Inauguration de la la sous-préfecture de Château-Gontier par le Président Emmanuel Macron
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- 5:00Maire de Château-GontierFait
« Nous avons la chance d'être au sein d'une région en développement et au cadre de vie reconnu sous l'impulsion de sa présidente, Christelle Morançais, je crois que vous être venu plusieurs fois en région »
- 6:00Maire de Château-GontierFait
« des prises de compétences élargies, notamment pour son intercommunalité, mais aussi une réflexion collégiale et en profondeur sur l'évolution des périmètres de nos organisations municipales, avec la création de quatre communes nouvelles sur le pays de Château-Gontier »
- 8:00Maire de Château-GontierFait
« stratégie exemplaire portée par Jean Arthuis en rassemblant à l'époque le centre hospitalier de Château-Gontier avec le centre hospitalier de Segré, rachetant la clinique privée de l'Espérance pour garantir la présence hospitalière sur un bassin de plus de 100 000 habitants »
- 10:00Président Emmanuel MacronChiffre
« l'arrondissement de Château-Gontier, qui compte 74 000 habitants, a des projets ambitieux et des besoins spécifiques, 3 700 entreprises auxquelles ont été accordés 6 millions d'euros d'aides dans le plan de relance »
- 11:00Président Emmanuel MacronChiffre
« un taux de chômage qui dessine le cap que nous avons fixé pour la France parce que ces 4,6 % de chômage, c'est exactement ce plein emploi que nous voulons retrouver pour le territoire tout entier »
- 15:00Président Emmanuel MacronFait
« six sous-préfectures qui seront rouvertes ici à Château-Gontier, à Clamecy, à Montdidier, à Nantua, à Rochechouart et à Saint-Georges de l'Oyapock »
- 17:00Président Emmanuel MacronChiffre
« une fréquentation qui a été accrue de 15 % malgré le Covid, des ventes qui ont été augmentées de 17 % contre en moyenne 1 à 2 % voire une stagnation pour toutes celles qui sont hors de ces programmes »
- 18:00Président Emmanuel MacronPromesse
« il faut pouvoir encore simplifier les choses et raccourcir les procédures, ce qu'on va essayer de faire avec les parlementaires sur beaucoup de sujets »
- 19:00Président Emmanuel MacronPromesse
« la mission que j'ai donnée au Gouvernement, c'est véritablement de pouvoir là aussi, dans cette période, vous donner de la visibilité et qu'on puisse trouver le bon chemin dans les prochaines semaines »
- 20:00Président Emmanuel MacronPromesse
« je souhaite qu'on puisse ouvrir, dans la commission transpartisane que j'installerai dans les prochains mois pour la réforme de nos institutions, un nouveau chapitre de la décentralisation »
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Monsieur le Président de la République, Messieurs les Ministres, Monsieur le Secrétaire général du Ministère de l'Intérieur, Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs les Parlementaires européens et nationaux, Madame la Présidente de Région, chère Christelle, Monsieur le Président du Département, cher Olivier, Mesdames et Messieurs les Maires, Mesdames et Messieurs, bienvenue en Mayenne, et plus particulièrement à Château-Gontier-sur-Mayenne, Monsieur le Président. Votre présence sur notre territoire est un événement rare car nous n'avons pas souvent l'occasion de recevoir la visite du président de la République dans notre belle ville. La dernière en date était celle du président Jacques Chirac, à l'invitation de Jean Arthuis, il y a 22-23 années, en compagnie d'Alexandre Jardin.
C'était autour de la lecture publique. C'est en partie la raison pour laquelle j'ai souhaité associer nos jeunes élus présents aujourd'hui, les élus du conseil municipal d'enfants qui terminent leur mandat en cet instant, ainsi que les jeunes des collèges et lycées, les éco délégués, délégués de classes avec lesquels nous avons eu l'occasion de travailler sur le thème de l'eau durant toute l'année dernière. Je pense qu'ils vont vivre cet instant aussi rare que solennel dans leur éducation à la citoyenneté.
