Avocat : il dit tout de l'affaire contre Marine Le Pen !
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Questions et réponses
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Bonjour à tous et bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast du Rassemblement National.
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Aujourd'hui avec nous, Alexandre Varro, bonjour.
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Je voudrais revenir sur l'affaire des assistants parlementaires et la décision du 31 mars 2025 condamnant Marine Le Pen.
- 1:16OuverteRéponse directe
Comment as-tu vécu cette décision de la présidente du tribunal ?
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On a beaucoup parlé du jugement de la présidente du tribunal, qu'est-ce que tu en retiens ?
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Est-ce qu'il y a des éléments précis justifiant la politisation du jugement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Ça fait 35 ans que la justice est mon métier. »
- 4:01Invité politiqueFait
« La politique et la justice sont deux ennemis, depuis toujours. »
- 7:09Invité politiqueFait
« Quelle réitération de l'infraction ? Au Parlement européen, depuis dix ans, il ne s'est rien passé. »
- 7:28Invité politiqueFait
« Nous sommes probablement le groupe le moins dépensier du Parlement européen. »
- 11:43Invité politiqueFait
« Le tribunal avait oublié ses cours de première année. »
- 19:04Invité politiqueFait
« Nous sommes la caution démocratique. »
- 20:10Invité politiqueFait
« Nous sommes le premier groupe de toute l'Europe. »
- 32:51Invité politiqueFait
« C'est exceptionnel. »
- 33:54Invité politiqueFait
« C'est bien ça dont il s'agit. »
- 33:58Invité politiqueChiffre
« C'est plutôt 2 ans. »
- 34:10Invité politiqueFait
« quand on vous dit on a entendu ce que vous avez dit mais on va demander à quelqu'un d'autre très très vite son avis. »
- 36:06Invité politiqueChiffre
« c'est la première fois que je le fais avec 10 000 personnes qui agitent des drapeaux bleu-blanc-rouge. »
- 40:51Invité politiqueFait
« Déjà, faire appel, c'est contester une décision de justice. »
- 41:24Invité politiqueFait
« c'est le tribunal qui a mis les pieds dans la politique, le premier. »
- 41:34Invité politiqueFait
« notion inventée par le tribunal pour les besoins de la cause, pour expliquer que vous allez empêcher la future présidente de la République d'être candidate. »
- 42:14Invité politiqueFait
« vous ne serez pas candidat à l'élection, à partir de ce moment-là, on avait tout à fait le droit de les critiquer. »
- 44:23Invité politiqueFait
« Que la démocratie fait peur maintenant à un certain nombre de gens. »
- 44:51Invité politiqueFait
« C'est totalement contraire à la Constitution, c'est totalement contraire à l'esprit des institutions. »
- 45:41Invité politiqueFait
« nous avons face à nous des gens qui ont peur de la démocratie parce que nous incarnons la démocratie. »
Temps de parole
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Nous avons face à nous des gens qui ont peur de la démocratie parce que nous incarnons la démocratie. Ça fait 35 ans que la justice est mon métier. J'ai très souvent fait appel, mais c'est la première fois que je le fais avec 10 000 personnes qui agitent des drapeaux bleu-blanc-rouge. Marine Le Pen est très entraînée dans ce sport-là. Elle fait preuve d'un courage et d'une capacité de combat qui fait notre admiration à tous.
Eh bien bonjour à tous et bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast du Rassemblement National. Encore merci pour vos retours sur les trois premiers épisodes que vous pouvez suivre sur la chaîne du Rassemblement National. N'oubliez pas de vous abonner au compte YouTube du Rassemblement National et aussi d'activer les notifications pour être informé dès la sortie des prochains épisodes. Aujourd'hui avec nous, Alexandre Varro, bonjour. Bonjour. Tu es député européen, mais aussi avocat. Et c'est justement à la fois sur le fait d'être et un spécialiste de droit et d'avoir un pied au sein des institutions européennes.
Je voudrais revenir avec toi justement sur l'affaire dite des assistants parlementaires et notamment cette décision du 31 mars 2025 qui a pour le moment condamné Marine Le Pen à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire. Comment toi déjà personnellement, ce jour du 31 mars 2025, tu as vécu justement cette annonce, cette décision de la présidente du tribunal ?
Le premier sentiment, c'était sans doute de me dire que, fort heureusement, il existe des cours d'appel. Et s'il existe des cours d'appel, c'est que parfois les tribunaux se trompent. Donc il ne faut pas sacraliser la décision qui a été rendue, contrairement, on va en parler, à ce qu'a fait le tribunal lui-même, qui a rendu sa décision en considérant comme s'il jugeait en dernière instance. Or la réalité, c'est qu'il juge en première instance et que derrière il y a une cour d'appel et que derrière la cour d'appel, il y a la cour de cassation. Et que donc les juges de première instance sont invités à la modestie. Et ce qui caractérise cette décision, c'est l'absence de modestie.
C'est une espèce d'arrogance politique de dire voilà ce que nous avons vu, ce que nous avons constaté, ce que nous décidons et qui va s'imposer tout de suite.
Alors on a beaucoup parlé justement du jugement de la présidente du tribunal, un jugement qui a été publié, ou du moins les avocats de Marie-Le Pen ont dit l'avoir reçu le lendemain de la prise de décision, sauf à l'heure de ma part. Ce jugement, il a beaucoup fait parler de lui. Toi, qu'est-ce que tu en retiens ? Parce qu'on a beaucoup critiqué ce qui était plus une décision politique qu'une décision de justice. Est-ce qu'il y a des éléments précis ? On a eu l'occasion d'en parler plus régulièrement.
Mais est-ce qu'il y en a quelques-uns sur lesquels tu voudrais mettre peut-être plus l'accent pour justement justifier la politisation totale du jugement qui a été rendu par la présidente du tribunal ?
Oui, alors c'est une décision de justice, évidemment, rendu par un tribunal. D'ailleurs, il ne faut pas cibler particulièrement la présidente. Ils sont trois à avoir rendu ce jugement. Et nous ne savons pas dans le secret du délibéré ce qui s'est passé entre eux. Alors, c'est une décision de justice, mais avec des vrais morceaux de politique à l'intérieur, comme dans le yaourt. Donc, bien sûr qu'ils ont pris un risque considérable en mettant le pied dans la sphère politique délibérément, sans se cacher.
