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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 5 février 2026 23 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeEurope & internationalSolidarités & famille

Procès en appel du RN : "On n'est pas résignés", déclare Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Avez-vous vraiment pris vos distances avec le trumpisme ?

  • 0:54FerméeRéponse partielle

    Donc ça y est, vous avez fait le deuil de sa candidature pour 2027 ?

  • 1:41OuverteRéponse directe

    Vous vous attendez à ce que la cour d'appel suive les réquisitions ?

  • 2:30RelanceRéponse directe

    Vous croyez vraiment que Marine Le Pen va pouvoir être candidate à l'élection présidentielle ?

  • 3:28RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous les regrettez ces formules qui vous ont été reprochées ?

  • 4:23RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous réutiliseriez ce matin le fait qu'il y a en France une tyrannie des juges ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:58Invité politiqueFait
    « Non, parce que les réquisitions ne sont évidemment pas les peines. »
  • 1:01Invité politiqueFait
    « Donc là on a un parquet qui a requis de façon très dure, mais on s'attendait finalement à cette expression du parquet qui allait demander une condamnation. »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « D'abord on n'est pas résigné, Marine Le Pen se bat, Marine Le Pen fait valoir des éléments. »
  • 2:43Invité politiqueFait
    « Oui, je pense qu'il y a une possibilité que Marine Le Pen soit candidate à la présidentielle. »
  • 4:31Invité politiqueFait
    « Un, que l'institution, et je suis fils, moi vous savez, d'une greffière, donc l'institution judiciaire, je la respecte. »
  • 4:39Invité politiqueFait
    « Je considère que dans cette institution, il y a aussi des juges qui font de la politique. »
  • 5:43Invité politiqueFait
    « Ce qui me gêne, c'est qu'en fait, on aurait l'impression que des juges peuvent décider du casting de l'élection présidentielle. »
  • 7:01Invité politiquePromesse
    « Il est préparé chaque jour davantage pour faire un excellent candidat. »
  • 7:14Invité politiquePromesse
    « Jordan Bardella, non seulement sera à la hauteur, mais va faire une autre politique. »
  • 9:01Invité politiqueFait
    « Jordan Bardella, dernièrement, je l'ai écouté, il a expliqué qu'avec Donald Trump, un rapport de force s'impose. »
  • 9:32Invité politiqueFait
    « Nous, c'est ce qu'on reproche d'ailleurs à Emmanuel Macron, de ne pas défendre nos intérêts. »
  • 9:46Invité politiqueFait
    « Trump, il est ultra-libéral, ce que nous ne sommes pas. Il a un côté autoritaire, ce que nous ne sommes pas. Il n'est pas notre modèle. »
  • 16:44Invité politiqueFait
    « Ça sert à faire élire des élus du Rassemblement National qui vont porter des idées du Rassemblement National dans les conseils d'arrondissement et au conseil de Paris. »
  • 19:07Invité politiqueFait
    « Quand un candidat a eu ce genre de propos, il est immédiatement sanctionné. »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu61 %
  • Locuteur non identifié26 %
  • Présentateur14 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Avec Benjamin Duhamel ce matin, nous recevons donc le vice-président du Rassemblement National d'Épuité du Nord et vice-président de l'Assemblée Nationale. Venez lui poser vos questions et réagir au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Madame. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. Au surlendemain, des réquisitions contre Marine Le Pen dans le procès des assistants parlementaires du Front National. Son avenir politique s'obscurcit. On parlera aussi de la situation internationale. Avez-vous vraiment pris vos distances avec le trumpisme ?

Et puis des municipales qui se rapprochent et vous nous parlerez de vos candidats et des ambitions du RN. Mais d'abord Sébastien Chenu, le parquet a donc requis 4 ans de prison dont un ferme et 5 ans d'inéligibilité contre Marine Le Pen. Si la cour d'appel suit les réquisitions, elle ne sera pas candidate. Elle l'a très clairement laissé entendre. Donc ça y est, vous avez fait le deuil de sa candidature pour 2027 ?

0:58
Sébastien Chenu

Non, parce que les réquisitions ne sont évidemment pas les peines. Donc là on a un parquet qui a requis de façon très dure, mais on s'attendait finalement à cette expression du parquet qui allait demander une condamnation. Donc vient maintenant le temps de la défense. On a eu le temps de l'accusation, dure mais attendue. Et maintenant nos avocats vont faire valoir, et je crois qu'ils l'ont fait valoir pendant tout le procès, un certain nombre d'éléments qui permettraient à Marine Le Pen d'être évidemment lavée de tout soupçon.