C'est donc un honneur pour moi, en tant que maire de la ville, de vous accueillir sur notre territoire. Un territoire à la fois rural et urbain, dans ses caractéristiques et ses problématiques. Un territoire qualifié par certains médias de " France heureuse ", et surtout un territoire innovant, un territoire solidaire et un territoire engagé car, même si nous avons la chance d'être au sein d'une région en développement et au cadre de vie reconnu sous l'impulsion de sa présidente, Christelle Morançais, je crois que vous être venu plusieurs fois en région, pour un pôle intermédiaire comme celui de Château-Gontier et proche d'agglomérations urbaines plus structurées, l'innovation [ INAUDIBLE ] constitue l'ADN indispensable à notre dynamisme.
Cette agilité et cette capacité à faire bouger les lignes se retrouvent dans nos modes d'organisation avec notamment, dès sa création, une mutualisation intégrale des services entre la ville centre et les services de la communauté de communes, jusqu'à devenir employeur unique ; des prises de compétences élargies, notamment pour son intercommunalité, mais aussi une réflexion collégiale et en profondeur sur l'évolution des périmètres de nos organisations municipales, avec la création de quatre communes nouvelles sur le pays de Château-Gontier, afin de permettre aux collectivités plus rurales de disposer des moyens humains comme financiers nécessaires à leur action et à la ville centre de poursuivre son rôle de locomotive du territoire, ou encore des coopérations, là aussi plus nombreuses, avec nos intercommunalités voisines dont je salue les présidents, le Pays de Craon et le Pays de Mée - Les Grès, notamment sur le tourisme, la gestion des fonds européens ou le plan climat-air-énergie. Cette façon de préparer l'avenir dépasse aussi le cadre de nos collectivités, même si c'est le thème de cet après-midi, j'en veux pour preuve la stratégie exemplaire portée par Jean Arthuis en rassemblant à l'époque le centre hospitalier de Château-Gontier avec le centre hospitalier de Segré, rachetant la clinique privée de l'Espérance pour garantir la présence hospitalière sur un bassin de plus de 100 000 habitants, en développant des coopérations avec le CHU d'Angers, permettant ainsi la mobilité des compétences entre nos deux établissements et, là aussi, en garantissant une très bonne relation entre la médecine de ville et l'hôpital public et, aujourd'hui, avec l'ouverture de la première commission médicale soignante qui est en quelque sorte la fusion de la commission médicale d'établissement avec la commission des soins. Cette agilité et cette innovation nous permettent de prendre rang sur de nombreux appels à projets programmés et proposés par nos partenaires, dont l'État.
Les contrats de relance et de transition écologique, les territoires d'industrie, et je dois dire, pour la petite histoire, que c'est ici, à une centaine de mètres, que s'est créé le Coq bleu, qui est aujourd'hui le symbole de l'industrie française et de l'industrie du futur avec son patron qui est ici, Erwan Coatanéa. Les petites villes de demain, en attendant le nouvel appel de projets d'actions Cœur de ville ou encore les Maisons France Services à Bierné- les-Villages et Saint-Denis-d'Anjou. Cette agilité et cette détermination sont bien entendu surtout mises au service de l'engagement de notre territoire dans la transition écologique, qui prend chez nous tout son sens avec des réalisations très concrètes.
À ce titre, nous développons un travail de longue date sur de nombreux sujets comme l'amélioration de la performance énergétique du bâti au niveau de l'habitat, dans le cas notamment des programmes de l'opération programmée d'amélioration de l'habitat ; de notre patrimoine public, avec notamment des conseillers en économie partagée qui accompagnent les collectivités, là aussi, sur la transition énergétique, mais aussi un certain nombre de projets éco exemplaires. C'est aussi le développement des énergies renouvelables, et je sais que c'est un sujet aujourd'hui, avec notamment les réseaux de chaleur bois de bocage, l'éolien, la méthanisation, le photovoltaïque et le [ INAUDIBLE ]. Cela passe aussi par la transition des modes de production agricole, avec l'expérimentation de paiements pour les services environnementaux et le soutien aux filières courtes, notamment dans le cadre de la restauration scolaire, ou encore à la mobilité, nouvelle compétence de notre PCI, avec notamment la création d'un certain nombre de voies douces qui sont en train de mailler notre territoire et, vous le savez, parce que l'État est important sur ce sujet, le développement de fret ferroviaire, avec notamment le report modal du transport de marchandises sur notre territoire.
