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interviewEurope 1 — La Grande interview (sur Podcast)· 29 juillet 2026 21 min

La grande interview d'Alexis de la Fléchère avec Jean-Pierre Farandou

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 2

Europe 1. La grande interview Europe 1 C News, Alexis Delaflécher. La grande interview sur C News et Europe 1 avec ce matin le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou. Bonjour à vous. Bonjour. Comme tous les matins, nous suivons très attentivement la situation des incendies dans le sud-ouest, en Gironde. Le feu est stabilisé, mais il n'est pas fixé. Les pompiers luttent toujours contre le méga incendie qui a ravagé, je le rappelle, 42 000 hectares. C'est énorme. L'arrivée d'une nouvelle vague de chaleur ne va pas aider les sapeurs-pompiers. Jusqu'à 41 degrés attendus dans les terres aujourd'hui en Gironde. Jean-Pierre Farandou, vous êtes né à Bordeaux.

Vous y avez en grande partie grandi. Quel sentiment vous avez quand vous voyez cette végétation brûlée sous nos yeux, ces habitations évacuées, ces maisons qui ont été complètement dévorées par les flammes. Quand on connaît la région, c'est peut-être encore plus dur, peut-être, de voir ces images terribles.

1:00
Locuteur 1

Oui, c'est effectivement un territoire qui me parle, parce que j'ai appris à nager dans le lac de Lacanau, Mouchique. C'est vraiment des endroits que je connais bien. En plus, j'habitais à Bordeaux, mais pas très loin de l'ouest de Bordeaux, pour se diriger vers l'océan. Je vois tout à fait. J'ai pensé pour les gens. Les gens, d'abord, vous vous rendez compte de plus de 200 000 personnes qui ont dû être évacuées. Certains, d'ailleurs, reviennent dans leur maison aujourd'hui, à titre temporaire. Et parfois, il y a 240 maisons brûlées. D'ailleurs, j'ai l'impression d'un ami qui a brûlé au Porsche. Je vois tout à fait ce que ça veut dire.

Donc, une pensée pour ces gens très perturbés, très choqués dans leur vie. Bien sûr, une pensée pour les pompiers. C'est les héros de la vie quotidienne. C'est 3 000 pompiers qui se battent contre ce méga-feu avec quelques progrès.

1:41
Locuteur 2

Oui, on parle d'un orage de feu. C'est ça qui est assez inédit. C'est qu'en fait, ce méga-feu en question, cet orage de feu, il y a des braises qui vont jusqu'à 1 km. Ils se déplacent jusqu'à 1 km, qui font des bonds d'un kilomètre. Donc, c'est vrai que c'est quasiment du jamais vu. C'est une situation vraiment inédite.

1:57
Locuteur 1

Oui, ce n'était jamais arrivé en France. C'est très peu arrivé dans le monde, je crois. C'est arrivé en Australie, c'est arrivé aux Etats-Unis. Il faut des coefficients de chaleur très, très importants. On appelle ça un pyro cumulonimbus, un espèce de nuage de chaleur intense qui déclenche ses propres éclairs, qui vont allumer d'autres feux, qui déclenche ses propres vents, d'ailleurs. C'est pour ça que les pompiers sont très embêtés, parce que les vents peuvent bouger, dont les stratégies de lutte contre les incendies doivent être remises en cause très, très rapidement.

Je n'oublie pas non plus, bien sûr, les militaires mobilisés, les civils, et puis tous ceux qui s'occupent aussi, tous ces bénévoles, tous ces élus locaux qui ont pris en charge ces gens qui étaient évacués. C'est vraiment une France qui se rassemble aussi, vous voyez, de temps en temps.

2:32
Locuteur 2

Qui peut parfois d'ailleurs être un peu toisé de haut par ce qu'on peut appeler les grands technocrates, mais c'est vrai que là, c'est la France qui relève les manches et qui va aider son voisin. Et ça, c'est assez formidable de voir ces images aussi.