1:30
Locuteur non identifié

On sent quand même dans les réactions au Rassemblement national, y compris dans ce que Marine Le Pen a pu glisser à la presse, une forme peut-être de résignation en réalité. Vous vous attendez à ce que la cour d'appel suive les réquisitions ? Pourquoi la cour d'appel déciderait d'une peine d'inéligibilité de moins de deux ans, qui serait la seule condition qui permettrait à Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle ?

1:53
Sébastien Chenu

Et ça parce que d'abord nos avocats vont faire valoir un certain nombre, je vous le disais, d'éléments qu'on a vus pendant le déroulement du procès, mais non on n'est pas résigné. D'abord on n'est pas résigné, Marine Le Pen se bat, Marine Le Pen fait valoir des éléments. Vous avez vu d'ailleurs que pendant le déroulement du procès, un certain nombre de contrats ont été évacués en disant que ces contrats, Marine Le Pen n'a rien à voir avec, elle n'a pas à en être comptable. Donc il y a des éléments qui montrent que la peine peut être évidemment amoindrie. En tous les cas, on se bat pour ça et on se bat pour faire reconnaître l'innocence de Marine Le Pen.

Marine Le Pen a entendu le message de la première instance, elle a entendu les réquisitions et maintenant on va entendre la défense.

2:30
Locuteur non identifié

Donc vous croyez vraiment, Sébastien Chenu, est-ce que là il n'y a pas un peu de méthode couée ce matin ? Vous croyez vraiment que Marine Le Pen va pouvoir être candidate à l'élection présidentielle ? Vous y croyez vraiment ?

2:39
Sébastien Chenu

Oui, je pense qu'il y a une possibilité que Marine Le Pen soit candidate à la présidentielle. Si elle n'est pas inéligible au-delà de deux ans, elle peut être candidate à la présidentielle, évidemment.

2:47
Présentateur

Alors en tout cas, elle l'a dit, si la décision suit les réquisitions, donc 6-5 ans d'inéligibilité, elle passera la main à Jordan Bardella. Cet été, peut-être à la rentrée, vous nous confirmez ?

2:59
Sébastien Chenu

Ah ben ce serait, si Marine Le Pen ne pouvait pas être candidate, il y aurait un congrès qui désignerait notre candidat. Il n'y a pas beaucoup de mystère chez nous, on est un mouvement organisé, on mène la bataille des idées. Et c'est Jordan Bardella qui prendrait le relais si Marine Le Pen ne le pouvait pas. Mais tout ça est assez clair, on ne se cache pas derrière notre petit doigt.

3:16
Locuteur non identifié

Je suis frappé Sébastien Chenu, début de cet entretien, vous avez des mots, vous avez qualifié les réquisitions de sévères, de dures, je crois. Mais on est très très loin de ce qu'on en avait pu entendre dans la bouche d'un certain nombre de responsables du Rassemblement National après le jugement en première instance et la condamnation. Je vais citer un petit fleurilège. Tyrannie des juges, c'est ce que disait Jordan Bardella. Tentative d'assassinat politique, ça s'était signé Johan Gillet, député du Rassemblement National. On se souvient de ce meeting Place Vauban, de Marine Le Pen qui s'était notamment comparé à Alexei Navalny, mort en prison dans les geôles russes.

Est-ce que vous les regrettez ces formules qui d'ailleurs vous ont été reprochées par les avocats généraux ?

3:52
Sébastien Chenu

Deux choses. D'abord, ces qualifications, on les a eues quand la peine a été exposée. Attendons la fin.

4:01
Locuteur non identifié

Et dans la foulée des réquisitions en première instance, les mots étaient tout aussi sévères.

4:04
Sébastien Chenu

Mais dire qu'il y avait évidemment, et d'ailleurs finalement dans ce procès en appel, il n'est pas dit autre chose, qu'il y avait une volonté d'empêcher Marine Le Pen à l'élection présidentielle et donc une volonté politique, c'était une réalité puisque l'exécution provisoire a été ici totalement rejetée en appel, y compris par le paquet. Non mais ça veut dire que...

4:23
Locuteur non identifié

Est-ce que vous réutiliseriez ce matin le fait qu'il y a en France une tyrannie des juges qui veut empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle ?

