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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 27 juin 2024 27 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Aurélien Pradié quitte LR : “Y’a t-il du courage à quitter le navire en pleine tempête ?"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Que doit contenir la loi contre l'antisémitisme proposée par le Sénat ?

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Pouvoir d'achat : quelles mesures concrètes proposez-vous ?

  • 5:01OuverteRéponse partielle

    Faut-il une nouvelle réforme des retraites ?

  • 8:01OuverteRéponse directe

    Le RN propose des économies sur l'immigration : partagez-vous cette idée ?

  • 11:01RelanceÉludée

    Faut-il faire barrage au RN ou au NFP au second tour ?

  • 14:00OuverteRéponse directe

    Aurélien Pradié quitte LR : LR est-il mort ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Et notre invité politique ce matin, c'est Bruno Retailleau. Bonjour, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, sénateur de Vendée, président du groupe Les Républicains ici au Sénat. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Julien Lecuiller de La Voix du Nord.

Bonjour Julien. Bonjour Ariane, bonjour monsieur Retailleau. Bonjour Julien Lecuiller.

Bruno Retailleau, on va évidemment parler des législatives mais d'abord un mot sur une actualité qui est malheureusement une actualité de la campagne mais qui est aussi une actualité du Sénat puisque le Sénat a remis son rapport hier sur la lutte contre l'antisémitisme. 11 préconisations pour lutter contre l'explosion de ce phénomène avec des mots forts, un antisémitisme d'atmosphère, une ostracisation des étudiants juifs. Les sénateurs vont proposer une loi à l'automne.

Que doit contenir cette loi pour ? Elle doit être très très ferme parce que et vous venez de recevoir d'ailleurs l'un des deux rapporteurs, Bernard Fialaire, qui a fait ce travail avec mon ami Pierre-Antoine Levi. C'est un excellent travail et moi j'ai été stupéfait, je fais partie de la commission des affaires culturelles et j'ai assisté à quelques auditions.

J'ai assisté notamment à une audition où on a reçu les représentants d'universités françaises qui sont dans le déni ou en tout cas dans le pas-de-vaguism. J'ai même entendu une explication qui voulait dire grosso modo il y a une culture juvénile comme si l'antisémitisme pouvait ressortir d'une culture de de du jeunisme. Donc moi je pense que pour reprendre les termes du rapport, il y a une sous-estimation des faits.

Il y a une sous-estimation des faits. Il y a effectivement un antisémitisme d'atmosphère qui connaît une bouffée, une explosion notamment depuis le 7 octobre. Cet antisémitisme-là, jadis en France, dans notre histoire, il a été porté par l'extrême droite.

Désormais, il est porté par l'extrême gauche. Très clairement, il faut le dire. Qui est très implanté euh l'université française.

Et il y a là encore, ça c'est une menace euh différente mais voisine de l'antisémitisme, il y a dans certaines de nos universités une forme d'idéologisation du savoir. Le savoir, c'est le savoir. Le savoir et l'idéologie, on l'a vu dans l'histoire avec Lyssenko en Russie et cetera en URSS, ça fait mauvais ménage.

Le militantisme appliqué euh au savoir, c'est terrible, c'est une dégradation intellectuelle. Alors que le nous devons conserver ce qui fait la République française notamment dans sa dimension vous ? Qu'est-ce d'universalisme.

Qu'est-ce que vous préconisez à ce ? Est-ce que la loi doit permettre une remise en remise en ordre de ? Je je pense que je pense deux choses.

Je pense qu'il faut être intraitable et que certains présidents d'université hésitent entre les sanctions disciplinaires et les sanctions judiciaires. Il faut les deux. La sanction disciplinaire à l'intérieur de l'université suivie accompagnée de la sanction judiciaire qui est toujours beaucoup plus longue puisque la justice forcément avec la procédure contradictoire euh doit être comment dirais-je à la fois mesurée mais elle est plus lente.