2:44
Locuteur 1

Oui, d'ailleurs, vous le sentez à mon accent, moi, je ne suis pas du tout... Je suis plutôt de cette France-là, de la France des régions, la France de ceux qui bossent le matin, la France de ceux qui sont solidaires, la France qui se mobilise pour leur territoire. Ils sont amoureux de leur territoire, on parle de ce territoire. Ils sont très fiers de leur territoire, ils sont très fiers de leur forêt, ils sont très fiers de leur plage, de leur dune, du mode de vie qu'ils ont aussi dans ces forêts-là. Ils se battent pour leur village, ils se battent pour leur écosystème, et c'est tout ça qui compte.

On voit cette solidarité énorme, les agriculteurs, les entreprises de BTP qui sont venus aider les pompiers, les gens qui se mobilisent pour apporter à manger à tous ces volontaires. C'est la France qui se resserre, et ça, c'est quand même aussi quelque chose qu'il faut souligner. Les Français sont capables de se serrer les coudes devant l'adversité. Voilà, il y a cet élément-là aussi que je voulais souligner.

3:30
Locuteur 2

Jean-Pierre Farrandou, vous êtes ministre du Travail et des Solidarités. Au-delà du drame humain et environnemental, il y a une autre bataille qui commence, c'est la bataille économique. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, parle d'un véritable coup de tonnerre économique. C'est plus de 15 000 entreprises qui ont été évacuées. Il y a aussi tous ces campings qui sont désormais désertés. Qu'est-ce que vous leur dites ce matin ? Ils vont avoir besoin de l'État et potentiellement d'aide. Est-ce que vous allez faire quelque chose pour ces responsables de camping, par exemple, qui voient leur chiffre d'affaires baisser petit à petit, et des annulations qui arrivent au compte-gouttes ?

Le chiffre d'affaires, c'est terrible pour ces gens-là. Qu'est-ce que l'État va faire ?

4:11
Locuteur 1

Bien sûr. D'abord, c'est un travail en équipe. Le gouvernement, c'est un travail en équipe. Moi, je suis au Travail et au Solidarité. Les instruments que je mobilise pour les entreprises, c'est ce qu'on appelle l'activité partielle. C'est une prise en charge de 60% du salaire pour que les salariés qui ne travaillaient plus n'ont plus de travail parce que leur entreprise a dû fermer.

4:28
Locuteur 2

Comme on l'avait vu pendant le Covid.

4:29
Locuteur 1

Ou l'activité est trop réduite. On assure au moins 60% du salaire pour les salariés. C'est important. Donc, on aide les entreprises, finalement, à garder l'emploi, à garder les compétences parce que ça va s'arrêter. Donc, l'activité, elle va repartir à un moment donné. Donc, l'activité partielle est mise en place très rapidement pour les entreprises sinistrées, très rapidement aussi pour les entreprises évacuées puisque, je veux dire, pour ceux qui vont se déclarer au mois de juillet, il y a déjà 500 entreprises qui ont fait appel à ce dispositif. Les indemnités vont arriver début août. Donc, ça va être très rapide.

Donc, mobilisation en urgence, mobilisation en urgence pour que les entreprises puissent sauvegarder les salaires et les employés. Ça me paraît très important.

5:04
Locuteur 2

J'étais avec un responsable de camping ce matin sur Europe 1 qui me parlait de la taxe de séjour. S'il n'y a plus personne dans le camping tout le mois de juillet, tout le mois d'août, ça va être dur aussi pour ces entreprises-là, cette activité-là, de devoir payer des taxes. Les charges sont toujours là et il n'y a plus d'argent qui rentre pendant l'été. Comment vont-ils faire ? Est-ce que vous allez les aider aussi à ce niveau-là ?

