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Conférence de presseSénat (sur YouTube)· 19 juin 2026 80 minFond programmatiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalInstitutions & électionsOutre-mer

Océans, notre avenir en partage

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 82 %Attaque 8 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    En quoi vos travaux prolongent-ils la dynamique de sensibilisation des jeunes et des collectivités ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Comment donner la parole aux populations locales comme à La Réunion ou en Polynésie française ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quels messages souhaitez-vous faire passer auprès du grand public ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quelles préconisations pour rendre accessible le baromètre Starfish au grand public ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Détaillez vos actions en matière de sensibilisation et d'éducation sur les océans.

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Comment mobiliser les citoyens et innover pédagogiquement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Fait
    « Les postes, les personnes qui s'occupent de ces développements, elles ne sont pas nécessairement toujours pérénisées. »
  • 0:45Fait
    « Un manque d'observation dans l'océan c'est par exemple une moins bonne prédiction de la trajectoire des cyclones. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci notre collègue Stéphane de Milli euh d'avoir pris l'initiative de nous soumettre ce sujet de réflexion. Il nous est en effet apparu cohérent de l'inscrire dans la continuité de nos travaux de l'année dernière qui avait consacré année des océan et qui avait vu des actions et engagements lancées à l'occasion du sommet de Nice de juin dernier. La table ronde de ce matin euh nous permet ainsi de prolonger cette dynamique et de nous donner un nouveau jalon de travail dans la perspective de la première COP de l'océan qui aura lieu en janvier 2027.

Notre première invitée est madame Marina Lévi, océanographe, directrice de recherche au CNRS et de l'Institut de l'océan de l'Alliance Sorbon Université. Madame la directrice, vous avez contribué à éléorer un premier indicateur indicateur universel de la santé des océans, le baromètre Starfish 2026 qui a été lancé en marge du sommet de Nice. Cet indicateur permet de documenter de manière précise l'accélération des changements océaniques tel que par exemple le blanch blanchissement des coraux, la montée des eaux.

En août, vous avez en duo avec monsieur Olivier Poivre d'Arvore, ambassadeur chargé des pôles et de l'océan, conduit une enquête quand l'océan s'éveillera qui vient de paraître. Vous êtes notamment appuyé sur des rencontres avec des chercheurs et des populations directement touchées par la transformation des océans. Nous souhaiterions de vous sur ce point vous entendre.

Premièrement, l'année des océans a été marquée par des campagnes de sensibilisation notamment auprès des jeunes et des collectivités. En quoi vos travaux prolongent-ils cette dynamique ? Pouvez-vous préciser dans quelle mesure le fait de donner la parole est aux populations locales comme la prévoit la comme à la Réunion en Polynésie française par exemple permettre d'approfondir cette logique de sensibilisation et sur quel point en particulier.

Deuxièmement, toujours dans cette logique, vous avez affirmé nous sommes tous concernés par ce qui se passe dans la mer. Pouvez-vous détailler quels sont les principaux messages que vous souhaitez faire passer auprès du grand public sur ces points ? Enfin, pouvez-vous nous exposer quelles sont vos préconisations en ce qui concerne l'utilisation des outils pédagogiques tels que le baromètre Starfish pour le pour rendre accessible les données scientifiques au plus grand nombre et inciter à l'action collective.

Notre deuxème invité est monsieur Alexandre Yachine, directeur général de la fondation de la MER. La fondation de la mer est une structure privée reconnue d'utilité publique qui fédère et soutient une vaste palette d'acteurs et d'initiative associative d'initiative institutionnelle et privée. En particulier, la fondation conduit à agir auprès des élèves, des citoyens et des collectivités via notamment des interventions en milieu scolaire et le développement d'outils pédagogiques.

Nous souhaiterions vous entendre sur les points suivants. Premièrement, pouvez-vous détailler vos actions en matière de sensibilisation, en matière d'éducation ? sur les sujets des océans et dans quelle mesure vos interventions contribuent à rendre visible l'invisible.

L'objectif poursuivi par des travaux tels que ceux conduits par madame Lévi et monsieur Poivre d'Arvor. Deuxièmement, pouvez-vous préciser l'œuvre de la fondation en ce qui concerne la mobilisation citoyenne et l'innovation pédagogique à destination du grand public ? Quels sont les grands et les principaux messages que vous souhaitez faire passer aux différents acteurs ? vos éléments, conférences et autres comme programmes d'action.

Enfin, de manière plus générale, dans quelle mesure a à votre sens la prise de conscience et l'implication des différents acteurs peut-elle se transformer en action action tangible pour apporter des solutions face au constat d'une dégradation globale de l'état des océans ? Je vous cède, madame Lévi, la parole. Merci beaucoup.

Merci monsieur le président de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, monsieur Longot, mesdames et messieurs les sénateurs, merci monsieur Stéphane Deil d'avoir proposé cette ce sujet à l'ordre du jour. Nous serions bien tous à la plage aujourd'hui avec la chaleur qu'il fait et je commence par ça parce que la plage, c'est souvent la vision qu'on a tous de l'océan. Et ce que j'essayerai de vous présenter aujourd'hui en quelques mots, c'est que cette vision, elle est un petit peu étriquée parce que l'océan évidemment c'est bien plus que ça.

L'océan et c'est à la fois le message du livre que j'ai coécrit avec Olivier Poivre d'Harvore, ambassadeur des pôles et des enjeux maritimes et du baromètre Starfish qui est un travail collectif de chercheurs internationaux, c'est de montrer aux citoyens, aux décideurs que l'océan est partout. Et quand je dis partout, c'est vraiment partout. Il est dans les discussions sur le climat, il est dans les discussions sur la biodiversité, sur l'alimentation, la santé, évidemment l'aménagement du territoire, l'accès aux ressources, le partage de ces ressources, l'énergie, les routes commerciales, les tensions géopolitiques, situation du D3 d'Ormous n'en est qu'une illustration. les conflits.

Donc dans tous les sujets, l'océan est là et l'océan est invisible. Et donc il souffre de ce paradoxe, c'est qu'on continue à le percevoir comme un simple décor de plage alors qu'il façonne profondément nos sociétés, leurs équilibres et les trajectoires qu'on doit suivre. Donc la vision actuelle qu'on a de l'océan, c'est soit ce décor un petit peu idylique.

Je vous rappelle cette phrase que le président de la République Emmanuel Macron avait emprunté à Éric Tabarli qui disait que l'océan, c'est ce que les Français ont dans le dos lorsqu'ils sont à la plage. À l'inverse de ça, on peut trouver des discours un peu catastrophiques du style "L'océan produit la moitié de l'oxygène qu'on respire, ce qui est complètement faux, mais on l'entend et c'est répété partout ou euh ou bien les baleines stockent des quantités énormes de CO2 et de carbone et donc si on détruit la biodiversité, l'océan ne va plus nous protéger." Donc il est important de rétablir ce qui est vrai et ce qui est faux.

Ce qui est vrai, c'est qu'évidemment les catastrophes vont s'accélérer, les tempêtes, les inondations avec des besoins de relocalisation. Ce qui est faux, c'est qu'on ne va pas s'arrêter de respirer. Euh la science, qu'elle soit physique ou politique, économique, nous dit et nous apprend, et ça on le sait maintenant avec certitude, que nous dépendons de l'océan plus que jamais au niveau du climat, de l'alimentation, de la santé, des transports, de l'économie et cetera.

Euh nous avons énormément de preuves de cela et malgré tout, comme je l'ai dit, nous nous en rendons pas compte. Euh une des raisons à cela, c'est qu'on continue à penser l'océan par fragment. Euh on l'aborde en se focalisant sur certains symptômes de manière isolée comme des enjeux séparés.

Je pense par exemple à l'élévation du niveau de la mer ou alors la pêche illégale ou alors la pollution plastique ou alors l'exploitation des grands fonds marins ou bien la disparition d'espèces emblématiques. Mais on aborde rarement et on pense rarement l'océan comme un système qui relie tout cela. Et euh il est il en est de même en fait des connaissances scientifiques sur l'océan qui sont elles aussi très segmentées.

Elles n'ont jamais été aussi importantes qu'aujourd'hui évidemment, mais elles restent largement insuffisantes. Pour illustrer ça, je vous dirais que 90 % des espèces marines restent à découvrir que seulement 25 % des grands fonds marins ont été ont été cartographiés de manière précise, que on sait encore peu de choses sur ce futur Eln qui nous attend et dont on attend parler dans parler dans la presse. On ne sait pas si ça va être un événement très fort ou moyen.

Quelques mois à l'avance, on n'est pas encore en mesure de faire cette prédiction. Vous entendez aussi parler de cette amoc, cette grande circulation qui contrôle le climat, qui est importante pour le climat et qui ralentit et on ne sait pas encore à quelle vitesse il ralentit et dans quelle perspective temporaire elle va il risque de s'arrêter. On ne sait pas si c'est en 2050, en 2100 ou en 2300.

Donc il reste encore beaucoup de connaissances à acquérir. Donc on a besoin aujourd'hui de transformer le message, les connaissances pour mobiliser les consciences et éclairer l'action publique. Et ça c'est pas simple.

