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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 28 octobre 2025 25 min

Avant LA RÉVOLUTION : ce que personne n’avait vu et prévu

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sommes-nous dans un contexte prévolutionnaire ? Certains l'avancent, l'affirment, d'autres le revendiquent depuis tant d'années d'ailleurs alors que rien ne se produit. Alors, qu'est-ce qui caractérise les mois, les années, les décennies qui précèdent une révolution ?

Pour le savoir, us du prisme de l'histoire ce soir pour observer l'humeur qui était celle de l'année 1750, 1769, 178, celle de mars 1789 également grâce à un invité, je le disais passionné, passionnant, Robert Danton. Bonsoir. Bonsoir.

Merci de m'avoir invité. C'est un vrai vrai plaisir. Vous êtes, je le disais, historien américain, spécialiste des Lumières et de l'histoire du livre sous l'ancien régime, ancien directeur de la Harvard University Library.

Votre livre L'humeur révolutionnaire Paris 1748789 apparu en France l'an dernier aux éditions Galimar et vous publiez celui-ci la condition de l'écrivain culture et révolution dans la France du 18e siècle chez le Galimar essai également. Nous y reviendrons largement dans cet échange. Merci beaucoup d'être avec nous ce soir dans question du soir. [Musique] [Applaudissements] [Musique] Je crois qu'une nouvelle révolution est possible parce que les Français de 2025 ressemblent de plus en plus à ceux de 1789.

Ils ont envie de tout chambouler. Chez moi dans Lyonne, les panneaux à l'entrée des villages sont encore à l'envers. Dans cette France à la fois si proche et si éloignée de Paris, la plupart des gens pensent que là-haut dans les institutions, ça tourne vraiment pas rond.

Ils regardent avec mépris les chamailleries vulgaires de l'Assemblée nationale et les bisbilles des partis. Ils ne savent pas qui est ministre de quoi et il s'en moquent. Mais il voit bien que le gouvernement quand il y en a un ne gouverne plus grand-chose.

L'homme que vous venez d'entendre, Robert Drnton, c'est un avocat ancien député français. Il s'appelle Guillaume Larrivé. Il était l'invité d'une autre chaîne de radio qui s'appelle elle RMC.

Qu'est-ce que vous pensez en tant qu'historien, en tant que spécialiste notamment de ces périodes dites prérévolutionnaires du discours de cet homme politique ? Eh bien, je trouve que c'est intéressant mais je n'ose pas euh me jeter dans le rôle de prophète. Il est vrai que l'atmosphère générale est très important.

Vous savez, on dit souvent nous vivrons dans une société d'information. Hm hm. Et bien, je dis pour ma part que toute société était euh une société d'information, chacune euh de sa façon et d'après les médias de l'époque.

Aujourd'hui, il est vrai que les médias ont un pouvoir extraordinaire. Vous en faites partie, mais je pense bien sûr aux réseaux sociaux et tout cela. Donc, est-ce que la France est à la veille d'une révolution ?

Je n'en sais rien mais je constate qu'il y a beaucoup de fermentations. Ramenons-nous justement à ce rôle d'historien dans lequel vous excellez et à ce livre L'humeur révolutionnaire Paris 1748-1789. Définissons les termes.

C'est quoi l'humeur révolutionnaire ? Est-ce que c'est différent fondamentalement de ce que certains appellent l'esprit du temps ? Pas tout à fait.

Euh je pourrais parler de la conscience collective, c'est l'expression de Durkheim. Euh et aussi on parlait souvent des mentalités. C'était un mot très à la mode il y a 20 ans.

Euh mais je distingue entre l'opinion publique et une sorte vision du monde partagée par beaucoup de gens et un sens de la direction de l'actualité. Je constate en étudiant tous les événements et les reportages de l'époque que les Français et surtout les Parisiens avaient le sentiment de vivre une catastrophe. Au début vers 1700 1740 quand je commence, il y avait de bonne humeur, n'est-ce pas ?

Lui X était plutôt galant et cetera. euh quand il est mort en 1774, c'était un méchant, un mauvais, un décadant et toute la cour également. Et ensuite, je suis les événements et je constate une véritable mentalité qui s'est crispé autour de la notion de despotisme.