Je pourrais également parler de notre expérimentation en matière de biodéchets, d'économie circulaire et de la reconquête de la qualité de l'eau, mais je sais que votre temps est compté ce matin. Je dois vous avouer, Monsieur le Président, qu'heureusement qu'en tant que maires nous sommes motivés pour développer ces projets et certainement parfois inconscients des difficultés que nous allons rencontrer car nous évoluons depuis longtemps dans un contexte législatif prolifique, normatif et réglementaire, soumis parfois même à des interprétations zélées, peu en phase avec les urgences qui nous occupent et nous préoccupent. En attendant une simplification couplée à une accélération dans les procédures, je sais que vous y êtes attaché et vous l'aviez rappelé notamment dans le cas de l'éolien tout récemment, et une élasticité du cadre que chacune et chacun appelle de ses vœux, nos territoires ont un besoin impérieux d'une écoute attentive, constructive et confiante des représentants de l'État afin qu'ils puissent être en capacité, au cas par cas et selon les particularités, d'être des facilitateurs en adaptant les règles aux contraintes du terrain.
Cela peut se faire en bonne intelligence, tout en respectant l'esprit de la loi, si le pragmatisme prend le pas sur le dogmatisme. Dans cette perspective, les rôles des préfets ainsi que des sous-préfets prennent alors tout leur sens. Ils sont déterminants dans nos phases de conclusion et, sans leur recours, l'action publique serait totalement atrophiée.
Les exemples sont nombreux. Pour caractériser mon propos, je vous invite un jour à déposer la demande d'extension d'un club nautique qui, par nature, est à côté d'une rivière située en zone rouge dans le cadre d'un PPRI, je ne vous dis que ça. Je ne doute pas que c'est bien dans cet esprit de coopération et loin du simple contrôle que vous concevez la relation entre l'État et les acteurs de proximité que sont les collectivités.
Si nous étions à l'heure des vœux, je vous demanderais que la France de l'action, celle qu'incarnent les acteurs, qu'ils soient publics ou privés, puisse avoir la possibilité de prendre vraiment le volant et non d'avoir le sentiment d'être en permanence en conduite accompagnée. Il y a, dans notre pays, trop de commentateurs professionnels ou de minorités omniscientes qui nous ralentissent et même nous bloquent alors que l'intérêt général est partagé par la grande majorité. Monsieur le Président, nous avons tout pour bien faire, hâtons-nous de libérer l'initiative et les énergies positives.
Mais, comme je vous sais attaché à l'efficacité, à l'innovation et à l'expérimentation, je ne doute pas que je serai entendu et je vous remercie encore très sincèrement pour votre présence ici, à Château-Gontier-sur-Mayenne. Merci beaucoup, Monsieur le Maire, pour ces mots. Je dois dire que je m'y retrouve très bien.
Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Monsieur le Préfet, Madame la Présidente du Conseil Régional, Monsieur le Président du Conseil Départemental, Mesdames et Messieurs les Elus, Monsieur le Secrétaire général et encore Sous-Préfet et Madame la Sous-Préfète, chers amis. Je vous rassure, je ne vais pas faire un tour de France, et je rassure le Secrétaire général du ministère de l'Intérieur qui nous fait aussi l'honneur de sa présence, le ministre de l'Intérieur étant, avec la Première ministre en Algérie, un tour de France pour installer tous les sous-préfets que nous allons remettre en fonction. Mais ce jour est un peu particulier, c'est celui d'un déjumelage, si je puis dire, puisque la fonction que le secrétaire général de la préfecture occupait ici, de sous-préfet d'arrondissement, en plus de celui qu'il tient déjà et de ses fonctions de secrétaire général, nous y mettons fin pour pouvoir réinstaller une sous- préfecture de plein exercice.
Je vous félicite, madame la Sous-Préfète, de prendre cette fonction et, dès demain, d'officier avec l'ensemble des élus au service de la population, ce qui me permet de remercier ici vraiment évidemment le secrétaire général du Ministère, Monsieur le Préfet, l'ensemble des sous-préfets d'arrondissements et toutes les équipes que j'ai eu l'occasion de saluer en arrivant, pour leur travail au quotidien, aux côtés de nos élus et au service de la population. Je vous prie, avant toute chose, d'excuser mon retard. J'ai été retenu un peu plus longtemps que prévu par l'actualité pour parler au président Zelensky ce matin mais, alors que la guerre malheureusement prend un tour nouveau, je tenais à être parmi vous aujourd'hui.
