LFI : GAUCHE OU EXTRÊME GAUCHE ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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La France insoumise est-elle de gauche ou d'extrême gauche ?
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Quels sont les trois éléments retenus pour classer LFI à l'extrême gauche ?
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Êtes-vous d'accord avec le positionnement du ministère de l'Intérieur ?
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La France insoumise mérite-t-elle cette étiquette d'extrême gauche ?
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Le programme de LFI est-il plus à gauche que celui du programme commun ?
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Le parcours de Jean-Luc Mélenchon éclaire-t-il le positionnement de LFI ?
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11 mars 2024, le Conseil d'État classe la France insoumise comme le Parti communiste d'ailleurs à gauche. 4 février dernier, soit la semaine dernière, le ministère de l'intérieur étiquette la France insoumise à l'extrême gauche, cette fois une première depuis la création du parti mélanchonniste. Aussitôt Jean-Luc Mélenchon et les membres de son parti ont récusé ce qualificatif argant qu'il était porteur d'une connotation [musique] disqualifiante et malhonnête alors que des scrutins majeurs se profilent.
Si certains accusent les partisans de LFI de s'éloigner de l'ordre républicain et de surfer sur un certain communautarisme, d'autres en revanche rappelle que leur programme et leur positionnement politique reste dans la droite ligne du socialisme réformiste. Alors, la France insoumise est-elle de gauche ou d'extrême gauche ? Où se situe la lisière qui sépare ces deux espaces ?
Et plus encore, qu'est-ce que l'extrême gauche ? invités ce soir pour tenter de nous répondre pour en débattre du moins. Gill Candard, bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes historien, spécialiste des gauche et membre du conseil d'administration de la fondation Jean Joresse. Face à vous, Sylvain Boulou.
Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes historien des gauches également auteur de communisme et syndicalisme dans la France entre l'entre de guerre.
Un ouvrage qui vient de paraître aux éditions du ser. Merci à tous les deux d'être présents ce soir dans question du soir. Vous avez un bloc extrême gauche, un bloc de gauche, un bloc d'hiver, un bloc centre, un bloc de droite, un bloc extrême droite et on a fait passer la France insoumise du bloc de gauche au bloc extrême gauche.
On prend un faisceau d'indice et parmi ce faisceau d'indice, on a reconnu trois éléments. Le premier, c'est qu'il y a quand même depuis l'été dernier chez la France insoumise une remise en cause très forte de l'autorité judiciaire, de l'autorité parfois des des médias qui sont excusé de de parti prix et puis il y a cette ces accusations systématiques de la police, la police tue et cetera. Vous voyez bien que depuis l'été dernier, il y a une évolution vers une forme de radicalité, parfois des appels à désobéissance civile.
Le deuxième sujet, le deuxième point qu'on a pris en compte, c'est quand même une forme de désalliance aussi au sein du bloc de gauche avec la France insoumise qui appelle à sanctionner notamment le Parti socialiste qui monte des listes contre la gauche traditionnelle. Et puis 3e argument qu'on a pris en compte, pardon, on peut considérer que la France insoumise s'éloigne un peu de nos valeurs universalistes républicaines en donnant la primauté aux aspects communautaire de l'organisation de la société à à aux aspects identitaires. Et donc c'est à ce titre-là qu'on l'a classé à l'extrême gauche.
Le ministre de l'intérieur Laurent Nunz, il s'exprimait sur BFM TV. Est-ce que vous êtes d'accord Gilles Candard avec le positionnement qui a été établi par le ministère de l'intérieur d'abord repris ensuite par le ministre de l'intérieur lui-même ? Alors, il y a deux choses euh gauche, extrême gauche, on peut on peut toujours discuter.
Euh d'ailleurs, oui, on nous allons le faire euh extrême gauche, il y a pas forcément en soit quelque chose de péjoratif. Euh de par le passé, euh on s'est parfois réclamé de l'extrême gauche. Quand je dis, on s'est réclamé de l'extrême gauche, c'est parfois des gens qu'on situerait plus du tout aujourd'hui euh parmi des extrémistes.
Euh, il y a eu sous la 3e République un groupe de l'extrême gauche à fin du 19e siècle. qui a été présidé par des gens comme George Clélemu qui est le modèle de tous les ministres de l'intérieur qui se succèd placeau ou lui blanc ou d'autres qui ont été ministres dans des gouvernements républicains. Donc en soi, je je vois effectivement on peut se dire qu'est-ce qui choquant à mettre quelqu'un à l'extrême gauche.
