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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 13 novembre 2017 15 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEurope & internationalInstitutions & élections

«IL FAUT RÉGLER LA QUESTION DE LA DETTE» - Mélenchon

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45MélenchonFait
    « Les réformes du cadre administratif du pays par monsieur Hollande, ne répondaient à aucune espèce de nécessité. Il l'a fait parce que l'Europe l'a demandé. »
  • 1:15MélenchonFait
    « La règle de 3 %. Quelle que soit la situation. Quel que soit le contexte. À supposer que ce soit un bon chiffre, elle s'applique. »
  • 1:45MélenchonChiffre
    « Les français ne doivent pas 2200 milliards comme on le dit d'habitude ou dans ces eaux là, ils doivent en plus la même somme en tant que dette privée. Autrement dit, il y en a pour 4500 milliards ! »
  • 2:15MélenchonChiffre
    « La dette de la Grèce est à présent de 186 % du PIB, c'est à dire, quelque chose comme 15 points de plus... 20 point de plus qu'au point de départ. »
  • 3:15MélenchonChiffre
    « Si vous rapportez la dette de la France, à la durée moyenne d'un titre de dette conclu par l'état, qui est de 7 ans et 31 jours, l'endettement total de la France est, par rapport au PIB des années considérées, de 12%. »
  • 3:45MélenchonFait
    « Les investisseurs en France ont décidé de ralentir leurs investissements pour l'année 2017 et ne prévoient rien pour l'année 2018. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le ministre, chers collègues, bonjour. Je demande le renvoi, au nom du groupe la France Insoumise, de tout le document à la commission. Je le justifie par le fait que j'estime que les deux cadres qui organisent la pensée de ce budget (car ce budget n'est pas une simple compilation de mesures) sont erronés.

Le premier, c'est que vous suivez sans originalité, permettez-moi de le dire, parce que beaucoup croient que le budget est une création particulière résultant de l'imagination du gouvernement en place. Non ! C'est la traduction de la feuille de route de la commission européenne telle qu'elle nous est délivrée tous les ans, à l'issue du fameux semestre européen.

D'ailleurs dans un passé récent, les gouvernements français, quels qu'ils soient, n'ont fait que cela. Plus ou moins bien. Mais que cela.

Par exemple, les réformes du cadre administratif du pays par monsieur Hollande, ne répondaient à aucune espèce de nécessité. Il l'a fait parce que l'Europe l'a demandé et après sa première copie, comme elle n'était pas au point, il a lui-même réformer sa propre réforme qui n'était pas entrée en vigueur. C'est l'organisation des régions.

Depuis la réclamation sur le code du travail est incessante. À chaque semestre européen, la commission nous demande de fluidifier, flexibiliser, etc... les relations de travail et vous avez commencé par ça.

Je ne donne que ces deux exemples, parce que je veux venir tout de suite à la critique de fond, que je veux adresser à cette pensée qui résulte du travail de la commission et de ses préjugés idéologiques. D'abord l'absurdité de la règle de 3 %. Quelle que soit la situation.

Quel que soit le contexte. À supposer que ce soit un bon chiffre, elle s'applique. Autrement dit, il est impossible de prendre des mesures contracycliques.

Or, pendant des décennies, la France s'est caractérisée du fait de son organisation, par le fait qu'elle avait une économie contracyclique. Là, maintenant, impossible ! 3 % quoi qu'il arrive !

Alors évidemment, on peut toujours se piquer de sérieux sur les 3% mais c'est une une blague ! Lorsque la limite du déficit a été fixée, les allemands ont proposé 5 %. Ce sont les français qui ont proposé 3%, et c'est un inspecteur général des finances qui raconte ça très bien : monsieur Abeille.

Nous connaissons l'auteur de Ces 3 %. C'est un homme dans un bureau à qui on a dit : 5, c'est beaucoup trop. 1, c'est ridicule, 3 ça fait au milieu, ça fait sérieux.

Ça fait sérieux mais ça ne l'est pas. Car il suffit de regarder ce qu'est le bilan du pays auquel ce remède de cheval a été appliqué, contre... contre tout bon sens.

Il s'agit de la Grèce. La crise a commencé en 2010. Vous vous en souvenez mes chers collègues.

Et bien, à cette époque, la dette de la Grèce était de 146% du PIB. Six ans après, c'est à dire, après que le produit intérieur brut se soit écroulé du quart : 25% Que les salaires se soit écroulés du quart, que les pensions de retraite soient écroulées de 20%, que le chômage soit monté jusqu'à 22,5 et que quatre cent mille personnes aient dû quitter leur pays parce qu'elles ne pouvaient plus vivre, où en sommes nous ? La dette de la Grèce est à présent de 186 % du PIB, c'est à dire, quelque chose comme 15 points de plus... 20 point de plus qu'au point de départ.

