Relations distendues entre France et Allemagne : "C'est extrêmement préoccupant", estime Jean-François Copé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:39OuverteRéponse partielle
Comment avez-vous reçu les résultats des élections américaines ?
- 1:29OuverteRéponse partielle
Vous vous sentez plus proche des Républicains ou des démocrates ?
- 2:31OuverteRéponse directe
La France doit se réarmer aujourd'hui ?
- 3:27OuverteRéponse directe
Entre la France et l'Allemagne, un divorce mortel ?
- 7:01OuverteRéponse directe
Que pensez-vous de cette remise en marche du tragique de l'histoire ?
- 8:31RelanceRéponse partielle
Si vous étiez au pouvoir, vous faites quoi avec le bateau Ocean Viking ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiqueFait
« Il n'y a pas eu de vague trumpiste. »
- 3:04Invité politiqueFait
« Ce qui se passe en Ukraine commande qu'on arrête de jouer les naïfs sur ces sujets. »
- 3:53Invité politiqueFait
« C'est extrêmement préoccupant. »
- 4:36Invité politiqueFait
« Rappelez trois dates : 1870, 1914, 1940. »
- 5:35Invité politiqueFait
« Nous ne faisons pas ces réformes, les retraites, la santé, les dépenses publiques, l'État. »
- 13:19Invité politiqueChiffre
« On a 8% de chômage. »
- 13:25Invité politiqueFait
« Une part considérable dans le taux de chômage pour la tranche d'âge 15-24 ans. »
- 15:53Invité politiqueFait
« J'avais fait porter l'interdiction de la burqa. »
- 19:19Invité politiqueFait
« Cela doit passer par une souveraineté énergétique : bien sûr le nucléaire, bien sûr le renouvelable. »
- 20:32Invité politiquePromesse
« Vous devez changer votre programme électoral : renforcer le régalien, les questions de sécurité, d'immigration, de justice, de laïcité. »
Temps de parole
- Jean-françois Cope74 %
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le maire Les Républicains de mots, questions et réactions amis auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jean-François Copé, bonjour et bienvenue au micro d'Inter avant d'aborder avec vous les questions de défense d'immigration, l'avenir de votre parti. Quelques mots sur ces élections de mi-mandat aux Etats-Unis. La course pour le Sénat est encore ouverte et les Républicains sont bien partis pour reprendre la Chambre des représentants. Mais contrairement à ce qu'anticipaient les sondages et à ce que redoutaient les démocrates, il n'y a pas eu de grande vague rouge, de grande vague républicaine.
Alors comment avez-vous reçu ces résultats ?
D'abord il faut quand même attendre la fin parce que comme vous le savez c'est un mode électoral extraordinairement complexe aux Etats-Unis et donc les résultats sont toujours très longs à parvenir. Et donc il y a quand même un enjeu sur le Sénat qui demeure et qui est évidemment un élément essentiel. Après pour le reste, oui, il n'y a pas eu de vague trumpiste. Oui, en même temps il faut quand même bien voir que le débat électoral américain est extraordinairement réducteur. Alors pour nous Français c'est toujours un peu compliqué parce qu'on aime bien la politique en France. Mais c'est très réducteur.
Et par considérable des échanges ont porté sur une approche extraordinairement rétrograde de la société américaine. Et donc beaucoup de gens se sont mobilisés pour dire non, le débat de l'avenir des Etats-Unis ça ne peut pas être la question de l'avortement. Et donc ça a évidemment beaucoup nuit à l'impact de la campagne des Républicains.
Éric Ciotti a affirmé hier sur France Info avoir choisi son camp. Il dit moi je suis, si j'étais américain, je serais républicain. Vous vous sentez plus proche des Républicains ou des démocrates ?
