là-bas on va le prélever là on est sur un prélèvement qui est judicieux on est bien d'accord et j'aimerais aussi dire une chose c'est que moi je me chauffe au bois parce qu'à un moment donné on me dépeint un petit peu dans tous les sens je me chauffe au bois j'ai un hectare de forêt que je gère durablement je vais pouvoir me chauffer au bois toute ma vie mon fils va pouvoir se chauffer au bois toute sa vie avec ces mêmes hectares pourquoi ?

parce qu'on le gère durablement c'est-à-dire qu'on ne prélève que certains bois à certains endroits c'est ça et c'est ce regard-là aujourd'hui et ces gros gestionnaires de forêt privée je suis désolé mais je vais encore taper sur Alliance Forêt Bois comme Alliance Forêt Bois qui a pris tout l'ouest de la France est en train de transformer nos parcelles de feuilles diversifiées en monoculture de Douglas et je le constate dans le Tarn voilà

32:03
Locuteur 8

Alliance Forêt Bois pardon je ne les connais pas forcément Tamouz et Lou qu'est-ce que vous pensez de cette société puisqu'on les accuse

32:10
Locuteur 3

là on est encore sur une caricature qui est colportée Alliance Forêt Bois c'est un adhérent de mon union mais moi c'est pas ça le propos je ne vais pas répondre individuellement sur le cas la société française a besoin d'avoir du bois maintenant notre enjeu à nous forestiers c'est de dire comment est-ce que la forêt peut répondre à notre besoin j'allais dire que la forêt n'a pas besoin de l'homme l'homme a besoin de la forêt quand je dis l'homme avec un grand H on a besoin de la forêt d'avoir des forêts vivantes si on veut se promener dans une forêt morte avec des risques de branches qui tombent d'arbres qui tombent et de faire mourir la grand-mère ou le neveu bien sûr qu'on n'en veut pas personne n'en veut ici et je ne dis pas qu'autour de la table c'est le cas on a besoin d'avoir des forêts qui abritent la biodiversité c'est le cas on a besoin d'avoir la forêt qui produit du bois également parce que le bois on en a besoin pour le transport des palettes en bois on a besoin d'avoir du bois pour les charpentes pour les auditeurs de France Inter quand vous venez à la maison de la radio vous avez le plafond c'est du bois une jolie sculpture en bois on a besoin d'avoir ce bois là et ce bois là il est mieux s'il est récolté en France que s'il est récolté à l'autre bout du monde il y a une marque qui s'appelle Bois de France c'est une association qui porte ce genre de messages là et que je salue il y a des chartes régionales qui sont portées par les communes forestières pour dire ce bois vient d'une forêt française qui est gérée et entretenue d'un certain professionnel

33:25
Locuteur 8

mais si la forêt n'était pas entretenue à quoi ressemblerait-elle ?

33:28
Locuteur 3

elle serait impénétrable elle sera sûrement très jolie après chacun peut aimer ou pas mais maintenant on ne pourra pas y aller donc c'est à dire que pas de vélo pas de jogging et pas de bois donc ça veut dire que ce bois dont on a besoin viendra d'une autre forêt et les joggeurs iront dans une autre forêt tout simplement

33:43
Locuteur 1

alors je suis désolé je m'inscris à info à partir du moment où vous avez une canopée qui est très très haute avec un couvert végétal qui est conséquent vous pouvez vous promener dans les forêts d'accord les ronces ce sont les premières qui arrivent quand vous avez un champ qui est abandonné par un paysan c'est les ronces qui arrivent et parmi ces ronces poussent les premiers arbres et une fois que vous avez une canopée qui est très grande et bien les ronces disparaissent parce que ce n'est pas une plante de lumière voilà et donc vous pouvez vous promener sous cette nouvelle forêt il n'y a pas de problème

34:11
Locuteur 8

et justement on va se projeter dans cet avenir dans ce rêve fou d'une forêt primaire en France qui est le rêve du botaniste Francis Allais mais rêve que partage aussi l'écrivain Alexis Génie qui est avec nous au téléphone bonjour Alexis Génie Alexis Génie vous alors on reste avec vous Paloma Moritz est-ce que ça serait possible ce rêve de Francis Allais de je ne sais pas réserver peut-être 10% des forêts françaises à une forêt primaire

