Hollande : il y croit encore #cdanslair 08-09-2016
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 29 %Attaque 49 %Défensif 19 %
Questions et réponses
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- 1:42OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez vu un homme qui croit en ses chances, Roland Carole ?
- 3:47OuverteRéponse directe
Guillaume Tabard, vous avez vu un homme qui croit en ses chances ?
- 5:04OuverteRéponse directe
Gérard Grambert, quand on parle de François Mitterrand, on se tourne vers vous.
- 5:50FerméeRéponse directe
Son adversaire, vous pouvez le citer.
- 7:37OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un discours sous pression ?
- 9:25RelanceRéponse partielle
On se met à la place des gens qui nous regardent et qui se disent « c'est quand même extraordinaire ».
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:47InvitéFait
« Il y croit, au point de nous avoir délivré un discours qui nous avait refusé depuis 2012. »
- 5:15Invité politiqueFait
« C'est absolument extraordinaire. Tout le monde, c'était le bon président qui rassemblait les Français. »
- 5:53Invité politiqueFait
« François Hollande a bien choisi et ciblé son adversaire, c'est Nicolas Sarkozy. »
- 11:56InvitéFait
« Ma réponse est oui. La question se pose donc aussi à la République. Est-elle réellement prête à accueillir en son sein une religion qu'elle n'avait pas prévue avec cette ampleur il y a plus d'un siècle ? »
- 12:14InvitéFait
« Là aussi, je réponds oui, clairement oui. »
- 14:13InvitéFait
« La France est bien plus qu'une identité. C'est une idée. C'est un projet. C'est une ambition qui fait de la France un pays singulier, regardé, espéré dans le monde. »
- 18:11InvitéFait
« L'émergence, l'irruption d'Emmanuel Macron dans le paysage politique est spectaculaire et le déstabilise. »
- 20:37Invité politiqueFait
« Si ce n'est pas François Hollande qui est le candidat, alors on ne sait pas où on va. »
- 30:51InvitéChiffre
« Je rappelais les 9000 policiers et gendarmes postes qui ont été créés au cours du quinquennat. »
- 30:57InvitéChiffre
« Il y en avait eu 13 000 qui avaient été supprimés précédemment. »
- 38:37Invité politiqueFait
« Non, il n'y a pas eu un mot sur le chômage. »
- 38:44Invité politiqueFait
« On fait comme s'il était candidat. On a tort ? »
- 48:54Locuteur non identifiéChiffre
« Les prélèvements sur les ménages ont augmenté de 47 milliards d'euros entre 2012 et 2017. »
- 55:30Invité politiqueFait
« La gauche est en morceaux, en petits morceaux, en tout petits morceaux. »
Temps de parole
- Invité23 %
- Invité 219 %
- Présentateur17 %
- François Hollande14 %
- Invité 314 %
- Invité 49 %
- Locuteur non identifié3 %
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Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion totalement président, presque candidat. C'est la première fois que François Hollande fait un pas aussi clair vers une nouvelle bataille présidentielle. Malgré les sondages épouvantables et 88% de Français qui ne veulent pas le voir sur l'affiche en 2017, ils croient donc qu'il reste un chemin. Lors d'un discours de plus d'une heure ce matin devant la Fondation Jean Jaurès, le chef de l'État a décliné sa vision de la France face à la menace terroriste. C'est posé en garant de la cohésion sociale en défendant son bilan.
Des messages adressés à la gauche, quelques coups de griffe répétés sur sa droite. Hollande y croit encore, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Roland Carole. Vous êtes directeur du Centre d'études et d'analyse de CETAN, directeur de recherche associée au laboratoire politique de Sciences Po. Enfin, auteur de Tenez, enfin vos promesses parues aux éditions Fayard. Gérard Granbert, vous êtes politologue, spécialiste du Parti Socialiste, directeur de recherche émérite au CNRS et au Centre d'études européennes de Sciences Po. Vous animez le site internet Télos.
Je cite ce soir votre dernier ouvrage, Napoléon Bonaparte, le noir génie, qui est publié aux éditions du CNRS. Hélène Pilischowski, vous êtes journaliste, éditorialiste politique. On vous retrouve notamment sur ITV et sur RTL. Enfin, Guillaume Tabard, vous êtes éditorialiste politique au Figaro. Votre édito du jour est consacré à la primaire à droite. Il est intitulé « Du bon usage du suspense ». Vous avez naturellement, comme vous avez bien travaillé, regardé le chef de l'État qui s'est exprimé ce matin. Est-ce que vous avez vu un homme qui croit en ses chances, Roland Carole ?
Incontestablement. Il y croit, au point de nous avoir délivré un discours qui nous avait refusé depuis 2012. Pratiquement à chaque fois qu'il y a eu une intervention du chef de l'État, on demandait aux Français ce qu'il souhaitait. Et puis on en parlait, ici, assez dans l'air. Et de chaque fois, on disait « Il faudrait qu'enfin il nous fasse un discours cadre, qui nous explique où il va, quel est le lien entre son bilan, les perspectives, le lien entre les questions économiques et sociales, la République, le terrorisme maintenant. » Et il ne le faisait pas.
Il avait des discours de Premier ministre, voire de ministre des Finances de temps en temps, et pas vraiment une espèce de vision présidentielle, à la fois sur le passé, son propre bilan, sur aujourd'hui et sur ce qu'il pourrait suivre demain et après-demain. Il l'a fait. Et il l'a fait avec talent. C'est un vrai discours cadre pour la suite. Donc oui, il y croit. Mon hypothèse, c'est qu'il se dit, voilà, on entre dans une phase dans laquelle, à droite, ça va cogner de plus en plus, jusqu'à la primaire. On ne sait pas encore qui va être candidat, mais ils vont finir par en sortir un. Peut-être, du coup, il y aura aussi un candidat du centre.
Et pendant ce temps-là, les gens de gauche vont commencer à se dire, par rapport à tout ça, où en est la gauche ? Elle est divisée. Aujourd'hui, il y a plein de candidats qui font mieux dans les sondages que Hollande, Mélenchon, Macron. Et donc, il se dit, il va y avoir une re-légitimation présidentielle du sortant. Les gens en auront marre de l'idée que la gauche va jouer forcément à qui perd gagne. Et ils vont vouloir se retourner vers celui qui est le plus incontestable des candidats, des différents candidats possibles. Et pour ça, il faut que ce candidat sache, en effet, expliquer son bilan et ouvrir des perspectives.
Il l'a fait carrément aujourd'hui, en effet, comme un pré-candidat qui y croit.
Guillaume Tabard.
Moi, je n'ai pas tout à fait entendu ça. Le bilan, les perspectives, j'ai trouvé que là, on avait le Hollande habituel. C'est-à-dire qu'avec un ton un peu roronnant par moments, lorsqu'il s'agit de défendre le bilan, répéter que la démocratie sera plus forte que le terroriste, très bien, etc. Bon, mais là-dessus, je pense que ça n'a plus de prise dans l'opinion. En revanche, il y avait aujourd'hui un deuxième François Hollande. C'est même pas un Hollande qui était en campagne, c'était un Hollande qui était carrément en meeting.
Et moi, ça qui m'a frappé, c'est qu'il y a un moment, on retrouvait, on parlait tout à l'heure avant le début de l'émission de François Mitterrand, dans les intonations, dans la manière de se pencher en avant, de balancer des sarcasmes, d'avoir la voix qui, d'un seul coup, devient un peu rauque. Et là, c'était le Hollande en meeting, c'est-à-dire dans un rôle qu'il connaît. Oui, tout à fait, c'est son meilleur rôle. On l'a dit pour François Hollande, pour être franc, on l'avait dit aussi de Nicolas Sarkozy, de Jacques Chirac et peut-être d'autres avant lui. Ils ont déçu ou ils ont échoué dans la fonction présidentielle. Parfois, certains disent qu'ils ont trahi.
Mais candidat, ça, il s'affaire. Et moi, ce que j'ai trouvé tout à l'heure, c'est une sorte d'impatience chez François Hollande d'entrer enfin dans le rôle du candidat. Parce que quand on est candidat, la facilité du verbe l'emporte sur la difficulté de la tâche. Et là, il s'affaire.
Gérard Grambert, quand on parle de François Mitterrand, on se tourne vers vous. Gérard Grambert.
Oui, d'ailleurs, effectivement, je pensais en regardant à l'entrée en campagne stupéfiante de François Mitterrand en 1988. C'est absolument extraordinaire. Tout le monde, c'était le bon président qui rassemblait les Français. Et il est parti avec une violence, je ne sais pas si vous vous souvenez, contre Jacques Chirac, les clans, etc. Et là, alors, bon, avec la personnalité de François Hollande qui n'est pas exactement la même, plus mezzo-voce, mais il y avait effectivement le candidat en campagne. Parce que je crois qu'effectivement, ce qu'on voyait là, c'était quelqu'un qui avait choisi son adversaire. Et donc, qui était contre quelqu'un.