Ça dépend sur quel sujet, c'est toujours pareil. En réalité, il faut bien voir que le spectre de distinction entre la droite et la gauche aux Etats-Unis n'a rien à voir avec le nôtre. Les démocrates sont infiniment plus libéraux en économie qu'on ne peut l'être nous par exemple. Donc sur ces sujets, il y a moins d'éloignement. Sur les questions de société, il faut bien reconnaître que les Républicains, là aussi, Américains, sont très très loin de nos propres paramètres. Donc il faut faire toujours très attention avec la manière dont on analyse les choses.
Après, c'est vrai qu'il y a des responsables républicains dont on peut être proche quand on est de droite en France, mais avec la limite qui s'impose. Et pour ma part, j'ai été longtemps, souvent, très inquiet de voir les réactions de Trump lorsqu'il était président des Etats-Unis.
C'est en tout cas dans ce contexte international et géopolitique mouvant qu'Emmanuel Macron présentait hier la stratégie militaire de la France. Il s'est félicité du fait que la France soit en train de retrouver une armée forte, a-t-il dit, avec un budget de la défense qui aura augmenté de 28% depuis qu'il est arrivé au pouvoir, depuis 5 ans. Est-ce que ça, ça va dans le bon sens ? La France doit se réarmer aujourd'hui ?
Écoutez, moi, je partage très largement les orientations d'Emmanuel Macron sur la défense. Et d'ailleurs, je ne vois pas qui, dans ma famille politique, peut dire que ces orientations sont mauvaises. Il faut évidemment renforcer la cybersécurité. Nous sommes extraordinairement vulnérables, et depuis trop longtemps. Il faut évidemment repenser la doctrine d'emploi de nos forces puisque Barkhane, maintenant, est derrière nous. et évidemment que ce qui se passe en Ukraine commande, qu'on arrête de jouer les naïfs sur ces sujets. Après, il me semble que le point central, vraiment central, ce n'est pas celui-là.
C'est très important, mais le point central, c'est qu'est-ce qu'on fait avec les Allemands ? Aujourd'hui, c'est le maillon faible de notre doctrine.
Vous avez fait une tribune récemment dans l'Express intitulée « Entre la France et l'Allemagne, un divorce mortel ». Hier, Emmanuel Macron a plaidé pour renforcer les liens avec l'Allemagne en matière de défense, espérant même qu'il annonce des avancées positives dans les prochaines semaines. Mais l'opinion le dit ce matin, le journal L'Opignon, l'initiative allemande de ce bouclier antimissile européen sans la France et sans les Italiens, parce qu'ils vont aller chercher des drones israéliens et des avions américains, ça reste un truc qui est quelque chose, un point de clivage avec les Français.
C'est extrêmement préoccupant. C'est bien qu'il le dise en France, M. Macron, mais il faut surtout qu'il aille le dire au Bundestag. En réalité, le sujet aujourd'hui, il est sur la table. Moi, je suis un peu désolé de voir que nos débats internes, souvent de manière extraordinairement médiocre, prennent le pas sur la petite phrase d'un député machin ou d'un extrémiste des deux bords, d'ailleurs que ce soit d'extrême droite ou d'extrême gauche, alors que pendant ce temps-là, personne ne parle de ce qui est en train de se passer entre la France et l'Allemagne, c'est-à-dire en fait une disjonction qui est gravissime pour tout le monde. Pour tout le monde. Moi, je pense que M.
Macron devrait très vite aller au Bundestag, parler aux parlementaires allemands, toute sensibilité politique confondue, pour leur dire deux, trois choses. Trois, par exemple. D'abord, déjà rappelez trois dates, 1870, 1914, 1940, histoire de vérifier qu'il n'y en a aucun qui a la mémoire qui flanche. La construction européenne est née de la détermination absolue de chefs d'État français et allemands qui ont dit « plus jamais ça » et on s'en donne les moyens. C'est-à-dire en 18-19, on se disait « plus jamais ça », mais on ne s'en est pas donné les moyens.