4:30
Sébastien Chenu

Moi j'ai toujours dit deux choses. Un, que l'institution, et je suis fils, moi vous savez, d'une greffière, donc l'institution judiciaire, je la respecte. Je respecte l'institution judiciaire. Je considère que dans cette institution, il y a aussi des juges qui font de la politique. Il y a aussi des juges qui sont des militants politiques. Ça existe. Dire le contraire, on l'a vu avec le syndicat de la magistrature. Aujourd'hui, moi je ne dis pas ça, j'attends la fin du procès pour prendre acte. Donc vous avez changé d'avis ? Non, on n'a pas changé d'avis, parce que je vous redis exactement ce que je vous ai dit.

Je crois même d'ailleurs ici, à ce micro, que respect de l'institution judiciaire, et avoir les yeux ouverts sur une institution dans laquelle il y a effectivement des gens qui font de la politique. Dire qu'il y a une tentative d'assassinat politique, c'est respecter. Et on pouvait considérer. Pardonnez-moi, Sébastien Chenu, vous dites aujourd'hui, je respecte l'institution judiciaire.

5:10
Locuteur non identifié

Dire après, je m'en prie à l'instance, que ce qu'il y avait une tentative d'assassinat politique, c'est pas respecter l'institution judiciaire.

5:16
Sébastien Chenu

Quand on invente un délit qui n'existe nulle part dans les codes, qui était celui du trouble à l'ordre démocratique, oui, on peut penser qu'il y a une coloration politique. D'ailleurs, ce trouble à l'ordre démocratique a été foulé au pied en appel. Le parquet a dit que ceci n'avait pas lieu d'être, et que ça ne tenait pas debout, en réalité. Donc il y avait bien une volonté.

5:35
Présentateur

Est-ce que vous redirez, si Marine Le Pen ne peut pas se présenter, qu'on n'est plus tout à fait dans une démocratie ?

5:40
Sébastien Chenu

C'est-à-dire que moi, ce qui me gêne, c'est qu'en fait, on aurait l'impression que des juges peuvent décider du casting de l'élection présidentielle. Et ça, c'est troublant. Ce serait la première fois, d'ailleurs. Et je pense qu'effectivement, ça doit nous interroger. Ça doit interroger notre système démocratique. Mais on n'en est pas là. Marine Le Pen a des éléments à faire valoir. Elle peut demain être candidate. Vous pourriez être surpris. Vous l'enterrez régulièrement, Marine Le Pen, depuis toujours. On n'enterre personne. Je peux compter le nombre de fois où il a été dit que Marine Le Pen était morte. On verra bien.

Mais une élection présidentielle sans Marine Le Pen, qui est donnée comme la favorite, etc., c'est quand même troublant.

6:19
Locuteur non identifié

Pardon Sébastien Chenu, on n'est plus tout à fait en démocratie. Le 1er avril 2025, c'est ce que vous dites au micro de France 2 dans les 4 vérités. Vous considérez qu'on n'est plus tout à fait en démocratie ?

6:28
Sébastien Chenu

Oui, parce que le 1er avril 2025, on avait ce trouble à l'ordre démocratique qui était inventé de toute pièce et qui, sincèrement, était une manœuvre qui a été, évidemment, foulée au pied aujourd'hui en appel. Donc, il y avait une terminologie qui était exposée pour empêcher Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle. Cette terminologie, elle avait une couleur politique. Je note qu'aujourd'hui, le parquet considère que tout ça a été de pure fiction.

6:50
Présentateur

Bon, il faut qu'on avance. Si c'est Jordan Bardella, ce qui est donc possible, voire probable, est-ce qu'il fera un aussi bon candidat que Marine Le Pen ?

6:59
Sébastien Chenu

Je pense que Jordan Bardella, aujourd'hui, se prépare. Il est préparé chaque jour davantage pour faire un excellent candidat. Moi, je n'ai pas de doute sur le fait que Jordan soit un excellent candidat à la présidentielle.

7:09
Présentateur

Est-ce qu'il sera à la hauteur pour tenir tête à Trump ou à Poutine ?

7:12
Sébastien Chenu

Mais oui, pourquoi ne le serait-il pas ? Vous trouvez qu'Emmanuel Macron a été à la hauteur pour tenir tête à Trump ou à Poutine ? Jordan Bardella, non seulement sera à la hauteur, mais va faire une autre politique. Parce que n'oublions jamais, et c'est là la grandeur de Marine Le Pen, elle dit « si je suis empêché, je veux que nos idées gagnent ». Donc, je passe le relais à quelqu'un qui peut les porter. Ce quelqu'un, c'est Jordan Bardella. Nous, ce qui nous intéresse, c'est les idées, c'est la politique, c'est les conséquences que ces idées peuvent avoir dans la vie quotidienne des Français.

