Bonjour chez vous ! du 20 février 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 38 %Attaque 36 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:49OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'un compromis est possible entre partenaires sociaux sur l'assurance chômage ?
- 1:06OuverteRéponse directe
Cette réponse est-elle à la hauteur des attentes des habitants sinistrés ?
- 3:14OuverteRéponse partielle
Comment expliquer que 13 000 millionnaires ne paient aucun impôt sur le revenu ?
- 6:12OuverteRéponse directe
Quelle une de la presse régionale vous inspire ?
- 8:16RelanceRéponse directe
Est-ce que ça vous choque que les Insoumis maintiennent leur soutien au député Raphaël Arnault ?
- 8:53RelanceÉludée
Vous appelez les Insoumis à exclure le député Raphaël Arnault du groupe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:54InvitéFait
« Il y a le fonds Barnier qui existe pour la prévention. »
- 1:59InvitéFait
« On a augmenté la dotation pour les communes en cas de catastrophe naturelle. »
- 2:07InvitéFait
« On a aussi des choses sur lesquelles on a beaucoup travaillé sur les assurances. »
- 2:12InvitéFait
« Le Premier ministre a annoncé que l'état de catastrophe naturelle sera déclaré là où il doit l'être dès la semaine prochaine. »
- 4:42PrésentateurFait
« Sébastien Lecornu promet un texte sur l'antisémitisme au Parlement, ce sera au mois d'avril. »
- 4:46PrésentateurFait
« Ce texte élargit le délit d'apologie du terrorisme et crée un délit de négation d'un État. »
- 5:00Invité politiqueFait
« Appeler à la destruction de l'État d'Israël, s'est appelé à la mise en danger vitale d'un peuple. »
- 5:06Invité politiqueFait
« Et en France, l'appel au meurtre est interdit, l'antisémitisme est puni. »
- 5:15IntervenantFait
« L'appel à l'anéantissement d'un État ne peut donc plus être toléré. »
- 5:18Invité politiquePromesse
« Le gouvernement inscrira donc à l'ordre du jour des travaux du Parlement dès ce mois d'avril la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadant, enrichie des écritures du Conseil d'État, saisie par la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivet. »
- 7:22Invité politiqueFait
« Je pense aux responsables politiques que nous sommes. Nos voix portent. »
- 7:37Invité politiqueFait
« C'est facile d'exalter la jeunesse, sur fond de populisme. »
- 11:36PrésentateurChiffre
« Plus de 13 000 millionnaires ne payent aucun impôt sur le revenu. »
- 15:40PrésentateurFait
« Les procédures de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle sont lancées. »
- 15:50PrésentateurFait
« Les premiers dossiers seront examinés en commission interministérielle la semaine prochaine. »
- 16:15PrésentateurChiffre
« Le nombre de sinistres est estimé à 250 000. »
- 21:30Invité politiqueFait
« Nous avons une proposition de loi qui est coincée depuis un an à l'Assemblée nationale, qui est passée à l'unanimité au Sénat, la loi Rapinroux. »
- 21:42Invité politiqueFait
« Vous ne pouvez appeler en taxe que 40 euros par habitant sur la Gemapi. »
- 34:10PrésentateurChiffre
« Plus de 13 000 millionnaires ne paient aucun impôt sur le revenu. »
- 34:20PrésentateurFait
« Le chiffre vient d'un document obtenu par le Sénat auprès du gouvernement. »
- 35:16Invité politiqueFait
« Nous étions favorables à la taxation des hauts patrimoines. »
- 36:12PrésentateurChiffre
« Le gouvernement vous donne jusqu'à la semaine prochaine pour trouver au moins 400 millions d'euros d'économie. »
- 41:26PrésentateurChiffre
« Le taux de chômage a atteint 7,9% de la population active, presque 8%. »
- 41:36PrésentateurChiffre
« C'était 7,3% un an plus tôt. »
- 41:48Invité politiqueFait
« Il y a des destructions massives dans l'industrie, dans l'automobile en particulier et chez les sous-traitants. »
- 42:15Invité politiqueChiffre
« Pour les jeunes, on est à plus de 20%. »
- 42:33Invité politiqueChiffre
« 70 000 entreprises sont entrées en procédure judiciaire en 2025. »
- 43:31PrésentateurFait
« Emmanuel Macron promettait le plein emploi pour 2027. »
- 44:13PrésentateurFait
« Le gouvernement a présenté un projet de loi pour créer une allocation sociale unique. »
- 44:17PrésentateurFait
« L'idée est de faciliter l'accès aux droits en additionnant notamment RSA, prime d'activité et de logement. »
- 45:57PrésentateurFait
« Elle se tient sans le MEDEF. »
- 47:10Invité politiqueFait
« On est un des plus mauvais élèves européens en termes d'accidents mortels. »
- 49:12Invité politiquePromesse
« Nous, on propose d'avoir une réforme massive de transformation de locaux professionnels, de bureaux en logement. »
- 49:47Invité politiqueFait
« Non, mais alors, moi j'ai été invitée par Renaissance pour participer à un débat d'idées. »
- 50:21Invité politiqueFait
« L'extrême droite, tout ce qu'elle porte à longueur de temps, avec au cœur de son projet la question de la préférence nationale, c'est antinomique avec le monde du travail que l'on veut. »
- 52:27PrésentateurChiffre
« Depuis novembre dernier, le tarif du lait est en chute libre. Son prix est passé de 475 euros pour 1000 litres à environ 420 euros en janvier dernier. »
- 1:01:55PrésentateurFait
« Le parquet a retenu pour six d'entre eux le chef d'accusation d'homicide volontaire. »
Temps de parole
- Présentateur70 %
- Invité politique13 %
- Intervenant9 %
- Invité3 %
≈ 1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Salut à tous, j'espère que vous êtes en forme. Bienvenue dans votre matinale. On va glisser tout doucement vers le week-end. Voici le programme de ce vendredi. La violence en politique, ce n'est pas une nouveauté, mais l'affaire Quentin Deran, qui est-elle le symptôme de quelque chose de neuf, notamment à gauche. On en débat dans une heure, l'historien Bruno Fulini et le politologue Arnaud Benedetti seront avec moi en plateau. Deuxième round de négociations hier entre syndicats et patronats autour de l'assurance chômage.
Comment faire 400 millions d'euros d'économie ? C'est la feuille de route fixée par le gouvernement d'ici à la semaine prochaine. Est-ce qu'un compromis est possible entre partenaires sociaux ? On posera la question à Marie-Lise Léon, elle est secrétaire générale de la CFDT. Elle est mon invitée dans une demi-heure. L'Ouest de la France toujours très perturbée par les crues exceptionnelles. Sébastien Lecornu promet une mobilisation totale du gouvernement. Cette réponse est-elle à la hauteur des attentes des habitants sinistrés ? On posera la question à Nathalie Delerte, sénatrice RDSE de Gironde dans un instant. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie.
Bonjour chez vous. Et comme tous les jours, on commence par un point sur l'info. Salut Quentin Calmet. Salut Steve, bonjour à tous. Trois départements toujours en vigilance rouge pour risque de crues aujourd'hui. Voilà, le gouvernement qui examinera mardi les premiers dossiers des communes sinistrées par les inondations d'ampleur qui touchent l'ouest du pays. L'exécutif a promis hier une mobilisation totale et une indemnisation au plus vite des villes touchées par les intempéries. Écoutez la ministre de l'aménagement du territoire, c'est Françoise Gattel.
Il y a le fonds Barnier qui existe pour la prévention. On a augmenté la dotation pour les communes en cas de catastrophe naturelle. On a aussi des choses sur lesquelles on a beaucoup travaillé sur les assurances. Et le Premier ministre a annoncé que l'état de catastrophe naturelle sera déclaré là où il doit l'être dès la semaine prochaine.
Et suite de l'affaire Quentin Deranque, sept hommes dont deux collaborateurs du député LFIA, Raphaël Arnaud, ont été mis en examen hier soir. Oui, six d'entre eux ont été mis en examen pour homicide volontaire. Un assistant du député Raphaël Arnaud pour complicité. Les derniers détails avec Céline Schmitt. Ils sont âgés de 20 à 26 ans. Sept suspects ont été mis en examen dans l'affaire sur la mort du jeune militant nationaliste identitaire Quentin Deranque. Le parquet a requis leur placement en détention provisoire. Hier, le procureur de la République de Lyon a détaillé leur profil.
Ce sont pour l'essentiel des étudiants, des employés dans le privé, un et sans emploi, et un, comme vous le savez, assistant parlementaire. Certains appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie ou être proche de la mouvance d'ultra-gauche.
Au regard du nombre de coups portés directement sur le crâne de Quentin Deranque, les auditions des témoins et les interrogatoires des mises en cause, le parquet a retenu pour six d'entre eux le chef d'accusation d'homicide volontaire. Le septième, Jacques-Élie Favreau, est mis en examen pour complicité. Le nom de l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, le député insoumis, cofondateur du groupe antifasciste La Jeanne Garde, circulait depuis plusieurs jours.
M. Favreau n'a pas donné de coup direct susceptible d'avoir causé le décès de M. Deranque. Il a confirmé rapidement les explications qu'il avait pu donner, en indiquant notamment qu'il ne s'agissait absolument pas d'un gâtapant, mais bien d'un affrontement, je crois que c'est les termes qu'il faut retenir.
Parmi les suspects mis en examen pour homicide volontaire, et également écroué, figure un autre proche de Raphaël Arnaud, Adrien B, 25 ans. Il travaillait dans l'équipe du député jusqu'à quelques jours avant les faits. En déplacement à New Delhi, Emmanuel Macron a exhorté tous les partis à faire le ménage.
À chaque fois qu'il y a des gens qui vous expliquent qu'ils ont mis en place des milices pour faire de l'autoprotection, qu'il y a telle ou telle chose, parce qu'il y aurait de l'autre côté un discours de violence et qu'il la légitime, ils ne commettent pas simplement une faute politique, ils commettent une faute morale, et ils créent les conditions de ce qui arrive. Donc tout le monde, partout, doit faire en effet le ménage.
Tous les mis en cause contestent leur intention de tuer. Sébastien Lecornu promet un texte sur l'antisémitisme au Parlement, ce sera au mois d'avril. Voilà, ce texte élargit le délit d'apologie du terrorisme et crée un délit de négation d'un État. Écoutez le Premier ministre hier, lors du 40e dîner du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France. Écoutez.
Appeler à la destruction de l'État d'Israël, s'est appelé à la mise en danger vitale d'un peuple. Et en France, l'appel au meurtre est interdit, l'antisémitisme est puni.
L'appel à l'anéantissement d'un État ne peut donc plus être toléré.
Le gouvernement inscrira donc à l'ordre du jour des travaux du Parlement dès ce mois d'avril la proposition de loi portée par la députée Caroline Yadant, enrichie des écritures du Conseil d'État, saisie par la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivet.
C'est du jamais vu, Quentin, du jamais vu dans l'histoire de la monarchie britannique. Oui, c'est même un choc pour la monarchie britannique. L'ex-prince Andrew a été arrêté, placé plusieurs heures en garde à vue hier à la suite d'allégations de manquements dans l'exercice de fonctions officielles. C'est lié à l'affaire Epstein. Il a été relâché dans la soirée en attendant, je cite, la suite de l'enquête dans un rare communiqué peu après l'arrestation. Le roi Charles III, frère aîné d'Andrew, a réagi affirmant que la justice doit suivre son cours tout en soulignant sa plus profonde inquiétude, je cite. Merci beaucoup, Quentin. On se retrouve dans quelques instants pour votre chronique.
Bonjour, Nathalie Delattre. Bonjour. Vous êtes sénatrice RDSE de la Gironde. On va revenir sur toutes ces actualités. Mais d'abord, évidemment, un petit détour par la presse régionale. Vous connaissez le principe, je vais vous montrer les titres de la presse régionale ce matin. À la une, le progrès qui revient notamment sur la mort du militant identitaire Quentin Deranque et les premières mises en examen dans cette affaire. La marseillaise qui titre sur le livre de Gisèle Pellicot intitulée « Et la joie de vivre », c'est publié chez Flammarion.