Et et je veux dire la preuve que vous ayez mis ce point à l'ordre du jour illustre que à l'heure des bouleversements climatiques et géopolitique actuel, vous en avez conscience et que vous cherchez à coconstruire avec nous et j'en suis bien heureuse une vision commune de la santé de l'océan. Donc cette vision commune c'est l'histoire du baromètre Starfish. Donc je vais vous raconter un petit peu l'histoire de ce baromètre et comment on est arrivé à proposer ce nouvel outil qui est un baromètre annuel qu'on a mis en place à l'occasion de la 3e conférence des Nations- Unies sur l'océan pour mesurer notre interdépendance en tant que société humaine à l'océan et à sa santé.

Donc vous savez tous que pour le climat, l'objectif de limiter le réchauffement à 1,5°gr est devenu en quelques années un repère partagé à l'échelle nationale et internationale. Même si ce repère n'a pas résolu le problème climatique, on en est encore loin malheureusement, il a quand même profondément transformer notre manière d'en parler et il a permis de construire un langage commun, de mesurer les progrès accomplis et d'évaluer les cararts qui restent à parcourir. Et ça c'est vraiment indispensable.

Et la question qui s'est posée, c'est est-ce que on pouvait disposer d'un outil comparable pour l'océan ? d'une boussole commune. Et la réponse euh je vais vous faire une réponse à la normande.

Je sais pas si c'est les normands qui font ça. C'est à la fois oui et non. Alors non parce que comme je vous l'ai dit, l'océan est partout et donc quand on est partout, c'est difficile d'être réduit à un seul chiffre.

Mais oui, parce que je suis profondément convaincue qu'on peut communiquer sur l'océan autrement qu'en parlant de la plage euh et que il est possible de mieux informer sur les conséquences de cette interrelation qu'on a avec les sociétés. Si vous disez si vous dites que l'eau de mer est plus chaude de de 1 ou 2 degrés, ça va pas alerter les populations. En Bretagne, ils seront très bien très contents de pouvoir se baigner dans une eau plus chaude.

Euh donc on a on a eu l'idée de à la place d'un indicateur unique de présenter un bulletin de santé de manière annuelle et cette fréquence annuelle, elle est importante parce que c'est une échelle qui permet d'avancer et de suivre les événements. Donc ce bulletin de santé, il se décline en cinq rubriques qui sont les cinq bras d'une étoile de mer. C'est pour ça qu'on l'a appelé le baromè Starfish.

Ce premier bras, c'est celui qui peut-être parle le plus au scientifiques et le moins au citoyens, c'est l'état de santé de l'océan. Quelle est sa température ? Comment elle elle a augmenté ?

Quelle est l'élévation du niveau de la mer ? Si je vous dis que l'élévation du niveau de la mer, c'est plus 23 cm depuis 1901, ça risque de ne pas vous alerter. Euh mais ensuite on explique les conséquences de ça.

La fonte de la glace de mer qui n'a jamais été aussi importante et le nombre d'espèces menacées d'extinction qui lui aussi croit d'année en année. La deuxième branche de cette étoile de mer, c'est d'essayer de nous rendre concernés par cet état. Cet état, il est lié, il est dû essentiellement aux pressions humaines qui s'exerce sur l'océan.

La première, c'est le changement climatique. Donc nos émissions de gaz à effet de serre qui n'ont jamais été aussi élevé, vous le savez bien. On parle de décarbonation du secteur maritime, on ne l'observe pas encore.

Les plastiques, la surpêche, la pêche illégale, l'exploitation du littoral pour en citer quelques-uns. La troisème branche, ce sont également les actions humaines que l'on peut mettre en œuvre, mais cette fois-ci de manière positive, à savoir les mesures de protection, les aires marines protégées dont on peut suivre la surface d'une année sur l'autre. À l'échelle globale, on est passé de 8,34 % en 2025 à on a dépassé le seuil des 10 % en 2026.

Euh bon, il y a encore des questions sur les niveaux de protection qui sont importants, mais néanmoins, on peut suivre cette cette évolution. On peut suivre également euh le nombre de décrets internationaux qui sont mis en œuvre. L'éducation qui est une des questions euh qu'on va aborder aujourd'hui, l'éducation à l'océan, les moyens financiers, la réduction des inégalités.

La 4e branche euh là on a parlé des pressions ou des ou des des actions humaines sur l'océan. Je je dirais c'est un peu la la le miroir de ça, c'est ce que l'océan fournit à l'homme. Euh premièrement, en terme de bénéfice, la nourriture, on peut suivre combien de de produits sont sont extraits de l'océan chaque année en en terme d'emploi, en terme de transport, également en terme de création d'entreprise.

Et puis on peut suivre également ce que l'océan apporte à l'humanité de manière négative du fait de sa mauvaise santé. En particulier l'augmentation des primes de police d'assurance, les fatalités en mer, le coût des inentations, le coût en terme de santé publique. Donc on peut construire un nouveau narratif qui est que nous en tant que société humaine, c'est nous qui façonnons l'avenir de l'océan.

On a souvent pensé que l'océan était trop vaste pour être affecté par les activités humaines. C'est faux. La science le montre aujourd'hui.

Nous façonnons l'avenir de l'océan. Il y a énormément d'indicateurs qui le montrent. Et à l'inverse, l'océan façonne notre avenir.

Donc c'est une véritable relation qui nous dit que prendre soin de l'océan, c'est aussi prendre soin de notre avenir. Donc quelles sont les conclusions de l'année 2026 et de cet indicateur 2026 qui est donc remis à jour chaque année par un comité scientifique international sur la base des connaissances les plus récentes ? Donc l'édition 2026 révèle un océan dont l'État continue de se détériorer avec même de premiers signe d'accélération comme vous l'avez rappelé.

Euh ces signes d'accélération, c'est l'accélération par exemple de l'élévation du niveau de la mer euh dont la vitesse d'accélération a presque doublé euh cette dernière décennies par rapport aux décennies précédentes. Euh il y a des évancées importantes, majeures qui sont néanmoins à signaler. de nouveaux accords internationaux qui sont entrés en vigueur, en particulier le traité sur la haute mer, des aires marines protégées comme je l'ai dit qui ont dépassé ce seuil symbolique des 10 % et des initiatives de financement qui se multiplient.

Mais il est important de dire que ces progrès restent largement insuffisants pour inverser les tendances observées et que à cela, nous avons cette année souligné un nouveau motif d'inquiétude supplémentaire qui est l'affaiblissement des infrastructures et des programmes d'observation dont dépend notre capacité à comprendre et anticiper les changements en cours. Si vous voulez, ces programmes d'observation, c'est vraiment la colonne vertébrale sur laquelle toute la science, quelle qu'elle soit, que ça soit des sciences physiques, chimique ou humaine, va s'adosser et vous le savez peut-être pas, mais la moitié des capacités d'observation dans certains domaines de l'océan est portée par les les États-Unis qui est une grande puissance océanographique et et dont les voilà les moyens sont fortement menacés aujourd'hui. Donc véritablement de de la part d'une scientifique, on est en train de craindre de perdre la moitié de notre capacité d'observation.

C'est un peu perdre un œil. Donc pour conclure, je dirais que l'océan quand même aujourd'hui est en train de s'éveiller à nos consciences. On en parle de plus en plus.

Il y a beaucoup d'articles dans la presse. Les connaissances progressent, les alertes se multiplient. Il est un des grands enjeux du 21e siècle et ça je pense que les gens n'en ont pas forcément encore conscience.

Il y a une tribune cette semaine de Sylvia Earl qui est l'ancienne directrice de la Noah et de James Cameron de le cinéaste qui qui est publié cette cette semaine dans Libération et qui qui disait le titre c'était le 21e siècle sera océanique. Donc à ma petite échelle et et au nom du collectif international que que je représente de scientifiques, nous notre engagement c'est de produire chaque année ce baromètre pour suivre les progrès accomplis, les reculs et les défis qui demeurent pour éclairer nos choix politiques pardon nos choix collectifs. Cet effort, on le fait à l'échelle globale.

On a fait ce choix de ne pas stigmatiser les différentes régions, les différents pays et de considérer l'océan comme un tout. Il y a un seul océan, il y a pas de frontière dans l'océan. Donc on suit les progrès, on suit la science à l'échelle de la santé globale de l'océan.

Néanmoins, et je pense que si on a envie de rentrer dans le détail, il va être nécessaire de décliner ces efforts à des échelles plus fines, des échelles régionales par exemple. Voilà, je vous remercie de votre attention et je serai prête à répondre à vos questions par la suite. Merci.

Je vous donne la parole. Merci monsieur le président, mesdames et messieurs les sénateurs, cher Marina Lévi, je suis vraiment très heureux de l'organisation de cet événement aujourd'hui. On a un lieu dont nous savons à la fondation de la mer que la mer compte et la mer, elle est indispensable, Marina l'a rappelé, à la planète toute entière.

La mer, elle est indispensable à la France. Et la France a à la fois un atout stratégique méconnu et une responsabilité exceptionnelle. Nous avons l'espace maritime le plus étendu de la planète.

Alors, on peut arguer avec les États-Unis de qui est le premier, mais enfin bon, la France, c'est 13 fuseaux horaires, les États-Unis, c'est neuf. parce que nous avons ce patrimoine, cet espace maritime absolument exceptionnel. Et dans le monde tel qu'il se construit, stratégique, environnemental, économique, cet atout est absolument décisif et il est méconnu.