En 1950-60, et puis le traité de l'Élysée, De Gaulle à Denauer, on a dit « c'est terminé, on fera tout ensemble et on l'imposera aux autres, aux citoyens de nos deux pays et aux dirigeants économiques ». Ça, c'est le premier point. Et il est en train de flancher ce point-là ? Mais plus que flancher, vous le voyez bien.
Et c'est ce qui m'amène à dire d'ailleurs que sur ce point, nous avons absolument besoin de ne pas arriver les mains vides, d'arriver avec un nouveau pacte dans lequel la France s'engage vraiment à faire ce que l'Allemagne attend de nous, c'est-à-dire ces réformes structurelles qu'il nous faut faire, pas pour faire plaisir à l'Allemagne, mais pour avancer plus fort en étant ensemble, modernes sur le plan économique, social, industriel. Nous ne faisons pas ces réformes, les retraites, la santé, les dépenses publiques, l'État, tandis que les Allemands le font. Ils en ont assez. Je peux l'entendre.
Deuxièmement, leur dire, en contrepartie de ça, nous associons nos stratégies sur la défense et sur l'énergie, sur ces deux points qui sont absolument capitaux. C'est ce que je vous dis. C'est parce qu'ils partent aujourd'hui sur une autre...
Ils préfèrent regarder vers l'Est, vers la Pologne...
Ok. C'est arrivé depuis 50 ans déjà que de temps en temps, des chefs d'État français ou allemands d'ailleurs partent de leur côté. Rappelez-vous, Nicolas Sarkozy avait en autre temps oublié de prévenir Mme Merkel qu'il faisait l'union pour la Méditerranée ? Bon. Puis tout ça est rentré dans l'ordre et chacun a compris qu'on devait faire les choses ensemble. De la même manière quand Mme Merkel, de son côté, a pris un certain nombre de décisions sur les migrants par rapport à ce qui se passait en Syrie ou sur le nucléaire, ça n'a pas été très malin, y compris pour l'Allemagne. Donc, l'argument à donner, il est de dire qu'il faut impérativement renouer ce dialogue et dire à M.
Scholz que ça nous dépasse. Si nous ne le faisons pas, nos enfants auront honte de nous parce qu'il sera trop tard. Et ce sujet-là est un sujet éminemment politique sur lequel je pense qu'Emmanuel Macron est trop silencieux. Il faut absolument qu'il dramatise les choses et qu'il fasse en sorte que chacun en Allemagne
l'entende. Vous avez fondé un musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux consacré donc à la Première Guerre mondiale en cette veille de commémoration de l'armistice du 11 novembre 18 et alors que l'Europe connaît une nouvelle guerre en Ukraine depuis le mois de février. Que pensez-vous de cette remise en marche du tragique de l'histoire, Jean-François Copé ? Depuis la chute du mur de Berlin, est-ce que l'Europe s'était endormie en pensant que l'histoire et la démocratie étaient acquises ?
Bien sûr. D'ailleurs, cela va bien au-delà. C'est-à-dire qu'en fait, ce rapport au tragique dans notre continent européen grâce à l'effort de tous ceux qui ont voulu empêcher cette guerre fait que depuis maintenant quatre générations, il n'y a plus la perception du tragique, c'est-à-dire de la guerre. Et on le voit bien, y compris au quotidien. On a tous des enfants qui nous disent parfois « Ouh là là, papa, c'est tragique, ah bon, que se passe-t-il ? Mon portable ne marche plus. » Non, non, le tragique, ce n'est pas ça.
Le tragique, c'est en réalité le rapport à la guerre, ce que nos grands-parents, arrière-grands-parents, ont vécu dans leur quotidien parce que depuis des siècles, tous les 25 à 30 ans, il y avait des fils qui mouraient pour la patrie, des pères qui mouraient pour la patrie, et donc toute l'histoire de l'Europe s'est articulée autour de ça. C'est pour ça d'ailleurs que vous y faites allusion le musée de la grande guerre du Pays de Meaux que j'ai fait construire, qui accueille la collection privée la plus importante au monde d'objets de 14-18.