7:39
Locuteur non identifié

Jordan Bardella, au moment d'élection présidentielle, il aura 31 ans. Ce n'est pas lui faire offense que de se poser la question de savoir si à 31 ans, sans jamais avoir été ministre, sans jamais avoir dirigé une collectivité, sans jamais avoir été maire, on a les compétences, l'expérience suffisante pour être président de la République.

7:58
Sébastien Chenu

Enfin, vous avez avant vous Jérôme Gage, qui est candidat à la présidentielle, qui n'a jamais été ni ministre, ni maire.

8:03
Locuteur non identifié

Ce n'est pas lui faire offense que de considérer qu'il n'est pas exactement dans la même position de favori du scrutin, c'est même un éthémisme.

8:08
Sébastien Chenu

D'accord, mais enfin, je veux dire, je pense que l'angle selon lequel on reproche un âge à quelqu'un, à mon avis, est très faible. Allons sur la bataille des idées. Moi, je veux dire, reprocher l'âge de quelqu'un, on pourrait faire le reproche inverse à Jean-Luc Mélenchon, dire qu'il est trop vieux. Il aura 77 ans, on pourrait dire quand même, à 77 ans, on ne se lance pas dans une présidentielle. Je pense que ce n'est pas une question d'âge, c'est une question d'offre politique et de choix politique. Les Français vont choisir une offre politique portée par un homme ou une femme qui sera celui ou celle qui les rencontrera le mieux.

Je pense qu'effectivement, il n'y a pas de soucis de nous concernant. Puisqu'on est sur les idées.

8:42
Présentateur

Il y a trois jours, Jordan Bardella nous dit « Donald Trump n'est pas mon modèle ». Le même Jordan Bardella qui nous a dit en 2021, ici même, « Les idées que porte Donald Trump sont plutôt bonnes pour les intérêts de la France ». Donc ça veut dire que c'est fini les inspirations trumpistes ?

8:57
Sébastien Chenu

Non, Jordan Bardella, dernièrement, je l'ai écouté, il a expliqué qu'avec Donald Trump, un rapport de force s'impose. Évidemment, et on n'a jamais dit autre chose que ça. Car Donald Trump, il est président américain, il défend... Et aujourd'hui, on a un peu de recul sur Donald Trump. On l'a vu à l'œuvre dans un premier mandat, puis on l'a vu ne pas accepter le résultat d'une élection, puis on l'a vu revenir. Et on le voit d'une façon extrêmement agressive. Donc on doit imposer un rapport de force à Donald Trump qui défend les intérêts des Américains. Mais comment s'en étonner ? Ceux qui s'en étonnent sont ceux qui ont oublié qu'un président devait défendre les intérêts nationaux.

Nous, c'est ce qu'on reproche d'ailleurs à Emmanuel Macron, de ne pas défendre nos intérêts. Mais son modèle, son idéologie ? Non, Trump, il est ultra-libéral, ce que nous ne sommes pas. Il a un côté autoritaire, ce que nous ne sommes pas. Il n'est pas notre modèle. D'ailleurs, on n'a pas de modèle à l'extérieur, ça serait ridicule.

9:49
Locuteur non identifié

Sébastien Chenu, pardonnez-moi, on constate quand même une évolution dans les qualificatifs que vous employez pour caractériser Donald Trump, puisqu'il y a cette phrase en 2021. Alors, à la rigueur, vous pouvez utiliser l'argument que c'était son premier mandat et qu'il y a eu un deuxième mandat. Oui, sauf qu'à la BBC en décembre dernier, Jordan Bardella qui dit partager le constat de Donald Trump sur le présumé effacement civilisationnel en Europe à la suite de ce qu'on appelait la stratégie nationale américaine, le vent de liberté qui souffle sur toutes les démocraties occidentales. Vous avez fait preuve de naïveté concernant Donald Trump. C'était au mois de décembre.

C'était avant qu'il confirme ses velléités sur le Groenland. Vous avez été naïf ?

10:26
Sébastien Chenu

Non, on n'a pas été naïf. Et je vais vous dire, ce ne serait pas un clin d'œil si ce n'était pas aussi grave, mais on a toujours été moins naïf que des gens comme Jack Lang dans l'affaire Epstein et les liens qui peuvent les unir à une certaine oligarchie française à une certaine oligarchie américaine.

10:44
Locuteur non identifié

On peut parler de Jack Lang et de l'affaire Epstein, mais je ne vois pas le rapport avec les éventuelles complaisances avec le Trumpisme.