Alors, tous les avocats connaissent la vieille expression qui était, je crois, de l'abori au moment de l'affaire Dreyfus, que quand la politique rentre dans le tribunal et qu'elle vient tirer le juge par la manche, il faut la chasser immédiatement, cette prostituée. La politique et la justice sont deux ennemis, depuis toujours. Voilà. Alors, il ne faut pas que, comme en miroir, les politiques et les juges deviennent des ennemis. Mais la politique et la justice font mauvais ménage. Voilà, il faut le constater. Beaucoup de choses m'ont frappé dans cette décision. Commençons par une, celle de l'exécution provisoire. Mais je ne veux pas...
Je commence par ça, mais je ne m'arrêterai pas à ça, si tu m'en donnes la possibilité. Parce que c'est celle dont on a le plus parlé. Mais, en fait, ce qui est scandaleux, ce n'est pas l'exécution provisoire seulement, c'est l'inéligibilité et la condamnation. Mais on va commencer par la fin, l'exécution provisoire. Cette décision, elle est, on va dire, à deux égards extrêmement étonnante. Le premier, c'est à nouveau cette idée du juge de première instance qui est tellement sûr de lui qu'il méconnaît l'existence de la cour d'appel et il dit, ma décision va s'appliquer tout de suite.
Le principe de fonctionnement de la justice, en France comme ailleurs, c'est le double degré de juridiction et c'est la possibilité de faire appel et de suspendre la peine, parce que parfois les juges se trompent. Voilà. Donc là, il y a cette manière de dire tout de suite, ma décision est la bonne, j'en suis sûr, et d'en tirer des conséquences considérables. On est dans une matière quand même, on a un désaccord administratif sur la manière de gérer nos députés et ça termine par l'interdiction de la présidente du premier parti de France, de la candidate du premier parti de France, de se présenter aux élections. Donc, il ne s'agissait pas d'un trafiquant de drogue pris en flagrant délit.
Justement, sur cette décision de la présidente du tribunal, il dit oui, elle manque d'humilité, elle dit qu'elle a raison et que sa décision, parce qu'elle a raison, doit s'appliquer immédiatement, d'où l'exécution provisoire. Finalement, qu'est-ce qu'il y a derrière ça ? Est-ce que c'est une juge qui veut faire de la politique, une juge qui veut se faire Marine Le Pen, qui veut abattre Marine Le Pen et rentrer chez elle en disant « C'est moi qui ai empêché Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle » et on retiendra ça, pardon, finalement, d'elle dans l'histoire ? Comment, justement, est-ce simplement un manque d'humilité, une erreur humaine ou alors un objectif politique ?
C'est l'hubris du magistrat. C'est des gens qui sont placés tout d'un coup face à une décision considérable avec une portée sociale, politique, historique. Et la tête leur tourne, voilà. Je pense que la tête leur a tourné, vraiment. Et qui se sont dit « On a tout entre les mains, mais alors si on recule, c'est pas bien si on ne prend pas cette décision, qu'est-ce qu'on va penser de nous ? » Et puis, finalement, ils vont de plus en plus loin. Au fur et à mesure qu'ils délibèrent, je pense qu'ils vont de plus en plus loin. Au mieux de penser calmement la chose, ils sont lancés dans une émotion qui finit par les dépasser. Et qui les dépasse de tous bords.
Parce qu'il y a une autre chose extraordinaire avec cette exécution provisoire. C'est qu'on nous explique qu'elle est faite pour empêcher, notamment, la réitération de l'infraction. Quelle réitération de l'infraction ? Au Parlement européen, depuis dix ans, il ne s'est rien passé. Au Parlement européen, où je suis, moi, nous rendons plus de la moitié de notre dotation de collaborateurs au Parlement européen, parce que nous ne l'utilisons pas. Donc, on ne s'en sert pas comme d'une vache à l'aise. C'est le contraire de la vérité. Nous sommes probablement le groupe le moins dépensier du Parlement européen. Donc, nous ne racontons pas qu'on a la main dans la caisse. Voilà. C'est totalement faux.
Et puis, il y a un aspect un petit peu technique, mais qu'il faut expliquer. Peut-être un certain nombre de ceux qui nous écoutent ont entendu dire que le Conseil constitutionnel interdisait pour les parlementaires qu'on les prive de leur mandat, en cours de mandat, même en cas d'exécution provisoire. Et là, ça devient un peu vertigineux. Ça veut dire que le tribunal a pris une décision dont il savait qu'elle ne s'appliquerait pas. Et le tribunal prend une décision en dis-je et dit j'ordonne l'exécution provisoire. Ça peut avoir du sens dans certaines affaires. Mais l'exécution provisoire, c'est tout de suite. C'est immédiate. C'est l'exécution immédiate.
Or, il ne peut pas ignorer, et d'ailleurs il cite le Conseil constitutionnel dans sa décision, pas sous cet aspect-là, il ne peut pas ignorer que sa décision ne va pas s'appliquer. Ne va pas s'appliquer parce que le Conseil constitutionnel, qui est la juridiction suprême, l'interdit. Donc, Marine Le Pen a été rendue inéligible avec effet immédiate. Et elle est à l'Assemblée nationale. Et elle est toujours chef de groupe. Et elle le restera tant qu'il n'y aura pas de dissolution de l'Assemblée nationale. Parce que c'est la décision du Conseil constitutionnel.
Donc, qu'est-ce que ça veut dire ces magistrats de première instance du tribunal de Paris qui jugent le contraire, expressément, de ce que le Conseil constitutionnel a posé comme règle ? Voilà. Qui est tout de même, pour ce qui est de l'exercice des mandats, du lien entre la politique et la justice, l'autorité incontestable, suprême. D'ailleurs, les décisions du Conseil constitutionnel s'imposent à toutes les juridictions. Et là, il y a, quand je disais, l'hubris, l'orgueil des magistrats, c'est qu'on passe par-dessus tout, et notamment par-dessus le Conseil constitutionnel. Et ce qui est important, c'est qu'aujourd'hui, on annonce que nous avons osé décider de cela.
