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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 13 juillet 2018 65 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprisesTravail & emploi

Les Bleus en finale : une aubaine pour Macron ? #cdanslair 13.07.2018

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 14 %Attaque 39 %Défensif 47 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:03OuverteRéponse directe

    Une victoire au mondial, c'est un espoir pour tout un peuple ?

  • 5:18OuverteRéponse directe

    Quel est votre regard sur cette ferveur qui s'empare du pays ?

  • 6:49FerméeRéponse directe

    Ça vous a surpris ?

  • 8:56OuverteRéponse directe

    Les joueurs sont-ils des héros ?

  • 20:05OuverteRéponse directe

    Comment l'Élysée gère cette communication autour de la Coupe du Monde ?

  • 24:09OuverteRéponse directe

    Pourquoi est-ce qu'il faut que Macron utilise avec doigté cette éventuelle victoire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:21PrésentateurChiffre
    « Cette semaine, on constate une nette baisse de popularité pour Emmanuel Macron, qui perd 5 points, et son premier ministre, Edouard Philippe, 8. »
  • 34:07InvitéChiffre
    « Emmanuel Macron a été élu pour ce qui concerne les collectivités locales sur un engagement 10 milliards de demandes, d'efforts, donc de contributions à l'assainissement des finances publiques et à la réduction des déficits publics. »
  • 34:24InvitéChiffre
    « Un mois après son élection, il passe de 10 à 13 milliards. »
  • 32:37PrésentateurFait
    « Je n'ai aucun doute sur le fait que ce sera dur et aucun doute sur le fait que ce sera long. »
  • 33:08PrésentateurFait
    « Je suis convaincu que, au fur et à mesure du temps et des années qui passent, au fur et à mesure de l'expérience que nous aurons à la fois de la discussion des contrats et de leur exécution, nous nous améliorerons collectivement. »
  • 34:13InvitéPromesse
    « Emmanuel Macron a été élu pour ce qui concerne les collectivités locales sur un engagement 10 milliards de demandes, d'efforts, donc de contributions à l'assainissement des finances publiques et à la réduction des déficits publics. »
  • 34:26InvitéFait
    « Cet engagement n'est pas tenu, il est amplifié. »
  • 40:57InvitéFait
    « Il transformait le pacte girondin en quelque chose dont l'impression était beaucoup plus centralisatrice. »
  • 43:05InvitéFait
    « La réforme de la taxe d'habitation transformée par la taxe foncière. »
  • 45:35PrésentateurFait
    « Avec cette politique, d'apparaître comme le président des grandes métropoles et d'avoir une partie des territoires qui n'est pas content. »
  • 47:40InvitéChiffre
    « 14% de pauvres dans la septième puissance économique du monde. »
  • 47:51InvitéFait
    « On ne considère pas qu'il y a un pognon de dingue dépensé pour ces 14% de personnes qui sont les plus pauvres. »
  • 48:21InvitéPromesse
    « Dans cette deuxième année qui s'ouvre, redonner corps à une République contractuelle à laquelle je crois. »
  • 48:55InvitéFait
    « Emmanuel Macron sait qu'il ne pourra mener ses réformes sans concertation. »

Temps de parole

  • Présentateur67 %
  • Invité20 %
  • Invité 26 %
  • Invité 33 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. C'est tout un pays qui vit au rythme des bleus depuis quelques jours. Mardi soir, des dizaines de milliers de personnes ont envahi les rues de Paris. Mais partout en France, on a célébré la victoire contre la Belgique au cri de « on est en finale ». Un tel engouement, une telle fièvre peut virer au casse-tête pour l'exécutif. Comment participer à cet élan populaire sans avoir l'air de le récupérer ? Emmanuel Macron était présent à Saint-Pétersbourg. Au mardi, il assistera à la finale à Moscou dimanche contre la Croatie, avec peut-être le secret espoir de gagner quelques points de popularité.

Mais depuis 1998, on sait que les embellis des sondages post-Coupe du Monde sont éphémères. L'épopée des bleus est au minimum une bouffée d'oxygène pour l'Elysée. Le président qui décroche dans les enquêtes d'opinion et qui doit affronter la colère des élus locaux. Ils ont été nombreux cette semaine à bouder la conférence des territoires. On en parle ce soir avec nos invités. Roland Quairol, vous êtes politologue, directeur du centre d'études et d'analyse, le CETAN. Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match, dans votre baromètre mensuel IFOP.

Cette semaine, on constate une nette baisse de popularité pour Emmanuel Macron, qui perd 5 points, et son premier ministre, Edouard Philippe, 8. Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'institut de sondage Ipsos. Yannick Halimi, vous êtes rédactrice en chef adjointe du service politique du Parisien, aujourd'hui en France. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission. Nous attendons vos questions, bien sûr, par SMS et Internet. Même le journal Le Monde succombe à la folie des bleus. Regardez, toute la une consacrée ce soir et demain dans toute la France, à la finale, 11 pages spéciales, et ce titre, le défi d'une équipe, l'espoir d'un pays.

C'est sérieux ça, Bruno Jeudy, une victoire au mondial, c'est un espoir pour tout un peuple ? Forcément, c'est une période, en tous les cas, de joie, et les médias accompagnent au fond cette période. C'est bon pour le pays, ça soutient... Vous savez, les Français, on est quand même les champions du monde du pessimisme. Alors, on ne va pas non plus bouder notre plaisir sur une finale de Coupe du Monde. Le football, c'est le sport numéro un en France et dans beaucoup de pays de la planète. Probablement un des événements sportifs qui rassemble le plus de téléspectateurs. C'est une grande communion.

Alors, évidemment, pour les pays qui participent à la finale, en l'occurrence la France, c'est un... Et puis, il suffit de regarder les audiences, c'est absolument incroyable. Donc, oui, c'est quand même un élément important. Alors, après, on en parlera dans le détail. Il y a eu la Coupe du Monde en 98, qui en plus avait lieu en France. Je pense que ça avait un effet beaucoup plus important que ça en aura aujourd'hui, mais on en reparlera. Et puis, la France, au fond, ça devient aussi un grand pays de football. C'est la troisième finale en 20 ans. Et on voit en plus un public se renouveler, beaucoup plus de femmes. Et puis, il y a un côté générationnel.

20 ans après, une nouvelle jeunesse va connaître peut-être sa finale et peut-être le titre. Donc, il y a quelque chose... Les parents parlaient de 98 à leurs enfants. Et leurs enfants ont... Il y avait beaucoup de jeunes après la demi-finale. C'était assez incroyable. Et c'est vrai que c'est des jeunes qui n'ont pas vécu pour beaucoup 98. Donc, voilà, il y a un passage de flambeau. Il y a quelque chose qui se passe dans le pays autour de ça. Après, je crois qu'il ne faut pas non plus trop tirer de plan sur la comète. Mais c'est un moment de joie intense. Pendant quelques jours, il y a une football mania, Roland-Cairol.

Quelque chose comme ça, qui s'empare du pays, qui dépasse un peu tout l'épivage. Ah oui, c'est un espèce de moment d'union nationale autour de l'équipe de France. Ce n'est pas pareil qu'en 98. En 98, vous vous rappelez, on avait beaucoup mis en avant la France black-blanc-beurre. Et il y avait une espèce de satisfaction de voir, et pour d'autres, une réticence, à voir cette équipe colorée représenter nos couleurs. Jean-Marie Le Pen avait publiquement dit qu'on ne reconnaissait pas la France dans cette composition d'équipe. Et les autres, au contraire, étaient fiers de cette équipe black-blanc-beurre. C'était la mode culturelle du multi-ethnique, du multi-culturel, de la France plurielle.

Aujourd'hui, je trouve que la mode sociétale est devenue celle du modèle d'intégration républicaine. On n'insiste plus du tout sur la couleur de la peau. Je ne vois aucun commentaire là-dessus. Pas de protestation du côté du Rassemblement national du tout. Au contraire, un soutien, donc très différent de Jean-Marie Le Pen. Très différent aussi pour les autres. Comme si, en effet, on voulait gommer cet aspect multiculturel. Et comme si c'était plutôt cette intégration républicaine qui était le plus important. Et que, peu importe les origines, la couleur de la peau, ce qui compte, c'est que tout ça fait France. Et c'est une autre façon politique, je crois, de voir les choses pour une société.

Votre regard, Brice Tinturier, sur cette ferveur qui s'empare du pays. Et aussi sur la popularité des joueurs, parce qu'ils ont une cote de sympathie qui pourrait d'ailleurs faire rêver bon nombre de politiques. Bon nombre de politiques, c'est clair. D'abord, dans les enquêtes qu'on réalise, qui se réalise sur la Ligue française de football, à la fin de l'année, donc avant le grand mouvement de la France qualifiée en quart de finale, en demi-finale, en finale, etc., on avait 38% de Français qui se déclarent intéressés, qui se déclarent intéressés par le football. Ça fait près de 22 millions de personnes.