10:50
Sébastien Chenu

Il n'y a pas de naïveté. On peut dire des choses sur Donald Trump. On peut lui reconnaître un certain nombre de mérites. Donald Trump, il a une énergie. Il n'est pas sensible à la critique de ses opposants. Et c'est probablement cette espèce de liberté personnelle qui l'a.

11:01
Locuteur non identifié

Mais vous trouvez qu'un vent de liberté souffle sur toutes les démocraties occidentales ? À quel niveau ? À la suite de l'élection de Donald Trump ? Est-ce que vous trouvez qu'il y a un vent de liberté qui souffle sur toutes les démocraties occidentales ?

11:12
Sébastien Chenu

Ça veut dire qu'en fait, tout est possible, puisque Donald Trump était donné perdant, y compris sur vos antennes, je me souviens être venu, totalement perdant, has been, etc. Et qu'il a gagné. Tout est possible en politique.

11:21
Locuteur non identifié

Mais quand on dit un vent de liberté, Sébastien Chenu, on s'en félicite. Quand on dit un vent de liberté souffle sur toutes les démocraties occidentales.

11:29
Sébastien Chenu

Je cherche votre nom, pardon. Benjamin Duhamel. Benjamin Duhamel. Donald Trump, il est l'incarnation de quelque chose aux Etats-Unis qui n'est pas transposable ici. La société américaine ne correspond pas à la société française. La société américaine, elle est nimbée de religieux, elle est beaucoup plus libérale, et la valeur de l'argent, etc. Ce n'est pas transposable. Donald Trump, il a en revanche une pratique du pouvoir, qui effectivement est brutale, est violente, mais qui défend les intérêts américains. Et c'est ça, je crois, qui est intéressant de regarder. C'est-à-dire, est-ce que nous, on est capables de lutter face à un président qui défend des intérêts qui ne sont pas les nôtres ?

Ben oui, et je pense que lorsque Jordan Bardella dit un rapport de force s'impose, il est temps d'en prendre conscience.

12:08
Locuteur non identifié

Donc lutter contre les idées portées par les proches de Donald Trump, assumer le rapport de force, on est d'accord ?

12:13
Sébastien Chenu

Alors, les idées portées par les proches de Donald Trump, je ne sais pas ce que c'est. Lutter contre, défendre nos intérêts. Voilà ce que je veux vous dire. Défendre nos intérêts.

12:21
Présentateur

Comment comprendre que cette semaine, le groupe dirigé par Jordan Bardella à Bruxelles a co-organisé un sommet transatlantique sur, je cite, « la liberté d'expression menacée », avec toute la sphère MAGA, les proches de Donald Trump, des militants anti-avortement, des militants anti-homosexualité, une certaine Sharon Sletter qui qualifie l'homosexualité de « trouble mental » dérivée de « trouble de l'enfance ». Comment on peut à la fois prendre ces distances, estimer qu'il faut instaurer un rapport de force, et recevoir en grande pompe les représentants de cette idéologie à Bruxelles ?

12:55
Sébastien Chenu

Madame Paracuelos, vous aurez l'amnabilité d'être précise et de considérer que c'est le groupe ECR qui a organisé ceci. C'est-à-dire que ce n'est pas notre groupe. Alors pas du tout, Sébastien Cheneau.

13:04
Locuteur non identifié

C'est co-organisé par le groupe de Jordan Bardella et le groupe ECR au Parlement européen.

13:08
Sébastien Chenu

Nous ne sommes pas à l'initiative de cette rencontre et nous ne sommes pas comptables des propos. Moi, je n'ai jamais de problème à confronter des points de vue. Ce n'est pas parce que des gens disent quelque chose dans un débat.

13:17
Présentateur

Mais c'est votre groupe qui a organisé cette réunion ?

13:21
Sébastien Chenu

Non, là, c'est-à-dire qu'il a organisé. Mais peu importe, je trouve intéressant, moi, d'organiser des échanges de points de vue pour savoir qui dit quoi, qui pense quoi.

13:28
Locuteur non identifié

C'est un point de vue de considérer que l'homosexualité est un trouble mental dérivé de l'enfance ?

13:32
Sébastien Chenu

C'est un propos, on n'est pas comptable de ça. Si des gens disent ça, on peut leur opposer autre chose, on peut leur opposer des arguments. C'est le principe du débat. M. Diamel, je sais que vous avez bien uniquement discuté avec des gens qui pensent comme vous, mais nous, on considère que le débat... Ah bon ? Écoutez, on reçoit dans ce studio toutes les personnes... Je n'ai pas dit qu'avec des gens qui pensent comme vous, mais que vous avez bien discuté d'abord avec des gens qui pensent comme vous. Nous, on considère que la liberté, c'est confronter des points de vue avec des gens qui ne pensent pas comme nous.