Mais mettre en 2026 la France insoumise à l'extrême gauche alors que depuis des années on l'a situé à gauche. Euh mettre le parti communiste et donc aussi Europe écologie d'ailleurs à gauche avec le le Parti socialiste. Ça me paraît une position baroque et là dans le commentaire que j'ai entendu du ministre de l'intérieur, je trouve qu'il apporte des arguments qui sont discutables en qui sont évidemment il a le droit les penser des exprimer mais on est dans le débat politique et je pense que évidemment la la France insoumise est fondée à lui répondre et à demander au Conseil d'État de dire le droit afin que les choses soient soient claires.
Parce qu'effectivement la France insoumise a déposé une plainte au Conseil d'État Sylvain Boulou. Alors, est-ce queen 2026 votre position est baroque puisque vous pensez vous-même que la France insoumise mérite cette étiquette de partie d'extrême gauche ? Oui, mais pas forcément pour les raisons qu'évoque le ministre de l'intérieur.
Donc c'est alors déjà faut prendre l'étiquette extrême gauche dans les dans la bouche du ministre de l'intérieur. C'est une étiquette plutôt infamante. Moi je le prends comme une étiquette historique et comme une un positionnement historique.
Si on reprend les différents stades de ce qui a pu être l'extrême, Gill vient d'évoquer que il y avait eu sous la troisème des gens qui sont après venus pour faire esprit d'extrême centre, on va dire comme Clémenceau qui ont siégé à l'extrême gauche. L'extrême gauche réellement historiquement apparaît, on va dire au tournant des années 1920 avec la naissance du Parti communiste et on a eu tendance à classer à l'extrême gauche tout ce qui était à gauche du Parti communiste à partir de 1936 pour être plus précis puisque jusqu'en 1936 le PC était considéré comme d'extrême gauche. L'expression est restée valable jusque dans les années 70-80 puisqu'on avait tous les groupes trotskistes, maistes et cetera qui étaient à la gauche du parti communiste et qui étaient qualifié d'extrême gauche et qui se revendiquaient comme tel.
Les choses ont changé avec la fin de l'URSS, c'est le fait que le communisme ne soit plus aussi important. Cela étant le parti communiste existant toujours, on peut considérer que ce qui est à la gauche du PC est encore d'extrême gauche. C'est ce que disent que c'est ce qu'affirment même beaucoup de politistes aujourd'hui est considéré d'extrême gauche comme l'ensemble des partis, des groupes, des organisations à gauche du parti communiste.
Oui. Et mais il y a eu entre-temps des évolutions sémantiques, c'est-à-dire qu'avec la chute du mur de Berlin, on est passé pour qualifier une partie de la gauche anticapitaliste à la gauche antilibérale. Ça était un peu le cas jusqu'à 2005 au moment du nom référendum.
C'était le nom de gauche antilibérale. Après 2005, cette gauche est devenue une gauche qu'on a appelé radicale. Alors le terme est un peu fort parce que le gauche radical, on pouvait aller du NPA enfin qui était encore la ligue communiste révolutionnaire jusqu'à jusqu'à le parti de gauche donc qui est une des composantes de la France insoumise.
Aujourd'hui, la France insoumise en tant que telle est plus à gauche que le Parti communiste. C'est un des arguments sur un plan historique qui me fait justifier cette position, non pas avec les mots du ministre de l'intérieur, mais sur l'analyse et le continuum de ce qui a pu se passer depuis depuis un siècle. Donc la variable première, la vôtre en tout cas Sylvain Boulou au regard de l'histoire, c'est d'abord et avant tout le positionnement par rapport au parti communiste.
On pourrait arguer que c'est une question d'ailleurs he pour vous Gill Candard que le PC s'est simplement droitisé. Et si la France insoumise est restée statique, alors est-ce qu'elle mérite, c'est une question là aussi, est-ce qu'elle mérite d'être qualifiée comme parti d'extrême gauche ? Je ne suis pas sûr que le Parti communiste se sente moins à gauche que la France insoumise.