Et ne cherchez pas les opinions politiques de ces juges. Je crois que ce n'est même pas la question. Peut-être en ont-ils, peut-être nous sont-elles défavorables, c'est bien possible. Mais au-delà de ça, il y a une espèce de perte de repère, et sans doute d'hostilité à l'égard du monde politique, aussi en général, que la justice peine à comprendre.
— D'accord. J'aimerais vous dire ce que tu as parlé, justement, des enveloppes qui sont mises à disposition des députés pour payer et rémunérer leurs collaborateurs. Et justement, il y a un terme qui a beaucoup été utilisé pour parler de cette affaire, qui pour nous est juste un problème administratif encore une fois, qui est celui du détournement de fonds publics. C'est comme ça qu'il l'appelle. Est-ce qu'on peut véritablement parler d'un détournement de fonds publics à partir du moment où, en fait, cet argent, s'il n'est pas consommé par les collaborateurs, ou plutôt, cet argent, finalement, n'a qu'un seul objectif, c'est celui de rémunérer des collaborateurs ?
C'est pas un argent qui va être mis pour, j'ai n'importe quoi, retaper une école, refaire une route, donner une subvention à une association et autres. C'est de l'argent qui n'a qu'une seule finalité, c'est celui de rémunérer un collaborateur. Alors, est-ce que cette appellation de détournement de fonds publics, comme on l'a entendu pendant plusieurs semaines, finalement tape à côté du préjudice supposé que reproche justement la justice, ou du moins quelques juges, dans cette décision du tribunal ?
Oui. Alors, à l'évidence, le Parlement européen nous doit, devait à Marine Le Pen et à tous les députés, cet argent. Cet argent devait leur être remis. Il devait leur être remis du fait de leur élection. Il faut bien voir que notre seul employeur au Parlement européen, comme dans les autres assemblées, ne sommes pas des employés du Parlement européen. Notre seul employeur, c'est l'électeur. Moi, je suis au Parlement européen par la volonté de l'électeur français. Et je ne dois de compte qu'à lui. Ensuite, bien sûr, c'est ce qu'on appelle en droit la théorie des baïonnettes intelligentes. On apprend ça en première année.
Malheureusement, manifestement, le tribunal avait oublié ses cours de première année. Ça veut dire qu'il y a une limite dans les comportements, bien sûr. Est-ce que là, on a détourné ou pas l'argent ? Tous ses collaborateurs. Est-ce qu'on a demandé à l'un d'entre eux d'aller pousser la balayette dans un riad à Marrakech appartenant à un député ? Est-ce qu'ils ont fait des choses qui étaient manifestement à vocation privée ? Est-ce qu'on leur a demandé de rendre en sous-main une partie de leur rémunération, comme on l'a vu dans d'autres parties, rendre en sous-main une partie de leur rémunération à l'élu qui les avait choisis ?
On entend parler de ça actuellement à Grenoble avec un élu écologique. Rien de tout ça. La totalité des collaborateurs ont eu un emploi politique, exclusivement politique. Et donc la question, c'était jusqu'où va la politique ? Est-ce qu'on est obligé de faire de la politique uniquement dans l'enceinte du Parlement européen ? Ou est-ce qu'on peut en faire également ailleurs ? Et là, il y a quelque chose que le tribunal n'a pas su ou pas voulu comprendre et qui est essentiel, qui est la grande différence qui existe entre un parti politique qui appartient à une majorité et celui qui appartient à la minorité.
Et là, le député ne travaille pas de la même manière et par conséquent, ses collaborateurs ne travaillent pas de la même manière. Je m'explique. Si vous appartenez à la majorité, par nature, c'est tautologique, vous allez faire les lois. Vous êtes majoritaire, vous faites la loi. Et donc, le député est concentré sur la fabrication de la loi. C'est ce qu'attendent de lui ses électeurs. Et ses collaborateurs travaillent à l'aider à fabriquer la loi. Si vous êtes minoritaire, ce qui était le cas de notre groupe et qu'il est toujours, même si nous avons pris beaucoup d'importance, mais nous sommes toujours minoritaires. Si vous êtes minoritaire, vous ne faites pas la loi. Voilà.
Nos résolutions ne sont pas adoptées. De rares amendements sont adoptés. Nous ne sommes pas législateurs.
Quoique, on a vu quelques amendements, justement, du groupe des Patriotes pour l'Europe, le groupe dont fait partie le Rassemblement National et Jordan Bardella, qui ont réussi à être votés, ce qui, sauf erreur de ma part, était quasiment une première dans les précédentes législatures, pour le coup. Donc, chapeau, bravo, l'équipe.
On progresse. Mais l'idée générale reste la même. Quand vous êtes minoritaire, vous n'êtes pas législateur, au sens, vous êtes un élu pour être législateur, mais de fait, vos propositions vont être battues par la majorité. C'est la règle. Et donc, vous faites plus de politique et moins de législatif. Et si le député fait plus de politique et moins de législatif, il fait plus de politique dans le but de devenir plus tard la majorité. Voilà. Et donc, ses collaborateurs font comme lui, font avec lui.
Et donc, c'est tout naturellement qu'on a des collaborateurs qui vont travailler occasionnellement avec le parti politique qui a fait élire leurs députés, dans le but que, la fois d'après, on soit majoritaire et qu'on soit le législateur. Donc, c'est pas le même métier d'être presque, d'être député de la majorité et d'être député de la minorité. Mais, c'est la plus grande ruse du système qui est désormais de tenter de nous interdire, d'interdire aux minorités, mais c'est nous qui sommes visés, parce que nous sommes la minorité grandissante, agissante. Et donc, d'interdire aux minorités de faire de la politique pour les empêcher de devenir un jour de la majorité.