34:41
Locuteur 4

en fait aujourd'hui on sait que par exemple les forêts françaises absorbent deux fois moins de CO2 qu'il y a 10 ans donc ça c'est lié aux arbres qui vont croître moins rapidement donc en moyenne 10% moins rapidement à la mortalité qui augmente considérablement et aussi aux prélèvements qui vont augmenter à partir de là en fait on va être obligé de préserver cette forêt de préserver cette ressource qui n'est pas qu'une ressource justement pour du bois mais qui existe en fait pour elle-même en quelque sorte et aussi en tant que puits de carbone et pour ça je pense que oui la préservation de certains espaces la sanctuarisation de certains espaces est une bonne approche mais de la même manière qu'en fait on retrouve ça aussi avec les aires marines protégées par exemple qui sont des aires dans lesquelles normalement alors bon malheureusement ce n'est pas vraiment le cas aujourd'hui en France parce que ce sont un peu des coquilles vides mais normalement on ne pourrait pas faire par exemple de chalutage en eau profonde de la surpêche et des choses comme ça et ça en fait ça permet aussi d'avoir une autre approche en lien avec la biodiversité ce que je disais au début sur la crise de la sensibilité de considérer que le vivant est notre allié et de ne pas toujours considérer que c'est une ressource à aller exploiter et pour rebondir ce que vous disiez tout à l'heure évidemment qu'en fait on a besoin de bois dans notre société mais est-ce que la question ce n'est pas aujourd'hui d'essayer d'accorder ce prélèvement en bois à la croissance de la forêt et à ce qu'elle peut nous offrir aussi et de ne pas prélever plus que ce que la forêt peut donner et une dernière chose c'est qu'en fait on dit on a besoin de bois de la manière qu'on va dire on a besoin d'énergie on a besoin voilà mais il y a potentiellement peut-être avec tout ce qui est en train de se passer avec les effets du dérèglement climatique une sobriété aussi à organiser sur notre utilisation de bois d'Amosello

36:20
Locuteur 3

alors bien sûr la sobriété c'est pas que sur le bois c'est sur tout je pense que tout le monde se rejoint là on ne va pas gâcher juste pour rassurer tout le monde en France le bois qui est récolté c'est qu'on en a besoin et on récolte que la moitié de l'accroissement annuel de ce que produit la forêt c'est-à-dire qu'on n'a jamais eu autant de forêt en France qu'en 2023 on n'a jamais eu autant de bois en France qu'en 2023 la forêt a progressé de 20% en 30 ans et de 50% en volume donc on ne récolte pas plus que ce que la forêt nous offre

36:49
Locuteur 8

alors elle a gagné du terrain mais elle n'est pas forcément en bon état physique les arbres ne sont pas en bon état c'est ça le paradoxe il y a certaines régions en France

36:56
Locuteur 4

où les forêts

36:58
Locuteur 8

émettent plus de CO2 qu'elles n'en absorbent oui alors justement Alexis Génie est de retour avec nous au téléphone ce rêve de forêt primaire vous le partagez de cette nature ré-ensauvagée

37:09
Locuteur 7

oui alors attention il faut bien savoir de quoi on parle là on parle d'une expérimentation c'est-à-dire c'est vrai que c'est pas quelque chose qui va résoudre les problèmes de la filière bois c'est le projet de l'association Francis Allais qui est porté par ce botaniste et on pourrait penser que c'est finalement le projet d'un monsieur de 85 ans qui veut laisser derrière lui une sorte de monument à la forêt

37:45
Locuteur 8

bien sûr on parle d'une forêt grande comme l'île de Minorque par exemple dans l'est de la France