On peut dire qu'il est dans une logique peut-être actuellement davantage de rassemblement parce que bon sans doute effectivement compte tenu de l'état de ses forces, il a besoin de faire des alliances. il fait parfois des alliances avec les écologistes, plus souvent avec les socialistes, mais aussi dans certain nombre de cas avec la France insoumise. Donc euh utiliser l'argument que LFI euh serait sur certains sujets plus à gauche que le Parti communiste me semble ne me semble pas à l'heure actuelle être encore démontré. au fond tous les deux manifestent un certain attachement, je dirais à une économie un peu dirigée avec un fort programme social, avec une planification démocratique et cetera.
Il y a pas d'énormes différences sur le plan doctrinal entre la France insoumise où il y a beaucoup d'anciens militant soit socialiste, soit trotskiste, soit parfois venu aussi du parti communiste et le parti communiste français ou d'autres courants bah de gauche ou de l'extrême gauche. Donc la la classification sur il y a donc celle de Laurent Nunz. Bon, il y a celle de Sylvain euh Boulou qui vient d'être donnée.
Bon, ce sont des classifications intéressantes sans doute mais qui toutes les deux me paraissent pouv être euh remises en question. Et donc je suis je suis un petit peu surpris que brusquement comme ça le ministre de l'intérieur change les ses ses règles en quelque sorte enfin sa classification pour des élections municipales où avoir justement de toute façon énormément de dis d'union pas forcément toujours au premier tour mais souvent au second tour. Sylvain Boulou votre réaction et après je reviendrai à la charge Gill Candard sur la définition de ce qu'est l'extrême gauche.
Alors il y a plusieurs choses. Puis on laisse de côté la définition faite par le ministre de l'intérieur. Il y a aussi tout le travail théorique extrêmement important avec des clin des clins d'œil historique.
La dernière brochure enfin le dernier texte signé par Mélenchon Geté Bonpard et Panu qui s'appelle comment faire. Vous voyez là aussi la référence à l'énine donc au texte que faire marque un certain un certain nombre d'indicateurs qui permettent de de qualifier euh le programme de de LFI de nettement plus à gauche que celui du PC. Quand on compare les deux programmes, ça c'est indéable.
La deuxième chose, le PC ne parle plus de révolution. l'expression une des expressions phare de de LFI et la révolution citoyenne. Il y a dans le programme de LFI un certain nombre d'éléments.
L'appel à une constituante donc il y a une 6e République qui est en rupture avec la 5e République. Alors ça c'est pas quelque chose de forcément nouveau pour LFI mais il y a une rupture très nette avec un refus dans ce programme que les députés les anciens députés siègent dans cette constitue dans cette constituante. Donc on est quand même dans une définition et une redéfinition du politique parce qu'il y a un certain nombre d'autres éléments qui redéfinissent le politique qui sont en rupture complète et qui bongri magré se rapproche de des programmes de l'extrême gauche est-ce qu'on a pu les lire avec cette nuance c'est comme il reste un certain nombre d'autres groupes d'extrême gauche comme le NPA enfin les NPA maintenant plus lutte ouvrière plus révolution permanente la la discussion peut peut va être compliqué dans les pratiques militantes, on retrouve quand même un certain nombre d'éléments communs qui soit de l'ensemble des groupe que je viens d'évoquer y compris à les filles sur le programme c'est intéressant Gilles Candard parce que en retour beaucoup de personnes et notamment membres de la France insoumise qui refusent l'étiquette d'extrême gauche pour leur propre mouvement argue du fait que le programme de la France insoumise n'est pas d'extrême gauche qu'il correspond dans le fond à ce que Dès et déjà, dans les années 70, le Parti socialiste allié au Parti communiste établissait et qu'il n'y a pas de grande évolution de fond.
à l'époque, on ne parlait pas d'extrême gauche, on parlait d'un programme de gauche. Oui. Et encore une fois, ce qui à la limite, on avait toujours mis la France insoumise à à l'extrême gauche depuis que qu'elle existe.
Bon, je je pourrais davantage entendre sur le programme alors si on s'intéresse donc je répondre sur le programme. Effectivement, moi j'ai le souvenir du programme commun où des envolés de François Mitteran lorsqu'il disait que pour être socialiste euh il fallait au moins accepter la rupture la rupture avec l'ordre établi. Et quand euh il y avait les campagnes de des années 70 jusqu'en 1981 avec un programme de nationalisation très étendue euh une parfois même aussi une remise en cause des des alliances internationales.