Très bien. Euh ensuite, il faut pas confondre une chose. Moi, je vois que beaucoup de présidents d'université se réfugient derrière un principe qui est un principe auquel nous tenons tous d'ailleurs d'autonomie des universités.

Mais l'autonomie des universités qui doit être protecteur pour l'université, pour les savoirs, pour le débat, pour l'esprit critique. Ça n'est pas une extraterritorialité juridique ou judiciaire. ?

Euh l'université, elle est dans la République et la nation française assigne à cette université un certain nombre de missions. Et je pense là encore qu'il y a une faiblesse du ministère de l'enseignement supérieur et quand on voit les chiffres, 300 % de plus euh des atteintes notamment antisémites euh depuis euh le le trimestre au 1er trimestre de cette année, il faut réagir, c'est ce que propose le rapport. Donc comment donc plus de ?

Oui, mais beaucoup plus de fermeté encore. Une en France, moi je suis pour voter un texte, mais très franchement, on l'arsenal on l'a, utilisons-le. C'est un problème de courage, pas de vagues, le pas de vagues, c'est pas bon, il faut du courage et être encore une fois inflexible devant tous les actes d'antisémitisme à l'université, c'est totalement contraire justement à notre tradition républicaine et universitaire.

Julien, on parle des législatives, on commence par les ? Euh oui, il y a un événement dimanche, les élections législatives, ça vous aura pas échappé. Euh on a beaucoup de mal à trouver trace de votre programme sur par rapport aux autres aux autres blocs.

Je vais donc vous poser la question très clairement, pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous proposez concrètement de côté des ? Euh on si on a très clairement une vision parce qu'aujourd'hui, la France est au bord du gouffre. La France est au bord du gouffre, on a 3000 milliards de dettes et ces 3000 milliards de dettes appauvrissent les Français.

De deux façons, vous savez qu'en 2027, il faut la totalité pour payer les intérêts de notre dette, ce serait la totalité de l'impôt sur revenu. Et en 2 ans, 1 million de Français ont été smicardisés. Nous nous ne croyons pas, voyez, nous ne croyons pas au chèque.

Les chèques en bois de l'État qui sont financés par de la dette et donc sur les générations futures. Ce que nous proposons, c'est que on retrouve une croissance, une croissance notamment par le travail. Ce que nous proposons par exemple, c'est de défiscaliser les heures supplémentaires, c'est de racheter, donner la possibilité aux entreprises de racheter les RTT, c'est par exemple de la dépense supplémentaire ça.

C'est de la défiscalisation donc c'est payé par l'État. mais c'est des heures c'est des heures supplémentaires donc si vous faites pas d'heures supplémentaires, de toute façon, l'État ne touche rien. Ça encourage le travail, ça encourage le travail.

Et le problème français, pourquoi les Français en 20 ans, euh il y a 20 ans, un Allemand, un Français, même niveau de vie. 20 ans plus tard, la différence, 5000 euros. ?

Parce que nous on a les 35 heures, pas les Allemands. Et bien ce que nous disons Français, c'est un langage de vérité, en disant on va se retrousser les manches pour mieux vivre, il faut mettre dans euh la la la machine économique française plus de travail. Il nous manque en France par an 3 semaines de travail par rapport à la moyenne. sur les 35 ?

Ça veut dire permettre, regardez, les 35 heures euh ça profitait à des cadres, des cadres supérieurs et euh ceux qui avaient euh les plus petits revenus se sont appauvris. C'est la smicardisation de la société française. Nous ce qu'on propose, c'est que euh le travailler plus puisse donner un salaire plus important Travailler plus pour gagner ?

Pour gagner plus, exactement. pas l'impression de d'avoir utilisé déjà cette formule il y a quelques ? Mais parce que c'est la seule formule gagnante.

Je vois pas pourquoi cette formule on ne l'utiliserait pas quand elle c'est la réalité. Les Français travaillent moins, les bonimenteurs de la retraite à 60 ans et aujourd'hui de la retraite à 62 ans, vous croyez que les retraités toucheront le même niveau de retraite, auront le même pouvoir d'achat puisque vous me parlez du pouvoir ? Non.