Rien n'a été réglé. Qu'attendez vous donc de remettre deux chevaux qui ne guérissent rien mais qui ont plutôt tendance à faire mourir la bête ? Et si on veut regarder d'encore plus près, on s'étonnera d'apprendre que la grèce dégage chaque année 2,9 % d'excédent brut à son budget 2,9% !

Nous autres français, nous en sommes loin. Et bien avec 2,9% ça signifie qu'il y en a pour 50 ans à écluser l'état actuel de la dette. 50 ans !

Est-ce que la commission européenne s'apprête à dire à la Grèce et aux jeunes grecs et aux générations actives de la Grèce, pendant les 50 prochaines années, l'unique plan, l'unique objectif politique que le pays va se donner c'est de rembourser la dette. Et bien, c'est ce qu'on est en train de faire. Et tout ça, sur la base de calculs dont vous me permettrez de mettre maintenant en cause l'existence même et la nature.

Enfin qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire, de comparer le niveau d'une dette à la production de richesse d'une année, monsieur le ministre. Qu'est ce que ça signifie ? Quel est... quel rapport objectif cela décrit-il ?

Est-ce que l'un quelconque d'entre nous voit son endettement évalué par rapport à son revenu annuel ? Mais bien dans ce cas là tout le monde est mort ! Mais non monsieur !

Pas dans les dettes privées. Allons, allons, allons, allons Mr de Courson. Allons.

Reprenez vous je vous prie. Et ne m'interrompez pas ! Par conséquent...

Ou si vous voulez m'interrompre... je vous donne la permission, hein...

Voilà merci. Non ! C'est absurde.

Si vous rapportez la dette de la France, à la durée moyenne d'un titre de dette conclu par l'état, qui est de 7 ans et 31 jours, l'endettement total de la France est, par rapport au PIB des années considérées, de 12%, c'est à dire rien qui justifie les sacrifices et les destructions auxquelles nous sommes appelés. Ça, c'est le premier point : le cadre de la règle d'or. Le cadre intellectuel et conceptuel de l'économie tel que le pense la commission européenne est une absurdité qui ne va pas vous permettre de faire face aux événements qui arrivent et dont je veux dire un mot.

Nous sommes donc, deuxième cadre de votre budget, dans l'idée, au fond, qu'on a... (que vous avez récusée, je m'en souviens très bien) de la théorie du ruissellement et là, où la théorie du ruissellement, on connaît.

On empile de l'argent en haut et il finit par dégringoler les grosses miettes sur ceux qui sont en dessous. Le ministre a dit pas du tout, c'est pas comme ça, c'est pas ça que nous avons en tête, c'est tout autre chose. Nous donnons de l'argent en ne prenant pas des impôts.

Nous donnons 10 milliards et nous savons que ces 10 milliards vont créer des investissements qui eux-mêmes vont créer des emplois, qui eux-mêmes leur apporter des taxes et des impôts et le monde meilleur, auquel aspire, j'en suis persuadé, Mr Bruno Le Maire mais qu'il ne verrait pas... qu'il ne verra pas avec de telles méthodes.

Cette théorie bute sur un point très clair. Il n'est prouvé nulle part que l'argent de plus que l'on donne au capital, va vers le travail et l'investissement. il n'existe aucune preuve de cette affirmation.

De la même manière que la preuve de l'inanité de la politique de la Grèce... je sais pas pourquoi ça vous amuse monsieur le ministre mais, je suis sûr que vous avez une bonne raison d'en rire, mais moi, je le prends très au sérieux.

Je le prends très au sérieux. Parce qu'après tout, peut-être que vous pourriez avoir raison, mais personne ne critique ce point de la doctrine économique. Vous m'avez répondu dans le débat.

Vous m'avez dit : mais Mr Mélenchon, si ! L'argent ira à la production." "Pourquoi ?

Parce que le bon sens." Voilà. Et vous avez mis en avant le...

Je m'excuse c'est dans les débats. Or, nul part, on ne voit trace de ce bon sens. Et même, aujourd'hui même, aujourd'hui même, c'est à dire après que la loi de finances soit quasiment acquise, hein... les investisseurs en France, selon le journal l'Opinion, dans son édition de la fin de la semaine dernière, les investissements... les investisseurs en France ont décidé de ralentir leurs investissements pour l'année 2017 et ne prévoient rien pour l'année 2018, parce qu'ils estiment que la capacité de production et les outils de production sont déjà utilisées au maximum de leurs capacités.