5:27
Locuteur 1

Alors, sur la trésorerie, puisque là, vous avez la question de la trésorerie, côté ministère du Travail, ce que nous gérons, c'est les cotisations à travers les URSAF. J'ai décidé, bien sûr, de demander aux URSAF de décaler l'appel à cotisation jusqu'à 12 mois. Et j'ai demandé aux URSAF, d'ailleurs, local, d'aller au-devant des entreprises pour qu'elles soient au courant. Non seulement, on ne va pas attendre qu'elles nous le demandent, on va être proactifs. Bon, ça aussi, on va le faire. Et puis, n'oublions pas quand même les sujets de santé au travail, on a mis un guide pratique qui est sorti hier après-midi. On a écouté les entreprises et les syndicats lundi.

On était à Bercy avec Roland Lescure. Et dès hier, en 24 heures, on a mis en ligne un guide pratique qui va donner toutes les bonnes recommandations parce que n'oublions pas qu'il y a aussi des particules. Donc, il faut qu'on puisse protéger les salariés.

6:07
Locuteur 2

Deux millions de masques FFP2 ont été distribués. C'est allé assez vite, d'ailleurs. Ils ont pu arriver sur place assez rapidement. Ça, c'est une bonne chose. En revanche, moi, j'entendais un syndicat de pharmaciens qui disait qu'il n'y avait pas encore des masques, notamment des masques pour les enfants. Tout n'est pas absolument parfait. Mais vous avez raison de le préciser. Il y a des masques et il faut que les personnes les plus fragiles puissent les utiliser rapidement.

6:27
Locuteur 1

Ça, c'est vrai pour la population en général, bien sûr. Mais dans le monde du travail, quand vous travaillez en télé, d'abord, on recommande le télétravail au maximum. Si vous pouvez rester chez vous, c'est mieux. Travailler à l'intérieur, il n'y a pas de problème. Et pour les travaux à l'extérieur, dans les zones où il y a des fumées importantes, et d'ailleurs, c'est les alertes météo autour des seuils d'alerte, autour des particules, nous recommandons le port d'un masque FFP2. Après, c'est les chefs d'entreprise qui s'organisent. Et les pharmacies, comme vous l'avez dit, sont dotées de masques FFP2.

Donc, les entreprises pourront aller dans les pharmacies, se procurer les masques FFP2 et commencer à s'organiser pour que l'activité continue. Parce qu'on va bien aussi cliner, en termes économiques, c'est de préserver l'activité au maximum.

7:01
Locuteur 2

Et je le souligne, il y a quatre ans, malheureusement, c'était aussi un cauchemar à la thèse de Buche et à l'Andiras, mais l'activité économique avait pu reprendre. Donc, tout n'est pas perdu. Monsieur le ministre, toutes ces aides sont évidemment indispensables, mais elles interviennent dans un contexte où les finances publiques sont sous très forte tension. Dans quelques semaines, le gouvernement va présenter un budget. Ça va être difficile, ce budget 2027. Le sens du compromis, la Ve République, elle n'est pas vraiment faite pour ça. Mais il va falloir y arriver. On n'a pas vraiment d'autre choix. C'est ce que vous allez nous dire, j'imagine, ce matin, sur CNews et sur Europe 1.

7:33
Locuteur 1

Oui, parce que certains parlent, par exemple, vous savez, s'il n'y a pas de budget, qu'est-ce qui se passe ? On appelle ça une loi spéciale. Tout à fait. Qui permet à l'État de fonctionner. Mais c'est une horreur totale. Parce que cette loi spéciale, vous ne pouvez rien engager. Par exemple, moi, chez moi, je ne peux pas donner de l'argent à l'insertion. Je ne peux pas donner de l'argent en mission locale. L'État est paralysé. Et le nouveau président, la nouvelle présidente, dans cette hypothèse-là, devra travailler pendant plusieurs mois pour disposer d'un budget pour l'année 27. On va se retrouver au mois d'octobre où ils ont déjà travaillé ce budget 28. Donc, c'est une horreur.