Moi je vote sur les factures parce que aller plus loin, juste pardon, pardon, mais je suppose que vous parlez de la réforme des retraites. Est-ce qu'il faut une nouvelle réforme de ? Est-ce qu'il faut redécaler à nouveau l'âge de départ pour ?

En tout cas, la question se posera dans quelques années. Au fur et à mesure au fur et à mesure qu'on gagne un certain nombre d'âge, d'années, d'espérance de vie. Quand euh Mais pas maintenant.

Vous dites qu'il faut une nouvelle réforme des retraites. Comme comme comme Attendez, euh la réforme des retraites, elle doit s'appliquer dans sa plénitude en 2030. On est en 2024, c'est bien cela.

Bon. Donc en 2030, euh simplement, j'avais moi à l'époque protesté sur un certain nombre de carrières longues pour dire que ça nous amènerait un certain nombre de trous dans la raquette avec une réforme qui serait moins efficace sur le plan budgétaire. Mais là, travailler plus pour gagner plus, si on réforme pas les retraites, c'est l'appauvrissement de tous les retraités en France.

Or, on a un point positif en France. Pour les plus de 65 ans, on a deux fois et demi moins de pauvres de plus de 65 ans que dans dans la moyenne des pays développés parce qu'on a ce régime par répartition. Mais le régime par répartition, il nous impose aussi bah d'ajuster le travail par rapport justement à la retraite.

Et quand je dis que c'est que par le travail qu'on peut y arriver, mais ça c'est la vie personnelle. On sait bien que dans nos vies personnelles, si on se retrousse pas les manches, on arrive à rien dans la vie. Mais du coup, les économies, vous les trouvez ?

Parce que devant les patrons, vous avez parlé de 100 milliards. Dans les Alors, j'ai détaillé. J'ai détaillé.

Je pense moi que pour le pouvoir d'achat, il faut prendre les Français pour des adultes. Il faut arrêter de les leurrer. Parce que quand je vois le Rassemblement national et notamment son programme économique, je parle même pas de la gauche, de l'extrême gauche et du Nouveau Front populaire parce que là là, c'est la gabegie et ça sera la ruine de la France.

Mais regardez, le Rassemblement national, son programme économique, c'est ? C'est dépenser plus. On commence par baisser la TVA.

Ils n'y arriveront même pas parce que ça dépend de l'Europe. Une partie Fausse promesse, fausse promesse, dépenser toujours plus et travailler toujours moins puisque ils veulent s'opposer à la réforme des retraites. Mais ça, ça sera la ruine, l'appauvrissement des Français.

Je vous ai Je vous ai cité la smicardisation en comme même en deux ans, un million de Français rejoint par la smicardisation. Vous vous rendez ? Vous travaillez et au bout de cinq ans, au bout de 10 ans, vous êtes rejoint parce que vous avez un tout petit salaire.

Vous êtes rejoint par le SMIC. ? Tout simplement parce que on on a voulu exonérer de charges des salaires proches du SMIC.

Et aujourd'hui, pour payer un peu mieux, quand un patron veut donner 100 euros d'augmentation, vous savez combien ça lui ? Ça lui coûte 483 euros supplémentaires. Donc, ils ont du mal à le faire.

Donc, nous on on veut un plus de croissance par le travail, moins d'impôts, moins de charges. Deux, les économies. Les économies sur l'État.

Il y a 1200 agences, c'est plus de 60 milliards. On peut faire quelques pourcentages d'économie de ces machins, de ces bidules qui prospèrent, qui sont contrôlés par personne. Les 35 heures, pourquoi est-ce qu'il y a dans la fonction publique tout le monde est pas en 35 ?

Pourquoi il y a une différence de 80 heures travaillées par an entre le public et le ? On propose des mesures d'équité. Et le modèle social, il y a de la fraude bien sûr, il y a beaucoup de gaspillage.

On veut la gratuité. Vous savez la gratuité où ça ? Ça conduit à la pénurie de médicaments.

