"Nous sommes pro-business" Laurent Jacobelli, député et porte parole du RN, est l'invité politique
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour Jordan Bardella déjeune tout à l'heure avec le bureau exécutif du MEDF. Est-ce que c'est pour vous une victoire politique ?
Est-ce que c'est pour vous le signe de la normalisation du Rassemblement national ? Écoutez, je crois que c'est quelque chose de tout à fait nécessaire et de tout à fait courant. C'est vrai que nous préparons à gérer notre pays à partir de 2027 et pour ça nous devons nous entretenir avec tous les acteurs, les salariés, les chefs d'entreprise du grand patronat jusqu'à l'artisan pour être sûr que à la fois notre programme sera bien appliqué mais aussi entendre écouter les revendications de ceux qui aujourd'hui font tant de bien à notre économie.
Certains patrons pensent tout bas que finalement le RN, il comprend pas grand-chose en matière économique. Donc autant dialoguer, on va les éduquer. Euh résum à un grand patron.
Est-ce qu'on peut vous éduquer ? Non, je je n'emploirai pas ce terme-là. On peut évidemment échanger.
Moi, je crois que s'il y a quelqu'un à éduquer, c'est Emmanuel Macron et son gouvernement aujourd'hui. 3400 milliards de dettes qui pèsent lourdement sur nos entreprises. Une inflation des normes, beaucoup trop d'impôts.
Tiens, je vais prendre un exemple. les impôts de production qui grèvent le budget de nos entreprises, c'est 3,6 % du PIB en France, c'est 2,2 % en Europe. Et donc la productivité de nos entreprises est ralentie.
Et c'est ça que nous allons expliquer aux entrepreneurs en leur disant que nous allons baisser ces impôts, nous allons alléger les taux fiscals et la pression des normes pour enfin avoir des entreprises plus compétitives. Des entreprises compétitives, c'est quoi ? C'est de l'emploi.
L'emploi, c'est de la consommation. C'est de la cotisation au caisses sociales et c'est donc une France qui repart dans le bon sens. Mais il y a quand même certains patrons qui vous reprochent d'une manière générale d'être trop étatiste, d'être flou sur les retraites, flou sur la réduction des déficits, flou sur le financement de la protection sociale, la compétitivité, ça fait beaucoup.
Est-ce que est-ce que votre programme économique, il entretient toujours le trouble aujourd'hui ? et les médias je parle pas de vous évidemment mais en général nos opposants politiques qui laisse imaginer un programme fantasmé du rassemblement national en matière d'économie et bien c'est pour ça que Jordan Bardella ou Marine Le Pen rencontre les patrons pour leur expliquer la réalité du programme. Il faut être très clair, nous sommes pro business.
Nous avons bien conscience que la France a besoin de ses entreprises, mais je le répète, ça va du grand patron jusqu'à l'artisan pour vivre, pour faire en sorte que nous produisions, que nous créons de l'emploi, de la consommation et que notre pays puisse connaître en même temps un essort social. Vous dites que vous êtes prousiness. Marine Le Pen, elle dit pas exactement ça.
Elle c'est plutôt l'état protecteur. C'est un protectionnisme assumé, une forme de méfiance envers la mondialisation et même les grandes entreprises. Et Jordan Barnella, c'est le contraire effectivement une ligne probisna, c'est plus libéral.
Donc c'est quoi la ligne du par exemple plusè quand on voit la concurrence avec des produits chinois qui ne respecte pas les mêmes normes et qui peuvent être importés en France avec des droits de taxe minimalistes à l'entrée du pays et bien ça ne protège pas nos entreprises. Il faut un état fort qui disent bah c'est très simple si vous produisez en Chine ou partout dans le monde et que vous ne respectez pas les mêmes normes que les entreprises françaises alors vous serez taxé à l'entrée. C'est pour aider nos entreprises.
C'est parce qu'il n'y a pas assez d'état pour protéger les entreprises aujourd'hui, mais trop d'états pour les taxer que beaucoup de nos grands groupes sont en difficulté. Il faut à la fois la liberté d'entreprendre, la liberté de créer et d'investir et en même temps, si je peux me permettre cette expression que d'autres utilisent, la protection des intérêts de nos entreprises. Oui, mais on a quand même le sentiment que finalement la ligne économique, elle sera tranchée le 7 juillet lors du euh la décision de la de la Cour d'appel dans l'affaire du Parlement européen.
Ce sera peut-être plus d'État si c'est Marine Le Pen qui sera la candidate et puis plus libérale si c'est Jordan Bardella. Mais les deux vont ensemble. Excusez-moi, mais quand vous dites plus d'état, l'idée n'est pas de nationaliser les entreprises.
Les pas l'idée n'est pas de mettre un représentant de l'État dans le conseil d'administration. L'idée est de protéger notre nos entreprises face à une concurrence devenue folle et des normes devenues aberrentes. Donc je crois que il faut arrêter les caricatures et c'est pour ça qu'on discute avec les entreprises.