Donc, il faut vraiment qu'on arrive à trouver des compromis sur le budget. Il faut doter la France d'un budget. Budget pour l'État. Budget pour la sécurité sociale qui est très important aussi pour moi. Parce que vous savez que je gère, par exemple, toutes les retraites. Voilà. Donc, c'est très important. Donc, on est en train de travailler un budget. C'est un budget courageux. Parce qu'il va assumer, bien sûr, toujours la volonté de maîtriser la trajectoire et de baisser le déficit. Vous savez, on a trop de dettes dans ce pays. Il faut vraiment progressivement...

8:23
Locuteur 2

3 500 milliards de dettes.

8:25
Locuteur 1

C'est énorme. C'est-à-dire que les taux d'intérêt... Parce que, comme tout le monde, quand un Français en prenne pour sa maison, ou en en prenne pour le pays, on doit payer les taux d'intérêt.

8:32
Locuteur 2

Et ce qui est catastrophique, c'est que les Français ne voient pas le bénéfice de leur travail puisque l'argent que nous produisons, eh bien, il paye les intérêts de la dette. Donc, quand est-ce que nous allons avoir, enfin, le fruit de notre travail pour nos hôpitaux, pour nos pompiers, pour nos casernes ? C'est un vrai sujet. Est-ce que vous avez déjà commencé, d'ailleurs, je crois, à faire des économies en tant que ministre du Travail ? Parce que 3 500 milliards d'euros de dettes, on n'attend pas 2027. C'est maintenant vous, ministre du Travail,

8:57
Locuteur 1

qui êtes au premier plan. Vous savez, mon ministère est exemplaire. Je pense que je fais partie des ministères qui ont fait le plus d'économies. Certains me le reprochent, d'ailleurs, mais pas moi. Lesquels ? Moi, je suis... Alors, lesquels économies ? Oui, oui. On fait des économies sur tous les dispositifs que nous déployons. Mais ce qui est très important, et ça, le Premier ministre m'a accordé, la seule demande que je lui ai faite, c'est de préserver la jeunesse. Et la jeunesse, c'est quoi ? C'est l'apprentissage et c'est les contrats d'engagement jeune dans les missions locales à France Travail. Il m'a l'accordé. Voilà. Donc, je préfère faire des efforts ailleurs.

C'est une bataille gagnée pour vous. C'est une bataille très importante parce que c'est l'avenir. La jeunesse, c'est l'avenir. Il ne faut jamais laisser tomber la jeunesse. Et moi, j'ai deux manières d'aider la jeunesse à s'insérer dans le monde du travail. C'est le dispositif de l'apprentissage qui est une vraie réussite. Et là, on va stabiliser à la fois les aides aux entreprises et les coûts de formation pour former les jeunes. Et puis, deuxièmement, vous savez, parfois, il y a des jeunes qui ont peu de problèmes vers 18-19 ans qui se retrouvent dans des environnements sociaux un peu compliqués, un peu en échec scolaire. Et bien, ils peuvent aller dans une mission locale.

Et là, on va leur proposer un contrat d'engagement jeune. On les prend par la main. Et en 6 mois, en 8 mois, en 9 mois, on leur permet de s'insérer dans la vie professionnelle. Voilà. Ça, je l'ai préservé. Je remercie le Premier ministre d'avoir rendu cet arbitrage. Alors, bien sûr, ça veut dire qu'il faudra faire des économies par ailleurs. Et moi, au total, c'est environ 2 milliards d'économies que je vais faire dans mon ministère. Même dans mon ministère, proprement dit, il y aura moins d'effectifs. Donc, on va jouer le jeu. Vous voyez ? Donc, vraiment, je m'inscris dans cette trajectoire de gestion, de gestion, de réduction, de mieux dépenser l'argent.

Et moi, le critère, c'est qu'il faut que l'argent pour être efficace, il faut qu'il permette le retour à l'emploi. Moi, je suis là pour aider les Françaises et les Français à trouver de l'emploi.

10:30
Locuteur 2

À chaque budget, c'est la même question. La gauche, c'est le concours l'épine de la taxe. Excusez-moi l'expression, mais à chaque fois, toujours plus taxé, toujours plus taxé. On paye beaucoup d'impôts en France déjà. On est l'un des pays qui paye le plus d'impôts. Et puis, à la droite, qui dit, attention, on dépense peut-être mal et on dépense trop. C'est sur les dépenses qu'il va falloir faire attention sur ce budget 2027, monsieur le ministre ?