D'après tout le maintien du Parti socialiste dans l'international socialiste avait été adopté à une courte majorité au début de l'histoire du parti socialiste. On entendait quand même un un discours aussi bien chez les socialistes évidemment à force chez les communistes dans les années 70 et 80 qui apparaissait comme étant beaucoup plus en rupture avec je dirais à la fois les habitudes parlementaires mais surtout je dirais les le positionnement économique ou social de la majorité ou même de ce qui se passait dans beaucoup d'Europe avec des gouvernements socio-démocrates et à l'époque On enfin je disais à l'époque, vous savez de l'intérieur, ils ont toujours fait un petit peu comme ça parce que je me souviens bien de Jacques Chirac parlant des communistes et de leurs alliés socialiste du programme commun en en insistant sur l'assolence pour qu'on comprenne que les socialistes étaient en fait des auxiliaires du parti communiste. On est dans un onu de cette nature, si on compare ce programme commun, donc le programme d'union de la gauche dans les années 70 au programme de la France insoumise aujourd'hui, comment établir cette comparaison Sylvain Boulou ?
Est-ce que le programme de la France insoumise vous paraît plus à gauche, plus à droite que celui du programme commun ? Là, la réponse c'est quasiment impossible terme terminologiquement enfin de programme à programme dans la mesure où le monde a complètement changé. Il y a une donnée fondamentale qui qui le marqueur par exemple des nationalisations.
Non non, il y a une autre donnée fondamentale qui était l'existence de l'URSS qui déterminait un nombre d'alliances et de rapports à gauche qui était extrêmement important y compris avec l'extrême gauche quand elle existait donc les trotskistes, les maoistes ou les anarchistes qui faisait que c'était la politique internationale vis-à-vis du RSS était un élément déterminant. Ils sont incomparables donc ces programmes ? Alors, ils sont comparables sur certains points sur la question des nationalisations, mais il y a aussi un certain nombre d'autres éléments qui sont totalement nouveaux.
Euh toute la question euh écologique de la planification écologique qui n'a rien à voir avec la planification industrielle dont euh dont se revendiquait le le programme commun. La question des nationalisations, la gestion des nationalisations n'est plus la même. Un autre thème très intéressant dans le programme de Lfi, c'est toute la réflexion qu'il mène autour du communalisme. communalisme terme qu'ils ont emprunté un libertaire américain qui s'appelait Muret Bookchin qui veut redonner alors avec des nuances puisqueils sont pas du tout libs libertaires sur cet aspect-là avec des nuances parce que ils veulent quand même que le pouvoir ne leur échappe pas mais vous avez cette dimension fédérale des des communes qui est intégrée dans une partie du programme de de LFI.
Et dernière chose, c'est j'en reviens à ce texte parce qu'il est vraiment important à mon avis, c'est que ce comment faire dit tout ce qui s'est passé avant, c'est fini. Il faut qu'on arrive à redéfinir du politique et redéfinir le politique autrement par rapport au vieux partis et par rapport au vieux messages qui pouvaient exister. Donc je pense qu'on est aussi dans une nouvelle ère qui fait que il y a une redistribution des cartes et une redistribution de l'espace politique dans lequel elle est fie avec une formule qui est absolument magnifique qui dit un pied dedans un pied dehors.
Les filles jouent sur euh les deux tableaux ce qui leur permet de d'être par moment du côté de l'extrême gauche de l'autre moment d'un autre moment d'apparaître comme à partie de type réformiste plus classique. Comment analysez-vous, Gill Candard, cette ambiguïé décrite par Sylvain Boulou et cette ambiguïté notamment de de positionnement comme un pont entre une gauche peut-être plus extrême d'un côté et une gauche plus réformiste de l'autre ? Ah bah qui a des différences au sein de la des gauches ?
Oui. Euh aujourd'hui comme hier, mais justement la position de LFI, moi me rappelle un peu ce qu'on fait parfois. Alors effectivement, en général, euh la partie de la gauche qui est euh qui essaie de capter le plus disons les aspirations un changement radical ou un changement important.
Euh les communistes euh savaient aussi très bien gérer leur municipalité et en même temps euh euh agiter le disons l'espoir d'une société radicalement différente. Euh les les soviettes partout et cetera. Les socialistes à l'époque de Jorès et Gued sont aussi à la fois euh au niveau parlementaire souvent dans des logique d'alliance républicaine avec les radicaux pour faire passer je ne sais pas moi, la séparation des églises et de l'État ou les ou le droit à la retraite enfin les premières retraites des ouvrières ou d'autres ou la diminution du temps de travail, d'autres réformes et ils sont porteurs auprès de leur électorat d'une espérance révolutionnaire qui va beaucoup plus loin.