Parce que moi, si on m'oblige à être tous les jours au Parlement européen, à ne jamais en sortir, à vivre dans le vase clos avec des collaborateurs qui préparent des amendements qui ne seront pas votés, etc., je sers à quoi. Voilà. Donc, eux, ils sont assis sur leur majorité, ils ne veulent surtout pas qu'on prenne leur place. Ça, je peux le comprendre. Mais ils le font de manière déloyale. Voilà. Et ça, c'est le fond de la règle. Et les juges ont prêté la main à cette histoire. Un peu parce qu'ils n'y comprennent rien également, parce que ce n'est pas tout à fait simple le fonctionnement du Parlement européen.
Et qu'ils n'ont pas compris que ça n'est pas un détournement si on est dans la minorité. Ça n'est pas un détournement tant qu'on ne fait que de la politique. Et qu'à aucun moment, il n'y a eu une intention de détournement, ni même, évidemment, d'enrichissement personnel. Voilà. nous avons fait exactement ce pour quoi les électeurs nous ont élus. Et ils peuvent être fiers de nous.
Je m'écarte un instant de la dite affaire, même si, en fin de compte, c'est même peut-être pour mieux en parler du fond. Mais est-ce que finalement, c'est un peu ce que tu viens de dire à l'instant, mais le Parlement européen et les institutions européennes dans leur ensemble autorisent encore aujourd'hui un élu de faire de la politique ? Est-ce qu'aujourd'hui, on a encore la possibilité de voir cette pression judiciaire contre des partis politiques français, que ce soit le Rassemblement national, le MoDem, la France insoumise ? On a un encadrement de plus en plus strict et restreint des contrats, des collaborateurs, des missions des collaborateurs ?
Il y a un devoir que, pour le coup, le Rassemblement national a soutenu de transparence aiguë de chaque élu. Est-ce qu'aujourd'hui, un député européen au sein des institutions européennes peut être encore autorisé à faire de la politique de la vraie politique ?
Ça, c'est une vraie question. Et la dérive que j'observe depuis longtemps, puisque j'ai été déjà élu il y a 20 ans, la dérive, c'est de nous transformer en fonctionnaires du Parlement européen. Voilà. Au grand profit de la majorité, évidemment, et par un système qui se méfie fondamentalement de la politique et de l'élection. C'est un entre-soi. Ce sont quelques milliers de personnes qui sont d'accord pour un système qui tend à un système fédéral, voire, dont on peut se demander s'il ne tend pas de temps en temps à un État unique, européen. et dans ce système-là, la politique est comme un petit vent de liberté qui est extrêmement dangereux parce que la politique, ça bouge.
Derrière la politique, il y a des gens, il y a des êtres humains, des êtres humains qui ne sont peut-être pas d'accord. Alors, le reste du système est tellement plus confortable. À la Commission, on n'est pas élu. Au tribunal de Luxembourg, on n'est pas élu. À la Banque de Francfort, on n'est pas élu. Dans toutes les institutions qui détiennent l'essentiel du pouvoir, on n'est pas élu. Et le Parlement européen devient une espèce de petit poil à gratter. Alors, on serait, quand vous arrivez au Parlement européen, tu as eu une occasion fugitive de le constater, mais peut-être as-tu oublié, il y a eu une gigantesque bannière, la démocratie en action. Voilà. Nous sommes la caution démocratique.
Et sauf que cette caution démocratique, elle a bien de la peine à s'exprimer. Parce que nous, la démocratie, on ne demande que ça. Parfois, on a l'impression que nos adversaires doutent. Mais nous sommes les seuls véritables démocrates. Personne ne fait autant appel au peuple, à la raison du peuple, à sa sagesse que nous.
Et la démocratie, oui, nous sommes élus au Parlement européen, oui, le fonctionnement du Parlement européen fait tout pour nous empêcher de permettre de représenter les peuples, les nations avec chacune leur génie propre et les désaccords et le fait que la minorité, eh bien, elle voudrait bien devenir un jour la majorité et que pour cela, elle doit faire de la politique, elle doit parler aux électeurs. moi, je ne suis pas, je ne prétends pas être l'élu de tous les Français. Je suis l'élu des gens qui ont voté pour la liste conduite par Jordan Bardella et c'est ces idées-là, ce programme-là que je dois défendre. Et nous avons déjà fait un score qui nous plaçait très loin devant tout le monde.
Nous sommes le premier groupe de toute l'Europe. Nous sommes la première délégation de toute l'Europe, c'est-à-dire le premier groupe national. Il n'y a pas un parti qui, dans une autre nation, est 30 députés comme c'est notre cas. Mais nous ne sommes pas encore assez forts pour porter au pouvoir les opinions de ceux qui nous ont élus parce que, comme en France, comme en Assemblée nationale où tu sièges désormais, eh bien, il y a ce cordon sanitaire qui tente à nous tenir avec de plus en plus de difficultés. Et de temps en temps, on le brise. Mais le but, l'organisation du système, c'est de nous tenir sur le côté. Voilà. Parce que nous ne sommes pas suffisamment justement dans le système.
Et alors, justement, par rapport à ce que tu dis, que ce soit déjà par rapport à la force justement de la technocratie, de la bureaucratie entre les commissaires non élus, les fonctionnaires du Parlement européen, de la Commission européenne et de toutes les instances européennes, face aussi aux résultats justement toujours plus importants, que ce soit du Rassemblement national ou de ses alliés en Europe, comment le comportement d'autres groupes, et je pense en particulier aux groupes dignes de droite, notamment il y a le PPE européen, donc le parti dans lequel siègent encore les élus LR notamment, comment leur comportement évolue-t-il par rapport à nous, par rapport à nos idées ?
Tu parlais du cordon sanitaire, est-ce qu'il y a encore une raison d'exister quand on voit justement tous les défis qui sont devant nous, qui sont devant les députés européens ? Est-ce que finalement, il n'y a pas de leur part, est-ce que toi, tu le vois notamment, puisque tu as été député européen 20 années plus tôt, est-ce que tu vois une différence, on va dire, dans l'attitude et le comportement notamment des groupes de droite au Parlement européen ?
A l'évidence, certains d'entre eux sont désolés. Je ne vais pas ruiner leur carrière en donnant des noms. Mais on se parle, il y a un certain nombre d'élus du PPE, alors ça ne va pas vers tout le monde, les écologistes et les filles, ils n'iraient pas jusqu'à nous adresser la parole et si par hasard on se trouve dans une même voiture parce qu'on va vers le même endroit, ils nous tournent le dos ostensiblement et se plongent dans leur téléphone pour ne pas avoir même à répondre au bonjour que nous ne manquons pas de leur adresser.