Après un long silence, la victime des viols de Mazan revisite cette terrible histoire et le républicain Lorrain s'inquiète de la dépendance des seigneurs, une dépendance qui va crescendo. Quelle une vous inspire ? De quoi avez-vous envie de nous parler ce matin ? Quentin, je crois que beaucoup en parlent. Vous savez, moi, je suis une maman de trois garçons qui ont 23, 21 et 19 ans. Donc, d'ailleurs, j'ai une pensée pour la famille de Quentin. Et puis parce que nous sommes dans la barbarie, la sauvagerie, c'est-à-dire qu'il n'y a plus d'humanité, plus de moralité pour ces jeunes qui ont lynché à mort Quentin. Je crois qu'aucune cause ne peut justifier ce type d'agissement.
Donc, j'espère que la justice passera. Mais il faut aussi que ceux qui, aujourd'hui, surfent sur le populisme, qui attisent les haines, puissent être recherchées en responsabilité. Je pense aux responsables politiques que nous sommes. Nos voix portent. Et quand, effectivement, on est capable, en hémicycle, d'éructer, de provoquer, et que l'on est capable de pouvoir... C'est facile d'exalter la jeunesse, sur fond de populisme. – Vous pensez à la France insoumise. – L'histoire, malheureusement, se répète. Notamment, mais tous les discours qui peuvent être extrémistes, qui peuvent se radicaliser, qui peuvent radicaliser la jeunesse, doivent être mis en cause et poursuivis.
Je pense qu'il n'y a pas simplement une faute politique. Il y a des fautes morales. Et il faut que nous puissions, que la justice puisse agir aussi sur ses responsables. – Précisément, on a pris la mise en examen de deux assistants parlementaires du député LFI, Raphaël Arnault, pour homicide volontaire ou complicité. Pour l'instant, les Insoumis maintiennent le soutien au député Raphaël Arnault. Est-ce que ça vous choque ? – Oui, bien sûr que ça me choque. Je veux dire qu'on ne peut pas imaginer qu'il n'y ait pas de responsabilité, encore une fois. Nous ne pouvons pas tenir n'importe quel propos quand nous sommes des femmes et des hommes publics. Il y a une retenue à avoir.
On sait très bien, encore une fois, ce que l'on fait. Et comment on agit auprès de la jeune âgée, était jeune. J'ai commencé la politique assez jeune, voilà. – Mais plus précisément, sur Raphaël Arnault, sur le député Raphaël Arnault, qui n'est pas directement mis en cause par la justice aujourd'hui, vous dites qu'il ne peut pas rester, alors député, je crois que c'est à lui de choisir, mais il ne peut pas rester dans le groupe Insoumis. Vous appelez les Insoumis à l'exclure du groupe, très clairement. – Écoutez, je crois que ça les regarde, mais nous verrons. Je pense que nous regarderons avec intérêt quelles seront les démarches envers ce député, mais de l'ensemble de la classe politique.
Il faut condamner fortement. Je crois que toute absence de condamnation doit effectivement être examinée et nous devons en tirer des conclusions. – Alors, vous appelez au calme ce matin. Il y a eu cette alerte à la bombe au siège de la France Insoumise, c'était mercredi. Clairement, vous dites qu'il faut redescendre d'un niveau, là, ça commence à sentir mauvais. Il y a vraiment un climat de violence politique qui est en train de s'emparer de la France. – De violence politique et de violence tout court. Je veux dire qu'on a travaillé sur la violence à travers les réseaux sociaux. On travaille, vous avez parlé, Quentin, tout à l'heure, des actes antisémistes.
Enfin, on voit bien cette violence monter dans notre société. C'est l'un des thèmes majeurs, d'ailleurs, la sécurité est l'un des thèmes majeurs de ces municipalités, de ces élections municipales. Donc, on voit que nous sommes traversés par ces problématiques. Je pense que la classe politique a une grande responsabilité par rapport au fait d'appeler, effectivement, à plus de calme, plus de raison. – Alors, Emmanuel Macron s'est exprimé sur cette affaire. Il pointe du doigt les deux extrêmes ou les extrêmes de manière générale. Écoutez le chef de l'État.
– Mais rien ne serait justifié, ni chez les uns, ni chez les autres. Et ni même dans un face-à-face qui est mortifère pour la République. Donc, tout le monde, partout, doit faire, en effet, le ménage. En République, il n'y a pas de place pour les mouvements qui adoptent la violence, qui légitiment la violence. Parce que la démocratie repose sur le respect et la paix.
– Clairement, ils ciblent les insoumis et le RN. Et le RN doit aussi faire le ménage dans ses rangs. Vous êtes d'accord avec ça ? – Vous savez, je partage cet avis, effectivement, tant politique que religieux. Nous avons aujourd'hui des mouvements terroristes. Voilà, tout ce qui est de nature à être excessif, radicalisé, extrémiste, doit, effectivement, être régulé aujourd'hui. – Autre sujet, Madame Delattre, ce chiffre. Ce chiffre à peine incroyable, à peine croyable révélé par Public Sénat. Et par le Sénat, plus de 13 000 millionnaires ne payent aucun impôt sur le revenu. On doit cette information au Sénat, qu'il a obtenu de hautes luttes auprès du gouvernement. Comment vous expliquez ça ?
– Comment c'est possible ? – J'attends de voir les chiffres. Là, nous avons des chiffres bruts. Et je compte sur le travail. Nous savons qu'il est exemplaire de la Commission des finances du Sénat. D'ailleurs, je remercie Jean-François Husson et Claude Rennal de leur ténacité pour obtenir cette liste. Et maintenant, je crois qu'ils l'ont dit eux-mêmes. D'abord, cette liste existe. Et puis, il faut étudier. Certains ne payent pas d'impôts sur les revenus, mais vont payer des impôts sur les sociétés. D'autres, effectivement, vont, par des mécanismes légaux de défiscalisation arriver à échapper. – Donc, ce chiffre, à priori, ne vous choque pas.
– 13 000 millionnaires qui ne payent pas d'impôts sur les revenus ? – Bien sûr qu'on peut être choqués. Ça veut dire qu'il faut que l'on repense aujourd'hui la politique de l'imposition et que l'on puisse effectivement faire en sorte qu'il n'y ait pas de fraude. Mais ce dont j'ai peur, c'est que ça ne soit pas des produits de la fraude. Puisque si nous avons ce type de liste, c'est parce que Bercy a des données et des données tangibles, mais que ce soit des mécanismes. Donc, quand c'est sur du patrimoine acquis, évidemment, il faut que l'on regarde comment l'imposition peut. S'il y a des fraudes et des manipulations, nous devons trouver les mécanismes pour les éviter.
– Nathalie Delatte, l'actualité, c'est évidemment ces crues exceptionnelles qui frappent la France. Quelle est la situation chez vous en Gironde ce matin ? – Eh bien, très disparate. C'est vrai qu'aujourd'hui, nous ne sommes plus en vigilance rouge au niveau du département, mais nous avons encore des communes isolées, sinistrées, encore des foyers qui n'ont pas d'électricité ou de moyens de communication. Voilà, donc nous amorçons une des crues. Nous avons eu la tempête Nils, la tempête Pedro, et puis ces pluies diluviennes qui ont créé ces crues, ces inondations. Mais parfois, par huissellement et par remontée de nappes, aussi des dégâts considérables sur les structures.
– Alors, on va rentrer plus dans le détail avec Quentin Calmet. Quentin, l'adjectif historique, historique revient souvent. Pourquoi ? – Eh bien, déjà, on peut dire que l'ouest de la France a connu 35 jours de pluie consécutif. C'est la plus longue période de précipitation depuis le début des mesures en 1959. Et le passage de Pedro, une tempête hivernale que vous évoquez, Nathalie Delattre, s'est venu se rajouter à une situation déjà compliquée. Alors, ce matin, on peut regarder la carte à 6h. La vigilance rouge pour Cru, qui concerne encore le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, c'est le moment où je fais un peu la météo. Et puis au sud, la Charente-Maritime.
On voit donc qu'effectivement, la Gironde n'est plus concernée par le rouge, mais ça reste tendu. C'est encore des zones qui sont oranges. Et cette carte est maintenue aussi pour demain. Les images qu'on a vues hier, elles sont impressionnantes. L'eau qui a continué de monter toute la journée à Angers, dans le Maine-et-Loire. La Maine qui s'est rapprochée du niveau de Cru de janvier 2000. Pas d'amélioration attendue avant le début de la semaine prochaine, a dit le maire Christophe Béchut. En Gironde, votre département dans le Lot-et-Garonne, on redoutait hier une remontée de la Garonne dans des zones touchées désormais depuis plus d'une semaine.
À Libourne-en-Gironde, la Dordogne a ainsi tutoyé son record de 1999 avec la marée haute qui est venue en plus gonfler davantage le cours d'eau. Et il y a des conséquences, notamment en matière de transport. Voilà. En raison des inondations, rafales de vent, le trafic serre-enviens a été fortement perturbé hier sur les lignes Nantes-Angers, Bordeaux-Narbonne. Et au niveau des autoroutes,
l'A9 qui relie Orange à Perpignan a connu des difficultés, tout comme l'A61 qui relie Toulouse à Narbonne
et l'A62 entre Toulouse et Bordeaux. Des conséquences aussi sur les commerces. Exactement. Certains commerces sont fermés depuis dimanche. Comme à côté d'Angers, restaurants et boulangeries sont fermés à Bouchemaine. L'eau s'est infiltrée dans les bâtiments à Chalonne-sur-Loire. Il y a comme ça 45 cm d'eau dans les cuisines de certains restaurants, sachant que l'eau a continué à monter dans ces zones. Alors on a vu Sébastien Lecornu tweeter hier. Il a dit « Les procédures de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle sont lancées. Les communes pourront déposer leurs demandes pour permettre une évaluation précise des dégâts.
Les premiers dossiers seront examinés en commission interministérielle la semaine prochaine. On a eu la date, c'est mardi. La reconnaissance interviendra rapidement pour permettre une indemnisation au plus vite. Estive, mardi, la Caisse centrale de réassurance a estimé que la seule tempête Nils, donc la précédente, celle qui a traversé la moitié du pays mercredi jeudi dernier. Cette tempête, elle coûterait déjà environ 1 milliard d'euros. Le nombre de sinistres est estimé à 250 000. Les coûts des inondations qui ont suivi, toujours en cours dans certains départements, eh bien cela pourrait représenter 30 millions d'euros concentrés sur le sud-ouest.
Roland Lescure, qui doit recevoir les assureurs à Bercy aujourd'hui. Nathalie Delattre, quelles sont vos principales inquiétudes ? Est-ce que la question des indemnisations, dont on commence déjà à beaucoup parler, c'est une préoccupation ? Bien sûr. Il y a d'abord les mesures d'urgence. Je crois que la catastrophe naturelle, la déclaration de catastrophe naturelle et de calamité agricole, dont a parlé Annick Jouard, est attendue à minima.
Ce qu'attendent les communes aussi, c'est des avances de trésorerie, des fonds de soutien, parce qu'il y a des infrastructures, notamment les routes, qui ont été immergées longtemps, qui le sont encore, qui vont être fragilisées, des ponts, des services publics qui ont été endommagés. Ça va être très long de voir toutes les conséquences. Bien sûr. Donc il y a ces mesures d'urgence. On a bien vu. On a d'abord, et on est encore en train d'attendre, des réparations sur le réseau électrique, sur le réseau des communications. Il y a eu des communes isolées aussi par communication. Donc il y a toute cette partie d'urgence. Nous parlons de la gémapie aussi, mais il y a aussi... Voilà.
On fait énormément de curatifs. C'est-à-dire que vous dites cru historique. Moi, j'ai l'impression que c'est toujours plus haut, toujours plus fort, et que nous allons, de mois en mois, battre des années historiques. Ce n'est plus exceptionnel. Voilà. Nous allons rentrer dans ces épisodes réguliers. Et donc nous ne pouvons plus faire de curatifs. Là, il faut vraiment ne plus courir après, mais être en avance, et donc faire du préventif. Et c'est cela que j'attends plutôt de l'État, c'est d'avoir ce coup d'avance. On va aller sur le terrain, direction la Charente-Maritime, qui est très durement touchée par les inondations. On retrouve Julie Sicot, qui se trouve dans la commune de Sainte.