Ce qui est beaucoup plus compliqué quand on est président de la République, d'être contre quelqu'un. Là, il était contre quelqu'un. De ce point de vue-là, oui, il était en campagne.
Son adversaire, vous pouvez le citer.
Oui, et je vais le citer. C'est d'autant plus intéressant que quand on parle, on parle encore aujourd'hui avec les gens qui travaillent avec le président ou proche du Parti Socialiste, il n'hésite pas à dire qu'il préférait nettement, pour des raisons d'ailleurs, on peut discuter, il préférait nettement que ce soit Nicolas Sarkozy qui gagne la primaire de droite. Et ce qui m'a frappé aujourd'hui, c'est que ce coup-ci, au contraire, François Hollande a bien choisi et ciblé son adversaire, c'est Nicolas Sarkozy. C'est bien lui qui l'a ciblé tout au long de ce discours. Et je crois que là, il y a une stratégie.
Je crois qu'une stratégie qui est bonne, probablement d'ailleurs, de son point de vue. C'est-à-dire, puisque après tout, la campagne va se dérouler sur les thèmes plutôt choisis par Nicolas Sarkozy, finalement. On ne parle plus tellement d'économie, on parle essentiellement des questions dont on a parlé là depuis plusieurs mois. Et bien donc, d'accord, chiche, on y va. Alors Nicolas Sarkozy veut régler les problèmes de cette façon-là, nous on les règle autrement. Nous, on est des républicains qui voyons les choses autrement. On a une vision de l'état de droit qui n'est pas la même. Et là, on voit véritablement que ce coup-ci, la campagne va bien être sur ce thème-là.
Alors, juste encore un mot, ça a deux avantages à mon avis pour lui. Le premier, c'est que c'est à peu près les seuls thèmes sur lesquels on peut rassembler la gauche à peu près. C'est les seuls, il n'y en a pas beaucoup d'autres. Et le deuxième, et c'est assez intéressant aussi, c'est que, autant sur l'économie, au fond, la gauche a été brisée, coupée depuis 4 ans dans un état absolument terrifiant, autant sur ces questions-là, c'est plutôt au centre et à la droite que ça peut un peu bouger. Et donc, par conséquent, il enfonce un coin dans la droite.
Donc, je pense que c'était un discours de campagne, mais c'est un discours de campagne qui nous montre bien ce que va être cette campagne en réalité.
C'est un discours de campagne, mais je le rappelais en commençant l'émission, 88% des Français ne veulent pas le voir sur l'affiche en 2017, Hélène Pidyszowski. Donc, le titre de cette émission, c'est « Il y croit encore ». C'est un trou de souris dans ce que vous avez vu du discours. Est-ce que vous avez vu le point de... On a été quelques-uns à regarder de manière très attentive, je n'ai pas perdu une mienne.
Vous avez vu le point de passage ? Vous avez vu le chemin qu'il veut entreprendre ? C'est-à-dire que le chemin de la déclaration de candidature, il n'a pas tardé, si vous voulez. Il y a eu une petite introduction sur Daesh et la menace du terrorisme, qui pour la première fois, il a parfaitement bien défini d'ailleurs, ce qu'il aurait peut-être dû faire avant, comme disait très bien. Il y a des choses qu'il aurait pu davantage expliquer, comme le danger réel du terrorisme. Là, il l'a fait très...
Mais très vite, c'est-à-dire qu'on a eu le temps de prendre une page de notes sur une dizaine au total, et la page suivante, on en était déjà à la déclaration de candidature de manière implicite, bien évidemment. Donc, là où il est très fort, si vous voulez, c'est qu'effectivement, il n'est jamais aussi bon que quand il y a les urnes qui approchent. Il y a l'appel des urnes qui n'est pas loin, et là, on sent qu'il est dans son élément, il est très très bien. Et comme disait Guillaume Tabard tout à l'heure, dans la gestuelle, c'est formidable. On l'a vu revenir en s'appuyant comme ça, légèrement, avec la main droite qui s'agite, là, quand il en appelle à son auditoire, si vous voulez.
Alors là, l'auditoire lui était totalement acquis, bien évidemment. Ça, c'est clair. Il y avait les applaudissements quand il fallait, c'est tout. Mais je trouve que les discours étaient d'une excellente tenue, si vous voulez, très bien charpentés, très bien écrits. C'était bien, il n'y a rien à dire là-dessus. Et sur le fond, c'est pas mal non plus, parce qu'en fait, il est sorti de cette ambiguïté, il s'accroche à sa fonction, etc. Oui, mais sa fonction, c'est aussi ce qui lui permet de définir un petit peu son objectif, son cap, si vous voulez. Je suis le gardien des institutions. C'est ça, le président de la République en France.
On va y venir sur le fond. Je me mets peut-être deux minutes à la place des gens qui nous regardent, et qui vous écoutent et qui se disent « c'est quand même extraordinaire ». On vient de dire que pendant cinq ans, il n'a pas fait de discours, des discours qui n'avaient pas de tenue. Et au fond, voilà que le président se met en mouvement quand il sent la campagne et qu'ils sent les urnes.
Il en avait déjà fait un début mai au théâtre du Rond-Point, si vous voulez, toujours dans le cadre de la fondation Jean Jaurès. Et là, c'était plutôt sur le thème de la gauche et le pouvoir. Donc c'était un thème pour recadrer un peu. Mais c'est un discours qui s'adresse quand même à une petite élite. Voilà. Et c'est ça la limite de l'exercice, en fait. Parce qu'effectivement, tous ceux qui sont des observateurs de la vie politique, tous ces admirateurs, des députés sont venus. Ça leur a fait du bien parce qu'ils ont chanté. Ils ont applaudi. Ils ont applaudi. Le chef était là. Il était forcément le meilleur. Et on pouvait croire encore au socialisme et à l'avenir de François Hollande.
Mais les gens qui vont entrer chez eux ce soir, les travailleurs, les Français de tous horizons, si vous voulez, ils vont entendre ça. Est-ce qu'ils vont seulement avoir envie d'en écouter plus que le digest qu'on va leur donner à la télévision ?
Eh bien, nous, on va en écouter un petit extrait, si vous voulez bien. Pour donner envie, oui. En tout cas, pour écouter vraiment les propos du président de la République, peut-être que tout le monde n'a pas suivi, comme vous, très attentivement, son discours sur la longueur. Son Premier ministre, le préfet, de donner un cap pour 2017. Ses proches lui demandaient de donner des signaux clairs face à la pression de ses rivaux à gauche. Voilà qui est fait. Le chef de l'État a décliné son idée de la France, unie, qui ne se laisse pas détourner de l'État de droit face à la menace terroriste. Laïcité, République, démocratie, place des musulmans, la France. Vu par François Hollande, on l'écoute.
La laïcité, c'est un ensemble de règles de droit qui organisent la vie dans la République. Si bien que la question qui est posée aujourd'hui, c'est de savoir si les principes posés il y a un peu plus d'un siècle restent adaptés maintenant que l'islam est devenu la deuxième religion de France. L'islam peut-il s'accommoder de la laïcité comme l'ont fait avant lui, le catholicisme, les religions réformées, le judaïsme ? Peut-il admettre cette séparation de la foi et de la loi qui est le fondement même de la laïcité ? Ma réponse est oui. La question se pose donc aussi à la République.
Est-elle réellement prête à accueillir en son sein une religion qu'elle n'avait pas prévue avec cette ampleur il y a plus d'un siècle ? Là aussi, je réponds oui, clairement oui. Rien dans la laïcité ne s'oppose à la pratique de l'islam en France pourvu. Et ça, c'est le point essentiel. Qu'il se conforme à la loi. Nos lois suffisent. Il faut les appliquer dans toute leur rigueur et dans toute leur effectivité. Et que je ne veux pas laisser les intégristes faire pression par des provocations pour tester les limites de la République. Mais pas plus. Je ne leur fournirai le prétexte pour s'offusquer d'une stigmatisation à l'égard des musulmans.
Et je l'affirme ici, tant que je suis président de la République, il n'y aura pas de législation de circonstances aussi inapplicable qu'inconstitutionnelle. Il appartient au-delà de ces textes que nous pouvons prendre, de ces institutions que nous pouvons créer, de cette organisation que nous devons faire prévaloir, aux Français de confession musulmane, de prendre aussi leurs responsabilités de citoyens, de faire reculer l'islam radical et l'obscurantisme. Je ne leur demande pas plus qu'à d'autres compatriotes de le faire. Parce que ce n'est pas une affaire religieuse. C'est un combat républicain.
Je veux dire aussi clairement que chaque Française et chaque Français, quelle que soit sa confession, ses origines, ses convictions, les conditions d'acquisition de sa nationalité, est ici, chez lui ou chez elle. La France est bien plus qu'une identité. C'est une idée. C'est un projet. C'est une ambition qui fait de la France un pays singulier, regardé, espéré dans le monde. Eh bien c'est cette idée, l'idée de la France qui doit nous mobiliser et que nous devons porter. Je ne laisserai pas, là encore, l'image de la France, le rayonnement de la France, l'influence de la France s'altérer lors des prochains mois ou des prochaines années.