Ça conduit, il y a quelques semaines, à ne plus avoir de Ventoline dans les pharmacies. Et les asthmatiques savent très bien de quoi je parle aujourd'hui. Donc on est en train de nous appauvrir.

économies, excusez-moi monsieur Retailleau, mais je je le Rassemblement national dit il y a un éléphant au milieu de de la pièce, c'est le coût de l'immigration. Et et donc c'est ils comptent faire des économies sur cette sur cette gestion-là. Est-ce que vous le rejoignez dans cet ?

Ah non mais nous avons proposé dans le texte immigration un certain nombre de mesures qui permettaient de faire des économies. Euh là, certains disent "Ah l'immigration, ça coûte quelques milliards." D'autres disent "Ça coûte 50 ou 60 milliards." Nous pensons que ça coûte sans doute entre 5 et 10 milliards.

Deux propositions que nous avions fait, le fait de ne toucher euh des aides contributives, par exemple les allocations familiales, qu'au bout d'un certain temps, quand on arrive sur le territoire français et non contributives vous voulez ? Non contributives, pardon, excusez-moi. Euh première première piste.

Deuxième piste, l'aide médicale d'État. On est le seul pays d'Europe à avoir cette gratuité. Alors que les Français eux doivent payer.

Alors que on va demander 800 millions d'euros euh aux Français par exemple sur les boîtes de médicaments. Et et là, un étranger clandestin qui fraude, qui franchit la frontière euh voilà, de façon frauduleuse, il a un droit à une sécurité sociale et encore une fois, on est les seuls en Europe. Donc ça ça Ce pas normal.

On bien sûr et on peut je vous le confirme, on peut faire des milliards d'euros d'économies. On ne s'arrête pas là, on a toute une palette, notamment pour revoir notre modèle social, euh je vous en parlais tout à l'heure, bien sûr, sur la fraude, sur l'immigration, sur le tout gratuit, et cetera, qu'on peut facilement réaliser. Et on a fait des propositions.

Ouais, le Rassemblement national veut supprimer le droit du sol. Est-ce que c'est un texte que vous pourriez ? Non, nous on a euh je pense qu'il ne doit pas y avoir d'automaticité, voyez.

Et ce que nous avons proposé, c'est le retour plus que la suppression. Voilà, c'est le retour au dispositif Pasqua, c'est-à-dire que avant l'âge de la majorité, il faut choisir de devenir Français. Il faut choisir.

On ne doit pas devenir Français euh quand on est de parents étrangers par hasard. La question de Mayotte, la question de la Guyane se posait, j'y suis allé à Mayotte il y a quelques semaines, et effectivement, dans cette situation géographique là, avec cette déferlante migratoire qui est en train de submerger complètement euh Mayotte, on doit pouvoir supprimer euh le droit du sol. Mais ça passe par une restriction constitutionnelle. par une restriction constitutionnelle.

Et la restriction des postes possibles pour les binationaux, qu'est-ce que vous en ? C'est une bêtise. J'ai des sénateurs qui sont euh euh binationaux.

Euh Amin Maalouf, que j'aime beaucoup, il passe ses vacances en Vendée à à à l'Île-d'Yeu, il est franco-libanais. Donc c'est un c'est un signal qui est terrible sur le signal. Mais ensuite, ça existe.

Vous croyez que le patron de la DGSE est ? Vous croyez que le patron de la DGSI est ? Vous savez très bien que dans la République, sur des postes qui sont extrêmement sensibles, non seulement il y a une question de la binationalité ou de la mononationalité, mais il y a aussi beaucoup d'autres questions, ils font l'objet d'un criblage, une enquête, y compris familiale, amicale, très très serrée.

Voilà. Donc, une fois de plus, le Rassemblement national a montré que ce n'était pas sérieux, c'était très amateur. D'ailleurs, ce que j'observe, c'est que euh euh il il quelques jours, Marine Le Pen euh euh revenait en arrière.