Il est méconnu de nos concitoyens, il est méconnu des décideurs politiques, des espaces ultramarins, on a tendance à considérer assez rapidement que c'est un problème dont on sait pas nécessairement comment le traiter d'ailleurs. puis on n' pas nécessairement envie de froisser tel ou tel voisin. Donc on va pas faire autorité quand il s'agit de défendre notre patrimoine maritime.

Mais la France sera grande demain parce que nous avons cet atout absolument exceptionnel que d'autres nous en vient. Aujourd'hui, les Chinois, au-delà de l'influence qu'ils peuvent exercer pour essayer de créer la zizanie dans certains de nos territoires ultramarins, les Chinois, ils construient des îles artificielles. Pourquoi ils construit des îles artificielles ?

Pour pouvoir en revendiquer la zone économique exclusive. Et nous nous sommes parfois prêts à brader attivement notre patrimoine maritime que d'autres nous envent que d'autres cherchent à nous voler. Si je vous parle de Bassasda India, Matthw, Hunter, Juanova, qui sait que ce sont des territoires maritimes français ?

Peut-être vous ici qui êtes particulièrement sensible à ce sujet, vous connaissez ces petits cailloux, ces petites confetti mais qui ont un caractère absolument exceptionnel en terme de ce qu'il représente pour la France, son rayonnement stratégique, mais aussi pour la protection de ces écosystèmes qui en dépendent, qui sont absolument exceptionnels. et le grand public, la France, les citoyens français l'ignore. Et donc la fondation de la mer, elle a été créée pour essayer de résoudre une forme de paradoxe, au moins deux paradoxes.

Premier paradoxe, nous sommes un pays qui par sa géographie est incroyablement maritime. Et à chaque fois que dans l'histoire nous avons embrassé cette dimension maritime de notre pays, le succès était au rendez-vous. Chaque fois que nous lui avons tourné le dos, nous avons commis des erreurs et parfois lourdes.

Et paradoxe, nous sommes un pays maritime et nous sommes un peuple de terrien. Marina Lévier rappelait cette citation. La mer c'est ce que les Français ont dans le dos quand ils sont sur la plage.

Vous voyez l'image ? Et donc premier paradoxe que cherche à humblement mais très collectivement résoudre la fondation de la mer, il nous faut maritimiser les Français parce que notre vocation à l'avenir, elle est nécessairement maritime. Les succès de demain seront maritimes parce que les enjeux du monde tels qu'ils se construit sont maritimes et nous avons encore une fois des atouts qui sont exceptionnels.

Deuxième paradoxe, la mer, nous l'avons rappelé, pour le développement durable, pour les équilibres de la planète, pour tous les enjeux est essentiel et pourtant c'est le parent pauvre des financements, notamment des financements philanthropiques. Il y a moins de 1 % des financements philanthropiques qui sont fléchés sur l'océan. Et il y a une forme de paradoxe quand une entreprise vous dit qu'elle veut euh agir pour le climat et qu'elle laisse de côté le régulateur du climat, quand une entreprise vous dit qu'elle veut agir pour protéger la biodiversité et qu'elle laisse de de côté 71 % de la surface de la planète euh et une réserve de biodiversité incroyable, quand une entreprise vous dit qu'elle veut agir pour l'eau, tout ça son sont les grands engagements RSE des entreprises et qu'elle laisse de côté 97,5 % de l'eau de la planète qui est salée et évidemment à travers le cycle de l'eau, tout se retrouve.

Aujourd'hui, il pleut du plastique à Paris. Pourquoi il pleut du plastique à Paris ? Parce qu'il y a du plastique dans les océans.

Évidemment, tout est lié. Mais il y a une forme de paradoxe 1 % seulement des financements. Et donc c'était l'intuition d'origine de la fondation de la mer qui a été créée en 2015 mais qui était une recommandation du grenel de la mer 2009 de créer une fondation qui puisse être au service de tout un écosystème qui existe mais qui a besoin d'être soutenu et qui a besoin d'avoir des moyens supplémentaires, des méthodes différentes et puis l'accès à des réseaux qui permettent de pouvoir à la fois draîner des financements supplémentaires parce que on a besoin de fonds et les financements publics évidemment ne suffiront pas à régler les enjeux tels qui se présentent devant nous.

Ils ne suffiront pas, mais je vais venir dans un instant euh sur un exemple assez parlant de la manière dont les financements public peuvent servir de levier pour aller chercher des financements privés. Et deuxième paradoxe, maritimiser les Français. Alors, comment le faisons-nous depuis maintenant 11 ans ?

Pour maritimiser évidemment et nous l'avons évoqué, la dimension de sensibilisation et d'éducation de la jeunesse est essentielle. C'est pour ça que dès le début à la fondation de la MER, nous avons euh construit un partenariat euh cadre avec le ministère de l'éducation, la direction générale de l'enseignement scolaire. pas simplement pas simplement pour créer des kits pédagogiques comme il en existe tant.

Nous le faisons aussi et et c'est très bien et c'est tout à fait louable. Il y a des dimensions événementielles qui peuvent être très intéressantes en se fondant sur telle ou telle course sur tel ou tel grand événement international. on peut attirer l'attention des enseignants et du coup permettre de sensibiliser les [grognement] élèves.

Euh nous avons deux initiatives sur lesquelles je souhaiterais m'attarder parce que elles montrent un tout petit peu la manière très structurante avec laquelle on peut sensibiliser les jeunes. La première s'intitule les classes en jeu maritime. C'est une initiative de la fondation de la MER mais qui aujourd'hui rencontre un tel succès qu'il y a une double gouvernance qui est complètement assumée par la direction générale de l'enseignement scolaire avec évidemment toujours le soutien de la fondation de la M.

Qu'est-ce que nous avons fait ? Au lieu de créer un NM kit pédagogique, nous avons proposé de traiter un ou plusieurs sujets au programme sous le prisme maritime et donc de mettre à la disposition des enseignants autant de ressources, d'intervenants, de sorties de terrain qui permettent dans toutes les matières de pouvoir regarder les sujets au programme sous ce prisme maritime. Ça peut être évidemment l'histoire, la géographie, mais aussi l'économie, pourquoi pas la littérature et ce rencontre un succès qui est absolument fabuleux et c'est ainsi, pensons-nous, que durablement nous allons pouvoir éveiller des consciences maritimes.

Encore une fois, nous avons un patrimoine extraordinaire. Nous sommes un peuple de terrien. Il y a quelque chose là qui mérite d'être travaillé.

Deuxème exemple, c'est un exemple sur lequel je m'attarde parce que il est complètement contreintuitif. Nous avons aujourd'hui cofondé avec le ministère le concours le plus populaire au sein de l'éducation nationale. C'est un concours de création artistique.

Pourquoi c'est complètement contreintuitif ? parce que bah création artistique, océan, mais on a proposé aux élèves de créer des œuvres à partir d'objets en plastique, de plastique usager pour pouvoir derrière évidemment les sensibiliser aux enjeux d'économie circulaire, de protection de l'océan. Et ça rencontre un succès qui est absolument extraordinaire et qui permet sous une manière absolument ludique et d'une manière différente de ce que on peut attendre de traiter des sujets qui sont liés à la cause de l'océan.

Et je pense que ces deux exemples, ils sont importants parce que on va sortir du cadre un petit peu classique traditionnel de l'enseignement des kits pédagogiques dédiés à l'océan. On va chercher véritablement à encore une fois éveiller des consciences. Ce programme, il se développe et ce que nous faisons avec l'éducation nationale se développe aussi à tel point que nous avons un un vœu pieux mais que euh nous euh travaillons avec le ministère de l'éducation.

Euh aujourd'hui, nous avons l'appui de de la cellule diplomatique de de l'Élysée, du ministère des deutres mères. Ce vœu, c'est de pouvoir afficher dans toutes les salles de classe et pourquoi pas dans tous les bâtiments publics une carte qui montre la véritable carte de la France, la carte maritime et pas simplement les territoires ultramarins mais les espaces maritimes qui en dépendent en expliquant ce qui est aujourd'hui déjà un patrimoine français, ce qui peut être éventuellement revendiqué dans le cadre d'extraplaque et Donc évidemment, quand on a cette carte sous les yeux, la dimension mondiale de la France nous apparaît d'une manière toute autre. La France n'est pas un hexagone.

Évidemment, nous sommes ici au palais du Luxembourg. Je sais que vous êtes très sensibilisé à cette cause, mais encore une fois, qui parmi nos élèves ou les citoyens français a véritablement conscience de cette dimension mondiale de la France grâce à ces territoires euh mondiaux et pas simplement encore une fois la la démunition outre mer. Outreem, ça semble loin, ça c'est un problème.

Les autres mer, il y a quelque chose là qu'il faudrait travailler même en terme de de sémantique. Voyez, la France est mondiale grâce à ces territoires ultramarins. Sensibiliser les jeunes.

Et puis c'est très en lien avec la dimension de d'implication de chacun, sensibiliser les citoyens. Chacun chacun peut agir pour la protection de l'océan. Encore faut-il que nous soyons conscients euh des enjeux et puis de notre patrimoine.