C'est le mot clé, je crois. Et les Parisiens étaient convaincus qu'il vivaient sous un despotisme tandis que les ministères de cette époque-là était plutôt progressiste. Le ministère de Colon de l'oménie de Brienne.

Pourtant dans la dans cette mentalité dans cette humeur ils étaient vu comme un pouvoir arbitraire qui menaçait tout le monde. vous avez donné euh hier, il y a quelques jours plutôt, un une interview passionnante à la revue Le Grand Continent et à l'historien Baptiste Roger Lacan. Et voilà ce que vous disiez à Baptiste Roger Lacan.

À Paris entre 1748 et 1789, on assiste à un processus de simplification radicale. Les nuance du débat politique et administratif s'efface progressivement à travers les gazettes, les nouvelles, les discussions dans les cafés ou dans les marchés, les prêches, les performances oratoires dans la rue se diffusent peu à peu une conviction univoque, celle que le gouvernement sombre dans l'arbitraire et le despotisme. Fin de citation.

Est-ce que c'est cela qui fermente au fond à la fin du 18e siècle ? C'est la conviction partagée par toute la société, par la majorité des classes social qu'au fond la société est dirigée par un despot. Et bien madame de Sévigner a dit "Je ne suis pas toujours de mon avis et là je suis encore de mon avis.

Je pense que c'était le cas." Et d'ailleurs, cette simplification euh d'une des questions très complexes, l'impôt territorial, la nature de la bourse, des spéculations sur la bourse, euh la pression euh des finances de l'État et cetera, c'était très compliqué. Mais en fait même un esprit sophistiqué tel que Condorsé s'est rangé du côté des opposants au régime et les Français et surtout les Parisiens croyaient que ils vivaient sous la maneuse et menace et la l'actualité d'un véritable despotisme.

Mais comment l'expliquer ? Est-ce qu'au fond les ministères le roi au fil des décennies de la fin du de la deuxième moitié plutôt du 18e siècle semble effectivement de plus en plus autocratique, de plus en plus despot ou bien c'est une perception qui se transforme ? C'est un avis, une opinion sur le pouvoir qui évolue ?

Je crois que la perception des événements est aussi important que les événements eux-mêmes. Et d'ailleurs, on ne peut pas les séparer. Si on étudie les médias de l'époque, les on dit, les rumeurs, les chansons, les graffiti et cetera, on constate à la fois un moyen de diffusion et une perception de ces messages.

Au début bien sûr c'était compliqué mais le grand tournant à mon avis était le ministère de Montpou en 1771 et là c'était une sorte coup d'état qui a détruit euh les cours tout le système juridique de la France et les Français étaient convaincus que la menace était considérable après cette époque cette époque-là il y Il y avait des ministres qui voulaient à tout prix améliorer le sort des Français mais on n'y croyait plus. Donc une question de communication si vous voulez. Que faire Robert Danton de ces autres éléments fondamentaux aussi pour comprendre ce contexte prèrévolutionnaire que vous décrivez et notamment une défiance de plus en plus virulente, de plus en plus sèche à l'égard de la corruption des pouvoirs et du pouvoir en général.

Quelle important cette questionlà. Celle de la corruption prend-elle dans la France de la seconde moitié du 18e siècle ? Bon, je ne pas l'importance du prix de pain.

Je ne pas non plus euh les conflits entre les classes et cetera. Il y a toute une littérature très riche, ni la question fiscale non plus d'ailleurs. Mais voilà, j'aimerais ajouter un autre élément qui à mes yeux est fondamental, c'est euh l'information.

Et euh je peux prouver, je crois que l'information euh grâce à l'information et aux médias de cette époque-là, euh il y avait des messages transmis un peu partout bout qui euh ne concernaient que les abus de pouvoir, les lettres de caché, la police euh et même euh des histoires assez extraordinaires comme l'enlèvement des enfants par la police ou euh la conspir conspiration à l'époque de la guerre des farines. Est-ce que le roi a pu euh manipuler le prix du pain ? Bien sûr que non.