Alors nous allons revenir sur ce qui a été dit lors de ce discours. Mais cette question d'abord, franchement, y a-t-il un seul candidat de gauche qui ait la moindre chance d'être présent au second tour en 2017 ?
Alors, toutes choses égales par ailleurs, et en regardant les sondages d'aujourd'hui, la réponse est clairement non. Si on prend toutes les élections présidentielles depuis la toute première, 1965, et qu'on regarde les sondages huit mois avant l'élection présidentielle, jamais, dans aucun cas, les sondages huit mois avant ne disent qu'elles seront les deux qui seront là au second tour. Jamais. Pas une seule fois ça n'est arrivé. Alors, si c'est une loi, je n'ai pas de sens que c'est une loi, c'est comme ça que ça a marché jusqu'à maintenant. Ça va être en 2012, en 2007 ? Merci. On veut les reprendre ? Vous voulez ? Oui, oui, oui. On veut les reprendre ? Alors, on les reprends ?
Non, je ne sais pas. Vous voulez vraiment ? En 2007 ? Moi, j'invite nos téléspectateurs à le faire. Royal Sarkozy. Royal Sarkozy, ils ont été sondés depuis le départ. Alors, laissons finir Roland Carole. En 2012, on a toujours été prévu un second tour Hollande-Sarkozy. Et qui gagnait ? Et Hollande a été donné vainqueur durant toute la campagne. Jamais Sarkozy n'a été donné vainqueur en 2012. Non. Alors, précisément. Donc, c'est-à-dire que les sondages ont prévu ce qui se passait ? Non, l'élection se déroule toujours autrement que prévu.
Il y a toujours une part de surprise dans les scrutins ?
Ça serait souvent. Il y a toujours une part énorme de surprise. On a tous vécu des élections. Moi, je me souviens d'une de vos consoeurs demandant à Jacques Chirac, pendant l'élection présidentielle, s'il comptait retirer sa candidature. Et il a gagné. Donc, voilà. L'élection présidentielle, c'est quelque chose dont on parle sans arrêt pendant tout le mandat. On adore ça. Les hommes politiques sont complètement rivés là-dessus. Et ça se joue dans les derniers mois. Donc, le problème est, chaque fois, de trouver un passage. Il y en a qui trouvent des passages. Il y en a qui ne les trouvent jamais. Il y en a qui sont sûrs de l'avoir trouvé et qui s'effondrent.
Et c'est ça, le calcul, l'espoir de François Hollande. C'est qu'on dit aujourd'hui, grosso modo, dans les sondages, ça devrait être Juppé, Marine Le Pen. Lui, il dit, pas sûr, on va voir. Donc, il cogne contre la droite et notamment contre Nicolas Sarkozy, en espérant que ça sera plutôt Sarkozy, que du coup, il y aura aussi une candidature de François Bayrou, et que du coup, ce morcellement de la droite rouvre des espaces pour une gauche qui saurait se rassembler, sous-entendu, derrière lui. Donc, il nous fait un discours franchement de gauche aujourd'hui.
Est-ce que c'est un discours sous pression ? Ses proches lui demandaient des signaux. On lui disait, il va falloir qu'à un moment donné, donner un cap, il va falloir bouger un petit peu, puisque je vous rappelle que vous le savez tous ici, mais que la décision est pour le mois de décembre. Est-ce que c'est un discours contraint, quelque part, de la part du chef de l'État, qui a dû gérer le départ d'Emmanuel Macron, et puis la candidature d'Arnaud Montebourg ?
Oui, ce qui est drôle, c'est que ses amis lui demandaient de déposer un petit caillou sur le chemin de sa canature. En fait, il a pris un pavé, et il a lancé la figure de la droite. Donc là, en termes de petit caillou, le signal est visible. Bien sûr, c'est sous pression. Et bien sûr, on le citait tout à l'heure, l'émergence, l'irruption d'Emmanuel Macron dans le paysage politique est spectaculaire et le déstabilise. Parce que, qu'un ministre veuille prendre son indépendance, veuille le contester, etc., on le voit bien qu'Arnaud Montebourg, bon, ça c'est une chose.
Mais je pense que François Hollande, de son voyage où il était au Vietnam, a été cueilli à froid par le sondage de cette semaine de la saufresse qui est parue dans le Figaro, qui met d'emblée, d'emblée, Emmanuel Macron à 16%, et face à un président de la République, qui ne fait que 11%. Et ça, c'est terrible pour lui, parce qu'une chose est de tenir le discours, la division peut nous faire battre, il faut qu'on soit rassemblés, et comme je suis le président, rassemblez-vous autour de moi.
Mais lorsque un sondage, et peut-être d'autres bientôt, vont montrer que celui qui est en pôle position, ça n'est plus lui, là, le discours du vote utile, le discours du rassemblement, il peut se retourner contre lui. Et c'est ça le vrai danger mortel pour François Hollande. Et c'est pour ça aussi, je pense, que dans son discours d'aujourd'hui, il a été un ton au-dessus de ce à quoi on s'attendait. Je pense que dans le calendrier, c'est encore temps de le faire, ce discours, parce qu'Emmanuel Macron, pour l'instant, il est en période probatoire, si on peut dire. Il s'est donné deux mois pour asseoir sa candidature, imposer, en quelque sorte, sa candidature dans le paysage.
À ce moment-là, ça sera extrêmement difficile pour François Hollande de faire un discours de ce type-là sur le rassemblement. Une fois que son ancien ministre sera bien installé et organisera sa candidature, ça sera trop difficile. Donc, il était temps quelque part. C'est en ce sens que votre question se justifie, si vous voulez. Est-ce que c'est sous pression ? Oui, c'était le moment pour lui de montrer qu'il ne renonçait pas, parce qu'on disait aussi qu'au regard des sondages, il finirait peut-être par se plier à la dure réalité, c'est-à-dire dire « je laisse ma place » et de partir dignement. Pourquoi pas ? Même s'il a très envie de se présenter.
Mais je pense que ce n'est pas un obsédé non plus, si vous voulez, du pouvoir. Je ne crois pas. Donc, bon, mais là, il fait tout au moment opportun. Je pense que ce n'est pas seulement ses proches qui lui ont dit. Je pense qu'il a dû beaucoup réfléchir lui-même et réaliser que c'était le bon moment pour faire valoir ses valeurs, son rôle de protecteur des Français et de gardien des institutions, comme je vous l'ai dit. Et je pense qu'en ce sens, ce n'était pas maladroit de sa part. – Gérard Grinbert.
– Oui, mais par rapport à votre question, ce qui est vrai aujourd'hui, c'est que, très franchement, la perspective pour les socialistes, pour le candidat socialiste, il serait le candidat socialiste. Pour les socialistes, le problème, c'est de ne pas disparaître, tout simplement. Ce n'est pas seulement d'être en deuxième position à l'élection présidentielle. Il y a un risque mortel pour le parti socialiste. Il faut bien le voir.
Si vous regardez le sondage paru dans le Figaro, l'enquête Soffresse, et c'est d'ailleurs ce que pense Cambadeli, d'ailleurs, probablement à juste titre la direction du parti socialiste, c'est que si ce n'est pas François Hollande qui est le candidat, alors on ne sait pas où on va. Vous avez vu, Montebourg, si Hollande n'est pas là, Montebourg, il fait 5% dans ce sondage. Alors, ça peut évoluer, ça peut changer quand il est en... Enfin, 5%, c'est-à-dire, ce qu'on avait vu ça, tu te souviens, en 69, quand on donnait l'estimation de fer à 5%, voilà, 5%. On était étonné, à l'époque, maintenant, on s'en tiendrait peut-être moins.
Et tout ça pour dire que le problème, c'est aussi, quand on discute avec le socialiste, et probablement pour François Hollande lui-même, c'est d'essayer quand même de ne pas couler complètement. C'est ça l'idée. Bon, or, effectivement, il s'est placé, à mon avis, le mieux possible, aujourd'hui, je pense, le mieux possible qu'il pouvait, et peut-être qu'il peut, s'il arrive à faire 13, 14%, voilà, je ne crois pas qu'il puisse arriver en seconde position, mais, comme on ne sait pas encore qui seront les candidats, vous savez, les experts présidentiels, quand on ne connaît pas les candidats, très grande prudence, très grande prudence.
Sur le fond, maintenant, discours long devant la fondation Jean Jaurès, ce n'est pas n'importe quel auditoire, qu'est-ce que vous avez entendu de nature à remobiliser cette opinion qui s'est détournée ? On l'a entendu, tout à l'heure, vous nous le disiez, L.M. Pilichowski, dans le rôle de père de la nation, on l'a entendu adresser un message à la communauté musulmane, Est-ce qu'il y a des aspérités dans ce discours ?