La France a besoin de ces entreprises. Les entreprises ont besoin de l'État. Tous doivent vivre en bonne harmonie.
Vous savez le général de Gaul a fait quelque chose d'exceptionnel. Il a fait accompagner la croissance économique de la France avec l'essort social. Les deux sont liés.
Plus vous créez d'emploi, plus il y a de cotisations dans les caisses sociales et mieux les Français sont protégés. Donc tout cela va ensemble. Il faut euh casser les caricature qui tournent autour de nous.
C'est pour ça que nous parlons et que nous expliquons euh sans relâche aux entrepreneurs ce que nous voulons faire. D'après nos confrères de l'opinion, après le le déjeuner, la rencontre avec Marine Le Penne douzaine de patrons du CAC 40, et bien ces patrons seraient ressortis totalement terrés de la rencontre, lui reprochant un discours finalement beaucoup trop général. Ça c'est pas contre-productif si finalement après les échanges les grands patrons vous étrient et écrient votre programme.
Bon écoutez, moi j'étais pas au déjeuner, je sais pas si vous y étiez ou au dîner. Je pense qu'il faut se méfier de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours qui a vu la bête. Non, je pense qu'il faut être très clair.
Nous nous avons un programme solide. Ce programme, vous savez, on l'a pas sorti d'un chapeau. Nous discutons en permanence avec tous les acteurs de la vie économique.
Oui, mais vous discutez, vous évoluez aussi. Regardez la retraite. Bon, c'était euh c'était euh 64 maintenant c'est 60 pour les plus jeunes en pour ceux qui ont commencé tôt, mais ça veut dire que pour certains ça pourrait être jusqu'à 64 ans.
On vient on vient on vient de vous prendre la main dans le sac si je puis dire. Mais c'est pour ça qu'il y a beaucoup beaucoup de fantasmes sur notre programme économique. Vous dites que c'était flou, que ça évolué.
Pas du tout. Notre programme, il a toujours été clair. Si vous avez commencé à travailler jeune, c'est 60 ans.
Pour les autres, c'est 62 ans avec 42 annuités. C'est ce que nous disons depuis des années. 64 ans aussi mais ça n'a jamais changé. 42 annuités, c'est ce que nous avons toujours dit.
Ça nous paraît le niveau soutenable pour l'économie française et juste pour ceux qui travaillent. Mais vous voyez, c'est pour ça que nous voulons un dialogue direct, pas seulement avec les chefs d'entreprise d'ailleurs, mais euh avec euh les artisans, avec les agriculteurs, avec les salariés pour que notre programme soit euh dépoussiéré d'un certain nombre de légendes et de mythes qui tournent autour souvent de mauvaise foi. Tout simplement parce qu'on a vu que les autres programmes économiques, ceux qu'on nous impose depuis 40 ans, ne fonctionne pas.
L'Europe va tout gérer, ça marche pas. La mondialisation, c'est le bonheur, ça marche pas. Il faut maintenant mettre des règles claires, c'est vrai, des règles pour avancer vers les sorts économiques.
Je tiens quand même à rappeler par exemple l'industrie automobile française, elle a perdu 60 % de sa production en 20 ans. Est-ce qu'on continue comme ça ou est-ce qu'on met des règles qui viennent protéger nos industriels, notamment là où nous avons une économie d'excellence ? Jeudi et vendredi dernier, le RN organisait un grand séminaire dans les sonnes, un séminaire un peu secret déjà.
Est-ce que vous en étiez ? Puis non, vous en étiez pas. Non, non, c'était le bureau exécutif, donc un comité restreint qui euh euh met les les bases de ce que seront euh les éléments programmatiques et les la constitution de l'équipe pour la campagne présidentielle.
Et donc euh vous en avez eu des bribes ce qui s'est passé, de ce qui s'est dit, euh des choses qui ont été décidées. Alors, alors d'abord, je vais ne le prenez pas mal mais je vais pas vous donner tous les secrets de fabrication. Ce qui est très clair, c'est que nous préparons déjà l'appareil, l'organisation pour être le plus performant possible pour cette élection présidentielle.
Parce que je vais vous dire, les Français attendent l'alternance et très clairement et on l'a vu encore au municipal, ils ont identifié le Rassemblement national comme étant le parti de l'alternance à cette macronie qui est finalement la synthèse du pire de la droite et du pire de la gauche. Et donc pour ça, nous avons une obligation, c'est de nous préparer, de nous organiser. Nous le sommes déjà, mais il faut accélérer le mouvement.
C'est ce que nous avons fait et nous verrons bien effectivement quel sera le candidat qui portera ce projet. Mais je vous le dis déjà, c'est pas un scoop. Il y aura un duo pour mener cette campagne.
Marine Le Pen, Jordan Bardella. D'autres se préparent hein. Bruno Retaillot est depuis hier soir le candidat officiel des Républicains pour 2027.
C'est donc le résultat de la consultation des adhérents euh LR. Euh Bruno Rotaillot qui veut donner la priorité au travail plutôt que l'assistana, qui veut l'ordre, la justice, la fierté française. Il y a pas une feuille de papier à cigarette entre vous et lui ?