37:50
Locuteur 7

ce serait un carré de 25 kilomètres de côté ce serait binational pour que ce soit un projet européen et c'est négocier avec les états avec la commission européenne etc l'idée ce serait de faire quelque chose du côté de la Belgique Luxembourg Allemagne dans ces régions-là et finalement ce grand carré serait indemne de toute activité humaine pour que l'on puisse observer en vraie grandeur les mécanismes d'évolution de la forêt c'est-à-dire que la forêt elle a un trésor qui est ses capacités de régénération ses capacités qu'elle a développées depuis 300 millions d'années ça fait pas mal de temps que la forêt se débrouille toute seule sans nous en Europe on n'a plus aucune forêt primaire parce que l'Europe est un jardin depuis des milliers d'années donc on voudrait reconstituer comme exemple comme sujet d'étude comme comme mémorial à la forêt finalement une forêt qui reviendrait à ses principes de régénération naturelle

38:58
Locuteur 8

Est-ce que pour vous la nature elle sait très bien se gérer elle-même ?

39:02
Locuteur 7

Bien sûr alors après tout dépend de ce qu'on veut en tirer c'est vrai que là on entend ça vrai bon il faut du bois oui en effet il faut du bois après la question c'est quelle forêt dans 100 ans c'est ça la vraie question c'est-à-dire qu'en effet on peut exploiter le bois on en a besoin c'est évident mais il faut que ça dure et que ça ne dure pas 10 ans que ça dure 100 ans 500 ans on peut espérer que l'humanité durera suffisamment donc la forêt a cette capacité-là de se régénérer toute seule sans problème simplement il ne faut pas que les activités humaines dévastent la forêt et il faut arriver à trouver un équilibre entre une exploitation entre des activités humaines et entre les capacités naturelles de régénération de la forêt et qui sont mis à mal aussi par les problèmes climatiques que nous observons c'est-à-dire augmentation des températures diminution des précipitations et du coup développement des ravageurs

40:06
Locuteur 8

Tamou Zélu est-ce que la France peut se permettre une telle expérimentation justement ?

40:12
Locuteur 3

le projet en lui-même est un pari c'est assez osé c'est très ambitieux on a déjà des situations en France où les forêts ne sont pas gérées il y a très peu d'activités humaines voire quasiment pas il y a des exemples des expérimentations qui sont menées je parle à la Massane par exemple ça ça existe maintenant le projet de Francis Allais il est sûrement emblématique maintenant penser que pendant 500 ans aucune activité humaine ne soit exercée dans cette forêt-là avec une densité de population que nous avons en France nous ne sommes pas au fond des Etats-Unis ou au milieu de l'Australie c'est ambitieux maintenant c'est un pari risqué mais nous ce qu'on voit c'est par rapport à la science ce que nous dit la science c'est qu'on aura à prendre 4 degrés de plus d'ici 2100 et que nos forêts vont souffrir et qu'il faut les adapter et donc du coup si on ne fait rien pour nous ce n'est pas la solution donc on estime que si on ne fait rien ça va mal se passer et notre rôle c'est de maintenir une forêt pour nos enfants et nos petits-enfants

41:06
Locuteur 8

Aloma Moritz justement on a dit l'année dernière il y a eu des hectares et des hectares qui ont brûlé dans des feux de forêt que les forêts étaient mal entretenues est-ce que voilà une forêt primaire ça peut être aussi plus d'incendies

41:18
Locuteur 4

plus d'incendies dans les forêts primaires bah oui c'est-à-dire qu'on a dit moins d'incendies moins d'incendies

41:23
Locuteur 8

non pardon excusez-moi on a dit que les forêts n'étaient pas assez bien entretenues et que c'est pour ça qu'elles avaient brûlé on a fait beaucoup cette accusation l'année dernière

41:31
Locuteur 4

il y a eu cette accusation là il y a eu beaucoup de polémiques autour de ça avec beaucoup de fausses données etc. mais en fait en réalité l'accusation était plutôt autour de la gestion des forêts et notamment de leur biodiversité c'est-à-dire quand même ce dont on s'est rendu compte c'est que plus il y avait de biodiversité dans une forêt mieux elles résistaient aux feux de forêt si je vois un mot alors