Ces propos-là, évidemment, on n'en est pas comptable puisqu'on ne pense pas du tout ça.

13:56
Locuteur non identifié

Sébastien Chenu, il y a deux groupes au Parlement européen. Le groupe ECR, qui est celui de l'Orient Maréchal, qui organise celui de Georgia Meloni, et le groupe présidé par Jordan Bernané, qui organise cette réunion avec des soutiens de Donald Trump, des personnalités Florence Lécité qui ont ce type de propos. Pardonnez-moi, mais comment est-ce que tous les matins à la radio, vous pouvez nous expliquer que vous n'avez rien à voir avec Donald Trump et dans le même temps les recevoir à Bruxelles ? Mais quel est le problème de confronter des idées ? Je n'arrive pas à confronter, c'est un meeting.

14:24
Sébastien Chenu

Sébastien Chenu, tout le monde est d'accord à cette réunion ? Je viens de vous dire qu'on n'était pas d'accord. Mais quel est le problème de confronter, de faire venir des gens qui expriment une pensée et d'exprimer nous-mêmes une pensée qui n'est pas conforme à celle-ci ? Mais personne ne l'a exprimé. Quel est votre problème avec la bataille des idées ? Mais personne n'a exprimé à cette réunion des idées contraires. La preuve, vous m'interrogez sur un propos, je vous dis en étant désaccord. Mais je n'arrive même pas à comprendre où ça peut poser problème qu'on invite des gens qui ne pensent pas forcément comme vous. Qu'est-ce que ça signifie ?

14:50
Présentateur

On poursuit avec les Américains. On a Elon Musk convoqué par la justice pour être entendu sur des dysfonctionnements sur son réseau X. La justice française, ses locaux parisiens ont été perquisitionnés. Pour votre allié Marion Maréchal, c'est un nouveau palier dans le tournant autoritaire d'un centrisme qui, de Paris à Bruxelles, tente à tout prix de contrôler l'information. Est-ce qu'elle a raison Marion Maréchal ?

15:12
Sébastien Chenu

Écoutez, dans ce domaine-là, je ne connais pas le dossier d'Elon Musk très précisément. Moi, je vais vous dire, je suis à la fois pour la liberté, pour la souveraineté dans l'information. La liberté d'expression la plus aboutie et la souveraineté qui permet effectivement de ne pas se soumettre ou se faire soumettre à des pressions comme celle de la Chine qu'on connaît sur les manipulations d'un certain nombre d'ingérences étrangères.

15:34
Présentateur

De soupçon de complicité, non mais là en l'occurrence, pour Rick, soupçon d'ingérence étrangère, soupçon de complicité de détention d'images à caractère pédopornographique et contestation de crimes contre l'humanité.

15:44
Sébastien Chenu

Raison pour laquelle, s'il y a effectivement des soupçons, la justice passera et dira les choses. Moi, je n'ai pas de problème avec ça. Vous savez, la liberté d'expression, elle est bornée par une loi et par la loi et donc elle peut être très large, mais c'est la loi qui à un moment dit quel est le périmètre à ne pas dépasser.

15:58
Locuteur non identifié

Sébastien Chenu, parlons des élections municipales. Le premier tour est dans un peu plus d'un mois. Le Rassemblement National est bien placé dans plusieurs villes du Sud, notamment Toulon, mais en difficulté dans la capitale. Votre candidat, Thierry Mariani, est en perte de vitesse à 4% dans un dernier sondage pour l'Institut Cluster 17, là où la candidate reconquête Sarah Knafow est à 10%, donc en mesure de se qualifier pour le second tour. À quoi elle sert la candidature de Thierry Mariani ?

16:21
Sébastien Chenu

D'abord, vous mettez en comparaison des choses qui ne sont pas comparables. Vous mettez Toulon avec Laure Lavalette qui peut gagner et Thierry Mariani qui porte un combat.

16:28
Locuteur non identifié

C'était pour tenter de faire une présentation, sinon exhaustive, du moins équilibrée des enjeux du RN pour les municipales.

16:34
Sébastien Chenu

Et Thierry Mariani qui porte un combat, là encore celui des idées dans la capitale avec beaucoup de courage, alors qu'on n'a jamais considéré que Paris était forcément gagnable. Mais ce qu'on veut, et Thierry Mariani, vous me dites à quoi ça sert ? Ça sert à faire élire des élus du Rassemblement National qui vont porter des idées du Rassemblement National dans les conseils d'arrondissement et au conseil de Paris. Et Sarah Knafow, elle porte les mêmes idées que Paris ? Ben non, ce sera Knafow. Je ne sais pas ce qu'elle défend, à part une candidature personnelle, un agenda personnel. Thierry Mariani, lui, n'a pas besoin d'un agenda personnel à dérouler.