Vous en avez 34%, 20 millions qui nous disent qu'ils suivent régulièrement tout ce qui concerne le football. Donc c'est incontestablement un phénomène de masse. Il y a 7 millions qui se disent des fans. Donc c'est pas rien, il y a peu d'événements, peu de sports, peu de moments comme ça qui mobilisent à ce point. Et évidemment, depuis deux mois, tout cela a progressé. Donc c'est un moment d'unité collective. Et dans un pays qui se sait, qui se vit comme fragmenté, il n'y a pas beaucoup de moments où on peut célébrer une unité qui transcende les clivages, alors a fortiori avec une dominante du modèle républicain aujourd'hui. Mais il y a peu de moments qui créent cet engouement.

Il ne faut pas le surestimer. Les vraies fractures, elles sont toujours là, elles reviennent. Mais il faut le prendre aussi quand il arrive. C'est une espèce de parenthèse importante où on s'auto-célèbre comme peuple uni et gagnant potentiellement. – Il y a l'engouement, Yannick Alimi, l'ampleur des manifestations de joie. C'est vrai qu'on a vu beaucoup, beaucoup de monde dans la rue mardi soir. – Mardi soir, rien de problème au final. – Ça vous a surpris ?

6:50
Invité

– Oui, moi ça m'a surpris. Ça n'a pas surpris que moi. J'ai l'impression, là, j'entendais les commentateurs. Également les hommes et les femmes politiques qui étaient extrêmement surpris par ce qui se passait aux Champs-Elysées. Et également à l'hôtel de ville. Alors effectivement, pour continuer ce que M. Tabristin-Turier disait, c'est vrai que c'est très rare, ces instants de communion et surtout de communion dans la liesse. C'est-à-dire qu'on a assisté à des moments de communion nationale, mais dans le drame et la tragédie, notamment après les attentats terroristes. Vous vous souvenez ? – Bien sûr.

– Voilà, avec le Congrès, tout le monde se levait, tous représentants partis politiques confondus. Là, c'est la première fois depuis très longtemps, peut-être depuis 1998, pour reprendre cette comparaison. Comparaison n'est pas raison. Il y a effectivement énormément de différences entre aujourd'hui et il y a 30 ans. Mais ça, c'est un élément, je pense, extrêmement fort. Une communion dans la joie, dans la liesse et l'optimisme. Et je pense qu'en ce sens, pour revenir sur un terrain plus politique, que ça correspond aujourd'hui à une sorte de philosophie et de vision de la France, on y reviendra peut-être très macronienne.

C'est-à-dire, fondée, en tout cas dans le discours d'Emmanuel Macron, bien sûr, sur l'optimisme, à propos d'une compétition où c'est bien sûr la performance qui prime, l'individu et le collectif. Et puis également, comme disait Roland Kérol, pour Emmanuel Macron, quelque chose qui, je pense, est très important, c'est-à-dire une notion de la nation qui est, comme vous le disiez, Roland, une nation intégrée, fondée dans le creuset républicain et pas arc-en-ciel. Et c'est une façon pour Emmanuel Macron, je pense, de s'approprier la notion de nation face à tous les autres partis politiques qui essaient de prospérer là-dessus, notamment ceux des populistes et des extrêmes, surtout de droite.

8:51
Présentateur

On va revenir sur la façon dont Emmanuel Macron gère cette Coupe du Monde, sa communication. Je voudrais juste savoir votre sentiment sur les joueurs. Et sur... Ce sont des héros, maintenant. Et je trouve qu'ils sont assez, j'aimerais avoir votre sentiment là-dessus, assez gonflés, assez culottés. Quand Antoine Griezmann dit tout à l'heure en conférence de presse, on le dit très peu, il faut être fier d'être français. On n'était pas habitués à ces discours, au fond, sincères. On est tellement habitués à la langue de bois des sportifs. Bruno Jeudy ?

Moi, je trouve qu'au-delà de tout ce qu'on pourrait, de tout ce qu'on peut dire sur la politique et tout, je crois que la première chose qui fait qu'il y a aussi cette joie, cette liesse, c'est que cette équipe est sympathique. Très sympathique. Ces joueurs sont sympathiques, ils sont simples, ils ne sont pas dans le pathos, ils ne sont pas non plus à vouloir... On se souvient même qu'en 98, il y avait un peu des clans, il y avait même aussi des arrières-pensées politiques pour certains. Là, en fait, c'est des joueurs sympathiques, plutôt bien éduqués. Alors, il faut dire que la main de fer de Deschamps fait qu'on ne les voit pas apparaître.

Alors, ils n'ont pas les cheveux bleus, les cheveux rouges, tout ça. Ce qui était le cas en 2014, par exemple. En 2014, les joueurs arrivaient avec des tenues qui pouvaient heurter certains. Là, ils sont sympathiques, ils parlent bien, ils sont bien éduqués et ils sont assez directs. Et les phrases qu'ils prononcent... Alors, Griezmann, aujourd'hui, m'en a entendu Paul Pogba, il y a deux jours, qui était peut-être... Il avait un petit côté bad boy avant la Coupe du Monde. Et là, on le trouve complètement changé. Je pense que ça a fait beaucoup de bien.

D'abord, au bleu qui, d'un seul coup, j'allais dire, ont remis les compteurs à zéro et ont fait complètement disparaître toutes les histoires pas très sympathiques qu'il y a pu avoir autour de leurs prédécesseurs, de certaines équipes. Enfin, voilà, on connaît l'histoire connaissante en Afrique du Sud. Il y a aussi Kylian Mbappé, qui, dans un entretien qui est publié dans Le Monde cet après-midi, dit « Je veux incarner la France, représenter la France, tout donner pour la France. » Il a 19 ans, ce garçon. Et ce côté cocardier, patriote, on n'était pas habitué non plus à voir ça. Il y a la dimension, effectivement, patriotique qui est beaucoup plus affichée.

Et puis, il y a une forme de prise de position politique, mais consensuelle, et qu'on avait très peu de la part des joueurs de football. Lilian Thuram avait un discours sur la société, un discours politique, qui pouvait d'ailleurs segmenter les Français. Mais généralement, on était sur toute autre chose, uniquement sur un discours de performance. Et il ne faut jamais oublier non plus que la popularité des joueurs, elle fait des hauts et des bas quand même extraordinaires, et extrêmement profonds. Selon qu'ils gagnent ou pas, ça aide, et selon qu'il y a... Ils ne comprennent pas dans la Coupe du Monde.

On a vu le baromètre des joueurs baisser après leur premier tour, où les Français n'y croyaient plus pas. Et la popularité de l'équipe de France a connu aussi des bas extrêmement importants, notamment en 2010. C'est pour ça que c'est d'autant plus intéressant de voir à quel point, aujourd'hui, il y a une forme d'unanimisme derrière cette équipe. Ils font la politique, les joueurs, d'une certaine façon ? Enfin, une forme de politique ? D'une certaine façon, oui, parce qu'ils savent ce qu'ils disent en disant ça. Ils le savent parce qu'ils savent que c'est une chose que les Français espèrent d'eux. Donc ils le disent.

Et les Français marchent et ils les ont convaincus, parce que c'est cette équipe de France qui les a convaincus. Au début de la Coupe du Monde, il n'y en avait que 25% des Français qui croyaient qu'ils pouvaient aller en finale. Ils pensaient que l'équipe n'était pas si formidable que ça. Maintenant, ils la trouvent absolument géniale. Presque tout le monde croit qu'elle va gagner la finale. Et puis, il y avait une image, non pas de cette équipe, mais des footballeurs depuis ces dernières années qui étaient grosso modo des millionnaires voyous. Ils ne savaient pas se tenir, qui étaient extrêmement riches, mais qui pourtant se comportaient comme des sagouins.

Et ça, comme d'un coup de baguette magique, cette équipe a effacé ça. Le patriotisme collectif, la tenue dont parlait Bruno, tout ça a fait qu'on a une image de l'équipe de France. Ça, c'est probablement la première vraie réussite de Didier Deschamps qui a fait bouger l'opinion publique française. Alors, en cas de victoire des Bleus dimanche, Emmanuel Macron pourrait-il bénéficier d'un regain de popularité comme celui qu'avait connu Jacques Chirac après le succès de l'équipe de France en 1998. Le président est actuellement malmené dans les sondages et la tentation de surfer sur l'événement est grande, notamment auprès des jeunes.

Mais attention à trop jouer à ce jeu dangereux de la communication politique. Emmanuel Macron pourrait récolter un carton jaune de la part de l'opinion publique. Mathieu Lignot et Maxime Liogier.

13:28
Invité

Président et supporter. Emmanuel Macron exulte en demi-finale. Juste après la victoire, il se ramène dans les vestiaires. Une seule photo sera diffusée, mais elle est très vite retirée des réseaux sociaux.

13:44
Présentateur

Il faut soigner sa communication pour ne pas en faire trop. Mais le naturel revient.