41:54
Locuteur 3

ne parlez pas tous en même temps je suis ingénieur forestier et je regarde le terrain le feu qui s'est déclenché à la teste de bûche il y a maintenant un an c'est l'exemple d'une forêt qui est rêvée pour certains et qui existe dans beaucoup d'endroits en France et sur lesquels on s'occupe pour un certain nombre d'entre nous il y a du feuillu il y a du résineux il y a des grands arbres et des petits arbres c'est la première forêt qui a brûlé maintenant la question des incendies je rappelle qu'il y a 9 cas sur 10 c'est dû à une activité humaine quand on faisait des canicules des épisodes de sécheresse et qu'un détraqué met le feu soit volontairement soit involontairement que votre forêt soit feuillue ou résineuse petite ou grande elle brûle

42:34
Locuteur 4

oui mais la raison pour laquelle ces forêts vont beaucoup plus brûler c'est aussi parce que les sols sont complètement arides à cause de la sécheresse que les arbres sont rendus beaucoup plus vulnérables qu'ils n'ont pas assez d'eau etc et que le rôle du forestier

42:47
Locuteur 3

c'est justement d'arriver à maintenir ces arbres en bonne santé alors s'il vous plaît

42:50
Locuteur 1

parce que là c'est un peu trop sur le modèle qui ne me plaît pas beaucoup je suis désolé parlons du paix maritime le paix maritime c'est juste bourré de terpènes ce sont des molécules grandement inflammables avec un tapis d'aiguille qui fait plus de 30-40 cm qui n'y arrive jamais une fois que ça mine là-dessous ça ne s'éteint jamais c'est des torches quoi donc après quand on vient de dire qu'une forêt diversifiée elle brûle aussi bien que le paix maritime je suis désolé non vous avez des pare-feu quand vous avez des feuillus c'est un pare-feu parce qu'il est beaucoup plus humide qu'un résineux non je ne veux pas laisser dire des bêtises comme ça moi ce n'est pas possible

43:27
Locuteur 8

Pierre Athanas dans la région lyonnaise justement vous aviez essayé d'installer quand même quelques hectares de forêt vierge mais vous dites que l'industrie du bois ne vous a pas laissé faire

43:37
Locuteur 5

oui alors déjà je vais revenir un petit peu sur quelque chose que j'ai entendu tout à l'heure de la part de monsieur Elou non une forêt primaire ce n'est pas impénétrable je suis passionné de forêt je voyage je vais en Europe centrale régulièrement voir des forêts que ce soit Bialovesa en pleine que ce soit en Slovaquie que ce soit en Roumanie et les forêts plus elles sont vieilles plus elles sont pénétrables au contraire les arbres sont gros et on peut circuler sans aucun problème elles ne sont pas impénétrables il faut arrêter cette espèce de lieu commun qui est complètement faux excusez-moi ne vous coupez pas la parole laissez-le parler à la métropole de Lyon j'avais des activités associatives et pendant des années j'ai essayé de collaborer alors on avait à l'époque une graphe qui était très ouverte la directrice régionale de l'agriculture et de la forêt qui était très ouverte à ces sujets-là on a fait énormément de réunions avec les communes forestières avec l'ONF avec la forêt privée pour essayer de pouvoir créer un réseau de forêts naturelles en libre évolution et l'objectif étant de 10% et il y a eu à part l'ONF qui a effectivement bien joué le jeu et ça je tiens vraiment à saluer le travail de l'ONF qui est vraiment l'établissement public qui est en péril en ce moment il y a eu un rapport cette semaine du ministère de l'agriculture pour parler de la forêt il n'y a pas une ligne sur l'ONF on ne parle que de la forêt privée on a un établissement public qui doit évoluer bien sûr mais qui doit absolument être conservé et on est en train de le tuer à petit feu avec des gens qui sont burn-out régulièrement avec il y a 3-4 ans des séries de suicides notamment dans l'Est de la France qui sont absolument énormes donc pour en revenir à ce réseau-là des réunions sans arrêt vraiment j'ai passé un temps fou et j'étais bénévole je le prenais sur mes congés pour n'aboutir à rien du tout ou pratiquement si ce n'est effectivement l'ONF qui a créé plus de réserves biologiques intégrales et encore une fois je le dis elles ne sont pas impénétrables et ce sont non seulement des réserveurs extraordinaires de biodiversité de carbone mais des lieux de détente parce que quand on est dans une forêt comme ça ce sont vraiment des milieux qui sont apaisants et pour en revenir au carbone vous en avez beaucoup parlé tout à l'heure on parle toujours du carbone qui est dans les arbres effectivement c'est important mais il y a tout le carbone qui est dans les sols forestiers on a plus de carbone dans les sols forestiers que dans les troncs et les branches des arbres et lorsqu'on fait des coupes à blancs ce carbone forestier repart dans l'atmosphère donc effectivement et là-dessus Thomas Braille a complètement raison prélever des arbres comme le préconise Pro Silva en faisant de la fuite irrégulière et tout c'est intéressant parce que ça va produire les arbres dont on a besoin pour différents matériaux mais faire des coupes à blancs c'est une hérésie ça l'était pour des raisons biologiques avant ça l'est pour des questions climatiques aujourd'hui