D'abord, parce que c'est la poursuite d'engagements pris que d'être à vos côtés pour acter d'un renforcement de la présence de l'État local mais parce que je pense aussi que ce que nous faisons collectivement là, et ce que vous faites chaque jour en tant qu'élus du territoire, ce que nos enfants et adolescents ici présents font en s'engageant dans nos conseils municipaux des jeunes ou comme éco délégués, ce que les agents de l'État font en servant l'action publique est absolument essentiel parce qu'il en va de l'adhésion de nos concitoyens à notre démocratie, l'efficacité et la proximité. Donner un sens et une continuité aux engagements que nous prenons, tenir, y compris quand les vents sont là et de face, réussir à montrer que prendre une décision peut se traduire in concreto et changer la vie des gens, accompagner nos entreprises et réindustrialiser nos territoires, montrer que, face aux défis du moment, il y a une action possible et un espoir raisonnable, c'est ça ce qui nous unit tous et toutes, chacun dans notre rôle. Pour ça, il faut une présence au plus près du terrain et il faut ce souci de l'efficacité et de la proximité.
C'est exactement ce que nous faisons là aujourd'hui. Vous êtes dans un territoire, vous l'avez rappelé à l'instant, Monsieur le Maire, qui justifie pleinement ce réengagement. L'arrondissement de Château-Gontier, qui compte 74 000 habitants, a des projets ambitieux et des besoins spécifiques, 3 700 entreprises auxquelles ont été accordés 6 millions d'euros d'aides dans le plan de relance, une filière agricole et agroalimentaire forte, un développement économique exemplaire avec un taux de chômage qui dessine le cap que nous avons fixé pour la France parce que ces 4,6 % de chômage, c'est exactement ce plein emploi que nous voulons retrouver pour le territoire tout entier.
Vous avez rappelé l'importance de territoires d'industrie et le coq de la French Fab qui rayonne depuis Château-Gontier, l'accélération de la transition écologique, le développement des territoires et l'amélioration de la qualité de vie, etc. Ce qu'il y a derrière, c'est une conviction très profonde que je partage, vous l'avez exprimée avec vos mots. Je voudrais ici simplement essayer de vous dire quels sont les principes que nous allons poursuivre et que nous poursuivons depuis plusieurs années.
D'abord, nous avons réengagé une politique d'investissement dans nos services publics et ce ne sont pas simplement des mots, vous le savez bien, ce sont des budgets. Je vous invite à regarder, depuis 3-4 ans, l'investissement dans la sécurité, la justice, la santé et l'école, pour n'en citer que quelques uns. Ces budgets sont en augmentation, de manière quasi inédite, et il fallait le faire.
C'est aussi pour ça que, derrière, nous devons nous mobiliser pour avoir une politique qui permette de produire davantage de richesse et financer cet investissement de la nation. C'est toute la logique dans laquelle nous nous sommes engagés, pour réformer le système de chômage et pour engager une réforme des retraites qui est indispensable à cet égard parce que, si on veut investir plus dans nos services publics, accompagner les plus fragiles, porter les grandes transitions comme la transition écologique ou démographique et réussir à porter le territoire, il nous faut produire plus de richesse, c'est la cohérence de l'action que nous menons. Ensuite, nous avons une action, et ça je l'assume très profondément, en particulier parce que c'est une des sorties du grand débat, qui est beaucoup plus territorialisée.
Je crois qu'on est sortis d'un débat qui n'est pas pour autant épuisé, celui de la question de savoir s'il faut décentraliser ou déconcentrer. Là aussi, je crois à " l'en même temps ", parce que je pense qu'il faut une action de l'État locale plus forte et qu'il faut en même temps réussir, partout où c'est beaucoup plus raisonnable, à confier des fonctions aux collectivités territoriales dans un partenariat pragmatique. C'est exactement ce que nous avons fait ces dernières années et ce que nous devons accroître.
Pourquoi ? Parce qu'on venait, après plusieurs années où, sans que ce soit dit, l'État avait recentré ses moyens, et il l'avait fait essentiellement à travers deux phénomènes qui avaient construit cette réalité dans le silence de nos politiques publiques, la revue générale des politiques publiques, c'est-à-dire qu'on avait fait des économies, il fallait en faire, c'est tout à fait légitime, mais ces économies s'étaient surtout faites sur l'État local, et il suffit de regarder les effectifs de nos préfectures et de nos sous-préfectures et de tous les services locaux et des services centraux qui, eux, avaient peu bougé. Donc on avait réduit beaucoup d'effectifs.