13:50
Invité

En conférence de presse au sommet de l'OTAN, Emmanuel Macron ne peut pas s'empêcher de parler football. L'Europe est en finale. C'est déjà une très belle nouvelle. Il y a quatre équipes européennes en demi. Et on a deux belles équipes. Et vous savez, le soutien fort que j'apporte à nos bleus. Donc je ne ferai aucun pronostic. Mais il y aura tout un pays derrière eux avec beaucoup de force, beaucoup d'enthousiasme. Emmanuel Macron utilise sa passion du ballon pour sa communication. Comme ici, pendant sa campagne à Sarcelle. Ancien joueur amateur, grand supporter de l'Olympique de Marseille, le président ne se force pas pour aller encourager l'équipe de France à Clairefontaine.

L'occasion pour lui de vouloir rassembler la nation. Il y a beaucoup d'endroits, vous savez, quand les parents ne sont plus au rendez-vous, quand les situations sont difficiles, quand on doute. C'est parfois par le sport qu'on tient. Et donc, avoir une équipe qui porte nos couleurs, c'est bon pour la cohésion nationale et c'est bon pour ce que font chaque jour, chaque semaine, des dizaines de milliers de nos concitoyens qui croient dans tout ça. Une compétition, elle est réussie quand elle est gagnée. Merci beaucoup. Défense des valeurs du sport.

15:07
Présentateur

Mise en scène de sa culture de la gagne à la Macron. Mais attention, le président pourrait risquer un retour de bâton de la part de l'opinion. Il a cette image d'homme qui communique, qui surcommunique et qui est parfois plus un homme de com'

15:24
Invité

qu'un homme qui mène une politique qui serait susceptible de résoudre les problèmes des Français. Donc il faut qu'il fasse très attention à ne pas trop récupérer un résultat sportif positif pour la France pour que ce résultat sportif n'apparaisse pas comme un élément supplémentaire dans ce que l'on appelle de manière un peu triviale la com'. Alors Emmanuel Macron pourrait-il bénéficier d'une victoire des Bleus dimanche prochain ? Difficile à prévoir. L'équipe de France ! Le seul précédent, c'était en 1998. Jacques Chirac récolte quelques lauriers du titre de champion du monde. Et la coupe de France ! La coupe du monde, pardon !

Un lapsus pour le président de l'époque, qui ne connaît pas grand-chose au football. Pourtant, la coupe lui vaudra bain de foule et remonter dans les sondages. Sa cote de popularité passe de 60% en juin 1998 à 67% juste après le titre. Mais le contexte est différent. Cohabitation avec la gauche de Lionel Jospin et l'embellie de l'opinion ne durera pas malgré les discours assembleurs. Quand la France veut, elle peut. Quand la France prend confiance, elle avance. Elle marque des points. Elle gagne. Quand la France s'aime, elle est aimée et admirée du monde. Telle est la principale leçon de la coupe du monde. Les présidents suivants seront tous des fans de football.

Nicolas Sarkozy, supporter historique du Paris Saint-Germain, est un habitué du Parc des Princes. Puis François Hollande, dribbleur de ballon à l'occasion. Une nouvelle génération de présidents. On a des présidents de la République qui ont véritablement intégré le fait avec Nicolas Sarkozy, François Hollande ou Emmanuel Macron que le football faisait partie de l'imaginaire collectif de l'opinion publique, ce qui n'était pas du tout le cas dans les années 60 ou 70. D'autres sports, par contre, pouvaient faire partie de l'imaginaire collectif. Je pense, par exemple, au cyclisme et au Tour de France. Revivre 1998. Soulever une deuxième Coupe du Monde. C'est ce que souhaite voir Emmanuel Macron.

Il sera présent à Moscou lors de la finale dimanche prochain.

17:57
Présentateur

On a vu les images, Yannick Halimi, d'Emmanuel Macron, d'abord à la demi-finale et puis aussi lorsqu'il est allé visiter les joueurs à Clairefontaine. C'est vrai qu'il a l'air très à l'aise. On sent qu'il aime le foot, qu'il s'y connaît. Tout ça est assez familier pour lui. Ce n'est pas factice.

18:17
Invité

Ce n'est pas factice comme d'autres présidents. Vous le disiez tout à l'heure. Jacques Chirac, on a vu le lapsus qu'il a fait, était peut-être moins au courant. Non, ce n'est pas factice. Il est fan de l'OM. On le dit et en plus, on le répète, ça participe encore une fois de sa vision de la société. Le foot, c'est des individus, du collectif, des performances. C'est un peu le cas de tous les sports. Mais quand même, par exemple, la Coupe du Monde de golf qui va avoir lieu en France, on ne le sait pas assez, mais à la rentrée, je pense que politiquement, et Emmanuel Macron en l'occurrence, ne va pas s'y appuyer aussi fort parce que c'est considéré à tort ou à raison.

comme un sport de grands bourgeois, enfin, on va dire assez élitiste, socialement parlant. Donc le football, c'est quelque chose de très particulier pour tous les présidents de la République élus au suffrage universel en France. Et c'est vrai, pardon, également, et ça l'est devenu parce que ça n'a pas toujours été le cas pour l'ensemble de la classe politique française de droite et de gauche. Roland Kérol, tout à l'heure, parlait de la réputation que pouvaient avoir dans l'opinion publique et que les footballeurs, ces millionnaires se comportant comme des saboins.

Il n'y a pas très longtemps, Jean-Luc Mélenchon, président de la France insoumise, disait qu'il était choqué par le fait que des millions de RMistes puissent applaudir quelques millionnaires. Aujourd'hui, vous n'entendez plus ça.

19:39
Présentateur

– Non, il est devenu fan de l'OM.

19:40
Invité

– Il est devenu fan de l'OM, suivez mon regard, député de Marseille et peut-être maire de Marseille. François Ruffin, l'autre insoumis, en tout cas du groupe des insoumis, arrive, c'est symbolique, bien sûr, à l'Assemblée nationale avec un maillot de son équipe, un maillot de foot de son équipe locale. Donc toute la classe politique s'y met, alors bien évidemment, le président de la République également.

20:05
Présentateur

– Bruno, je dis comment l'Élysée gère cette communication autour de la Coupe du Monde. C'est vraiment une drôle d'équation. Il faut être là, mais pas trop en faire. – Avec doigté, on va dire. Ils ont bien réfléchi. D'abord, ils ont regardé ce qui s'est fait par le passé. D'abord, décider de faire cette visite à Clairefontaine, assez classique maintenant, puisque les prédécesseurs sont soit allés à Clairefontaine, soit reçus les entraîneurs, les joueurs, le sélectionneur, suivant les cas. Ça a été sa seule, j'allais dire, avant le début de la Coupe du Monde, sa seule incursion relativement discrète.

Et puis ensuite, il a annoncé qu'il irait supporter les Bleus s'il se qualifiait pour la demi-finale. Donc il a déjà mis la barre assez haut. Avec cette phrase, lors de son passage à Clairefontaine, qui a fait un petit peu tiquer les spécialistes. Une Coupe du Monde réussie, c'est une Coupe du Monde gagnée. Une compétition réussie, c'est une compétition gagnée. Et ça a un petit peu fait tiquer les spécialistes, on met la pression sur les joueurs, est-ce que c'est bien raisonnable. Ça a été, je dirais, la seule chose qui a un petit peu été relevée comme une avancée du président sur ce terrain-là. Après, il est resté assez en retrait. Il est allé à la demi-finale.

Et là, on l'a vu à la demi-finale. C'est un vrai, je confirme ce que dit Yannick, c'est une passion sincère. Il n'y a pas à discuter de ça. Il est un authentique supporter de football. Mais on voit bien que l'Elysée fait attention. On a vu, il est allé certes à Moscou. Pas de caméra, pas de photographe quand il est allé saluer les joueurs dans les vestiaires après leur victoire. Un communiqué, un tweet juste pour saluer la victoire. On n'en rajoute pas, on n'en fait pas trop. En gros, on ne veut pas faire la récupération. Et le douzième homme qui veut essayer de cueillir les lauriers dans d'éventuels sondages. On verra le moment venu ce que ça donnera.

On peut juste dire quand même que dans notre enquête qu'on a publiée cette semaine, entre le quart de finale et la demi-finale, quand même après deux belles victoires de l'équipe de France, ça ne lui a pas rapporté de points pour l'instant. C'est tout ce qu'on peut dire, j'allais dire, de manière factuelle à la veille de la finale. Il a raison, Roland Tirole, de y aller doucement. Il a eu tout à fait raison jusqu'à maintenant. Non, si la France gagne, non. Il faut laisser éclater sa joie. Les communicants disent qu'il ne doit pas en faire trop pour ne pas avoir l'air récupéré. C'est s'il n'en faisait pas assez que c'est dangereux. Parce que la France va exploser de joie.

Et si le président ne montre pas que lui aussi il explose de joie, il n'en fera pas assez. On dira, mais pourquoi il a l'air de faire la gueule alors qu'on est tous heureux, quoi ? Demi-finale, il a beau qu'il s'annoncer, mais moi je crois qu'il peut y aller à fond si la France gagne. Je crois qu'il n'y a pas de limite, là. Mettre le maillot comme Jacques Chirac ? Et simplement, il faut, contrairement à Chirac qui lisait qu'il était content, il faut qu'il nous le dise sans avoir l'air de lire un papier. Là, je lui fais confiance. Il sait faire ça. Donc là, je crois qu'il peut y aller. Le problème, ce serait si la France perdait. Et là, je crois qu'il faut être le miracle du fair play.