Ou est-ce que c'est du Hollande classique ? Non, mais il y a des aspérités, elles sont pour la droite, c'est-à-dire qu'il a vraiment agité tant et plus le chiffon rouge, une droite qui va détruire, tout simplement, en toute simplicité, détruire notre démocratie. Il est revenu beaucoup sur cette thématique en disant « Je ne laisserai pas notre État de droit voler, détruire la France s'abîmer », une de ses dernières phrases, « Je ne laisserai pas abîmer la France », comme si lui allait sauver la France, pas parce qu'il va partir au combat, mais parce qu'il est là et que c'est quelqu'un qui est là pour apaiser.
Et nous l'entendrons, L.M. Pilichowski, sur ses attaques ciblées sur la droite. Mais en force de propositions ?
Comme propositions concrètes, il y en a une. Une seule ? Il y en a une seule. Alors, allez-y. C'est sur le mandat. Il a expliqué qu'il voulait encore réformer, donc ça s'inscrivait dans la prolongation de ce qu'il avait déjà fait pour montrer que son quinquennat n'avait pas été nul ni inactif, comme on l'en accuse souvent. Et il a dit, bon, en ce qui concerne les institutions, par exemple, il faut encore moderniser. Et non seulement j'ai limité, j'ai fait le cumul des mandats, c'est-à-dire qu'un parlementaire ne peut plus être en même temps, être à la tête d'un exécutif local, il va falloir aussi réduire les mandats dans le temps.
Ce qui est une demande, à mon avis, qui est tout à fait justifiée. C'est-à-dire qu'on n'a pas assez dit, c'est-à-dire qu'on empêche un député ou un sénateur de garder sa petite commune, d'être maire de sa petite commune même si elle a 500 habitants, ce qui, à mon avis, n'était pas spécialement gênant. Enfin bref, il y a donc le non-cumul. Et en même temps, on lui permet de faire 3 ou 4 mandats de sénateur, ce qui est quand même un peu long, dans une démocratie moderne. Donc voilà. Et là, il s'est glissé là pour montrer qu'il avait encore des choses à faire. Mais c'est la seule mesure concrète qu'on a entendue.
Parce qu'encore une fois, on explique à nos téléspectateurs que c'est un président presque candidat, qu'il a fait un discours fleuve, et ils se disent peut-être, « Bon, très bien, qu'est-ce qu'il nous propose pour 2017 ? » Est-ce qu'il y avait des pistes, des choses intéressantes ?
Juste un mot pour dire que la fameuse histoire sur le cumul des mandats, comme par hasard, c'est une chose dont avait parlé Nicolas Sarkozy, en disant que s'il était élu président de la République, il ferait un référendum le jour du deuxième tour des élections législatives qui suivraient, en demandant qu'on revienne sur la loi sur le cumul des mandats. Donc lui, il dit, persiste et signe, non seulement je garde le cumul des mandats dans l'espace, mais j'ajoute un non-cumul des mandats dans le temps, ce qui ne veut probablement dire pas plus de trois mandats. Il ne l'a pas précisé. Donc même ça, c'était une pierre dans le jardin de Sarkozy. Alors qu'est-ce qu'il y a ?
Il y a cette espèce de définition de ce que c'est que vivre ensemble dans un état de droit, dans cette France qu'il s'agirait de protéger, à la fois dans son modèle social et dans son vivre ensemble dans la République et notamment avec les musulmans. Ça m'amusait en venant en voiture à l'instant. Tout à l'heure, j'entendais Alain Juppé dire, « Alors moi, je ne me sens pas concerné par ces attaques. Moi, je n'ai jamais voulu mettre à bas le modèle social français et moi, je suis absolument partisan de l'état de droit. » Il a absolument raison, Alain Juppé. C'est un discours de Hollande par rapport aux primaires de la droite et pour valoriser Nicolas Sarkozy.
Moi, je ne pense pas que ce soit pour autant l'annonciateur totalement de ce que sera la campagne présidentielle de François Hollande. Parce que dans les sondages aujourd'hui, il y en a eu un publié par Elab il y a trois jours, on demande aux Français s'ils préfèrent que la campagne ce soit plutôt sur les questions économiques, l'emploi, le chômage, etc. ou plutôt sur l'identité, l'islam. Et les deux tiers des Français choisissent l'économique et le social. C'est là que sont toujours leurs attentes les plus fortes. Et ça se comprend parce que la France ne va pas d'un coup de badette magique beaucoup mieux. Et donc, je pense qu'il y aura plusieurs étapes.
Là, on est dans une étape où l'ennemi, enfin l'ennemi, l'adversaire politique, c'est la droite en primaire. Et il faut donc cogner sur ce point-là, montrer que lui, il est le défenseur, le garant de nos droits, à la fois économiques et sociaux, et républicains, et du vivre ensemble. Et puis, je pense que la campagne, ensuite, elle ira aussi ailleurs.
Guillaume Tabard.
Moi, je trouve assez terrifiant que le seul exemple que l'on retienne de perspective en nouveaux mandats, c'est dire qu'on limite le cumul des mandats dans le temps. Oui, c'est un peu juste. Je ne rentrerai pas dans le débat lui-même sur le cumul, mais qu'un président de la République, comme seule chose nouvelle, dire voilà, je veux faire ça, son élection est garantie. Et rendre aussi plus représentatif le Parlement. Oui, mais très bien. Mais de fait, tous les candidats proposent ça. Mais je veux dire que, s'ils pensent que c'est avec ça la réduction du nombre parlementaire, c'est dans les programmes de tous les... La réduction de quoi ? Des mandats parlementaires, du nombre de...
Ce n'est pas du nombre de mandats, c'est de la diversité. Oui, mais voilà. Ensuite, sur ce qui peut être le projet de François Hollande, on n'a pas vu grand-chose, y compris même sur la relation à l'islam. Il est dans ce nini, il dit, j'accepterai pas les provocations, mais j'accepterai pas non plus les stigmatisations. Donc très bien, face aux problèmes concrets, qu'est-ce qu'on fait ? Pas de loi burkini, quand même. Bah oui, d'accord.
Alors, on va laisser Guillaume Tabard terminer.
Ensuite, quand il dit, est-ce que la République est combattée avec l'islam ? Oui. Est-ce que l'islam a sa place ? Oui. Bon, mais concrètement, les gens voient bien qu'il y a aujourd'hui un problème de relation et d'insertion de l'islam dans la République. Le problème, c'est pas dire, je ne veux pas que l'on excite tout ça, qui fait que le problème ne se pose pas. Et même les acteurs de gauche, ils se posent la question de cette cohabitation, de cette...
Qu'il a abordée malgré tout.
Oui, qu'il a abordée, mais de manière assez incantatoire. Et à mon avis, c'est insuffisant. Enfin, troisième point, c'est vrai qu'il est dans une critique de la droite. Donc, c'est l'apocalypse. Si la droite revient, c'est terrible... Je vous assure qu'on va l'entendre sur la droite. Pour les droits sociaux, etc. Bon, mais lui-même, François Hollande, il a eu un mandat, et de ce point de vue-là, vous voyez, je vais lui rendre hommage, où il essayait de faire bouger les lignes en économie, le CICE, etc. Même son intention au départ, avec la welcomerie, c'était aussi de faire bouger le droit du travail. Or là, en repartant dans un discours...
Attention, les réformes qu'on propose, c'est l'apocalypse. Il se réenferme dans un discours de défense des droits acquis, qui est le discours que la gauche, elle-même, avait fini par abandonner au fil de ses mandats. Et je pense que toute la culture de gouvernement qu'il avait théorisée dans son discours la dernière fois devant Jean Jaurès, sur la gauche réformiste, sur la gauche qui doit accepter de faire bouger les choses en économie et en sociale, tout ça, j'ai le sentiment qu'il l'a gommé aujourd'hui.
C'est intéressant. Vous considérez aussi Gérard Grimbert qui fait un peu machine arrière sur ce qu'a été son logiciel pendant 5 ans ?
Non, ce que je crois, c'est que sur les questions dont parle Guillaume Tabard, qui sont effectivement très importantes, il n'est pas à l'aise parce que s'il veut, et c'est ce que je pense, il a décidé d'ailleurs, Sarkozy exactement de la même façon, de faire que le clivage gauche-droite soit réactivé pendant cette campagne présidentielle. Il pense que c'est comme ça qu'on peut s'en sortir, réactivant le clivage gauche-droite. Alors, absolument à ce moment-là, il sait bien que ce n'est pas la gauche qui ne va pas la réunir sur la question du libéralisme économique. Ça, c'est sûr.
Donc, à partir de ce moment-là, il choisit des thèmes, et c'est ça qui n'était pas absolument évident au départ, il choisit les thèmes même de Nicolas Sarkozy en disant, nous, on n'est pas d'accord avec ça et on va vous montrer qu'on n'est pas d'accord avec ça. Moi, ça ne m'étonne pas tellement parce que, d'ailleurs, on le voit bien, je pense que s'il avait essayé de faire ce matin une tentative pour montrer quel serait son nouveau programme économique et tout, on aurait encore dit c'est du Hollande, c'est pas terrible, etc. Avec là, on se dit, il est quand même rentré en campagne, il veut se battre parce que l'élection présidentielle, c'est une bataille. Il veut se battre.