On les avait plutôt réduits sur le terrain et pas tellement à Paris, ce qui fait que, je le dis souvent, on avait réduit le nombre de personnes qui sont là aux côtés des élus ou de la population pour aider, pour apporter des solutions concrètes et pour bâtir de manière partenariale de la réponse, mais on avait gardé de la capacité à produire de la norme au sommet, ce qui n'est pas la meilleure des réponses à notre situation, ni ce qui donne le plus d'agilité, pour reprendre votre formule. La deuxième chose, ça a été ensuite le mouvement des grandes régions et une forme de reconcentration régionale. Je le dis souvent, quand les régions grossissent et que la capitale régionale s'éloigne, qu'importe si les effectifs vont à la capitale régionale ou à Paris, ils ne sont plus sur le terrain.
Donc on a eu un mouvement de reconcentration régionale dans beaucoup de nos services. Tout ça a créé un sentiment, et pas qu'un sentiment, d'éloignement de la décision et de l'agilité, et ce qui parfois se faisait au local est remonté. Une forme de déresponsabilisation pour beaucoup d'agents de l'État et d'éloignement pour beaucoup de nos élus de terrain, frustrations et empêchements, et donc il a fallu y répondre.
C'est pour ça que, d'abord, on a déconcentré de la décision. En 2018- 2019, on a déconcentré 90 % des décisions qui se prenaient là-haut. Deuxième chose, on a relancé les fameuses maisons France Services qui reposaient sur les maisons de services publiques qui préexistaient, mais qui souvent étaient imparfaites, avec des horaires qui étaient très réduits et parfois un seul agent.
On a mis un cahier des charges un peu plus exigeant et, surtout, j'avais pris un engagement en sortie du grand débat, et j'aime bien rendre compte des engagements pris, c'était d'avoir 2 000 maisons France Services. Nous en sommes à 2 400 qui sont ainsi labellisées. On en aura 2 600 en fin 2022, et s'y ajoutent 120 France Services mobiles pour aller vers les usagers.
Et on a déconcentré des services. En particulier, nos finances publiques et le ministère de l'Intérieur ont déconcentré beaucoup de services, d'agences, l'instruction des titres, par exemple, et des missions qui étaient faites au niveau central en matière de trésorerie publique. On a remis sur le terrain beaucoup de choses qui pouvaient être faites et on va devoir continuer de le faire.
C'est aussi ce que j'ai demandé à tous nos services, au niveau national et régional, parce qu'il faut penser, si je puis dire, à rebours de ce qu'on avait fait ces dernières années, le numérique. Le numérique a été un instrument d'accélération de la concentration et de la métropolisation de notre économie et de notre organisation. Il faut faire l'exact inverse.
Avec le numérique, on peut demander à des agents qui seront placés à Château-Gontier ou ailleurs d'avoir, plusieurs heures par jour, des fonctions pour le compte de la région. Rien ne l'empêche, et le numérique le permet. Simplement, ils aident à une fonction d'aménagement du territoire en étant là et en étant au service des élus et de la population, au plus près du terrain.
Ils sont dans des conditions de travail qui sont parfois plus agréables que dans la métropole. Ils sont dans un cadre de vie et avec un coût du logement et de la vie qui est plus raisonnable et donc avec un pouvoir d'achat qui est supérieur. Nous avons une capacité, grâce au numérique, à repenser un aménagement du territoire et de nos compatriotes, et on l'a vu pendant la période du Covid ô combien, ça correspond aux aspirations de nos compatriotes et c'est, je crois, beaucoup plus en prise avec les choix collectifs.
Nous allons continuer de déconcentrer de la décision, pour ce faire. C'est dans ce même mouvement que nous allons recréer 200 brigades de gendarmerie partout sur le territoire, grâce à la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur, et la Mayenne accueillera au moins deux nouvelles brigades. Donc il y a un travail, là aussi, de concertation qui permettra de les aménager et surtout de les décider, en concertation avec les élus, pour répondre aux besoins de la population.