Est-ce que Sylvain dit mon avis très très justement sur disons les les innovations qu'apporte la France insoumise pour moi peut-être aussi une différence d'âge me fait beaucoup penser à ce que ce qu'on fait Mitteran et les socialistes après 68 où on voit bien qu'ils ont réussi à disons à capter une bonne part de l'esprit de un peu contestataire de de nouvelles revendications sur le cadre de vie sur le féminisme et cetera. Lorsque François Mitteran et et d'autres font des des séminaires ou font travailler dans leur club d'étude des gens comme Giselle Alimi qui sera député socialiste apparenté euh où où prennent effectivement des nouveaux thèmes bah sur sur effectivement la le droit à l'avortement, l'égalité pour les LGBT enfin à l'époque plutôt les homosexuels maisant on dirait les MGTQI et cetera. Il il y a il y a cette volonté d'effectivement d'être en en associé à à tout ce qui se passe dans la de la société et en même temps le le porter sur le plan politique.
Alors LFI le fait à sa manière qui une manière avec laquelle on peut passer toujours euh d'accord. Il y a d'autres manières de faire euh à gauche mais si vous voulez j'ai pas l'impression que LFI sort disons du du champ politique traditionnel de la gauche quand elle fait à sa manière ce ce travail. L'une des manières, par ailleurs, Sylvain Boulou, de définir l'extrême gauche, c'est peut-être aussi le rapport de cet extrême gauche aux élection à la voie légale pour accéder au pouvoir.
Or euh la France insoumise peut-être respecte aussi le jeu des élections, estimbé en partie du moins d'une culture républicaine. Nous des alliances pour les municipales, ils sont pleinement dans ce jeu. Non.
Alors sur les alliances pour municipales, là il y a une évolution puisqu'on voit sur les prochaines élections, on voit que les filles va seul. Sur le jeu parlementaire, il y a un double niveau de la même manière. C'est-à-dire qu'il y a alors je suis renvoyé une très très vieille brochure que plus personne ne connaît qui s'appelait des bolcheviques au parlement de sariste d'un certain badf.
Mais il y a de quoi s'agit-il alors pour nous éclairer Alors très très simplement, c'est que avant 1917 euh mais chez certains militants et les filles, il y a cette culture là qui est encore préignante, au moins chez le principal représentant, ça détermine pas mal de choses quand même. C'était on va utiliser le parlement et le travail parlementaire pour en faire une tribune. C'est exactement ce que peuvent dire lutte ouvrière. alors sans avoir délu et mais c'est exactement ce que font lut ouvrière les NPA ou euh Révolution permanente se servant des tribunes électorales pour faire passer des messages.
Ce que vous dites, pardonnez-moi pour clarifier les choses, ce que vous dites en creux, c'est que le style aujourd'hui des députés LFI à l'Assemblée nationale participe de cette stratégie d'utiliser leurs sièges comme des tribunes parlementaires. Il y a les deux dimensions parce qu'il y a aussi un réel travail, ils veulent ils sont réel travail parlementaire mais il y a une dimension enfin tribunicienne n'est pas la bonne le bon terme une dimension démonstrative démonstrative on pourrait dire pratiquement plbyenne dans ou dans le sens de l'expression qui est de vouloir utiliser réellement le parlement à des fins autres que le travail parlementaire mais c'est parce que ça correspond à des formes historiques anciennes qu'on retrouve trouve pas dans d'autres dans d'autres formations politiques de la même manière. C'est-à-dire que on prend le travail parlementaire d'un Bloom ou du groupe socialiste entre les deux hier ou par la suite, on retrouve pas du tout la même chose.
Il y a une sur ce sur les sont diverses, nous sommes d'accord sur ce style parlementaire et c'est peut-être aussi un argument qu'on observe beaucoup dans la presse dernièrement ces derniers jours pour justifier entre guillemets du fait que les fils seraient d'extrême gauche. C'est notamment ce style typique que l'on retrouve au cours de la dernière législative législature à l'Assemblée nationale. Ah oui, mais ça on peut avoir l'appréciation qu'on veut sur le Mais en tant qu'historien, vous avez vu cette évolution ou en tant qu'historien ?