Alors là, je m'apanter je vais pas voilà mais de nombreuses démarches qui sont faites par la fondation de la mer pour pouvoir sensibiliser le grand public et puis les entreprises parce que le financement des entreprises encore une fois il est essentiel pour pouvoir répondre aux enjeux qui sont devant nous. Comment faire ? Bah déjà faire ce lien entre les engagements des entreprises et puis tous les enjeux qui sont en lien avec l'océan, je citais la biodiversité, le climat, l'eau et cetera.

Comment faisons-nous ça ? Nous avons d'abord participé à une initiative qui s'appelle la CEC océan lors de l'année de la mer. C'est intéressant parce que ça permet de mobiliser des chefs d'entreprise et de leur montrer justement toutes ces interactions non seulement entre leurs engagement et l'océan, mais entre leurs activités et l'océan.

La fondation de la MER, on en avait même créé un baromètre de la maritimisation de l'économie française en 2017. Intéressant parce que ça montrait non seulement le lien de l'océan avec l'économie maritime, mais le lien de l'océan avec l'économie tout court. Quelle est la contribution de la mer dans son ensemble au PIB français ?

Le chiffre était très intéressant. On était arrivé à 14 % du PIB français qui avait un lien direct ou indirect avec l'océan. Et comment mobiliser des financements supplémentaires ?

Je cite deux exemples. Premier exemple, utiliser des financements publics pour pouvoir avoir un effet de levier sur des financements privés complémentaires. Nous avons été dès l'origine de la fondation de la mer partenaire du ministère de la transition écologique, du ministère des outresemes dans le cadre d'une initiative qui s'appelle l'IFrecorp, acronyme dont nos services ont le secret, initiative française pour les récifes coraliens.

Ça cette initiative, elle réunit, elle rassemble les plus beaux, les meilleures initiative pour protéger, restaurer les récifs dans nos territoires ultramarins. Alors, la France, c'est le 4e pays en terme de surface récifale. Ça peut paraître contreintuitif, encore une fois quand on est parisien et qu'on se rend pas compte de l'étendue et de la richesse de notre patrimoine.

Cette initiative, elle était financée exclusivement par des fonds publics et le budget était pas faramineux. Donc, les ministères sont venus nous voir en nous demandant comment nous pouvions contribuer. On a fait deux choses.

Première chose, on a fait un tout petit peu de marketing, c'est-à-dire que de l'IFRECorp, on a créé SOS Corail pour une entreprise ou même pour des financements de particulier. Tout de suite, ça parle un tout petit peu plus. Et puis ensuite, on a fait cette proposition au ministère.

Il y avait une petite ligne de financement, c'était pas grand-chose. On a proposé au ministère de flécher cette subvention via la fondation de la MER. Zéro financement supplémentaire, c'est une question de fléchage.

Et en fléchant cette subvention qui était déjà acquise, nous avons pu avoir un effet de levier parce qu'on a promis aux entreprises que nous allions démarcher, que pour chaque euro qu'elles investiraient, l'État abonderait à l'euro près via cette subvention. Et donc nécessairement quand on va voir une entreprise, que ce soit un grand groupe, une PME, un ETI et qu'on lui indique que si elle donne 10000 avec le reçu fiscal qu'on va lui donner, ça va lui coûter 4000 et que son impact sur le terrain, ce sera un impact de 20000 parce que il y aura eu un effet x 2 grâce à la subvention publique ainsi fléchée, la démonstration est évidemment imparable. Et donc cette mécanique, nous cherchons à la développer et à à la structurer pour aller chercher de plus en plus de financements privés indispensables pour compléter les financements publics.

Nous le faisons dans le cadre de grandes coalitions aussi, une coalition de fondations qui sont intéressées et souhaitent dédier une part de leur budget à la protection de l'océan que nous avons co-cré. Nous sommes évidemment aussi euh co-acteur de la plateforme occan et climat qui a été créée en en 2014 euh peu de temps avant la COP 21 et qu'aujourd'hui fédère tous les grands acteurs scientifiques sur cette thématique de la protection de de l'océan. Et lorsque nous fléchons ainsi des fonds sur le terrain et ça c'est quelque chose de très important et je voudrais que collégialement ici nous puissions l'entendre.

Nous avons des résultats qui parfois dépassent les attentes de ce que les scientifiques pouvaient espérer. Et donc notre message et qui doit nous engager à l'action, c'est que non seulement nous voyons le verre à moitié plein parce que quand nous agissons, nous voyons les résultats très concrets de notre action. Mais ce verre, nous voulons le remplir parce que avec la mobilisation des fonds supplémentaires, une mobilisation citoyenne participative, la mobilisation des services de l'État, nous voyons véritablement que il y a des grands enjeux, des grands défis qui peuvent être résolus.

Alors attention parce que ce message évidemment il est à double face. L'océan est certainement résilient mais il n'est pas invulnérable. Et donc il nous faut être prudent, il nous faut être vigilant et il nous faut agir.

Simplement quand nous agissons, nous voyons les effets de cette action. Financer, soutenir financièrement, c'est donc l'une des missions fondamentales de la fondation de la mer pour accompagner les acteurs de la protection de l'océan français. Et en 2025, c'est 90 projets qui ont ainsi été soutenus financièrement. dans tous nos territoires ultramarins et parfois dans le cadre de coalition internationales qui nous ont permis de pouvoir renforcer notre impact.

J'en terminerai par là pour vous dire que euh nous avons de l'or de l'or entre les mains. Ce patrimoine maritime c'est mais de manière absolument invariable l'avenir de la grandeur de la France. C'est à la fois une grande responsabilité et c'est une richesse absolument inouie. aujourd'hui et demain.

Cette richesse, elle nous est enviée et sous Louis XIV, on plantait des chaînes pour pouvoir construire des bateaux pour les générations futures. Et bien moi, je voudrais que collégialement, collectivement aujourd'hui ensemble, nous puissions planter des chaînes. Et ces chaînes aujourd'hui au 21e siècle, c'est notre espace maritime français qui sera de manière certaine l'atout et la richesse de la France demain.

Je vous remercie. Merci à vous deux pour vos propos luminaires. Merci.

Je vais donner la parole à Stéphane de Mini. Merci monsieur le président et merci monsieur le président d'avoir accepté d'organiser cette table ronde sur un sujet aussi important. Cher madame Léville, j'allais dire au prénom prédestiné, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre bouquin quand l'océan s'éveillera et je le conseille vraiment à à nos collègues.

C'est plus qu'un ouvrage scientifique sur les océans. Moi, j'y ai vu une invitation à changer profondément notre regard sur cet espace qui couvre, vous le rappelez, plus de 70 % de la planète, mais qui demeure paradoxalement un angle mort finalement de nos politiques publiques. vous croisez dans ce livre Science, géopolitique et expérience de terrain et au fil des pages, on comprend que l'océan n'est bien sûr pas seulement une question environnementale ou touristique pour reprendre vos vos propos, mais bien sûr un enjeu de de souveraineté, de sécurité alimentaire, de commerce mondial, on l'a bien vu ces derniers temps, de climat et et même de stabilité internationale.

Vous écrivez une phrase particulièrement forte. Vous dites "Les mers et océans risquent de devenir des cimetières et les symboles de l'inhumanité mondial." Cette formule qui renvoie notamment au drame migratoire en Méditerranée raisonne aussi comme une mise en garde plus générale sur notre incapacité collective à considérer l'océan comme un bien commun essentiel.

Nous le savons, les bouleversements océaniques ne relèvent plus d'un futur lointain. l'élévation du niveau des mers, l'acidification des des océans, le blanchissement des récifs coraliens, le président en a parlé tout à l'heure, ou encore la transformation des ressources aliotiques affecte directement tous les territoires côtiers. Je souhaite aussi mentionner votre chapitre intitulé "À New York, nous gagnons la bataille de la Haute mer". consacré au traités des Nations- Unies sur la Haute mer.

Vous y montrez que le droit international progresse, mais soulignez également que ces avancées demeurent très fragiles si elles ne sont pas suivies d'une véritable volonté politique des États. C'est une réflexion qui mérite d'interpeller les parlementaires que nous sommes tant le suivi des engagements internationaux devient un enjeu démocratique. Enfin, et vous l'avez rappelé tout à l'heure dans votre propos introductif, j'ai été marqué par votre développement sur la justice climatique avec l'exemple très parlant du Pérou, particulièrement soumis au phénomène climatique ElNO qui entraîne des pluies d'iluviennes, des crues, des sécheresses, des chutes de rendements agricoles avec des conséquences majeures pour l'économie du pays.

Et vous écrivez quelle injustice lorsqu'on pense que le Pérou n'est responsable que de 0,1 % des émissions cumulées de CO2 mondial. En effet, les pays les plus durement touchés ne sont pas toujours ceux qui sont, comment dirais-je ceux qui ont le plus contribué au dérèglement climatique. Et cette réalité devrait nourrir davantage notre réflexion à nous parlementaires sur la solidarité internationale et sur la gouvernance nécessaire.

Je voudrais vous poser deux questions. Deux questions qui s'adressent également à monsieur Yachine. La première, vous montrer les limites des COPES et des grandes négociations internationales.

Vous avez parlé du traité de haute mè souvent dépendante des rapports de force entre puissances. Comment renforcer concrètement l'effectivité des engagements internationaux en matière de protection des océans ? C'est ma première question.