Du reste, je je suis incapable aujourd'hui, mais vraiment incapable de vous dire quoi que ce soit sur le projet du Rassemblement national. Chaque jour, il détricote. Chaque jour.

En début de semaine, c'était le marché de l'électricité qu'il voulait sortir de l'Europe, là, il revient en arrière. Il y a quelques jours, c'était de ne pas imposer notamment un impôt sur le revenu les moins de 30 ans, maintenant, ils disent "Ah oui, mais on pourrait mettre un un plafond." On s'y retrouve pas, mais eux non plus, je ne C'est pas du tout.

Retailleau, donc on vous entend hein sur le le désastre à vos yeux que pourrait être une victoire du Rassemblement national, donc forcément, on se pose la question un deuxième tour des duels Rassemblement national Nouveau Front populaire, qu'est-ce que vous faites très ? Est-ce que vous faites barrage à l'extrême ? Est-ce que vous faites barrage au Nouveau Front ?

Qu'est-ce que vous ? J'ai un principe. À toutes les élections, à toutes les élections et à toutes les émissions avant un premier tour, on pose toujours cette question.

Quand il y a deux tours, évidemment. Mais là, c'est une question dans le débat politique où chacun se prononce un peu. Colline après colline.

Voilà. Si je répondais aujourd'hui de pas répondre à la question. absolument.

Je je l'assume. Je vais vous dire pourquoi. Parce que si je répondais à cette question, ça voudrait dire que j'aurais passé par pertes et profits tous nos candidats.

Or, je pense qu'au second tour, on peut avoir entre 50 et 100 candidats au second tour. Et moi, je me bats pour eux parce que ce sont des femmes et des gens des des hommes qui sont fidèles et qui se battent sur le terrain. Tous les jours, j'en ai, tous les jours, je les encourage.

Ils attendent pas de moi que j'acte notre défaite dimanche. Au contraire, on verra la semaine prochaine. J'aurai une réunion de groupe, nous en parlerons mardi.

Il y aura une décision de ? On va en parler en tout cas. Il peut y avoir mais mais sur ces questions-là, sur ces questions-là, j'ai toujours laissé une très grande liberté.

On a différentes sensibilités, c'est parfaitement naturel. Moi, j'ai toujours considéré qu'un groupe ce n'est pas une caserne et ces sensibilités peuvent s'exprimer à ce moment-là. Mais mais on en parle malgré tout entre nous.

On va parler de votre parti justement. Aurélien Pradié a donc annoncé hier qu'il quittait Les Républicains avec des mots très durs "LR est mort". Comment avez-vous ?

J'ai réagi je dois l'avoir encore sur sur mon téléphone. Sur le tweet qu'Aurélien Pradié a fait le 12 juin, c'était il y a quelques jours. Je vous lis le tweet.

C'était le 12 juin, presque hier. Je ne partirai pas des Républicains, chez les gaullistes c'est aux traîtres de partir, pas aux résistants. Si vous voulez je vous dis Parce que tu étais des traîtres, il est passé du côté des traîtres.

Non non non je je non non Après il a gardé sa carte de Républicain visiblement. Lui-même lui-même Il appelle à voter pour les candidats LR indépendants. il il il ne saurait dire mieux.

Voilà. Il parle de ? Il est passé du côté des traîtres.

C'est donc un déserteur, c'est ? En plus il dit j'ai un micro-parti, c'est le courage. Y a-t-il du courage à quitter le navire en pleine ?

Au moment justement où ses amis se font face à des situations difficiles dans les différentes circonscriptions. Voilà donc moi j'estime que c'est une clarification. J'ai souvent été vous le savez en désaccord avec Aurélien Pradié.

Je me souviens sur les retraites il avait poussé d'ailleurs à l'époque le gouvernement et notre groupe à l'Assemblée nationale à à notamment renforcer tout ce qui concernait les les les les carrières longues mais au-delà du raisonnable. Ce qui fait que aujourd'hui vous avez des étudiants qui rentrent dans des écoles prestigieuses et qui sont rémunérés. Bah ils sont en carrière longue.

