Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewEurope 1 (sur YouTube)· 24 janvier 2026 9 minComplaisantActualité / polémiqueSantéInstitutions & élections

Fin de vie : «Il faut développer les soins palliatifs», réclame Jean Leonetti

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Quand vous lisez le texte actuel sur l'aide à mourir, est-ce que cette ligne rouge est désormais selon vous franchie ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Malgré les soins palliatifs, certains veulent cette loi. Comment l'expliquez-vous ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Des soignants refusent d'injecter la mort. Comment réagissez-vous ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quand est-ce qu'une personne est capable de discernement pour demander l'euthanasie ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Les sondages montrent que les Français veulent surtout ne pas souffrir. Qu'en pensez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:30Jean LeonettiFait
    « Ce qui est évident aujourd'hui, c'est qu'il faut développer les soins palliatifs et bien que le gouvernement nous dise qu'on va les développer, ben on constate que ça stagne et que les avancées sont minimes. »
  • 2:30Jean LeonettiChiffre
    « La preuve, c'est que dans les soins palliatifs, les gens qui sont hospitalisés en soins palliatifs, la demande de mort, elle est divisée par 10. »
  • 4:30Jean LeonettiFait
    « Donner la mort, ça n'est pas un soin. Et donc la preuve, c'est que ça arrête le soin puisque ça arrête la vie. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[musique] Europin weekend 6h9h Alexis de la Fléchire Europe il est 8h12 il est temps d'accueillir le deuxème invité d'Europein matin weekend Alexis la fléchère vous recevez Jean Léonetti qui a donné son nom à la loi de 2005 relative au droits des malades et à la fin de vie et à la loi Cla léonide 2016 sur les droits des patients en fin de vie et vous êtes également maire LR d'Tibe. Bonjour Jean-Lonetti bonjour. Vous êtes donc on le disait à l'origine de la loi qui encadre aujourd'hui la fin de vie.

Vous avez toujours défendu l'accompagnement et le soulagement des malades, mais avec une ligne rouge très claire. Ne jamais provoquer la mort. Quand vous lisez le le texte actuel sur sur l'aide à mourir, est-ce que cette ligne rouge justement est désormais selon vous franchie ?

Oui, elle est franchie. franchi par les députés qui ont fait une loi extrêmement permissive mais même par les sénateurs, si j'ose dire, parce que ils ont essayé de faire une un compromis euh limiter les effets de donner la mort en fin de vie, mais en réalité, on peut pas éviter de considérer que donner la mort à l'autre est une transgression majeure et que c'est une rupture à la fois législative, médicale et anthropologique. Donc oui, je pense que avoir des limites, avoir des des lignes jaunes, se dire "Je vais soulager et je ne vais pas donner la mort", c'est une option qui est bien sûr plus complexe, qui nécessite plus de moyens, plus d'humains, mais qui à mon avis est la seule voix possible pour ne pas diviser les Français, au contraire les rassembler.

Ce qui est évident aujourd'hui, c'est qu'il faut développer les soins palliatifs et bien que le gouvernement nous dise qu'on va les développer, ben on constate que ça stagne et que les avancées sont minimes. Alors, malgré les les soins palliatifs, hein, où on propose, alors vous vous le dites très clairement ce matin sur Europe, 1, il faut les les développer davantage. L'objectif des soins palliatifs, c'est d'accompagner le malade, de l'accompagner jusqu'au bout, jusqu'au dernier souffle.

Et et malgré ces soins palliatifs qui sont et qui existent en France, certains sont en France pour cette loi sur la fin de vie qui ne dit pas vraiment son nom. Finalement, c'est un peu le on parle vraiment d'euthanasie. Comment vous expliquez que malgré des soins palliatifs en France, certains veulent quand même de cette loi et d'une certaine manière veulent l'euthanasie ?

Ben d'abord parce que on on a peur de mourir mais plus encore que de mourir, on a peur de souffrir avant de mourir. Ce qui est encore malheureusement le cas en France avec un développement insuffisant des soins palliatifs. C'est pas qu'accompagner les soins palliatifs, c'est soulager, c'est empêcher la souffrance.

Et les lois que nous avons voté qui ont été votées à l'unanimité, elles disent interdiction de la souffrance. Et on va même plus loin puisqu'on dit on doit soulager la souffrance même si cela doit hâter la mort. Donc on a un cadre qui est à la fois un cadre restrictif mais aussi un cadre permissif.

On ne doit pas souffrir avant de mourir. Et si on développe les soins palliatifs, on peut aboutir à cet objectif. Mais après la peur de mourir s'est substitué dans le monde occidental et évolué par une peur de souffrir ou une peur de la défiance.

Et donc c'est cette peur là de la fragilité qui fait que il y a certaines personnes qui pensent et à juste titre que si je vous dis vous allez mourir dans un mois et vous allez souffrir pendant tout ce mois, est-ce que vous préférez mourir maintenant ou dans un mois ? Vous allez dire, je préfère mourir maintenant. Et on pose le problème dans une alternative qui doit pas être posée.

On doit dire jusqu'au bout, je t'abandonnerai pas, je te laisserai pas souffrir et je te prolongerai pas de manière anormale par un acharnement thérapeutique. Si cet engagement a été tenu, je pense qu'on on changerait d'avis. La preuve, c'est que dans les soins palliatifs, les gens qui sont hospitalisés en soins palliatifs, la demande de mort, elle est divisée par 10.