Bonjour Julie. Beaucoup de dégâts. Déjà, le pire est peut-être encore à venir. Vous résidez vous-même dans un quartier qui est englouti par les eaux, c'est ça ? Oui, vous voyez, je suis juste dans ma rue, là, en fait, pour vous montrer. J'ai les pieds dans l'eau. Il y a effectivement plus de 1300 maisons qui sont inondées ici, à Sainte, dans le centre-ville. Il y a plus de 2000 maisons qui sont touchées par ces inondations. L'eau a commencé à envahir les rues, voilà, une semaine. Et depuis, elle ne cesse de grimper. Les prévisions pour aujourd'hui sont autour de 6,45 m.
Cela pourrait atteindre un plateau aux alentours de 6,50 m ce week-end, avec aucune entrevue de décru d'ici là, parce qu'il y a encore beaucoup d'eau en amont à Angoulême et à Cognac notamment. Alors ici, nous sommes dans le quartier de la gare. Pour vous donner une idée, nous avons plus d'un mètre d'eau aujourd'hui dans notre sous-sol. Ce n'est évidemment pas grand-chose par rapport aux personnes qui ont aujourd'hui les pieds dans l'eau. Je vous disais, près d'un millier de maisons qui sont inondées. L'électricité est bien sûr coupée dans de nombreux secteurs. Il y a évidemment aussi des problèmes d'assainissement.
Des commerces sont évidemment touchés, puisque l'une des principales avenues de la ville, l'avenue Gambetta et le pont Palissy qui traverse la Charente, sont aussi impactés par ces eaux et sont fermés par endroits. Une image assez impressionnante, Julie. La montée des eaux a été très rapide. Comment les autorités ont réagi ? Oui, la montée des eaux a effectivement été très rapide. Ça a pris une semaine. On prenait environ 20 cm par jour. Selon nos informations, il y a plus de 200 personnes mobilisées, des bénévoles, mais aussi des agents de la mairie. Et puis, la mairie a lancé appel au renfort aux bénévoles pour venir aider à déposer des parpaings, des madriers.
Donc, c'est ces poutres de bois que vous voyez de moi. Quand cela est possible, parce qu'évidemment, arrivé à une certaine hauteur, il n'y a plus que le bateau qui est utilisable dans certaines rues. Un centre d'urgence a été ouvert par la Croix-Rouge pour accueillir les personnes qui n'ont pas de possibilité de relogement chez des proches. Voilà, des parpaings, des madriers sont distribués au fur et à mesure par la municipalité. Et puis, des questions se posent aussi sur la rentrée scolaire, puisque les vacances se terminent ici en Charente-Maritime.
Et évidemment, il y aura sûrement des élèves, des étudiants, des collégiens qui ne pourront pas aller à l'école, puisque vraiment, c'est tout le centre-ville qui est aujourd'hui touché, en tout cas, une très bonne partie du centre-ville de Sainte qui est touché par ces inondations. Merci beaucoup, Julie Sico, journaliste à la Charente-Libre. La une aujourd'hui, c'est évidemment la lassitude des sinistrés. Quentin, vous aviez une question pour la sénatrice. Oui, on l'a dit, le Premier ministre a annoncé que la procédure est lancée pour aller vers une reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. Qu'est-ce que ça change exactement ?
Non mais, bien sûr, on va avoir des mécanismes financiers. Ce qui doit changer aujourd'hui, c'est de ne plus faire du curatif, c'est de faire du préventif. Et on a des actes isolés. Donc là, maintenant, il va falloir avoir un acte majeur. Des plans, on en a dans tous les sens. On a tous été mobilisés. Donc, je pense qu'aujourd'hui, il faut passer à l'action. Quand je vous parlais de la GEMAPI aujourd'hui, le problème des digues est entier. Et nous, la visite ministérielle de Dominique Barbu a beaucoup choqué parce qu'on voit ce décalage de la transition écologique. Elle a beaucoup choqué parce qu'on voit ce décalage entre...
Elle a pointé du doigt les collectivités locales qui n'avaient pas mis tous les efforts possibles, selon elle, pour lutter contre les crues. Et je peux vous garantir que, justement, elle est allée sur une communauté de communes qui a énormément fait de travaux. Simplement, c'est mathématique. D'ailleurs, qu'on le dit, nous avons une proposition de loi qui est coincée depuis un an à l'Assemblée nationale, qui est passée à l'unanimité au Sénat, la loi Rapinroux. Nous en avons une ici au Sénat en attente. C'est mathématique. Vous ne pouvez appeler en taxe que 40 euros par habitant sur la Gemapi. 31 000 habitants à Cadillac, là où la ministre s'est déplacée, égale 2 millions par an.
Pour 5 kilomètres de digues, 5 millions d'investissements en entretien chaque année. 2 millions d'un côté, 5 millions de l'autre. Donc, ce n'est pas un problème, effectivement, d'appel de taxes. La commune et la communauté de communes ont fait ce qu'il fallait. C'est à l'État de repenser son modèle financier. On continue cette couverture exceptionnelle de ces crues. On va prendre la direction d'un autre département qui a les pieds dans l'eau. C'est le Maine-et-Loire, victime d'inondations très importantes. Bonjour Stéphane Pied-Noir. Vous êtes sénateur à l'ère du Maine-et-Loire. Quelle est la situation chez vous ce matin ?
Écoutez, nous sommes toujours en vigilance rouge et les constats du matin sont un petit peu supérieurs aux prévisions, même aux prévisions hautes d'hier après-midi lorsque nous faisions le point avec notamment les ministres que l'on voit à l'écran et le préfet. On est vraiment tout près des records de 1995. On ne cherche pas à battre les records, mais c'est vraiment une année qui avait marqué l'ensemble du département parce que la Maine, qui est un petit affluent de la Loire, avait vraiment débordé et envahi, si je puis dire, une bonne partie d'Angers sur la partie basse autour du château. Ce sont des images qui ont frappé tous les habitants du Maine-et-Loire.
Donc là, on a d'est en ouest, puisque la Loire traverse tout notre département, on a des situations extrêmement critiques avec deux villages désormais qui ont été évacués. Le préfet a donné l'ordre d'évacuer dans la journée, notamment la commune de Cheffes qui se trouve aussi à la confluence de la Sarthe. Donc voilà, une situation très préoccupante et des élus locaux qui sont sur le terrain, comme je l'entendais, pour fournir des parpaings, des poutres pour désormais sortir, longer les pâtés de maison, puisque les rues sont désormais pour la plupart impraticables.
Stéphane Pinoir, vous estimez que vous êtes assez accompagné par le gouvernement aujourd'hui ?
Écoutez, moi j'ai entendu Françoise Gattel dire hier que la déclaration de catastrophe naturelle sera prise partout où il faut, sont ses propres mots. J'étais à côté d'elle hier après-midi au Ponce. Évidemment, c'est une tâche supplémentaire qu'on va demander aux élus locaux pour faire l'inventaire des dégâts. C'est aussi un autre combat. Après la gestion de crise, des inondations, il y a aussi cette partie un peu administrative et un peu pénible à réaliser. J'entends ce matin le Premier ministre dire une accélération des calendriers parce que souvent ce sont des temps très longs et on est dans l'après-crise, on est dans l'attente de la réparation.
Je parle évidemment des particuliers, mais aussi des collectivités dont les structures, dont les bâtiments ont pu souffrir lourdement. On voit à l'image les Poncey dans le Maine-et-Loire où nous étions hier après-midi avec la mise en œuvre de moyens. On voit des boudins qui ont permis de retenir, de différer ou de retenir une bonne partie de la Loire que l'on voit à l'écran. Donc les élus locaux depuis plusieurs décennies dans le Maine-et-Loire se sont emparés de cette problématique des crues parce qu'on est un département particulièrement exposé. Il y a une sorte de culture de gestion de crise, inondation dans le Maine-et-Loire.
Néanmoins, il faudra que l'État accompagne très rapidement et à la hauteur des dégâts qui seront évalués.
Merci beaucoup, M. le Sénateur, et bon courage. On vous souhaite bon courage pour ces prochaines heures. Merci d'avoir témoigné et d'avoir répondu à mes questions. Quentin, vous avez une dernière question. Oui, Mme Delattre, vous avez dit attendre que l'État anticipe mieux ces phénomènes. Mais donc on parle maintenant de travaux qui sont potentiellement pharaoniques pour adapter les territoires à ces phénomènes qui augmentent et sont de plus en plus importants. Oui, tout à fait. Mais il faut le faire parce que nous ne pouvons pas regarder crise après crise les mêmes dégâts arrivés. Donc il faut revoir tout notre système de digues. Nous avons aussi des zones d'expansion.
C'est-à-dire que c'est vrai que beaucoup de fois on nous parle des règles d'urbanisme, etc. On voit qu'on ne peut plus construire n'importe où. Il faut que nous puissions avoir ces zones d'expansion d'eau. Réaménager les cours d'eau aussi. Il faut nettoyer les cours d'eau parce que les embâques, les obstacles font aussi déborder sur des zones qui ne devraient pas être inondées, reméandrer les cours d'eau. Nous, en Gironde, on l'a fait après les incendies dans les forêts, de pouvoir allonger les cours d'eau et faire en sorte qu'ils mettent beaucoup plus de temps s'il y a un accroissement d'eau à déborder. Donc il y a des travaux, certes, qui financièrement vont être lourds.
Mais il faut les faire. Je pense qu'il faut les faire de façon coordonnée parce qu'on les fait de façon disparate aujourd'hui. On va là, on va boucher un trou parce que là, ça y est, on a eu une alerte. Est-ce qu'il y a un cap écologique au gouvernement aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a une ligne directrice ? Parce qu'on évoque beaucoup de travaux, beaucoup de choses à faire, mais est-ce que vous voyez une vraie politique écologique coordonnée à cap ? On l'a dit, le fonds Barnier n'est pas assez doté. Il y a encore une ambition à avoir nette en la matière. Mais je pense qu'il y avait à convaincre d'abord.
Et je pense que cette étape de la conviction que nous sommes arrivés avec ce réchauffement climatique a une succession et un point de non-retour. Donc nous avons dépassé maintenant ce stade. Et donc il faut rentrer maintenant sur des capacités financières beaucoup plus importantes. Sébastien Lecornu, il n'est pas vraiment sur le terrain. Vous savez ce qu'il devient Sébastien Lecornu. Pourquoi il ne se déplace pas ? Pourquoi il n'y a pas un déplacement du Premier ministre ou d'Emmanuel Macron ? La situation n'est pas nouvelle. Ça fait un mois et demi que cette situation existe. Ça s'est un peu accéléré ces dernières heures, ces dernières semaines. Enfin, on reçoit des communiqués.
Sébastien Lecornu, je l'ai vu hier soir au binet du CRIF. Donc il est sur le terrain. Donc il va bien. C'est pas forcément quand vous êtes en crise que vous attendez une visite ministérielle parce que cela demande des moyens de mobiliser la police, les pompiers autour pour vous expliquer. Je pense que ce qu'on attend, c'est des actes, pas forcément des visites ministérielles. Je pense que... Vous avez été ministre, vous savez que la communication, c'est important. Tout à fait, mais communication il y a. J'en parlais avec la ministre Annie Gennevard. Je pense qu'elle va attendre que l'eau se retire parce que c'est là où on va aussi pouvoir mesurer les dégâts.
C'est là aussi où on attend des annonces fortes. Il nous reste très très peu de temps, Mme Delattre. Un mot peut-être de la journée parlementaire qui est connue jusqu'à cet été. Le texte fin de vie reviendra en deuxième lecture au Sénat après les élections municipales. Quel va être le rôle très concrètement du Sénat sur ce texte ? Est-ce que le Sénat va examiner avec attention ce texte ? Est-ce qu'il va être torpillé, comme ça avait été un peu le cas la dernière fois, sous l'impulsion de Brune Retailleau ? Quelle est votre position là-dessus ? Écoutez, c'est très clair. Je me bats depuis longtemps pour les soins palliatifs et ce texte fin de vie.
J'étais désolée d'ailleurs qu'il soit scindé en deux parties. Effectivement, ils sont liés. Est-ce que le Sénat peut adopter une définition ? J'appelais mes voeux que ce texte revienne. Ce qui n'était pas le cas de tous les groupes parlementaires. Je pense que ça va complètement dépendre de la lecture qui va en être faite à l'Assemblée nationale. Et j'espère que nous n'aurons pas le même comportement de certains, pas groupes, mais certaines personnes pour aller plus loin et être en face avec les attentes des Français aujourd'hui. Il y a le Salon de l'Agriculture qui débute ce week-end. Vous allez y aller ou non ? À City, lundi, mardi, mercredi. J'ai déjà beaucoup de rendez-vous.