Vous ne ressortez pas de ce musée comme vous y êtes entrés parce que vous percevez concrètement ce que cela voulait dire, l'horreur absolue de cette guerre et nous avons d'ailleurs accueilli depuis son ouverture 1,2 million de visiteurs, y compris des scolaires, ce qui en dit long sur la volonté de transmettre ce devoir de mémoire. Donc oui, ce rapport au tragique, il disparaît au fil du temps et c'est tant mieux, mais la responsabilité des dirigeants politiques d'Europe, c'est d'y penser matin, midi et soir.
L'actualité aujourd'hui, c'est la montée de tensions entre la France et l'Italie autour du navire Ocean Viking à bord duquel se trouvent 234 migrants qui est aujourd'hui toujours encore à l'heure nous parlant bloqués en Méditerranée. L'Italie de Georgia Meloni a refusé l'accès du bateau à ses ports. La France a critiqué la décision italienne en disant vous contrevenez aux règles européennes. Pour l'instant, elle n'a pas donné l'autorisation d'accoster à Marseille, à Toulon Jordan Bardella, il ne faut pas accueillir Ocean Viking. Ce serait une faute, une erreur. Même son de cloche chez Eric Ciotti, vous êtes sur la même position qu'Eric Ciotti et Jordan Bardella.
Il ne faut pas l'accueillir ce bateau. Il faut l'accueillir. Qu'est-ce qu'on fait ?
C'est la réponse impossible. Ce serait la première fois que ça arriverait. On pourrait dire on ne sait pas, on hésite. On a ce type d'épisode dramatique du point de vue humain mais également hyper médiatique qui met chacun devant des positions impossibles. Mais pourquoi ?
Non, pas pourquoi. Il faut faire quoi ?
Pourquoi ? Ce n'est pas simple parce qu'il y a évidemment une dimension humanitaire. Quand j'entends qu'on sépare les enfants et les mères et les pères, je mesure combien il n'y a évidemment pas de bonne solution. Pourquoi ? D'un côté, vous avez cette dimension humanitaire majeure. De l'autre, le fait que nous savons tous que nous ne pouvons pas et on le sait, on le dit depuis 40 ans, un quart, on ne peut pas accueillir des milliers et des milliers de migrants dont on ne sait pas comment réussir l'intégration.
Là, c'est 234 migrants.
Oui, là, c'est 234 mais on voit très bien derrière la symbolique tout ce qu'il y a derrière, tous ces bateaux dont on ne parle pas, toutes ces arrivées dont on ne parle pas et que l'on ne sait pas accueillir correctement parce que les décalages sont considérables. Donc, face à cette situation, on va encore et toujours bricoler. C'est-à-dire qu'on va petit à petit... Il faut changer les règles européennes
que l'Italie ne respecte pas.
Mais l'Italie, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Madame Mélanie, elle est issue de l'extrême droite italienne, vous attendiez quoi ? Qu'elle fasse autre chose que de dire qu'elle ne voulait pas. Elle vient d'être élue. Elle ne va pas commencer à dire qu'elle va trouver des accommodements. Bon, en même temps, elle sait très bien que pour être élue, il faut qu'elle soit aussi en accord, au moins du point de vue relationnel avec les autres dirigeants européens. Sinon, l'Italie va s'enfoncer aussi. On ne fait rien sans l'Europe quand on est membre de l'Europe. Regardez l'état de cette pauvre Grande-Bretagne aujourd'hui. Donc, cette situation...
Mais vous ne répondez pas sur le fond. Si vous étiez au pouvoir, vous faites quoi ? Vous avez ce bateau qui est là, qui est bloqué depuis plusieurs jours. Vous faites quoi ? Et vous voulez faire quoi ? Je ne sais pas. Je vous pose la question.
