Clément Beaune, haut-commissaire au Plan et ancien ministre, est l'invité Franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Clément Bon, bonjour. On commence avec ce qui se passe depuis 48h 72h à Davos. Alors finalement, Donald Trump ne va pas intervenir militairement au Grenland mais il tient à son bout de banquiste comme il le dit.
Il dit avoir négocié avec l'OTAN la souveraineté de petites zones du territoire. C'est assez flou mais est-ce qu'il faut le croire ? Vous savez que Donald Trump on s'habitue à regarder l'actualité chaque matin et ça peut changer d'un jour à l'autre.
Donc il faut toujours rester ferme sur ces principes, défendre la souveraineté du Danemark et du Groenland comme l'a fait le président et les Européens depuis des semaines. Et puis prudent parce que Donald Trump souvent a varié une espèce de stroboscope comme ça dans le grammaire international où tous les jours il y a un flash dans un sens différent. Bon, ça semble quand même indiquer que la voix européenne de dire "On est ferme, on défend la souveraineté du Danemark et du Groenland, s'il y a des provocations voire des attaques, on est prêt à répondre parce qu'on n'est pas dépourvu d'armes notamment économiques." Et cette fermeté-là qui a initié la France en Europe, il faut le dire aussi, quel président de la République a porté et bien je pense que c'est la seule voix qui nous en tout cas doit être la nôtre parce que il faut pas qu'on se cale sur chaque tweet ou chaque déclaration de Donald Trump.
Il menace de taxer à 200 % les vins et champagne français à ce stade, c'est la menace plane toujours. Emmanuel Macron a dit faut pas se laisser impressionné et il va demander l'activation de l'instrument anticoer donc c'est une arme un peu de massif contre l'économie américaine. Il y a un sommet européen ce soir sauf que l'Europe quand même sur cette question est divisée.
On sent les Allemands et les Italiens extrêmement prudents. Vous avez vu le les 200 % ont été je crois annoncés sur un tarmac avec un micro étendu où Donald Trump semblait découvrir les déclarations européenne et réagir en direct. Bon c'est là aussi cette espèce d'effet stroboscope.
Donc le pr de la République il a une ligne continue depuis des mois qui est dire on a toujours une discussion avec les États-Unis mais on est extrêmement ferme sur la défense des intérêts européens. Et là où le président de la République a eu complètement raison, c'est de dire en premier, c'est le premier leader européen qui l'a dit, on a des outils. L'instrument anticoer très simplement, ça veut dire que quand vous êtes sous pression, vous pouvez réagir par l'exclusion d'entreprise américaines, par exemple, des marchés publics européens.
C'est massif, des centaines de milliards d'euros. par mettre des droits de douane par exemple, il faut pas souhaiter le faire mais il faut dissuader en évoquant ces mesures. Ce soir ou demain il y a un sommet européen, les discussion, c'est aussi l'occasion de dire à nos partenaires européens l'agenda de fermeté européenne un il est possible et de il est absolument vital dans le monde dans lequel on est.
Est-ce que Donald Trump paradoxalement peut être utile à l'Europe ? Peut être un sacré moteur pour que l'Europe s'organise et s'émancipe ? Bon, c'est une forme de d'alarme qui sonne tous les matins, Donald Trump, si vous voulez, qui nous réveille nous européens.
Oui, parce que on s'est dit dans le premier mandat de Donald Trump, moi j'étais auprès du président Macron dans ce premier mandat, ça va passer, lui-même s'habituera, changera un peu, il n'a pas changé et puis il est parti, il ne reviendra pas, il est revenu et puis il y aura peut-être un Trumpisme après Trump. Donc il faut pas se dire que c'est une sorte de parenthèse désagréable et qu'il faut en quelque sorte faire le doson. Il faut être calme, c'est ce qu'a rappelé le président, mais il faut défendre durablement nos intérêts d'é d'européens, investir plus notre défense pour être moins dépendant, plus autonome et puis par notre marché intérieur qui est le plus grand du monde, défendre nos intérêts économiques et parfois prendre des mesures y compris contre les Américains s'il nous attaquent.
Sur la forme, on voit Donald Trump se moquer de plus en plus d'Emmanuel Macron. Alors hier, c'était sur ses lunettes, sur son attitude qui est qualifiée de dur à cuire par le président américain. Euh il le présente aussi comme un président démonétisé en fin de course.
Est-ce qu'il y a pas sur cette dernière partie ben finalement un fond de vérité ? Est-ce qu'aujourd'hui en France et depuis la dissolution Emmanuel Macron n'incarne pas de fait une forme d'impuissance ? Ça, j'y crois pas du tout pour avoir vu d'autres leaders européens qui approché d'une fin de mandat.