Et enfin, quelle pourrait être selon vous la contribution spécifique du Parlement français, en l'occurrence du du Sénat dans le domaine législatif que dans sa mission de contrôle pour mieux intégrer les enjeux océaniques dans l'ensemble des politiques publiques et faire de la France une véritable puissance maritime engagée sur le plan politique. Merci chers collègues. Je vais donner la parole à Guillaume Chevrolier.

Merci monsieur le président. Merci pour l'organisation de cette table ronde et merci madame monsieur pour pour vos interventions. C'est vrai que vous avez indiqué le l'océan pour vous c'est pour le grand public c'est uniquement la plage.

Je pense que pour nous au Sénat et pour les les sénateurs ultramarins ici présents et ceux c'est qu'il y a une délégation sénatoriale aux autres mèes composé des sénateurs ultramarins et l'autre moitié de sénateurs de l'hexagone qui sont particulièrement sensibilisés au aux enjeux de la mer. pour nous vraiment le les l'océan c'est c'est la pêche et c'est les services écosystémiques, c'est le climat, c'est la biodiversité, c'est c'est le transport et sont des enjeux géopolitiques majeurs là où on parle justement du le pivot mondial qui va vers le Pacifique, les enjeux l'indopacifique et et d'ailleurs la délégation sénatoriale aux outresemes a produit trois rapports sur les coopérations régionales dans les dans les trois bassins où nous avons la chance d'avoir nos territoires ultramarin. Donc on est vraiment très sensibilisé sur sur tous ces enjeux et vous avez raison de rappeler qu'il faut il faut communiquer davantage sur ces atouts là où la la France parfois on parle davantage de de nos faiblesses que de nos atouts et ça ça permet de de créer de la valeur positive.

Donc sur le volet pédagogique, je pense queil faut il faut accentuer la la communication auprès auprès des jeunes, auprès des des acteurs économiques pour développer aussi la recherche au autour de de l'océan et de ses opportunités de ressources énergétiques, les enjeux des fonds marins et là aussi vous le savez certainement mais le Sénat a produit pas mal de rapports sur le sujet. Donc peut-être qu'ils n'ont pas suffisamment d'écho, mais en tout cas ils sont là et la la chambre haute produit des des documents qui euh qui font référence. Euh et je pense qu'il faut en parler davantage collectivement.

Ça, je pense que vous vous l'avez souligné. Euh donc moi j'aurais une question d'ailleurs qui est dans le prolongement de celle de de mon collègue hein puisque on a accueilli la la 3e conférence des Nations-Unies sur l'océan qui avait des axes prioritaires protéger la biodiversité maritime, lutter contre la pêche illégale non déclarée et non réglementé et puis également la décarbonation du transport maritime. Et enfin aussi un sujet sur lequel notre commission du développement durable a beaucoup travaillé, la lutte contre la pollution plastique.

Donc à ce jour, est-ce que vous pourriez nous faire un petit état des lieux des mesures qui ont déjà été mises en œuvre et quels résultats peut-on observer ? Bon, la France est moteur sur notamment les les les aires protégées, mais après à l'heure où le multilatéralisme est chahuté, voilà quelle quelle proposition préconisation pour davantage d'efficacité pour les politiques de protection de l'océan et de valorisation de de nos océans aujourd'hui. Je vous remercie.

Merci. Je vais donner la parole à Jacques Fern. Oui, merci monsieur le président.

Merci pour ces apports et ces interventions effectivement tout à fait intéressante. Monsieur Gashi nous a presque réveillé en moi la nostalgie de plus être professeur. [rires] C'est vrai que il y avait des possibilités que j'avais un peu exploré à l'époque de revisiter le programme et les thèmes des programmes sous sous sous l'angle océanique.

Et c'est effectivement tout à fait intéressant. beaucoup de choses qu'on qu'on connaît pas, beaucoup de choses encore à découvrir. Donc on parlait de Terra Inconita là, c'est si je me rappelle mon latin la marée Inconitum.

Je crois que c'est c'est juste comme ça. Et et donc j'aimerais vous interroger madame Lév sur les vous en avez parlé sur les les conséquences et les mobiles, je dirais, de ce désengagement des USA. Vous avez dit qu'on se retrouve Borgne, on a perdu un œil.

Euh parce qu' moi j'avais travaillé sur la mission d'information il y a quelques années sur la question de de de l'exploitation minière éventuelle des grands fonds marins et on avait vu tout ce qui était en cours dans ce travail de de de découverte de de recherche sur sur l'océan et sur les grands fonds marins. Donc déjà dans ce qui est motivé les États-Unis euh [grognement] vraiment les les ressorts de ces décisions, des engagements et concrètement qu'est-ce que ça a comme impact, qu'est-ce que ça compromet véritablement ? Puis mon autre question, c'est justement sur la question de cette exploitation minière des grands fonds dans votre baromètre de starfish à à cinq branches, euh vous les situez vous le situez où ? parce qu'on peut le situer dans les actions antropiques négatives, on peut aussi le situer dans ce que ça pourrait fournir à l'homme de positif.

Voilà. Et puis où on en est sur ce front parce qu'à ma connaissance donc on a beaucoup d'États maintenant qui sont prononcés comme la France contre ces perspectives d'exploitation mais je crois qu'on a encore plusieurs dizaines de contrats d'exploitation minière en vigueur. Donc donc comment comment ça se présente ? et je crois que j'ai fait le tour de mes principales questions.

Merci chers collègues. Oui. Oui, j'avais il me semblait bien que j'oublie quelque chose.

Oui. Sur la question des aires marines protégées euh parce qu'on a on a des pourcentages qui nous sont donnés hein, mais qu'est-ce que ça signifie en réalité de protection ? parce que je crois que les 8 10 % euh d'air marine protégé euh se réduirait si on regarde les protections fortes à quelque chose de l'ordre de 3 %.

Et on sait que par exemple dans les aires marines côtières, même les aires marines côtières, on a encore des des navires industriels en nombre conséquent. Merci chers collègues. Je vais donner la parole à Saï Omar Wall.

Merci [raclement de gorge] monsieur le président. Moi je suis Ilen viens de Mayotte et je suis entouré de la mer. Je vois la mer tous les jours quand je me lève le matin, quand je me couche le matin, le soir, il y a la mer qui m'entoure toujours et comme vous le savez mes chers collègues, l'avenir de nos océans dépend à la fois de la mise en place des mesures de protection de l'environnement et du mode d'exploitation de ressources. aliotique adapté.

Les territoires ultramarins sont à ce titre au premier rang des acteurs concernés par ces enjeux de conciliation entre la préservation de la biodiversité et la protection des intérêts économiques légitimes. Vous savez tous ici la problématique de Mayotte. Nous avons un problème d'eau et nous avons connu des crises d'eau depuis euh ça fait déjà quelques années.

De 2004, de 2024 plutôt à 2025, on a importé à Mayotte 56 millions de bouteilles d'eau. 56 millions de bouteilles d'eau qu'on a importé à Mayotte. il y a aucune mesure de protection et que ces bouteilles, on les retrouve où ?

Dans le lagon. Quelle mesure euh pouvons-nous prendre pour justement préserver notre lagon ? [grognement] Nous avons aussi nos modes traditionnels de la pêche où on allait, on prenait juste ce qu'il fallait pour manger.

Qu'est-ce qu'on voit maintenant ? Des grands bateaux espagnols qui passent, qui rafl tout et que de plus en plus nos petits bateaux sont obligés d'aller de plus en plus loin pour avoir juste un petit poisson. pour pouvoir nourrir la famille.

Alors la question, comment faire pour que on concilie là encore une fois cette économie et la réalité locale ? Vous avez dit monsieur que effectivement la France est grande grâce aux utrouement raison et que malheureusement ici quand on parle des outroues souvent on nous dit ou là là ils sont là ils nous parlent de leur pcoti là-bas mais nous on a des problèmes ici en métropole effectivement non je dis nous en règle générale voilà euh voilà vous avez raison parce que mes chers collègues Bien qu'on soit très loin, bien qu'on soit une île, Mayotte est très importante pour la France effectivement matière de géostratégique. Mes chers collègues, nous abritons à Mayot dans ces petites îles où 77 % de la population française vit sous le seuil de pauvreté, nous abritons à Mayotte le 2e centre d'écoute de France.

C'est-à-dire que notre sécurité ici dépend aussi des informations que le centre de coude de ce territoire nous donne ici. Mais 77 % de la population vit sur le seuil de pauvreté et les gens se posent des questions. Pourquoi on est délaissé comme ça alors que nous sommes importants et que 40 % de euh du commerce mondial passe par Mayotte.

Nous avons des gisements, nous avons effectivement, il y a des moments, c'est vrai que on se pose des questions. Pourquoi ces territoires sont délaissés à ce point alors que nous sommes la France ? Je le dis tout le temps, l'océan Indien appartient à la France.

Nous avons Mayotte, nous avons Madagascar, même si Madagascar indépendante, nous avons toutes ces îles et pares qui sont là avec toutes les richesses qu'il y a. effectivement euh les océans sont euh très importantes. Donc franchement chers collègues, il faut absolument que nous fassions quelque chose pour nos îles qui sont lointains avec des populations qui en souffrent énormément.

Je vous remercie. [grognement] Merci. Je vais donner la parole à Anque Gérardin.