Écoutez, du point de vue humain, on ne peut pas laisser ces familles complètement à l'abandon. Donc, il faut naturellement organiser leur débarquement et puis ensuite, organiser leur reconduite dans leur pays d'origine. Parce qu'on ne peut pas accueillir tout le monde, ça n'est pas possible. Ne serait-ce que parce que les filières clandestines sont omniprésentes, comme elles le sont d'ailleurs sur le trafic de drogue, je le dis au passage, grand sujet sur lequel le gouvernement est totalement silencieux, alors que la situation est catastrophique sur le trafic de drogue, y compris dans des villes moyennes en France.
Et on le voit à travers des rapports qui se succèdent et qui ont un trait malheureusement à l'immigration clandestine aussi puisque nous savons que c'est ce qui permet à l'immigration clandestine de se débrouiller pour trouver de l'argent illégal et survivre. Donc, c'est cet ensemble-là qui est extraordinairement dangereux.
Un projet de loi immigration arrive précisément au Conseil des ministres dans quelques semaines. Jean-François Copé, il vise notamment à durcir les conditions de reconduite aux frontières. Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, l'a résumé ainsi, on sera gentil avec les gentils, méchant avec les méchants. C'est ce qu'il faut faire ? C'est la bonne philosophie ?
Enfin, c'est ce qu'il faut faire. Oui, bien sûr, c'est ce qu'il faut faire. Le problème, c'est pas tellement de dire de réaffirmer toujours la même chose. C'est quand est-ce qu'on va le faire ? Parce qu'en réalité, pareil, depuis...
Le mois prochain.
Non, le mois prochain, on va soumettre le texte à l'Assemblée. Restons calme, en politique. Il ne faut pas penser qu'un problème est réglé parce que le matin, on vous annonce une loi pour l'après-midi afin de sauver et les questions d'actualité et le journal de 20h. Certes, mais... Voir l'émission du lendemain matin sur France Inter, encore que ça, c'est jamais gagné d'avance, on le sait. Mais soyons clairs sur ces sujets, évidemment que ça ne règle rien. Le véritable problème, c'est de le faire. Pour le faire, il faut des moyens, il faut des textes, certes, qui soient adaptés, mais il faut des moyens. Et aujourd'hui, on ne les a pas.
Le taux de reconduite à la frontière est extraordinairement faible parce que tout ça est totalement désorganisé du point de vue administratif. Et enfin, au-delà de ça, il y a des choses qu'on n'arrive pas à comprendre. Moi, j'entends qu'on va ouvrir les vannes de l'immigration sur les métiers dits en tension. Alors justement,
ça c'est une idée. Oui, je vous fais même
les questions et les réponses. C'est bien.
Face à la pénurie de main d'oeuvre, vous êtes un peu habitué aux interviews, Jean-François Copé. Vous avez quelques heures de vol. Face à la pénurie de main d'oeuvre, un titre de séjour provisoire d'un mois pour recruter, un titre provisoire d'un an pour recruter des étrangers dans les métiers en tension pour y voir le jour. Est-ce que c'est une bonne mesure ou c'est ce qu'appelle Eric Ciotti un appel d'air aux étrangers ?
Non mais c'est surtout que d'abord, c'est un constat d'échec absolument incroyable. On a 8% de chômage. Vous pouvez m'expliquer comment avec 8% de chômage dont une part considérable dans le taux de chômage pour la tranche d'âge 15-24 ans, on n'est pas capable de régler le problème des métiers en tension. C'est sur des métiers qui pour beaucoup d'entre eux sont des métiers qui sont finalement plus correctement rémunérés qu'on ne veut bien le dire. Et donc c'est quoi le problème ?
C'est que ceux qui sont au chômage ne doivent pas travailler ?