Pourtant les Parisiens y croyaient. Donc c'est ce qui passait au niveau de la mentalité euh grâce à ces médias qui à mes yeux est tout à fait important. Sur la mentalité toujours euh Robert Danton, est-ce que euh certains avant 1789, bien avant 1789 commencent déjà en France, à Paris en particulier à prophétiser la révolution qui vient.

Est-ce que beaucoup de discours dans les médias, dans l'information que vous décryptez assèneent déjà l'idée selon laquelle la révolution est sur le point d'advenir ? Je pense que non. Non.

Donc donc les prophètes en la matière ont tort. Je rentre dans le débat mais à mon avis personne n'a prévu une révolution. Même le mot révolution veut dire euh bon un changement politique mais pas un bouleversement comme euh il est arrivé en 89.

Euh c'est-à-dire on on voyait la fronde, on voyait les Mazarinades, on on regarde en arrière et euh ce regard là était très important puisque ça formait un esprit contestataire. Je veux bien mais l'idée d'une telle révolution était impensable je crois. Je glisse peu à peu vers votre nouvel ouvrage, celui que vous publiez ces semaines dernières chez Galimar intitulé La condition d'écrivain, culture et révolution dans la France du 18e siècle.

Robert Don pour faire le pont entre les deux sujets. Quel rôle justement ont joué ces écrivains français parisiens en particulier dans l'avènement de la révolution de 1789 ? Oui.

Et bien il est vrai que on a beaucoup parlé de l'influence des lumières sur la révolution. Je veux bien, il est vrai que les la déclaration des droits de l'homme est inspirée par les lumières et cetera. Pourtant, je ne vois pas d'influence directe.

On a étudié toutes les citations de Rousseau et aussi de Montescu. C'est curieux, on a autant cité Montesc que Rousseau et cetera. Mais ça ne n'aboutit pas à grandes choses.

Important oui, mais à mes yeux, il y avait un autre courant qui est venu des bas fonds de la littérature. Vous préférez les écrivains des basons d'ailleurs, vous aux grands auteurs français que l'on apprend en cours encore aujourd'hui à l'école. Oui.

Bon, je je les admire, je les apprécie les grands écrivains bien sûr, mais on a on avait ignoré tout un secteur de la littérature, tout un monde euh qu'on appelle des basfonds, on parle des Rousseaux, du Risseau et j'en ai fait un peu ma spécialité puisque on avait pas parlé de cela et je constate que Beaucoup des jacobins, des chefs de la révolution ont vivé dans la misère et ont conçu une sorte de haine contre le système et même le système littéraire. Une des cibles était l'Académie française. Mara s'est déchîné contre l'académie.

Les charlotans modernes, c'est le titre d'un de ces ponflets. Et il n'était pas le seul. Je parle de Fabre euh d'Aglantine, de Jacques-Pierre Brissot, euh de Gorzas, de Cara, euh de Eber, Eber, le grand Hber, n'est-ce pas ?

Il contrôlait les billets dans les théâtres, il vivait dans la misère et il exprimait je crois ses rancunes dans le père du Chin. Vous parlez des Rousseaux du ruisseau, c'est difficile à prononcer et bravo pour cela. des écrivains des basfonds.

Voltaire les appelle lui les pauvres diables, hein, ces écrivains qui gagnent très très mal leur vie et qui sont selon vous une véritable force de contestation l'attende. Vous avez commencé à nous l'expliquer mais comment cette force de contestation justement prend-elle forme peu à peu au fil des décennies ? Et bien au début euh c'était un peu partout mais euh il y avait il y avait toute une littérature de Libel euh très répandue.

J'ai même dressé des statistiques d'après les bestseller de l'époque et je constate que par exemple h la vie privée de Louis X était un bestellaire extraordinaire. Euh aussi euh euh les anecdotes sur madame la contesse du Barry, ce genre de penflet des libel qui sont à la fois politique et même obsè ou euh très érotique. Il y avait une demande énorme pour connaître la vie privée du roi et ce sont des ouvrages écrits par des pauvres diables.