Et nous aurons au moins six sous-préfectures qui seront rouvertes ici à Château-Gontier, à Clamecy, à Montdidier, à Nantua, à Rochechouart et à Saint-Georges de l'Oyapock, qui sera une création complète, en l'espèce dans un territoire ultramarin qui en a ô combien besoin. Donc, vous le voyez, déconcentration des décisions, de l'action et déconcentration de nos services en remettant du muscle, des capacités et des talents dans nos villes, en particulier dans nos villes de sous-préfectures, mais plus largement pour mettre les services au plus près de la population et pour, là aussi, accompagner nos collectivités pour bâtir des projets. Parce que le deuxième pilier, à côté de la déconcentration, c'est le partenariat, avec, là aussi, beaucoup de pragmatisme.
Ce partenariat, vous l'avez fait vivre en acte, et c'est pour moi l'occasion de remercier tous les élus qui sont ici présents et l'ensemble des services de l'État. Vous avez, durant la période Covid, inventé des formes de partenariat inédites et su bâtir une politique d'urgence, de résistance et ensuite de relance. Je sais d'ailleurs, dans le département, que vous continuez à avoir une coordination hebdomadaire très étroite, en particulier pour les intercommunalités, puis après au niveau des communes, avec, là aussi, l'état d'esprit qui prévaut à ces terres.
Mais c'est aussi la politique que nous avons essayé de bâtir ces dernières années, c'est-à-dire pas essayer de passer des années à savoir si c'est la compétence d'un tel ou de l'autre, mais de se dire que ce dont ont besoin nos territoires, ce sont de projets, et de bâtir autour d'un projet des vrais partenariats d'actions. On simplifie les choses, on casse les tuyaux d'orgues et on se dit que, quand il y a des élus qui portent un projet pour un territoire, notre but doit être de simplifier les choses, simplifier l'accès au crédit et permettre d'aller beaucoup plus vite. C'est exactement la philosophie d'action Cœur de ville, l'action engagée pour les 234 communes accompagnées dans leur projet de réhabilitation des centres villes pour redynamiser les commerces.
On a 5 milliards d'euros qui ont été engagés, plus de 6 000 actions au total, et des résultats qui sont là, avec une nette amélioration de la situation des villes concernées depuis 2018. Une fréquentation qui a été accrue de 15 % malgré le Covid, des ventes qui ont été augmentées de 17 % contre en moyenne 1 à 2 % voire une stagnation pour toutes celles qui sont hors de ces programmes. C'est la même chose que nous avons fait avec Petites villes de demain, qui concerne 1 600 communes de moins de 20 000 habitants.
C'est exactement ce qui a été fait dans le territoire de l'industrie et c'est la même chose qui a été faite dans l'agenda rural. C'est de remettre les projets et les décideurs au cœur et de dire nous, on doit simplifier les politiques publiques pour que ça aille beaucoup plus vite, avec un rôle clé qui a été donné par l'Agence nationale de la cohésion des territoires, et avec une conviction, c'est qu'il n'y a pas de territoires dans lesquels il y a plus d'espoir, il y a des territoires qui ont des projets et des territoires qui n'ont pas de projets. Donc il faut stimuler là où il n'y en a pas et, là où il y a des projets, il faut absolument faciliter la vie des porteurs de projets et permettre à nos élus d'aller plus vite et plus fort.
Vous l'avez dit, tout n'est pas parfait encore, et j'en ai bien conscience. Il faut pouvoir encore simplifier les choses et raccourcir les procédures, ce qu'on va essayer de faire avec les parlementaires sur beaucoup de sujets, mais aller plus loin. Ce partenariat est indispensable et il est au cœur aussi de tout ce qu'on a voulu construire en matière de politique ferroviaire, avec la réouverture des petites lignes en matière de connectivité, et avec ce travail qui sera maintenant terminé d'ici un peu moins de 18 mois sur la couverture totale en Internet mobile, ce qui est indispensable pour porter ces projets et continuer d'avancer.
Et le dernier point, c'est évidemment d'avoir, à côté de ça, des collectivités fortes qui ont leur pleine responsabilité et qui peuvent porter dans la durée les projets qu'elles souhaitent. C'est pour ça que j'ai tenu l'engagement que j'avais pris il y a 5 ans, de ne pas toucher, malgré les crises et autres, les dotations au niveau national. Donc on a eu des dotations qui, chaque année, ont été votées au niveau national de manière constante, avec parfois des effets de bord qui étaient liés aux effets de péréquation et à l'immense complexité des dotations qui vont vers les collectivités territoriales, qu'on a essayé à bien des reprises d'aménager pour qu'il n'y ait pas trop de perdants, avec une politique aussi d'accompagnement pendant la période Covid, et c'était bien normal.