C'est important. Vous savez que je suis viticultrice. Pour moi, c'est un rendez-vous incontournable. Et puis, c'est l'occasion de faire un point avec l'ensemble des filières et des acteurs. Merci beaucoup, Nathalie Delatte. Merci d'avoir été notre invitée ce matin. Merci, Quentin. On se retrouve dans 20 minutes. Pour la revue de presse, on évoquera notamment les élections municipales à Montpellier, Toulouse, Marseille. Il y a des sondages très intéressants. Merci beaucoup, Quentin. Tout de suite, c'est Marie-Lise Léon qui nous rejoint en plateau. Et bonjour, Marie-Lise Léon. Bonjour. Vous êtes secrétaire générale de la CFDT. Merci d'avoir accepté notre invitation.
Beaucoup de thèmes à aborder avec vous. Travail, emploi, retraite, assurance, chômage, municipal. Mais d'abord, évidemment, l'actualité, c'est cette affaire, Quentin, de deux rangs qu'on a appris hier, la mise en examen de deux assistants parlementaires du député LFI, Raphaël Arnault. Pour l'instant, la France insoumise maintient son soutien aux députés insoumis, Raphaël Arnault. Est-ce que vous comprenez cette décision ? Moi, je pense qu'il y a une enquête qui est en cours. Il va y avoir… La justice va faire son travail et qu'il faut attendre… Voilà, ces décisions, elles appartiennent aujourd'hui à la justice.
Et moi, en tant qu'organisation responsable d'une organisation syndicale, je n'ai pas de commentaire à faire sur ce qui concerne strictement un parti politique et le travail de la justice. – Est-ce qu'à la CFDT, vous auriez-vous exclu un adhérent qui aurait été impliqué de près ou de loin dans une telle affaire, dans une affaire de tabassage à mort ? – C'est extrêmement difficile d'avoir des comparaisons. Nous, on a la propre règle. On a des règles d'adhésion à la CFDT avec des valeurs. Les comportements sont également condamnés. On a une charte de violences contre les violences sexistes et sexuelles dans l'organisation.
Je me garderais bien de tout commentaire parce que je pense qu'à ce stade, on n'a pas l'intégralité des éléments et que ce sont des décisions qui appartiennent en propre à ce mouvement politique. – Il y a eu beaucoup de condamnations de la part de tout le spectre politique contre les insoumis. – Il y a beaucoup d'expressions dans tous les sens, beaucoup de condamnations d'une part, d'invectives, d'une forme de radicalité. – Il y a un acharnement contre les insoumis, c'est ce que vous dites ? – Non, non, pas du tout. Je dis qu'il y a une ultra-polarisation aujourd'hui. Et nous sommes toutes et tous assignés à devoir choisir des camps, à devoir avoir des positions.
On est pour, on est contre, quel que soit le sujet. Et je pense qu'aujourd'hui, dans notre démocratie, on a besoin d'apaisement, on a besoin de dialogue. Et on a surtout besoin aussi de respecter notre état de droit et qu'aujourd'hui, il y a une enquête policière. Et il va y avoir un jugement. Voilà, je pense qu'il faut mettre de l'apaisement dans ce débat parce qu'aujourd'hui, en tant que responsable syndical, moi, ce que me disent les salariés, les citoyens, les citoyennes que je rencontre, c'est que, un, leur sujet passe à la trappe, qu'il y a une forme de brouhaha politique avec des invectives et des...
– Mais donc, vous dites quand même qu'il y a un acharnement contre la France en Suisse dans cette histoire. – Non, parce que pour le coup, pas du tout. Je dis que, de façon globale, depuis quelques années, cette ultra-polarisation où on nous donne des injonctions à devoir choisir un camp ou un autre, ça n'est pas l'aspiration des citoyens et des citoyennes. Ils veulent que les responsables politiques se parlent, construisent des compromis, des équilibres, et surtout qu'on parle de leur situation. Aujourd'hui, le premier sujet qui importe aux travailleurs et aux travailleuses, c'est le pouvoir d'achat. – Mais oui, mais c'est ça dont il faut pouvoir parler.
– Mais dernière petite question là-dessus, Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu, appelle à faire le ménage dans les rangs. Alors, pour Emmanuel Macron, c'est faire le ménage. À l'extrême gauche, à l'extrême droite. Est-ce que vous partagez… – Mais ça, c'est valable dans toute formation politique, qu'on soit à gauche, à droite, au centre, aux extrêmes. – Il faut faire le ménage. – Chaque responsable politique est responsable de son organisation et doit s'assurer que les règles, les valeurs qui sont portées par ces formations soient respectées. Ça, c'est le boulot de tous les patrons de formation politique. – Et c'est très clair. – Et syndicales, voilà. – Et c'est très clair.
On va parler de ce chiffre dingue, Marie-Élise Léon. Plus de 13 000 millionnaires ne paient aucun impôt sur le revenu, le chiffre vient d'un document obtenu par le Sénat auprès du gouvernement. Comment vous l'expliquez ? – Je ne l'explique pas. Je pense que ça met en lumière un certain nombre d'efforts non partagés par une partie des contribuables. – C'est une anomalie, une bizarrerie, un scandale ? Comment vous qualifiez ces éléments ?
– C'est une anomalie qui peut être vécue par des citoyens comme un scandale parce qu'on a eu des débats budgétaires, ça fait deux années de suite, extrêmement tendus, où nous avons, nous porté CFDT, l'idée qu'il faut un partage juste des efforts au regard de la situation budgétaire et avoir aujourd'hui des chiffres qui nous indiquent qu'il y a une partie de la population qui n'a pas participé à cet effort. Je comprends que ça scandalise un certain nombre de citoyens. – Vous avez des propositions pour remédier à ça ? – Nous on a fait un certain nombre de propositions dans le cadre de l'élaboration du projet de loi de finances. Nous étions favorables à la taxation des hauts patrimoines.
Nous sommes, nous, pour une réforme fiscale de fond avec plus de progressivité. On est favorables, on l'a porté régulièrement. Beaucoup de responsables politiques nous ont dit c'est extrêmement intéressant mais on ne va pas le mettre en place. C'est la réforme de l'impôt sur les successions. Nous on propose un pourcentage 1% dès le premier euro avec une grande progressivité pour faire en sorte que ce soit… – Voilà la fiscalité quoi, on remet tout à bas. – Je pense que depuis de nombreuses années on met des rustines un peu partout. Plus personne n'y comprend rien.
La seule chose dont moi je suis sûre c'est qu'il y a un recul du consentement à l'impôt et que ça n'est pas bon pour notre démocratie. – Marie-Lise Réon, il faut qu'on parle de l'assurance chômage. Hier, les discussions entre syndicats et patronat ont repris autour de l'assurance chômage. Deuxième round de négociations. Je rappelle que le gouvernement vous donne jusqu'à la semaine prochaine pour trouver au moins 400 millions d'euros d'économie. Sur quoi a débouché la réunion hier ? – Sur le fait que tout le monde a fait part de ces propositions, vous savez c'est un peu un diesel, une négociation. En général ça commence lentement et ça s'accélère dans les dernières séances.
Il y a encore une réunion de discussion la semaine prochaine. Pour la CFDT, on est clair, la réforme qui nous est demandée, la négociation qui nous est demandée, elle est là pour répondre à des problèmes. Elle n'est pas là pour aller sur un maximum d'économies comme certains responsables politiques. – Vous parlez du patronat et du MEDEF. – Certaines organisations patronales, on a eu une lettre de cadrage qui a été retirée où on nous demandait initialement 4 milliards d'euros d'économie par an. La CFDT elle a dit que ce n'est même pas la peine d'y réfléchir et de nous imposer d'ouvrir une négociation dans ces termes.
On nous a dit ensuite il y a un problème d'abus sur, ou en tout cas une distorsion du système des ruptures conventionnelles. Ok, on a dit nous, on est prêt à regarder. Il peut y avoir un certain nombre d'économies faites pour changer les comportements et faire en sorte que le dispositif soit mieux utilisé. On est d'accord. – Alors quelle est votre proposition aujourd'hui justement ? – Le message de la CFDT depuis ce qui a été rappelé hier, c'est qu'on n'ira pas sur une négociation qui demande un milliard d'euros d'économie. – Ça c'est la position du patronat. – Comme le demandent les organisations patronales. Parce qu'en fait, elles veulent faire un max d'économies.
Nous on veut résoudre les problèmes, notamment liés à la rupture conventionnelle. Et il y a un autre sujet dont on parle moins, mais qui est au moins aussi important, c'est qu'il faut qu'on puisse travailler sur la lutte contre les contrats courts. Il y a beaucoup de personnes qui sont à l'assurance chômage et qui enchaînent des contrats courts de l'assurance chômage, ils repartent dans des contrats courts, c'est des situations extrêmement précaires. Ça coûte aussi à l'assurance chômage, donc on fait des propositions. Un exemple, la CFDT dit il faut pouvoir taxer les contrats de travail en fonction de leur durée.
Plus le contrat est court, plus ça doit coûter à l'employeur pour l'encourager à faire des contrats courts courts. – Ce que je comprends, Marie-Louise Léand, c'est que ces discussions avec le patronat sont très tendues. – Oui, c'est tendu parce que le climat est tendu, parce que les chiffres du chômage repartent à la hausse, parce qu'il y a des difficultés en termes d'emploi et qu'il y a des entreprises en grande difficulté, mais aussi des salariés qui vivent mal la situation. – Et une position peut-être maximaliste du patronat, vous diriez ça aujourd'hui, qui vise peut-être aussi à faire capoter certaines négociations ? – Je pense qu'on a, c'est clair, des visions différentes.
On ne fait pas forcément le même constat, on n'a pas forcément le même diagnostic. Après, vous savez, c'est tout l'art des négociations et du dialogue social, c'est de réussir quand même à trouver des points de convergence. Il nous reste encore quelques jours, la semaine prochaine. J'espère que nous aurons un accord, parce que si nous n'avons pas d'accord, l'État reprend la main. Et là, moi, je renvoie la question aux organisations patronales. Ils nous disent, nous sommes très attachés au dialogue et au paritarisme, mais si l'État reprend la main, ça nous met quand même en difficulté. – Vous êtes prêts à prendre le risque, le risque que le gouvernement reprenne la main.
– Je ne souhaite pas qu'il reprenne la main, parce que je pense que dans la période où on appelle la CFDT à la responsabilité des uns et des autres, il faut qu'on puisse aussi, par moment, en faire la démonstration. Et ça, ça concerne l'ensemble des organisations syndicales, l'ensemble des organisations patronales. – Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, prépare un texte sur la fraude sociale. Il se dit favorable à la suspension du versement des allocations chômage en cas de suspicion sérieuse de fraude. Vous vous y opposez ? – Oui, parce que, d'une part, ce n'est pas dans le champ du ministre du Travail.
Ça concerne directement les organisations syndicales et patronales, puisque nous sommes les gestionnaires de l'UNEDIC, le régime d'assurance chômage. Et moi, je suis persuadée que le problème aujourd'hui n'est pas la fraude sociale. – Ce n'est pas du tout un problème aujourd'hui ? – France Travail fait des contrôles réguliers sur la recherche réelle d'emploi par les allocataires. Il y a, je crois, entre 2 et 3 % de fraude. C'est extrêmement minime. – Mais c'est quelque chose quand même. – C'est quelque chose, mais France Travail ne reste pas les bras croisés. Évidemment qu'il y a des sanctions qui sont appliquées.
Mais je ne veux pas que, dans le climat actuel, où, je vous dis, il y a besoin de dialogue et d'apaisement, on considère que tous ceux qui bénéficient de minima sociaux ou de l'assurance chômage soient suspects. Je pense qu'aujourd'hui, on a besoin d'assumer collectivement cette solidarité et de considérer que ceux qui ont besoin de ce coup de main ponctuel ne sont pas tous à profiter d'un système. Je pense que c'est extrêmement délétère. Alors, vous parlez du climat actuel, un mot peut-être sur la qualité du dialogue social. Un ministre me disait récemment que le patronat, c'est un peu choisi son adversaire. En gros, c'est choisi la CGT.
Pour vous, contournez-vous, syndicats plutôt réformistes. Est-ce que c'est aussi votre sentiment ? Vous avez l'impression que… – Non, non, non, mais vous savez, les dialogues sociaux, les histoires entre les organisations syndicales et patronales, c'est des histoires, il y a des hauts, il y a des bas. Il y a des moments où on a joué pleinement notre rôle, notamment dans le conclave sur les retraites. Nous sommes dans la conférence Travail-emploi-retraite.