Ça veut dire qu'ils n'attendent absolument rien venant des décisions économiques qui viennent d'être prises, qui est de leur rendre... et qui sont de leur rendre 10 milliards.

Cette théorie part de l'idée que le marché, au fond, voit l'allocation naturelle de la ressource au bon endroit et au bon moment. Ça c'est l'ancien capitalisme. C'est le capitalisme rhénan.

C'est celui qu'on a connu pendant les décennies de la fin du précédent siècle. Mais il n'existe plus ! Le capitalisme de notre époque, c'est d'abord une énorme accumulation disproportionnée dans la bulle financière, sans aucun rapport avec la production réelle.

On le voit. Ça s'est développé d'une manière fulgurante à partir des années 70. C'est la décision de Mr Nixon le 15 août 1971 d'annuler la contrepartie du dollar en or, si bien que les États-Unis d'Amérique ont commencé à imprimer des billets, sans aucune limite du moment que leurs monnaies servait à régler le commerce mondial.

Et depuis cette date, on est passé de 20 milliards d'échanges financiers par jour à aujourd'hui 2016, ce sont les chiffres dont je dispose, cinq mille milliards de dollars par jour ! Cinq mille milliards de dollars par jour. C'est-à-dire 115 fois chaque jour le montant du commerce annuel total.

Si cela ne décrit pas l'existence d'une sphère financière absolument coupée de toute réalité de l'économie productive, alors qu'est-ce qui le démontrera jamais ? La bulle boursière qui en est suivie c'est à dire une accumulation de richesses sans cause, est, elle aussi, considérable. Nous sommes passés de 1400 milliards en 1975, c'est à dire peu de temps après la décision dont je viens de vous parler, à 65 mille milliards en 2017 !!

Entendez bien ce chiffre car il est supérieur au pic de la capitalisation boursière qui existait lorsqu'a été faite la crise de 2008 qui a été un éclat dans la bulle, qui a produit la crise la plus grave depuis 1929, selon les déclarations de nos responsables politiques, le président Sarkozy, mais également le président des États-Unis de l'époque. Et bien aujourd'hui, nous sommes à un niveau supérieur. N'importe quel journal économique ou journal qui traite de la finance, vous fait la démonstration que nous sommes dans un état sur-critique.

Et c'est le moment que nous avons trouvé pour aller avec nos petits seaux, aller encore grossir l'océan de cet argent fictif. Si cette valeur boursière a été multipliée par 45, mes chers collègues, en trente ans... 45 fois !

Pendant ce temps, la production réelle, elle, n'augmentait que de trois et demi fois. C'est assez clair ! Oui, un océan de papier flotte au dessus de nos têtes.

Une bulle gigantesque englobe l'économie réelle, et c'est elle qui donne le rythme. Ce n'est pas la production réelle ! C'est bien pourquoi le danger est extrême et il ne faut pas aller l'augmenter.

Or, je vous l'ai dit il y a un instant, les investisseurs ne se préparent pas avec l'argent qu'on va leur donner à investir et au cours des années qui viennent de s'écouler ils ont fait le contraire. Et cela se comprend. Ce n'est pas un complot.

C'est qu'il est plus facile d'accumuler sur la base de l'argent placé dans la bulle financière, qu'il n'est de le faire dans l'économie réelle. C'est la raison pour laquelle les entreprises du CAC 40 distribuaient autrefois 33%. Autrefois, c'est l'an 2000.

C'est pas si vieux que ça ! 33 % de leurs bénéfices passaient aux actionnaires. Aujourd'hui, c'est 57% de cette somme.

Ça veut dire encore une fois qu'on compte sur des gens pour placer de manière opportune leur argent. On sait depuis les Paradise Papers et le Panama Papers et le reste, Où on en est de l'utilisation que font ces gens de cet argent. Me voici maintenant rendu à vous dire que s'ils ne le font pas, si ce n'est pas le choix des investisseurs, si le choix des riches est toujours les dividendes si la bulle boursière nous menace, alors il faut qu'on regarde est-ce qu'il y a des théories économiques ou des pratiques économiques qui aboutissent à un résultat inverse ?

C'est ça qui nous intéresse ! Et bien je vais chercher la preuve de ma démonstration à la banque centrale européenne. Ça va paraître peut-être curieux.

Mais la banque centrale européenne a commencé par dire qu'elle donnait 400 milliards aux banques à la condition que les banques, en échange de l'argent qui leur était donné, donnent des titres de prêts immobiliers. Résultat ? Rien ! 60 milliards à peine de consommés !

Plutôt ne rien prendre que de lâcher ce qu'ils considéraient comme plus sûr que de l'argent à aller placer dans l'économie réelle. Parce que c'était la deuxième condition que posait la banque centrale. M.