Alors Sylvain vient de parler de finalement un petit peu des traditions belcheviques qui qui ont existé en France. Le parti communiste français, il a à la fois un pied je dirais un du côté des des 21 conditions d'adhésion à l'international du bolchevisme ministre. Mais il y a aussi un pied dans la tradition républicaine de gauche rurale un peu d'extrême gauche française mais d'extrême gauche républicaine.
Et avant c'était davantage effectivement les socialistes qui portaient. Mais si vous voulez du chau à la à la Chambre des députés, soit la 3e République, vous en avez eu des députés qui s'agressaient, qui se battaient à l'Assemblée, vous en avez eu. Je ressppé par un député nationaliste.
Il y a des duels qui se déroulent parce que il y a des échanges trop vifs à l'intérieur des députés. Donc c'est un ch relatif que l'on observe aujourd'hui. Bah, je dirais que moi par rapport à ce que prè avance Sylvain, je je suis j'ai bon c'est aussi une question euh disons d'âge ou de des différentes périodes sur lesquelles nous nous travaillons, mais j'ai tendance à euh trouver que finalement il y a des de vieilles recettes qui sont prises par les insoumirs évidemment au goût du jour avec des analyses adaptées à notre société.
Sylvain Boulou que vous souhaitiez réagir. Non, il y a des vieilles recettes, mais ces vieilles recettes se rapportent à des traditions qui sont plus marquées par l'histoire de l'extrême gauche, y compris parlementaire, que par l'histoire de la gauche. C'est c'est dans ce sens-là que je dis qu'il y a il y a cette dimension.
Et après toute la question alors ça c'est le PC n'était plus qualifié d'extrême droite d'extrême gauche pardon je je l'ai dit mais il y avait toute cette dimension révolutionnaire qu'on retrouve dans le dans Lfi au sein du parti communiste et qui utilisait d'une autre manière alors après tous les politiques utilisent le travail parlementaire pour faire de la politique ça c'est normal mais qui utilisait le travail parlementaire pour porter un certain nombre d'éléments qui étaient des éléments révolutionnaires. Oui. Et quand les mensau dit à Jul Féri vous êtes plus des ministres, vous êtes des accusés, lui aussi a un ton qui est un ton de rupture et un ton révolutionnaire.
Je voudrais vous faire entendre une voix, vous allez la reconnaître. Il était ministre délégué à l'enseignement professionnel. Je parle évidemment de Jean-Luc Mélenchon.
On est le 5 mars 2002. Avec les 35 heures, l'agro et les socialistes ont fait le choix du refus du travail, du loisir contre le travail. Une caricature de la droite, un talent d'orateur facile pour Jean-Luc Mélenchon de captiver son auditoire pendant plus d'h30.
L'heure est au bilan pour le PSI et la communication en première ligne qu'il avait le sentiment que ce qu'il avait entrepris manquait de force. Il demande au français, "Donnez-moi la force." Réponse : Les Français lui envoient la gauche.
Un discours radical, antilibéral contre les fonds de pension pour la fonction publique. Sans surprise, Jean-Luc Mélenchon est socialiste. C'est pas la jungle ici, c'est la France, c'est une République.
Et sur tous nos bâtiments officiels, il est marqué liberté, égalité, égalité. Oh, on n'est pas à vouloir voir qu'une seule tête, mais quand même. Et fraternité.
Est-ce que Gill Candard, le parcours de Jean-Luc Mélenchon lui-même nous éclaire sur ce positionnement de LFI ? C'est un parcours complexe au sein de la gauche, il faut le rappeler brièvement. Formation trotskiste, lambertiste dans sa jeunesse, puis une longue carrière au Parti socialiste, ministre de la gauche pluriel, rupture avec celle-ci en 2008.
Est-ce que là, encore une fois, vous identifiez dans cette trajectoire un moyen de comprendre où se situe aujourd'hui la France insoumise ? Ah ! J'ai oui, j'hésite parce que bon, Jean-Luc Mélenchon a à un parcours qui qui est sans doute pas terminé d'ailleurs.