Thierry Mariani, il est connu, il défend des idées qui sont celles du Rassemblement National. Madame Knafow, un coup elle est avec Dati, un coup elle a envie d'une alliance avec Dati, un coup elle est contre, etc. Moi, je veux dire, chacun déroule ce qu'il croit bon de dérouler. Nous, on a des candidats qui portent notre programme baisse de la fiscalité, lutte contre l'insécurité. Et dans toutes les villes de France, nous avons des candidats, je crois qu'on aura...

17:24
Locuteur non identifié

Donc il ne se retirera pas, Thierry Mariani ?

17:26
Sébastien Chenu

Et pourquoi vous voulez-vous que Thierry Mariani se retire ? Alors qu'il porte la voix, les espoirs et les attentes d'électeurs Rassemblement National à Paris. Paris, c'est plus dur que dans les autres villes, c'est plus dur que Carcassonne avec Christophe Barthès, c'est plus dur que Toulon, on l'a dit, avec Laure Lavalette, ou que Lance avec Bruno Clavet. Mais c'est une ville dans laquelle nos idées doivent être incarnées. Mariani les incarne parfaitement.

17:45
Locuteur non identifié

Et puis Sébastien Chenu, il y a la question des choix de candidats fait par le Rassemblement National, dont je rappelle que vous êtes le vice-président. Certains d'entre eux sont épinglés pour des propos racistes, complotistes. Je voudrais qu'on prenne l'exemple de Carpentras. Vous avez retiré son investiture hier à Christian Richaud-Simony, après des articles de presse, dans le cas d'espèces de libérations, qui reprenaient certains de ses tweets. J'en cite deux en 2017 sur la députée de la France Insoumise, Daniel Obono. Ouvrez les guillemets que cet Obono retourne avec les bonobos de son pays. Même année, cette fois sur l'acteur Omar Sy.

Quand on a la bouche plus grande que la tête, on raconte forcément du vent, qu'il s'occupe de ses chèvres. Voilà ce que tweetait ce candidat. Qu'est-ce qui se serait passé si Libération n'avait pas exhumé ces tweets qui dataient de 2017 ?

18:26
Sébastien Chenu

Deux choses d'abord. Ce n'est pas à Libération de décider qui doit être candidat ou pas l'être dans notre pays. Nous, on est un parti politique responsable. Quand on apprend, on ne peut pas toujours tout savoir. Je regarde les candidats, par exemple, le candidat LFI à Ville Tanneuse qui professe un islam radical ou le candidat LFI à Romy Serobe et ses propos antisémites. On en parle assez peu.

18:46
Locuteur non identifié

Alors, écoutez, Sébastien Chenul, si on reçoit quelqu'un de la France insolive, on lui pose la question. Vous pourriez en parler d'un coup ? Là, vous étiez venu, je me souviens d'ailleurs, la dernière fois, on vous avait interrogé sur ce candidat en Corse, Abatia, qui avait été condamné pour tentative d'attentat contre une préfecture ou une sous-préfecture. Et vous aviez dit on est très vigilant, on regarde tout. Là, on est début février. S'il n'y avait pas eu d'article de libération,

19:05
Sébastien Chenu

il serait resté candidat. Deux choses. D'abord, vous n'allez pas être l'arbitre des élégances. Je viens sur une antenne dans une maison dans laquelle on appelle à tuer des élus du Rassemblement National. Sur France Inter, on appelle... Non, c'est factuellement, c'est vrai, avec un petit sourire en coin, on appelle à tuer par le typhus des élus du Rassemblement National. Je le dis donc... Attendez, si vous voulez dire d'élégances... Non mais c'est important, vous parlez d'une chronique humoristique. C'est pas la peine de vous énerver.

19:31
Locuteur non identifié

Vous parlez d'une chronique humoristique qui a eu sur cette antenne. Vous pouvez ne pas trouver ça drôle, mais vous savez très bien que c'était de l'humour. Je crois que la liberté d'expression... La liberté d'expression est un combat

19:41
Sébastien Chenu

que vous partagez, je crois. C'est pour ça que je considère qu'ensuite, quand on se dresse comme un donneur de leçons, moralisateur, etc., nous on est un appareil politique dans lequel, quand il y a un problème, on désinvestit, on suspend, on fait passer en commission de discipline. C'est assez simple. Quand le problème est détecté, parfois vous ne détectez pas les problèmes, parfois vous ne savez pas d'où. M. Lang, j'en reviens à ça, il ne savait peut-être pas que M. Epstein avait les vilaines inclinaisons qu'il avait, c'est ce qu'il dit sur toutes les antennes. Donc nous, quand un candidat a eu ce genre de propos, il est immédiatement sanctionné. Et c'est notre bonne foi, d'ailleurs.