– On va en parler.
– Si à un moment, des organisations ne souhaitent pas être dans le dialogue ou dans des lieux où il y a un dialogue, c'est tout à fait leur droit. – On va parler des chiffres de l'emploi. Vous l'évoquiez, l'INSEE qui a révélé la semaine dernière les chiffres du nombre de chômeurs au dernier trimestre 2025. Le taux de chômage a atteint 7,9% de la population active, presque 8%. C'était 7,3% un an plus tôt. Clairement, la dynamique n'est pas bonne aujourd'hui ? – La dynamique n'est pas bonne, on en est extrêmement inquiets.
Ça fait plusieurs mois qu'on alerte sur la question de l'emploi, où on voit qu'il y a des destructions massives dans l'industrie, dans l'automobile en particulier et chez les sous-traitants. C'est aussi vrai, on en parle moins dans le secteur du commerce, des services, la grande distribution. Et donc, il y a un vrai signal d'alerte. Et c'est aussi un des arguments pour dire que ce n'est pas le moment de durcir encore plus les droits pour les demandeurs d'emploi. Et les chiffres sont inquiétants. Et mon organisation est aussi particulièrement inquiète du chiffre du chômage. Pour les jeunes, on est à plus de 20%.
Et je pense qu'aujourd'hui, pour toutes ces jeunesses, parce qu'il y a une grande diversité de situations, il faut que notre société leur offre des vraies perspectives et leur permette de se projeter beaucoup plus vers l'avenir. Les chiffres des déférences d'entreprises aussi sont très inquiétants. 70 000 entreprises sont entrées en procédure judiciaire en 2025. Chiffre historiquement élevé. Vous avez quoi comme visibilité à la CFDT pour 2026 ? C'est assez parcellaire. Je dirais qu'on a un peu une vision en pointillisme. Nous, ce qui nous alerte beaucoup, c'est qu'on voit qu'il y a beaucoup de destructions d'emplois hors procédure collective.
C'est-à-dire qu'on appelle ça les disparitions d'emplois sous les radars à bas bruit, ce qui est dans des petites structures de 2-3 personnes. Et donc, ça vient aussi, ça détruit le lien social localement dans beaucoup de bassins d'emploi et de territoires. Et donc, ça fait partie aussi des signaux d'alerte. Et puis, il y a un pan qui est moins regardé, mais qui nous inquiète également, c'est les suppressions d'emplois chez les contractuels. Beaucoup d'employeurs publics y ont recours. Là aussi, on voit que c'est un pan d'activité qui est extrêmement touché. Emmanuel Macron promettait le plein emploi pour 2027. Clairement, on n'y arrivera pas. C'est un échec ?
Je pense que c'est compliqué pour tous les responsables politiques qui font ce type de pari. En général, ça ne leur a pas porté chance. Donc, je pense qu'aujourd'hui, la question n'est pas de... C'est important d'avoir un cap et de se donner des objectifs. Mais je pense qu'on a eu un maintien en termes d'emplois pendant quelques années. Nous, ce qu'on a constaté, c'est qu'il y a beaucoup d'emplois précaires. C'est beaucoup d'emplois précaires qui se sont développés. J'évoquais la lutte contre les contrats à court est importante. C'est qu'on a eu de l'emploi, mais pas un emploi de qualité et beaucoup de précarité pour les travailleurs et les travailleuses.
Maryse Léon, le gouvernement a présenté un projet de loi pour créer une allocation sociale unique. L'idée est de faciliter l'accès aux droits en additionnant notamment RSA, prime d'activité et de logement. Est-ce que c'est une bonne initiative de la part du gouvernement ? Moi, je salue le dispositif si l'objectif, c'est bien le fait de lutter contre le non-recours. Lutter contre la pauvreté inciter au retour au travail, c'est le mot d'ordre du gouvernement. Alors ça, c'est les deux objectifs. On peut les partager. Moi, l'objectif numéro un, c'est la lutte contre la pauvreté.
Aujourd'hui, ça a été aussi un des engagements du président de la République de lutter contre les inégalités et la pauvreté. Et on constate que les inégalités se sont creusées. Nous, on constate aussi qu'il y a de plus en plus de travailleurs pauvres. C'est peut-être des gens qui bossent, mais qui ne peuvent pas se loger et qui dorment dans leur voiture. Donc vous dites oui à la location sociale unique. Oui, si, l'objectif est bien de lutter contre le non-recours. Vous savez qu'il y a une grande majorité de celles et ceux qui pourraient bénéficier de cette allocation RSA qui ne le demandent pas par complexité. Certains le font par difficulté à accepter d'avoir cette aide.
Et c'est l'idée avancée par le gouvernement. Il faut que les Français qui ont le droit puissent toucher cette allocation. C'est pour ça que le deuxième objectif, il est important, et de savoir quel est le plus prépondérant. Si l'idée, c'est de considérer que le travail doit payer, donc il faut baisser les allocations, parce que l'idée n'est pas d'augmenter les salaires, là, on n'est pas d'accord. Donc on verra comment ça se traduit. Il faudra juger sur pièce, c'est évident. Vous parliez tout à l'heure de cette conférence Travail-Emploi-Retraite. Elle a été lancée par Sébastien Lecornu. Elle est députée fin janvier, mais elle se tient sans le MEDEF. À quoi ça sert ? C'est son choix.
Ça sert à faire en sorte de pouvoir se parler quand même entre organisations syndicales et patronales. Il y a deux organisations patronales qui sont présentes, qui ont des propositions. Nous, on en a aussi. Les autres organisations syndicales aussi. Et moi, je pense que ce qui est important, quand on dit qu'on est dans un climat d'ultra-polarisation, donner à voir des organisations qui se parlent et qui sont capables de se mettre d'accord sur un certain nombre de travails. C'est pas le partout. C'est un certain, mais pas tout. Oui, celles qui ont bien envie. Celles qui ne le souhaitent pas, elles ne le font pas.
Ce n'est pas pour autant qu'il faut discréditer le travail qui est fait par les autres. Il y aura une nouvelle réforme des retraites ? Alors, pas d'ici. Je pense qu'on en a tous une autre dose. Moi, je veux qu'on parle des jeunes. Ça, c'est un enjeu extrêmement fort. La question de la lutte contre le chômage des plus jeunes. Les retraites, c'est un sujet qui sera débattu au moment de la présidentielle. Et c'est tout l'intérêt de cette conférence Travail-emploi-retraite. C'est de se dire, un, on met les affaires dans le bon ordre. On va d'abord parler de travail et d'emploi. On va parler de travail et d'emploi dans le secteur privé, mais aussi dans le secteur public.
Et comment les employeurs publics prennent leurs responsabilités pour développer, prendre en compte la qualité du travail, les conditions de travail, la lutte contre les accidents de travail. Vous savez qu'on est un des plus mauvais élèves européens en termes d'accidents mortels. Ensuite, on regarde la question de la qualité de l'emploi, comment on permet à chacun et chacune de se former tout au long de la vie, d'avoir des vrais déroulements de carrière. Et puis après avoir retraité tout ça, on parlera des retraites. Et retraite, vous vous défendez le système par points ? Nous, on est sur un système à la carte. Le système à la carte. Tellement compliqué qu'on s'y retrouve.
Non, le système par points, je dirais que vous ouvrez le capot et si on regarde de façon un peu plus globale le système que l'on veut, à la CFDT, le système à la carte, c'est le système qui permet à chacun et chacune de décider du moment auquel il part, dans quelles conditions, retraite progressive, pas progressive, et avec quelles pensions ? Donc ça, c'est un des enjeux. Et ça, c'est ce que vous allez mettre vraiment sur le devant de la scène pour l'élection présidentielle. C'est ce qu'on mettra dans la conférence travail-emploi-retraite. Je pense qu'on sera loin d'être tous d'accord.
Donc ça sera intéressant d'avoir cette diversité de points de vue et d'alimenter intelligemment le débat public et sortir des débats que je considère comme stériles, des 65, 68, 70 ans. Je pense que ça, c'est des débats totalement dépassés. Alors, ça, ce sera pour la présidentielle. La prochaine échéance électorale, c'est les élections municipales. Vous êtes membre du pacte du Pouvoir de Vivre. C'est une plateforme lancée pour défendre le pouvoir d'achat des Français. Vous venez de publier, je crois, le Pouvoir des villes. Pouvoir de villes, exactement. Si vous aviez une proposition à mettre dans le débat aujourd'hui pour les candidats, dans le débat public, pour ces élections municipales ?
C'est difficile de choisir parce que c'est un panel de propositions, sur tout ce qui est à la main des municipalités pour changer et améliorer la vie des citoyens et des citoyennes. Nous, on fait une proposition, c'est une parmi 15 thématiques. Il y a une problématique de logement. Il y a beaucoup de personnes qu'on pourrait stigmatiser en considérant qu'elles ne veulent pas bosser, sauf qu'elles n'arrivent pas à se loger à proximité des emplois proposés. Nous, on propose d'avoir une réforme massive de transformation de locaux professionnels, de bureaux en logement.
Ça fait partie des choses que l'on propose parce qu'on voit qu'avec le développement, notamment du télétravail, il y a de plus en plus de bureaux vacants. Ça, ça fait partie des propositions sur lesquelles on challenge les futurs maires pour savoir si c'est des choses sur lesquelles ils peuvent s'engager. – Dernière petite question, vous avez participé fin janvier à un grand meeting de Gabriel Attal. Est-ce que vous participeriez à un rassemblement avec le Rassemblement National ? Un meeting du Rassemblement National ? – Non, mais alors, moi j'ai été invitée par Renaissance pour participer à un débat d'idées.
Je pense qu'en tant qu'organisation syndicale, on a besoin de dialoguer avec l'ensemble des forces politiques, sauf le Rassemblement National, vous savez très bien que mon organisation est en contradiction totale, ou en tout cas le projet que l'on porte, nous, syndicalement, est radicalement contre ce que porte cette formation d'extrême droite. – Et un meeting du… – Et donc ça fait partie des sujets qu'on a déjà évoqués. Et pour le coup, vous savez, l'extrême droite, tout ce qu'elle porte à longueur de temps, avec, au cœur de son projet, la question de la préférence nationale, c'est antinomique avec le monde du travail que l'on veut.
La préférence nationale, c'est de la stigmatisation, de la division du monde du travail et un tri des travailleurs et des travailleuses que nous ne voulons pas. – C'est non pour un meeting avec le Rassemblement National et ce serait oui pour un meeting avec la France Insoumise. – À ce stade, on a eu des discussions avec la France Insoumise. Moi, ça fait très longtemps que je n'ai pas eu de responsable. La dernière en date, c'est Oeryl Trouvé quand elle était responsable. – Mais vous diriez oui, si on vous invite, vous iriez. – On peut regarder dans quelles conditions, vous savez, tout dépend aussi dans quel cadre c'est posé.
L'un des enjeux pour mon organisation syndicale, c'est le débat d'idées. Ce n'est pas l'instrumentalisation. Il y a beaucoup d'organisations politiques qui n'ont pas vraiment compris non plus ce qu'était une organisation syndicale et à quoi on pouvait servir dans le débat public. Donc, ça fait partie des choses qui peuvent être gardées, mais ce n'est pas n'importe quel point. – Merci beaucoup, Marie-Élise Léon. Merci d'avoir répondu à mes questions. – Merci à vous. – Merci de nous avoir donné des informations. On suivra bien évidemment les conclusions de cette fameuse négociation assurance-chômage. – Allez, on va voir ce qu'il fait la une dans nos régions tout de suite.
– Aujourd'hui, direction Chambrelle-et-Tours, une commune située en Indre-et-Loire, passage un peu obligé sur la route des vacances pour l'Espagne. Et sur le bord de la mythique Nationale 10, un restaurant est en train de renaître de ses cendres. Séquence un peu nostalgie avec ce reportage de Faustine Luneau pour Val-de-Loire-Télé. – Installé depuis 2008, Vincent Rémeau est à la tête d'une exploitation de 35 vaches laitières. Mais depuis quelques mois, l'incertitude gagne ce chef d'entreprise.
– Le coût baisse depuis l'automne. On ne sait pas jusqu'où ça va baisser. On commence l'année 2026 avec des prix quand même à la baisse.