Et bon, évidemment, on peut dire que ce qui est surprenant, c'est qu' en principe on est souvent habitué à des gens qui commencent très à gauche et qui se modèrent en vieillissant et Jean-Luc Mélenchon effectivement à il a été un moment de Benjamin du Sénat alors qu' qu'il avait été militant trotksist dans sa jeunesse. Je peux dire qu' il donnait l'impression peut-être de commencer comme cela, mais effectivement lorsqu'il il a rompu avec le parti socialiste qui a fondé le parti de gauche qui s'est associé au parti communiste puis il a concurrencé le parti communiste, on peut considérer qu'il a évolué en sens inverse. Bon après, on peut avoir des appréciations critiques hein sur son parcours à tel ou tel moment.
Mais pour moi, même si on a des appréciations critiques, je reconnais tout de même dans cette disons dans cette évolution un certain nombre disons de de de grands de grands signes disons d'appartenance à une gauche qui peut être c'est pour ça que Nicolas Rousselier proposait dans le monde hier d'appeler gauche radicale. Pourquoi pas ? Je je trouve qu'il a des signes rusé le le constitutionnaliste.
Oui. Historien voilà professeur à science po je crois toujours. Et bien donc d'autres collègues d'une certaine manière.
Voilà. Donc je je je reconnais disons en Jean-Luc Mélenchon et dans la France insoumise un certain nombre de caractéristiques qui appartiennent à l'ensemble de la gauche. Alors aujourd'hui sur un évidemment avec un positionnement euh bah qui n'est pas très unitaire parce que la France insoumise veut se faire une place hein aussi.
Donc évidemment, elle veut prendre des places parfois à ses partenaires éventuelles. Et puis donc c'est les sénatorial aussi qui sont derrière tout cela. Bon, ça c'est je dirais que ça fait partie un peu du jeu classique de la politique et puis parfois effectivement des des positions qui sont un peu des des positions disons de de rupture plus assumé mais je ne vois pas en quoi ça sortirait si vous voulez du champ traditionnel de l'ensemble gauche y compris dans ces versions les plus radicales les plus révolutionnaires si on veut parce que la révolution ça fait partie de l'histoire de la gauche depuis les origines et vous avez raison et je me suis trompé Nicolas Roussolier effectivement est historien du politique et pas du tout du tout constitutionnaliste.
Sylvain Boulou. Ben avec cette catégorisation, on peut faire rentrer les fil dans dans l'extrême gauche puisque bah alors alors comment faites-vous ? Ben, puisque euh la gauche va du centre gauche jusqu'à l'extrême gauche, rien n'empêche la catégorisation de Gilles d'être approprié.
Après, je voudrais bien revenir sur le parcours de Mélenchon parce que donc on a effectivement en début de carrière une formation qui est très importante dans cette formation qui était une formation de trotskis mais d'un type particulier trot qui est lambertisme qui avait un très haut niveau d'exigence intellectuelle. Euh ça c'est la première chose. Après il a évolué comme un certain nombre d'entre d'autres lambertistes qui sont devenus des cadres socialistes soit qui sont allés vers le centre gauche soit d'autres qui sont restés à la gauche du parti dans une stratégie d'entrisme dit-on parfois.
Alors pour Jean-Luc Mélenchon, a priori même pas la question se posait même pas, enfin il est rentré mais c'est pas ce qui a l'a déterminé, contrairement à un autre groupe d'envertis qui s'appelait convergence 84 qui eux ont tenté de faire de l'entrise ou comme l'ancien premier secrétaire du parti socialiste puis premier ministre Jospin qui était en pour faire de l'entrisme là qui est quand même devenu plus socialiste que plus socialiste que mais bon euh après donc Jean-Luc Mélenchon évolue à la gauche du PS jusqu'au moment où enfin avec cette rupture en 2005 qui est importante euh sur le autour du nom de gauche au référendum sur le traité constitutionnel. Puis il y a cette longue évolution avec plusieurs phases à l'intérieur de LFI et LFI, vous m'auriez demandé il y a quelques mois voire même quelques années voire quelques mois me poser la question de savoir si LFI étaient d'extrême gauche. J'aurais répondu non.
Aujourd'hui, pour moi la question ne se pose enfin se enfin ne se pose plus en fait mais dans l'autre sens c'est qu'est-ce qui a renouvelé alors cette question ce questionnement c'est les questions programmatiques. C'est un certain nombre de prises de position de LFI dans l'espace public. Par exemple pendant très longtemps, il été très réticents sur l'opposition force de l'ordre.