C'est ça que vous voulez dire ? Non, jamais je prendrais un risque pareil. Je vais le dire autrement. Peut-être que notre système d'indemnisation fait que pour un arbitrage rationnel d'une personne, c'est dire qu'il va perdre de l'argent par rapport à ce qu'il gagne quand il est au chômage. Donc le sujet, il faut le poser sur la table et se dire mais attendez, à partir de quel moment on crée cette incitation à prendre un emploi ? Et ça fait là encore des années qu'on en parle mais on ne va pas jusqu'au bout. Même si je dois reconnaître que le gouvernement Macron par rapport à son prédécesseur a fait un exercice de réforme de l'assurance chômage mais qu'il n'est pas allé jusqu'au bout.
Et donc on est dans cette situation d'entre deux. Donc c'est un vrai constat d'échec. Deuxièmement, écoutez, moi je peux l'entendre pour des métiers qualifiés mais pas pour des métiers qui sont moins qualifiés. Sinon, on ne comprend rien. C'est la limite du en même temps. Ce fameux en même temps qui est pour les gens incompréhensible. Le ministre... Et qui explique que ce pays soit devenu ingouvernable d'ailleurs. Ingouvernable.
Ça ne réglerait pas tout si vous êtes honnête et vous le savez. Par exemple, les médecins. Aujourd'hui, s'il n'y avait pas les médecins étrangers, si on ne faisait pas appel aux médecins étrangers, l'hôpital public qui ne va déjà pas très bien irait très très mal.
Pardon, mais là je regrette que vous n'avez pas entendu mes phrases jusqu'au bout. Alors peut-être que je parle un peu vite. J'ai bien précisé par rapport aux métiers faiblement qualifiés. Je peux parfaitement comprendre qu'on le fasse pour des métiers qualifiés. Les médecins en sont. Cela dit, puisque vous me branchez sur les médecins, je veux quand même rappeler que là aussi, on paye au prix très élevé tous les errements de ces 20 dernières années. Les quotas, l'absence de prise en compte de la situation de la désertification médicale, y compris dans les villes. Et tout ça est un échec bâtant. Sur la médecine, c'est tout à fait significatif.
Pat Ndiaye, le ministre de l'Éducation qui sera l'invité du Téléphone Zone ce soir, présente un plan contre les atteintes à la laïcité à l'école. Il demande notamment au chef d'établissement le signalement et des remontées systématiques sur la question des tenues religieuses, des signes ostentatoires. En octobre, ces signalements ont plus que doublé. Il faut faire quoi, Jean-François Copé, face à des jeunes qui portent des vêtements religieux au collège ? Vous feriez quoi ? Je vous repose la question sur ces sujets.
Vous savez que je suis très engagé sur ces questions. Il y a quelques années, j'avais fait porter l'interdiction de la burqa, que j'ai été parmi les premiers maires à dénoncer ce type de dérive au quotidien. Donc, je pense qu'il faut être évidemment extrêmement ferme. Ce qui m'intéresse dans ce qu'on voit en ce moment, c'est que les commentateurs disent enfin le ministre de l'Éducation nationale s'intéresse à cette question. C'est dire combien il a généré de doutes à titre personnel sur son engagement sur ce sujet. La vérité, c'est que c'est non négociable. La laïcité, nulle part. Évidemment, à commencer par l'école.
Ce qui est en train de se passer depuis maintenant des années est extrêmement grave. On refuse de le voir, de le dire et surtout de prendre des mesures. Donc, il faut les prendre. Mais pour les prendre, il faut entrer au quotidien. C'est-à-dire qu'il faut comprendre la solitude d'un chef d'établissement scolaire qui aujourd'hui est livré à lui-même. Un prof est livré à lui-même. Ça ne remontera pas au mal. Il ne se passera rien derrière. Et donc, les profs, ils sont livrés à eux-mêmes. Les parents sont livrés à eux-mêmes. Ça n'est pas acceptable. Donc, si on veut régler ce problème, il faut y aller dans le détail. Par exemple, les angles morts des écoles.