– Depuis novembre dernier, le tarif du lait est en chute libre. Son prix est passé de 475 euros pour 1000 litres à environ 420 euros en janvier dernier. Une baisse drastique liée à une surproduction au niveau mondial. De quoi préoccuper cet éleveur déjà confronté à de multiples crises.
– On a eu la crise du lait en 2009, 2016, là en 2026. Donc on ne sait pas trop sur quel pied danser. Donc c'est vrai que niveau investissement, on est tous au ralenti. Parce que de suite, les investissements sur une exploitation peuvent être vraiment élevés. L'achat d'un tracteur, de matériel, de bâtiment.
– Réunis en Assemblée Générale ce matin, ces éleveurs ont tenu à alerter Lactalis, géant de l'industrie du lait, sur l'avenir de la filière.
– On est mis au pied du mur. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de production. Mais on ne tient pas compte de nos coûts de production. On ne tient compte de rien. C'est comme ça, à prendre au ralenti.
– Comme Lactalis, un grand nombre d'entreprises de l'industrie du lait ont annoncé une baisse des prix pour l'année à venir. De son côté, le groupe Bell, qui détient les marques Boursin et Babybel, prévoit une hausse de ses tarifs. – L'actualité dans nos régions, c'est aussi avec nos partenaires de la PQR. On retrouve aujourd'hui Catherine Jutier, responsable adjointe La Montagne du Puy-de-Dôme. Bonjour Catherine, vous allez nous parler d'une tendance qui prend de l'ampleur chez vous, celle des foot courtes, c'est ça ? – Oui, les foot courtes, tout à fait.
Les foot courtes, vous savez, ce sont ces grands espaces qui réunissent en un seul et même lieu plusieurs restaurateurs qui proposent des cuisines différentes. Ils ont vraiment le vent en poupe. Le premier a ouvert il y a trois ans en périphérie de Clermont, c'est un vrai succès. Il accueille une quinzaine de restaurateurs et des centaines de clients chaque semaine. Un deuxième a vu le jour il y a deux ans de taille plus modeste. Et là, le dernier en date, porté par Michelin, vient d'ouvrir au sein d'un centre de coworking, le plus grand centre en France. Sept restaurateurs y sont réunis et ils peuvent accueillir jusqu'à 500 personnes.
C'est une offre qui décolle alors que le contexte de la restauration n'est pas très favorable depuis plus d'un an. – Et cette tendance, elle apparaît alors que le secteur traditionnel de la restauration est en crise. Quel impact ça va avoir sur ce modèle ? – Alors, c'est un impact parce que c'est une nouvelle façon de travailler et ça comporte beaucoup d'atouts. Parce que ces foot courtes, ils se situent souvent en périphérie. C'est des grandes surfaces, plus de 1 000, 2 000 mètres carrés. Ils disposent de parkings gratuits. On peut y accéder en transport en commun. Ce n'est pas les facilités de stationnement qu'on a en centre-ville.
Autre atout pour les consommateurs, l'offre, elle est plurielle avec des cuisines qui sont différentes, qui répondent aux attentes de tous. C'est facile, chacun a des goûts, des attentes différentes. On choisit le corner qui nous plaît. On s'installe ensemble. C'est une resto qui est rapide mais souvent soignée. Ils sont accessibles au plus grand nombre aussi en termes d'argent. C'est beaucoup moins coûteux. Les tickets moyens sont bien moindres que ceux de la restauration classique qui propose des menus en ville notamment. Pour les professionnels de la restauration, ça comporte pas mal d'atouts parce que c'est moins lourd qu'un fonds de commerce en dur.
En termes d'équipement, c'est aussi plus léger. La fréquentation, elle est là parce qu'elle est boostée par l'effet groupe. Il y a une com qui est commune et qui passe aussi beaucoup par les réseaux sociaux. En termes d'emploi, c'est des petites structures et quand on sait combien il est difficile tout de suite pour les restaurateurs de recruter et de garder leur personnel, c'est un atout qui n'est pas négligeable. Et on voit que les restaurants de centre-ville, tous les atouts des food court, c'est un petit peu ce qui est difficile pour eux en ce moment. L'accessibilité, le prix des structures
et puis ce côté volatil un petit peu de la clientèle. Ils sont aussi frappés de plein fouet
depuis le développement du travail et le Covid. Ces services du déjeuner qui affichaient souvent complet, il y en a beaucoup moins. Donc c'est compliqué. Ils doivent aussi adapter un petit peu tout ça. Et puis dans ce contexte aussi, ce qu'il faut dire, c'est que les consommateurs utilisent leurs tickets restaurants qu'ils pouvaient utiliser en ville pour les menus du déjeuner, beaucoup pour leurs courses d'alimentation. Le contexte, c'est difficile. Bref, les food court répondent un petit peu à tout ça. Donc ce modèle de restauration, difficile peut-être à transposer en centre-ville de par l'absence souvent de très grosses structures foncières pour les installer.
En périphérie, il y a le côté parking facile et il y a ce côté. Et ce sont aussi des lieux, des lieux festifs, des lieux de vie parce qu'on y vient pour y manger, on vient boire un verre, mais on vient aussi faire la fête. Il y a des soirées, il y a des animations karaoké. Donc c'est un modèle qui semble avoir beaucoup d'atouts et tout le monde semble s'y retrouver. – Merci beaucoup Catherine, vous nous avez donné faim. Catherine Jutier, responsable adjointe La Montagne, merci d'avoir été avec nous ce matin. On va rester en région avec vous. Quentin, vous avez épluché la presse régionale et aujourd'hui, on parle, on parle évidemment beaucoup des crues, des inondations.
– Voilà, c'est à lire ce matin, par exemple, dans le Courrier de l'Ouest, le journal d'Angers, bien sûr, avec ses villages et quartiers à évacuer, vous voyez à droite,
cette eau dans les rues d'Angers,
les passants qui doivent marcher sur les planches en bois. Le Berry républicain nous raconte que le chair est également sous les eaux. On voit que la société de tir de Bourges a été touchée, l'eau s'est infiltrée dans le bâtiment. Dans les pages intérieures, on lit que le pic de cru est derrière nous, mais que tout le monde reste vigilant. À Bourges comme à Vierzon, où le plan de sauvegarde communal a été déclenché, on voit des photos impressionnantes publiées ce matin dans le journal. – Les premières mises en examen à Lyon, c'est le progrès qui titre là-dessus.
– Oui, le journal qui explique effectivement qu'une semaine après l'attaque ayant conduit à la mort de l'étudiant de 23 ans, Quentin, la garde à vue s'est achevée pour les 11 personnes interpellées cette semaine. Sept d'entre elles ont été mises en examen, dont Jacques-Élie Favreau, l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, pour complicité de meurtre. Il a été placé en détention provisoire. Dans les pages intérieures, on lit qu'aucun des suspects n'a reconnu l'homicide. – L'Union évoque ce matin les suites en France du drame de Cran-Montana. – Oui, c'était au nouvel an. Barre de nuit fermée, je fais mon mea culpa.
C'est-à-dire effectivement dans l'Union à Reims, deux établissements ont été fermés en urgence pour plusieurs non-conformités. Le gérant qui donc s'exprime ce matin dans le journal et assure vouloir tout remettre d'aplomb. – Dans la presse ce matin, on parle aussi des élections municipales. Il y avait débat dans plusieurs grandes villes de France hier. – Oui, par exemple à Lille, vous l'avez suivi sur notre antenne hier, le Midi Libre qui lui a organisé un débat à Montpellier, à gauche, vous voyez. La Provence et BFM avaient organisé un débat à Marseille.
À Montpellier, on retient que le maire Michael Delafaux était sous le feu de ses challengers avec même un des candidats, Rémi Gaillard, qui a assumé de dire « Je ne suis pas venu pour débattre mais pour poser des questions au maire. » Quant à Marseille, on a vu un débat électrique. Avec une question sur les valeurs des candidats et des propos de la candidate LR qui font réagir depuis hier, Martine Vassal a expliqué que ces valeurs, je cite, c'est le mérite, le travail, la famille et la patrie. C'est aussi l'humanité, la solidarité a-t-elle ajouté ? Mais le candidat RN, Franck Alizio, a souri. « Je ne reprendrai pas la devise pétainiste. » Martine Vassal qui a tenté alors de se rattraper.
Trop tard, le mal est fait, conclut l'article de la Provence. Un sondage à Toulouse, c'est dans la dépêche. Sondage exclusif, Steve. Le maire sortant, Jean-Luc Moudinck, arriverait en tête du premier tour de l'élection municipale à Toulouse. Toutefois, une alliance de second tour pourrait permettre à la gauche de remporter le Capitole le mois prochain. vont jouer les réseaux sociaux dans cette campagne ? C'est une question qui fait la une. Exactement. Les dernières nouvelles d'Alsace qui titrent ce matin sur le poids des réseaux sociaux dans la campagne. Facebook, Instagram, X ou encore TikTok, on ne les présente plus, sont devenus des outils de campagne incontournables pour les candidats.
On lit dans l'article que depuis un mois, la campagne pour les municipales a généré plus de 2,8 millions de messages sur les réseaux sociaux. Ça représente, Steve, 15% de plus que lors des municipales de 2020. On termine avec le courrier Picard. Voilà quand la politique est une histoire de famille. Récit de ces villes où la campagne municipale se joue entre une tante LR et son neveu LFI. Un père de gauche face à un fils de droite dur. Les liens du sens sont mis à l'épreuve de la politique, raconte ce matin le courrier Picard. Et merci beaucoup Quentin Camet pour toutes ces précisions. J'allais dire, on se retrouve tout à l'heure maintenant. Excellent week-end à vous. Merci.
L'actualité aujourd'hui, c'est la suite de l'enquête autour de la mort de Quentin Deranck. Six hommes soupçonnés d'avoir frappé à mort le militant identitaire nationaliste ont été mis en examen parmi eux. Deux assistants parlementaires du député LFI, Raphaël Arnaud. On voit les détails avec Céline Schmitt et on en reparle juste après dans le débat. Ils sont âgés de 20 à 26 ans. Sept suspects ont été mis en examen dans l'affaire sur la mort du jeune militant nationaliste identitaire Quentin Deranck. Le parquet a requis leur placement en détention provisoire. Hier, le procureur de la République de Lyon a détaillé leur profil.
Ils sont pour l'essentiel des étudiants, des employés dans le privé, un et sans emploi et un, comme vous le savez, assistant parlementaire. Certains appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie ou être proche de la mouvance d'ultra-gauche.
Au regard du nombre de coups portés directement sur le crâne de Quentin Deranck, les auditions des témoins et les interrogatoires des mises en cause, le parquet a retenu pour six d'entre eux le chef d'accusation d'homicide volontaire. Le septième, Jacques-Élie Favreau est mis en examen pour complicité. Le nom de l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, le député insoumis, cofondateur du groupe antifachiste, la jeune garde, circulait depuis plusieurs jours.
M. Favreau n'a pas donné de coup direct susceptible d'avoir causé le décès de M. Deranck. Il a confirmé rapidement les explications qu'il avait pu donner en indiquant notamment qu'il ne s'agissait absolument pas d'un gâtapant mais bien d'un affrontement. Je crois que c'est les termes qu'il faut retenir.
Parmi les suspects mis en examen pour homicide volontaire et également écroué, figure un autre proche de Raphaël Arnaud, Adriane B, 25 ans. Il travaillait dans l'équipe du député jusqu'à quelques jours avant les faits. En déplacement à New Delhi, Emmanuel Macron a exhorté tous les partis à faire le ménage.
À chaque fois qu'il y a des gens qui vous expliquent qu'ils ont mis en place des milices pour faire de l'autoprotection, qu'il y a telle ou telle chose parce qu'il y aurait de l'autre côté un discours de violence et qu'il la légitime, ils ne commettent pas simplement une faute politique, ils commettent une faute morale et ils créent les conditions de ce qui arrive. Donc tout le monde, partout, doit faire en effet le ménage.
Tous les mises en cause contestent leur intention de tuer. La violence en politique, pas une nouveauté mais quelque chose est-il en train de basculer dans notre société ? Pour en débattre, pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir sur ce plateau Bruno Fulini. Bonjour. Vous êtes historien, vous êtes à l'initiative d'un dossier qu'on peut lire dans le mensuel Historia du mois de mars. Maire, fer de lance de la République, je précise que Public Sénat est partenaire de ce dossier et qu'on en est très fiers. On parlera bien évidemment des municipales dans quelques instants. Bonjour Arnaud. Arnaud Benetti, politologue, directeur de la nouvelle revue politique.