Ils sont beaucoup plus dans la dans une recherche de la confrontation indirecte, pas directe he pas c'est pas des black block directement mais il y a cet aspect-là, il y a toutes les questions internationales où ils ont un positionnement qui ressemble fortement à tous les autres groupes d'extrême gauche qui n'est pas le cas de des autres formations de de la gauche plus traditionnelle. Euh donc il y a tous ces éléments-là qui font que il y a eu un déplacement déplacement qui est rendu possible aussi parce que le rapport de force euh a énormément changé à gauche. Puis dernière toute petite chose, quand on regarde le groupe parlementaire de LFI, c'est tout à fait passionnant parce que il y a un certain nombre de cadres de et de parlementaires de LI qui viennent et qui ont une formation plus qu'une formation qui sont restés soit pour certains encore Lambertistes, soit pour d'autres encore plus militants au NPA mais proche très très proche du NPA. sur l'avantdernier point soulevé par Sylvain Boulou, Gill Candar, est-ce que vous avez observé vous-même un déplacement euh idéologique, programmatique un un déplacement de positionnement au cours des derniers mois ?
Moi, je ne suis pas en désaccord avec tout ce que dit Sylvain, mais bon, certains députés par exemple effectivement sont comme tu les décrits, mais après ils peuvent parfois évoluer, mais tous les députés LFI ne sont pas non plus forcément comme cela. Et comme la FI évite soigneusement de faire des congrès et disons avoir des explications internes, il y a bah l'état gazeux un certain flou qui permet suivant les campagnes, suivant les périodes de euh d'aller plus vers les l'extrême disons ou parfois plus vers la gauche. Et moi ce que je retiens et je trouve très intéressant actuellement, c'est que il y a eu tout de même il y a quelques temps toute une période où les dirigeants de de LFI ne voulaient plus qu'on emploie les termes de gauche où il récus la notion de gauche.
Donc aujourd'hui, le fait de vouloir les classer à l'extrême gauche provoque de leur part la volonté de bien se marquer comme étant à gauche. Donc moi, je trouve intéressant pour l'avenir que disons qu'on est classe à l'extrême gauche ou pas, cette revendication d'appartenance à l'ensemble de la gauche quelque part par rapport à toutes les ruptures qui qui professent parfois, je trouve cela plutôt disons rassurant pour l'ensemble de la gauche. Reste à démontrer rapidement.
Que pensez par ailleurs de l'expression de gauche radicale ? Est-ce que là aussi elle permet de de créer de fonder une catégorie opérante pour comprendre où se situe où se situe la LFI ? Bah c'est ce que donc c'est ce que proposait effectivement Nicolas Rousseier hier.
Euh bon pourquoi pas en tant en tant qu'historien, je me suis dit je parlais de l'extrême gauche de Clémenceau tout à l'heure, gauche radical c'était le nom de d'autres groupes des radicaux modérés. Je crains que ça ça entraîne une certaine confusion mais vous savez les mots ils n'ont que des emplois hein. C'est j'avais un professeur d'histoire très très sévère mais Albert Sobou qui nous disputait en disant les mots n'ont pas de sens, il des emplois.
Je crois que c'est quelque chose peut-être à garder si ça permet disons de classer les choses plus facilement. On peut on peut on peut le faire. Mais ce qui compte à mon avis, c'est surtout de savoir après comment politiquement les différents groupes se retrouvent.
Sylvain Boulou en quelques mots. Après, il y a deux éléments qui sont importants, c'est que LFI veut aller seul à un certain nombre d'élections. Et la deuxième chose qui me semble très importante, c'est que systématiquement ils accusent tous ceux qui sont pas d'accord avec eux à gauche d'être des traîtres.
Et ça c'est une caractéristique qui fait partie d'une culture politique qui relève de l'extrême gauche. Merci à tous les deux de ces points historique, de ces analyses. Gill Candard, historien, spécialiste des gauches, membre du conseil d'administration de la fondation Jean Jores.
Sylvain Boulou, historien des gauche, auteur de communisme et syndicalisme dans la France entre l'entre de guerre. C'est un ouvrage qui paraît aujourd'hui aux éditions du CER. Merci également à celles et ceux qui ont préparé cette émission.
Stéphanie Villu Diane de Vanaet Antoine Mathias Mé às suivre après le journal une autre question. Comment la révolution a-t-elle affaibli le contrôle des élus ?
Jean-Luc Mélenchon