Le fair play n'a pas toujours dominé dans cette belle Coupe du Monde. Si l'entraîneur anglais est resté sur la pelouse pour applaudir l'équipe qu'il avait battue, la Croatie en l'occurrence, c'était beau avoir un entraîneur qui non seulement reste, mais applaudit les vainqueurs. Je trouve que là, il faudra savoir faire. Parce qu'on est deux nations footballistiques, une grande et une petite. Et la Croatie, c'est une nation qui s'est beaucoup faite sur le sport. Depuis l'élection du premier président libre de la Croatie indépendante, Turjman, il y a eu un gros effort des pouvoirs publics de la Croatie pour être présent à l'étranger par le sport.

Le football, mais aussi le tennis, le basket, le hand. Et donc, ce n'est pas n'importe qui qu'on rencontre. C'est aussi des gens pour qui la passion sportive est quelque chose qui compte dans l'unité nationale. Donc, je crois qu'il faudra aussi savoir avoir le coup de chapeau nécessaire pour les Croates s'ils gagnent et même s'ils perdent. – Brice Tinturier. – Pourquoi est-ce qu'il faut que Macron utilise avec doigté cette éventuelle victoire ? Tout simplement parce qu'il y a eu un précédent. Quand les Français ont vécu 98 et tout à coup un président de la République, même avec ses imperfections dans son rapport au football, mais qui montrait sa joie, c'était la première fois.

Là, nous ne cessons de commenter depuis des jours et des jours le précédent de 98. Et donc, la question de la communication d'un président, ça veut dire que ça ne peut pas être la même mécanique. Donc, il doit le faire avec doigté pour cette raison. Et encore plus, montrer effectivement quelque chose d'authentique. Parce que la suspicion d'une fabrication de la réaction à des fins de communication au mauvais sens du terme est d'emblée faite à partir du moment où il y a eu un précédent via Jacques Chirac et qu'on ne cesse de commenter ce précédent.

– C'est vrai que dans l'histoire des Coupes du Monde, des moments sportifs, 98, c'est fondateur justement d'une communion entre les politiques et le football. On a oublié, en 84, la France est championne d'Europe de football. Et absolument, ça ne change rien. François Mitterrand est au pouvoir. La France a accueilli pour la première fois le championnat d'Europe qu'elle gagne. Et il ne se passe rien. Alors, on avait un président qui était beaucoup moins impliqué et qui n'allait pas dans les vestiaires. – Il y a un autre petit point, mais je crois très important.

Il y a l'effet en 98, mais aussi parce qu'on l'a un peu oublié, vous avez une parenthèse enchantée avec de la croissance économique, avec un chômage en baisse, avec les 35 heures qui avaient quand même plu à une majorité de Français. Et finalement, c'est plurifactoriel et ça accompagne cette victoire des Bleus. Là, on est dans un tout autre contexte. Donc, si vous n'avez pas des facteurs aussi politiques, c'est là-dessus que les Français jugent leur président qui accompagne le mouvement, il sera éphémère. Et donc, il faut quand même qu'il soit authentique, mais tout en faisant attention.

25:56
Invité

– Je voudrais revenir sur la communication, effectivement, très bémolisée jusqu'à présent d'Emmanuel Macron. La question que je pose, c'est qu'est-ce qu'il va dire, vous parliez, Roland Carolle, vis-à-vis de la Croatie, si la France perdait, ou si la Croatie perdait, mais qu'est-ce qu'il va dire aux Français si la France perd ? Là, il va falloir remobiliser les énergies. Mais je voulais juste dire quelque chose, il y a la communication contrôlée et très temporisée jusqu'à présent, mais il y a aussi le lapsus.

Et le lapsus, souvenez-vous, c'est le couac qu'a fait le gouvernement, notamment Agnès Buzyn, lorsqu'elle a dit officiellement, sur les tribunes ou en tout cas dans les émissions, que le fameux plan pauvreté pouvait être reporté au cas où la France arrivait en demi-finale. Ça prouve bien quand même que le sport et le foot est omniprésent dans l'esprit des politiques et d'Emmanuel Macron qui devait présenter ce plan-là à l'origine.

26:46
Présentateur

– Question SMS, peut-on m'expliquer pourquoi un président de la République monte dans les sondages en cas de victoire alors qu'il y est pour rien ? C'est vrai qu'il y est pour rien, mais c'est vrai qu'on est content de la France et du coup on est content du président de la France. – Ce n'est pas aussi mécanique que ça. – Mais ça ne marche pas toujours et ça ne dure pas. – Et c'est inégal quand même, parce qu'entre Jacques Chirac qui suivant les enquêtes a gagné jusqu'à 18 points… – Jospin aussi, on oublie de le rappeler, on était en cohabitation. – Voilà, Jospin avait gagné aussi et Chirac regagnera en 2006, mais Mitterrand n'a pratiquement pas gagné de points en 1984.

– C'est l'exécutif dans un moment de célébration d'une victoire et d'une unité.

27:26
Invité

– Il y avait des centaines de milliers de personnes contre les réformes dans la rue il y a à peine un mois, ce qui n'était pas le cas au moment de 1998 où le président de la République ne faisait plus rien depuis 1995 et le Premier ministre Jospin faisait plutôt du bien au français, pardon, je termine, avec les 35 heures qui n'étaient pas des pilules amères à avaler, en tout cas à court terme.

27:46
Présentateur

– Mais en 2006, la France est en finale à coup du monde et Jacques Chirac gagne 2007 et il y a eu aussi le CPE quelques mois plus tôt. – Nicolas Safferiot gagne 2007. – Non, en 2006, à la finale de la Coupe du Monde en Allemagne, la France est en finale, c'est Jacques Chirac qui est président, nous sommes en 2006 et il gagne 7 points dans le sondage, malgré la défaite, mais la France est en finale.

28:08
Invité

– Ça prouve que tout ça est compliqué.

28:09
Présentateur

– Les présidents ont toujours été aux côtés des grands champions, même si on remonte un peu plus loin, où c'est quelque chose qui est plus récent et qui est lié à la médiatisation. – C'est clair que la médiatisation est fondamentale dans cette affaire. Il y a toujours eu des visites, et les présidents de la 4ème République allaient à la finale de la Coupe de France de football. Voilà, il y a toujours eu un lien, une volonté de marquer, qu'on s'intéressait. On parlait de Mitterrand, Mitterrand nous a même expliqué qu'il avait joué au football quand il était jeune et qu'il était Gaule. Je me souviens qu'un journaliste de télévision lui avait dit « Ah bon, vous étiez gardien de but ?

» et Mitterrand était très embêté d'avoir dit Gaule et l'avis de corriger, en disant « Oui, oui, vous avez raison, gardien de but. » Bon, il y a toujours eu ça, mais c'est vrai que dans ces 20 dernières années, il y a eu une explosion. Les politiques sont de moins en moins bien vues. Les gens veulent aux politiques, les gens pensent qu'ils ne font pas le job. Et donc, évidemment, il faut tout faire pour se rapprocher des gens, il faut pouvoir citer des émissions de télé populaires, il faut aller voir des matchs de foot, il faut montrer qu'on est proche de la vraie vie des gens. Je crois qu'il y a un autre lien aussi, qui est qu'il partage l'après-té de la compétition.

Un politique et un président de la République, il a connu dans la compétition électorale, l'après-té et du coup la performance. Et l'après-té de la compétition et la performance de gagner une finale, je crois qu'indépendamment des stratégies de communication, des volontés de montrer qu'on est proche, etc., il y a quand même un petit quelque chose aussi qui les unit, qui unit le sport et la politique. – Une campagne présidentielle, c'est une sorte de Coupe du Monde.

– Oui, dans l'histoire de la cinquième, quand on regarde les présidents, mis à part Georges Pompidou, qui n'était absolument pas intéressé par le sport et qui ne s'est pas intéressé, même le général de Gaulle, on se souvient de ce dessin de Jacques Faisan, « Retour des Jeux Olympiques de Rome » où la France fait un flop, je crois qu'elle a deux médailles, il dit « Décidément, il faut que je m'occupe de tout », on le voit en survêtement avec un képi, le dessin est resté célèbre. Et que fait le général de Gaulle après le flop des Jeux Olympiques de Rome, eh bien, il créait l'INSEP, il créait une machine à champions. – L'INSEP, c'est un centre de formation pour les grands sportifs.

– Absolument, pour pouvoir avoir des médailles aux Jeux Olympiques que la France organisera en 68. Et même le général de Gaulle a eu envie que la France ait des champions, a eu envie d'avoir des médailles. Donc on le voit, même dans cette époque lointaine, il y a cette envie d'avoir des champions. Alors évidemment, ça n'a rien à voir avec, pas Chirac, mais je dirais Sarkozy et Hollande ont vraiment lancé la mode d'être présents sur tous les événements. Nicolas Sarkozy impose la présence des présidents de la République sur chaque tour de France. Avant, les présidents allaient de temps en temps, de manière exceptionnelle. – Le général y était allé.