On va parler quand même des suites de cette enquête des dernières informations. On voit quand même qu'il y a une certaine prudence Arnaud du côté du procureur et un emballement chez certains politiques. Est-ce que chacun finalement est dans son rôle ?
Oui, je pense que tout le monde est dans son rôle, le procureur et la classe politique. Il est clair que ça peut constituer, il faut être toujours très prudent, un moment de bascule parce que l'important c'est de savoir quel est l'impact politique que ce drame va avoir. d'abord sur les élections municipales qui se dérouleront dans maintenant trois semaines et ensuite sur les éventuelles recompositions politiques. On voit qu'il y a un débat qui s'est installé à gauche, qui existait déjà avant cette affaire malheureusement, mais qui s'installe.
On voit qu'il y a malgré tout aujourd'hui des positions qui divergent, au sein même du Parti socialiste, entre par exemple François Hollande qui dit plus question d'avoir des alliances avec LFI et M. Gage qui d'ailleurs très étonnamment a répondu que si dans un second tour il devait choisir entre un candidat LFI et un candidat du Rassemblement national, il choisirait un candidat de LFI ce qui ne manque pas de brouiller si vous voulez le message du Parti socialiste. Donc on est véritablement j'allais dire dans un moment d'extrême tension, on le voit et on va le voir récemment peut-être demain sur le terrain à Lyon mais aussi un moment de grande interrogation politique qui se pose.
On va parler de Lyon effectivement mais on a intitulé la première partie de ce débat y a-t-il une recrudescence de la violence politique ? Quel regard vous portez sur tout ça vous l'historien Bruno ? Est-ce que on a connu des violences par le passé que ce soit à l'extrême droite ou à l'extrême gauche mais là est-ce qu'on est dans un moment de bascule ?
En tout cas la violence n'est pas évidemment nouvelle et y compris dans les milieux étudiants si on voulait remonter je pense à partir de 1908 par exemple les royalistes créent les camelots du roi qui sont des jeunes militants nationalistes qui vont en découdre avec je dirais leurs homologues de gauche dans le contexte de l'affaire Dreyfus par exemple il y a eu des violences très fortes il y a eu un professeur en Sorbonne qui avait un peu ironisé sur Jeanne d'Arc qui a été fessé publiquement par ses militants il y a eu des bagarres assez quand même assez rude en 1902 il y a même un candidat aux législatives figurez-vous qui est mort des suites de ses blessures c'était à Lille dans le nord il y a eu des affrontements tellement violents que Pierre Lortiois qui avait 29 ans sur son lit d'hôpital quand il apprend qu'il a été élu député il ne siègera jamais il meurt le lendemain donc la violence elle fait partie de la politique
vous dites
il n'y a pas de nouveauté
il n'y a pas un caractère inédit à cette affaire
non en revanche ce qui est vrai c'est que c'est toujours très inquiétant quand la violence prend le pas sur l'action politique normal la force d'une démocratie c'est justement de régler les différents politiques par des débats et par le scrutin par l'urne donc lorsque la violence s'empare de la rue c'est très préoccupant et il faut réagir
vous êtes d'accord avec ça Rien de nouveau sous le soleil
Oui rien de nouveau sous le soleil vous avez raison de le dire il en demeure pas moins que ce qui s'est passé à Lyon reste absolument inacceptable il faut le dire et le répéter en l'occurrence non il y a quand même quelque chose qui est je veux dire dans l'histoire politique très récente j'allais dire c'est que vous avez un parti politique qu'on le veuille ou non LFI qui assume ses liens avec la jeune garde qui est un mouvement qu'on le veuille ou non procéder d'ailleurs il est en cours de dissolution à des actions qui étaient des actions qu'il qualifiait lui-même d'autodéfense entre guillemets ce qui pose problème d'ailleurs parce que je rappelle que la sécurité dans un état démocratique elle est assurée par l'état et qu'il ne saurait y avoir de privatisation de l'usage de la violence quelle qu'elle soit à des fins politiques ou à des fins idéologiques mais vous avez quand même un mouvement qui a pignon sur rouille LFI avec un groupe parlementaire avec un candidat à la présidentielle qui est susceptible peut-être d'être au second tour de l'élection présidentielle en 2027 qui assume ces liens avec un mouvement qui recourt à la violence donc vous avez si vous voulez une force politique électorale qui d'une certaine manière ça c'est inédit c'est ce que vous dites je ne dis pas que c'est inédit mais dans l'histoire récente oui c'est inédit dans l'histoire politique récente c'est assez inédit donc là il y a quand même un sujet qui se pose
alors une marche en la mémoire de Quentin Doran qui est envisagée prévue demain à Lyon faut-il interdire cette marche notamment par crainte de débordement écoutez la réponse de Laurent Nunez le ministre de l'Intérieur il était sur RTL ce matin
je ne demande pas l'interdiction de cette manifestation donc elle se déroulera elle sera encadrée pour éviter toute roue à l'ordre public à la fois autour du cortège puisque c'est d'un cortège dont il s'agit c'est une marche qui fera quoi un kilomètre à peu près un kilomètre 4 un kilomètre 4 qui sera encadrée par des forces de l'ordre forces de l'ordre qui rayonneront évidemment à la périphérie de ce cortège pour éviter toute roue à l'ordre public et toute provocation j'ai des informations que ce sera une manifestation il y aura des militants d'ultra droite que les choses soient claires combien de personnes sont attendues on attend entre 2 et 3 000 personnes
il y aura des militants d'ultra droite il faut le rappeler peut-être Bruno Lyon c'est pas n'importe quoi je lisais des titres capitale de la violence politique en France
alors historiquement c'est la capitale des Gaules oui avant ça et puis ce qui est paradoxal c'est que Lyon a eu très longtemps une tradition de modération c'est pas la ville la plus agitée si on cherche la figure politique emblématique c'est Édouard Hériot le bon maire radical socialiste de gauche laïque mais une gauche très modérée et pas du tout collectiviste bon donc pendant longtemps Lyon a eu cette réputation là mais on a vu l'émergence d'une forme de radicalité dans les milieux universitaires lyonnais et puis la ville a changé sa sociologie a changé par ailleurs il faut distinguer peut-être entre le centre de Lyon et l'agglomération lyonnaise donc il y a quelque chose qui est en train d'évoluer à Lyon après il est évident que dans l'affaire qui nous occupe la manifestation ne sera pas strictement lyonnaise on va avoir des gens qui vont venir de toute la France
on va écouter Emmanuel Macron qui appelle les extrêmes de manière générale à faire le ménage on écoute le chef de l'état je vous fais réagir Arnaud
mais rien ne saurait justifier ni chez les uns ni chez les autres et ni même dans un face à face qui est mortifère pour la république donc tout le monde partout doit faire en effet le ménage en république il n'y a pas de place pour les mouvements qui adoptent la violence qui légitiment la violence parce que la démocratie repose sur le respect et la paix
alors le message est un peu différent par rapport à celui de Sébastien Lecornu lui le chef de l'état vise aussi le rassemblement national il faut faire le ménage partout
oui sauf que si vous voulez on voit bien quelle est la stratégie du président de la république c'est une stratégie de surplomb il parle de l'Inde et il établit une sorte de principe d'équivalence aujourd'hui entre le rassemblement national et LFI sauf qu'il faut j'allais dire analyser les mouvements politiques en fonction de leur évolution et ce à quoi nous assistons finalement depuis maintenant plusieurs années c'est que d'un côté vous avez un rassemblement national qui s'efforce de déradicaliser ses positions et de l'autre côté une France insoumise qui elle toujours un peu plus radicalise ses positions donc si vous voulez le principe d'équivalence on l'entend dans la bouche du président de la république correspond-il fondamentalement à la réalité de ce que sont ces deux formations politiques aujourd'hui c'est une question que ne manqueront pas de se poser un certain nombre d'électrices et d'électeurs
et l'affaire Quentin Doran aura peut-être sans doute je ne sais pas ce qu'il faut dire des conséquences au niveau électoral notamment pour les élections municipales je voulais vous montrer ce sondage Odoxa publié dans le Figaro 57% des Français jugent que LFI est trop complaisante à l'égard des militants antifascistes et puis toujours dans ce même sondage 61% des Français envisagent de faire barrage aux insoumisees toujours selon ce sondage Odoxa le Figaro donc il va y avoir des conséquences et on a l'impression aussi que ce barrage républicain je ne sais pas comment il faut l'appeler est en train un peu de changer de sens se diriger vers les insoumis c'est ce que demande d'ailleurs Jordan Bardella
alors c'est quelque chose de nouveau parce que finalement la question des alliances se posait depuis pratiquement une trentaine d'années à droite essentiellement entre ce qu'on appelait la droite républicaine et le Front National devenu Rassemblement National c'est véritablement la première fois que cette question se pose à gauche c'est-à-dire qu'en effet il y a un problème qui se pose à gauche aujourd'hui et ce sondage d'une certaine manière en témoigne on va regarder comment ça va se passer aux élections municipales dans quelques semaines il y a des situations qui sur le plan local vont être extrêmement intéressantes à observer qu'il s'agisse de Marseille qu'il s'agisse de Toulouse vous avez cité ce sondage à Toulouse quand même qui montre que la gauche serait unie en mesure de l'emporter face aux maires sortants donc on voit bien que la stratégie du parti socialiste n'est pour l'instant pas définitive puisqu'on nous disait avant le drame de Lyon que ça serait du cas par cas est-ce que ça sera encore du cas par cas maintenant après le drame de Lyon on va regarder ça
alors puisqu'on parle des municipales Bruno vous signez donc ce dossier dans le mensuel Historia du mois de mars maire fer de lance de la république pourquoi cette élection municipale est si importante pour les français il y a un lien presque intime j'ai l'impression
oui parce que finalement le maire c'est une des institutions les plus anciennes du pays Montaigne était maire de Bordeaux en 1581 le mot maire ça vient directement du latin le maire c'est le meilleur c'est ce que vous dites dans le dossier voilà alors on pourrait dire le notable mais en fait c'est la personnalité dominante de la commune alors bien sûr sa désignation a beaucoup varié selon les régimes selon les époques de la nomination par l'exécutif à l'élection avec différents types d'élections ça ça a beaucoup évolué en revanche ce qui n'a pas évolué c'est cette figure un peu tutélaire du maire qui est vraiment l'intermédiaire entre la population et je dirais la sphère du pouvoir c'est l'homme de pouvoir qui est le plus proche le plus immédiatement visible et à partir de là c'est une figure qu'on retrouve dans la littérature qu'on retrouve dans notre mythologie nationale c'est un personnage politique important et avec jusqu'à une date récente du coup un taux de participation assez élevé au municipal en tout cas plus élevé qu'à d'autres élections
vous évoquez Montaigne et puis je lisais Victor Hugo aussi dans votre dossier vous parlez de Victor Hugo maire du 8ème arrondissement de Paris bon on a perdu un peu en qualité non au niveau de nos maires c'est quoi c'est qui aujourd'hui le Victor Hugo au niveau municipal
alors soyons juste Victor Hugo a été très brièvement maire il a été nommé il a dit qu'il avait accepté le poste pour les autographes parce que le décret était signé de Lamartine bon là ça a été un maire très épisodique dans les maires écrivains on a eu André Gide aussi qui un peu à son insu a été élu maire à l'âge de 27 ans et il a démissionné au bout de 4 ans en disant que c'était pas sa vocation qu'il avait non on a eu des maires écrivains de grande qualité comme Jules Renard l'auteur de Poil de Carotte qui est un des premiers par exemple à avoir l'idée que la commune finance la gratuité des fournitures scolaires donc là c'est pas en tant qu'écrivain c'est en tant qu'homme de conviction qui croit en l'école qui croit en l'émancipation par l'école et qui va mettre en place des réformes c'est là où le maire devient intéressant et je dirais qu'il soit grand écrivain ou paysan finalement ce qui est important c'est comment il habite sa fonction et c'est ça que j'ai voulu un petit peu cerner à travers des personnages certains très connus mais pas comme maire d'autres qui ne sont connus que parce qu'à un moment ils ont eu un coup de génie ils ont été précurseurs de quelque chose dans leur commune
et dans votre dossier on voit il y a des écrivains il y a des ouvriers aujourd'hui c'est quoi un peu le profil Arnaud il est moins diversifié ce profil c'est un peu plus homogène
non c'est très difficile de lire parce que d'abord en France vous avez quand même un nombre de communes rurales qui est extrêmement important donc vous avez une diversité sociologique dans les communes rurales qui est quand même assez importante et qui est non négligeable ce qui est sûr c'est qu'il y a un sujet aujourd'hui c'est le sujet de l'engagement on voit bien est-ce que finalement on est prêt notamment encore une fois dans les petites communes parce que la charge est lourde dans une petite commune et les pouvoirs sont érodés notamment parce que du fait de l'intercommunalité et vous voyez beaucoup de personnes qui hésitent par exemple à s'engager parce qu'elles considèrent que c'est une fonction qui est difficile parce que c'est une fonction qui prend sur la vie professionnelle mais ça n'a pas toujours été et qui prend sur la vie c'est plus dur aujourd'hui mais c'est peut-être plus dur aujourd'hui parce que finalement le niveau d'exigence vraisemblablement des administrés s'est peut-être quelque part rehaussé donc on voit bien que les maires quand vous discutez avec eux considèrent qu'aujourd'hui leur fonction les surexpose pour des tas de raisons elles les surexpose pénalement elles les surexpose politiquement elles les surexpose dans leur vie privée donc on voit bien qu'il y a quand même une difficulté alors on ne peut pas parler je crois de crise d'évocation on en parle régulièrement mais enfin on trouve toujours des candidats d'une certaine manière pour se présenter aux élections par contre ce qui est évident tous les sondages le montrent dans un moment de grande désaffection vis-à-vis de la classe électorale et de la classe dirigeante la figure du maire qui est un peu une figure mythique aussi d'une certaine manière vous le rappelez très bien d'ailleurs dans votre dossier et dans votre papier qui est remarquable c'est que il y a un attachement des français par rapport à cette figure parce que c'est et puis la réalité c'est que si vous voulez le travail d'une municipalité ça se voit immédiatement c'est cette visualisation cette visualisation dans un sens positif ou négatif de l'action publique elle se voit ce qui n'est pas vraisemblablement le cas au niveau national
c'était mieux avant monsieur l'historien c'est ça ?