Donc, mis à part ce comportement indécent, il y a effectivement au PPE des gens bien élevés et des gens qui pour certains d'entre eux seraient tout à fait prêts à voter avec nous quand on dit que le ciel est bleu et même un peu plus. Voilà, donc il faut sans doute encore un petit quelque chose. Puis c'est compliqué, il y a des alliances au sein de l'Union européenne, des alliances nord-sud, est-ouest, souverainistes fédéralistes, droite-gauche, tout ça se recompose en fonction des textes. Donc, on s'aperçoit que de temps en temps, ils ont voté comme nous. Oui. Divine surprise. Voilà, la raison leur est revenue. assez fréquemment, allez, très fréquemment, on propose un amendement.
Ils ne le votent pas. Et puis, dix minutes après, on voit repasser le même amendement. On se dit, tiens, il y a une erreur. Non, c'est eux qui ont déposé notre amendement sous leur nom. Et là, ils le votent. Miracle de la mauvaise foi. Et donc, ils peuvent éventuellement voter exactement la même chose. Voilà, dire qu'il fait froid en hiver, chaud l'été, mais c'est faux si c'est nous qui le disons. Et ça devient vrai quand ils le proposent, eux, dix minutes après. Donc, bien sûr que on essaye de conserver avec eux des relations courtoises, mais vigilantes. Voilà, quand ils se tiennent mal, on ne manque pas de leur faire savoir. Même parfois sur des points qui peuvent paraître secondaires.
François-Xavier Bellamy, qui est un homme qui mérite à certains égards de l'estime, est intervenu l'autre jour dans l'hémicycle en anglais.
Ah oui, d'accord.
Alors que tout était traduit dans les 27 langues. Pourquoi est-ce qu'il se sent obligé d'intervenir en anglais ? Alors qu'il n'y a aucune nation de l'Union européenne dont l'anglais soit la langue déclarée. Les Irlandais ont déclaré le gaélique et les Malts le maltais. Donc, c'est une langue de commodité dans les relations de travail, très bien, mais pas quand on est dans l'hémicycle, pas quand on représente la France, pas quand on est chef de délégation. Donc, c'était honteux. On a tous crié de nos bancs, voilà, en français, en français, mais cet emploi de l'anglais, il n'est pas anodin.
C'est la langue unique comme la monnaie unique, comme la diplomatie unique, comme l'armée unique, comme la bombe atomique unique. Voilà, c'est une petite courbette de dévots pressés devant l'hôtel du fédéralisme.
C'est une sorte de première étape.
Voilà.
Tu parlais des relations qu'on peut avoir avec certains députés européens, mais à temps temps, j'avais l'impression que tu parlais surtout des députés européens français, a priori, quand tu parlais des députés des autres groupes. Est-ce que les autres nationalités, membres de ces mêmes groupes, comme le PPE, dans lequel figure, je le répète, les députés LR, est-ce que le fait qu'il soit d'une autre nationalité peut changer ou pas les rapports et la nature des relations que vous entretenez ?
Alors, d'une manière générale, les relations vont être plus compliquées avec les Français, avec lesquels on a également des clés nationaux. On va être dans des partis qui vont avoir des candidats rivaux aux élections législatives, aux élections présidentielles, aux élections municipales. Donc, tout ça crée nécessairement des tensions qu'on ne retrouvera pas avec un Polonais ou un Lituanien qui se moque de sa dernière chemise de nos élections présidentielles. Donc, ça pourrait, c'est d'ailleurs avec eux un petit peu plus simple, on va trouver d'autres raisons de désaccord, parfois, ou d'accord. mais eux, il faut déjà qu'ils négocient entre eux.
Voilà, mais ça, on le connaît aussi, notre groupe aussi, on a 13 nationalités, sur certains sujets, nous ne pouvons pas être en accord. Il est prévu dans les statuts de notre groupe, par exemple, que toutes les questions diplomatiques de politique étrangère sont laissées au choix de chacune des nationalités et qu'il n'y aura pas nécessairement une politique unique. On essaye de se mettre d'accord le plus souvent possible, évidemment, puisque nous sommes un groupe et on n'a pas de mal à se mettre d'accord puisqu'on pense la même chose sur l'essentiel.
Voilà, mais de temps en temps, on ne peut ne pas avoir la même vision en politique étrangère parce qu'on n'est pas placé au même endroit sur le continent. Et quand vous êtes, nous avons dans notre groupe des Portugais et des Hongrois, comportement, leur vision de ce qui se passe actuellement à la frontière est de l'Europe n'est pas la même. Donc, ils ont à cet égard la liberté d'avoir une opinion qui leur est propre.
Alors, j'en reviens du coup à l'affaire. C'est vrai qu'on s'est fait une petite parenthèse sur le train de vie aussi du Parlement européen et comment ça fonctionne là-bas, parce que je pense que c'est important de savoir un peu aussi ce qu'il y a dans les coulisses et dans la vie quotidienne, la vie de tous les jours au sein de l'hémicycle. Pour revenir sur l'affaire, il y a quelque chose sur lequel j'aimerais bien avoir quand même ton sentiment. C'est peut-être le deux poids, deux mesures qu'il peut y avoir entre les différents partis qui ont été confrontés justement à ce problème d'ordre administratif avec les institutions européennes. Je m'explique.
Il y a quelques mois avant la décision du 31 mars 2025 qui prive pour le moment Marine Le Pen d'être candidate à la prochaine élection présidentielle, il y a eu une décision concernant François Bayon, une partie du modem qui était exactement dans la même situation que le Rassemblement national. Et dans cette affaire, François Bayon, lui, il a été relaxé. C'est ce qui a été décidé. Je crois que c'était à l'automne dernier, si je ne dis pas de bêtises. Non, pardon. C'était en 2023. Donc, automne 2023, je crois, dans mes souvenirs. Et je réécoutais justement à cette occasion une défense médiatique.
