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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 1 février 2023 12 minComplaisantFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalJustice

Entretien exceptionnel avec Rouslan Stefantchouk, le président du Parlement ukrainien

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Président, bienvenue à Paris. Dans un peu plus de trois semaines, cela fera un an que la Russie a envahi à grande échelle votre pays il y a un an.

  • 0:51OuverteRéponse directe

    Ces dernières semaines, votre armée souffre et recule à certains endroits comme dans la région de Bakhmout. Pouvez-vous nous parler de la situation sur le terrain ?

  • 2:11FerméeRéponse partielle

    Et c'est Charles Leclerc. Est-ce que vous le regrettez ?

  • 3:12RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce que vous répondez à cela ?

  • 4:04OuverteRéponse directe

    C'est votre deuxième visite à Paris depuis le début du conflit. Pourquoi est-ce important pour vous d'entretenir ces relations avec les présidents de parlement à l'échelle européenne ? Quel est votre message pour eux ?

  • 6:34OuverteRéponse directe

    Quels sont les défis que doit relever l'Ukraine pour rejoindre la communauté et qu'est-ce que pourrait apporter l'Union européenne aux Ukrainiens ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:19Invité politiqueFait
    « le mois où il y a un an a commencé la guerre de la Russie contre l'Ukraine. »
  • 1:42Invité politiquePromesse
    « donnez-nous les armes modernes pour que nous puissions rapidement et efficacement chasser l'ennemi de notre territoire et restaurer l'intégrité territoriale de notre État. »
  • 2:14Invité politiqueFait
    « tous ces changements sont devenus possibles, justement, grâce à la position de la France. »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « Nous acceptons parfaitement ces conditions et je voudrais dire que les militaires ukrainiens apprennent très vite tout type d'armement moderne de l'OTAN. »
  • 6:50Invité politiqueChiffre
    « 95% se sont prononcés pour l'entrée de l'Ukraine au sein de l'Union européenne. »
  • 8:33Invité politiqueFait
    « la victoire seulement sur le champ de bataille ne sera pas suffisante. »

Temps de parole

  • Invité politique68 %
  • Présentateur22 %
  • Invité10 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Président, bienvenue à Paris. Dans un peu plus de trois semaines, cela fera un an que la Russie a envahi à grande échelle votre pays il y a un an. Peu de gens auraient cru en vos chances et pourtant l'Ukraine tient bon, elle résiste.

0:19
Invité politique

Je tiens en effet de souligner qu'aujourd'hui nous sommes le 1er février, le mois où il y a un an a commencé la guerre de la Russie contre l'Ukraine.

0:28
Invité

En effet, la Russie et bien d'autres personnes sceptiques ne pensaient pas que l'Ukraine tiendrait autant.

0:38
Invité politique

Mais aujourd'hui l'Ukraine fait preuve face au monde que lorsqu'on défend sa terre, lorsqu'on se bat pour ses proches et pour sa famille, on peut tenir tant qu'il faudra pour ta victoire.

0:51
Présentateur

Ces dernières semaines, votre armée souffre et recule à certains endroits comme dans la région de Bakhmout. Pouvez-vous nous parler de la situation sur le terrain ?

1:01
Invité politique

Aujourd'hui, les combats terribles se déroulent sur le territoire autour de Bakhmout et d'autres villes dans cette région. Les militaires russes ont détruit, de fait, ont effacé de la surface de la terre ces villes. Mais l'armée ukrainienne tient. Il y a des combats de diverses intensités, divers succès. Mais cela témoigne encore une fois que, compte tenu du nombre de l'armée russe, et malgré les différentes vagues de mobilisation, les Ukrainiens vont tenir jusqu'à la victoire. La seule chose que les Ukrainiens demandent, donnez-nous les armes modernes pour que nous puissions rapidement et efficacement chasser l'ennemi de notre territoire et restaurer l'intégrité territoriale de notre État.

1:54
Présentateur

Alors justement, la semaine dernière, l'Allemagne a donné son accord pour l'envoi de Charles Léopard 2, que le président Zelensky réclamait depuis des semaines. Les États-Unis et l'Angleterre ont également dit qu'ils participeront avec les Abrams et les Challengers, mais pas la France pour le moment. Et c'est Charles Leclerc. Est-ce que vous le regrettez ?