C'est la vie démocratique. J'ai vu avec Angela Merkel, je peux vous dire que quand elle défendait la voix de l'Allemagne était écoutée aujourd'hui quand le président de la République et c'est lui qui l'initie encore une fois parle de l'instrument anticoer pousse les Européens plus ferme. On a vu madame Vaner Lion tenir aussi pour la première fois un langage de fermeté à Davos.
Bien je pense qu'il prend le leadership de cette réaction européenne et tout ce qui arrive là y compris l'existence même de l'instrument anticoercition. Si Emmanuel Macron et la France depuis 2017, j'ai été aux premières loges, ne l'avait pas porté, personne ne l'aurait défendu. Et donc, on a besoin d'une voix de la France que porte le président, même ses adversaires politiques en politique intérieure le reconnaissent, qui est une voie de fermeté au niveau européen.
Sauf que en en politique intérieure, il y a quand même quelques preuves d'impuissance politique, hein, notamment les difficultés à faire passer un budget. On entend de plus en plus de voix au sein du bloc central qui disent "Ben, est-ce que Sébastien Lecornu est aussi habile que ça ?" Parce que finalement, il a tout cédé aux socialistes et on a fini avec un 493.
Oui, enfin s'il y avait pas, on refait le film, mais s'il y avait pas eu cette ouverture faite par le premier ministre sur le fait qu'on allait faire une vraie discussion parlementaire, qu'on allait pas mettre un 493 dès le début, il y aurait pas eu d'accord sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale, c'est quand même très important et probablement il y aurait pas eu de discussion du tout sur le budget de l'État. Donc c'est une situation imparfaite et sur le fond et sur la forme parce que nous sommes dans une situation parlementaire très fragmentée. Moi ce que je veux voir quand même, c'est le verre à moitié plein, c'est que des partis politiques, non seulement dans le bloc central, mais le Parti socialiste aussi ont montré que en France où on nous disait que la culture de la discussion de la coalition n'existait pas, ont réussi à trouver des voies de compromis.
Le compromis c'est moins clair et c'est moins sympathique que la verticalité d'une seule majorité ou d'un seul parti. Mais c'est la situation politique telle qu'elle est et probablement tel qu'elle va durer en France et en Europe. On a cru comprendre que les nouvelles mesures seraient financées notamment par un coup de rabo général sur les budgets de de l'État mais aussi par des économies sur les opérateurs et les agences de l'État.
Vous êtes au commissaire au plan. Est-ce que vous vous allez être concerné par ces économies ? Bien sûr, autant je pense qu'on a besoin d'avoir cette vision de long terme.
On le voit sur des mesures comme celles que prend Donald Trump. On va sortir des propositions très concrètes pour se protéger contre la menace commerciale chinoise. C'est notre mission de long terme.
Mais on fait des économies probablement d'ailleurs plus qu'aucune autre agence. Bah sur je suis arrivé au mois de mars, on a déjà fait 15 % d'économie sur notre fonctionnement. On a rédu Ça représente combien ?
Ça représente plusieurs millions d'euros et on va réduire nos effectifs en 18 mois de 15 à 20 %. Je crois qu'il y a assez peu d'agences qui le font, assez peu d'ailleurs de collectivités publique tout court. J'entends beaucoup de gens, monsieur Lisnard et d'autres, donner des grandes leçons.
Nous, on fait les choses discrètement, concrètement, sérieusement et il y a assez peu d'endroits on le fait. Il faut le faire tout en assurant nos missions de service public. Vous pour éviter le blocage, vous préconisez une large réforme de la précédure budgétaire. d'abord fondre le budget de la sécurité sociale avec celui de l'État et ensuite avoir des lois budgétaires pluriannuelles sur 3 ou 5 ans.
Ça permettrait de donner de la visibilité, de dédramatiser le vote du budget. C'est ce que vous dites. Pour vous objet politique à mettre dans une campagne présidentielle.
C'est un objet démocratique évidemment parce que la procédure budgétaire, c'est devenu un sketch aujourd'hui. Personne ne comprend rien et je crois que d'ailleurs avoir tous les ans une discussion et parfois des changements importants sur la fiscalité pour les citoyens, pour les ménages comme pour les entreprises, ça ne va pas. Et donc la pluriannualité, c'est-à-dire avoir un budget pour 3 ou 5 ans qui ne bouge pas chaque année avec ces espèces de coup de yoyo, c'est important pour le pays, c'est important pour la confiance parce que le budget, chacun le voit, c'est pas un objet technique, c'est ce qui détermine l'investissement des entreprises, l'emploi dans le pays, le pouvoir d'achat des Français.