Ce n'était pas au tribunal, c'était sur un plateau télé de l'actuel Premier ministre François Bayon et qui, dans sa défense, allait même plus loin que le Rassemblement national en disant que le premier assistant d'un député européen, c'était son parti politique, le premier collaborateur, c'était son parti politique. Comment on peut expliquer que dans le cas d'un François Bayrou, je pense que c'est une question qui se pose beaucoup de Français, que dans le cas de François Bayrou, on déclare la relaxe et dans le cas de Marine Le Pen, on l'empêche de se présenter à l'élection présidentielle ?
Oui, c'est une vraie question et qui renvoie d'une certaine manière aux plusieurs degrés de juridiction qui existent. Parce que ce qu'on peut ajouter à ton commentaire, c'est qu'avant d'être devant un tribunal, il y a une instruction. Et l'instruction, elle est conduite par un juge d'instruction qui, à la fin, va rédiger une ordonnance de renvoi devant le tribunal ou pas, ou une ordonnance de non-lieu. Qui était le juge d'instruction de l'affaire du Modem de François Bayrou, qui les a renvoyés devant le tribunal, considérant donc qu'ils étaient coupables Bayrou, y compris une certaine Madame de Pertuis.
C'était la juge qui a, nous a jugé, qui a jugé Marine Le Pen, qui était la juge d'instruction de Bayrou. Et donc, quand elle arrive pour nous juger, on sait qu'elle considère que faire faire de la politique aux assistants parlementaires est illicite. Donc, on rentre dans le tribunal condamné d'avance puisqu'on a une juge d'instruction qui, dans une ordonnance de renvoi, dans une affaire comparable, a déjà dit que c'était illicite. Or, Bayrou, devant le tribunal, est relaxé. De la même manière, on peut penser qu'un degré de plus, nous, ce sera devant la Cour d'appel, Marine Le Pen pourra l'être également.
Mais, c'était tout à fait extraordinaire, et je pense, une grave erreur du président du tribunal de Paris d'avoir choisi pour présider cette affaire un juge qui ne pouvait pas ne pas arriver avec un avis déjà fait sur ce dossier puisqu'elle avait jugé le même avec le Modem. Alors, après, pourquoi est-ce que le tribunal, je ne connais pas les détails du dossier du Modem, mais chacun sait qu'il est semblable, c'est-à-dire que ce sont des collaborateurs qui ont également travaillé avec le parti politique, en symbiose avec le parti politique et qui n'ont pas été affectés par leurs députés à 100% comme s'ils étaient des fonctionnaires du Parlement européen. Donc, c'est le même dossier. En gros.
Ça s'est beaucoup mieux passé, c'est certain, pour le Modem, mais le Modem est peut-être un petit peu plus du système. Le Modem contrarie moins la bourgeoisie judiciaire. Le Modem contrarie moins le système européen. Je ne pas souvenir qu'au procès du Modem, il y ait eu quatre représentants du Parlement européen à chaque audience, dont on se demande bien ce qu'ils faisaient là, d'ailleurs. Donc, voilà. On n'est pas dans leurs petits papiers, c'est une évidence. On arrivait avec une présidente du tribunal qui avait un avis préconçu sur le dossier, ce qui est malheureux. il y a une cour d'appel, ce qui est la bonne nouvelle.
Alors justement, une question pour, cette fois, plus l'avocat que le député européen que tu es. la cour d'appel, on en parle, donc beaucoup ont souligné qu'elle a donc donné une visibilité, on va dire, sur le calendrier de sa décision par rapport à l'appel qui a été formulé et présenté par Marine Le Pen et ses avocats. Est-ce que c'est une... Comment on pourrait dire ça ? Est-ce que c'est une... Est-ce que c'est habituel ? Est-ce que ça arrive souvent ? Est-ce que c'est la normalité dans le fonctionnement de la justice d'avoir une sorte de précipitation comme cela de calendrier judiciaire ? Jamais. C'est exceptionnel.
Tu as tout compris. Ça fait heureusement et malheureusement 35 ans que je suis avocat. J'ai vu beaucoup d'affaires dans ce long temps et beaucoup d'affaires qui avaient une connotation politique de tous les bords. Jamais, et puis j'ai interrogé des gens autour de moi au cas où je sois passé au travers des gouttes, jamais personne on a vu le lendemain d'une décision d'un tribunal un communiqué commun du premier président de la cour et du procureur général de la cour d'appel annonçant la date de l'appel. C'est-à-dire qu'au moment où ils communiquent on n'a même pas encore fait appel. Et ils annoncent déjà la date de l'appel. Alors, on peut le voir quand même comme...
Alors, chacun le verra de sa fenêtre. Moi, je serais... Le tribunal, je n'aurais pas été très flatté de ce qu'on se dise qu'on allait se précipiter de remettre en cause leur décision. Parce que c'est bien ça dont il s'agit. Parce que les 12 mois annoncés, ce n'est pas la norme. C'est beaucoup plus long. C'est plutôt 2 ans. Donc, qu'est-ce qu'on nous dit simplement ? On va se dépêcher de donner à d'autres juges la possibilité de réexaminer ce dossier. Dans tous les domaines et pas simplement dans celui de la justice. quand on vous dit on a entendu ce que vous avez dit mais on va demander à quelqu'un d'autre très très vite son avis. Ce n'est pas flatteur. Oui, tout à fait.
Si en sortant de chez un médecin vous vous précipitez chez un autre médecin pour avoir un deuxième avis, c'est que vous n'êtes pas convaincu par le rendez-vous que vous avez eu.
Oui.
Donc, ce n'était pas un compliment qui a été adressé au tribunal au travers de cette décision. Et puis, c'était aussi une manière de dire la décision avec exécution provisoire qui a été prise et tellement lourde de conséquences pour la démocratie. Les juges devraient ne toucher que d'une main tremblante à ces questions-là qu'on ne voudrait pas que ça provoque des problèmes dans le pays. Voilà. C'est aux magistrats, on dit, nous, notre responsabilité c'est aussi la paix sociale. Voilà. Donc, dépêchons-nous de réunir une cour d'appel.
