Assurance-chômage : "On fait toujours payer la dette aux plus pauvres", s'indigne l'Unsa
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Questions et réponses
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- 0:29OuverteRéponse directe
Vous à l'UNSA, vous avez rendez-vous avec la ministre au mois d'avril. Vous y irez dans quel état d'esprit ?
- 1:23OuverteRéponse directe
Gabriel Attal explique qu'il veut favoriser le retour à l'emploi en bougeant le système. Qu'en pensez-vous ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Quelles sont les autres options pour redresser les comptes publics ?
- 2:26OuverteRéponse directe
Le Premier ministre attend des propositions crédibles des partenaires sociaux. Quelles propositions lui faites-vous ?
- 3:29OuverteRéponse directe
Pour vous, il faut augmenter les recettes plutôt que réduire les dépenses ?
- 4:38RelanceRéponse partielle
Gabriel Attal a rappelé que le gouvernement avait déjà taxé davantage certaines entreprises très profitables. Qu'en pensez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48InvitéFait
« on veut faire payer la dette aux chômeurs »
- 0:55InvitéFait
« on veut baisser l'indemnisation des chômeurs »
- 0:57InvitéFait
« on veut réduire le temps d'indemnisation »
- 1:41InvitéChiffre
« il n'y a que 2,6 millions qui sont indemnisés pour une moyenne de 1033 euros »
- 2:11InvitéFait
« les entreprises du CAC 40 explosent leurs bénéfices »
- 2:13InvitéFait
« la Bourse de Paris a fait des records historiques »
- 2:48InvitéFait
« tout est taxé sauf les transactions financières »
- 3:03InvitéChiffre
« 75 milliards d'exonérations de cotisations sociales »
- 4:23InvitéChiffre
« Total Énergie a augmenté de plus de 4% ses dividendes à 19,6 milliards d'euros »
- 5:24InvitéChiffre
« 49,3, on adopte le budget de la France »
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Il est 6h21, il y aura bien une nouvelle réforme de l'assurance chômage. Gabriel Attal l'a confirmé hier soir sur TF1. Le Premier ministre aimerait notamment réduire la durée d'indemnisation des chômeurs. C'est l'une des solutions avancées pour redresser les comptes publics. Bonjour Dominique Corona.
Bonjour.
Vous êtes le secrétaire général adjoint de l'UNSA, chargé de la protection sociale au sein de ce syndicat. Gabriel Attal demande à sa ministre du Travail, Catherine Vautrin, d'ouvrir des négociations avec les partenaires sociaux sur l'assurance chômage. Vous à l'UNSA, vous avez rendez-vous avec la ministre au mois d'avril. Vous irez dans quel état d'esprit ?
Écoutez, dans un esprit, une fois de plus, on se dit, voilà, le dialogue social, c'est on veut de toute façon faire des économies sur les chômeurs, on veut faire payer la dette aux chômeurs, et donc il n'y a pas grand-chose à négocier. Quand on écoute le Premier ministre, tout est déjà écrit, on veut baisser l'indemnisation des chômeurs, on veut réduire le temps d'indemnisation, donc on voit bien effectivement que c'est les plus précaires qui sont visés, et aucune effectivement mesure sur les plus hauts revenus, sur les entreprises, rien. Donc la dette, on le fait payer toujours aux plus pauvres. C'est inacceptable, c'est pas dû en même temps ça.
C'est toujours sur les mêmes qu'on appuie, et je vous rappelle qu'il y a eu déjà une grosse réforme de l'assurance chômage qui est en train de se mettre en place là. Donc tout ça n'est pas très sérieux.
Gabriel Attal, lui, il explique en fait qu'il veut faire bouger le système. Il dit je ne veux pas attaquer les chômeurs, m'en prendre aux chômeurs, je veux favoriser le retour à l'emploi en bougeant le système, inciter davantage à l'activité pour au final faire des économies.
Oui c'est ça, et je crois que les chiffres c'est sur 6,1 millions de demandeurs d'emploi, il n'y a que 2,6 millions qui sont indemnisés pour une moyenne de 1033 euros. Vous pensez vraiment qu'on est heureux à 1033 euros et qu'on veut rester au chômage en moyenne ? Donc on voit bien que c'est une vue d'esprit, c'est une fable. Voilà, on nous raconte une histoire et on oublie de nous dire qu'au même moment, les entreprises du CAC 40 explosent leurs bénéfices. On oublie de nous dire que la Bourse de Paris a fait des records historiques qui n'ont jamais été atteints il y a moins de 15 jours. Et bien sûr, on nous montre le doigt les chômeurs.
Eh bien parlons plutôt effectivement des entreprises, je crois que les entreprises du CAC 40 c'est 150 milliards à peu près effectivement de croissance supplémentaire financière. Donc vous voyez bien qu'il y a quand même une difficulté.
Alors quelles sont les autres options justement ? Le Premier ministre l'a dit hier, j'attends des propositions crédibles de la part des partenaires sociaux.
Quelles propositions lui faites-vous ? Mais crédibles, on n'arrête pas de lui faire des propositions, c'est ça le problème. Je pense que soit il ne l'entend pas, soit il ne nous comprend pas. Mais s'il ne nous comprend pas, c'est un vrai problème quand même. Parce que quand on est un homme politique, on doit entendre, comprendre et essayer d'adapter son discours. Quelles sont les propositions ? Taxation des transactions financières. Aujourd'hui, tout est taxé sauf les transactions financières. Excusez-moi, ça pose quand même une petite difficulté.