Donc je pense qu'il faut plus de stabilité, procédure moins longue et mieux évalué aussi parce qu'on peut plus avoir des amendements la nuit qui coûtent 3 ou 4 milliards d'euros sans aucun chiffrage et sans aucun débat démocratique éclairé. toutes ces propositions les a faites avec Benjamin Morel et on continuera. Euh un dernier mot sur les municipales à Paris hein, le candidat renaissance Pierreve Bournael est le 3e homme de cette campagne.
Il a enfin à peu près 16 % de de voix dans dans les sondages mais il reste loin. Oui, il est en dynamique plutôt mais il reste quand même très très loin de d'Emmanuel Grégoire notamment qui est le candidat de l'Union de la gauche qui recueille 30 % et Rachid Adati candidate de la droite et du centre avec 28 %. Est-ce que vous pensez que Pierre Bournael peut encore s'imposer dans ce duel ou c'est peine perdu ?
Ah, j'en suis totalement convaincu parce que les Parisiens comme beaucoup en France commencent à regarder cette campagne municipale seulement maintenant. Donc tout est devant nous. C'est le seul candidat qui a gagné des points son âge après son âge.
Faut être prudent mais ça donne quand même une dynamique et je suis sûr qu'il y a chez beaucoup de Parisiens et Parisiens, moi je les rencontre, une volonté d'alternance qui soit pas une espèce de grand retour en arrière sur la voiture et sur beaucoup de choses qu'on voit revenir dans le débat. Il faut avoir du sérieux. Paris, c'est une ville où il y a 10 milliards d'euros à gérer, où les Parisiens veulent de la modération, de la nuance et du sérieux, pas du clivage.
Et oui, mais comment vous vous expliquez que beaucoup dans votre camp soutiennent Rachid Adati ? Benjamin Hadad, le ministre de l'Europe, c'est pas rien. Gérald D'Armanain, le ministre de la justice, c'est pas rien.
Pourquoi ? Est-ce que c'est parce que Rachid Adati fait peur ? Ça, je sais pas, il faut leur demander.
Mais en fait, c'est très peu de gens. Moi, je suis vice-président de la Fédération de Paris. Il y a deux cadres parisiens qui soutiennent Rachid Alati, tout le monde, on a voté sous l'autorité le Gabriel Atal qui dirige le parti.
Très clairement, démocratiquement, 95 % des militants parisiens sont engagés dans cette campagne avec Kérif Bournael comme moi, comme la plupart des députés, des cadres et des élus. Donc, on va faire cette campagne ensemble de manière une. Pourquoi Rachidati serait pas une bonne mère de Paris ?
Elle est connue des Français, elle est connue des Parisiens. Elle est identifiée comme la première opposante aujourd'hui à Annie d'Algo. Si madame Dati refuse le débat et on nous dirait il faut pas choisir, il peut y avoir qu'une seule offre.
Moi je pense que c'est bien qu'il y a un débat démocratique. Il y a madame Dat et d'autres. Moi j'ai fait le choix de Pierrif Bournazel parce que je pense, je vous le dis, qu'il incarne cette alternance dans une forme de sérieux et de modération.
On en a besoin pour Paris après beaucoup d'aléas de gestion ces dernières années. S' reste le trème homme au soir du premier tour, il doit raller Rachidati. Non, mais on se situe pas dans cette situation là.
Et cette question, moi elle me fait toujours sourire parce que poser la question à tous les candidats, le soir du premier tour, on verra qui est en tête et il y aura des surprises et je ferai campagne moi pour qu'on soit le plus haut possible et même en tête. Et si le second tour oppose Rachid Adati et Manuel Grégoire, est-ce que vous vous voterez pour le candidat socialiste enfin le candidaton de la gauche pour moi j'ai choisi un candidat pour le premier tour et je souhaite que ça soit le candidat pour le deuxème tour et c'est amusant qu'on pose cette question à monsieur Bournazel et à ses soutiens et jamais à madame Datier et monsieur Grégoire. Si tout le monde vient sur le même plateau, poser la question à tout le monde en même temps, ça sera intéressant.
Pour l'instant, on fait campagne et on sera en tête. Merci beaucoup Clément Bon, bonne journée à vous. Merci beaucoup Clément Bonx, on vous retrouve à partir de de 8h10 évidemment pour le 10 minutes info et votre édito dans toutes les politiques.
Christine Pirès Beaune