Il veut se battre et vous allez voir, on va l'entendre. Il y a des signes qui ne trompent pas. François Hollande a donné battu dans tous les cas de figure face à la droite dans les sondages, cible donc ses adversaires. Une charge inédite contre les candidats aux primaires des Républicains mais aussi contre les ambitieux de son camp. Alain Juppé moqué sur l'identité heureuse, Nicolas Sarkozy sur les affaires et même peut-être un message cinglant à l'endroit d'Emmanuel Macron. On écoute le président de la République.
Les principes constitutionnels ne sont pas des arguties juridiques. Arguties juridiques. La liberté d'aller et venir, arguties juridiques, la liberté d'expression, arguties juridiques, la liberté de culte, arguties juridiques, la présomption d'innocence, bien commode à brandir quand il s'agit de plaider pour son propre compte. Qui peut dire que nous ne voulons pas user de tous les moyens possibles pour annuler notre ennemi ? Moi, je rappelais les 9000 policiers et gendarmes postes qui ont été créés au cours du quinquennat. Oui, je dois le rappeler puisqu'il y en avait eu 13 000 qui avaient été supprimés précédemment. L'identité, elle n'est ni heureuse ni malheureuse.
Elle s'appuie sur la contribution patiente, laborieuse, brillante de générations successives qui ont construit la nation française. Elle n'est pas figée dans le temps. Elle n'est pas une photographie immobile. Elle n'est pas une contemplation du passé. Elle n'est pas une recherche obstinée des racines pour savoir jusqu'à quel point nous sommes français. L'identité, elle est en perpétuel mouvement. Dans une démocratie, il y a l'élection. Ah, ce n'est pas facile, l'élection. Il faut la mériter. Il faut s'y préparer. Et il faut respecter les citoyens. Ils pensent que le pouvoir est là, à portée de main. Ils y sont. Ils s'y installent. Ils s'organisent.
Ils pensent que l'élection, c'est la primaire et que le reste n'a plus d'importance. que les Français viendront signer au bas de la page et dire puisque vous avez choisi, nous n'avons donc plus la possibilité de le faire. Eh bien, je veux le dire au nom du suffrage universel dont je suis finalement encore jusqu'au mois de mai le seul qui en ait eu l'onction.
Et des applaudissements qui nous amènent à cette question. Les médias ont annoncé une allocution et j'ai entendu beaucoup d'applaudissements. Est-ce normal pour un non-candidat, Guillaume Dabar ?
C'était clairement pas une allocution. Il intervenait dans le cadre d'une fondation mais c'est vrai que le contexte fondation laisse penser un discours assez doc, etc. Non, je pense qu'on était clairement dans un meeting, le premier meeting de la campagne. On le disait au début, la gestuelle de son intervention
nous rapproche.
On vient de voir les images qu'on vient de voir. Elle parle d'elle-même. Il est en meeting puisqu'il a envie de faire des meetings.
La porte-parole des Républicains réclame d'ailleurs que les frais d'organisation soient réintégrés au compte de campagne. François Hollande
lui-même avait protesté et d'ailleurs ensuite le Conseil constitutionnel avait fini par donner raison contre une intervention de Nicolas Sarkozy je crois que c'était à Toulon. A Toulon, c'est le fameux meeting de Toulon. Et qui avait dû être comme président de la République mais qui avait été réintégré dans le compte de campagne. Là, je pense que la question peut légitimement se poser pour cette intervention.
Alors, on a entendu les unes après les autres les charges de François Hollande contre principalement les Républicains, les candidats des Républicains. Roland Carole, est-ce qu'il y a un ennemi désigné ?
Oui. Oui ? L'ennemi, c'est Nicolas Sarkozy et à travers Nicolas Sarkozy, c'est le camp de la droite avec ce risque terrible qu'il met à bas le modèle social français et qu'il nous prive de l'état de droit qui fait partie de notre identité démocratique profonde. Vous savez, dans les élections en France, il y a de plus en plus un combat entre deux façons de considérer la politique. L'un, c'est l'opposition gauche-droite et on a souvent dit que les institutions de la cinquième et le fait même qu'il y ait un deuxième tour avec seulement deux candidats, ça poussait puissamment à cet affrontement gauche-droite. Et puis, il y a d'autres choses.
Il y a les gens qui voudraient opposer le camp des réformes, qu'on soit de gauche ou de droite, au camp de la conservation. Il y a des gens qui pensent que le vrai combat, il est entre ceux d'en bas et ceux d'en haut qui les dominent. Et on a toujours dans les élections en France en ce moment cette tentation de remplacer le combat gauche-droite par l'un des autres. haut-bas ou conservation contre réforme. Et chaque fois, on sent qu'il y a des gens qui marquent des points contre gauche-droite. Aujourd'hui, c'est Macron, ça a été d'autres, ça a même été Coluche. Et Marine Le Pen ? Ça a même été Coluche. Il a fait 16% dans les sondages.
Il se trouve que par hasard, il y en a un autre qui fait 16% en ce moment dans l'enquête de la Soffresse. mais voilà, ça monte et puis en général, jusqu'à maintenant, dans les élections présidentielles, finalement, même si les Français râlent en permanence contre le conflit gauche-droite, ils se reconnaissent quand même dans ces deux grandes familles et ça redevient le conflit gauche-droite. Et c'est ça le travail. C'est pas très glorieux. C'est pas très glorieux. C'est pas très glorieux. Mais c'est le jeu normal des gens qui sont à la tête de la gauche et de la droite de défendre ce qui va les ramener comme les candidats principaux. Est-ce que ça va marcher ? J'en ai pas la moindre idée.
Alors, à l'heure d'aujourd'hui, je n'en sais rien. En tout cas, c'est sa stratégie. Mais c'est évidemment la stratégie. Hélène Pichatsky. Moi, ce qui m'étonne dans votre raisonnement, c'est que vous oubliez quand même qu'il y a l'extrême droite dans le combat dont vous parlez parce que vous dites C'est comme les communistes ou la quatrième. Non, mais elle est à part mais elle a la grosse part du gâteau quand même puisque Marine Le Pen se maintient en tête dans les sondages du premier tour. Dans tous les sondages, elle est toujours à temps.
Donc, c'est quand même, vous dites que l'ennemi est clairement déclaré, en l'occurrence Nicolas Sarkozy et c'est vrai, on l'a bien compris tout au long du discours. Mais ce qui est étonnant quand même, c'est que c'est la droite, sous-entendu la droite républicaine, celle de Nicolas Sarkozy malgré tout, disons celle des Républicains qui est mise en cause comme le plus grand danger par François Hollande et il ne parle pas de l'extrême droite. Sans doute parce qu'il sait qu'il y a ce plafond de verre qui fait que Marine Le Pen ne gagnera probablement pas. Mais c'est quand même un danger très important.
C'est ce qui a quand même bouleversé le jeu politique du pays et qui menace d'une certaine façon quand même, si vous voulez. Et je le trouvais assez étonnant. Il évoque à la fin un petit peu l'extrémisme. Il fait une allusion à la fin de son discours à Marine Le Pen mais c'est tout. J'ai trouvé que c'était un peu faible. Donc il cherche si vous voulez à faire de l'anti-sarcosisme ce qui s'est passé la dernière fois pour son élection finalement. Donc je pense qu'il va étayer un peu son programme sur autre chose. Mais ça en ce sens-là j'ai trouvé que politiquement parlant c'était un peu juste. Et alors il y a beaucoup de questions ce soir Hélène Pidyszowski. Je vous laisse finir allez-y.
Simplement comme au niveau de ce qu'il peut promettre aux Français ou du moins ce qu'il peut séduire les Français la gauche avant dans le clivage classique la droite était conservatrice on n'en attendait rien si vous voulez si ce n'est un peu d'ordre et remplir les caisses et la gauche elle était là pour comme l'a dit François Hollande tout au long de sa campagne en 2012 pour réenchanter le rêve c'est-à-dire promettre de lutter davantage contre les inégalités d'assister davantage les moins bien entiers etc.
mais là maintenant il n'y a plus grand chose à promettre donc il va se camper sur cet anti-sarkosisme et cette menace de l'apocalypse de la droite si elle revient au pouvoir c'est un peu juste pour l'instant
Je vous disais il y a beaucoup de questions ce soir et des questions qui portent sur une des lacunes sans doute de son discours il n'y a pas eu un mot Gérard Grimbert sur le chômage
Non il n'y a pas eu un mot sur le chômage d'abord il faut bien voir que ce soir on fait comme s'il était candidat On a tort ?