L'idée euh centrale, l'idée force hein, j'allais dire de cet ouvrage qui vient de paraître intitulé La condition d'écrivain, Robert Drnton, c'est peut-être que ces écrivains des basfonds, ces écrivains qui ont du mal à gagner leur vie sont une force cruciale dans la fabrique progressive du monde moderne. Expliquez-nous justement quel rôle il joue dans la fabrication concrète, tangible des institutions de ce monde moderne et contemporain. Et bien, ces pauvres diables et il y en avait beaucoup.

J'ai essayé de dresser des statistiques et cetera, une sorte surpopulation des écrivains à la veille de la révolution. Et bien ces pauvres diables qui écrivaient des ponflets de la pornographie des libel avant la révolution euh s'est converti en journaliste et je constate que beaucoup des journalistes révolutionnaires étaient membres de cette cranaille littéraire comme disait Voltaire. Euh et vous savez entre 1789 et 1800, il y avait 1300 nouveaux journaux fondés.

Donc il y avait toute une nouvelle carrière qui se qui s'ouvrait pour les pauvres diables. Et bien les pauvres diables sont devenus des hommes politiques comme Fabre d'lantine. L'exemple que j'ai choisi et n'est pas très bien connu euh mais c'est Pierre Manuel qui était le procureur de la commune pendant la le début de la terreur. les massacres de septembre, c'est lui qui était au pouvoir et c'était un véritable pauvre diable qui travaillait avec les colporteurs qui corrigeaient les feuilles dans une imprimerie et qui était espion de police en même temps.

Il y a un pauvre pauvre diable Robert Darnton que vous adorez que l'on retrouve à plusieurs reprises dans votre livre. Il s'appelle Jean-François Marmontel. Il est né en 1723, il est décédé en 1799.

Et voilà ce que vous écrivez à son sujet. Le texte est lu en direct face à vous Robert Drenton par Juliette Mellic qui travaille à Question du soir. Marmontel se retira dans une mansarde vivant de petits travaux littéraires et écrivant au lit pour s'épargner le coup du chauffage.

Voltaire lui envoyait de l'argent et l'aidait à assister gratuitement aux représentations de la comédie française où il cherchait à comprendre pourquoi certaines pièces triomphaent. Sa tragédie Denis le tyran fut un succès. Sa carrière était lancée.

Prom jeune dramaturge prometteur, il fut invité à des dîners mondins et à des salons où il apprit le usages du monde. Madame de Pompadour le fit nommé à un poste administratif généreusement rémunéré et lui obtintte une pension attachée au revenus du mercure. En décembre, Marmontel connut sa première infortune embastillée par un poème satirique qu'il n'avait pas écrit. mais simplement récité dans le salon de madame Geoffrin.

Sa détention ne dura que 11ze jours, mais elle lui évalue la sympathie du public qui vit en lui la victime d'un pouvoir arbitraire. Qu'est-ce que ces éléments de biographie racontent Robert Drton de ces pauvres diables du 18e siècle et de leur de leur façon d'appréhender le monde contemporain et plus encore d'être face aux institutions littéraires ? Et bien là, on a parlé du jeune Marel.

Il avait du talent, ça, il faut le dire, hein. Il y avait des possibilité pour de tels euh de tels écrivains, mais il fallait avoir euh un patron, il fallait connaître les gens et cetera. Euh Voltaire c'est intervenu pour lui ouvrir le chemin.

Euh Vter avait même trouvé une un poste pour lui. Euh ensuite il y avait des difficultés et cetera. Mais ce qui est central, c'est d'identifier les gens de l'être avec les gens du monde.

Ça ça c'était la formule de Voltaire. Et Marmontel en a profité puisque il est entré dans les salons. Euh il a eu comme ça des posts, des sinécures.

Euh et finalement il est entré à l'Académie française. Il a bien gagné sa vie mais ce n'était pas par le marché. C'est le contraire d'autres écrivains comme euh Louis Sébastien Mercier et et d'autres qui vivaient de leur plumes.

Mais Mercier lui-même a dit que il n'y avait que 30 écrivains qui pouvaient faire cela. 30/ 3000 parce que j'ai dressé des statistiques et j'estime que la France il y avait au moins 30000 écrivains à la veille de la révolution. Bien sûr, il faut définir ce que c'est qu'un écrivain, je veux bien.