C'est pas ça les carrières longues. Bon, carrière longue c'est quand on est maçon ou travailleur manuel on commence très très tôt, on est usé, on doit pouvoir partir avant 62 ans. On peut même partir quand on a 16 ans.

Au moment où je vous parle avec la réforme qui va rentrer qui est déjà rentrée je dirais en application mais qui aura sa plénitude d'application 2030, quand vous êtes à 16 ans vous pouvez partir à à à 58 ans. Mais sur sur le fond sur le fond monsieur Attalio est-ce que La clarification est-ce qu'il a pas raison de dire que LR est ? Je me souviens qu'on en avait déjà discuté ensemble.

Vous-même vous disiez que la marque LR était était morte, qu'il fallait reconstruire depuis les fondations la la la Vous avez Julien Cuye, je me souviens très bien. On en avait discuté ensemble lorsque je me présentais pour l'élection à la tête du parti. Il y en avait trois qui se présentaient.

Il y avait votre serviteur, il y avait sur ma droite Eric Ciotti et sur ma gauche euh il y avait Aurélien Pradié. Et j'étais le seul à dire que il fallait tout changer du sol au plafond, pas seulement le siège, la marque, le projet, le logiciel, fallait se faire ce travail. Résultat, vous voyez, on était trois.

Il y en a plus qu'un qui reste. Il y en a plus qu'un qui reste. Donc non, l'espace politique, je vais vous dire, il est c'est c'est pour ça que j'ai espoir.

Sans doute que LR est très fragilisée. On verra ce que de demain sera fait. Je pense que euh ça doit nous pousser justement à à nous nous renouveler complètement et à faire une nouvelle proposition.

Mais est-ce que c'est quand même un coup dur à à quatre jours des législatives ce départ d'Aurélien ? mais c'est ce que je viens de vous dire. On part pas avec un micro-parti qui s'appelle le courage, euh on on ne déserte pas euh sur un champ de bataille.

Ce que je veux vous dire sur la suite parce que cette question elle est fondamentale. Y a-t-il un espace ? La la mort ou la vie de LR en réalité ou d'un parti politique, c'est qu'est-ce qu'on ?

Bien, je le tripartisme c'est un poison. Bloc central, deux ailes radicales. Poison pour la démocratie puisque vous n'avez d'alternance possible que une alternance radicale.

Très bien. Et c'est pas bon du tout pour la 5e République. Mais regardez bien autour de nous.

Nous, on est les seuls à porter une idée très forte. On veut la liberté pour l'économie parce qu'on en a marre des charges, des impôts, on en a marre des normes comme les maires, comme les agriculteurs, les artisans et cetera. On est les seuls à avoir cette vision un peu libérale de l'économie.

Mais aussi à être très ferme sur le régalien. On l'a montré ici sur l'immigration. On l'a montré aussi sur un certain nombre de textes qui concernent la sécurité euh intérieure.

Le Rassemblement National, ils font mine d'être ferme sur le régalien, mine parce que je me souviens que les élus du Rassemblement national avaient voté contre le texte immigration. Bon, vous le notez ça quand même. Donc ils font mine d'être ferme sur le régalien, mais alors ils sont de gauche, c'est un programme économique de gauche mitterrandien.

Et c'est pas avec un programme économique de gauche qu'on peut redresser la France, qu'on peut donner à la France sa souveraineté. Regardez monsieur Macron, échec sur l'économie, 3000 milliards de dettes, on en parlait tout à l'heure, du chômage, double déficit commercial et cetera. Et alors échec total sur l'immigration, sur le régalien.

Donc il reste une place pour vous, pour une une Donc on est les seuls, une droite qu'on appelle classique mais qui doit se renouveler, qui tient la liberté, qui tient l'autorité parce que tout se tient. Vous n'aurez jamais la liberté dans le chaos. Non mais alors votre positionnement Bruno Retailleau, mais est-ce que vous pouvez continuer à peser tout ?