Je veux ici rassurer les maires, la mission que j'ai donnée au Gouvernement, c'est véritablement de pouvoir là aussi, dans cette période, vous donner de la visibilité et qu'on puisse trouver le bon chemin dans les prochaines semaines, je sais aussi que nos parlementaires y veillent, pour que les maires aient une visibilité alors que l'inflation est là et qu'il y a beaucoup d'angoisse pour les prochains budgets. Il faut qu'on donne de la clarté, la donner de manière simple et avec force, parce que vous portez beaucoup de l'investissement local et vous portez aussi beaucoup des politiques que j'évoquais. Ensuite, la responsabilité, c'est le chemin que je veux ouvrir avec les régions, les départements, les intercommunalités et nos maires, c'est de pouvoir avancer.
Je veux simplement dire deux choses. La première, c'est que je souhaite qu'on puisse ouvrir, dans la commission transpartisane que j'installerai dans les prochains mois pour la réforme de nos institutions, un nouveau chapitre de la décentralisation, mais cette fois-ci un chapitre de la vraie décentralisation parce que, bien souvent, nous avons installé une fausse décentralisation dans notre pays, c'est-à-dire qu'on a partagé des compétences sans donner les responsabilités et sans les clarifier. La décentralisation, ce n'est pas de donner une compétence sans transférer la dynamique de financement qui va avec et les responsabilités qui vont avec.
Donc il faut que les responsabilités accompagnent, que le pouvoir normatif et que les financements accompagnent, et que tout ça aille jusqu'au bout, ce qui n'est pas tout à fait le cas aujourd'hui. Bien souvent, ce qu'on a appelé décentralisation a été un transfert de compétences très liées, où beaucoup de nos collectivités agissent comme un démembrement de l'État. C'est ça, la réalité.
Quand nos départements agissent sur beaucoup de politiques sociales, est-ce que c'est une politique pour laquelle on vote au niveau du département ? Pas totalement. Est-ce qu'ils agissent avec une vraie liberté normative ?
Non plus. Est-ce que, d'ailleurs, nos compatriotes le souhaiteraient totalement ? Je ne suis pas sûr.
Or la réalité, c'est celle-ci. Donc on a une forme de compétence liée, avec des dynamiques complètement absurdes où des départements portent une charge, par exemple, sur nos politiques sociales, et ont une recette qui ne correspond en rien à celles-ci, droits de mutation. Drôle de décentralisation que celle-là.
Est-ce que ça produit du résultat utile et souhaitable ? On peut faire beaucoup mieux. À l'inverse, quand on a des sujets comme la sécurité civile, qui se construit au plus près du territoire et qui est cohérent, et je parle sous le contrôle du président qui connaît bien ce sujet, on voit bien que là on a une capacité à bâtir de la politique publique beaucoup plus forte et beaucoup plus cohérente, et quelque chose qui a du sens.
Donc je pense qu'on doit réexaminer, sans esprit de concession, ces politiques et regarder là où la décision est prise de manière la plus efficace. Mais la décentralisation, c'est ça, c'est que la compétence va avec la responsabilité, avec la capacité à financer et avec la capacité à prendre les décisions normatives, et donc accepter aussi qu'il y ait une vraie différenciation au sein de nos territoires. Néanmoins, sans attendre ce changement institutionnel, et je terminerai sur ce point, j'ai souhaité qu'on puisse, avec tous nos territoires et au plus près, bâtir de la décision concrète pour nos compatriotes.
C'est ça, l'esprit du Conseil national de la refondation. Nous y serons cet après-midi en matière de santé, et nous le ferons aussi en matière d'école, c'est de dire, dans nos bassins de vie, là où vous avez vos responsabilités d'élus, là où nos entreprises se déploient, là où notre jeunesse et leurs parents vivent, qu'on veut prendre de la décision et participer à l'action publique. On sait qu'il y a des solutions qui sont portées localement et que les solutions ne valent pas de manière uniforme, et que l'égalité républicaine à laquelle nous sommes tous et toutes attachés ne vaut pas uniformité.