10:52
Locuteur 1

Je crois que le Premier ministre a été très clair. Il a dit qu'il faut engager la construction de ce budget sans impôts supplémentaires. C'est très clair. Donc, ce n'est pas sur les impôts qu'on va aller. On va aller sur les économies et l'efficience. Moi, je suis beaucoup là-dessus et je suis même sur la lutte contre la fraude. L'efficience, c'est faire en sorte que quand les gens fraudent et trichent avec l'argent public, c'est le cas d'ailleurs dans l'apprentissage. On a parfois des organismes de formation qui ne sont pas corrects, qui ne sont pas réglo. On n'hésite pas à les fermer carrément. Donc, je crois qu'il faut être très clair.

Efficience de l'argent public qui peut aller jusqu'à la fermeture d'organismes de formation frauduleuses.

11:22
Locuteur 2

Je voulais qu'on parle également Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, du Chômage. Le nombre de chômeurs en catégorie A inscrit à France Travail a augmenté de 0,8% sur un trimestre et de 3,1% sur un an. C'était un engagement, ça, du chef de l'État, Emmanuel Macron. Il voulait, si c'était possible, qu'on se retrouve dans une situation de plein emploi. On en est loin. Comment faire pour vraiment faire inverser la courbe ? C'est ça aussi l'un des grands enjeux de la présidentielle ?

11:52
Locuteur 1

Oui, alors, bien sûr, c'est ma bataille. La bataille pour l'emploi, c'est ma bataille. Alors, les chiffres, il faut être clair. Le chômage, il est autour de 8%. Vous savez, en France, il n'a été que 6 fois en dessous de 8% en 40 ans. Donc, ça fait longtemps qu'on a des sujets de chômage un peu structurel dans ce pays. Et d'ailleurs, il y a eu des enquêtes qui ont démontré qu'il y a eu une baisse structurelle du chômage depuis les précédents gouvernements. Donc, on a réussi à le baisser quand même. Alors, c'est un peu compliqué parce que l'environnement économique, il n'est pas facile. On vous la reproche, justement,

12:20
Locuteur 2

d'aller faire un peu la chasse à ceux qui ne travaillent pas, justement, parce que cette chasse aux personnes qui cherchent du boulot, ça a été aussi un peu une polémique.

12:32
Locuteur 1

Oui, alors, pour moi, les choses sont claires. Alors, pour revenir à France Travail, ce n'est pas le chômage, il est inscrit à France Travail. C'est une bonne nouvelle parce que ça augmente. Parce que ça veut dire, comme vous le dites, qu'on va chercher tous ceux qui sont potentiellement en capacité d'avoir un emploi. Voilà, donc, on a une base plus ouverte

12:45
Locuteur 2

et il y a des emplois en France qui ne sont pas couverts. On se souvient de cette phrase d'Emmanuel Macron qui avait dit, alors, ça avait fait la polémique, vous traversez la rue, vous aurez du boulot. Mais au-delà de la polémique, il y avait ce constat de dire, il y a des emplois en France, mais comment faire, s'ils ne sont pas pourvus ces emplois en question, comment on fait pour donner envie aux Français d'aller les chercher, ces emplois ? Bien sûr,

13:03
Locuteur 1

vous avez raison, par exemple, dans les secteurs souverains, et c'est une très bonne nouvelle qui est liée d'ailleurs à la stratégie du président de la République de relance, par exemple, de la défense ou de relance du nucléaire. Ces entreprises-là, elles recrutent. C'est des beaux emplois dans l'industrie, très bien payés, très bien rémunérés avec des prédictions de carrière qui ont beaucoup de sens parce que vous aidez la France quand vous travaillez dans le nucléaire ou quand vous travaillez dans un emploi de défense, c'est la France que vous aidez à faire face aux grands défis du monde. Voilà, et ce sont au passage des emplois ouverts aux garçons et aux filles.