Deux, est-ce qu'on ne peut pas créer, comme un groupe d'experts l'a proposé à la Commission européenne, une imposition sur, justement, le capital en Europe ? En Europe, est-ce qu'on ne peut pas le mettre en place ? Est-ce qu'effectivement, on ne peut pas regarder les exonérations de cotisations sociales ? Aujourd'hui, 75 milliards d'exonérations de cotisations sociales. On ne demande rien aux entreprises en échange. C'est la seule politique publique où on donne de l'argent à tout le monde, tous les employeurs, sans leur demander, vous en avez fait quoi ? C'est quand même assez incroyable.
Moi, je trouve, avec mes impôts, je ne dis pas qu'il ne faut pas les donner, je n'en sais strictement rien. Mais quand même, qu'on pose le débat de l'utilité ou de la non-utilité me semble essentiel.
Donc, pour vous, pour redresser les comptes publics, vous, vous allez voir du côté des recettes. Il faut augmenter les recettes, pas faire des économies, pas réduire les dépenses.
Mais, parce que, je vais vous donner un exemple sur l'assurance maladie. Nous avons un vieillissement de la population. On a repoussé l'âge égal à la retraite, donc on sait qu'on aura plus d'arrêts maladie, plus de maladies chroniques, plus de problématiques au travail en termes de santé. Les médicaments coûtent de plus en plus cher. Si vous n'avez pas les recettes en fosse, si vous n'augmentez pas vos recettes, vous savez que, de toute façon, les dépenses vont augmenter plus vite que les recettes. Donc, oui, il faut faire des économies. Oui, il faut lutter contre la fraude.
La fraude, effectivement, des professionnels de santé qui sont les fraudes les plus importantes sur l'assurance maladie et pas sur les patients, contrairement à ce qu'on peut, là encore, entendre. Eh bien, vous voyez bien que si vous ne trouvez pas des recettes supplémentaires, vous êtes quand même dans une situation difficile. Et les recettes, mais ce n'est pas que moi qui le dis. Je crois que Mme Gaëlle Brond-Pivier, la présidente de l'Assemblée nationale, a parlé des super profits.
Si, quand vous voyez que, je crois que Total Énergie a augmenté de plus de 4% ses dividendes à 19,6 milliards d'euros, vous pouvez vous dire, quand même, quand on est dans une économie de guerre, quand il faut faire des efforts, il faut qu'ils soient partagés et que tout le monde y aille.
Mais Gabriel Attal a rappelé hier que le gouvernement avait déjà taxé davantage quelques entreprises très profitables.
Ah oui, beaucoup. D'ailleurs, vous avez remarqué, c'est bien pour ça que certains députés de la majorité commencent à y revenir. On voit bien que tout ça, c'est de la fable, une fois de plus, c'est de la poudre aux yeux. On voit bien qu'effectivement, le gouvernement fait semblant de dire, oh, on a taxé les hauts patrimoines, oh, on a taxé effectivement les entreprises. Sauf que ce n'est pas vrai dans les faits, quand on regarde concrètement.
C'est pas vrai ou c'est pas suffisant ?
Alors, ce n'est pas suffisant, voilà. C'est pas pareil ? Je suis d'accord avec vous, ce n'est pas totalement... Ce n'est pas suffisant, c'est-à-dire qu'on a fait là encore une fois de plus semblant. Voilà, et donc au bout d'un moment, il ne faut pas faire semblant. Et puis sur les comptes publics, il serait peut-être temps quand même, parce que, très franchement, au mois de décembre, 49,3, on adopte le budget de la France. Un mois et demi après, même pas, on nous dit on s'est trompé. Alors, soit on s'est trompé, et donc c'est un peu grave quand même, soit on n'a pas dit peut-être totalement la vérité aux parlementaires. Et c'est aussi grave au niveau démocratique.
Vous pensez que le gouvernement savait que le déficit allait se creuser davantage et l'a caché ?
Mais visiblement, le gouvernement de la Banque de France l'avait annoncé, l'OCDE, les prévisionnistes l'avaient annoncé, on voyait bien qu'il y avait quelques difficultés dans ce budget. Donc, il serait peut-être temps aussi qu'on se mette tous d'accord sur c'est quoi la dette, comment aller constituer cette dette, qu'est-ce qu'il y a à l'intérieur de cette dette, qu'on soit un peu transparent. C'est vraiment une question de démocratie. Et je le dis, je sens la colère dans le pays. Nous, s'entournons-nous à la colère dans le pays. Il faut faire très attention.
Et au moins, vous êtes d'accord avec ce constat, en tout cas, du gouvernement, c'est que pas question de laisser filer le déficit et d'aggraver la dette. Il faut au moins faire quelque chose. Vous n'êtes pas d'accord sur la méthode, mais sur le constat, vous êtes d'accord.
Un, il faut regarder effectivement la dette, comment elle est constituée. Deux, il faut regarder s'il faut faire des investissements supplémentaires. Moi, je vous le dis, les transitions qui arrivent, écologiques, numériques, si on ne prend pas garde, si on ne prépare pas le pays, si on ne prépare pas les salariés avec l'investissement dans la formation nécessaire, alors à ce moment-là, on va vers des catastrophes. Et là, ça nous coûtera encore bien plus cher plus tard. Je vous donne un exemple. Il faut effectivement qu'on forme les gens et on nous dit on va mettre une taxe sur le compte de personnes de formation. C'est antinomique.
Merci beaucoup, Dominique Corona. On va rester sur cet exemple. Secrétaire général adjoint de l'UNSA, vous étiez l'invité du 5-7. Merci.
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