Alors, on était tous deux réunis Place Vauban au début du mois d'avril, le 6 avril, si je ne dis pas de bêtises, justement pour ce grand rassemblement pour défendre la démocratie et puis défendre évidemment la présomption d'innocence de Marine Le Pen et s'insurger finalement contre une décision totalement politique. Avant peut-être d'aller sur un autre sujet, déjà, comment toi, tu as vécu ce meeting de la Place Vauban ? Est-ce que tu as été agrément surpris par le monde qui était présent par cette capacité en 3-4 jours à monter au cœur de la capitale un événement d'une telle ampleur ?
Oui, c'était magnifique. Alors, c'était un peu particulier pour moi parce que moi, ça fait 35 ans que la justice est mon métier et donc j'ai souvent maudit les juges. J'ai très souvent fait appel. mais c'est la première fois que je le fais avec 10 000 personnes qui agitent des drapeaux bleu-blancs-rouge. C'était très chaleureux, très justifié. Voilà, il y avait quelque chose qui n'allait pas et les gens l'ont senti. Et s'ils étaient aussi nombreux ce jour-là, aussi vite, certains, évidemment, il y en a toujours quand on fait un succès pour dire que ce n'est pas un succès parce que vous auriez pu être 500 000. qui peut réunir cette foule-là dans ce temps-là sur un sujet de cette nature ?
Non, c'était vraiment un succès parce que ça avait déclenché une vraie vague d'émotions. Et puis, il y avait cette foule. On avait l'impression d'être devant un virage du Parc des Princes. Comme toujours, évidemment, pas un tag, pas une voiture cassée, rien, tout le monde se tenant absolument bien. Ce n'est pas une manif de LFI. Ce ne sont pas les voyous et les pommes cachiens de l'extrême-gauche. Donc, tout impeccable du début à la fin, mais de l'émotion, de l'incompréhension et puis une critique. Laissez-nous. Voilà. Laissez-nous décider. C'est une espèce de... On est chez nous démocratique. Voilà. Le vote, c'est nous. Voilà.
Alors, laissez-nous choisir qui va avoir le droit d'être député, qui va avoir le droit d'être présidente de la République demain. Voilà. Et c'est le sentiment qui se faisait voler la démocratie par trois personnes sous prétexte parce qu'elles avaient réussi un examen. Donc, non, ce n'est pas possible. Heureusement que c'est nous. Heureusement que c'est le Rassemblement National et que nous avons un mouvement qui est civilisé avec des gens qui sont paisibles parce que vous confiez une telle décision, vous imaginez une interdiction de se présenter dans d'autres partis dont chacun comprendra auquel je pense ça se serait beaucoup plus bien passé. Nous, ça s'est bien passé. Ça s'est bien passé.
C'est juste le droit de protester.
Voilà. Tu as parfaitement raison de souligner. D'ailleurs, je trouve qu'on ne l'a pas assez fait, mais c'est vraiment de remercier surtout plus que ça, c'est de saluer la résilience et cette force des Français de manière générale et plus spécifiquement des électeurs du Rassemblement National. Parce que ça fait, je n'arrêtais pas d'y penser justement suite à ce meeting à Place Vauban. C'est-à-dire, ça fait des années qu'en fait, ils s'en prennent plein la gueule. Vous allez le dire comme ça, mais ils sont dans l'angle mort de toutes les décisions politiques et publiques.
Quand on parle d'eux ou quand les gouvernements parlent d'eux, je pense au Président de la République, ils parlent de gaulois réfractaires aux changements, de gens qui ne sentent rien, il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi, etc. Ils s'en prennent plein la figure depuis 15 ans et malgré tout, comme tu l'as dit, qu'on se retrouve Place Vauban, il n'y a pas une insulte, il n'y a pas une violence, il n'y a pas une agressivité, il y a un respect des forces de l'ordre qui est là. C'est vraiment cette capacité, je trouve ça magnifique. Pour le coup, il y a vraiment, on peut être très très fier de nos électeurs pour le coup.
Je tiens d'ailleurs, je profite de cette petite parenthèse pour en parler et laisser lever parce que vraiment, je les trouve vraiment merveilleux dans, ça fait des années encore une fois qu'ils s'en prennent plein la figure et malgré tout, ils tiennent bon.
Oui, parce qu'on a de l'espèce d'entraînement. On a un entraînement dans ce sport-là. Alors, longtemps, ça a été les médias qui étaient chargés de nous couper les jarrets et puis là, il semblerait qu'ils se soient aperçus que ça ne fonctionnait pas et donc, dernière solution pour empêcher parce qu'on voit bien qu'on est aux portes du pouvoir. Maintenant, la justice est le dernier recours mais celui-là non plus ne va pas marcher parce qu'il y a un moment où le peuple finit toujours par l'emporter. Donc, je suis plus contrarié qu'inquié mais voilà, c'est une épreuve de plus et si on ne veut pas vivre d'épreuve, il ne faut pas faire de politique. Oui, c'est clair.
C'est un bol de vipère à avaler tous les matins au petit déjeuner. Marine Le Pen est très entraînée dans ce sport-là et elle fait preuve d'un courage et d'une capacité de combat qui fait notre admiration à tous.
Suite à ce rassemblement, il y a quelques traditionnels adversaires du Rassemblement National, je pense particulièrement aux macronistes d'ailleurs, qui ont contesté la possibilité pour un parti politique de contester lui-même à son tour une décision de justice. Comment toi, en tant qu'avocat, tu vois ça ? Est-ce qu'en France, il est interdit si on veut respecter l'État de droit de contester ou de critiquer une décision de justice ?
Déjà, faire appel, c'est contester une décision de justice. Le système repose sur le droit de contester une décision de justice. Après, il ne faut pas la commenter de manière injurieuse. Ensuite, personne n'a jamais prétendu que le tribunal était stipendié par un tel adversaire politique. n'a pas été acheté. Je pense qu'ils ont été bien capables de s'égarer tout seuls. Ensuite, c'est le tribunal qui a mis les pieds dans la politique, le premier. Donc, il a ouvert la porte à ce débat.