Il y a des lieux dans les écoles où personne ne va et où, effectivement, un élève peut être victime. C'est vrai de la laïcité, mais c'est vrai de toute autre forme de harcèlement. Il faut, de la même manière, organiser des process qui font qu'il y a des réponses et des réponses sévères qui soient portées lorsqu'il y a des comportements déviants en matière de laïcité qui, la plupart du temps, ont pour origine le comportement des parents, pas des enfants. Donc, il faut bien voir derrière ça tout ce qui doit être mis en œuvre. Et pour ça, il faut y associer les maires. Les maires, ils sont en première ligne. Ils parlent au chef d'établissement en permanence.
Ils ont parfois, s'ils sont bien organisés, des polices municipales. Ils ont une possibilité de convoquer les parents. C'est un partenariat terrain qui, aujourd'hui, est oublié parce qu'à Paris, tout ça est trop loin. Et puis, comme les maires, ils n'ont plus le droit d'être députés, il n'y a plus personne qui raconte ça à l'Assemblée. Et donc, cette espèce de déconnexion, elle est dramatique. Alors, on pleurniche dessus semaine après semaine, mais on ne fait rien. Allez, on va au standard d'Inter.
On nous attend Jacques. Bonjour et bienvenue.
Oui, bonjour France Inter. Merci de prendre ma question. Donc, je voudrais poser cette question à M. Copé. En 2002, l'Europe a décidé la privatisation du gaz et de l'électricité. En 2008, le gouvernement, sous la présidence Sarkozy, a privatisé GDF. Et donc, les idéologues du néolibéralisme nous ont expliqué que les prix allaient baisser. Je ne sais pas s'ils sont encore aussi certains de cela. En juin 2023, il y a la fin du tarif réglementé du gaz qui va entraîner une explosion du prix du gaz que je vais devoir payer. Donc, ce que je demande à M. Copé, c'est est-ce que les Républicains vont proposer à l'Assemblée le maintien du tarif réglementé du gaz ?
Merci Jacques pour cette question. Jean-François Copé. Je pense que votre question elle est un peu dénaturée parce que nous vivons en ce moment. C'est-à-dire que la crise ukrainienne est la première conséquence de la situation catastrophique qu'on est en train de connaître en matière énergétique et qui d'ailleurs nous rappelle qu'il vaudrait mieux pour l'avenir anticiper tout cela et éviter de dépendre d'une seule source d'approvisionnement.
Donc, bien sûr que tant qu'on peut le faire il faut essayer par diverses manières rappelons ça un bouclier tarifaire un plafonnement comme vous voulez une prise en charge en réalité par le contribuable pour atténuer les effets du prix du gaz et essayer de voir comment sur le plan européen on peut convaincre nos amis allemands c'était ce que j'évoquais tout à l'heure enfin, on a bien conscience les uns et les autres que cela doit passer par une souveraineté énergétique bien sûr le nucléaire bien sûr le renouvelable et puis évidemment des sujets majeurs comme l'hydrogène qui doivent être mis sur la table de toute urgence.