Merci monsieur le président. Merci à ceux qui ont initié euh Merci à toi euh cette table ronde sur l'océan. Euh et je crois qu'il y a il y a beaucoup à dire, même si on a dit déjà beaucoup et il faut qu'on puisse se le dire ici, c'est-à-dire que euh le grenel de de la mer est quand même un un moment où on met en avant la mer, l'océan.

On a l'étape euh négociation des objectifs de développement durable avec l'objectif 14 qui donne encore une autre dynamique. Je parle à la fois de national et d'international mais mais je crois que c'est des grands moments. J'ai envie euh effectivement de parler aussi avant de parler de la COP océan en janvier 27 le parcours porté par la France he entre Brest et Nice qui a donné une véritable dynamique. le one somit le one occan somit à Brest qui a construit le parcours jusqu'à Nice et je pense qu'il faut pas l'oublier.

C'est une volonté de la France de prendre part dans le lead international sur les questions maritimes. Mais mais tout ça demeure insatisfaisant. Bon, je vais pas ici effectivement rappeler mon parcours parce que je pense que chacun le chacun le connaît.

Mais qu'est-ce qui fait que toutes ces initiatives n'avancent pas suffisamment ? Qu'est-ce qui fait que politiquement ou nos politiques publiques ne visent pas assez l'océan et la mer ? J'ai envie de dire aujourd'hui avec un certain nombre d'années d'observation que sans doute il n'y a pas aujourd'hui d'électeurs de la mer.

Il n'y a pas aujourd'hui de consommateur véritablement. Vous parliez d'entreprise de la mer. Le vrai sujet, il est là.

Et sans doute que on ferait autrement si effectivement nous en avions enfin on on le met à l'inverleur. Comment faire ? Comment faire pour que il y ait cette prise de conscience ?

Bien entendu qu'il faut de la formation, de la sensibilisation. Merci pour vous exposer et merci pour votre engagement parce que vous êtes sur le terrain depuis un certain nombre d'années. Vous êtes au combat et votre plaidoyer sert la cause.

Mais peut-être chers collègues, puisque la France est monde, puisque la France est sur la totalité de l'océan, 13 fuseaux horaires jamais utilisés suffisamment d'ailleurs en matière de développement économique, mais c'est une petite parenthèse puisque le président de la République a parlé d'Archipel France. Nous avons ici des sénateurs de des Français de l'étranger. Pourquoi n'aurions-nous pas un ministère de la mer et des outres et des sénateurs de territoire mais aussi avec leur bassin maritime en compéten voire même des sénateurs de la mer ?

Il est nous sommes peut-être un moment où nous devons aussi politiquement affermer les choses au côté et c'est l'autre volet et et je finirai par des questions bien entendu au côté de une prise de conscience suffisante des moyens nécessaires pour avancer parce qu'on va pas se leurer. C'est pas vrai que la France est pas consciente des choses. C'est pas vrai que les politiques sont pas confiants.

Enfin n'ont pas conscience des choses. Pas complètement. Il y en a certains, pas complètement.

Hier, j'étais dans un taxi et on est sur des Français tout à l'heure, on parlait de sensibilisation qui sait pas où est Saint-Pierre et Micelon. Donc, je veux bien qu'on parle des de l'ensemble des îles euh notamment des tafs, mais en vrai, on connaît même pas les territoires d'outre mer parce qu'ils sont pas dans les programmes scolaires suffisamment aujourd'hui habités. Alors, qu'est-ce que ça veut dire ?

Pour moi, ça veut dire des moyens financiers. On nen a pas, on n'en met pas. Et vous voyez bien la crise que nous traversons aujourd'hui.

Donc vous voyez bien comment ça va être compliqué nationalement au niveau européen et internationalement pour le faire. Pourtant on a bien vu l'enjeu et on a bien vu qu'en matière de géopolitique, nous aurions tout intérêt à prendre des positions fortes. Pour moi, la première des réponses, elle est souveraine.

Et vous en avez parlé. La souveraineté française dans chaque bassin maritime à travers les territoires d'outreem, c'est quoi ? C'est des aéroports, c'est des ports, c'est des câbles numériques sous-marins, c'est euh l'ensemble des éléments de souveraineté, la présence de la défense et cetera et cetera.

Un socle commun d'outreem qui sera la base de ces combats et on intègre bien entendu les bases scientifiques. C'est pour moi la première des choses qui montrera que la France est bien monde, qu'elle ouvre à l'Europe des espaces exceptionnels en dehors d'une norme de 1000 marins. Voilà.

Euh et et je crois que là, et ça va être ma question, euh nous avons connu France 2030, faisons peut-être le bilan de France 2030 ou France 2030 océan, ça m'intéresse. Euh vous avez peut-être des données en la matière et nous allons écrire France 2040 ou j'espère qu'on va écrire France 2040. Qu'est-ce que ça veut dire dans France 2040 cette souveraineté dans les territoires d'outre mer et dans les espaces océanique qui sont les nôtres ZE plateau continental ?

Faudra peut-être l'expliquer. Je suis pas sûr que tout le monde connaisse le dispositif mais on a des combats encore aux Nations-Unies à gagner mon propre territoire face au Canada. Vous avez dit effectivement que quelquefois on pouvait être timide.

Bah ouais, on l'est. Euh on peut avoir des amis mais on doit défendre nos droits. Euh et donc cette base souveraine m'intéresse.

Et dans cette base souveraine, comment on la finance ? Comment elle est présente dans chaque bassin et comment se construit bien entendu à partir de ça le développement économique de de ces territoires ? La question de la recherche doit être centrale, de la connaissance scientifique, de la colonne d'eau comme des fants maras, c'est essentiel.

Et là encore, on va se le dire, c'est pas un manque de volonté, manque de moyens, euh manque de structuration aussi. Et je voulais vous entendre sur tous les outils d'observation que nous avons. On a beaucoup misé sur Ifremè, on a vu sur l'épaule d'ailleurs que on allait aujourd'hui donner des missions à fremère.

Nous en avons donné beaucoup à sans les moyens qui vont avec. Attention à l'autodestruction de cette structure si on y prend pas garde et comment éventuellement on donne une autre dynamique à ce volet à ce volet scientifique. Voilà, c'est souveraineté, connaissance, moyen financier.

Bravo pour toutes vos belles initiatives. Bravo pour ce plaidoer. Merci de continuer les tables rondes sur ce sujet.

Oui à la sensibilisation, oui à la formation, mais oui à des actes politiques forts. Merci. Merci.

La parole est à Jean Basse. Merci président. Merci pour euh vos éclairages euh et toutes vos informations.

Euh je vais peut-être vous paraître réducteur. [grognement] Euh moi je vous parlais de l'eau en général euh et les océans participent énormément au grand cycle de l'eau. Cette eau avec le réchauffement climatique risque de manquer à de nombreux endroits. les océans avec le réchauffement climatique évaporeront de plus en plus.

Cette évaporation crée derrière euh ben les précipitations que nous connaissons ou que nous commençons à connaître, des précipitations dantesques. Euh et là, à ce moment-là, il y a trop d'eau. Est-ce qu'on peut pas imaginer, parce qu'aujourd'hui techniquement on saurait le faire, réguler un petit peu cette évaporation et faire en sorte que lorsque les océans évaporent énormément, récupérer l'humidité qui est dans l'air pour remettre de l'eau au sol, faire des réserves bon qui pourraient servir à l'agriculture, qui pourrai servir à la protection des forêts contre l'incendie, mais qui pourrait servir surtout à la réinfiltration de l'eau dans les nappes fréatiques, donc réalimenter les nappes fréatiques qui à ce moment-là seraient en déficit.

Mes chers collègues, est-ce qu'il y a d'autres prises de parole ? Je n'en vois pas. Donc je vais donner la parole à nos invités pour qu'ils puissent répondre à vos nombreuses questions.

Vous avez la parole. Merci pour vos questions. Ça fait ça fait beaucoup de questions.

Euh je je vais commencer par répondre alors juste déjà en précisant mon expertise. Donc moi je suis chercheuse en océanographie et sur le climat et donc j'ai une perspective de l'océan vue à travers ce spectre. Donc je ne vais pas pouvoir répondre à l'ensemble de vos questions bien entendu.

Je vais je vais peut-être défiler à l'envers en commençant par votre question. monsieur qui m'a particulièrement euh intéressé parce que la question que vous posez de manière générale, si on peut le l'inclure dans un cadre plus général, c'est la question de la géo-ingénierie. Est-ce qu'on peut fixer des problèmes avec des solutions technologiques ?

On est face à un problème systémique qui affecte l'ensemble de la planète sur laquelle on vit. on ne va pas pouvoir régler ce problème par des rustines et j'appellerai ça une rustine. Et donc je pense qu'il faut vraiment essayer plutôt de s'orienter vers essayer de d'orienter la trajectoire qu'on a pris en tant que en tant qu'espèce humaine.

On a pris une trajectoire depuis 200 ans qui qui fait qu'on dévit d'un équilibre dans lequel on était depuis des centaines et des milliers d'années dans lequels nos civilisations se sont développées. On a dévié cette trajectoire. Ça amène à des problèmes d'eau, de transformation des ressources qu'on a.

Ces problèmes, on ne les résoudra pas par des rustines, on les résoudra en réorientant la trajectoire. Et donc, je pense que ça c'est important d'avoir cette vision en tête. Euh ça c'est la la première chose.