Il y a Édouard Philippe appelle à la construction d'une nouvelle majorité. Est-ce que vous avez les moyens de refuser sa main ? Le le le problème, Édouard Philippe très précisément a dit "Moi je veux construire un bloc central.

D'abord, moi je refuse le tripartisme, c'est le poison pour la 5e République." Je n'entrerai pas dans dans une logique de tripartisme. Donc ça veut dire refus d'une coalition avec avec le confidentiel, comme dans d'autres pays d'Europe pour un clivage droite-gauche qui est beaucoup plus net et qui donne le fait majoritaire à la 5e République.

Est-ce qu'il faut pas reconstruire une droite avec Édouard ? Non non mais ce n'est pas la droite qui veut reconstruire, c'est ce que je lui reproche. J'espère qu'il m'écoutera ce matin.

Il dit "De la gauche mitterrandienne à la droite conservatrice." Mais c'est le en même temps ça. Ça ne produit rien parce que vous avez une gauche mitterrandienne aujourd'hui, hollandaise si j'ose dire, qui s'est alliée avec l'extrême gauche et qui était contaminée par cet accord par LFI et par les idées extrêmement toxiques de LFI.

Et vous voyez bien que par ailleurs, au-delà des convictions, quand vous assemblez des serviettes et des torchons, ça ne produit rien, ça ne produit que l'impuissance puisque vous avez une aile gauche, une aile droite et il va falloir trouver là encore une fois un équilibre subtil où on ne peut rien faire. Or la France aujourd'hui a besoin de réformes, de vraies réformes, des réformes radicales. Et ça, voyez, ce ce grand bloc de la gauche à la droite, ça ne marche pas. que vous dites oui pour une coalition mais sans la gauche entre vous Non mais ça ne se pose pas.

Moi je si la question reste se pose pas. dis aux électeurs de droite que c'est nous qui portons les vraies idées de droite aujourd'hui sur l'économie et sur le régalien. Et je leur dis ne séparez pas l'économie du régalien.

Parce que aujourd'hui s'il y a pas de réforme, de réforme de l'État, l'État vorace, l'État obèse a totalement mangé l'État régalien. Donc madame Le Pen qui veut faire plus de dépenses elle pourra pas avoir elle pourra pas redresser le la sécurité et l'État régalien si elle fait pas cet effort-là. C'est nous qui représentons il faut envoyer le maximum de députés parce qu'on sera un bouclier contre les folies de l'extrême gauche ou les impéricies, l'à-peu-près, l'approximation du Rassemblement National.

Ça me fait penser à une une expression que qu'a porté Emmanuel Macron qui a évoqué le risque de guerre civile en cas de majorité absolue pour le Rassemblement National ou le Nouveau Front Populaire. Est-ce que vous souscrivez à cette ? Non, personne peut y souscrire.

Personne. La hyper sont sans froid franchement. Hyper sont sans froid.

Vous ne pouvez pas euh faire une dissolution, c'est-à-dire redonner euh la parole la parole au peuple euh en en en en disant que il faut que le peuple vote d'une certaine façon. Déjà les conditions, quand on est égoïste comme moi, conditions de cette dissolution, une dissolution, je vous rappelle c'est fait pour sortir d'une crise. C'est pas fait pour que le pays entre dans une nouvelle crise.

Donc il y a une conception Quel juillet il y a pour ? C'est le risque en tout cas mais c'est le risque s'il y a pas du tout de majorité, euh c'est un risque même d'une crise de régime. Ce qui serait grave.

La La France n'a vraiment pas besoin de cela. Il peut tenir. Marine Le Pen a des doutes.

Elle dit "Il ne pourra pas tenir plus d'un plus d'un an Emmanuel Macron dans ces conditions." Écoutez, je je je n'entre pas Il y a des institutions. Moi, je suis respectueux des des institutions.