– Oui, le général y était allé, mais depuis Sarkozy, ils y vont tous les ans. Macron est allé l'année dernière, il y retourne cette année, Hollande est allé pendant 5 ans et Sarkozy est allé pendant 5 ans.

30:51
Invité

– Sans vouloir remonter à l'antéchrist, mais tout de même, les rapports entre le sport et le pouvoir remontent aux Jeux du cirque, bien évidemment. les Jeux du cirque, c'était une façon pour César et pour les empereurs d'établir leur pouvoir.

Mais retournons aussi le gant, parce que si les hommes politiques et les présidents doivent être en sympathie avec le peuple pour toutes les raisons qu'on vient d'indiquer, et Bruno vient de les rappeler, c'est aussi, n'oublions pas, le panès et le circenses, c'est-à-dire que c'est une façon aussi pour le politique de récupérer l'opinion publique, d'occulter peut-être les vrais, ce qu'on appelle les vrais problèmes, ça a été une ligne d'attaque permanente de la part de la gauche et de l'extrême-gauche. Attention, l'opinion du peuple, c'est le sport, donc attention, ne soyons pas naïfs. Tout n'est pas idyllique dans cette relation.

31:41
Présentateur

Alors, pour Emmanuel Macron, c'est vrai que c'est un moment un peu particulier. Il y a cette finale de Coupe du Monde qui se profile, et puis depuis quelques jours, une sorte d'impopularité qui a gagné l'Élysée, et même notre forme de désamour, ce sont les maires, les présidents de départements, de régions, qui ont boudé la Conférence nationale des territoires pour exprimer leur ras-le-bol face à la politique de tutelle du gouvernement. Taxes d'habitation, baisse des contrats aidés, les griefs sont nombreux. Alors, pour comprendre la colère des communes, une de nos équipes est allée rencontrer la maire de Bondy, en Seine-Saint-Denis.

C'est un reportage de Pierre-Milabé Landau et Thomas Buyer. 17 juillet 2017, première conférence nationale des territoires. Arrivé en fanfare pour Emmanuel Macron et son équipe. À la tribune, Édouard Philippe, prudent, prononce alors cette phrase prophétique. Je n'ai aucun doute sur le fait que ce sera dur et aucun doute sur le fait que ce sera long. Je n'ai d'ailleurs pas beaucoup de doutes non plus sur le fait que nous trouverons sans doute mille raisons de nous en liser. Un an plus tard, le dialogue entre le gouvernement et une partie des collectivités semble rompu.

L'Association des maires de France, l'Association des départements et celle des régions boycottent la conférence nationale des territoires. Contextes différents, discours différents, le Premier ministre veut cette fois-ci rassurer tout le monde. Je suis convaincu que, au fur et à mesure du temps et des années qui passent, au fur et à mesure de l'expérience que nous aurons à la fois de la discussion des contrats et de leur exécution, nous nous améliorerons collectivement. Pour, peut-être, dans les années qui viennent, prendre mieux en compte telle ou telle spécificité de telle ou telle collectivité. Face à Edouard Philippe, quelques groupes d'élus ont tout de même fait le déplacement.

33:30
Invité

Moi, je préfère être présent, être exigeant, poser des questions, répondre, faire des propositions. Je pense que c'est toujours préférable à la politique de la chaise vide. On dit ce qu'on a à dire, on est entendu, on dialogue, donc j'espère qu'on va aboutir d'une manière consensuelle.

33:47
Présentateur

Car même pour les élus présents, il existe des questions qui fâchent. La baisse du nombre des contrats aidés, par exemple, la suppression de la taxe d'habitation ou encore le fameux contrat de maîtrise des dépenses vécu par les trois associations absentes, comme une mise sous tutelle financière. Elle qui dénonçait déjà une promesse non tenue par le gouvernement.

34:07
Invité

Emmanuel Macron a été élu pour ce qui concerne les collectivités locales sur un engagement 10 milliards de demandes, d'efforts, donc de contributions à l'assainissement des finances publiques et à la réduction des déficits publics. Un mois après son élection, il passe de 10 à 13 milliards. Donc cet engagement n'est pas tenu, il est amplifié. Aujourd'hui, on quitte la table de discussion parce que ça ne sert à rien. C'est une impasse de dialogue.

34:34
Présentateur

Et derrière François Barouin, s'aligne de nombreuses mairies. C'est le cas à Bondy, à quelques kilomètres de Paris. Sylvine Thomassin est maire PS de la commune. Elle nous donne rendez-vous dans l'un des trois stades de la ville. Elle aimerait le rénover, mais ne le peut tout simplement pas.

34:53
Invité

C'est de la terre, voilà, c'est de la terre. Dès qu'il pleut, vous imaginez dans quel état c'est. C'est de la boue, ça ravine. Voilà sur quoi certains jeunes de Bondy, certains clubs sportifs sont obligés de s'entraîner à Bondy. Enfin voilà, je ne peux plus en avoir honte. Sauf que je n'ai pas les moyens pour le moment. de faire autrement que de leur proposer cela.

35:12
Présentateur

Stade, école, route. A Bondy, les chantiers sont très nombreux. Alors forcément, les leçons du gouvernement passent mal.

35:19
Invité

Nous, on sait gérer, on n'a pas de leçons à recevoir de l'État. On sait gérer. Moi, comme je ne gère pas une ville riche, on est passé maître dans l'art d'aller chercher des subventions un peu partout, de remplir des dossiers. Ce jeu de leçons perpétuelles que l'on reçoit de l'État avec beaucoup de condescendance et de mépris, je ne le supporte plus. Et nous sommes 36 000 maires à ne plus le supporter, y compris ceux qui ont signé la contractualisation.

35:44
Présentateur

Et Bondy, comme plus de 70% des communes françaises, a signé ce contrat gouvernemental de baisse des dépenses. Un accord trouvé, selon Sylvine Thomassin, sous la menace de sanctions de l'État. Alors, Bondy, c'est aussi un clin d'œil à la Coupe du monde de football. Absolument. Ça n'a pas échappé parce que Kylian Mbappé, est originaire, a été formé dans le club de Bondy. Revenons à ce divorce entre les élus locaux et l'Élysée. Regardez cette question SMS. Le gouvernement ne pratique-t-il pas un double langage avec les territoires ? Pourquoi Emmanuel Macron est-il aussi dur, en tout cas c'est comme ça qu'il le ressente, avec les territoires ? Roland Carole.

Alors, d'abord, je vais essayer de répondre à votre question, mais d'abord dire que pour moi il n'y a pas de divorce. C'est la guéguerre. Oui. C'est ce qui pourrait précéder un divorce, mais qui ne le précèdera pas parce que les uns et les autres ont évidemment besoin besoin de s'entendre. Donc on sait que ça va se terminer mieux. Il n'y a pas de grand projet de financement en France qui ne soit en même temps financé par l'État et par certains niveaux de collectivité locale. Donc s'il y avait une rupture, la France ne fonctionnerait plus.

Donc je pense que c'est une guéguerre que là, un certain nombre de maires, de présidents de conseils départementaux et régionaux, notamment de l'opposition, ont décidé de faire un bras de fer pour que ça se voit dans l'opinion mais que ça n'est pas la fin de l'histoire. Alors pourquoi ils le font ? Parce que c'est vrai que c'est vrai ce qu'ils ont dit là. Les 10 milliards d'économies demandées dans la campagne présidentielle sont devenus 13 milliards dès l'entrée en fonction d'Emmanuel Macron et qu'il y a eu sur la gestion des problèmes fiscaux et financiers une attitude du président de la République et de la haute administration.

Dans le communiqué où ils disent qu'ils vont boycotter, les présidents d'associations disent qu'ils en veulent au moins autant à la haute administration qu'au président de la République lui-même avec cette idée qu'il nous avait promis un pacte girondat, le président de la République, du temps où il était candidat à la présidentielle, ce qui voulait dire une décentralisation continuée, une possibilité pour les différents territoires d'exister un peu plus par eux-mêmes et qu'ils ont eu le sentiment parfois justifié d'une re-jacobinisation, d'une re-centralisation du pouvoir. Le pouvoir reprenant la main sur les grandes orientations et notamment sur les grands équilibres financiers.

Et ça, c'est évidemment assez insupportable le sentiment que l'État vous demande de faire des efforts et en même temps déverse sur vous des nouvelles nécessités de financement local dont l'État se débarrasse au niveau national. Ça fait beaucoup à supporter. Le président, dans son discours à Versailles, a dit que désormais, on allait voir ce qu'on allait voir, il y aura un nouveau pacte entre les élus, les territoires et le pouvoir politique qui l'incarne. C'est une volonté de montrer que c'est une étape mais qu'on va passer à une étape où il y aura plus de collaboration. Je crois qu'elle est indispensable. La coupe est pleine, sans mauvais jeu de mots, pour les territoires, Brice Tinturier ?