Donc malheureusement il y a pas de solution miracle. C'est ça ce que je veux dire. Euh alors deuxièmement euh alors madame la ministre, madame Girardin euh euh oui effectivement on a besoin de moyens supplémentaires pour la recherche.

Merci de l'avoir signalé. Euh et ça répondra également à une autre question qui était celle du risque de la diminution des moyens aux États-Unis. Finalement, c'est un peu la même question.

En France, on a effectivement bien structuré les choses. On est on peut être fier en France. On a une bonne communauté oanographique.

Je veux dire les États-Unis sont forts mais on est très présent en fait dans la scène internationale au niveau de la recherche. On a un grand besoin de péréniser les moyens d'observation parce que ce qui est important dans l'océan, ce n'est pas que l'exploration. Ce n'est pas que découvrir ce qu'on ne connaît pas, mais c'est de pouvoir suivre les choses dans le temps.

On est dans la on est face à un système terre qui est en train de se transformer. Comme je l'ai dit, les échelles de temps de cette transformation, c'est on a commencé à à changer les choses en 1850. On a commencé à percevoir les changements sur l'océan, sur la température de l'eau dans les années 90.

Aujourd'hui, c'est flagrant, on commence à voir les accélérations. Donc, vous voyez, les échelles de temps, elles sont longues. Donc, on a besoin de péréniser des observation sur les 10, 20, 30, 40 prochaines années.

Les financements qu'on a en général, ils sont d'année en année. Les postes, les personnes qui s'occupent de ces développements, elles ne sont pas nécessairement toujours pérénisées. Donc, on a besoin de renforcer ces infrastructures de recherche sur le long terme.

Et ça c'est vraiment le message le plus important, c'est que comme on est on est sur ces échelles de temps là, donc c'est important d'avoir d'avoir en tête le long terme. Euh alors, qu'est-ce que j'ai noté d'autre ? les conséquences d'un manque d'observation et et ça je trouve que les États-Unis ils se tirent un peu une balle dans le pied parce que en fait la raison pour laquelle ils font ils font ces ces ces ces ces coupes budgétaires, les raisons avancées c'est pour faire des économies budgétaires. probablement qu'il y a des raisons qui sont moins moins avancées qui sont leur climatcepticisme qui qu'ils essayent de mettre en avant en disant bah c'est pas la peine de faire ces choseslà parce que ça sert à rien.

Mais en fait l'erreur qu'ils font c'est qu'en fait ça va leur coûter très cher. Ça va leur coûter très cher parce qu'un manque d'observation dans l'océan c'est par exemple une moins bonne prédiction de la trajectoire des cyclones. Donc ils vont pouvoir moins bien prédire les événements extrêmes qui vont arriver sur leur territoire et ça ça va avoir des conséquences économique sur leur territoire en premier lieu.

Sur des conséquences par exemple sur sur on parlait de Elnigno tout à l'heure et de la pêche. Savoir prévoir unnigno en avance. À quoi ça sert ?

Ça sert à l'activité de la pêche de pouvoir se préparer quelques mois en avance pour pouvoir réorienter leurs activités. Donc cette capacité euh d'observation en fait, elle sert à s'adapter quelques mois en avance aux catastrophes qui vont arriver. Donc les coûts économiques de ces de ces euh de ces tempêtes et de ces cyclones, ils ne cessent d'augmenter hein.

Donc et et donc franchement, je crois qu'il y a un facteur 10 à 100 même 100, je crois. Enfin, il faudrait que je regarde les chiffres entre les économies faites et les catastrophes qui vont arriver derrière. Donc c'est un très mauvais calcul.

Euh alors une une autre chose que que j'ai noté euh donc la l'intérêt de faire ses copes, ça c'était la une des premières questions. Euh est-ce que ça sert ? Est-ce que qu'est-ce qu'on peut faire pour faire mieux ?

C'est une vraie question hein. C'est une vraie question le et et j'ai moi ce que j'aimerais c'est c'est relier cette question avec monsieur de Mayotte parce que je trouve qu'elle elle est reliée. On a une vision de l'océan qui est très différente d'un pays d'un l'autre, d'un territoire à l'autre.

Et je pense que le multilatéralisme, même si c'est pas parfait, même si c'est lent, même si c'est trop lent par rapport justement à cette trajectoire qu'on essaie de dévier, c'est quand même le seul moyen qu'on a et qui et qui marche et que on ne peut quand on traite un problème qui concerne l'ensemble de la planète, je rappelle vraiment c'est un problème systémique planétaire, c'est pas un problème de territoire. Évidemment, il y a des questions qui sont réglées au niveau du territoire. Évidemment, la France, c'est un énorme territoire maritime.

Elle a un énorme devoir d'exemplarité. Je pense que ce mot a pas été a pas été employé, hein. Mais mais on a on a parlé de souveraineté.

Moi, je préférerais employer le mot de d'exemplarité à à adosser à ce mot de souveraineté. Euh mais on doit entraîner on doit entraîner les autres. Les copes climat, elles ont quand même ça pas complètement été un échec.

On a évité les pires trajectoires. Donc on va pas assez vite mais c'est mieux que s'il y en avait pas eu. Et j'ai bon espoir que les copes océan, elle servve également.

C'est vrai pour ce qui concerne les aires marines protégées, on est à 10 % mais c'est du papier. Les aires marines qui sont effectivement protégées, c'est plus de l'ordre de 2 à 3 %. C'est des choses qui qu'on a qu'on a documenté dans le baromè Starfish, si vous le lisez euh pour bon, il faut le dire un peu plus en détail, mais effectivement euh c'est c'est des choses qui sont importantes à souligner.

Euh pour pour terminer et je sais pas très bien comment comment je vais je vais formuler ça encore euh parce que ça ça va pas répondre aux questions de manière très pragmatique mais moi le parallèle que j'aime faire je suis scientifique mais je suis aussi une femme et les femmes c'est 50 % de la population mondiale. L'océan c'est 70 % de la surface de la planète. Et je pense qu'il y a il y a un point commun.

Et le point commun, c'est c'est ce point c'est que c'est un impensé. L'invisibilisation des femmes, c'est quand même un sujet. L'invisibilisation de l'océan, c'est aussi un sujet.

On est face à quelque chose, c'est pas exactement la même chose, mais cette question d'invisibilisation pour moi, elle est en premier lieu pour résoudre ce problème. Il faut résoudre les biais cognitifs qu'on a. Et je pense qu'on a un énorme biais cognitif sur la l'importance de l'océan dans nos vies et sur le fonctionnement de notre planète.

Parce que comme vous l'avez dit si bien monsieur Alexandre Yachine, on est des terriens, on ne vit pas sur la terre mais néanmoins on vit sur une planète qui est couverte à 70 % d'eau et le fonctionnement et c'est vraiment moi je j'ai j'ai cette sensibilité parce que je travaille sur le fonctionnement de la planète Terre. Je travaille pas sur un territoire, je travaille sur un fonctionnement de planète. On vit sur une planète qui est vivante et dont le fonctionnement est complètement modifié par les par les activités humaines.

Et il faut qu'on ait il faut qu'on prenne conscience, il faut que ce biais tombe, il faut qu'on ait conscience de vivre sur une planète qui a un fonctionnement. À partir du moment où on aura cette conscience, je pense que notre manière de prendre des décisions, de voir chaque chaque chose va être transformé. Mais ça commence par cette prise de conscience.

On on peut pas s'en passer. Voilà, je je voudrais terminer là-dessus. Il faut vraiment en prendre conscience.

Ouais, [rires] je pense qu'on marche sur la tête. On marche complètement sur la tête. Voyez, je je citais les chaînes qu'on plantait sous Louis X.

Qu'est-ce qui se serait passé s'il les avait pas planté ces chaînes ? Voyez ? Euh et aujourd'hui, on est un peu, on en est là.

Euh on a on a un patrimoine extraordinaire, on a des enjeux et des atouts pour pouvoir y répondre qui sont fabuleux, peut-être les meilleurs au monde et on tourne le dos à notre avenir. Et je pense que c'est très important puisqu'on parle de de sensibilisation, de compréhension, de financement. Euh c'est très important de noter que notre enjeu et l'enjeu dont nous parlons et plus largement le fait d'intégrer l'océan au sein des politiques publiques, des stratégies d'entreprise et c'est pas simplement c'est pas simplement une action environnementale.

Il s'agit pas simplement de protéger les poissons, même si évidemment notre mission à nous à la Fondation de la mer, c'est de protéger tout ce qui vit en mer. Non, euh c'est une responsabilité alors évidemment qui est environnementale, mais qui est aussi porteuse de richesse, d'innovation. C'est une responsabilité stratégique et je pense que là il y a il y a il y a un véritable enjeu puisque la question c'était aussi de savoir comment vous sénateur le parlement pouvait se se saisir de ces sujets.