Il nous reste trois petites minutes pour parler de la politique de votre parti Emmanuel Macron a proposé une alliance à la droite vous aviez été un l'un des premiers avec Nicolas Sarkozy à la souhaiter ça ne marche pas pour la majorité de votre parti s'allier à Emmanuel Macron c'est simplement disparaître vous entendez le refus l'unanimité qu'à la quasi-unanimité des demandes de votre parti
je le dis à peu près à chaque fois qu'on me pose la question depuis des mois cette situation est complètement intenable on ne peut pas continuer pardon de le dire de manière un peu triviale à être la tranche de jambon dans le sandwich c'est intenable on ne va pas continuer de rester à dire qu'on déteste les extrêmes et remarquez tant mieux qu'on le dise quand même encore qu'on ne le dit pas toujours de manière très ferme et puis de l'autre qu'on ne veut pas s'allier avec l'horrible Emmanuel Macron il y a un moment où il faut qu'on choisisse nous sommes le deuxième groupe à l'Assemblée c'est dingue non mais on serait non vous n'êtes pas
le deuxième groupe à l'Assemblée pardon pardon j'ai sauté j'ai sauté une étape
j'ai sauté une étape pardon
vous êtes le quatrième groupe
non mais j'ai sauté une étape vous avez raison on va le faire plus simplement si demain nous tordons le bras à un exécutif qui est aujourd'hui terriblement affaibli en lui disant vous devez changer votre programme électoral renforcer le régalien les questions de sécurité d'immigration de justice de laïcité ne sont pas suffisamment assumées parce que le en même temps tue tous ces projets vous changez votre projet sur cette base là nous reformons une coalition à ce moment là nous devenons LR le deuxième parti de la nouvelle majorité que nous constituons vous allez un peu vite non mais je vais un peu vite ou alors vous avez fait semblant enfin bref on se l'est dit à partir du moment où on fait ça on reconfigure complètement ce quinquennat on peut même contribuer à sauver la France qui est quand même assez gravement menacée sur tous ces sujets et on redonne une marque de fabrique à LR qui au départ était un parti de gouvernement et qui ne gouverne plus depuis 2012 voilà
Jean-Luc Moudin le maire de Toulouse le maire LR de Toulouse a quitté les républicains il y a deux jours il regrette que le parti se soit recroquevillé dans un positionnement trop droitier qu'aucun candidat ne parvienne à rassembler vous le comprenez vous pourriez faire pareil ?
non mais moi j'ai pas tout à fait la même conclusion mais en revanche on est nombreux et notamment vous savez quand on est maire on a un peu de recul donc on voit bien ce qui se passe c'est absolument intenable la majorité il n'y a pas de majorité absolue d'ailleurs je le dis au passage tous ces grands intellectuels qui continuent d'expliquer qu'ils voudraient essayer la proportionnelle n'ont plus besoin de l'essayer on l'a on a un pays totalement ingouvernable une cinquième république qui de fait n'est plus appliquée dans son principe c'est-à-dire celle d'un exécutif fort et donc une situation qui est absolument d'ici la fin de ce quinquennat invivable je ne vois pas comment on peut continuer comme ça donc il va bien falloir que des décisions soient prises
une dissolution
ça fait partie des options la dissolution enfin il est évident que si cette dissolution est faite vous savez c'est du qui tout double parce que si c'est pour se retrouver avec une majorité encore moins gouvernable on aura l'air malin donc cette situation alors qu'il y a autant de périls internationaux géopolitiques sécuritaires énergétiques et financiers doit appeler chacun à ses responsabilités
dans un mois les républicains auront un nouveau président Éric Ciotti Bruno Retailleau Relien Pradlier pardon votre coeur penche pour qui Jean-François Copé
alors mon coeur ne penche pas d'abord parce qu'il y a longtemps que j'ai plus d'affect en politique deuxièmement parce que j'ai décidé de ne pas choisir je continue de défendre une ligne celle d'une droite décomplexée mais je voudrais être sûr que ce terme ne soit pas galvaudé c'est celui que j'ai inventé mais il est un peu galvaudé parce que la droite décomplexée c'est une droite qui est fière de l'être qui assume tous les sujets que les français vivent au quotidien mais qui est totalement étanche avec l'extrême droite
et elle l'est plus ?
je ne sais pas mais en tout cas je voudrais être certain que quand on vient de temps en temps faire des yeux doux à tel ou tel représentant de l'extrême droite on se rend bien compte qu'une fois qu'on est dedans c'est terminé on n'en sort plus et ça je me battrais toujours pour l'empêcher
vous pensez que Marine Le Pen peut arriver au pouvoir ?
mais je ne sais pas je pense qu'elle peut c'est que le processus inexorable est lancé voilà et qu'il va bien falloir à un moment ou à un autre qu'un certain nombre de gens se disent que dans ce contexte on ne peut plus accepter ça et qu'on doit prendre ses responsabilités quand on est un parti de gouvernement Jean-François Copé merci
le message est passé
merci d'avoir été à notre micro ce matin merci
Jean-françois Cope