À partir du moment où, dans votre jugement, vous commencez à parler de l'ordre public démocratique, notion inventée par le tribunal pour les besoins de la cause, pour expliquer que vous allez empêcher la future présidente de la République d'être candidate, forcément, nous répondons sur le terrain de la politique. C'est eux qui parlent de politique. On répond sur le terrain de la politique. Aurait-il essayé de discuter de ce qu'est un détournement de fonds publics de la notion du terme de détournement ? Saurait-il resté purement juriste ? Ce n'est pas lieu à quoi que ce soit.
Mais à partir du moment où ils ont ouvert en grand les portes de la politique et où ils ont dit contrairement à ce que qu'impose le Conseil constitutionnel, vous ne serez pas candidat à l'élection, à partir de ce moment-là, on avait tout à fait le droit de les critiquer. Et en tout cas, s'il faut nous poursuivre pour avoir critiqué une décision de justice, il va falloir qu'ils prévoient plusieurs jours d'audience.
Parce qu'il faudra me poursuivre moi, il faudra poursuivre des dizaines de milliers de personnes, il faudra poursuivre Alain Jakubowicz, l'ancien président de la LICRA, qui a critiqué, il faudra poursuivre Nicole Lenoir, ancienne du Conseil constitutionnel, qui a critiqué, il faudra poursuivre le fondateur de SOS Racisme, Julien Drey, qui a critiqué toutes personnes qui ne sont pas susceptibles d'être considérées comme nos alliés. Voilà. Donc, de toute part, de toute part, y compris de tous les gens honnêtes de gauche, les critiques se sont élevées contre ce jugement. Il y a un moment où c'est trop. Voilà.
Et ça aurait dû être une question administrative qui aurait dû se régler uniquement au sein des instances européennes. Est-ce qu'on doit rembourser une somme ? Est-ce qu'on ne doit pas la rembourser ? On en débat. Éventuellement, ça se close devant le tribunal de Luxembourg dans une affaire civile. Voilà. Il n'y avait aucune raison d'avoir un procès pénal. et moins encore de terminer en voulant changer le cours de la vie politique. Quand vous avez des juges qui veulent faire en sorte que la scène ne coule plus dans le même sens, quelque chose ne va pas.
Peut-être une petite dernière question. Qu'est-ce que ça dit de l'état démocratique de notre pays ? On a beaucoup parlé, donc, évidemment, de Marine Le Pen qui est en tête de toutes les intentions de vote, qui est privée pour le moment d'être candidate à la prochaine élection présidentielle. On a parlé aussi de C8, une première chaîne de la TNT qui est fermée sur une simple décision à un claquement de doigts.
On parle aussi d'une certaine violence qui ressurgit, je pense, à un certain nombre de militants du Rassemblement National qui se retrouvent maintenant, et c'est de plus en plus fréquent, à être agressés directement dans la rue lors d'opérations de tractage, de collage par des militants d'extrême-gauche. Qu'est-ce que tout ça veut dire un peu de l'état démocratique de la France en 2025 ?
Que la démocratie fait peur maintenant à un certain nombre de gens. Et que c'est extraordinaire. Je ne sais même pas s'ils en sont conscients eux-mêmes. Il y a quelques jours, Pierre-Rosan Vallon, dans Le Monde, un des représentants éminents du cercle de la raison disaient qu'il fallait considérer que l'autorité des juges était supérieure à l'autorité du peuple. Une folie. Voilà. C'est totalement contraire à la Constitution, c'est totalement contraire à l'esprit des institutions. Et tout dépend du peuple. Et ces gens-là ont peur de la démocratie.
En fait, il y a un certain nombre de gens qui sont assis sur leur coffre depuis un petit moment et qui nous voient arriver et là, ils trouvent qu'on est vraiment mal élevé, qu'on ne parle pas comme il faut, qu'on ne se tient pas comme il faut. Et ils feront tout. Tout ce qu'ils peuvent faire, tout ce qui est en leur pouvoir, aucun moyen ne les arrêtera pour nous empêcher d'arriver au pouvoir. Voilà. On le voit. Et parfois, avec une espèce de naïve bonne conscience, parfois même sans cynisme, ils croient que c'est ça qu'il faut faire. Mais ils ont peur. Moi, la conclusion, c'est que nous avons face à nous des gens qui ont peur de la démocratie parce que nous incarnons la démocratie.
Et que de nous voir monter sans cesse, de nous voir arriver aux portes du pouvoir, de le faire si paisiblement, sans jamais le moindre incident, quand on perd une élection, on admet qu'on perd l'élection. Et on fait tout pour gagner la suivante. Et on va gagner les prochaines. Et effectivement, eh bien, au sein du cercle de la raison, où on va trouver les gens qui sont aujourd'hui installés, qui sont aujourd'hui aux manettes, il y a un certain affolement peut-être. Ils ont raison de s'inquiéter parce qu'ils vont bientôt perdre leur pouvoir.
et ça sera pour le plus grand bien des Français parce que tous ces gens-là qui nous expliquent régulièrement que nos électeurs et nous-mêmes et leurs élus sont des crétins, des analphabètes que nous ne savons rien, que nous n'avons pas fait des mêmes études qu'eux quand on voit leurs résultats. Heureusement qu'on n'a que des multidiplômés au pouvoir depuis 50 ans parce que sinon, imaginez, on aurait pu avoir une immigration massive, on aurait pu avoir une balance commerciale dramatique, on aurait pu avoir un déficit public monstrueux, on aurait pu avoir une éducation nationale qui s'effondre dans les classements de PISA, on aurait pu avoir un hôpital qui ne marche pas.
Bien sûr, tout va très bien en France, chacun le constate, mais c'est grâce au fait que le pouvoir a été donné à ces gens tellement intelligents. Voilà. Non, écoutez, laissez-nous notre chance, on va essayer les imbéciles.
Oui, c'est vrai.
Eh bien, c'est donc en présumé imbécile qu'on va mettre à terme à cet épisode. Merci beaucoup Alexandre Varraud d'avoir répondu favorablement et de ton temps. Merci Gaëtan. Et puis, on se retrouve très bientôt pour le prochain épisode du podcast du Rassemblement National. Sous-titrage Société Radio-Canada
Alexandre Varaut