Il y a un sujet qui est de intégrer l'océan au sein du récit national et ça c'est un vrai sujet à travailler. Je reviens pas sur les problèmes de gouvernance. la mère qui le numéro de téléphone en France hein ce qu'on appelle la ministre laquelle le SG maire est-ce que donc il y a un sujet de gouvernance mais il y a plus largement un sujet de récit moi je rêverai que on intègre dans la constitution française la dimension maritime de la France alors peut-être pas pour aller jusqu'à en faire une République maritime comme Venise en son temp mais je pense qu'il y a une capacité politique pour pouvoir intégrer et vous avez cette possibilité pour pouvoir intégrer la France beaucoup plus largement au cœur du récit national français et derrière évidemment il va y avoir une dynamique qui va se créer.

Je dis pas que les financements vont influer du jour au lendemain mais quand on a identifié que la mer est stratégique pour nous et pas simplement pour des raisons environnementales déjà on a fait quand même un bout du chemin. Il y a trois sujets qui ont été évoqués, les fonds marins, le plastique et la pêche INN. Assez rapidement parce que on parle de ces enjeux, on parle de financement, on parle de volonté politique.

Sur les fonds marins, il y a un territoire français qui a compris les choses. C'est la Nouvelle-Calédonie. Ils ont fait un moratoire sur 50 ans.

Pourquoi 50 ans ? parce que c'est deux générations et en fait ça n'exclut pas demain si l'état de l'art de la science le permet demain après ce moratoire d'aller exploiter ces gisements qui peut-être demain feront la fortune de la France mais dans des conditions dont nous serons certains que elles sont responsables, qu'elles sont écologiquement viables. Aujourd'hui, c'est pas le cas.

Tous les scientifiques nous disent que si on va aujourd'hui exploiter les fonds marins, on va causer des dommages qui sont irréversibles. Pourquoi est-ce que la France dans son ensemble ne se dote pas d'un moratoire similaire à celui que la Nouvelle-Calédonie a adopté ? Politiquement, la voix est là.

Le texte en plus calédonien peut assez facilement être adapté. Il existe, il peut être adapté, c'est simple, il est sur étagère. Deuxème sujet, les plastiques.

Je reviens pas sur les sujets très systémiques à l'international, la négociation au sein du pneu ça. OK. En France, on sait bien que on a à notre mesure des déchets qui vont de la terre à la mer. 80 des déchets qu'on retrouve en mer, ce sont des déchets qui sont issus de la Terre.

Les plastiques sont majoritaires. On a identifié qu'en posant des barrages fluviaux à 30 sites stratégique sur nos fleuves et nos rivières, sur la France métropolitaine, on pouvait couper ce robinet dans des proportions absolument incroyables de tous ces plastiques. Ça coûte, on l'a chiffré, ça coûte 20 millions d'euros.

Alors évidemment, c'est mais à l'échelle de ce qu'on ce dont on parle, c'est rien. Rien. Il y a des entreprises qui sont prêtes à cofinancer.

Zéro zéro volonté politique, zéro soutien, zéro financement évidemment. Et il y a un moment aussi je veux dire l'argent manque, c'est une chose mais quand je dis qu'on marche sur la tête, j'en viens à mon troisème point, la pêche INN. Bon, on a ça, pour ceux qui me connaissent, vous savez que c'est un sujet qui me fait hurler.

On a euh donné les droits de pêche de Clipporton au Mexique pour des raisons sur lesquelles dans cette honorable assemblée, je ne reviendrai pas. Euh et donc on se fait piller nos espaces maritimes de poisson et après qu'est-ce qui se passe ? Ce poisson, il est transformé quelque part en Asie.

Et qu'est-ce qui se passe ensuite ? On le rachète. Donc on achète du poisson français qui a été pêché par des Mexicains pour 0 € de valeur ajoutée.

On marche sur la tête pour lutter contre la pêche ianenne, il y a des solutions qui existent. Alors évidemment, vous savez, vous connaissez l'image. Si on devait comparer toute le déploiement de la marine dans notre Z2 à ce que ça serait sur la France métropolitaine, ça serait deux voitures de police pour surveiller l'ensemble de la France métropolitaine.

L'image est parlante. Aujourd'hui, il y a le satellitaire, il y a une start-up qui existe française, souveraine, qui permet parce que les images existent d'avoir un moteur d'intelligence artificielle pour identifier tous les phénomènes qui ont été détectés comme étant anormaux. Je prends un exemple, c'est le système est génial.

Vous allez voir pourquoi on marche sur la tête. C'est dingue. L'exemple.

Si il y a un bateau qui est en mer depuis plus de 12 jours dont on sait qu'il a pas de euh chambre euh réfrigérée et dont on voit que à certains moments il se rapprochent d'autres bateaux, tout ça avec les moteurs d'intelligence artificielle aujourd'hui, on [grognement] sait le détecter et comme c'est connecté à tous les systèmes, pas que à lais et cetera, même aux réseaux sociaux et cetera, on sait qu'il y a ce bateau avec les moteurs d'intelligence. Il y a une solution française qui permet ça. Et donc évidemment, on sait qu'il y a de la pêche illégale.

Le bateau euh il a pas de chambre réfrigérée, il se rapproche donc il y a transbordement et cetera. Tout ça on le sait, on peut le détecter. Vous imaginez aussi parce que on parlait de de des euh de la suite de l'Unoc.

BBNJ, génial. BBNJ, comment on surveille demain si c'est pas par le satellitaire ? On a aujourd'hui une pépite mais c'est une start-up.

Et cette start-up aujourd'hui, elle est pas soutenue en rien par l'État. zéro. À tel point que aujourd'hui, il y a un risque que cette start-up qui est géniale, elle soit rachetée par des fonds euh Qatari.

Et vous voyez, vous voyez à quel point on marche sur la tête, c'est très peu de choses. On parle pas de de d'investissements qui sont on parle absolument pas de milliards. Et donc évidemment l'argent est cher, mais il y a une logique tout simplement d'affectation des ressources et de volonté politique et d'intelligence à un moment tout simplement politique.

Et on voit bien que aujourd'hui hélas hélas, elle est manquante. J'en termine par un exemple puisque je fais le lien avec ce que je citais tout à l'heure. Madame la ministre, c'était Chernique Gérardin.

Grâce à vous, autant vous étiez ministre qu'on avait créé ce programme SOS Corail. Ces financements publics, ils ont eu un effet de levier incroyable parce que on a fait x 10 financement public, x 10 en financement privé en effet de levier. Aujourd'hui, l'enveloppe, elle nous est supprimée.

Non, elle est supprimée. Elle est supprimée. Pourquoi ?

C'est Non, mais c'est pas parce que l'enveloppe a disparu, c'est parce que ah non, c'est trop compliqué de le flécher vers la fondation de la mer pour avoir un effet de levier. Encore une fois, on marche sur la tête. Merci.

Est-ce qu'il y a d'autres d'autres questions ? Moi, mo moi je voudrais moi je voudrais d'abord vous remercier. Je je je posais la la question à notre chef de service tout à l'heure au-delà du site du Sénat, c'est comment on fait pour diffuser cette cette table ronde ?

Parce que franchement ça fait partie des tables rondes qui on en a fait beaucoup mais qui m'ont beaucoup interpellé. Moi qui l'in de la mer parce que je suis dans le doux. Ça m'a interpellé et ce qui m'interpelle c'est quand même le fait que on n'est pas on n'est pas sensibilisé et je crois qu'il faut qu'il y ait cette sensibilisation.

Est-ce que vous avez dit il y a des moyens, il y a des choses qui ne coûtent pas énormément et que et que l'on pourrait faire. Et donc ça me paraît ça me paraît très important et j'aimerais donc conclure cette passionnante table ronde par une citation euh citation qui ne pourra que raisonner en nous à l'issue de nos échanges. Les larmes de nos souverains ont souvent le goût salé de la mer qu'ils ont ignoré.

Voilà comment le cardinal de Richelieu en son temps a essayé comme vous chers invités de sensibiliser en son temps ses contemporains. Et cette phrase de Richelieu, je tenais à la dire parce que c'est pas moi, c'est Didier Mandéli, premier vice-président de la commission qui me l'a soumis parce qu'il était obligé de partir et je pense que c'est important et pour ma part et et tout à fait modestement, je forme le vœu que tous nos concitoyens et c'est ce que je vous disais tout à l'heure, tous nos concitoyens commencent à commencer par les plus jeunes et conscience de la richesse de notre bien commun océan. Et je pense que vous savez quand il y a un certain nombre de choses qui sont mises en place sur nos territoires, pour que ces mises en place fonctionnent, bien je crois qu'il y a une solution qui est relativement simple, c'est effectivement qu'on puisse dispenser un certain nombre d'informations dans nos écoles parce que ce seront nos jeunes générations effectivement qui nous rappelleront l'importance de nos océans. parce que c'est vrai que que quand on est au bord de l'océan, ben c'est immense.

Donc une bouteille à la mer, c'est pas grave. Euh de la place, tout ça et on n pas on n pas cette conscience. Et je pense que vous avez dit quelque chose sur sur le plastique qu'au lieu de d'essayer de complètement vouloir interdire interdire interdire interdire, ce qui effectivement peut-être une solution, mais qui effectivement provoque un peu les gens et disent "Mais pourquoi on nous interdit tout Il y a peut-être des solutions qui permettraient non pas de régler le problème mais de l'atténuer.

Voilà. Moi je vous dis vraiment un grand merci parce que ça fait partie des tables rondes qui resteront gravé dans ma mémoire. Merci.

Océans, notre avenir en partage — Jean-françois Longeot · Pourquijevote