46:31
Locuteur 8

et on comprend bien que tout est une question d'équilibre et on continue ce débat on sort des sentiers battus avec Jungle Dominos

46:38
Locuteur 7

et on est toujours ensemble

49:45
Locuteur 8

jusqu'à 13h sur France Inter pour se demander quelle est la valeur de notre forêt économique écologique et sociale tout est une question d'équilibre et nous avons reçu un message de Marie une auditrice qui nous dit il faut réencourager les jeunes et les moins jeunes à se former au métier de bûcheron à la main et dans le respect des principes écologiques Thomas Braille

50:03
Locuteur 1

je valide Marie très bien bon point pour Marie également également aussi tout à fait bien sûr non non mais je pense que je pense que voilà enfin le débat va pas tarder à se terminer mais moi ce que j'ai envie de dire c'est que il faut pas voilà pas confondre le modèle coupe-rase avec plantation d'arbres qui dégradent nos forêts et puis une fois de plus ces modes de gestion on a besoin du bois voilà on a besoin d'une forêt des forêts résilientes pour passer les réchauffements climatiques donc j'espère qu'aujourd'hui les citoyens de toute façon si si les modes de pratique qui sont assez désastreux à mon sens de coupe-rase et de transformation de forêt ils n'opèrent pas dans la tête des gestionnaires de forêt un changement radical et bien ce seront les citoyens qui le feront et c'est déjà le cas les gens n'ont ras-le-bol en fait voilà

51:02
Locuteur 4

Paloma Moritz l'enjeu est vital l'enjeu est vital parce qu'en fait aujourd'hui on a besoin des forêts pour énormément de choses et il faut absolument les préserver à la fois pour préserver les espaces végétales les espaces animales qui y vivent et qui sont de plus en plus en danger en fait à cause des effets du dérèglement climatique des séchesses rapides à répétition et des inondations mais aussi les protéger pour nous protéger nous-mêmes parce que ces forêts sont des puits de carbone que justement elles ont perdu de moitié leur capacité d'absorption en même pas 10 ans on n'ose même pas imaginer ce que ce sera dans les prochaines années et en fait on compte aussi sur ces puits de carbone sur ces puits de carbone-là pour respecter nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et donc préserver nos conditions de vie et nous adapter aussi au rechement climatique donc c'est un peu tout l'enjeu qui est là et le problème c'est que je pense qu'il n'y a peut-être pas assez de conscience de ce qui est réellement en train de se passer et de à quel point les effets du dérèglement climatique et de l'extinction de la biodiversité sont en train de menacer très très gravement nos forêts aujourd'hui en France

52:02
Locuteur 8

Tamouz et Lou il y a de plus en plus de français qui se cotisent qui achètent des parcelles de forêts en commun c'est un bon investissement