Il n'y a plus d'emplois genrés. Moi, je dis aux jeunes filles, dirigez-vous aussi vers l'industrie. Il y a des très beaux emplois pour vous. Et moi, je me décarcasse là-dessus. J'ai même recruté une générale, la générale VIT, pour faire le lien entre le monde du travail, France Travail et le monde de la défense. Et ça marche. On est en train, par exemple, dans le Var, on a une feuille de route qui va permettre d'apporter à toute l'industrie de la défense liée à la marine tous les salariés, toutes les compétences dont ils ont besoin en mobilisant les centres d'apprentissage, en mobilisant l'université. On va créer une école d'ingénieur supplémentaire à Toulon.

Voilà, c'est une mobilisation générale pour l'emploi. C'est exactement ce qu'il faut faire. Et dans ce cas-là, tout le monde va trouver du boulot. Les jeunes, les moins jeunes, les seniors en deuxième partie de l'arrière. Il y a de l'espoir. C'est ce que vous nous dites ce matin. Il y a de l'espoir. Bien sûr, il y a de l'espoir parce qu'il y a des opportunités. Il faut s'organiser, il faut se mobiliser, il faut donner les bonnes informations à la jeunesse pour qu'elles s'orientent vers les secteurs où il y a du travail. Et il y a beaucoup de secteurs en France où il y a du travail.

14:15
Locuteur 2

Il y a aussi des chefs d'entreprise qui nous écoutent qui aimeraient payer leurs salariés un peu plus. Et d'ailleurs, ça revient dans la campagne présidentielle, notamment chez David Lissnard de Nouvelle Énergie qui dit que les entreprises payent trop de charges. Elles aimeraient payer plus mais elles n'y arrivent pas. Qu'est-ce que vous pouvez dire ce matin sur CNews et sur Europe 1 aux chefs d'entreprise qui aimeraient payer un peu plus leurs salariés par les charges qui leur tombent dessus à chaque fois ? Est-ce qu'on peut baisser ces charges-là ?

14:43
Locuteur 1

Alors, c'est un vrai sujet. Il faut comprendre d'où elles viennent ces charges. J'ai regardé pas plus tard qu'hier. Ces charges, c'est les cotisations. Qu'est-ce que c'est ? Les cotisations patronales, cotisations salariales. C'est ce que les Français payent pour justement leur retraite, la santé, l'autonomie. C'est un système d'assurance, d'assurance sociale complété par les patrons. Vous savez que là, aujourd'hui, quand vous additionnez le tout, on est entre 40 et 60%. C'est énorme. Après-guerre, quand la sécurité sociale a été créée, vous savez comment c'était ? 16%. On a fait presque fois 3%. Donc forcément, il y a problème. Il y a problème. Donc effectivement, c'est un sujet.

Alors bien sûr qu'il faut, l'idée, elle est simple, baisser les cotisations. Mais ça, c'est de l'argent. Donc il faut le trouver ailleurs. Je pense que la première chose à faire, c'est déjà tenir la dépense quand même. Tenir la dépense, voire la réduire. C'est pour ça qu'il faut une réforme pour les retraites. C'est pour ça qu'il faut une réforme de la sécurité sociale dans le financement de la sécurité sociale.

15:35
Locuteur 2

Certains peuvent le regretter. Il est mis un peu en suspens en attendant la présidentielle. Il faut travailler jusqu'à quel âge ? 67, 68 ?

15:41
Locuteur 1

69 ? Là-dessus, j'ai lancé une conférence sociale autour des retraites qui fonctionne bien, qui a démarré en octobre, qui est terminée. Le rapport sera encendu en septembre. On va entendre la sortie du rapport et à ce moment-là, je donnerai mes commentaires. Pour le moment, je joue le jeu. Je laisse cette conférence aller à son terme, présenter ses propres conclusions. Je les commenterai bien sûr quand elles seront connues en septembre. Mais on voit bien. On voit bien les idées quand même. On voit à peu près où ça se passe. Voilà.