Donc l'idée est de pouvoir regarder ce qui fonctionne déjà, nous irons à Craon tout à l'heure, où des exemples sont remarquables en matière de santé, mais de se demander s'il y a des exemples qui peuvent nous inspirer et qu'on peut diffuser ailleurs et si, en donnant les moyens aux gens de construire leur feuille de route, on ne peut pas répondre plus facilement à nos problèmes. Ma conviction est que si. L'idée est d'installer partout où c'est souhaité, autour de la table, les parents d'élèves, les enseignants, les élus, les acteurs du périscolaire, les directrices et directeurs d'établissements autour des maires, et de se demander quels sont les défis qu'ont nos élèves.
Les élèves de Château-Gontier n'ont parfois pas les mêmes que les élèves de certains quartiers de Laval, encore moins que des élèves de certains quartiers de banlieue parisienne ou d'ailleurs. Nous avons une politique nationale, nous ne la changerons pas. Les programmes resteront nationaux et les examens resteront les mêmes.
Néanmoins, si le défi est d'un côté de lutter contre l'absentéisme scolaire, de l'autre côté de savoir comment on enseigne mieux les mathématiques, ailleurs de se dire on a un problème parce qu'on a peut-être plus d'élèves qui ont des difficultés avec la langue française, donner la liberté aux enseignants de bâtir des vraies solutions et leur donner les moyens de le faire, ce qui est parfois un demi poste de plus là, une salle là pour faire un laboratoire de mathématiques en CP, exemple très concret et inspiré de ce que j'ai pu voir par exemple dans Marseille en grand, le faire vite et redonner aux acteurs de terrain la liberté de le décider, change la vie. De la même manière, sur le plan de la santé, nous sommes en train d'ouvrir beaucoup de solutions mais là aussi, nous le savons, tout ce qui part d'en haut et qui est uniforme ne marche pas. Donc il faut redessiner de la coopération locale et redonner de la responsabilité aux acteurs de terrain, les responsables médicaux à l'hôpital, qu'il s'agisse des hôpitaux de proximité ou des centres hospitaliers universitaires ; redonner la capacité à coopérer avec les acteurs du Samu, avec des médecins libéraux, avec les associations d'usagers, avec nos élus qui portent sur le terrain ces politiques et les plaintes qui vont avec quand les choses n'avancent pas, et permettre de redéfinir là la capacité à attirer peut-être des internes en dernière année, ici la capacité à rebâtir des systèmes de garde avec le bon système de financement qui les accompagne ; décloisonner la ville et l'hôpital et redonner des solutions avec des financements adaptés au plus près du terrain.
C'est ça, l'esprit du Conseil national de la refondation. La refondation partira d'en bas. Je ne serai pas plus long, vous l'avez compris.
Cet ensemble, vous le voyez, est cohérent. C'est celui de la proximité et de l'efficacité à travers des solutions administratives, des solutions institutionnelles et des solutions aussi d'actions et de financements pragmatiques. Il s'appuie sur la confiance profonde que j'ai en vous, élus au plus près du terrain, vous Monsieur le Maire, dans celles et ceux aussi qui portent l'action de l'État partout sur les terrains, nos agents de l'État, quels que soient les services et les actions publiques qu'ils portent, et autour de nos préfets dans l'action qu'ils servent au quotidien.
Je voulais vous remercier, pas simplement pour votre présence et ce beau moment où nous rouvrons une ambition ici à Château-Gontier, mais pour l'action que vous menez chaque jour. Je voulais vous dire la confiance que j'ai en vous, dans ces temps un peu troublés où il y a beaucoup d'inquiétudes dans le pays, en me disant que c'est par notre détermination, à toutes et tous, à porter l'action publique et notre volonté de changer la vie, et ça se fait très concrètement de changer la vie, que nous gagnerons la bataille qui est la nôtre. Elle est essentielle, c'est celle de la confiance de nos compatriotes dans l'efficacité de nos démocraties à relever les défis contemporains.
Ils sont multiples mais, si on y met les moyens, si on le fait au plus près du terrain et si on décide toutes et tous de coopérer en bon ordre, nous y arriverons. Merci pour cela. Vive la République et vive la France !
Merci à vous pour le travail fait. Madame la Sous-Préfète, maintenant vous avez toute la pression.
Emmanuel Macron