Euh il y a deux hypothèses, une hypothèse où il y a une majorité absolue, il y a une cohabitation, on sait à peu près comment ça peut fonctionner. Euh même si ce serait, je pense, une cohabitation de combat vraisemblablement. Et puis il y a une autre hypothèse où alors c'est une majorité introuvable, un un gouvernement introuvable et là c'est le grand saut dans l'inconnu au moment où la France est très fragilisée, où la note financière de la France a été dégradée, où on voit bien il y a un an c'était le début des émeutes.

Pensez-vous d'ailleurs qu'Emmanuel Macron ait tiré les leçons, les conséquences de ces ? C'est incroyable, rien. Hmm.

Vraiment franchement, le régalien c'est l'angle mort du macronisme. Non, moi sur la majorité sénatoriale, puisque vous êtes allés aux centristes dont le président Hervé Marseille fait campagne aux côtés de Gabriel Attal, il l'a fait aux européennes, il fait aux législatives, est-ce que la majorité peut tenir dans ces ? Alors, il y a une majorité et je pense que euh euh nous tiendrons.

Nous avons déjà tenu par le passé avec des réformes qui étaient pas toujours très populaires et qui étaient très fortes et on était capable ici au Sénat de voter de vraies réformes radicales comme je disais. Deux exemples très différents. La réforme des retraites, c'est nous qui l'avons portée.

Elle a été conçue d'ailleurs ici au Sénat, vous le savez. Et euh la réforme sur l'immigration où franchement euh nos amis centristes euh nous ont accompagnés, c'est un texte qu'on a écrit ensemble avec des mesures très très fermes. Qui n'était pas centriste.

Il y avait il y avait des désaccords. Bah oui, non, mais le texte mais on a voté Rendez-vous compte qu'on a voté ici euh pratiquement aux deux tiers le texte immigration à une très forte majorité. Donc moi, je pense que bien sûr la majorité, j'en ai aucun doute.

La majorité tiendra, je fais confiance aussi à Hervé Marseille qui est qui est du du l'Union centriste. et elle tiendra parce que dans cette période d'instabilité, le Sénat va rendre un immense service aux Français où seront un pôle protecteur. Nous incarnerons un pôle de stabilité.

Et je crois que chaque sénateur de droite et du centre aura cette conscience euh assez grave d'ailleurs de jouer un rôle pas pour son groupe politique parlementaire, mais pour le pays tout entier, pour les Français. Un dernier mot Bruno Retailleau puisque vous estimez qu'Éric Ciotti ne peut plus être président des Républicains, est-ce que aujourd'hui vous avez envie de l'être de l'être ? Ah non, oh pitié alors là là là donc là on est parti du 1er tour.

Julien Guiller m'a posé la question des consignes pour le 2e tour et là vous êtes au 3e tour. Mais non, vous cherchez à exclure Éric Ciotti de la présidence des Républicains. Vous avez été candidat la dernière fois, est-ce que vous avez envie de l'être à ?

Euh c'est c'est pas une question d'envie parce que vous savez euh il y a un énorme travail à faire. En tout cas, moi je participerai au relèvement de ma famille politique. Il y a 4 ans, j'ai écrit un livre, il avait un titre : Refondation.

Refondation, ouais. Le le le diagnostic que j'avais posé euh à l'époque, j'en retire pas une ligne, pas un mot. Il faut tout refaire, y compris sur le logiciel.

Euh certes, il faudra une incarnation bien sûr pour la présidentielle, mais il faut d'abord des idées qu'on proposera aux Français, le travail qui paie grâce à l'effort, l'école qui transmet un héritage, euh le régalien quand il y a des fautes, quand il y a des violences, c'est la sanction, c'est la prison et il y a une identité commune, le redonner aux Français le goût de la France. C'est ça la droite en France aujourd'hui et demain. Merci Bruno Retailleau.

Merci beaucoup d'avoir été notre invité à la une de La Voix du Nord, Julien. Oui, pourquoi les femmes votent moins en effet quelques explications, elles se sont un peu exclues de cette campagne qui est euh phagocytée par d'autres thèmes. Et c'est à dire dans La Voix du Nord.

Merci Julien. On continue à parler des législatives tout de suite dans le club.