Ça veut bien dire que le préalable à tout débat sur l'euthanasie ou le suicide d'assisté doit être le développement des soins palliatifs et malheureusement on est dans une période de restriction budgétaire et on voit bien que ça ne se fera pas. Et donc on fait une loi par défaut qui dit puisque je ne peux pas vous donner de soulagement et de soins palliatifs, je vous propose une alternative et l'alternative c'est la mort. Hm.

Il y a aussi euh Jean-Lonetti des soignants qui ne veulent pas euh injecter euh vous allez peut-être nous l'expliquer comment ça pourrait fonctionner, mais qui ne veulent pas injecter la mort à un patient qui disent "Écoutez, moi j'ai pas été formé pour ça. Je veux euh soulager justement comme vous le disiez. Je veux euh accompagner jusqu'au bout." Euh c'est des messages forts aussi ça.

C'est c'est ce message des soignants qui disent "Moi, je ne veux pas injecter injecter le injecter la mort." Euh comment vous réagissez justement à ces prises de position de médecins qui ne veut qui ne veulent pas aller dans ce sens-là ? Bah c'est ils sont c'est légitime euh en dehors de la culture médicale, la culture des soins palliatifs, c'est accompagner, soulager, ne pas prolonger.

C'est en aucun cas infliger la mort à l'autre. D'ailleurs, regarde, vous l'avez évoqué en en début d'interview, vous dites euh on essaie de dire aide active à mourir parce que on a du mal à exprimer le fait qu'on va donner la mort à quelqu'un d'autre. On a du mal à on a du mal à dire les mots, on a du mal à parler d'euthanasie, on a du mal à parler de suicide assisté.

On on préfère essayer de trouver des formules qui donnent l'impression qu'on accompagne. Non, on nacompagne pas. Le soin, c'est le soin.

Donner la mort, ça n'est pas un soin. Et donc la preuve, c'est que ça arrête le soin puisque ça arrête la vie. Le texte prévoit que les que la personne soit capable de de discernement, mais ça c'est un point aussi important et je voulais vous entendre sur ce ce point-là.

Jean Léonetti, quand est-ce que quelqu'un est justement capable de faire ce ce discernement quand on se sent être un poids pour ses proches ? Est-ce que la décision à ce moment-là, elle est vraiment totalement libre de dire "Allez, c'est terminé, je veux qu'on m'injecte ce fameux ce fameux sérum, je veux en finir." Cette notion de discernement, c'est important d'en parler aussi ?

Oui, c'est important parce que en fait c'est un conflit de valeur l'éthique et là on a un conflit de valeur entre la liberté de celui qui dit "C'est mon choix, c'est ma vie" et celui qui dit "Je te protège malgré toi." Et donc euh et c'est au fond l'individu contre le collectif ou plutôt le collectif qui dit "Je vais te protéger et je vais t'aider même si tu te trouves dans une situation dans laquelle tu me réclames la mort." Et et effectivement, pourquoi on est dans dans cette situation ?

Euh parce que la liberté c'est compliqué à définir. Est-ce que celui qui dit "Je veux mourir", est-ce que il veut vraiment mourir ou est-ce qu'il passe un message "Je ne veux plus souffrir comme je souffre à l'heure actuelle ? Je ne veux pas être abandonné." Et donc effectivement, le discernement, il est altéré dans la souffrance.

Quand vous avez une douleur atroce, vous êtes prêt à prendre n'importe quoi et même à demander la mort pour que cette douleur cesse. Et puis il y a ce que vous avez évoqué et qui est terrible dans une société, c'est le fait de se sentir de trop. La deuxième raison qui arrive dans la demande de mort, la première c'est la souffrance.

La deuxième c'est je suis un poids pour la société et pour ma famille. Et bien une société qui dit il y a des hommes et des femmes qui sont de trop dans la société, bien c'est une société qui se perd. Il faut qu'on disent à chacun, au plus vulnérable, à celui qui est en fin de vie, à celui qui a perdu ses facultés cognitives, tu veux encore pour nous et que dans le regard de l'autre, il y ait cette capacité à dire "Tu es encore humain, tu es encore une personne humaine et je te respecte en tant que tel." Mais merci beaucoup Jean-Lonetti pour votre regard.

On va voir ce qui se passe à l'Assemblée nationale. Un vote est prévu, je le rappelle, le 28 janvier. On verra d'ailleurs si entre-temps les Français vont s'emparer de ce de ce dossier puisque récemment on avait une manifestation à Paris.

Mais on a on a un mais regardez les sondages les sondages sont pas aussi euh tranchés que ce que l'on veut dire. On part de l'idée les Français veulent l'euthanasi le suicide assisté. Regardez le dernier sondage de fond d'Apol et on se rend compte que ils sont beaucoup plus nuancés.

Ils veulent surtout ne pas souffrir et être accompagné. Merci Jeanléti d'avoir été en direct avec nous. Je rappelle que vous êtes maire les républicains et que vous êtes également vous avez donné votre nom à la loi de 2005 relative et 2016 également relative aux droits des malades et à la fin de vie.

Merci d'avoir été avec nous sur Europas.