Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingyoutube.com· 29 septembre 2023 22 minMixteImmigration & asileEurope & internationalSolidarités & familleEnvironnement & énergie

UR 2023 - Discours d'ouverture de François Bayrou

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 25 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 9:59François BayrouChiffre
    « La Chine va perdre, dans les 30 ans qui viennent, l'équivalent de la totalité de la population européenne. »
  • 10:11François BayrouChiffre
    « 500 millions d'habitants ou 450 millions d'habitants de moins. »

Temps de parole

  • Présentateur98 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Je suis, je n'ai pas besoin de le dire, très heureux qu'on se retrouve si nombreux déjà ce soir parce que tous ceux qui ont dû traverser la France pour venir à Guidel, c'est rare que la séance du vendredi soir s'ouvre devant autant de monde. J'ai plusieurs choses à vous dire. La première, c'est que le Covid est de retour. Il y a plusieurs des nôtres qui ont été en situation de le rencontrer et donc je vous encourage à être prudent, à limiter les effusions qui pourtant vous sont habituelles. Diorne et vespérale, je n'ai pas dit nocturne.

Donc je suis très content qu'on soit là pour réfléchir comme nous le faisons, confronter nos regards sur une situation dont je vais dire un mot dans une minute. C'est un moment particulièrement, pas comment on peut dire, décisif des temps que nous vivons et de ce que nous allons traverser et de ce que nous avons à traverser. Il y a longtemps que les continents dérivent à la surface de la planète et cette fois-ci, ils dérivent aussi en politique à la surface de la planète. Les très grands mouvements géopolitique qui sont lancés géopolitique et, si j'osais, je dirais géosociologique.

C'est ce qui se passe dans la profondeur des peuples qui paraissait stabilisé depuis des décennies, depuis la guerre et qui aujourd'hui est complètement bouleversé. Tout ce qui se passe là intéresse chacun d'entre nous. Et si l'on croit qu'on va pouvoir traverser les temps qui viennent sans que nous nous reposions les questions fondamentales, on se trompe. Les questions fondamentales qui tiennent simplement à notre place dans l'humanité et à la responsabilité que nous avons, nous humains, nous occidentaux, nous européens, nous français. Jamais nous n'avons été placés devant des responsabilités comme celle-là depuis très longtemps.

Tout ce qui était stable connaît aujourd'hui des bouleversements profonds. Alors, il y a les bouleversements qu'on voit, évidemment, qu'on ressent, les changements climatiques, le changement climatique et les changements qui sont induits par le changement climatique dans tous les aspects de la vie. Et puis, on a le ministre de l'Agriculture et la ministre de la Biodiversité. Donc, c'est dire à quel point nous sommes frappés par cela. On a le ministre de l'Outre-mer et la question de l'Outre-mer, elle est absolument centrale. Nous n'allons pas pouvoir passer les années qui viennent sans que cette question-là trouve des réponses nouvelles.

Et puis, on a le ministre du numérique et Dieu sait que dans les changements que nous évoquons, la question du numérique est une question qui est une onde de choc pour la totalité de notre organisation de société. Et donc, on a beaucoup de chance d'avoir ces responsabilités. On a beaucoup de chance d'être ensemble pour les pour les vivre. Et quand je dis être ensemble pour les vivre, ceux qui ne nous connaîtraient pas ou ceux qui nous suivent sur Internet. Cette famille politique n'est pas tout à fait une famille politique comme les autres. Ce courant politique n'est pas tout à fait un courant politique comme les autres. Pour deux raisons.

La première qui est très importante pour nous, c'est qu'avec le temps, dans la traversée des déserts, et Dieu sait que nous avons connu des traversées du désert, dans la traversée du désert, quelque chose s'est soudé en nous, s'est cimenté en nous, qui fait que nous vivons, et c'est pour un responsable politique expérimenté, c'est très original et très heureux, nous vivons, nous, une solidarité sans aucune faille. C'est rare, les mouvements politiques puissants, qui ont un groupe puissant à l'Assemblée nationale, une influence sur la vie politique, et qui vivent une solidarité sans faille. Pour ma part, j'en connais pas beaucoup. Et même dans l'histoire, j'en connais pas beaucoup.

Et nous, nous avons cette chance-là. Je disais ça à des journalistes tout à l'heure. C'est infiniment précieux. Et bien sûr, vous savez pourquoi. C'est étroitement lié au caractère escarpé des chemins que nous avons parcourus. Comment dit La Fontaine ? Un chemin de tous les côtés au soleil exposé, de tous les côtés aux orages exposés aussi. Ça nous a permis de créer quelque chose qui est infiniment précieux, parce qu'infiniment rare. Donc, c'est le premier point. C'est une famille politique dont l'organisation est fondée sur une solidarité sans faille.

Et deuxièmement, c'est une famille politique, c'est un courant politique qui porte un message qui n'a pas changé depuis des décennies, et qui, aujourd'hui, se trouve exactement à l'épicentre de tous les problèmes qui se posent dans le monde. Pourquoi ? Parce que nous revendiquons d'avoir une philosophie politique, et cette philosophie politique qui se résume en un mot souvent galvaudé, mais qui mérite d'être rappelée, nous sommes des humanistes dans la vie politique française. Nous sommes des humanistes dans la vie politique européenne.