Il a fait lui-même comme s'il était candidat mais pas totalement Moi aujourd'hui je ne suis pas capable de vous dire s'il sera candidat ou pas parce que revenons au sondage en question c'est au moment de décider en décembre ce sera à lui de dire est-ce que je prends le risque de faire 10% au premier tour de l'élection présidentielle et d'arriver 5ème ce qu'on ne peut pas éclure à 100% donc c'est lui qui va prendre l'élection il n'est pas sûr d'être candidat je ne sais pas ce qu'il y a dans sa tête j'en sais rien lui les gens voudraient bien qu'il soit candidat mais il n'est pas sûr pas tout il n'est pas sûr qu'il sera candidat
C'est lui qui le veut le plus de tous
mais il n'est pas sûr il n'est pas sûr quand même ça c'est la première chose donc je pense qu'il va voir justement avec ce qu'il a fait là si quelque chose prend ou pas si ça ne prend pas du tout l'autre sondage vous l'avez dit je crois tout à l'heure le sondage qui montre qu'il y a 88% des français qui ne souhaitent pas sa candidature donc c'est lourd à remonter quand même tout ça donc voilà donc ça c'est la première chose à dire alors la question du chômage pour revenir à la question du chômage c'est que
c'est de son bilan plus généralement
on sait bien que pour lui c'est très très compliqué cette affaire parce qu'il aura beau dire que ça va un peu mieux ce qui est vrai il ne pourra quand même pas dire qu'il a remporté le combat qu'il voulait remporter sur le chômage donc il évite pour l'instant d'en parler c'est bien évident ce n'est pas ça qu'il va mettre en tête je suis d'accord que si il y a une compagnie présidentielle il sera bien obligé de s'expliquer là-dessus et d'en parler mais là je crois qu'il a eu raison politiquement je crois que là il a ciblé son discours il a ciblé sur des questions et sur un homme et je crois qu'en politique il vaut mieux faire ça que de parler de tout en même temps
il a quand même défendu très rapidement son bilan Guillaume Tabard expliquant qu'il y avait des choses qui avaient été faites c'était peut-être là pour le coup un message à son camp notamment sur le tir payant sur les retraites sur la pénibilité sur toutes ces choses-là
il n'a revendiqué que ce qui sont des nouveaux droits acquis tout ce qui alourdit de certaine manière le modèle social français qui le rend encore plus cher et donc qui le condamne à terme alors qu'une fois encore je le disais tout à l'heure dans son action malgré tout il y avait cette perception et ce début d'action qui montrait bien qu'il voulait un petit peu alléger l'économique alléger les charges et les entreprises et là pour des raisons de politique il va uniquement il retient le tir payant ça va aider à améliorer le trou de la sécurité sociale le tir payant a généralisé la pénibilité il parle à son camp oui mais il parle à son camp mais il faut bien qu'il choisisse aussi c'est-à-dire que s'il parle à son camp et qu'il le remobilise là-dessus si d'aventure il était réélu quelle politique il mettra en oeuvre c'est-à-dire qu'il vient déjà de payer et de payer très cher d'avoir mis en oeuvre une politique qui n'était pas celle sur laquelle il avait fait campagne il a fait campagne sur le discours du Bourget il a fait le CICE on peut s'en réjouir sur le plan de l'action bon mais s'il recommence en disant allez les droits acquis il est des nouveaux droits et puis la droite c'est l'horreur etc et qu'une fois dans un éventuel retour au maintien au pouvoir il repartait sur une politique sociale libérale plus classique ou en tout cas dans la quantité de ce qu'il fait il s'exposerait à nouveau à des désillusions et cette fois-ci il ne serait pas forcément la droite qui le battrait Roland Kérol deux petites choses la première je dis que c'était un discours qui prenait en compte le débat actuel des primaires de la droite que c'est lié à ça il me paraît évident que si par exemple c'est Juppé qui sort vainqueur des primaires Hollande réaxera son discours c'est tout on ne peut pas considérer que ce qu'il dit aujourd'hui Gérard a dit très justement attendons de savoir qui sont tous les candidats et on rebouge l'échelle musicale et la deuxième chose c'est que c'est quand même une valet de rose pour personne une élection présidentielle parce que moi je veux bien qu'on réenchante les rêves mais là je voyais aujourd'hui le dernier baromètre de l'IFOP il est calamiteux pour le président de la république 88% de gens ne le suivent pas mais ensuite on leur dit est-ce que la droite avec le parti républicain ferait mieux il y a 20% de gens qui disent oui est-ce que le front national ferait mieux il y a 16% de gens qui disent oui donc voilà on n'est pas devant en ce moment des concurrences pour réinchanter des rêves on est devant des français qui a priori n'y croient pas
est-ce que ça valait la peine alors pardonnez-moi de déranger les français comme le disait Jacques Pilan qui conseillait à l'époque François Mitterrand de venir faire un discours qui est un discours essentiellement tourné vers ses adversaires pour des raisons de politique vous voyez ce que je veux dire
il faut bien à un moment faire de la politique il faut bien en tout cas essayer de réenchanter ses propres oui-ci-pour-pères ça commence à faire là y compris ceux qui vous ont laissé tomber il y a quand même la moitié des électeurs de Hollande de 2012 qui sont déçus du Hollande et bien c'est la question qu'il faut bien essayer de les ramener
qu'est-ce qu'ils ont entendu là à part la charge contre la droite et vous l'avez très bien expliqué qui remobilise d'une certaine manière le camp qu'est-ce qu'ils ont entendu là qui soit de nature à les rassurer
je ne sais pas je dirais une conception globale du rôle de l'Etat de la République du modèle social qui les renvoie à un univers plus familier on est plus simplement dans la gauche de rupture par rapport à l'économie et qui nous oblige enfin quand même nos charges à nous français de base elles ont augmenté encore cette année alors que les charges des entreprises continuent à baisser c'est difficile à vendre comme message de gauche donc il faut en effet leur dire oui mais par ailleurs on a cette défense la protection sociale le modèle social la République l'intégration de l'islam d'une façon qui permette à chacun de vivre ensemble et de jouer son rôle voilà c'est quelque chose qui est une musique qui est une musique plus sympathique pour les électeurs déçus de la Hollandie
Gérard Granbert
oui moi je crois qu'il a dit un peu plus que ça quand même je crois que c'est un discours où il y a du fond au contraire parce que parce que même si c'est pas la question qui est la plus importante pour les français la question aujourd'hui du vivre ensemble de l'islam des musulmans c'est quand même une question qui agite beaucoup et qui pose beaucoup de problèmes et là par rapport à ce que proposait Nicolas Sarkozy très récemment il a pris clairement une position contraire et qui est pas seulement comme ça qui est de dire non nous ça n'est pas la même conception nous ne ferons pas des lois pour faire des lois à tel ou tel moment des lois circonstancielles nous ne ferons pas ceci nous ne ferons pas cela donc il a là clairement à mon avis poser des paroles qui sont presque des actes pour une éventuelle future campagne qui est de dire là il y a bien un clivage entre la gauche et la droite et ce clivage là
il est très clair pour nous très vite comme vous dites il a dérangé les français je ne pense pas qu'il les ait dérangés c'était une formule à l'époque un conseiller en communication
qui disait il faut aller devant les français quand on a quelque chose à leur dire
mais je pense que c'est très important parce qu'il y a un très grand désarroi des français vis-à-vis de la classe politique et vis-à-vis de cette présidentielle il y a énormément de gens qui se disent mais qui mais comment mais qu'est-ce que vous en pensez est-ce que François Hollande alors les sondages donnent un grand rejet mais lui là il s'est positionné c'est l'homme aussi l'homme qui a envie encore qui a très envie qui est là qui a traversé toutes les épreuves qui s'en est pour beaucoup pas si mal sorti si vous voulez il a des grandes épreuves vécues par le pays pour le terrorisme et en fait il y a on entend aussi cette musique parfois des gens qui disent et pourquoi pas Hollande il n'a pas si mal fait donc c'est sa présence qu'il a qu'il a affirmé de quelqu'un qui est en forme et qui peut encore diriger le pays et ça sans programme précis pour l'instant avec son logiciel de gauche traditionnel bon très bien voilà parce que personne ne s'impose vraiment dans le paysage et lui il a cette fenêtre et bien pourquoi pas moi il voulait dire coucou je suis encore là je suis là et voilà et à même de diriger le pays