2:14
Invité politique

Je commencerai par le fait que tous ces changements sont devenus possibles, justement, grâce à la position de la France. Car c'est la France qui était la première à initier la question d'octroi à l'Ukraine de l'armement lourd. Et c'est une position extrêmement importante dont a fait preuve le président, le parlement, le gouvernement et l'ensemble du peuple français.

2:36
Invité

Cela a été très important pour avancer.

2:44
Invité politique

Et je suis persuadé qu'après, pour parler concernant les types concrets d'armement, nous attendons de la France aussi bien des chars que la défense anti-aérienne et les appareils volants.

2:59
Présentateur

Alors sur les avions, justement, Emmanuel Macron dit que la livraison, elle est conditionnée à plusieurs critères et notamment le fait que cela soit utile compte tenu des délais de formation et de livraison. Qu'est-ce que vous répondez à cela ?

3:14
Invité politique

Hier, j'ai eu l'occasion d'échanger avec le président français. Nous avons discuté ces trois conditions avancées par la France en matière d'octroi à désarmement. Nous acceptons parfaitement ces conditions et je voudrais dire que les militaires ukrainiens apprennent très vite tout type d'armement moderne de l'OTAN. Ils maîtrisent très rapidement la stratégie et la tactique de planification des actions armées. Je pense qu'ils ont déjà fait preuve de leur capacité de maîtriser très rapidement tout équipement. Mais il est très important pour nous de prendre cette décision politique de l'octroi de ces armes et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour efficacement utiliser ces armes.

4:00
Présentateur

C'est votre deuxième visite à Paris depuis le début du conflit. Pourquoi est-ce important pour vous d'entretenir ces relations avec les présidents de parlement à l'échelle européenne ? Quel est votre message pour eux ?

4:11
Invité politique

Je considère que cette période est probablement la meilleure pour la diplomatie interparlementaire.

4:21
Invité

Je suis très reconnaissant d'avoir cette possibilité de communiquer avec mes collègues chefs des parlements, en particulier avec M. le Président Gérard Larcher, Mme la Présidente Yaël Bronpivey, avec les autres collègues avec lesquels je peux discuter ouvertement au nom de nos peuples.

4:46
Invité politique

Nous pouvons parler sans les intermédiaires de tout ce qui nous inquiète. Je suis ravie de constater que tous mes collègues m'entendent et non seulement m'entendent, mais font tout pour que cela marche.

4:59
Présentateur

En juillet dernier, lors de la visite du Président du Sénat, Gérard Larcher à Kiev, vous aviez signé un accord de coopération pour que des techniciens du Sénat vous aident dans votre demande d'adhésion à l'Union européenne.

5:11
Invité

Je commencerai par les paroles de remerciement au Président Larcher pour sa venue avec la délégation du Sénat à Kiev.

5:24
Invité politique

C'était un grand geste de courage et d'audace. Lorsqu'il a pris la parole dans les murs du Parlement ukrainien, il a acquis une grande reconnaissance non seulement des parlementaires, mais aussi du peuple ukrainien, puisque nous avons entendu des paroles très sincères et très chaleureuses à notre égard. Je voudrais également souligner que nous avons signé un mémorandum et nous avons commencé d'ores et déjà à travailler pour avoir l'aide de la France en ce qui concerne la consultation et le soutien de notre désir de devenir un membre à part entière de l'Union européenne.

Nous sommes en train de négocier sur de nombreux actes législatifs, nous déterminons les critères de leur compatibilité avec l'acquis communautaire, nous travaillons au quotidien, mais je pense qu'après le début de la phase des négociations sur l'entrée pleine et entière dans l'Union européenne, ce travail aura une autre coloration.

6:26
Présentateur

Nous avons vu le drapeau européen orner la rada. Ce désir d'Europe, il est palpable lorsqu'on échange avec vos concitoyens. Quels sont les défis que doit relever l'Ukraine pour rejoindre la communauté et qu'est-ce que pourrait apporter l'Union européenne aux Ukrainiens ?

6:42
Invité politique

Je commencerai par le fait que vous ne trouverez peut-être pas plus grand fan de l'Union européenne que les Ukrainiens, car je crois que 95% se sont prononcés pour l'entrée de l'Ukraine au sein de l'Union européenne. Et nous ne considérons cela comme une entrée, mais comme un retour de l'Ukraine à la maison européenne, car l'Ukraine a toujours été partie de la grande famille européenne. Je voudrais souligner que de toute histoire de parlementarisme chez nous, le drapeau a été introduit à deux réprises seulement. La première fois, c'était le drapeau national de l'Ukraine, qui avait été introduit en 1991, au moment de l'accession à l'indépendance.