C'est-à-dire que nous considérons que le but de l'action politique, c'est de créer une société dans laquelle l'humanité qu'il y a en chacun d'entre nous s'épanouira. Que chacun soit plus créatif, plus sensible, et plus conscient. Je veux vous rappeler cette phrase que je répète tout le temps, donc vous ne serez pas surpris. Cette phrase du grand philosophe politique Marc Sanier, qui était à la fondation, il y a 100 ans, de cette famille politique. Il dit la démocratie et l'organisation sociale qui portent à son plus haut la conscience et la responsabilité de chacun. La conscience et la responsabilité de chacun. Et ça donne une vision complètement différente de ce qui se passe.

Comme vous savez, j'ai prononcé le mot de démocratie dans tous les partis politiques que j'ai eu la chance de diriger. Dans la longue chaîne de fidélité et de succession, il y a eu des formes politiques différentes. Toujours, il y a eu le mot de démocratie dans le titre. Toujours. Et donc, ça n'est pas pour rien. C'est parce que nous avons une idée de l'engagement politique qui précisément répond au problème du temps.

Comme vous savez, la démocratie est aujourd'hui contestée fondamentalement, alors qu'on croyait, il y a encore 15 ans, 20 ans, qu'elle avait triomphé, que c'était fait, que c'était, comme disait le grand politiste, que c'était la fin de l'histoire, avec la chute du mur de Berlin. Et nous voyons aujourd'hui à quel point la démocratie est, dans son existence même, ou dans les épisodes qu'elle traverse, fragilisée à un point qui n'a jamais été le cas, au point qu'elle est aujourd'hui la démocratie minoritaire dans le monde. Les pays, les continents, les organisations politiques, démocratiques sont minoritaires dans le monde.

Il suffit de voir ce qui se passe en Chine et ce qui va se passer en Chine. La Chine va perdre, dans les 30 ans qui viennent, l'équivalent de la totalité de la population européenne. 500 millions d'habitants ou 450 millions d'habitants de moins. Parce que la politique qui a été suivie, la politique de l'enfant unique, fait que, inéluctablement, et les questions démographiques sont des questions sans suspense, qui est né est né, qui n'est pas né ne naîtra pas. Il n'y a pas d'inconnu ou d'incertitude. Si, on peut faire mourir beaucoup plus de gens encore. Mais enfin, ceux qui ne sont pas nés, vous ne les retrouverez pas.

Et ça touche tous les problèmes, la pyramide des âges touche tous les problèmes, singulièrement, Alfred Sauvi disait ça très bien, singulièrement, la vitalité d'un peuple, sa créativité, sa capacité à entreprendre, sa volonté de regarder l'avenir avec optimisme ou pessimisme, tout ça est intimement lié. La Chine va vivre ça. Au contraire, l'Inde va avoir une progression de sa population. L'Inde qui est elle-même prise dans des crispations incroyables entre religions, entre identités et religions. l'Afrique va connaître une explosion de sa population. Et c'est à côté de chez nous.

Et si vous ajoutez la crise climatique par-dessus tout ça, mais la crise économique, la crise politique, le fait que les assauts des intégrismes sont en train de travailler profondément ces peuples en difficulté, tout cela on va le vivre. Et ceux qui croiraient, ou qui prétendraient que, il y aura une cloison étanche entre les événements du monde et notre vie nationale, ceux-là sont des enfants. Ils ne comprennent pas ce qui va se passer. Et c'est pourquoi les questions d'immigration, on recevra ce soir à Yamsuro, d'immigration et d'asile, dont elle a fait l'engagement de sa vie.

Ces questions sont évidemment centrales, aussi importantes que les questions qui touchent au climat, aussi importantes que les questions qui touchent à l'énergie. Et tout cela, nous l'affrontons, nous, Français, avec un modèle unique et plus fragile que les autres. Je veux insister sur ce point.

l'organisation que notre pays a choisie, qui est une organisation fondée sur la solidarité maximale, la prise en charge par la communauté de tous les investissements d'éducation, de la maternelle au Collège de France, de tous les investissements de santé, la garantie des retraites universelles, et tout ce qui est assurance chômage, tout ce qui est de l'ordre des équipements publics, tout cela en France, et c'est le seul pays au monde qui a fait ça, repose uniquement sur cette règle que j'ai simplifiée en l'appelant la règle du tous pour un.

Encore faut-il qu'il y ait des tous, que le nombre de ceux qui vont contribuer à la solidarité soit en proportion avec le nombre de ceux qui vont bénéficier de la solidarité. Et si vous regardez rien qu'une seconde les rapports numériques entre les deux, alors vous avez une idée des problèmes que nous allons rencontrer. Et dans ce temps-là, crise climatique, crise géopolitique, crise passion religieuse, intégrisme, déstabilisation des sociétés, regardez les sociétés américaines, ne serait-ce que politiquement. Il y a un sondage hier qui donne Trump 10 points devant Biden. 10 points devant Biden.

