Confinement : pourquoi le gouvernement hésite... -Reportage #cdanslair 26.01.2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:34Locuteur non identifiéFait
« Si nous continuons sans rien faire de plus, nous allons nous trouver dans une situation extrêmement difficile, comme les autres pays, dès la mi-mars. »
- 3:04Locuteur non identifiéFait
« L'exemple des fêtes de fin d'année, où les mêmes experts nous avaient indiqué qu'il y aurait une flambée de l'épidémie, se sont avérés faux. »
- 3:13Locuteur non identifiéFait
« Les Français sont des grands. Il faut arrêter de les infantiliser en permanente. »
Temps de parole
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Dans les cortèges qui se succèdent depuis plusieurs jours, il y a comme un air de défiance qui persiste. Cet après-midi, les enseignants manifestaient pour leurs conditions de travail. Mais après bientôt un an de crise sanitaire, le ras-le-bol est plus général. Par rapport à d'autres pays, j'ai l'impression qu'on ne fait pas confiance aux Français, qu'on leur dit il faut faire ci, il faut faire ça, on ordonne des confinements, des couvre-feux récurrents. Il y a vraiment un mépris général et il y en a ras-le-bol. Et moi j'en ai marre d'être infantilisé, j'ai plus de 60 ans et je ne veux pas qu'on me traite comme un enfant.
Alors que plane la menace d'un troisième confinement, on entend parfois ces slogans. Et sur les réseaux sociaux, depuis une semaine, circule notamment ce mot d'ordre, je ne me confinerai pas. Dans cette nébuleuse, on trouve aussi des appels à désobéir le 1er février prochain, lancés par certains restaurateurs. Aujourd'hui, maintenant, il faut se révolter, il faut faire la révolution, la révolution hôtelière, c'est plus possible, on ne va pas se laisser crever comme ça. Le 1er février 2021, les restaurants vont réouvrir. Irez-vous arrêter des travailleurs honnêtes et courageux ?
Une ambiance frondeuse, résumée ce week-end par la déclaration, elle aussi très relayée, d'un comédien, Nils Arrestrup. Hier, une information qui venait, je crois, de l'Académie de médecine, proposant aux gens qui sont dans un métro à 7h du matin de ne pas parler, parce que ça risque de faire des postillons alors qu'on est dans une situation proche. Je trouve que quand on dit ça aux gens, il faudrait quand même aussi leur parler avec respect. Ce ne sont pas des procureurs, ce sont surtout des victimes.
Alors du côté de l'exécutif, depuis ce matin, le mot « acceptabilité » semble revenir bien plus souvent que celui de reconfinement, comme si cette éventualité avait soudain disparu du discours gouvernemental.
À ce stade, il n'y a pas de raison de décider un confinement.
Mais peut-on encore y échapper ? Réponse de Jean-François Delfraissy, on n'est pas à une semaine près. Le président du conseil scientifique semblait pourtant bien plus pressé, deux jours plus tôt, face à la menace des variants. Au bout d'un an, on a cette série de mutations. C'est l'équivalent d'une deuxième pandémie, ces variants. Je pèse mes mots en disant ça, l'équivalent d'une deuxième pandémie. Si nous continuons sans rien faire de plus, nous allons nous trouver dans une situation extrêmement difficile, comme les autres pays, dès la mi-mars. À l'Élysée, une prise de parole présidentielle était imminente. Elle n'aura pas lieu, pas cette semaine, à tout le moins.
Emmanuel Macron temporise, mais ses opposants au Rassemblement National essayent déjà de capitaliser sur l'humeur du moment. Je pense qu'il faut faire confiance aux Français. L'exemple des fêtes de fin d'année, où les mêmes experts nous avaient indiqué qu'il y aurait une flambée de l'épidémie, se sont avérés faux. Les Français ont été responsables. Les Français sont des grands. Il faut arrêter de les infantiliser en permanente. Et c'est la raison pour laquelle nous sommes réticents à cette idée d'une nouvelle attestation, que les gens s'auto-rempliraient pour pouvoir sortir de chez eux. Rétissants aussi, certains ténors de LR, comme Gérard Larcher, hostiles à un reconfinement total.
Mais à droite aussi, le sujet divise. Quand certains patrons de région appellent le gouvernement à ne plus tergiverser. Si ce reconfinement est inéluctable, alors il faut nous le dire, il faut le dire aux Français. Les Français sont résilients et il faut qu'on le prépare. Je ne vois pas comment nous éviterons un reconfinement. S'il faut un confinement pour écraser cette maladie et pour que nous puissions nous en sortir le plus rapidement possible, eh bien, faisons-le avec courage. Mais dans la majorité, on s'inquiète aussi de ces images d'émeutes. Elles viennent d'un pays voisin et réputé paisible. Les Pays-Bas.
Depuis l'instauration d'un couvre-feu ce week-end, affrontements avec la police et pillages de magasins se succèdent pour la deuxième nuit consécutive.