Je crois qu'il faut dissocier les Français et les élus, pour le coup. Bien sûr. Parce que quand vous regardez d'ailleurs au niveau des élus, les contrats de maîtrise des dépenses, il y en a beaucoup plus qui sont en train de se signer et de se faire que la petite musique d'opposition et de boycott ne pourrait le signifier. Donc on est dans une phase de négociation et les choses, malgré tout, je crois, avancent davantage que l'attitude de boycott ne pourrait le laisser penser. Puis du côté des Français, il y a deux choses.

Il y a d'abord des Français qui considèrent que oui, Emmanuel Macron est quelqu'un qui aurait un rapport avec la province qui ne serait pas naturel, difficile, etc., 80 km heure et beaucoup de choses étant passées par là. Donc ça existe, c'est incontestable. Mais il n'y a pas non plus, quand vous regardez ce que disent les Français, il n'y a pas non plus deux Français avec deux préoccupations qui seraient, ou deux systèmes de préoccupations qui seraient fondamentalement différents, suivant que vous vous sentez habité dans le rural ou en région ou en province ou dans les grandes métropoles.

Et ça, c'est très important parce que vous pouvez dire oui, j'habite plutôt dans le rural et un Français sur deux a ce sentiment que grosso modo, quand vous posez la question en termes de perception subjective, qu'il habite plutôt dans un espace rural. Mais en même temps, si vous comparez, ce qui est beaucoup plus que la réalité, mais si vous comparez les préoccupations de ces personnes à celles qui disent habiter dans les grandes métropoles, il n'y a pas fondamentalement de différence majeure dans les demandes et les préoccupations.

Donc, pour les Français, il y a plus une question d'attitude du président de la République qu'une question de politique municipale qui serait perceptible et qui opposerait les demandes de l'État à ce qu'il vive au quotidien. – Ça lui colle à la peau, Jean-Nicke Alimi, cette image de président un peu hors sol, président des riches, président trop parisianiste. – Président des riches,

40:39
Invité

président des villes, président de Paris, décident du sommet. Effectivement, on ne va pas refaire l'histoire, mais c'est vrai que la première conférence des territoires de juillet 2017, il avait pris tout le monde à contrepris, et enfin, notamment les sénateurs et les élus locaux qui étaient dans la pièce parce qu'il transformait le pacte girondin en quelque chose dont l'impression était beaucoup plus centralisatrice. On ne va pas refaire l'histoire, mais c'est vrai que ça lui colle à la peau. Cela dit, comme le disait Brice Tinturier, il y a énormément de bémol à mettre à la réalité de la politique menée par le gouvernement et Emmanuel Macron.

Tout d'abord, d'un point de vue scène théâtrale, j'allais dire scène politique, les départements, les villes et l'association des maires de France, François Baroin, Dominique Bussereau pour les départements et Hervé Morin pour les régions, ce sont trois, c'était trois ténors de la droite, ça reste des personnalités de droite, il ne représente que 30 millions de la population de Français.

Je veux dire par là que l'autre, la grosse association qui s'appelle France Urbaine, qui ne boycote pas cette conférence de territoire, les autres vont certainement de toute façon la rallier, comme vous le disiez Roland, représente, c'est-à-dire ce sont les grandes villas, les grandes métropoles, les grandes villes, présidé par Jean-Luc Moudin qui est un maire de Toulouse, les Républicains mais dont on dit qu'il est macro-compatible, cette association-là représente 30 millions de Français, donc la moitié des Français.

Premièrement, les fractures dont on parle, on ne va pas reparler du ressentiment, mais une étude très intéressante parue hier dans Le Monde, écrite par un géographe, montrait précisément qu'il n'y a pas de France, la France des villes, la France des campagnes, la France des hérités, la France des riches, la France des pauvres, il y en a quatre, alors je vais faire très très vite, il y a Paris et les grandes, grandes métropoles, il y a tout l'axe de la côte atlantique où il y a des grandes villes mais des grandes villes qui rayonnent et qui irradient avec des petites villes, des villes moyennes, des petites villes et des territoires ruraux qui sont riches d'activités et très peu de chômage et il y a deux zones déshéritées effectivement, les Domtoms et puis le nord et l'est avec le couloir rhodaniens sur l'est.

Donc attention, les fractures dont on parle sont beaucoup plus diversifiées, elles existent, qu'on veut bien le dire et je termine là-dessus, toute la réforme fiscale qui était compliquée, la réforme de la taxe d'habitation transformée par la taxe foncière, au bout du compte, il y a une politique de contractualisation comme vous le disiez monsieur Teinturé qui est mise en place au regard du contrôle de la hausse, de la hausse des dépenses et non pas de la baisse, du contrôle de la hausse des dépenses en échange de création d'emplois et en échange aussi d'une marge de manœuvre un peu plus grande des élus locaux sur certains impôts dont la taxe foncière et également un transfert d'une part de certains impôts nationaux dont les élus locaux pourraient avoir la latitude de gérer, l'autonomie de gérer.

Donc vous voyez, c'est beaucoup plus complexe que les trois ténors dont on a parlé veulent bien le dire.

43:48
Présentateur

Bruno Jeudy, est-ce qu'il prend un risque politique Emmanuel Macron en a l'habitude de le voir ne pas céder, s'arc-bouter même parfois ? Est-ce qu'il prend un risque politique sur ce sujet-là ? Oui, oui, c'est un des sujets où il a pris son risque de prendre les élus locaux à rebrousse-poil, de les bousculer, de recentraliser malgré un discours qui se veut, il nous a déjà servi deux fois le pacte girondin mais pour l'instant il n'existe pas et moi j'entends les bémols qui sont donnés. La vérité, c'est qu'ils ne sont pas contents. Les élus locaux, hier, ils sont sortis, notamment les élus ruraux ont dit, encore une fois, on a entendu un discours, on n'a même pas entendu le mot ruralité.

La vérité, c'est que pour l'instant, ce pouvoir incarne la France des grandes métropoles et certes, François Baroin, Dominique Bussereau et Hervé Morin sont peut-être d'anciens ténors mais ce n'est pas des dangereux voquiesistes, c'est plutôt des gens qui étaient très Macron-compatibles pour qu'ils en viennent. Ils sont centristes, Franchement, pour qu'ils en viennent à boycotter une conférence des territoires, alors je veux bien croire que tout ça rentrera sans doute dans l'ordre et qu'on discute en coulisses, c'est quand même, ils ont une base qui est assez remontée, c'est comme ça.

Après, c'est un choix qu'a fait le président de la République, un choix peut-être qui sera payant sur la durée, on le verra. Lui, son pari, c'est que la suppression de la taxe d'habitation, il fait un autre pari, il fait aussi le pari de la suppression de la taxe d'habitation qui est un impôt injuste, qui est un impôt ancien, qui est un impôt qui aurait dû être réformé, qui ne l'a pas été. Il a fait le choix de cette réforme qui est probablement la promesse qui a été la mieux entendue par les Français. Il décide de le faire.

Évidemment, les élus locaux ne sont pas contents, mais il a appliqué son programme au risque, effectivement, avec cette politique, d'apparaître comme le président des grandes métropoles et d'avoir une partie des territoires qui n'est pas content. Alors, il y a une brouille avec les acteurs locaux, mais il y a aussi des tensions avec les partenaires sociaux. Dans quelques jours, aura lieu une rencontre entre le président et les syndicats, les huit principaux dirigeants d'organisations syndicales et patronales qui ont ailleurs organisé, avant cette rencontre, leur propre réunion. Ça, c'est quand même assez inédit.

Alors, on a passé la matinée avec Pascal Pavageau, le nouveau patron de Force Ouvrière. Lui, il parle même de résistance au président de la République. Reportage de Jérémy Normand et Thomas Buyer.

46:08
Invité

Pour le nouveau patron de Force Ouvrière, c'est déjà la fin du round d'observation. À la tête de la centrale depuis à peine trois mois, Pascal Pavageau n'a pas de mots assez durs pour critiquer la méthode du chef de l'État. Un président qui dirige la France comme une entreprise et qui impose une cadence de réformes effrénées. De quoi porter le leader syndical à ébullition, car lui refuse de se laisser prendre de vitesse. Il met en difficulté tout le monde, il met en difficulté la démocratie, bien sûr. Est-ce qu'il met en difficulté une organisation syndicale ? Bien sûr. En quoi ?

En le fait qu'il faut être réactif, surtout en permanence, avec des effets d'annonce qui sont quasiment quotidiennes dans tous les sens, sur lesquels il faut à la fois réagir souvent par des petites phrases, ce qui du coup n'est pas véritablement construit, mais surtout dont on n'arrive pas à mesurer concrètement les impacts. Et donc, il faut pouvoir faire, nous qui cherchons à faire, tant des propositions que des contre-propositions, de manière à être constructifs, de manière à être positifs, on n'a pas le temps de le faire.