Donc, je pense qu'il faut effectivement mettre en place des réformes pour tenir la dépense, voire la réduire sur les deux grands postes que sont la santé et que sont les retraites. Et ensuite, il faudra effectivement réfléchir. Moi, je suis favorable aux réflexions qui consistent à baisser les cotisations. Mais dans ce cas-là, il faudra trouver d'autres formes. Ça sera la fiscalité. Il ne faut pas rêver. C'est ou les salariés qui cotisent et les entreprises qui cotisent ou c'est la fiscalité. Mais je le redis avec une première étape où il faudra baisser au maximum les dépenses. Peut-être que c'est

16:30
Locuteur 2

une bonne solution puisque ça peut redynamiser aussi l'économie. J'avais noté également, je voulais vous faire réagir sur ce chiffre, 47% de Français payent un impôt sur leur revenu. Ne faudrait-il pas, Monsieur le ministre, peut-être à une échelle minime, mais que tout le monde paye un petit peu d'impôt sur le revenu, même ceux qui ne travaillent pas juste d'un point de vue idéologique ? Est-ce qu'il ne faudrait pas harmoniser les choses à ce niveau-là ?

16:56
Locuteur 1

Je suis assez sensible à ce que vous dites parce que je ménage du travail et des solidarités. Mais les solidarités, ça va dans les deux sens. Il faut bien sûr aider les gens les plus démunis et ça fait partie de nos valeurs et on continuera à le faire. Il faut continuer à le faire. Mais il faut que tout le monde effectivement participe. Il faut être solidaire de son pays quelque part. Voilà, donc je pense que c'est une idée effectivement intéressante. Rappelez quand même qu'au-delà de l'impôt sur le revenu, la TVA, tout le monde la paye. Donc il y a aussi d'autres formes de fiscalité peut-être moins visibles. Dès que vous achetez quelque chose, en fait, vous avez la TVA dedans.

C'est une forme aussi de participation à l'effort de la finance publique.

17:26
Locuteur 2

Parce qu'il y a beaucoup de personnes qui se lèvent très tôt le matin, qui partent au boulot, qui finissent très tard le soir, qui gagnent le SMIC et c'est une réalité qui parfois vaut des gens qui ne travaillent pas, qui gagnent autant, si ce n'est voire plus. Et ça, on peut les comprendre. C'est exaspérant. Il faut que le travail, la valeur travail, paye davantage pour donner aussi envie à ceux qui ne travaillent pas. d'aller le matin et de se dire « Moi, je vais trouver du boulot parce que c'est intéressant, je vais gagner plus. » Il faut leur donner envie d'aller bosser.

17:55
Locuteur 1

Oui, la valeur travail, elle est fondamentale. Il faut y faire attention. Elle a pu être abîmée de temps en temps. Il faut faire attention. Moi, je suis, vous l'avez compris, très favorable à la valeur travail. Je pense que je l'ai incarné moi-même dans tout mon parcours. Je pense avoir beaucoup, beaucoup travaillé. Et donc, vous avez, avec le ministre du Travail, quelqu'un qui sait ce que c'est que le travail, qui croit au travail et à l'apport du travail, qui est très important. D'abord, le travail crée les richesses. Et les richesses, il faut les créer d'abord avant de les partager. Et c'est le travail qui les crée.

Et puis, le travail, c'est une forme d'émancipation, c'est une forme d'utilité sociale qui est fondamentale. Voilà. Et une forme de réalisation personnelle. Donc, je crois au travail, bien évidemment. Et vous avez raison, il faut que le travail paie. Il faut que le travail paie plus que le non-travail. Je suis d'accord avec ça. D'ailleurs, on avait préparé un projet de loi. Je ne sais pas si on aura le temps de le passer à l'Assemblée, mais il est quasiment prêt. On a alors là travaillé, il est passé au Conseil d'État pour justement faire en sorte qu'il y ait une incitation au travail.