alors ce sera la prochaine la prochaine étape le prochain étage de la fusée après un discours sur la France on a compris des cadeaux aux français et en particulier aux contribuables après les baisses de l'impôt sur les sociétés le gouvernement prépare une ristourne de l'impôt sur le revenu d'un milliard d'euros pour les classes moyennes et populaires à préciser le levier fiscal pour arrondir les angles avant 2017 les annonces devaient tomber aujourd'hui mais il fallait laisser du champ au discours présidentiel Romain Bessnenou et Julien Launet
opération reconquête pour l'exécutif à quelques mois de l'élection présidentielle le gouvernement devrait annoncer dès demain une baisse de l'impôt sur le revenu pour les classes moyennes et modestes promesse faite par François Hollande en mai dernier après trois années de hausse des prélèvements
il m'apparaît logique il m'apparaît même juste que aussi les ménages puissent avoir leur part de la redistribution il ne s'agit pas là de distribuer ce que l'on n'aurait pas on a redressé si les comptes s'améliorent si la croissance se confirme il y aura également un geste du côté des ménages
problème les perspectives de croissance se sont assombries depuis le début de l'année avec une première prévision à 1,7% le gouvernement envisageait une baisse des impôts de 2 milliards d'euros mais avec une nouvelle perspective de croissance inférieure à 1,5% l'allègement d'impôts ne devrait finalement représenter qu'un milliard d'euros pour les ménages l'exécutif revoit donc son ambition à la baisse aller jusqu'à 2 milliards aurait nécessité d'avoir un peu plus de marge de manœuvre en termes de réduction des déficits il faut tout de même essayer de comprendre les engagements de la part de ce gouvernement vis-à-vis de Bruxelles et surtout essayer normalement d'être en dessous de la barre des 3% au jour d'aujourd'hui le gouvernement est dans les clous en termes de réduction des déficits mais avec une marge extrêmement faible et donc certes s'il y avait eu un peu plus de croissance économique en 2017 ils auraient gagné cette marge de 1 milliard le gouvernement veut donc faire un geste mais plus question de réduire encore le nombre de ménages soumis à l'impôt sur le revenu seulement 45% de foyers imposables en 2015 c'est le pourcentage le plus faible depuis 2009 avec le nouvel allègement prévu l'exécutif veut faire oublier les premières années du quinquennat marqué par de fortes hausses d'impôts d'après l'OFCE les prélèvements sur les ménages ont augmenté de 47 milliards d'euros entre 2012 et 2017 12 milliards sont le résultat de mesures prises durant le mandat de Nicolas Sarkozy mais les 35 restants sont imputables à la présidence Hollande depuis 2010 de 2010 à 2013
d'un côté comme de l'autre on a d'abord fait appel à l'impôt pour résoudre les problèmes peut-être que c'était pas évitable de la part des uns ou de la part des autres mais on est monté à un niveau 2013 avec effet 2014 qui n'était plus supportable pour les français
depuis 2014 le gouvernement infléchit sa politique fiscale pour les plus modestes l'impôt sur le revenu a certes continué d'augmenter mais beaucoup plus légèrement je pense que cette mesure de baisse elle est à la fois pédagogique et puis je pense qu'elle a un effet d'entraînement c'est du pouvoir d'achat pour les français pour les ménages qui en bénéficieront nous avons fait le choix d'une politique économique et budgétaire dans la durée qui porte ses fruits certains de nos détracteurs à gauche disent mais ça va porter ses fruits sur le prochain quinquennat ça prouve que nous avons d'abord le sens de l'intérêt général avant le sens électoraliste à court terme le gouvernement doit annoncer demain le résultat des arbitrages puis présenter son projet de loi finance au conseil d'état la semaine prochaine
alors nous allons revenir sur l'effet d'une éventuelle baisse d'impôts sur une campagne présidentielle mais cette question un deuxième mandat pourquoi faire que peut-il proposer aux français Guillaume Tabard
en matière de fiscalité je pense que baisser les impôts ou augmenter les salaires c'est la même chose quand c'est trop infinitésimal l'effet est pire que si on ne touchait à rien parce qu'on dit ils se moquent de nous un milliard on vient de voir 35 milliards de prêlement en plus un milliard en moins on se dit ils se moquent de nous
il y a eu d'autres baisses depuis qu'ils ont été engagés
il y a surtout des hausses qui ont été engagées au début mais des hausses il faut le rappeler structurelles le quotient familial renié etc.
en 2012 les effets ne sont pas annihilés par les baisses suivantes la baisse elle reste ce qu'elle est donc les prélèvements continuent d'augmenter de ce fait là donc le croire que c'est compensé par des baisses c'est une illusion et je ne suis pas sûr qu'il y ait beaucoup de contribuables qui s'en rendent compte et là encore on va retomber au débat de tout à l'heure sur envoyer des signaux à la gauche donc vous voyez soit il veut faire un signal électoral en baissant les impôts soit il veut faire donner envoyer un signal à la gauche en proposant de nouvelles prestations courant un coup là on voit bien qu'il est dans une sorte de spirale infernale pour lui
mais c'est une bonne réponse mais ce n'était pas la question un deuxième mandat pourquoi faire que peut-il proposer aux français
écoutez là là c'est des questions qui arrivent trop tôt on n'est pas entré dans la campagne présidentielle
visiblement les téléspectateurs de c'est dans l'air
mais il faut attendre un peu il faut attendre un peu je crois qu'on peut attendre une campagne présidentielle ça parle toujours de tout c'est le grand intérêt d'une campagne présidentielle c'est qu'on ne peut pas échapper à toutes les questions que les français les journalistes les adversaires posent donc on parlera de tout il y aura en effet le débat sur le chômage il y aura le débat sur la fiscalité et il y aura les positions des hommes politiques qui reviennent souvent à très loin sur la fiscalité on disait sous la troisième république que le secret c'était de demander plus à l'impôt et moins aux contribuables et grosso modo c'est quand même la martingale qui est toujours là le problème c'est que les français ne croient plus aux promesses sur les impôts voilà ils ont vu Nicolas Sarkozy en 2011 leur donnait leur fiche 11 milliards de plus d'impôts et ils ont vu Hollande en 2012-2013 leur en fiche 13 de plus et donc on n'a plus de croyance et ce n'est pas parce qu'on va gagner peut-être un milliard ici bon ça sera un petit geste non pas pour la gauche mais pour les catégories modestes c'est ça l'idée ça ne changera rien parce que les gens ils ont gardé de ce quinquennat d'abord l'idée d'une incohérence fiscale ils ont eu l'idée de cette douche qu'ils ont prise en 2013-2014 et ils ont d'autant plus raison de penser ça les français que le dernier rapport de l'EFCI on vient de voir Éric Ayer dans votre reportage explique que c'est à cause de cet alourdissement terrible des impôts de 2011 à 2014 qu'on a cassé la croissance française et que nous payons encore aujourd'hui en 2016-2017 cet alourdissement insensé des impôts qui nous n'a pas permis de développer la croissance donc c'est très compliqué de faire des promesses en économie et en fiscalité parce que d'abord c'est très dur à gérer et puis parce que de moins en moins de gens y croient
mais ils jouent quand même ce levier-là avant
c'est un levier qu'il faudra bien et sur lequel il faut bien jouer il aurait d'ailleurs tout à fait intérêt à expliquer que cette importance des impôts est là pour financer ce modèle social auquel il tient tant et qu'il veut absolument préserver il l'expliquerait il ne l'a pas dit il dit toujours je vais préserver le modèle social il n'explique pas que c'est celui qui coûte extrêmement cher et qui n'est pas forcément pérenne précisément parce qu'il est déficitaire donc il faut toujours plus d'impôts pour le financer en ce qui concerne ce que vous avez dit au départ la présidentielle on parlait de tout je ne pense pas que les candidats balayent tout c'est vrai qu'il y a des programmes qui sortent Alain Juppé en est à son quatrième livre et tout ça mais je pense que c'est très très important qu'un candidat se définisse sur une thématique particulière parce que les gens se disent lui c'est le candidat de l'autorité lui c'est le candidat rappelez-vous Nicolas Sarkozy et son travailler plus pour gagner plus pardon c'était très fort ce slogan c'était remettre la force au travail il y a une idée force qui marque le candidat et on a envie de ça et là pour l'instant c'est tout mou un peu enfin il y a des propositions mais tout le monde dit c'est semblable à la primaire de la droite tout le monde dit à peu près la même chose à quelques nuances près non je pense qu'il aurait besoin de dire je suis le candidat de ça donnera
peut-être dernière question et ensuite nous passons aux questions SMS est-ce qu'il lui reste d'autres leviers que celui de la fiscalité avant décembre pour réengranger pour renouer les fils de la confiance avec son électorat techniquement pratiquement ils vont voter le dernier budget est-ce qu'il lui reste des leviers Gérard Grimbert ?