Mais il y avait quand même une surpopulation d'écrivains, on pourrait presque dire d'intellectuel. Ça pose un problème. Vous racontez bien Robert Danton que le 18e siècle, la seconde moitié en particulier, c'est le moment, l'époque où le marché littéraire se constitue avec la constitution de réseau de librairie d'un côté, avec l'alphabétisation qui progresse peu à peu lentement certes, mais peu à peu tout de même.

Est-ce que la constitution de ce marché littéraire vient peut-être effacer, chambouler du moins les dépendances que certains écrivaient avaient auparavant avec les mondins dont vous parlez ou bien celles et ceux qui avaient un peu d'argent pour le permettre d'écrire pour eux ? Et bien, il faut se souvenir que la moitié des livres sur le marché pendant la deuxème moitié du 18e siècle étaient des livres piratés. les contrefaçons déjà oui la moitié et c'est très bien constaté, j'ai beaucoup étudié la question donc il y avait des problèmes fondamentaux euh pour les éditeurs, mais aussi les éditeurs étaient privilégiés.

Je veux dire que la communauté des libraires et des imprimeurs de Paris était une coopération privilégiée avec le monopole. Ensuite, il y avait la censure et encore il n'y avait pas de droit d'auteur, ça n'existait pas. Donc les conditions étaient fondamentalement différents à cette époque-là.

Il est vrai qu'avec la révolution, les privilèges ont été abolis, même le privilège de la comédie française, euh les privilèges du monopole de la communauté des libraires et des imprimeurs. Mais euh ce n'était pas une liberté parfaite parce que il fallait quand même gagner de l'argent et cela s'est fait grâce au journalisme, à la création de temps de journal dont je vous ai parlé et il fallait patienter jusqu'au 19e siècle et bien loin où les conditions étaient complètement différents avec droits d'auteur, alphabétisation et surtout des presses mécaniques un papier qui coûtait beaucoup moins cher. Donc les conditions ont été différents et c'est lors je dirais vers 1840 qu'un grand public est arrivé et que une certaine indépendance économique pour le l'écrivain était possible.

En quelques mots, Robert Danton, est-ce que ces écrivains du 18e siècle, celles et ceux, ceux surtout d'ailleurs qui étaient euh installés comme ceux qui étaient des basfonds, est-ce qu'il y avait est-ce qu'il jouissaiit tout de même d'un pouvoir symbolique du fait d'être écrivain ? Et bien vraiment les pauvres diables. Il faut lire le neveu de Rameau pour s'en rendre compte.

Et vous savez, il y avait un véritable neveu de Rameau qui a même écrit un livre sur lui-même. Euh et ces gens-là n'étaient pas euh ne paraissaient pas devant le public comme de vrais auteurs des écrivains sur ils écrivaient des penflets anonymes et il on se moquait d'eux. Donc il est vrai que Voltaire tirait sur ses ennemis en les traitant de pauvre diable.

Euh et il a très bien réussi fréron par exemple. Bon, il avait euh des revenus suffisants grâce à sa son journal, mais euh les pauvres diables en général n'avait pas de de prestige, n'avait pas de place reconnue dans le monde des auteurs. Une question très rapide, Robert Drton car nous arrivons au terme de cet échange.

Où est-ce que vous avez appris ce français particulièrement élégant qui vous permet d'échanger si facilement avec nous ce soir ? Oh, je sais que j'ai un accent assez lourd et c'est un français boiteteux, mais j'adore la langue, j'adore la littérature française. J'espère me former d'après vos exemples.

Et en tout cas, c'est un vrai vrai plaisir de discuter, d'échanger avec vous. Je rappelle le titre du dernier livre que vous faites paraître aux éditions Galimar, la condition d'écrivain, culture et révolution dans la France du 18e siècle. Merci d'être venu ce soir dans question du soir et merci à celles et ceux qui ont préparé cette émission.

Ren Berty Bourdon, Roxane Poulin à la réalisation l Racine et Paul Geek ce soir à la technique

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