non alors c'est pas du tout la perspective d'un historien un historien il doit interroger le passé en se mettant dans les coordonnées du passé et pas avec les critères moraux d'aujourd'hui en revanche il y a eu des changements par exemple et effectivement vous avez raison la judiciarisation de la vie politique les maires d'autrefois étaient habitués à des pugilats en matière électorale ils étaient habitués à des invectives mais on ne les traînait qu'exceptionnellement devant les tribunaux alors qu'aujourd'hui un panneau de basket qui tombe le maire peut se retrouver devant les tribunaux et lourdement condamné donc ça effectivement ça peut avoir un effet sur l'engagement des candidats en revanche si on regarde historiquement vous avez eu des bons maires des mauvais maires des maires très prudents et des maires très innovants à toutes les époques le point commun hier comme aujourd'hui c'est qu'effectivement sur le territoire communal on peut prendre des initiatives qui parfois sont symboliques qui parfois sont pionnières et qui sont une façon de tester il y a une toute petite commune de la Nièvre qui s'appelle Cisly qui a mis en circulation la première monnaie européenne en 1923 Joseph Arché c'est incroyable c'est étonnant à la base c'est presque ridicule tellement c'est petit mais avec le recul on se dit voilà un maire et il avait fabriqué lui-même
on peut innover
à l'échéan local exactement prenez Michel Crépeau à La Rochelle pour prendre un exemple le plus important ce qui est considéré aujourd'hui comme le fin du fin de l'écologie municipale existe déjà il y a 50 ans en 1976 à La Rochelle les vélos jaunes en libre service les secteurs piétonniers le recyclage des déchets etc tout est en place
c'est qui les grands maires aujourd'hui les grandes figures locales je ne me hasarderai pas
parce que c'est un exercice risqué auquel vous m'appelez en tout cas ce qui est sûr c'est que les maires qui sont réélus en général sont des maires qui sont considérés comme des maires qui ont rempli leur mission on voit bien que quelles que soient d'ailleurs les formations politiques il y a des maires qui ont ces dernières années transformé leur ville je pense par exemple à Alain Juppé à Bordeaux ou à Martine Aubry à Lille dans des styles différents sont des maires qui se sont installés dans la durée et qui ont profondément modifié le paysage de leur ville tout en s'appuyant évidemment sur le patrimoine le maire c'est un continuateur c'est à dire que c'est quelqu'un qui doit s'inscrire dans sa ville dans sa commune comme celui qui est quand même quelque part le garant d'une transmission notamment patrimoniale mais qui doit être capable de la faire fructifier de la féconder il y a un côté bâtisseur dans le maire qui existe c'est ça qui est intéressant et c'est ça qui est important alors après évidemment les résultats sont jugés de manière très diverse en fonction des électeurs
on en reparle bien évidemment à l'occasion de ces élections municipales autre sujet comment tourner la page en début de semaine le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez était en Algérie pour tenter de recoller les morceaux avec le régime au menu des discussions lutte contre le terrorisme immigration illégale trafic de drogue le ministre de l'Intérieur qui a été reçu par le président Tebou on a aussi discuté
de politique migratoire et de reconduite d'étrangers en situation irrégulière algériens on a discuté de tous ces sujets et les choses vont se réenclencher j'ai évidemment bon espoir que maintenant les choses aillent très vite et ça va aller très vite je n'ai pas senti chez mes interlocuteurs c'était des relations de confiance
et plutôt optimiste tout est pardonné tout est oublié Arnaud ?
jusqu'à présent je crois comprendre quand même que monsieur Glez est encore en prison je veux dire donc il y a quand même un problème je veux dire clair vis-à-vis de la situation de Christophe Glez et monsieur Nunez n'est pas revenu dans ses bagages avec monsieur Glez le régime algérien est un régime qui nous a habitués à des changements de pieds donc il faut rester extrêmement prudent ce qui est sûr ce qui est sûr c'est que c'est un régime qui d'une certaine façon est assez isolé il faut le comprendre sur la question du Sahara occidental il a subi une défaite diplomatique qui est une défaite diplomatique cinglante on sait que sur la question du Sahel il est quand même en grande difficulté sur le Mali donc c'est vraisemblablement aussi du côté des hiérarques algériens la volonté d'essayer peut-être un peu de desserrer les taux dans lesquels ils se sont mis eux-mêmes je crois qu'à ce stade il faut rester extrêmement prudent
ces missions impossibles cette réconciliation entre la France et l'Algérie au regard de l'histoire coloniale au regard de tout ça
donc il y a l'histoire il y a la mémoire les relations entre la France et l'Afrique du Nord en général et l'Algérie en particulier sont encore très passionnelles et il y a un élément qu'il faut prendre en considération on n'y pense pas forcément tous les jours mais nous commençons à approcher du bicentenaire de 1830 c'est-à-dire de la conquête d'Alger et ça ça va être un anniversaire extrêmement délicat alors déjà pour les historiens bien sûr mais pour tous les acteurs politiques qui de près ou de loin ont trait à l'Algérie ça va être un véritable enjeu de mémoire parce que chacun a son récit et même là je ne vous parle pas de la guerre d'Algérie je vous parle de la conquête d'Alger en 1830 rien que sur les causes de la conquête il y a des divergences majeures donc je pense qu'il y a un travail historique qui est fait qui continue d'être fait qui est sérieux mais en fait les historiens ne peuvent pas grand chose quand vous avez des revendications mémorielles très conflictuelles et des gens qui utilisent l'histoire pour promouvoir un récit politique précis si vous voulez
mission impossible donc Arnaud enfin voilà on comprend qu'avec tout ce passé ce passif ces mémoires voilà on peut avoir un réchauffement voilà qui est sur le court terme mais sur le long terme ça ne changera pas grand chose la question mémorielle
est une question qui est au centre c'est pas la seule vous avez la question quand même des OQTF qui n'est pas négligeable mais la question mémorielle est au centre des débats mais elle est essentiellement je le rappelle quand même utilisée par le pouvoir algérien c'est pas du côté de la France qu'on se pose la question mémorielle même s'il y a des enjeux mémoriels je pense notamment aux pieds noirs ou aux harkis qui ont aussi de ce point de vue là je veux dire une transmission mémorielle je veux dire qui est importante mais c'est quand même du côté algérien que l'on demande à la France de se repentir de manière assez systématique parce que tout simplement si vous voulez dans le récit national algérien et du régime algérien c'est un moyen de se légitimer finalement l'ennemi reste la France d'une certaine façon encore aujourd'hui il suffit d'écouter les couplets de l'hymne algérien
tout simplement c'est frappant de voir la différence par exemple avec le Vietnam au fond il y a eu une paix qui a été conclue entre le Vietnam et la France et la mémoire de l'Indochine elle est digérée si je puis dire et Dieu sait qu'elle a été douloureuse on n'en est absolument pas là
et qu'est-ce qui change avec l'Algérie du coup comment vous expliquez cette différence de traitement
le pouvoir algérien peut aussi expliquer certains de ses manquements par l'héritage de la colonisation ça c'est certain
Arnaud
vraisemblablement vous avez raison de faire cette comparaison avec le Vietnam la différence fondamentale c'est que sur le plan militaire la France avait gagné en Algérie alors qu'on avait perdu on avait perdu en Indochine donc il y a aussi cette réalité qui pèse vraisemblablement dans j'allais dire le mémorial le mémorial algérien et puis en effet essentiellement et exclusivement ce sont vraisemblablement les lacunes du pouvoir algérien qui expliquent aujourd'hui ces revendications mémoriales
petite dernière question politique Arnaud est-ce que vous considérez que la méthode de Laurent Nunez est meilleure que la méthode Rotaillot
qui était la méthode
de la force face au régime algérien
vous savez comme vous le savez j'ai été très impliqué dans le comité de soutien de Boilem Sansal Bruno Rotaillot avait des intentions clairement mais il n'y a eu jamais de rapport de force qui a été imposé à l'Algérie durant en tout cas la période de détention de Boilem Sansal on était plus dans le verbal que dans l'action
et peut-être un mot un dernier mot de Christophe Gleize journaliste toujours arrêté arbitrairement par le régime algérien Bruno Arnaud là-dessus vous avez un mot à dire sur cette détention on espère évidemment qu'il va revenir très prochainement mais est-ce que le gouvernement le pouvoir public font assez suffisamment pour qu'il revienne
en tout cas on peut espérer qu'après la visite de monsieur Nunez à Alger qu'une issue favorable et rapide puisse voir le jour pour Christian Gleize qui est quand même en Algérie depuis presque deux ans on le rappelle
qui a été transféré d'ailleurs récemment à la suite de la visite de Ségolène Royal merci à tous les deux on va passer à l'histoire du jour l'histoire du jour vous savez c'est toujours beaucoup d'amour savez-vous à quoi sert la moustache d'un éléphant des chercheurs se sont penchés vous savez pas Arnaud non pas du tout
vous allez voir
des chercheurs se sont penchés sur les propriétés des poils qui couvrent les trompes des éléphants c'est un sujet très sérieux l'étude a été publiée par la prestigieuse revue Science on y apprend que ces poils sont en fait des antennes qui permettraient d'améliorer la dextérité de l'éléphant à lui permettre notamment de soulever avec sa trompe un arbre ou de saisir une chips sans la casser alors on pourrait dire qu'on s'en fout que ça ne change pas vraiment la vie à nous autres êtres humains mais si car ces moustaches pourraient inspirer la technologie et la robotique une meilleure compréhension de la structure de ces moustaches pourrait tout simplement améliorer les technologies de réparation et de chirurgie bon c'est intéressant
je commence à comprendre pourquoi on a surnommé éléphants les hiérarques socialistes à une époque c'est intéressant
peut-être ce sera l'objet d'un prochain numéro de la revue je rappelle Bruno Fuligny que vous signez dans un dossier du dossier du mois de mars du mensuel Historia maire fer de lance de la république merci d'avoir été avec nous Public Sénat et partenaire de la revue merci d'avoir participé à ce débat merci beaucoup cher Arnaud merci à vous devant votre écran restez avec nous l'information continue sur Public Sénat excellente journée sur notre antenne bye bye
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