52:10
Locuteur 3

c'est un investissement au moins du futur

52:13
Locuteur 8

et de l'avenir

52:14
Locuteur 3

effectivement il y a un intérêt sur la forêt et le bois donc ça c'est vraiment très bien ce que je voudrais dire c'est que la transition écologique ne se fera pas sans la forêt ni le bois il faut vraiment avoir ça en tête on est sur une économie circulaire locale quand on consomme des produits en bois c'est moins de plastique donc je vais pas me faire des amis ici mais bon c'est comme ça et on en a à disposition en France et ça c'est vraiment très très important et les métiers du forestier ce sont des métiers qui sont fabuleux ils sont décriés par certains notamment certains qui vous soutiennent

52:41
Locuteur 8

pas tous pardon je suis désolé il n'a pas arrêté de faire des distinguos entre les filières massives et industrielles et d'autres filières je tiens à le rappeler je me chauffe au bois voilà

52:51
Locuteur 3

et c'est très bien mais en fait le forestier n'est pas une caricature nous travaillons dans les coopératives nous travaillons avec l'ONF nous travaillons avec les experts sur des forêts qui sont gérées sur le mode Pro Silva sur le mode futé jardiné futé régulière futé régulière il y a toute une palette de solutions et j'allais dire nous sommes très humbles on travaille avec humilité on travaille sur des projets de recherche et développement c'est la forêt qui dicte nos actions on ne peut pas planter telle essence n'importe où tel arbre n'importe où c'est pas vrai on ne va pas planter des cocotiers à Dunkerque aujourd'hui par contre ce que l'on sait c'est que le climat du Maroc et du Portugal va arriver en France et nous notre rôle de forestier aujourd'hui notre responsabilité c'est d'adapter cette forêt pour dire mais la forêt du Portugal la forêt du Maroc c'est sûrement ce qui va nous arriver dans 100 ans Juste dire et préciser

53:34
Locuteur 1

que nous ne sommes pas parfois obligés de planter la forêt se régénère naturellement elle a 280 millions d'années on a 200 000 ans en Homo sapiens à quel moment la forêt a eu besoin de nous quand j'entends dire que si on ne gère pas la forêt elle meurt écoutez je pense que voilà comme vous l'avez dit monsieur Tabou et bien il va falloir retrouver beaucoup d'humilité voilà

53:55
Locuteur 4

Juste une dernière petite chose je pense qui va intéresser les personnes qui nous écoutent et qui est importante c'est qu'en fait les forêts sont aussi assez magiques parce qu'il y a des molécules qui sont émises par les arbres donc les phytoncides qui en fait stimulent notre système immunitaire donc en fait se balader en forêt c'est bon pour l'immunité et il y a aussi les feuilles qui émettent des ions négatifs donc qui font baisser le taux de cortisol dans le sang et donc nous permettent aussi d'être moins stressés et plus heureux donc allez vous balader en forêt

54:20
Locuteur 8

et bien on va y aller justement puisque tout à l'heure et bien Francis Allais sera l'invité le botaniste dont nous parlions donc qui est à l'initiative de ces forêts primaires sera l'invité du temps d'un bivouac donc c'est tout à l'heure sur France Inter si vous voulez poursuivre le débat en tout cas je vous remercie tous d'être venus débattre à cette table le débat de midi et bien c'est fini pour aujourd'hui merci à tous ces longues vies aux arbres citoyens il est temps pour moi de vous souhaiter un bel été puisque dès lundi vous retrouverez le talentueux Jean-Mathieu Pernin aux commandes du débat de midi l'heure est aussi de remercier mon équipe de choc qui m'a aidé à penser cette émission à l'écrire aussi merci à Florence Gimalac qui a chefé avec brio et dont l'expérience est capitale merci à Constance Villanova aussi vive pointue et solide que du titane elle a fourni un travail atomique merci à Aloïs Nolet et Savannah Ruelan à qui je souhaite et je devine une longue carrière à la réalisation mon rock et ma douceur Etienne Bertin à la technique Benjamin Troncet et chers auditeurs j'ai été très heureuse de voyager avec vous cet été sur les ondes de France Inter on était bien j'espère à bientôt à suivre le journal de 13h à la fin

55:34
Locuteur

à la fin à la fin à la fin à la fin