Et dans les principes, par exemple, de ce projet de loi, on voulait dire, voilà, dans un foyer, un foyer où il y a du travail doit gagner un peu plus qu'un foyer où il n'y a pas de travail. Voilà. Donc, c'est ça.

18:51
Locuteur 2

Ce projet de loi en question ne sera pas présenté, on l'imagine, à la période d'estival.

18:53
Locuteur 1

Non, je ne pense pas. Je ne pense pas. Mais en tout cas, ça veut dire que l'idée est là, le débat est là, le débat politique est là. On est prêt à l'avoir. Et moi, je pense qu'il faut trouver des équilibres là aussi. Il faut aider ceux qui sont vraiment dans le besoin. Il faut leur tendre la main. Dès lors qu'ils font l'effort de revenir vers le travail. Et deuxièmement, il faut aussi, bien sûr, qu'il y ait une incitation au travail. Il faut trouver des équilibres entre les deux projets.

19:11
Locuteur 2

Jean-Pierre Farrandou, vous êtes ministre du Travail et des Solidarités. Vous avez été aussi le patron de la SNCF. Et la SNCF, c'est tombé, les chiffres sont tombés là, qui dégage un profit record de 1,2 milliard d'euros au premier semestre. Et c'est important parce qu'il y a le grand chassé croisé juilletiste haussien qui arrive. Les gens prennent de plus en plus le train, beaucoup le train, mais trouvent que les billets sont toujours trop chers. Comment faire, à un moment donné, est-ce que c'est possible que ces billets de train baissent au vu des records incroyables que la compagnie

19:41
Locuteur 1

vient d'avoir ? Je crois d'abord, il faut se réjouir qu'une grande compagnie nationale comme la SNCF soit performante. On parle d'entreprise, c'est une entreprise, la SNCF. Certes, une entreprise publique qui appartient au français, c'est une entreprise. Et ce milliard dégagé, il va être réinvesti. Il ne rentre pas dans la poche d'actionnaires privés. Il est réinvesti, notamment sur le réseau ferroviaire national qui en a bien besoin. Il est réinvesti dans l'achat de TGV9 qui vont enfin arriver pour avoir plus de capacités, ce qui permettra d'ailleurs peut-être de baisser les prix quand il y aura plus de capacités. Et il sera réinvesti dans la qualité de service.

Donc, c'est une très bonne nouvelle qu'une grande entreprise publique comme la SNCF gagne de l'argent parce que ça va permettre de rénover le système ferroviaire français dans toutes ses composantes. Donc, c'est une très bonne nouvelle.

20:21
Locuteur 2

On doit conclure, Jean-Pierre Ferrandou, juste un mot. Vous êtes au gouvernement, certes, mais 2027 arrive très vite. Est-ce qu'il y a déjà peut-être une personnalité qui se dégage, selon vous, pour relever la France ? On a parlé du budget, on a parlé du déficit. Est-ce qu'il y a quelqu'un déjà que vous avez peut-être déjà quelqu'un en tête ?

20:36
Locuteur 1

Vous savez, pour le moment, le ministre du Travail et de Solidarité, il a de quoi faire. On enchaîne les crises depuis le début de l'année. Il y a eu l'ourmouze. Il y a eu la canicule et j'ai beaucoup travaillé sur la santé au travail des salariés dans ces périodes de grande chaleur. Maintenant, on a les incendies. A la rentrée, vous l'avez compris, j'ai les budgets. Pour le moment, le ministre du Travail est tout à sa tâche pour répondre aux enjeux des Français.

20:54
Locuteur 2

Et on aura votre candidat sûrement en septembre, à la rentrée, celui auquel vous pensez en tout cas. Le moment venu. Merci, Jean-Pierre Ferrandou. Merci d'avoir été avec nous. Bonne journée. Merci beaucoup.

21:03
Locuteur 1

Merci, Jean-Pierre Ferrandou, ministre du Travail et des Solidarités. Merci, Alexis de la Fléchine.