20:11
Présentateur

Mais comment vous expliquez, Sébastien Choluc, votre parti attire ce type de candidat puisque ce n'est pas la première fois, il y a eu les législatives. Comment vous l'expliquez ?

20:19
Sébastien Chenu

Non, les législatives, il y a eu 10 cas et il n'y avait pas des cas de gens qui n'avaient pas les capacités à devenir députés, qui ne tenaient pas forcément des propos inqualifiables et qui n'étaient pas capables d'être députés. Donc là, vous avez des gens qui sont capables d'être maires mais qui traînent des propos inqualifiables. Si nos candidats sont auditionnés, on les rencontre, on regarde leur parcours et puis s'il y a une expression, une pensée qui n'est pas sur notre ligne, on leur dit vous n'avez pas votre place avec nous.

20:44
Locuteur non identifié

Mais Sébastien Chenu, comment est-ce que vous expliquez que vous attirez, on ne dit pas que c'est une majorité mais il y en a un certain nombre, on ne va pas citer tous les exemples, comment est-ce que vous expliquez que le Rassemblement National attire des candidats qui tiennent des propos racistes, complotistes, parfois anti-séliques ?

20:57
Sébastien Chenu

Je vous ai indiqué que dans d'autres parties, je vous ai cité la LFI, mais on ne va pas s'intéresser à la LFI, par exemple chez Les Verts, il y avait une candidate qui a dû renoncer pour homophobie parce qu'à Saint-Ouen, elle était lesbienne et elle considérait, on lui a fait comprendre que le fait d'être lesbienne n'était pas compatible avec les attentes d'excite des milieux populaires. Donc vous voyez, les candidats... Je vais vous résumer de façon très grossière. Les candidats aux élections dans toutes les familles politiques et en particulier aux élections municipales peuvent poser des problèmes dans la mesure où ils sont très nombreux. On n'attire pas plus de dingue que d'autres.

Je peux vous rappeler qui a été élu sous les couleurs de la Macronie, je pense à M. Joachim Sonforges qui voulait parler de dingue. Mais là, pardon, mais on ne parle pas de propos racistes dans le cas des... Non, mais là, je pense que c'était... On était quand même... On avait franchi, ou Mme Vonner, pour parler de gens qui avaient des propos dangereux en tous les cas, par exemple, pour la santé publique. Donc vous voyez, la politique peut être un réceptacle à des gens qui n'y ont pas leur place. Nous, moi, je vous le redis, on a une ligne. Quand on n'est pas sur notre ligne, eh bien, nous, on en tire les conséquences et on exclut...

On a des procédures, parce qu'on est un parti démocratique, nous, et on a des procédures.

22:03
Locuteur non identifié

Un tout dernier mot, Sébastien Chenu. Lundi matin, votre allié Marion Maréchal a affirmé que rien ne justifiait que Jean-Marc Morandini, condamné définitivement pour corruption de mineurs, se maintienne à l'antenne de CNews. Est-ce que vous êtes d'accord avec elle ?

22:14
Sébastien Chenu

C'est-à-dire que moi, je ne me mêle pas à des programmations. Moi, je pense que M. Mordi n'a pas été condamné à perdre son job, mais en revanche, c'est très difficile. C'est pour ça qu'on ne va plus chez lui. C'est très difficile. Il a été condamné. Il y avait la présomption d'innocence tout au long des procédures de jugement, puis d'appel, et il était normal qu'il puisse continuer. Moi, je considérais qu'il se grandirait en lui-même renonçant, évidemment, à être à l'antenne. Nous, on ne va plus. Moi, j'y suis pas allé depuis trois ans, pas pour ces raisons-là, d'ailleurs, mais ça fait longtemps que je n'allais plus dans cette émission.

Donc, je pense qu'effectivement, quand on a une telle condamnation, on s'abstient.

22:47
Locuteur non identifié

Donc, il se grandirait en se retirant de l'antenne.

22:49
Sébastien Chenu

En se retirant, oui.

22:50
Présentateur

Merci Sébastien Chenu d'avoir été au micro de France Inter.