Et la deuxième fois, c'était le drapeau de l'Union européenne, qui est entré en 2022. Par conséquent, à partir de ce moment, nous entamons ce grand chemin de retour de l'Ukraine vers sa maison, vers l'Union européenne. Et nous serons très reconnaissants à la France pour tout soutien sur ce chemin. Mais je voudrais souligner particulièrement que c'est grâce à la position de la France que l'Ukraine a pu devenir candidat à être membre au sein de l'Union européenne.

7:55
Présentateur

Le Parlement européen a adopté une résolution demandant la création d'un tribunal spécial pour les crimes russes. L'Allemagne s'y est montrée favorable, le président Larcher également aujourd'hui. La France doit-elle aussi se prononcer sur ce sujet à travers Emmanuel Macron ?

8:11
Invité

Pour nous, les Ukrainiens, ce qui compte dans cette guerre, c'est la question de justice.

8:19
Invité politique

Car la justice, c'est cette valeur pour laquelle les Ukrainiens paient le prix fort, notamment leur vie. Par conséquent, la victoire seulement sur le champ de bataille ne sera pas suffisante. Nous devons faire en sorte que les coupables dans cette guerre soient punis. Et c'est la raison pour laquelle nous utilisons toutes les possibilités garanties aujourd'hui par le droit international, aussi bien par l'appel à la Cour pénale internationale que par la création d'un tribunal spécial pour ces crimes de guerre. Et il serait très important que cette idée soit soutenue par la France.

Nous savons que certaines déclarations, dans ce sens, ont déjà été faites, aussi bien par le président Larcher que par d'autres politiciens. Et je pense que c'est très important pour atteindre cette justice.

9:08
Présentateur

Il y a trois semaines, la Rada a déchu de leur nationalité quatre députés ukrainiens, et aussi des hauts fonctionnaires, dans différentes administrations. Quel est le niveau de cette menace intérieure ? Et est-ce qu'elle retarde une potentielle victoire ?

9:25
Invité politique

Incontestablement, dans chaque guerre, il y a toujours des ennemis intérieurs qui jouent pour le compte de l'agresseur. D'autant plus lorsque cet agresseur est un pays qui est un voisin immédiat, avec lequel il y a toujours eu des relations. Sur le sol ukrainien, il y a toujours eu beaucoup de partis politiques qui soutenaient la politique russe, et beaucoup de ces gens se sont révélés comme collaborateurs intérieurs. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas l'accepter, nous ne pouvons pas accepter que certaines de ces personnes puissent garder le mandat de député.

Et après que le président ukrainien ait privé ces gens de leur nationalité ukrainienne, le Parlement a pris la décision qui s'imposait en les excluant de la liste des députés de l'Ukraine. C'est le début de ce chemin, et notre objectif est de nettoyer notre Parlement des députés pro-russes, des députés qui soutiennent la guerre. Le Parlement ukrainien doit servir l'Ukraine.

10:25
Présentateur

Dernière question. Le 22 décembre dernier, le président Volodymyr Zelensky a pour la première fois depuis le début de l'invasion russe quitté l'Ukraine pour se rendre aux États-Unis. Pourrait-on imaginer qu'il accorde sa deuxième sortie, s'il devait y en avoir une, à la France ?

10:40
Invité politique

Vous comprenez le rôle et le poids du chef suprême des armées en temps de guerre. Il est compréhensible que toute question liée à son départ du pays doit avoir un caractère extraordinaire.

10:57
Invité

Le voyage aux États-Unis, en ce sens, était significatif

11:03
Invité politique

puisque c'est à cette époque qu'ont été prises des décisions très importantes pour l'Ukraine. Je suis persuadé, connaissant le président Zelensky, que s'il y a des décisions d'une grande importance pour l'Ukraine, il sera prêt à être dans le lieu en question pour soutenir l'Ukraine, pour soutenir le peuple ukrainien. Et j'espère beaucoup que lorsque ce genre de décision sera prise en France, le président ukrainien étudiera la possibilité... Merci beaucoup, président.

11:33
Invité

Merci beaucoup.