pas beaucoup pas beaucoup et c'est pour ça que je pense qu'il a fait ce qu'il a fait la prière pardon la prière ce qu'il a fait ce qu'il a fait aujourd'hui ça ne m'étonne pas de ce point de vue là c'est à dire qu'encore une fois la gauche il faut le répéter la gauche est en morceaux en petits morceaux en tout petits morceaux et une partie qui était la droite de la gauche est partie on ne sait pas encore où mais enfin elle est partie donc c'est un champ de ruines la gauche aujourd'hui donc le problème s'il veut vraiment faire quelque chose s'il veut se présenter le problème de François Hollande est simple c'est essayer de trouver des thèmes qui vont permettre un petit peu d'agréger autour de lui d'abord à gauche pas seulement à gauche et effectivement en dehors de ce qu'il a alors bien ou mal parce que la gauche elle fait quand même 25-30% aujourd'hui dans le pays elle est vraiment très très faible donc je ne dis pas que ça permettra peut-être d'être majoritaire mais ça peut permettre d'avancer un peu sur ces thèmes là moi je ne vois pas tellement d'autres thèmes qui peuvent aujourd'hui fédérer un minimum je ne dis pas un maximum un minimum la gauche
et nous passons maintenant à vos questions aux questions SMS Julie Gaillet pose pour la campagne 2017 et François Hollande ne dit toujours pas qu'il sera candidat quel est le calcul ? Hélène Pilischowski
écoutez je ne sais pas ce qui est dans la tête de Julie Gaillet peut-être que
elle fait la une des journaux c'est vrai bah oui mais peut-être
qu'elle a vu l'épouse d'Emmanuel Macron très présente sur les couvertures des magazines aussi et qu'elle s'est dit pourquoi pas moi je suis là aussi pour défendre mon entre guillemets candidat ça peut être interprété
comme un signe d'engagement dans la campagne ou pas Roland-Cairol est-ce que vous le voyez comme ça pourquoi pas
pourquoi pas c'est une stratégie délibérée
ah bon alors allez-y
elle ne fait pas la une de Paris Match par hasard c'est évidemment délibéré concerté et à son tour à son tour François Hollande joue la carte people
si Hollande ça marche encore la carte people
je pense que non
si Hollande ne se présentait pas à la présidentielle serait-ce un aveu de son échec politique oui évidemment
vous savez moi je crois qu'il y a des choses qui ne dépendent plus complètement de lui on dirait qu'est-ce qu'il peut faire mais il y a des choses qu'il attend les chiffres de l'économique et du chômage est-ce que oui ou non il aura des chiffres meilleurs pour nous convaincre que ça va mieux ça c'est un argument très important pour décider d'être candidat et puis l'autre c'est les chiffres des sondages est-ce que Macron va baisser est-ce que Mélenchon va baisser ça aiderait donc je pense que d'ici décembre c'est les deux genres de chiffres qu'on va regarder les chiffres de l'économie et de l'emploi et les chiffres des sondages
et justement les sondages n'ont jamais fait une élection surtout lorsqu'on ne connaît pas les candidats en lice Hollande peut-il remonter ? Guillaume Tabard
je pense que ce sera très dur pour les ensembles c'est pas uniquement une remontée surprise de dernière minute François Hollande depuis la rentrée 2012 la rentrée 2012 est effondré dans les sondages de popularité et de légumage sur son action donc c'est pas la même chose que quelqu'un qui s'étiole et puis qui est pris dans des turbulences puis qui arrive à s'en sortir il y a un lien avec le pays avec les français qui est rompu depuis maintenant 4 ans sincèrement indépendamment bien sûr il y a des imprévus politiques mais je ne vois pas comment en 6 mois on rattrape ce qui a été cassé depuis 4 ans nous ne savons pas ce qui va se passer dans le pays il est remonté à 40% en janvier 2015 et à 50% en décembre
on attendra les chiffres popularité nous attendrons les chiffres comme vous venez de nous le dire François Hollande n'est-il pas meilleur en candidat qu'en président Hélène Pilischowski ?
la gauche est toujours meilleure d'ailleurs meilleure dans la phase d'opposition et donc de candidature je pense oui peut-être que sur les politiques c'est comme ça non il l'avait dit lui-même dans ce fameux meeting auquel on a déjà fait allusion cette fameuse réunion au théâtre du rond-point il avait dit la gauche est toujours séduisante elle est même ravissante quand elle est dans l'opposition ça nous avait marqué parce que ravissante ça ne s'applique pas tellement à la gauche comme un objectif mais c'était ça elle peut séduire très facilement parce qu'elle propose des choses nouvelles elle propose des avantages elle propose des cadeaux c'est ça et là il n'a plus de cadeaux à proposer mais je pense que le destin des présidents aujourd'hui dans un pays comme le nôtre est très difficile pas que le nôtre d'ailleurs vous allez voir que celui qui sera élu la prochaine fois il va avoir des sondages au bout de 8 jours 15 jours qui vont traquer sa cote de popularité des chaînes d'info à l'affût de la petite phrase qui tue de la photo qui n'est pas belle je pense que c'est très difficile et que la baisse la chute de popularité de François Hollande qui est spectaculaire je ne suis pas certaine que quelqu'un d'autre à sa place si vous voulez n'aurait pas subi le même sort c'est propre à la France
ce que vous dites ?
je vois dans les autres pays regardez ce qui se passe aux Etats-Unis dans cette campagne qui voit s'affronter Donald Trump et Hillary Clinton alors que les deux suscitent vraiment de l'agressivité et du rejet dans le pays je pense que c'est un mal de l'époque et des grandes démocraties
il reste 7 mois et demi avant le premier tour qui peut prédire ce qui se passera en France n'enterre-t-on pas trop vite François Hollande ? Gérard Granbert
non, non, non il ne faut pas l'enterrer bien sûr mais ceci étant dit je pense aussi que ça va être quand même extrêmement dur encore une fois pas seulement parce que c'est François Hollande même si on peut comprendre les origines qui sont vraiment dues de ce qui s'est passé et des difficultés mais enfin encore une fois moi je reviens toujours à la gauche la gauche est ce qu'elle est et elle a montré dans toute cette aventure Hollande que si le gouvernement si le chef de l'Etat voulait changer un minimum la politique en particulier la politique économique la gauche ne suivait pas la gauche se brisait et la gauche l'attaquait donc le problème c'est aussi cette gauche là
faire avec cette gauche là
ceci dit c'est un problème plus général on n'a pas le temps aujourd'hui là maintenant mais c'est un problème plus général de la social-démocratie européenne qui vous regardez partout dans cette crise aujourd'hui la social-démocratie européenne a beaucoup de mal à franchir l'obstacle et à essayer de régler les problèmes aujourd'hui dans la mondialisation et ça c'est pas seulement en France
finalement n'est-ce pas Valls qui va tirer les marrons du feu devant la désaffection des français pour Hollande Roland Kérol
à mon avis il y pense Valls est prêt c'est à dire que il y croit aussi si jamais en décembre Hollande pour les raisons qu'on a dites nous dit bon bah finalement je n'y vais pas bonsoir Valls sera candidat
par qui a-t-il été applaudi ? alors c'est vrai tout à l'heure on a dit qu'il y avait des applaudissements que c'était devant la fondation Jean Jaurès qui sont les gens qui étaient face à lui et qui étaient visiblement ceux qui ne font pas partie des 88% qui ne veulent pas le voir il y avait déjà
tous les membres du gouvernement c'est déjà pas mal ça fait quand même à l'applaudimètre c'est bien mais c'est vrai ils étaient là qui étaient les gens qui étaient dans la salle ? les gens de la fondation Jean Jaurès les élus bien sûr beaucoup d'élus énormément et puis ce sont des intellectuels les intellectuels les gens qui travaillent oui bien sûr ça fait oui de cadres de la gauche oui cadres de la gauche ceux qui restent qui sont venus pour soutenir François Hollande
et ceux qui restent et qui sont toujours le bloc de soutien de François Hollande on a revu le Hollande de la campagne de 2012 mais entre temps le président n'a pas tenu parole comment avoir confiance ?
c'est le résumé de la question qui est posé par cette moitié des Hollandais déçus moitié d'un électorat c'est quand même énorme et c'est exactement la question qu'il se pose comment est-ce que cette fois-ci on peut y croire à nouveau ?
une question qui se pose très précisément et qui va se poser c'est sûr dans les prochaines semaines un président en campagne est-il encore disponible pour gérer les affaires des français ? Guillaume Tabard
techniquement il y a une machine de l'état de l'administration des ministères qui fait qu'un pays tourne il ne faut pas croire que sous prétexte qu'un président entre en campagne la vie du pays s'arrête de tourner pas plus avec Hollande qu'avec n'importe quel président mais ce qui est clair c'est qu'à partir d'aujourd'hui François Hollande va faire de plus en plus de politique comme on a dit il n'y a plus beaucoup de levier comme il n'y a pas de levier il va ressortir les bonnes vieilles ficelles de la politique
L'élection présidentielle se jouera-t-elle au centre ? Toujours
Roland Carole ? Vous savez c'est le problème il faut faire 50% nous sommes le seul pays où il faut faire 50% dans tous les pays on arrive au pouvoir avec 35, 40, 45% puis après on essaie d'avoir des alliés en France il faut 50% c'est le général qui l'a voulu en pensant que pour ses successeurs lui il avait la légitimité de l'histoire mais que les autres avaient besoin de ça pour faire 50% il faut aller jusqu'au dernier le plus loin et il est forcément au centre
Et une petite dernière question François Hollande n'ouvre-t-il pas un boulevard pour Emmanuel Macron ?
Il est ouvert le boulevard Il est ? Il faut savoir si Emmanuel Macron s'y engouffrait durablement Là il essaie de le lui fermer Il est C'est difficile de dire que l'élection se joue au centre quand le match va se jouer entre les républicains et les fondationaux
Et bien on refera une émission pour alimenter ce débat Merci à vous tous C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h20 Demain rendez-vous pour un nouveau C'est dans l'air à 17h50 avec Bruce Toussaint que vous retrouvez désormais également le samedi Très belle soirée sur France 5 Sous-titrage ST' 501
François Hollande