Juncker a proposé 300 milliards de plan de relance. Que s'est il passé ? Rien.

Cette somme n'a pas été utilisée non plus. Il a fallu que le banquier central adhère, avec un peu d'humour, à la théorie de Mr Kanes la plus folle, qui disait que, de toute façon, pour relancer la machine tout était bon, y compris jeter des sacs de billets depuis des hélicoptères, parce que ça obligeait les gens à dépenser immédiatement l'argent pour qu'on ne le reprenne plus. Ce que je suis en train de vous raconter n'est pas une invention de ma part.

C'est ce qu'il a dit dans une conférence de presse, avec humour, pour répondre à un journaliste qui lui demandait : quelle est la limite de ce que vous êtes prêts à faire pour relancer l'économie ? Il avait dit : il n'y en a pas. il avait même accepté cette hypothèse.

Et bien regardez ce qu'il a fait un jour ! Il a compris que si il posait des conditions, les banques ne plaçaient pas dans l'économie réelle. Qu'a-t-il fait ?

Il leur a dit : je vous donne l'argent que vous voulez, contre rien ! 80 milliards par mois ! Au bout de plusieurs mois, alors que l'économie était entrée en dépression en zone euro, ce qui est la catastrophe totale.

Au bout de quatre ou cinq mois seulement, l'argent a commencé à ruisseler et on a pu voir remonter la pente de la production en Europe. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on dit qu'il y a un mieux. Le mieux c'est du 2% !

Il a fallu injecter dans l'économie européenne, gratuitement, 2000 milliards... c'est plus de 2000 milliards... c'est-à-dire une année de la production totale de la France, pour qu'aussitôt on voit la machine se relancer.

Donc c'est bien la preuve qu'il suffit d'injecter, c'est à dire de mettre dans l'économie réelle pour que la machine redémarre et qu'on retrouve taxes impôts et le reste qui mettent les budgets d'équerre. Oui ! Cette question est posée avec une urgence absolue.

Car voyez-vous sans cesse vous évoquez... on évoque la dette publique et tout le monde oublie tranquillement la dette privée.

Or la dette privée en France est supérieure à la dette publique. Les français ne doivent pas 2200 milliards comme on le dit d'habitude ou dans ces eaux là, ils doivent en plus la même somme en tant que dette privée. Autrement dit, il y en a pour 4500 milliards !

La seule manière de soigner la dette privée, surtout quand vous avez une bulle financière, c'est de relancer l'économie réelle. Parce que c'est elle qui va permettre, au moins à ceux qui ont emprunté, de ne pas être défaillants par où arrivent les éclats de bulles. C'est la première remarque je veux faire, qui n'entre nulle part dans les hypothèses économiques qui ont fait parties de la mise au point de ce budget.

Évidemment, la question de la dette est posée à toute l'Europe. Et j'en viens maintenant à ce que je crois être indispensable. Si nous ne faisons rien, si nous continuons avec l'absurde règle d'or, qui ne tient aucun compte des effets de cycle économique, si nous n'en finissons pas avec ça, que va-t-il se passer ?

Les tensions dans les nations vont s'exagérer sans cesse. Pourquoi ? Parce que partout l'État recule et le service public recule, vidant de son sens-même l'existence de la nation, qui ne peut être rien d'autre qu'une communauté de solidarité.

Il faut régler la question de la dette, parce que c'est en son nom que ces politiques de coupes claires sur les services publics sont. C'est à cause d'elle que démarrent des processus qui conduisent aux manifestations de ces absurdes 60.000 voyous d'extrême droite en Pologne, ou que se déroulent des crises d'identité nationale, comme celles qu'on peut voir en Espagne et partout ailleurs.

Il faut arrêter cette machine à perdre et à tuer. Il faut l'arrêter, et c'est la raison pour laquelle j'estime qu'il faut qu'il y ait en Europe une conférence de la dette. Je demande qu'on me démente.

Si ce que je dis ne tient pas au moins l'addition, si la totalité des dettes publiques des états en Europe étaient achetées directement par la banque centrale européenne au lieu d'être rachetées sur le second marché comme nous l'avons vu se faire jusqu'à une date récente, jusqu'au point ridicule où la Grèce a procuré huit milliards à la banque centrale européenne, dans le pire des cas, nous aurions 5 à 6 % d'inflation. Eh bien moi je vous le dis : je préfère 5 ou 6 % d'inflation et une Europe qui vive dans la paix et la prospérité plutôt que la guerre qui s'avance. Merci.

«IL FAUT RÉGLER LA QUESTION DE LA DETTE» - Mélenchon — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote