Après la sécheresse, mortels déluges... #cdanslair Archives 2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 3 %Attaque 1 %Défensif 0 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03:32PrésentateurFait
« ne pas avoir mis la Corse en alerte orange »
- 1:04:07PrésentateurFait
« Il y a eu connu des crises de submersion »
- 1:05:25InvitéFait
« Moi, je marche, je n'ai pas de voiture »
Temps de parole
- Présentateur54 %
- Invité23 %
- Invité 215 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
≈ 0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à toutes et à tous. En Corse, le bilan s'alourdit avec désormais 5 morts, dont une petite fille de 13 ans tuée par la chute d'un arbre dans un camping. Et ce, après de très violents orages tôt ce matin, avec des pluies diluviennes et des rafales de vent allant jusqu'à 224 km heure. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a fait le déplacement sur place alors que l'on attend de nouveaux orages ce soir en Corse. Après la sécheresse et la chaleur, ce sont donc maintenant des torrents de pluie, de grêlons et des orages qui s'abattent sur la France. Va-t-il falloir s'habituer ainsi à la violence de ces événements météo ? Faut-il revoir l'architecture de nos villes ?
Après cet été très anxiogène sur l'accélération du dérèglement climatique, que faire ? Comment agir ? C'est le sujet de cette émission de ce C dans l'air, intitulé ce soir « Après la sécheresse, mortelle déluge ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Frédéric Danay. Vous êtes journaliste spécialiste des questions environnementales. Je cite votre dernier livre « Rencontre avec des écolos remarquables ». C'est aux éditions de la Chaux-Niesley. Emma Aziza, vous êtes hydrologue fondatrice de Mayanne. C'est un centre de recherche appliqué, dédié à l'adaptation climatique.
Et puis, chignale qu'à partir du 1er septembre, on pourra vous écouter le week-end sur France Info dans une chronique qui s'intitulera « Un degré de conscience ». Amandine Richaud-Crambe, vous êtes ingénieure environnement et urbaniste. Et puis Gaëlle Musquet, vous êtes météorologue spécialiste de la prévention des catastrophes naturelles. Merci de participer à cette émission en direct. Gaëlle Musquet, on commence peut-être avec vous. Comment se fait-il que la Corse, elle n'était pas en alerte orange à l'orage ? Pourquoi hier ? C'est difficile de prévoir où va frapper la foudre et où ces paquets de pluie vont tomber précisément ?
Alors, c'est tout l'enjeu des modèles, des calculs mathématiques qui vont être faits en fonction des sources. Donc, ça va être des stations météo, des données spatiales qui permettent de calculer et d'anticiper au maximum tout ça. Mais tout ça ne fonctionne pas en temps réel. On a toujours, évidemment, on essaie d'avoir ce petit coup d'avance de 3 heures, de 6 heures, de 12 heures. Et ce qu'il faut avoir en tête, c'est que ces modèles, ils sont corrélés aussi à des stations qui sont au sol, à des bouées en mer, à des stations météo sur le sol, à des radars aussi météo qui vont scanner, en fait, ces rideaux de pluie. Et que, malheureusement, parfois, les modèles se trompent.
C'est pour ça qu'on parle de prévision et pas de prédiction. Et donc, ça a été... On aurait toujours pu... C'est facile, évidemment, aujourd'hui, de refaire le match. Mais ce qu'il faut avoir en tête, c'est qu'il est toujours compliqué de faire monter toute une région, tout un département sur les niveaux de vigilance, de paralyser parfois des activités économiques. Je l'ai vécu, moi, en Guadeloupe. Les préfets qui arrivent ont toujours... C'est pas évident. Vous ordonnez l'évacuation d'un camping alors que l'orage ne tombe absolument pas sur le camping, mais à 40 km plus loin, non ? Et je l'ai vu. On reproche parfois à ces autorités d'avoir été trop prudentes.
Et quand ça arrive trop tard, malheureusement, de ne pas l'avoir été assez. Maintenant, une fois qu'on a dit ça, même si on l'avait anticipé, vu la violence des événements, c'est aussi très compliqué de savoir exactement où l'arbre va tomber. Et donc, parfois, prendre les bonnes dispositions un peu partout. Et ça rajoute un autre élément, sur lequel on reviendra plus tard dans l'émission, des systèmes d'alerte. C'est-à-dire qu'il faut aussi que l'enjeu mobilise des systèmes d'alerte qui soient à la hauteur de la cinétique.
C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui des événements qui sont extrêmement violents et extrêmement rapides et qui demandent en retour que les autorités, que les maires, que les élus, et qu'on salue aussi, puissent avoir aussi des moyens pour rapidement, par le Smart City, de ville intelligente, c'est ce qui nous attend demain, que cette ville puisse prendre... On recevra des SMS, attention, évacuez cette zone, allez vous protéger. Tout à fait. C'est obligatoire depuis le 21 juin 2022. Tous les pays européens, depuis le 21 juin 2022, disposent d'un système d'alerte par téléphone immobile. Et Emma Aziza, pourquoi à ce point la prévention est importante ?
C'est parce qu'en Corse, il y a eu 5 morts avec ces rafales. On sous-estime en fait la violence de l'eau qui a tué 5 personnes en 24 heures en Corse. Je suis désolé de faire cette comparaison, mais les feux en Gironde n'ont tué personne.
C'est l'eau et là c'est le vent en l'occurrence, puisque c'est vraiment des chutes d'arbres qui ont tué directement les personnes. Ce qui se passe, c'est qu'on avait une situation météorologique particulièrement complexe. On savait que ces cisaillements, cette manière qui allait générer des vents très violents, des bourrasques importantes, on a vu des tornades se former en mer. Donc on voit qu'à un moment donné, on a une situation globale qui est extrêmement complexe. Ce qu'il faut savoir, c'est que quand on a ces phénomènes-là, ça passe à travers les modèles. On ne sait pas exactement où ça va tomber. Donc on arrive à déterminer à peu près la zone.
C'est pour ça que d'ailleurs, on met des états de vigilance météorologique. En orange, les gens ne savent pas trop si c'est à point jaune ou à point rouge, s'il faut sortir, ne pas sortir, continuer à vivre normalement ou pas. Quand on est en vigilance rouge, les choses semblent claires. Et pourtant, on a pu être en vigilance rouge, par exemple la faute sur mer suite à Xintia, et ça n'a pas empêché les morts.
Mais l'eau est plus mortelle que le feu, en fond. C'est un petit peu ce dont il faut avoir conscience.
L'eau est un caractère violent météorologique, puisque là, on est vraiment sur le fait d'avoir eu des vents qui dépassaient 200 km heure. Donc on est vraiment sur une tempête. Et donc c'est vraiment ces vents qui ont directement touché les habitants. Il y a différentes études qui ont été menées sur la manière dont décèdent les gens dans les inondations. La plupart du temps, ce sont des cas de figure où ce sont surtout des gens en 4x4 qui prennent la route et qui n'ont pas peur, en fait, de s'embarquer dans une route parce que finalement, ils se sentent en sécurité. On a vu qu'il y avait vraiment une surreprésentation de ce type-là.
On a aussi beaucoup de gens qui passent à guet, qui pensent qu'en fin de compte, on va pouvoir traverser la route et qu'ils se font emporter. On arrive à voir...
Et pardonnez-moi parce qu'en 4x4, on se dit qu'on est en hauteur. L'eau, on se dit, c'est idiot ce que je vais dire, mais je sais nager. Alors que le feu, on se dit, mon Dieu, je ne peux pas m'en protéger. Et en fait, donc l'eau est faussement, comment dire, moins inquiétante.
Elle est faussement moins inquiétante. Le fait qu'elle soit turbide, c'est-à-dire qu'elle ait beaucoup de matière en suspension, fait qu'on n'a pas de visibilité de la hauteur. Et on peut avoir un trou derrière et ne pas le prévoir. Et donc arriver avec sa voiture et se dire, finalement, je vais passer. Donc c'est tous ces comportements imprudents sur lesquels on travaille beaucoup dans ce qu'on appelle la culture du risque. C'est la culture sur les territoires méditerranéens. Parce que les anciens méditerranéens, ils connaissent ces phénomènes depuis toujours. Mais les méditerranéens d'aujourd'hui ne sont plus les méditerranéens d'hier.
C'est-à-dire qu'on a vraiment un déplacement des populations qui n'ont pas cette perception des risques. Et il faut absolument se mettre en sécurité parce qu'on n'a pas le choix. Et donc c'est sur ces comportements et ces gestes, en fin de compte, dans ces moments cruciaux qu'on peut réussir à agir. Et qu'il faut que toute la chaîne de commandement se mette en œuvre. Et c'est ça qui est compliqué.
Amandine Richaud-Crambe, on a aussi vu à Paris, des violences d'orage, des stations de métro inondées. À Marseille, il est tombé en 24 heures, nous dit le maire de Marseille, plus d'eau que depuis le début de l'année. Est-ce que c'est une réalité dont on n'a pas encore pleinement conscience dans nos villes ? Qu'il va falloir s'habituer à ces torrents d'eau qui vont nous tomber dessus ?
Alors, à Marseille, ça m'étonne qu'ils disent qu'ils ne sont pas habitués. Peut-être qu'effectivement, comme disait Mme Aziza, c'est qu'il y a des nouveaux médicaments.
Nos villes sont-elles prêtes pour faire une question très simple ?
Oui, mais c'est-à-dire qu'en fait, les villes, le problème qu'on a en France, c'est qu'on artificialise trop. On a en moyenne entre 20 et 30 000 hectares qui sont artificialisés par an en France, c'est-à-dire 4 fois plus que l'augmentation de la population. Pour vous donner un ordre de grandeur, ces 10 dernières années, on a l'équivalent de la Drôme qui a été artificialisée. Qu'est-ce que ça fait ?
C'est-à-dire qu'on va faire un parking qui va…
Ça va être de l'extension des villes, ça va être des zones commerciales, ça va être juste du lotissement, ça va être plein de choses. Et qu'est-ce qui se passe quand on artificialise ? C'est-à-dire que l'eau ne rentre plus dans les sols, en plus avec la sécheresse, c'est encore pire, et elle ruisselle. Et qui dit ruissellement, dit un risque plus grand d'inondations. Et de fait, les villes ne sont pas habituées à ça.
Vous pensez à quoi ? Quels sont les pièges dans les villes, les parkings ? Par exemple, je vois inondations, je veux vite aller récupérer ma voiture, ça c'est le piège ?
Ce qui s'est passé il y a quelques années en Alpes-Maritimes, on a eu un certain nombre de morts, notamment à cause de ça, d'aller chercher sa voiture ou penser qu'on va partir fuir l'eau, et en fait, on se retrouve coincé. Mais les villes, le problème vraiment principal, c'est l'artificialisation. C'est-à-dire que les sols ne vont pas absorber l'eau, et en fait, ça va faire un ruissellement, puis ça va faire de l'accumulation. Et tous les équipements qu'on a, que ce soit les égouts ou autres, les canalisations ne sont pas suffisamment dimensionnées pour absorber tout ça.
Donc ce qui se passe, c'est que non, les villes aujourd'hui ne sont pas prêtes à tous ces aléas extrêmes climatiques liés justement au réchauffement. Et donc c'est le caractère extrême et fort qu'il faut avoir en tête, parce que certaines villes, notamment par les épisodes méditerranéens ou sévenoles, ont eu l'habitude de ça. Et aujourd'hui, c'est la fréquence et l'intensité qui ne donnent pas l'habitude et qui fait qu'on est surpris et surprise, et qui a un risque de plus en plus important pour les habitants.
Frédéric Dents, ce qui est terrible, c'est qu'après des mois de chaleur, des mois de sécheresse, on l'attendait cette pluie, et voilà qu'elle nous tombe d'une façon épouvantable, et qu'elle est mortelle. 224 km heure de vent en Corse, il va falloir... C'est la rançon de cette sécheresse, cette douche qu'on se prend. Les événements météorologiques deviennent extrêmes maintenant. Oui, c'est ça, mais ça c'était prévu, envisagé par le GIEC, par les chercheurs du GIEC depuis des années. Ça arrive un peu vite, cela dit, et de façon un peu intense. Quand on a une telle accumulation de vapeur d'eau dans un air tellement chaud, ça crée des turbulences et un risque de précipitation.
Tout ne peut être que brutal, voire violent. Donc effectivement, on a un climat qui se brutalise, on a un régime de précipitation qui est de plus en plus imprévisible,
et qui nous ramène à un état de nature au sens où l'entend un Emmanuel Leroy Ladurie, grand historien du climat, qui a toujours dit que le premier tueur de l'histoire, c'était l'eau.
L'eau, quand elle manque ou quand elle est en trop, l'eau tue. L'eau tue tout le temps, l'eau menace. Et ce risque-là, on pensait s'en être garanti avec notre système technologique, notre système de récupération des eaux de pluie, nos systèmes de prévision météo, sauf que là, aujourd'hui, ça ne fonctionne plus parce qu'on arrive dans des choses qu'on n'arrive pas à maîtriser d'un point de vue mathématique. Prévoir un risque d'orage, c'est quasiment impossible. Ça dépend de tellement de paramètres, et c'est sur une échelle tellement petite, qui est en deçà de la maille de calcul des modèles météo, qu'on en est revenu aujourd'hui.
C'est un peu du doigt mouillé, et il faut vivre avec l'idée que ça peut arriver. Ça peut arriver là, comme ça peut arriver là. Donc il faut vivre avec le risque, et on n'est pas habitué au risque dans nos sociétés. On pensait que le risque, c'était la vie des pays du Sud. Maintenant, ça nous arrive. De la même façon que le climat sur la Côte d'Azur
devient de plus en plus semblable au climat sur le Maroc. Il faut nous habituer à vivre différemment dans une société différente, parce que le climat est devenu encore plus imprévisible qu'avant.
Après un début marqué par la canicule, la France connaît maintenant un épisode orageux spectaculaire. Une pluie de grêle à Saint-Etienne, des inondations à Paris et à Marseille, et donc encore ce matin, des rafales de vent d'une rare violence qui ont tué cinq personnes, sujet de Constance Meyer et Michel Bouilly.
L'île de beauté, secouée par des rafales extrêmes, des vents jusqu'à 224 km heure. En Corse, les intempéries ont fait douze blessés et provoqué la mort de cinq personnes, dont une adolescente de 13 ans, victime de la chute d'un arbre sur son bungalow. Les vacanciers sont sous le choc.
Une branche d'arbre qui tombait de partout, quelque chose d'assez impressionnant.
Et on est vite allé se réfugier, du coup, au sanitaire pour essayer de... Et on voyait tous les gens courir partout. Ouais, très compliqué. La plupart qui se sont réfugiés directement au sanitaire par instinct de survie, je pense. Et parce qu'on les avait prévenus, on leur avait dit que s'il y avait d'orage,
c'était là-bas qu'il fallait aller.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, est attendu sur place pour constater les dégâts. À Ajaccio, les arbres se sont couchés sur la route. Les bateaux ont été renversés par les eaux. Ces restaurateurs sont abasourdis. Ce matin, il y a eu un tsunami. C'était la folie. On n'a jamais vu ça. On n'a jamais vu ça. Les bouées se sont retrouvées à 200 mètres. Les arbres qui sont tombés. Le truc de la paillote qui est tombé. Sur toute l'île, 45 000 foyers sont privés d'électricité. Depuis trois jours, la France est traversée par de violents orages. Près de Saint-Etienne, c'est un tout autre paysage, comme le retour de l'hiver en plein mois d'août. Je pense que vous allez avoir du mal à passer.
Un épais manteau de grêlon a recouvert les routes. Les voitures sont embourbées. La température est passée de 26 à 15 degrés. A Marseille, le vieux port est submergé par une montée des eaux soudaines. Il a plu en quelques heures l'équivalent de 5 mois de précipitation. Non loin de là, à Cassis, c'est un torrent qui charrie tout sur son passage. La ville n'avait pas connu une tempête aussi forte depuis 1999. On ne s'imagine pas la force de l'eau, comme ça, dévalée à toute vitesse. Ça traînait des chaises, des tables, de tout. Certains passants se retrouvent pris au piège, malgré eux. D'autres ne mesurent pas le danger. On a eu peur, on a enfermé des clients avec nous dedans.
On a essayé de protéger un maximum les gens. Il y a des jeunes qui s'amusent, des touristes qui s'amusent. Mais c'est dangereux, ils ne se rendent pas compte. Après, quand ils sont dedans, ils sont pris, il faut aller les chercher, en fait. À Paris, il y a deux jours, c'est le métro qui a été transformé en rivière. De l'eau, les agriculteurs en attendaient depuis des mois, mais pas avec une telle intensité. Dans le Gard, il est tombé en 3 heures l'équivalent de 6 mois de pluie. Les pieds des vignes sont noyés sous plus d'un mètre d'eau.
On a eu en 2 heures des murs d'eau qui sont tombés. Ça peut arriver parfois, mais sur des temps beaucoup plus courts, sur un quart d'heure, 20 minutes, là, ça a vraiment duré 2 heures, 2 heures et demie. De façon très abondante, on a eu peut-être jusqu'à 200 millimètres d'eau, c'est-à-dire 200 litres par mètre carré.
Les vendanges mécaniques à peine démarrées sont stoppées nettes. Après la sécheresse, c'est la pluie qui menace les récoltes. Les grappes immergées risquent de pourrir.
C'est de l'eau, c'est très dilué. Il faut voir ce que ça donne dans les prochains jours. Déjà, il faut que l'eau s'évacue, puis après que la vigne finisse d'absorber cette eau et reconcentre le sucre dans ses raisins.
La terre, trop asséchée, n'est pas en mesure d'absorber autant d'eau en si peu de temps.
Cette eau ne peut pas pénétrer dans les sols, ne peut pas recharger les nappes, notamment. Donc ça va s'écouler en surface.
Et de ce fait-là, finalement, l'eau va disparaître d'une certaine manière très très rapidement
via le réseau hydrographique.
Pas de quoi recharger les nappes phréatiques, donc. La moitié de la France reste placée en vigilance orage par Météo France jusqu'à 6h demain. De fortes précipitations pourraient encore s'abattre cette nuit dans ces régions.
Alors, question téléspectateurs, justement, Gaëlle Musquet, c'est Gérard dans les Bouches-du-Rhône. Sur quels critères repose le classement des départements en vigilance jaune ou orange ? Puisque la Corse a été placée en vigilance orange pour ce soir. Alors, dans la nomenclature, on a 9 types de phénomènes. Ça peut être des crues, des avalanches, des canicules, qui peuvent déterminer le fait que dans l'hexagone, on doive, 24 heures avant, dans l'idéal évidemment, mettre un département en jaune ou en orange. La différence, c'est qu'il va d'un côté être vigilant, d'un côté être très attentif. Et la vigilance rouge, là, on doit être encore encore plus vigilant, assez extrême.
Là, on doit impérativement écouter et exécuter, évidemment, les consignes des autorités. La vigilance jaune, elle est surtout réservée aux personnes qui ont des activités qui sont sensibles à la météo, donc du canyoning, des activités en bord de mer, des activités en bord de cours d'eau. Ces personnes, évidemment, ou en montagne, doivent être, évidemment, avant de partir en randonnée ou en excursion, vigilantes. Et dans la vigilance orange, là, toute la population, évidemment, est invitée à écouter les actualités, à écouter les... Et elle le fait de bonne grâce ou pas ? Alors, cette culture du risque dont parlait Emma tout à l'heure, c'est exactement ça.
C'est que tant que le citoyen n'est pas amené à jouer son propre rôle dans sa ville, dans le lieu où il travaille, dans le lieu où il est à l'école, où il est en vacances, c'est très compliqué d'avoir le bon réflexe. Il faut apprendre à conjuguer trois verbes. L'information, informer, former, alerter. C'est trois verbes qu'on doit conjuguer en permanence, être informé du risque auquel on est exposé, se former à prendre les bonnes décisions, et évidemment, en dernier ressort, l'alerte, puisque si vous n'êtes pas alerté, vous aurez du mal à appliquer les bons réflexes. Et donc, sur ces situations-là, on a des bons exemples.
En France, les tsunamis, par exemple, l'exercice cariboué, des centaines de milliers de personnes, 47 États qui se coordonnent pour évacuer des maisons, évacuer des quartiers, ça marche. On a des systèmes d'alerte qui sont capables aujourd'hui, au Chili, d'évacuer un million de personnes en quelques dizaines de minutes. Donc, c'est la preuve que techniquement, on a des solutions, on a des modus operandi, mais il faut que cette culture du risque percole. Emma Aziza, ce qu'on vient de vivre en Corse, à Marseille ou à Paris, est-ce que c'est le début de ce qu'on appelle les épisodes sévenoles ? En général, ça arrive un peu plus tard, ça arrive en septembre.
Expliquez-nous, c'est l'eau de la Méditerranée qui chauffe et qui est en conflit avec l'air froid qui nous vient du nord ?
C'est ça. En fait, on a des descentes de front froide arctique qui vont générer ce qu'on appelle une anomalie thermique, c'est une goutte froide qui est située entre 4 000 et 10 000 mètres de hauteur. Donc, une anomalie qui va, elle, générer, juste en dessous, une dépression. Et cette dépression, en fait, va arriver et va se mettre à pousser l'air extrêmement chaud de Méditerranée. Donc, les basses couches qui sont extrêmement chaudes vont se retrouver confrontées sur les reliefs, remontent, et c'est la confrontation entre cet air chaud et cet air froid qui génère les précipitations diluviennes.
On appelle ça un épisode sévénol lorsque ça se confronte aux sévennes, parce que quand vous regardez le pourtour du Golfe du Lion, la zone la plus prépondérante, ce sont les sévennes. Mais dès lors que ça se déplace ailleurs, on appelle ça un épisode méditerranéen.
La vallée de la Roya, il y a deux ans, c'était ça. Est-ce qu'il faut redouter, en mois de septembre, quand c'est là, en septembre, des épisodes comparables à ce qu'on a vécu ?
En fait, c'est les mêmes éléments dans la recette. C'est-à-dire, vous avez un air froid, un air chaud, une mer très chaude. La mer Méditerranée, qui est quasiment un immense lac qui est presque fermé avec le détroit de Gibraltar, en fait, c'est une réserve d'humidité colossale, donc une énergie extrêmement importante d'humidité qui va être fournie.
Quand vous l'avez vu à 30 degrés cet été, vous vous êtes dit, « Oh mon Dieu, on risque d'avoir des épisodes sévenoles ou méditerranéens très sévères. »
Oui, on en a même parlé sur ce plateau, parce qu'effectivement, c'est un critère essentiel à chaque degré supplémentaire. Ça augmente le pouvoir de précipitation du nuage. Donc, ça augmente la réserve d'énergie de ces épisodes. Là, ces épisodes sont passés très rapidement. C'est-à-dire qu'ils, malgré leur violence locale, on voit qu'ils ont été gréligènes, on a cette grêne, on a eu une activité électrique colossale lorsque ces épisodes sont passés, mais ils ont défilé. Et donc, ça en fait une dangerosité moindre, même si on voit bien que ça génère quand même des victimes, parce que ça entraîne des bourrasques de vent localement qui vont avoir ces effets de résultats de tempête.
Par contre, le danger qui arrive à venir, c'est que la mer Méditerranée est toujours particulièrement chaude, avec cette anomalie thermique qu'elle a accumulée durant cet été avec toutes ces situations caniculaires. Et donc, en fait, c'est cette réserve-là qui, lorsque les premières descentes de front froid d'Arctique vont arriver après la période des quinoxes, il faut s'attendre à ce que, là, ces situations deviennent stationnaires et c'est là qu'elles deviennent dangereuses. Et c'est là qu'on a les inondations qu'on a eues dans l'Aude, dans les Rôdes, dans le Gard ou sur les Alpes-Maritimes.
Et donc, c'est là qu'il va falloir être particulièrement encore plus attentif, que l'alerte va devoir être la plus spécifique à une minute près.
Donc, ce qu'on vient de vivre, c'est, vous nous dites malheureusement, c'est peut-être une bande-annonce de ce qui nous attend en septembre. Oui.
Octobre, novembre. Et alors, ce qui est intéressant, c'est quand on regarde l'historique, en 2003, on avait eu la canicule. Et le 3 décembre 2003, on a eu un épisode qui était d'ailleurs la première mise en vigilance rouge du système Météo France, le 3 décembre. C'est-à-dire qu'en dehors de la période, de la saison de ces épisodes sévénoles. C'est-à-dire que la saison s'était déplacée dans le temps et on s'est retrouvés avec un épisode extrême en décembre, ce qui n'est pas du tout habituel. Normalement, on démarre l'hiver et un hiver plutôt doux en Méditerranée.
Donc, on voit qu'il y a un décalage dans ces événements et puis on a au milieu de tout ça une sécurité civile qui doit gérer un événement, puis un autre, puis demain encore une nouvelle canicule et puis après-demain, un nouvel épisode sévénol.
– Amandine Richaud-Crambe, nous voilà prévenus. Quand on entend ce qui va nous arriver, qu'est-ce qu'on fait chez soi ? On a des choses à faire sur notre maison, sur nos habitats, sur si on a un camping, qu'est-ce qu'on fait ? On sait qu'en la vallée de la Roya, il y a eu un camping qui a été emporté comme ça par ce déluge d'eau.
– Alors, individuellement, c'est assez dur, surtout de se battre contre l'eau. C'est plus difficile qu'entretenir son jardin contre les incendies. Là, sur la question de l'eau et des inondations, en fait, ça va être plutôt trois facteurs à prendre en compte. La prévention, ça a été dit, mais il faut vraiment aujourd'hui habituer les citoyens et les citoyennes à comprendre ce que ça veut dire. Ça ne veut pas dire que quand c'est classé en orange ou en rouge que ça va être fort, qu'on va avoir peur ou ce genre de choses. Ça veut dire qu'on peut risquer sa vie aujourd'hui.
Et donc ça, c'est important de le prendre en compte et c'est important de se mettre en sécurité, notamment d'avoir peut-être des étages, si on n'a pas des étages, mais de se mettre en hauteur.
Mais est-ce qu'il y a des exemples, c'était ma question, est-ce qu'il y a des exemples de pays où on est habitué à avoir de fortes précipitations comme ça et on a adapté les maisons, on récupère l'eau, je ne sais pas. Est-ce qu'il y a des choses à faire ou il n'y a rien à faire ?
Non, la deuxième chose, c'est éviter de construire dans les lits de rivière aussi, dans les lits majeurs et les lits mineurs. Et là, c'est vraiment le travail des préfectures et des élus à ne plus donner, en fait, dans les zones inondables, des permis de construire. Et c'est aussi aux gens à faire attention. et c'est ce qu'on peut mettre en place aujourd'hui. C'est-à-dire que quand on va acheter ou quand on va louer, c'est d'avoir une vraie information. On sait que c'est dans une zone inondable, mais on ne sait pas forcément quel va être le résultat et le risque qu'il y a dedans.
Donc ça, il faut l'expliquer avec ce qu'on appelle les crues décennales ou autres, mais ne pas construire en tout cas dans ces zones à risque. Et ça, ça va être le futur aussi. Il va falloir que...
Dans la vallée de la Roya, par exemple, on n'a pas reconstruit en se disant « Ben non, c'est arrivé une fois, ça va se reproduire. »
Non, parce qu'il y a ce qu'on appelle des crues centenales ou décennales où ça arrive une fois tous les 10 ans, une fois tous les 100 ans, où là, d'un coup, on va avoir ce qu'on appelle le lit de la rivière, le lit mineur et le lit majeur. Et en fait, sur ces bords-là, on va autoriser à construire et c'est des endroits à risque et il n'y a pas forcément les infrastructures pour. Et la toute dernière chose, la seule chose aujourd'hui, vraiment pour essayer de limiter ces dégâts-là, c'est enlever le plus possible de béton, enlever le plus possible de bitume et remettre le sol à nu. Et c'est ça, dans les villes, qu'il faut faire.
C'est aussi canaliser ça avec d'autres structures un peu plus grosses, mais surtout permettre au sol d'absorber cette eau parce que sinon, on ne peut pas régler le sujet comme ça. Le climat est déréglé et ces événements sont de plus en plus extrêmes et on ne peut pas faire outre. Maintenant, il faut s'adapter et plus que s'adapter, c'est vraiment de la prévention et expliquer aux gens qu'il y a des endroits où ils ne pourront plus habiter. Il y a des villes où on ne peut plus construire de la même façon et qu'il va falloir réfléchir quand on habite un endroit à prendre en compte ces risques-là et à se protéger quand il y a un épisode orange ou rouge d'inondation.
Mais ça, c'est très important, enlever le béton.
Frédéric Dané, il faut avoir une bonne assurance. Quand on entend tout ça, on se dit, il faut aller regarder sur son contrat d'assurance. D'ailleurs, l'état de catastrophe naturelle nous protège dès lors qu'il est décrété contre ces éléments climatiques extrêmes. Sauf qu'il risque de ne plus nous protéger beaucoup parce que les réassureurs qui assurent les assureurs disent que le fonds Barnier qui alimente... À un moment, le système va craquer financièrement ? Il est déjà en train de craquer financièrement et si l'État n'était pas là derrière pour mettre la main au pot, ça ne fonctionnerait plus.
En fait, il y a face à l'augmentation des indemnisations par les assureurs, d'ailleurs, le premier poste d'indemnisation, ce n'est même pas tout ce dont on vient de parler, c'est la rétractation des argiles. Vous savez, les argiles qui se gonflent d'eau ou alors qui se rétractent parce qu'il n'y a pas... Nos habitats sont les victimes directes de ces événements météo. Et les assureurs sont en train de dire que prendre un arrêté de... Les réassureurs, Suisse-Ré, Munich-Ré, etc., sont en train de dire que le fait de prendre un arrêté de catastrophe naturelle déresponsabilise tout le monde et notamment les mairies. Les mairies qui se foutent complètement en général... C'est l'État qui paye.
C'est l'État qui paye. Donc vous avez encore des maires qui, malgré un classement avec un plan de prévention du risque d'inondation, continuent à autoriser des permis de construire. Mais derrière tout ça, comment voulez-vous que ça change ? Vous achetez une maison,
vous êtes obligé d'avoir une assurance, vous appelez votre assureur, votre assureur ne vous demandera jamais si vous êtes en risque d'inondation, incendie,
rétractation d'argile. Emma Aziza, justement, il y a une grande révolution. À compter de 2023, il sera obligatoire de signaler dans son annonce immobilière qu'un bien est situé dans une zone d'érosion du littoral. C'est l'Éco qui a fait une enquête sur tous ces biens qui sont vendus parfois hors de prix des millions d'euros et qui sont en zone inondable, celles que vous nous décriviez. Et les Éco titraient sur le déni climatique en matière d'immobilier. Ça, à partir de 2023, on devra dire « je suis désolé, ma maison en fait, elle vaut un million, mais il y a une chance sur deux qu'elle se fasse en porte. »
qu'elle soit sous l'eau dans 15 ans. Il y a plusieurs choses. C'est-à-dire qu'il y a la question de l'adaptation. Déjà, je pense que c'est important de comprendre qu'en France, contrairement à ce qu'on peut imaginer, on est sans doute les pionniers de l'adaptation parce qu'on a eu en 1988 Nîmes, on a eu Vaison-la-Romaine en 1992, on a eu tellement d'inondations de 2003-2005 dans le Gard et dans les Raux que des politiques climatiques très fortes ont été mises en place en matière de réduction du risque d'inondation.
Et donc, vous avez des villes comme Nîmes qui est sans doute la ville la plus inondable de France qui a pris à bras-le-corps cette question-là qui réalise des diagnostics de vulnérabilité et qui permet gratuitement d'accompagner les populations pour transformer leurs biens parce qu'on ne peut pas raser le un quart de la France. Donc, à un moment donné, il faut être un peu concret c'est-à-dire qu'on l'a fait, on a remboursé des gens et on leur a demandé d'être délocalisé, on sait le faire mais on ne les délocalise que dès lors que leur vie est en jeu, dès lors que le niveau d'eau est tel qu'il n'y a même plus de possibilité de zone refuge.
Avant ça, on fait en sorte que l'eau ne pénètre plus et on réduit l'endommagement. Ensuite, on met un niveau refuge pour au moins protéger la vie et puis ensuite, dans le dernier cas, effectivement, on va délocaliser mais ça coûte très cher et à un moment donné, on n'a plus les enveloppes nécessaires. Mais par contre, on le fait et on le fait massivement et l'État met quand même à un moment donné de l'argent sur la table puisqu'il finance juste toute la France, 80% de ses actions d'adaptation et cette adaptation, elle est nécessaire. Ensuite, il y a la question de cette eau qui va pénétrer à un moment donné.
Alors justement, question téléspectateur, je ne sais pas si vous voulez parler de ça mais l'eau de ces orages a-t-elle fini sa course dans les nappes phréatiques ?
Non.
Non ? Ah bon ? Où est-ce qu'elle est partie ?
Non, c'est de l'eau de ruissellement qui va s'écouler très très rapidement dans les axes de plus grande pente et qui va rejoindre directement les exutoires dans les cours d'eau et ce sont des crues qu'on appelle en général éclairs. Là, ça n'a même pas eu le temps de former des crues éclairs. On a vraiment du ruissellement massif qui ensuite s'évacue plus bas mais il faut comprendre que dans le cas idéal, une pluie ne peut réussir à pénétrer sur 100% de pluie. Il y a 9 à 10% qui pénètrent. Mais ça, c'est dans un cas idéal avec l'agriculture intensive que l'on a et le tassement des sols.
Avec l'artificialisation des sols que l'on a, on a beaucoup moins d'eau qui pénètre donc il ne faut pas imaginer qu'à la première pluie, on a réussi à restaurer les nappes et en plus, on n'est pas du tout dans la période efficace de recharge des nappes puisque les premières couches de sol sont tellement assoiffées que c'est elles qui en général récupèrent l'eau. Vu les pluies que l'on a là, on voit bien qu'on a un état de saturation mais malgré tout, l'eau ruisselle ensuite très rapidement sauf dans les zones de culette.
Les champs vont reverdir un petit peu quand même. Non. Non, même pas. Même pas sûr. Non, puis d'autant plus qu'une pluie qui tombe... Donc cette pluie qu'on attendait, elle n'a juste servi qu'à rafraîchir un peu l'atmosphère. Oui, et puis elle peut même dégrader les sols parce que quand la pluie tombe sur un sol très sec, c'est ce qu'on appelle l'effet bloc, c'est-à-dire la goutte arrive et l'énergie de la goutte suffit à creuser un trou par lequel le ravinement va s'opérer.
Derrière le ravinement, vous avez l'érosion des sols et derrière, ça fait des flash-floods, ça fait des inondations, ça fait une eau qui arrive dans les villes, ça fait une eau qui arrive sur les routes très turbides, pleines de particules de terre qui sont autant de rabots
et qui vont contribuer à grappiller un peu sur les berges et accentuer l'inondation elle-même.
Alors, dans cette période de dérèglement climatique extrême, les actions coup de poing des militants écologistes se multiplient. Le but, sensibiliser l'opinion à la nécessité d'économiser les ressources. C'est ainsi que les plus riches sont pointés du doigt pour l'utilisation jugée excessive de leur jet privé, sujet de l'Aslojé-Laber, Théo Manval et Stéphane Lopez. Cette nuit-là, en plein cœur de la ville lumière...
Regarde, lui, tu vois, mais tu vas dégrader la façade. Non, ça dépend si Dali me fait un jeté comme ça. Ouais, voilà, ok. Opération extinction des feux sur la très chic avenue des Champs-Elysées.
Depuis deux ans, c'est spécialiste du parcours une discipline qui consiste
à réaliser des acrobaties en pleine rue se sont donnés un petit challenge. Éteindre les enseignes lumineuses des grands magasins.
Petit boîtier ici, en fait, généralement, il y a un petit embout qui est vers le haut. En fait, on a juste à sauter et le baisser vers le bas et ça éteint les enseignes. Une performance sportive et surtout un geste écologique. La loi impose d'éteindre les lumières entre 1h et 6h du matin. Mais beaucoup de boutiques fermées la nuit restent illuminées. Kevin A, le leader du groupe, le constate à chacune de ses sorties.
Nous, on voit que c'est un peu une aberration, sachant que dans un monde à ressources limitées, le meilleur moyen de ne pas gaspiller, c'est peut-être de ne pas consommer, tout simplement. Nous, ce qu'on veut, c'est que les gens
s'approprient le mouvement eux aussi et fassent des bons gestes au quotidien, c'est-à-dire qu'ils éteignent leur lumière ou quand ils partent du bureau, ils éteignent aussi leur lumière. À l'heure de la sobriété énergétique, gaspiller les ressources agacent l'opinion publique. Sur les réseaux sociaux aussi, la chasse à la surconsommation s'organise. Des comptes Twitter traquent même les déplacements quotidiens des jets privés de nombreuses personnalités, comme celui du multimilliardaire Elon Musk ou de la star mondiale Kylie Jenner, très critiquée par les internautes pour un vol de seulement 17 minutes au-dessus de Los Angeles.
En France, cet autre compte Twitter suit les trajets de Bernard Arnault et Vincent Bolloré. Petit dimanche à la mer pour l'avion de Vincent Bolloré, si seulement le TGV Paris-Marseille existait. Les tonnes de CO2 et la durée du vol sont systématiquement publiées. Certains utilisateurs ironisent. Non, mais il a dû couper son Wi-Fi pendant son excursion de l'après-midi, donc aucun problème. Des privilèges qui ne passent pas, d'autant que cet été 2022 a été particulièrement sec et aride. L'utilisation des ressources naturelles devient un sujet politique et polémique.
Le maire de Grenoble, lui, s'en prend en golf, autorisé à arroser leur terrain grâce à des dérogations préfectorales, alors que tous les départements de France imposent des restrictions d'eau.
En période de sécheresse, tout le monde va trouver ça choquant d'arroser des graines de golf parce que les changements que nous avons à faire,
les transformations que nous avons à faire devant nous, nous devons les faire dans la justice sociale et que c'est ça le message le plus important, c'est comment sécuriser le changement pour les plus fragiles de la société et donc ça nécessite des changements de comportement aussi qui ne sont pas compatibles avec protéger les activités des plus riches. Des activistes écologistes vont encore plus loin. À Toulouse, la semaine dernière, deux golfs ont été endommagés par des membres du collectif Extinction Rebellion, trous remplis de béton et grines saccagés. Dans cet autre terrain de golf situé à Limoges,
le vice-président a une drôle de surprise en début de semaine. Des activistes ont planté des légumes desséchés dans un des trous du parcours.
Moi, je comprends le message. Là-dessus, il n'y a pas de problème. Il faut savoir que le golfe de la Porcelaine est autonome dans sa gestion de l'eau. C'est-à-dire qu'il y a 12 étangs sur le parcours qui nous servent de stockage où on recueille l'eau de pluie. Et en aucun cas
on ne vient pomper l'eau dans la nappe phréatique et encore moins utiliser l'eau de la ville.
En période de restrictions renforcées, seules les grines ont été arrosées. Dominique Mer l'assure, sans cette dérogation, ce golfe de 20 salariés aurait dû fermer avec de lourdes conséquences sur leur activité. Simplement, le réengazonnement de l'ensemble du 18 trous, il faut considérer qu'en achat de gazon, on serait à peu près à 5-6 000 euros par green. Donc, vous multipliez par 18, ça doit faire un peu plus de 100 000 euros.
ce qui est énorme.
On a un budget de 700 000, ça veut dire que ce n'est même pas la peine. Selon la Fédération Française de Golfe, la filière pèse plus d'1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires et représente 15 000 emplois. Alors, question de téléspectateurs Amandine Richaud-Crambe. Le bilan carbone des puissants est colossal. Quel effort pour eux ? Alors, on peut citer le rapport sur les inégalités mondiales de Thomas Piketty qui dit que les 1% les plus riches émettent autant de CO2, de gaz à effet de serre, que les 50% les plus pauvres de la planète.
Tout à fait. Et on peut même prendre les chiffres précis pour la France. Aujourd'hui, on voit que 63, il y a 63 milliardaires en France, ils émettent autant de CO2 que 50% de la population française en une année. C'est des chiffres qui sont colossaux. Quand on demande, en plus, très souvent aux simples citoyens de réduire ses consommations d'eau, d'arrêter son Wi-Fi, de baisser son chauffage, ça veut dire qu'on demande des efforts en fait. Mais on voit très bien que sur la taxation des grandes entreprises ou sur les réglementations pour diminuer l'impact des industries sur l'environnement, là, les efforts ne sont pas du tout les mêmes.
On voit bien quand il y a eu des questions sur la taxation carbone ou sur la taxe sur les carburants pour les vols. Un autre chiffre qui est important d'avoir en tête, on parlait, en tout cas, le reportage parlait du jet de Bernard Arnault, sachant qu'un yacht est plus polluant qu'un jet. Il faut faire attention là-dessus, on ne parle pas des yachts, on parle des jets, mais cependant, c'est encore plus polluant, on peut les suivre aussi. En un mois, il a émis l'équivalent CO2 d'un Français moyen en 17 ans. On voit quand même qu'il y a une inégalité de traitement et surtout d'approche et même de conscience écologique.
Et ça, vraiment, je pense qu'il faut rappeler et ça a été dit aussi dans le livre de M. Piketty, aujourd'hui, les personnes les plus touchées par le changement climatique ou par toutes les crises environnementales, c'est les personnes les plus précaires. Donc, on ne peut pas leur demander tout le temps de faire plus d'efforts quand d'autres ne le font pas.
Frédéric Dan, ce qui est intéressant, c'est que ce décompte sur les vols en jet privé des yachts, il est établi par des jeunes. Est-ce qu'on a un risque de radicalisation d'une jeunesse sur ces questions climatiques qui, légitimement, s'inquiète parce que c'est elle qui sera là en 2050, en 2060 pour vivre dans cette planète qu'on nous décrit brûlante ? Je ne sais pas, sans doute. En tout cas, on le voit déjà, les jeunes, finalement, votent moins, les jeunes s'engagent avant tout pour eux-mêmes, ils cherchent une transcendance qui peut être l'écologie. Mais extinction, rébellion, la bouchée des terrains de golf, est-ce que ça... Oui, c'est rigolo, mais moi, ça me fait marrer, mais il faut...
Ce n'est pas le début d'un action de plus en plus violente ? Est-ce qu'on peut s'interroger ?
Non, non, mais allez-y, allez-y. Il y a la génération climat, en fait. Il y a les marges climat, les générations climat, ils sont là depuis des années.
Il faut que ça aille plus loin que ça, il faut que ça se traduise politiquement, il faut que ça se traduise aussi par une forme d'honnêteté dans son comportement. Moi, j'en connais parmi ces jeunes qui râlent et qui sont les premiers à prendre un avion pour aller en vacances au Maroc. C'est vrai que cet été, les aéroports ont été pleins. Voilà.
Ce qu'on dit à propos des riches, c'est aussi à propos, en gros, des CSP+, les 10% de Français qui gagnent le plus, qui de temps en temps prennent l'avion et qui demandent aux gens les plus pauvres, c'est 50% de la population sous le salaire médian, qui, elle, n'a pas les moyens globalement de prendre l'avion et à qui on demande des efforts de ne plus prendre sa voiture. Donc l'injustice, elle est des deux côtés. La perception négative, elle est des deux côtés. Après, sur les jets privés, c'est quand même un vraisemblable. Il faut savoir que quand vous faites un kilomètre en jets privés, vous émettez 5 kilos de CO2. Voilà.
Ça vous donne une idée de ce que vous émettez en un trajet Paris-Toulon, par exemple. Et Aziza, est-ce qu'on prend le problème par le bon côté en commençant par Stig? Parce que la question, c'est qu'on est toujours le riche de quelqu'un. J'ai vu cet été qu'on stigmatisait les Français qui avaient des piscines en disant c'est scandaleux, on est de la sécheresse et les Français continuent à remplir leur piscine dans le JDD. Au fond, il y a le risque un par un comme ça, que ça s'étende.
C'est assez intéressant ce qui se passe actuellement si on regarde juste cet été et derrière cette pénurie d'eau que l'on a eue avec ces rivières à l'agonie qui ont fait réagir et qui ont créé cette polarité en fin de compte entre ceux qui vous disent mais moi j'ai besoin de mon activité, j'ai besoin de continuer.
Combien de personnes m'ont écrit en me disant mais regardez devant moi, j'ai des champs de maïs qui irriguent toute la journée et moi on me demande de ne pas arroser ma pelouse et donc en fait on est en train de créer finalement une confrontation entre deux milieux et c'est vrai que et ça, ça marche pour toute logique de prévention c'est tellement plus facile de demander de demander surtout aux citoyens de faire des efforts et ça, ce n'est pas aujourd'hui qu'on a commencé. Quand on a commencé à avoir des sécheresses avec la canicule de 2003, on a eu une nouvelle sécheresse historique en 2005.
Ça, on n'était même pas dans un cadre vraiment de changement climatique, on était sur déjà une évolution telle des territoires, on avait tellement perdu de masse humide, on avait tellement transformé nos territoires qu'on les rend plus vulnérables et donc à ce moment-là, l'État a lancé un plan de communication massif pour la population en vous disant fermez votre robinet quand vous lavez les dents, éteignez votre pommeau de douche quand vous prenez votre douche, le temps de vous savonner mais c'est resté dans la tête des gens. C'est resté et aujourd'hui on a grandi avec ça, on a gardé ses réflexes.
Alors c'est une bonne chose ?
Alors c'est une bonne chose de faire de la prévention pour les populations mais la population c'est quand même l'utilisateur mineur de l'eau et donc effectivement ça demande à un moment donné de se poser des questions et de se dire qu'est-ce qu'on privilégie ? Est-ce qu'on privilégie une économie ? Regardons le lac de Serponçon, c'est un exemple quand même très clair, il est quasiment vide, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on privilégie EDF et donc des lâchers de barrages et une production électrique dont on a besoin ? Est-ce qu'on privilégie le fait à Laval de donner cette eau aux agriculteurs qui en ont besoin ?
Est-ce qu'on privilégie cette eau pour les activités touristiques qui ne vivent que de ça durant l'année ? Qui est-ce qu'on privilégie ? Et donc quand on réduit cette part, en fin de compte on va accroître les tensions et donc c'est pas dans la crise qu'il faut y réfléchir maintenant. C'est dans les années à venir. Qu'est-ce qu'on va avoir comme politique ? Qu'est-ce qu'on veut ? Est-ce qu'on peut continuer aujourd'hui avec du maïs ou pas ? On est tellement dépendant du maïs. On n'est pas dépendant que pour les fourrages derrière de bétail. On est dépendant parce que ce sont nos crèmes cosmétiques, parce que c'est notre papeterie. On a déjà une crise du papier aujourd'hui au niveau mondial.
Donc on voit bien qu'en fin de compte cette interdépendance nous empêche de nous libérer d'un système et nous oblige à finalement mettre les uns contre les autres.
Pas simple Gaël Musquet d'agir face à ces dégâts de l'environnement parce qu'on a toujours tendance à dire « mais l'autre, lui, il ne fait rien ». C'est mon problème sur les actions de prévention que je mène et puis des jeunes publics que je reçois parfois dans l'observatoire où je vis. Alors racontez-nous. J'ai une partie de ces enfants qui est en éco-anxiété. C'est-à-dire que je les ai entre 7 et 8 ans, ils sont pleins de rêves, ils savent tout ce qu'ils veulent faire comme métier. Arrivant 3e, ils sont perdus. Et en même temps, moi je suis père aussi de famille, je ne peux pas dire à mes enfants « c'est fini ».
Même moi quand je lis les rapports du GIEC et pourtant je le côtoie, j'ai la culture scientifique, on peut être parfois devant ces chiffres-là en tant que père de famille de déni aussi de dire « non, je ne veux pas ou je n'entends pas que cet avenir-là c'est celui de mes enfants ». Et donc une fois que j'ai dit ça, mon boulot au quotidien aujourd'hui, c'est de parler de solutions à ces enfants. Alors certains vont éteindre les lumières, je suis astronome, donc ça nous arrange que ces lumières dans les villes soient éteintes pour regarder les étoiles.
Ce que je retiens souvent, c'est un médecin qui me le disait « il faut qu'on apprenne à cette génération qui arrive à aimer ce qu'elle doit protéger ». C'est bien de dénoncer et je ne reviendrai pas sur la moralité de toutes ces actions.
En revanche, si cette génération qui arrive, celle que l'on forme aujourd'hui, n'est pas formée à ces enjeux-là, j'ai entendu énormément d'aberrations sur le numérique, sauf que sans le numérique aujourd'hui, on n'a pas d'industrie spatiale, on n'a pas de prévision météorologique, on n'a pas de calculateur, on n'a pas de réseau de télécommunication pour aller à la télépopulation, on n'a pas de réseau pour s'adapter, on a eu des levées de boucliers contre le compteur Linky, très bien, mais ça veut dire qu'on ne pilote plus notre consommation d'électricité.
On a le compteur Gaspard, on a beaucoup de collectivités qui ont numérisé leur compteur d'eau et donc toutes ces solutions, c'est des petits, petits, petits, petits points qui, mis bout à bout, nous permettent à nous, qui faisons partie des 1% les plus riches, la France est un pays riche par rapport à d'autres pays qui s'en sortent parfois mieux parce qu'ils ont parfois souvent aussi l'humidité de mettre en œuvre un certain nombre de dispositifs et souvent, nous, Français, les avons accompagnés, je prends le cas de Cruise pour Early Warning System, nous avons énormément accompagné des pays pour les systèmes d'alerte précoce sur les alertes météo et donc, aujourd'hui, il nous faut parfois un peu d'humidité, pays riches, pour nous inspirer à nouveau de ces pays du Sud qui nous ont parfois écoutés et qui ont mis en place ce qu'il faut.
Je prends le cas de la Guadeloupe qui m'a vu naître, vous avez plus de la moitié de la population aujourd'hui qui n'a pas accès à l'eau potable et ça, c'est du quotidien, ce n'est pas juste l'été. C'est 2000 ans. Et malheureusement, d'ailleurs, cet accès à l'eau potable que l'on croit très simple, on a vu des villages, cet été, approvisionnés par des camions citernes. Que dans l'Hexagone. Oui, que dans l'Hexagone. Que dans l'Hexagone. Parce qu'en Guadeloupe, vous avez été traditionnel. C'est du quotidien. Vous n'avez pas d'eau. Ça, ça nous guette dans les années à venir ?
Alors, ça nous guette. En Guadeloupe, c'est particulier parce qu'il y a des problèmes sur le plan de l'infrastructure en soi et qui est aussi un vrai problème qui commence d'ailleurs à venir en France parce qu'il ne faut pas oublier que l'eau paye l'eau en France. Ça signifie que l'infrastructure et la question des pertes d'eau qui est une question cruciale qu'on a beaucoup mis en exergue pour mettre en place des régies publiques de l'eau, eh bien, en réalité, on ne peut la contraindre qu'en ayant des financements. En finançant le fait de changer les tuyaux. Pour financer le changement des tuyaux, on doit le financer avec l'argent que dépensent les gens dans l'eau.
Donc, en fin de compte, on a besoin de leurs factures et si on leur demande de diminuer par deux leurs factures, eh bien, celui qui gère l'eau va vous dire « mais moi, je multiplie par deux le prix de l'eau parce qu'en réalité, sinon, je n'ai plus assez d'argent pour ces infrastructures. » Ça, pour moi,
c'est un non-sens. On va devoir payer plus pour moins.
Oui, et c'est un non-sens qu'il faut absolument modifier parce que l'argent, on peut très bien le trouver ailleurs et donc, cet argent, il faut qu'on le mette pour rénover les réseaux et pour autant, aller vers cette sobriété qui est nécessaire.
Canicule, inondation, mais aussi montée des eaux. À long terme, les conséquences du réchauffement climatique pourraient contraindre de nombreux Français à quitter leur territoire. Déjà, face à ce qu'on appelle le recul du trait de côte, des municipalités commencent à envisager des déménagements de grande ampleur. Sujet de Mathieu Lignot et Benoît Thébault. Des maisons à flancs de falaise. Derrière le tableau idyllique, une épée de Damoclès. L'érosion menace ses habitations.
Il y avait en gros, allez, deux mètres de plus. Deux mètres de plus.
Le grillage était en bordure ici et il y avait encore deux mètres derrière. Donc, je tombais jusque-là en 2012.
Et à Noël 2012, bouf, d'un coup, c'est parti. Voilà.
Les premières victimes du réchauffement climatique, l'une des causes de l'érosion. Patrick Sébel craint que sa maison ne valent plus rien.
Est-ce qu'un jour, on aura l'interdiction de vendre ? C'est possible puisqu'avec le recul du trait de côte, on peut très bien arriver en arrêté de péril et puis ne plus pouvoir louer, ne plus pouvoir vendre et s'arrêter là. quoi, voilà.
À Kiberville, le camping municipal, lui, va fermer définitivement ses portes à la fin de l'été. Trop dangereux, plusieurs fois inondés, victimes de tempêtes. La plage n'est plus à 400 mètres, mais beaucoup plus proche. Alors, ces fidèles campeurs vont être obligés de changer leurs habitudes un peu à contre-coeur. Ça fait 50 ans, je suis venu avec mes parents, après je vais continuer et puis je me plais ici, à côté de... Je suis au bord de la mer. Et le camping, c'est une vie de famille. C'est quelque chose comme là, il va se passer une fracture. Je ne sais pas si les gens se rendent compte de ce qui va se passer ici.
C'est sûr qu'il y aura sûrement une larme à la fin de la saison, au bout de tant d'années.
Le camping municipal va être remplacé par un camping privé. Il se construit 700 mètres plus haut dans les terres.
Est-ce que tout ça avance bien, messieurs ? Oui, oui. On est dans le timing prévu.
La menace climatique s'est imposée comme une réalité
pour le maire. J'anticipe pour donner à mes successeurs un outil qui sera à l'abri des submersions marines, des inondations. J'étais plutôt contre il y a 30 ans. Aujourd'hui, je suis de ceux qui disent qu'il faut anticiper. J'ai changé ma philosophie.
Falaise qui s'effondre. Zone inondée ou immeubles abandonnés. L'État a identifié 864 zones dangereuses. 126 communes de métropole et d'outre-mer ont rejoint une liste prioritaire face à l'érosion côtière. Ces municipalités vont être aidées par l'État, comme ici, à Tréberdin, en Bretagne. Cette digue protège, mais il faut aller plus loin pour l'élu. On a toute la façade de la commune qui est exposée à la mer. On a plusieurs zones habitées comme ici, en proximité immédiate de la mer. Et on a des falaises qui sont sensibles à l'évolution du niveau de la mer. Il faudra reculer. Pas nous, ce sera peut-être nos petits-enfants. Mais il faudra reculer.
Mais beaucoup des 800 communes menacées par les flots ont refusé de rejoindre cette liste. Notamment à cause des contraintes. par exemple, l'interdiction de construire du neuf dans certaines zones ou l'obligation de détruire des habitations à la fin du siècle. Pour des associations, ce plan n'est pas suffisant.
Ce qu'on espère, c'est que le travail sera correctement fait, bien fait, d'abord sur ces 126 communes, mais très rapidement sur toutes les autres qui font partie des 864 communes à risque.
L'érosion et la hausse du niveau des océans causés par le réchauffement climatique menacent 1,5 million de Français. Alors, question de Marie-Thérèse en Loire-Atlantique, Amandine Richaud-Crambe. À l'avenir, ne vaudra-t-il pas mieux habiter en montagne que sur le littoral breton ou atlantique avec l'érosion, la tempête, etc.
Il y a des risques aussi en montagne. Je pense que dans tous les milieux naturels, il y a des risques. Et ce n'est pas vraiment la question de savoir où il faudra mieux habiter. C'est comment aujourd'hui en fait, on prend en compte ces problèmes de ces milieux fragiles. La montagne, il y aura d'autres soucis. Il y a les problèmes d'éboulements, d'avalanches, il y a aussi de glaciers. Donc, il y aura quand même des problèmes. On ne va pas déplacer un problème vers un autre. Ce qu'il faut voir en revanche, c'est aujourd'hui ce qui se passe sur les plages. Pourquoi on a cette érosion-là ? Et on a trois facteurs. Un premier facteur qui est la disparition du sable. Il faut savoir que dans le...
Il manque de sable sur les plages.
Alors, il faut savoir que dans le monde, dans le monde entier, le sable, c'est la deuxième ressource naturelle qui est le plus en danger. Aujourd'hui, il y a une pénurie de sable énorme pour plusieurs raisons. Le sable, c'est le sable qui sert à faire de la construction, à faire du béton. Donc, vu qu'on agrandit les villes et qu'on artificialise, on utilise plus de béton. C'est aussi quelque chose qu'on retrouve dans l'électronique. Et on ne peut pas utiliser du sable du Sahara. On ne peut pas utiliser du sable de désert. On va chercher du sable marin, notamment, ou sur les plages.
Et en fait, ce qui va se passer, c'est que quand on va aller faire de l'extraction marine, les plages vont couler et le sable va repartir dans le trou où il y a l'extraction marine. Il y a la première chose. La deuxième chose, c'est la pression humaine et la pression touristique, notamment.
On a trop construit en bord de mer, c'est ça ?
Trop construit. Et c'est surtout qu'on a détruit des habitats comme les marées, comme les estuaires, comme les mangroves dans certaines régions. Et en fait, ces habitats-là, ça protège à la fois les côtes, mais ça protège aussi de tous les risques de tempête. Ça protège les habitations, ça protège d'énormément de choses. Et puis, c'est nourricier pour l'océan. Donc ça, en plus, on a détruit. Et enfin, la troisième chose, c'est là encore, on parlait des événements extrêmes. L'événement extrême, c'est-à-dire que plus les tempêtes sont fortes et plus on a un risque d'érosion.
Et sachant qu'en plus, on a détruit des dunes, on a détruit la végétation pour construire toujours plus, de fait, on a tous ces effets-là. Donc, manque de sable, destruction des espaces et artificialisation beaucoup trop grande. Et ça touche à tous les traits de côte. On parlait justement pendant la pause, on a un chiffre d'aujourd'hui, 80% des plages dans le monde reculent. Dans le monde. Et ces 80%, c'est énorme.
Avec l'extraction du sable dont vous parliez. Entre tous. Emma Aziza, on voit qu'il y a des terrains qui sont plus en danger à l'avenir. Si demain, je devais faire construire une maison, je vais acheter un terrain à construire. Est-ce qu'il y a des endroits où vous me direz, là, n'achète pas, tu t'exposes à des problèmes ? Oui.
On a même une carte qui nous permet, qui a été développée par le Climate Central, qui est un site américain qui permet exactement d'évaluer la progression de la mer justement dans les terres. Alors, au niveau mondial, on a 300 millions de personnes qui d'ici 2050 devraient se retrouver dans des zones qui seront submergées par l'ISO. Et donc, on pense tout de suite au Bangladesh, à la Chine, etc. Mais en France, allons en France, il suffit de regarder la zone de Dunkerque-Grand-Synthe qui est située dans des zones que l'on appelle de polders. C'est-à-dire, c'est vraiment un système qui permet de gagner de la terre sur l'eau avec des systèmes de pompes.
Et donc, en réalité, les gens vivent sous le niveau de la mer. On a 400 000 personnes qui vivent sous le niveau de la mer. Avec la surélévation du niveau de la mer d'ici 20 ans, qu'est-ce qu'on dit aux gens qui habitent à Dunkerque ? Est-ce qu'on leur explique qu'il y aura 2 mètres d'eau et qu'à un moment donné, ces pompes ne serviront plus ? Est-ce qu'on leur explique qu'il va falloir aller plus loin ? Est-ce qu'on réussit à un moment donné à mettre des digues et des ouvrages ? Vous dites que la ville de Dunkerque,
en fait, son sort est compliqué.
Et je pense qu'on le sait très bien là-bas. Mais qu'est-ce qu'on fait avec derrière le système économique
immobilier ? C'est-à-dire, submergé par les eaux ?
Oui, bien sûr. C'est une des premières villes. Mais pas que. Il y a Boulogne, on a L'Union-sur-Mer, le Touquet, on a Saint-Nazaire, la Rochelle. Toutes les zones qui sont des zones d'estuaires de grands fleuves sont directement soumises à la surélévation du niveau marin. Et donc, ce sont des zones qui vont être gagnées par la mer. Alors, on va tenter de mettre des digues et des ouvrages, mais il faut savoir que ce ne sont que des pansements sur des plaies et on sait très bien qu'au moindre événement majeur avec des événements qui ont tendance à s'accroître, ce sont les premières choses qui sautent et derrière, c'est pire.
Parce que si une digue cède, c'est de l'eau rapide qui va passer derrière et donc, à ce moment-là, on n'est plus du tout dans les mêmes phénomènes.
Caterina.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Caterina.
Voilà, Caterina.
Juste de donner un chiffre du GIEC, on est sur du 65 cm. On a l'impression que ce n'est pas beaucoup, mais avec 65 cm de plus ou à 1 mètre, on aura ces villes qui seront complètement englouties.
C'est humain. Frédéric, on a vu dans le reportage qu'on déménageait un camping. C'est vrai que bien souvent, les campings, parce que c'est sympathique, sont installés près de cours d'eau. Est-ce qu'il y a un problème ? En fait, ils sont aussi près de la nature et on a vu, malheureusement, cet été, avec le camping des Flots Bleus qui était tout près de la forêt qui a brûlé. Cette proximité de la nature, elle est dangereuse, problématique pour de nombreux campings ? Elle a toujours été problématique. S'installer à côté d'un cours d'eau, c'est se confronter au risque d'inondation, comme construire auprès d'une rivière.
On est toujours dans le lit de la rivière et de toute façon, à un moment ou à un autre, la rivière retrouve son lit. Donc, il suffit qu'il y ait une grosse pluie pour qu'on se retrouve les pieds dans l'eau. Ça, c'est la nature. On pensait que ça n'existait pas. Ça revient. Mais sur ce risque d'inondation, moi, les bras m'entombent quand je vois et quand j'entends le maire, le risque d'inondation, il est connu depuis des années et en particulier sur la côte atlantique où vous avez un observatoire climatologique de Nouvelle-Aquitaine dirigé par Hervé Le Trôte qui a bien marqué précisément canton par canton, ville par ville, le risque de ne rien faire.
Et on parlait tout à l'heure du Pays Basque. C'est quand même fou de voir que les gens continuent à acheter à 14 000 euros le mètre carré alors qu'il n'y a pas 50 mètres de rivage sans lequel on est un panneau qui rappelle le risque éboulement et le risque de submersion partout. Cette obligation à partir de l'année prochaine de stipuler dans le contrat de vente qu'il y a vous êtes en zone d'érosion littorale, ça ne changera rien ? Non, parce que vous serez assuré de toute façon. Tant que les assureurs continueront à assurer nonobstant les risques marqués, ça ne changera pas grand-chose.
Et encore une fois, moi, j'étais au Pays Basque il n'y a pas si longtemps, c'est sidérant de voir que le risque, il est bien mis. Devant le casino de Biarritz, il y a d'énormes sacs de sable qui sont là pour casser la houle. On les voit, mais on ne fait pas lien avec le changement climatique, on ne fait pas lien avec l'avenir. Et on continue à acheter à 14 000 euros le mètre carré à Biarritz. Qu'est-ce que les joues disent ? Casser la houle, c'est-à-dire ? C'est-à-dire que si la mer arrive, elle est cassée et il y a moins de risques, elle entraîne des dégâts qu'elle casse le casino. Il y a ça un peu partout sur le littoral de Biarritz. Gaël Musquet.
Les primes d'assurance sur certains territoires, certaines villes, du côté de la Visibila Roya, augmentent. Donc, en fait, évidemment, les personnes qui ont les moyens de s'assurer peuvent s'assurer et de manière parfois mécanique. Vous avez des personnes qui n'arrivent pas à s'assurer donc elles ne s'assurent plus ou qui quittent la ville parce qu'elles tiennent évidemment à cette police d'assurance. J'aimerais juste parler d'une convention, le cadre d'action de Sendai qui est peu connu mais qui dresse quatre priorités justement par rapport à cette adaptation face au changement climatique.
On a imaginé parce qu'on a domestiqué, on a eu l'impression, nous humains, à avoir domestiqué la nature sauf que la planète, elle bouge et on oublie et les Nations Unies ont fait un rapport là entre les années 2000-2019 que le réchauffement climatique c'est si tout va bien. 58% des morts de ces 20 dernières années, 2000-2019, ne sont pas liés au réchauffement climatique mais à des crises géologiques. Séisme, tsunami, volcans. Alors ça, pour le coup, ça n'a rien à voir avec le réchauffement climatique. Exactement.
Donc, quand vous cumulez et c'est pour ça qu'il faut avoir une vision globale des risques et pas uniquement une vision climatique, dans la vision globale, il faut avoir comme priorité déjà comprendre, donc instrumenter nos territoires à comprendre ce qui se passe, ce que sont ces catastrophes naturelles et dans une des priorités, c'est bien précisé, il faut construire et reconstruire mieux.
C'est-à-dire qu'une fois qu'on a compris qu'on n'a pas construit au bon endroit ou qu'on n'a pas construit de la bonne manière, eh bien reconstruire, certes, parce qu'il faut biologer les gens, mais reconstruire avec des règles qui respectent l'habitat naturel et qui permettent aussi de financer ces études, ces travaux, ces instruments qui permettent de faire face à ces crises-là. Allez, tout de suite, on revient à vos questions. Alors, c'est Alix qui pose la question. Va-t-on en France continentale et en Corse connaître des phénomènes dignes des saisons cycloniques aux Antilles ? Quels sont les modèles, Gaël Musquet ?
Alors, on ne va pas avoir, ce ne sont pas du tout les mêmes phénomènes auxquels on assiste où un cyclone, un ouragan, c'est plusieurs centaines de kilomètres de diamètre. Donc, on n'est pas, et du coup, au niveau de l'atmosphère, sur ce type d'événements, en tout cas, en termes de puissance.
Ce qui est certain, en revanche, c'est qu'on va avoir des événements de plus en plus extrêmes, donc à la fois en rapidité, c'est-à-dire, c'est ce qui s'est passé ce matin, on va avoir des événements qui vont évoluer très rapidement, quelques heures, qui vont être de plus en plus intenses, beaucoup d'eau, beaucoup de vent, et donc, évidemment, les villes hexagonales vont devoir mettre en place aussi des mécanismes d'alerte que l'on a aux Antilles, en Nouvelle-Calédonie, à l'Aragon et dans l'Outre-mer, pour pouvoir alerter les populations.
Évidemment, dans les prochaines semaines, nous serons beaucoup mieux armés avec le système FR Alert, qui est le dispositif prévu par l'Union européenne pour alerter les populations sur le téléphone mobile. Amandine Richaud-Crambe, concernant les mesures de sobriété, le gouvernement fait-il de l'autocensure par crainte de la colère de la population ? S'il faut de la radicalité face à ce dérèglement du climat, est-ce que nous sommes prêts à l'accepter ?
J'ai l'impression que la population est assez prête à l'accepter. Tout à l'heure, on parlait de la jeunesse, de cette confrontation qu'on avait un peu, selon les classes sociales, liée à l'écologie. pour avoir une quinzaine d'années d'expérience, je vois en tout cas dans les médias, dans la population, qu'il y a vraiment des choses qui sont faites. Cependant, c'est toujours pareil. Où est l'égalité là-dedans ? C'est-à-dire que la lutte climatique, en tout cas l'amélioration de tous ces gestes-là et vers la sobriété, il faut qu'elle soit égalitaire, équitable. Et pour ça, il faut demander des efforts à la population, bien sûr, et qui, à mon sens, est vraiment prête.
Et on parlait d'éco-accepter, on parlait des enfants. Je pense qu'il y a vraiment une envie de faire attention et de se rendre compte des choses. Mais il faut aussi que de l'autre côté, le côté, on va dire, tout ce qui est industrie, tout ce qui est économique, tout ce qui est agricole, aussi face à...
On ne peut accepter les efforts que si on a l'impression qu'ils sont équitablement répartis. Exactement.
Le gouvernement, s'il fait une politique de sobriété, ça doit être pour la population, mais aussi pour les autres. Et c'est là-dessus que ce sera acceptable.
Emma Aziza, c'est Jean-Pierre dans le Barin. Est-ce tort quand je dis que le Nord est la région la moins impactée par les tempêtes et les catastrophes climatiques en général ?
Alors, habituellement, ce n'était effectivement pas dans le Nord qu'on avait un épisode méditerranéen. On est d'accord. Donc, ils étaient beaucoup plus protégés dans le sens où l'été, on n'avait pas de température caniculaire. Ce que l'on voit cette année, c'est quelque chose d'assez nouveau. On a vu ces canicules remonter jusque la Bretagne, jusque même sur la Grande-Bretagne.
Donc, on voit très bien qu'on a de nouveaux territoires qui sont touchés par ces sécheresses et des territoires qui sont sans doute beaucoup moins adaptés que finalement les territoires méditerranéens où quelque part on sait ces extrêmes climatiques auxquelles on est préparés, au moins sur le plan de la sécurité civile. Parce que quand on a eu en 2019, en juin, des feux de champs dans les... des feux de brousse dans les champs directement en Picardie, on n'était absolument pas prêt sur le plan de la sécurité civile parce que toute la sécurité civile était à ce moment-là dans le sud et en renfort notamment sur la Corse.
Donc, on voit bien qu'il va falloir massifier la sécurité civile, massifier la protection de ces zones-là qui ne sont absolument pas prêtes et on a démarré l'été avec 95% du territoire de la Belgique qui était dans un niveau d'extrême sécheresse juste en démarrant l'été et qui a poursuivi cet état-là alors que c'est un pays habituellement humide. Donc, on voit qu'en fin de compte, ces phénomènes remontent peut-être beaucoup plus vite que ce qu'on imaginait.
On avait un peu cette image d'un changement climatique qui remonterait d'une ville à une autre et finalement, assez sereinement, on aurait 20-30 ans et on voit que finalement, tout est complètement chamboulé et que ça nous demande d'être très agile et de nous adapter très vite alors qu'on est plutôt tellement sédentaire, sédentaire. En fait, j'allais dire presque sédimentaire, parce que finalement, on n'a plus appris à bouger alors que normalement, l'homme, c'est celui, c'est l'espèce qui est la plus capable de s'adapter sur Terre et là, de moins en moins.
Frédéric, dans le Vaucluse, face à la hausse des prix des assurances, ne risque-t-on pas de voir nombre de personnes dans l'incapacité d'assurer leur bien ? Bien sûr, c'est déjà le cas. Et puis, même on parlait dans certains pays, aux États-Unis, où vous devez justifier avoir une certaine somme sur vos comptes pour habiter dans la zone parce que l'État ne pourra pas vous venir en aide des polices, même de pompiers privés. En Californie, il y a des pompiers privés. L'assurance plus les services qui vont derrière. C'est-à-dire que je suis assuré, mais en plus, je paye un service supplémentaire pour qu'on me vienne en aide.
C'est évidemment pas un futur souhaitable et donc, je rejoins Emma sur le fait qu'il faille évidemment aujourd'hui mettre le citoyen aussi au cœur de la prévention. C'est-à-dire que ne pas pouvoir être assuré, c'est aussi parfois, peut-être, et certains le font, décider d'habiter ailleurs pour être en capacité d'assurer la sécurité de sa cellule familiale. Alors, comment atteindre ces milliardaires égoïstes ? Faut-il boycotter leurs marques, s'attaquer à leur portefeuille ou légiférer ? Frédéric Dané. Oui, déjà, se moquer d'eux et dire ce qu'ils font, c'est déjà pas mal. Et puis, les mettre face à leurs contradictions.
Les grandes entreprises qui font grand usage de discours écolo et dont les patrons pour faire 500 kilomètres prennent un jet privé qui... Il faudrait interdire les jets privés, alors ? Non. Quand on regarde les chiffres, dans les émissions de gaz à effet de serre, 4% sont liés à l'aviation, c'est-à-dire autant que l'électronique, et 4% de ces 4%, c'est les jets privés. Donc, si on regarde ça, c'est peanuts. Mais moralement, c'est quand même beaucoup, surtout en France et même en Europe. Qu'un milliardaire américain prenne un jet, à la limite, il a 5000 kilomètres à faire entre New York et San Francisco.
Mais qu'un milliardaire français fasse du Paris-Marseille en jet privé, il y a un moment où... On a vu Elon Musk même prendre un jet, je crois, pour faire 85 kilomètres en Californie. Et après, il va nous tenir des grands discours sur l'écologie, la voiture électrique, etc. Voilà, c'est ridicule. Alix, les reproches faits à Météo France sont-ils fondés ? Bah oui, Gaël Musquet. Je reviens à ce qu'on disait en début d'émission, c'est qu'on reproche à Météo France de ne pas avoir mis la Corse en alerte orange, orage.
Alors, Météo France, c'est que même si Météo France l'avait fait, alors évidemment, on peut toujours refaire le match, encore une fois, je ne vais pas critiquer les collègues, mais il faut des dispositifs d'alerte, encore une fois, à la hauteur des enjeux et de la cinétique des enjeux. C'est là-dessus que je... Comment faire mieux plus tard ? Parce que là, c'était une tempête, mais la Corse est aussi soumise à un risque de tsunami. Ça fait 10 minutes pour évacuer Ajaccio. Déjà, il y a eu connu des crises de submersion. On a 3 vols coractifs, le Vésuve, le Stromboli, l'Etna.
Ce qui est important, c'est en plus de ces systèmes qui permettent de voir ce qui se passe, puisqu'il y a évidemment les modèles, mais il y avait une station météo qui annonçait aussi qu'il se passait quelque chose de grave. Parce que là, Météo France le dit, mais sur quel vecteur vous allez diffuser pour informer la population massivement, massivement, qu'il faut évacuer, qu'il faut fermer le camping, qu'il faut aller dans les sanitaires comme on l'a vu. Votre métier a énormément changé de par ça. Avant, la météo, on l'a regardé pour savoir si on allait partir en week-end ou faire un barbecue. Maintenant, vous êtes en relation avec le préfet. Ça sert à rentrer. Il y a toujours été.
Le COGIC, les élus, c'est un métier qui, de toute façon, par sa nature, a toujours été en lien avec le régalien. Ça, on ne revient pas dessus. On peut toujours reprocher de ne pas avoir fait pas assez vite, trop tard, etc. Mais ce qui est important d'avoir en tête, c'est qu'il faut renforcer les moyens de prévention, renforcer les moyens d'observation, stations météo, les calculateurs, et derrière, et derrière. Encore une fois, FR Alert, là, dans les prochaines semaines, les services sont formés au travail pour alerter les populations.
Alors, Gérard, en Seine-Maritime, il ne reste plus que la marche, la natation et le vélo non électrique pour se déplacer sans polluer qu'utilisent les écologistes. La sobriété, c'est le retour à l'âge de pierre, comme le disent certains.
Moi, je marche, je n'ai pas de voiture, je prends le train
et pourtant, j'habite en banlieue et j'ai des enfants. J'essaie d'être cohérent avec ce que je raconte. C'est possible. 85% des destinations habituelles qu'on fait en avion en France peuvent être couvertes par le train. Pourquoi on ne prend pas le train ? Les membres du GIEC, on a tous le moral dans les chaussettes parce que ça...
Je pense qu'il faut continuer à y croire. Pourquoi ? Parce qu'on a des solutions partout et à tous les étages. Il faut juste les mettre en œuvre, il faut juste passer à l'action.
Il faut agir, faire. Il faut juste y aller. Et former des jeunes pour qu'ils trouvent aussi des solutions. Et ça, il y a l'anxiété de faire. Vous avez vu s'il y a de l'optimisme en fin d'émission. Merci beaucoup d'avoir participé. C'est la fin de C'est dans l'air. On se retrouve demain pour une nouvelle émission. Bonne soirée sur France 5.