Il y en a une, une énorme, c'est qu'il a été au pouvoir avec Emmanuel Macron. C'est un nouvel un nouveau candidat macroniste après Édouard Philippe, Gabriel Atal, maintenant Bruno Retaillot, tous ceux qui ont travaillé avec le président de la République. Alors effectivement sur le programme, il y a peut-être des points communs, enfin sur l'action pas du tout.
Monsieur Retaillot est le ministre de l'intérieur qui a accueilli le plus d'étrangers, l'égau est probablement illégaux en France. Il est celui sous le règne duquel l'insécurité a explosé, qui a été incapable, totalement incapable de négocier avec l'Algérie le retour au pays des personnes frappées d'obligation de quitter le territoire français. Bruno Raillot, c'est l'histoire d'un échec et d'une palec copie.
La palcopie de notre programme est l'échec de la macronie. Vous dites il a été ministre mais peut-être que si jamais Jordan Bardella était votre candidat euh Bruno Rotaillot, il peut peut-être rassurer une partie de votre électeur en disant bah après tout, il a d'expérience peut-être davantage que Jordan Bardella. Il a 65 ans, il a exercé le pouvoir.
H quelle expérience ! Une expérience négative. En revanche, ce que vous soulignez est vrai.
Nous tendons la main. Nous tendons la main notamment aux électeurs de cette droite qui a perdu ses valeurs, qui a travaillé avec Emmanuel Macron et les socialistes, qui acceptent un budget où les impôts augmentent, notamment ceux des entreprises. On en parlait tout à l'heure et nous leur disons, il y a une alternative.
Oui, il y a des gens qui tiennent à leur pays, qui veulent défendre leur identité, qui veulent défendre notre économie, qui veulent plus de justice sociale aussi et nous leur tendons la main directement. Nous pensons pas que monsieur Bruno Retaillot soit l'homme de la situation. Vous savez, ce même type de processus nous avait amené euh à avoir madame PCRES comme candidate de la droite.
Euh on on voit les limites de l'exercice. Un un tout dernier mot sur la crise provoquée par l'éviction de l'expdg des éditions Grasset Olivier Nora. Euh elle a raisonné cette éviction jusque à l'Élysée.
Vendredi Emmanuel Macron a estimé que les grandes maisons d'édition devaient être protégées dans leur pluralisme et leur diversité. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Oui, bien sûr, mais il y a une diversité des maisons d'édition.
Vous savez, on parlait tout à l'heure du rapport aux entreprises et aux chefs d'entreprise. L'État ne doit pas décider ni même juger de qui peut être chef d'entreprise, y compris d'une maison d'édition. C'est aux actionnaires de le faire dans le respect de la loi, mais nous n'avons pas à intervenir.
Sinon quoi ? Emmanuel Macron va placer ses amis à la tête des maisons d'édition comme il les a placé à la tête de l'audiovisuel public. Non, il faut évidemment Manuel Macron a pas placé ses amis à la tête de l'audiovisuel public.
Bon, si si, je crois bien sûr. Il suffisait de de Bah, moi je le crois. En tout cas, on peut avoir une divergence sur ce point, mais en tout cas, en ce qui concerne le privé, l'État n'a pas à intervenir, il n'a pas à juger.
Il doit bien sûr faire en sorte que les lois soient respectées. Je crois qu'elles le sont. Je n'ai pas à commenter en tant que député ce qui se passe dans des entreprises privées.
Mais quand 308 auteurs ont appelé, comme ils l'ont fait dans la tribune dimanche à la création d'une cause de conscience pour les auteurs, hein, une démarche qui a été d'ailleurs soutenue sur X par Jean-Luc Mélenchon qui a déjà promis que l'empire Bolloré sera rompu et vendu à la découpe s'il accède à l'Élysée. Vous en pensez quoi sur le fond de cette cause de conscience ? Moi, d'abord je pense que les menaces de monsieur Mélenchon commencent à suffire contre les opposants politiques, contre certains chefs d'entreprise.
Monsieur Mélenchon, c'est Staline sans moustache. Mais pour être clair, oui, je peux comprendre qu'un auteur veuille changer une maison d'édition si la ligne éditoriale ne lui plaît pas. C'est aussi sa liberté.
Un actionnaire est libre de nommer le président directeur général qu'il veut. L'auteur est libre d'aller dans la maison d'édition qu'il veut. Et ça c'est une petit caste qui se croit au-dessus de tout.
C'est comme ça que Vincent Boloré qui a pris la plume pour répondre aux critiques dans le JDD. Vous partagez ces mots, cette vision ? Écoutez, moi j'ai pas à commenter.
Je pense que une fois encore il a acheté une maison d'édition. Il veut qu'elle soit gérée par des gens de confiance. On peut le comprendre.
Si certains sont mal à l'aise. Ils sont libres d'aller travailler ailleurs. Ça s'appelle la liberté.
Merci Laurent Jacobell. Bonne journée à vous.
Laurent Jacobelli