Au rouleau compresseur présidentiel, lui préfère le temps de la négociation et regrette que les syndicats n'aient pas été davantage écoutés dans les dossiers ouverts depuis un an. Exprimez-vous, faites remonter vos besoins, vos positions, vos revendications et vos attentes. Dans ce message adressé aux nouveaux adhérents, Pascal Pavageau souhaite aujourd'hui transmettre sa colère à la base du syndicat, une mobilisation indispensable pour tenir le bras de fer avec le président. Lorsque quelqu'un a besoin d'aide, lorsqu'on a 14% de pauvres dans la septième puissance économique du monde, on leur tend la main. Puisqu'on parle de premier de cordée, on leur tend la corde.

Et on ne considère pas qu'il y a un pognon de dingue dépensé pour ces 14% de personnes qui sont les plus pauvres dans la septième puissance économique du monde. Plus on sera nombreux, plus on sera en capacité d'avoir les meilleures revendications et le moment venu, lorsqu'il faut rentrer en logique de résistance et en action, on est plus fort. Alors le courroux des syndicats serait-il parvenu jusqu'à l'oreille d'Emmanuel Macron ? Dans son discours du Congrès ce lundi, le chef de l'État a bien essayé d'arrondir les angles avec les partenaires sociaux. Je veux, dans cette deuxième année qui s'ouvre, redonner corps à une République contractuelle à laquelle je crois.

Celle qui permettra de jeter les bases d'un nouveau contrat social, celui du siècle qui s'ouvre, par une discussion avec l'ensemble des partenaires sociaux mais aussi des élus. C'est à son élaboration comme au détail de sa mise en œuvre que je veux les inviter dès le 17 juillet prochain. Mais également... Voilà les représentants syndicaux conviés à l'Élysée car Emmanuel Macron sait qu'il ne pourra mener ses réformes sans concertation. des dossiers potentiellement explosifs pour l'exécutif, réformes de la fonction publique, des retraites et dès à présent de l'assurance chômage. Mais aujourd'hui, les syndicats ne veulent plus subir l'agenda présidentiel.

À quelques jours de leur rencontre avec Emmanuel Macron, les huit principaux représentants des syndicats et du patronat se sont rencontrés pour la première fois. L'occasion pour le nouveau patron du MEDEF, Geoffroy Roux-de-Bézieux, de prendre la température avec ses nouveaux interlocuteurs.

49:25
Présentateur

Nous sommes rencontrés dans un climat cordial. On a eu des discussions sur un certain nombre de thèmes, notamment sur les mutations technologiques, sur les mutations de l'économie, sur les conséquences sur le monde économique et on a convenu de se revoir en septembre pour préciser les thèmes de travaux. C'est une bonne nouvelle que les responsables d'organisations syndicales et patronales se retrouvent pour discuter entre eux et on continuera de le faire. C'est, je pense, un bon signe pour aborder les sujets qui concernent la négociation.

49:56
Invité

Emmanuel Macron est prévenu. Les syndicats qui se sentent mis de côté par le gouvernement n'hésiteront plus à travailler ensemble pour fixer leur propre agenda. Un nouveau front pour exister face à l'exécutif.

50:09
Présentateur

Tout ça est un peu noyé dans l'actualité du football, de la Coupe du Monde, mais ce qui s'est passé avec cette réunion des syndicats, du patronat, ils sont tous réunis contre Macron, d'une certaine façon. Oui, parce qu'ils n'ont pas beaucoup apprécié dans cette première année qu'il y ait des consultations très nombreuses avec les organisations syndicales, mais en général des conversations un à un, jamais beaucoup de conférences avec tout le monde, et que finalement, c'était le gouvernement qui, ayant entendu tout ça, faisait son texte dans son coin.

Ils ont donc le sentiment que c'est pire encore qu'avec tous les présidents qui l'ont précédé, qui n'a pas réellement l'existence d'une véritable négociation sociale permanente qu'ils appellent de leur vœu. Et c'est quand même très intéressant que toutes les organisations de salariés et les patrons préfèrent se voir avant pour se dire ça. Et en même temps, Macron l'a entendu avant. L'extrait qu'on vient de voir du Congrès est incroyable. Il leur propose une république contractuelle, un nouveau contrat social, à un autre moment, un nouveau... État-providence. État-providence du XXIe siècle dont il s'agirait de définir les contours et les détails ensemble.

Alors là, c'est plus on cause et puis ensuite je fais, c'est faisons tous ensemble. C'est une espèce de retour aux sources de sa campagne présidentielle où il avait beaucoup dit tous ensemble parce que c'est notre projet. Entre-temps, on avait plutôt entendu Jupiter envoyer ses décrets. Là, il nous dit attention, ne vous méprenez pas, on va y revenir. Maintenant, le problème est de savoir, un discours faisant pas le printemps, si ça annonce un an, deux, du macronisme, y compris dans les négociations sociales avec les partenaires sociaux ou si c'était juste pour essayer de les calmer avant de continuer. Là, je suis incapable de prévoir, peut-être un peu des deux d'ailleurs.

Ce sera le 17, la fameuse réunion à l'Elysée. Ce qui est très intéressant, c'est qu'on a trois types d'oppositions. On a les oppositions politiques, les oppositions des territoires, on en a parlé, et les oppositions syndicales. Et la fortune d'Emmanuel Macron, c'est qu'à chaque fois, on dit les oppositions qui sont plurielles et incapables de s'unir. Et en réalité, les syndicats sont en train de faire ce que n'arrive pas à faire l'ensemble des élus et à forcer l'ensemble des formations politiques, c'est-à-dire à faire front commun pour définir un certain nombre de points. Et le message a immédiatement effectivement été entendu.

Donc ça montre bien que si les oppositions arrivent à un moment donné à s'unir, le pouvoir est immédiatement beaucoup plus sensible à ce rapport de force nouveau qui peut s'inscrire.

52:57
Invité

Oui, je suis d'accord, mais rappelons ce que disait Roland-Cairol, c'est quand même le rendez-vous donné au Congrès par Emmanuel Macron pour le 17 juillet qui a provoqué cette réunion. Philippe Louis qui est le président de la CFTC le disait lui-même, la méthode Macron est un des déclencheurs de cette réunion. Donc remettons le calendrier, la chronologie à l'endroit. Mais ça veut dire

53:19
Présentateur

que dès qu'il y a possibilité d'organiser le rapport de force et partir du moment où l'Elysée propose ça, ils sont capables de s'unir et s'organiser. Bien sûr,

53:29
Invité

alors pour le moment ils sont tous réunis ensemble mais vous accorderait, vous créditerait le fait qu'on ne va pas voir le MEDEF défiler avec la CGT ni la CFDT. Donc c'est une table ronde effectivement très inédite qui va durer le temps de la discussion parce que le Front Unie il discute, c'est très bien. Il faut qu'ils aient du grain à moudre comme disait Bergeron à donner lorsque Emmanuel Macron les recevra.

De là à ce qu'il y ait une convergence des luttes un, entre les syndicats, la CGT restant extrêmement on va dire révolutionnaire pour employer face à la CFDT, la CFTC qui reste réformatrice et la convergence des luttes entre les syndicats et le monde politique puisque ça avait été le but de la grande manifestation alors pardon je vais un peu oublier les dates mais du printemps où Jean-Luc Mélenchon voulait prendre la main sur les syndicats on en est très très loin.

54:25
Présentateur

Bruno Jeudy, c'est un micro-événement ou c'est peut-être le signe de quelque chose ?

Non, c'est important parce qu'Emmanuel Macron a bien senti de toute façon qu'il avait trop tiré sur la corde pendant l'année et que l'an 2 du quinquennat d'abord l'agenda social extrêmement chargé c'est sans doute ce qu'il a mis le plus qu'il y a sur la table à venir est très lourd il y a quand même une réforme des retraites qui arrive et on sait que là il faudra quand même discuter avec tous ces interlocuteurs qu'ils soient d'accord ou pas et on connaît leur divergence Jannick le rappelait à l'instant donc il sait qu'il a trop tiré sur la corde et que de toute façon il est obligé de rentrer dans une forme de négociation même s'il n'a pas beaucoup aimé les grandes messes sociales qu'Hollande faisait et d'ailleurs il n'en sortait pas grand chose il ne pourra pas échapper à ce grand moment donc ça sera le 17 juillet Emmanuel Macron a bien mis sur la table aussi des critiques qu'il faisait contre les syndicats il faut lui donner acte là-dessus il dit ils ne sont pas assez près du terrain ils font trop de politique tout ce qu'il a dit pendant un an quelque part les syndicats ils savent aussi que cette critique elle est entendue par les français quand il parle des syndicats c'est organisation elle est entendue par les français donc au fond il y a peut-être quand même convergence des deux côtés avec chacun ayant un peu son méa culpa à faire il y a 34% des français aujourd'hui qui font confiance au syndicat c'est le résultat de la dernière vague qu'on a réalisé fracture française c'est pas mal alors vous pouvez dire il y a 66% qui ne font pas confiance dont 29% pas confiance du tout contre 5% tout à fait confiance mais ce qui est intéressant c'est que c'est assez stable par rapport aux années précédentes donc c'est minoritaire mais c'est assez stable ce n'est pas non plus épouvantable par rapport effectivement à d'autres institutions et ça montre qu'il n'y a pas eu de rupture dans l'opinion depuis la SNCF alors que moi je m'attendais à ce que ça baisse et bien non c'est quand même stable et à ce niveau là voici maintenant vos questions SMS et internet on reparle de la finale de France Croissy regardez cette première question assez marrante les bleus ne sont-ils pas de très beaux premiers de cordée ?