Et c'est comme une course poursuite entre les poursuites d'un côté et la fanatisation d'une partie de l'opinion américaine. Plus la guerre chez nous, la guerre en Ukraine, le Haut-Karabakh aujourd'hui, dont personne ne parle, ou pas beaucoup. Le surgissement de la vague de l'inflation. Et comme vous savez, j'ai souvent répété que ceux qui croient que les vagues d'inflation s'arrêtent du jour au lendemain n'ont pas beaucoup regardé l'histoire par des grands mouvements monétaires sur ces sujets-là. On va l'affronter et il n'y a qu'une seule réponse possible. Comme tu le disais. Pour moi, il y a peut-être des gens qui vont raconter qu'on peut s'en tirer tout seul.

C'est ce que disait Mme Mélonier. Elle s'est fait élire en disant qu'on va régler tout seul la question de l'immigration, que l'Europe reste chez elle et puis moins d'un an après, on voit la situation. Et donc, pour nous, cette question est vitale et il se trouve que, par chance, pour la première fois depuis très très très longtemps, on va avoir des élections européennes qui nous placeront en situation exceptionnelle. Je parle de nous et de nos amis de la majorité. En situation exceptionnelle, pourquoi ? Parce que nous serons les seuls dans le champ politique à défendre cette thèse. Autrefois, il y avait concurrence entre les différentes visions de l'Europe.

Aujourd'hui, il me semble qu'il n'y a même plus concurrence sur ce sujet-là, tant chacun s'éloigne et part dans son coin sur des thèses qui sont des dérives, qui sont autant de dérives et dont on ne sortira pas. Alors nous, nous allons vivre cette bataille avec l'espèce de joie de s'engager de ceux qui voient leurs idées désormais au centre de la préoccupation générale. Donc c'est une très grande chance. Et on aura les responsables des partis de la majorité. Mais il m'a semblé que ça ne suffisait pas. Il m'a semblé que pour cette discussion européenne, il fallait qu'on bouleverse un peu notre organisation pour qu'on puisse parler avec les responsables eux-mêmes.

Et c'est la raison pour laquelle je vous annonce que Thierry Breton, commissaire européen, sera avec nous dimanche matin pour parler de cette question centrale de l'avenir de l'Europe. Je l'ai invité, il a accepté. Et ça sera un point de plus de notre enracinement dans la réflexion sur le sujet le plus important de notre avenir. Nous avons beaucoup de chance d'être là. Et comme tu le disais tout à l'heure, il y a 100 ans que nous avons que nos prédécesseurs dont un député des Pyrénées-Atlantiques. Il y en avait même deux sur 14, ce qui n'est pas si mal. Il y avait un député qui s'appelait Balanant aussi. Il y avait un député qui s'appelait à la libération.

Il y avait un député qui s'appelait à la libération. Lorsqu'on a cherché quelqu'un d'irréprochable pour tous les partis pour présider le premier Sénat. On disait le Conseil de la République à la libération. On est allé chercher cet homme de chez nous qui s'appelait Auguste Champetier-de-Ribe et dont la salle du groupe centriste au Sénat porte le nom. Depuis cette époque, il était quasiment mourant. Il a été avec honneur le premier président du Sénat capable de réunir toutes les sensibilités de cette époque. Donc on a fait ça. Je ne veux pas laisser passer ce moment d'histoire pour les plus jeunes d'entre nous sans rappeler quelque chose qui doit faire notre fierté de tous les instants.

Lorsqu'on a été concédé, pas négocié, concédé les accords de Munich, l'immense majorité des partis politiques français ont approuvé, applaudi ou se sont tus. Il y a un seul parti politique qui a choisi de prendre le risque incroyable alors que toute l'opinion publique était ovationnée ceux qui avaient signé les accords de Munich. Un seul parti politique, c'est le parti démocrate populaire de l'époque. Petit parti, une dizaine de députés, une quinzaine de députés et petit parti avec un petit journal quotidien qui s'appelait L'Aube.

C'est un beau nom de journal et dont l'éditorial était signé par, il avait 26 ou 27 ans, un jeune agrégé d'histoire et géographie qui aura un destin glorieux et puis controversé après. Glorieux parce qu'il aura été le président du Conseil national de la Résistance lorsque Jean Moulin a été assassiné et après, il sera entraîné dans d'autres visions et d'autres dérives à propos de l'Algérie française.

Mais il a eu l'honneur de signer l'éditorial avec une des phrases les plus belles que j'ai rencontrées de ma vie et qui doit constamment nous servir d'inspiration « Lorsqu'il s'agit de dire non » sa dernière phrase de l'édito sur Munich « Lorsqu'il s'agit de dire non, le meilleur moment c'est le premier ». Eh bien, rien que pour cette phrase et rien que pour cette histoire de cent années de l'engagement national et européen qui est le nôtre, démocratique au travers de la planète, rien que pour cette certaine idée de l'homme que nous portons, je suis très heureux que nous nous retrouvions à Guidel. Merci à tous. Applaudissements

21:34
Locuteur

... ... ... ... ... ... ... ... ...