c'est pas mal elle est pas mal cette question qu'est-ce que vous en pensez ?

si on s'en tient pour le coup à leur revenu ce sont tous des milliardaires il faut rappeler que c'est l'équipe qui sur le papier coûte la peine et celle qui vaut le plus cher c'est l'équipe la plus riche en valeur des joueurs sont tous des joueurs que les grands clubs européens s'arrachent oui ils sont les premiers de cordée mais je le répète c'est une équipe très sympathique ils sont des jeunes bien éduqués c'est la plus jeune équipe de l'histoire c'était la deuxième équipe la plus jeune sur le mondial donc il y a vraiment c'est une jeunesse triomphante je crois que c'est ce que voulait dire aussi l'auditeur des premiers de cordée parce qu'ils entraînent dans l'enthousiasme qu'ils génèrent et ça incontestablement aujourd'hui il y a cet effet

57:20
Invité

des phares des modèles des phares

57:22
Présentateur

ce n'est pas l'effet mondial qui me donne du pouvoir d'achat ça c'est vrai alors il y a certains économistes qui prévoient que si jamais la France gagne il pourrait y avoir un petit effet alors certains 0,1 j'ai entendu entre 0,1 ou 0,2 c'est quand même un milliard ou de croissance ou de PIB parce que l'un est double du l'autre donc oui 0,1 ou 0,2 c'est pas grand chose mais ça vaut mieux dans ce sens là que dans le sens inverse les belles paroles ne suffisent pas ne suffisent plus maintenant il faut des actes concrets envers les français les plus modestes mondial ou pas c'est là où on voit que bien évidemment les véritables fractures les questions politiques les préoccupations centrales des français ne sont pas occultées par la coupe du monde les sympathisants Front National ou de la France Insoumise qui rejette profondément Macron ne vont pas l'applaudir si demain la France l'emporte lors de la coupe du monde on va passer un beau moment un bel été mais les problèmes resteront et les questions montrent que les français en sont tout à fait conscients lucides et c'est une évidence

58:24
Invité

d'où l'embrayage que veut donner le coup d'embrayage que veut donner le président Macron suivi par les syndicats de ce rendez-vous social qui pourrait déboucher sur ce nouveau contrat social à terme

58:36
Présentateur

on peut noter que cette conférence prévue avec les partenaires sociaux c'est mardi sachant que si les bleus gagnent il y aura une descente des Champs-Élysées sans doute une folle soirée lundi bon les deux événements pourraient se ils seront reçus dans la soirée à l'Élysée dans la soirée à l'Élysée Macron pourrait-il récupérer politiquement la victoire des bleus ?

bah non il va essayer de récupérer quelque chose dans l'opinion je disais tout à l'heure qu'il avait raison de le faire ça fait partie du jeu et d'ailleurs on l'attend un peu de lui mais comme Brice l'a rappelé en termes d'opinion en général c'est pas énorme et ça dure pas et il va rien récupérer sur un plan strictement politique parce que les formations politiques qui lui sont opposées ne vont pas du tout être soumises à un effet de coupe du monde s'il gagne quelques points ça lui fera pas de mal quand même parce que ça fait à peu près 3-4 mois qu'il en perd donc honnêtement il va pas non plus laisser passer il y a aucune raison d'aller gracher là-dessus bien sûr

59:32
Invité

et puis ça s'intègre un peu dans l'imaginaire national que veut tisser Emmanuel Macron depuis qu'il est là avec la visite si je puis dire de l'histoire française de ses monuments de Versailles de la tour Eiffel de Chambord donc si on arrive à gagner ça c'est aussi un trophée du patrimoine national que Macron Emmanuel Macron peut intégrer encore une fois dans sa façon dans sa narration de l'histoire française qu'il n'y a pas de déclin de l'esprit français

59:58
Présentateur

qu'il y aura là une preuve qu'on peut remonter la pente qu'on peut être au premier plan qu'on peut donc effectivement ça rentre totalement ça on le voit bien dans un storytelling comme on dit macronien possible mais avec toutes les limites qu'on a soulignées tout le doigté et l'authenticité qui sera nécessaire après la France black, blanc, beurre de 1998 la France unifiée qui réussit à force de la beurre en 2018 est-ce que vous vous reconnaissez là-dedans ? est-ce que ça vous paraît juste ?

1:00:26
Invité

la beurre pourquoi pas parce que c'est du boulot c'est toujours à travers l'équipe de France c'est ça dont on parle et moi je voudrais juste citer pardon un chercheur à Sciences Po qui s'appelle Sylvain Kahn qui a réfléchi sur tout ça l'histoire du sport l'histoire de l'Europe et pour revenir au blan, blanc, beurre qui disait que cette fois-ci nous le disions c'est une idée de la nation creusée républicain qui émerge mais il ajoutait aussi l'idée Sylvain Kahn que c'était aujourd'hui des patriotismes emboîtés c'est-à-dire qu'il y a le patriotisme national encore une fois que voudrait récupérer Emmanuel Macron et essayer de le voler entre guillemets à ceux qui veulent le garder pour eux la droite l'extrême droite etc mais dans ce patriotisme national on parlait tout à l'heure d'un Mbappé natif de Bondi il y a les patriotismes de territoire voilà on parle de la ville d'où l'on vient du club où on a grandi on ne parle plus comme en 98 du pays d'origine de ses parents

1:01:31
Présentateur

je peux ajouter un mot pour dire que il y a quelque chose aussi dans le discours macronien à Versailles il nous a expliqué qu'il ne fallait plus que les réussites soient seulement dépendantes de l'origine sociale des individus mais qu'elles puissent être liées à leur talent à leur effort et à leur mérite et je trouve que cette équipe de France ça ressemble à ça ils viennent très souvent de quartiers difficiles et de milieux très malaisés de la société française mais ils ont fait preuve de talent d'effort et de mérite on voit bien là qu'il y a quelque chose de récupérable en termes d'image Emmanuel Macron a-t-il prévu de faire un discours en cas de victoire des Bleus dimanche ?

Non dimanche il sera à Moscou pour assister à la finale il descendra sans doute voir les joueurs qu'ils gagnent ou qu'ils perdent il verra Vladimir Poutine remettre la coupe au vainqueur au capitaine de l'équipe gagnante il n'y aura pas de discours après il y aura sans doute un mot du président lorsqu'il recevra les joueurs et le staff à l'Élysée l'indice il va y avoir deux ambiances différentes peut-être un mot à la télé quand même le soir même le soir même c'est tout qu'il y a quelques millions de personnes qui vont regarder au passé un bon audimat normalement Emmanuel Macron n'est-il pas trop omniprésent ne ferait-il pas mieux de se faire oublier afin de regagner un peu l'opinion je ne trouve pas qu'il soit très présent justement je trouve que pour l'instant il est plutôt il a bien dosé sa présence sur cette coupe du monde il s'est bien gardé de faire des commentaires sur la sélection il fait très attention c'est la grande différence et puis il n'avait pas noué une histoire avec les bleus c'est la différence avec Jacques Chirac qui lui avait noué une histoire avec Aimé Jaquet on l'a su après pendant l'hiver il avait noué quand même une histoire même s'il ne connait rien au foot Chirac il avait construit quelque chose il adore les sportifs il adore les sportifs c'est la fameuse phrase de Platini Jospin aime le sport Chirac aime les sportifs gagner la coupe du monde permettrait-il à la France d'attirer davantage d'investisseurs sur notre territoire

1:03:34
Invité

probablement d'autant plus qu'il y a les jeux olympiques il y a le rugby oui

1:03:40
Présentateur

l'effet mondial ne risque-t-il pas de s'atténuer lors de la fameuse réforme des retraites avant même ce sera bien atténué en cas de défaite qu'adviendra-t-il de notre président il va rester il ne rentrera pas on a connu ça on a connu ça l'Euro 2016 ça s'est terminé par une cruelle défaite et ça avait été très difficile les joueurs en parlent aujourd'hui beaucoup et François Hollande avait dû un peu consoler tout le monde on a oublié mais les défaites on les oublie les soirs de défaite alors monsieur le président la balle au centre à la rentrée à droite et à droite pas mal les réformes difficiles n'interviendront-elles pas surtout en 2019 ?

1:04:22
Invité

il y a déjà beaucoup qui sont intervenues en 2018 la grosse réforme la SNCF c'est pas rien la recommence travail c'est pas rien

1:04:29
Présentateur

oui mais la grosse réforme ce qu'on attend toujours c'est les retraites et c'est 2019 merci beaucoup à tous les 4 merci d'avoir participé à cette émission merci aussi à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air ce soir la Rodif est à 22h40 très bonne soirée sur France 5 et à demain