En Calédonie, la paix par-dessus de tout
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Locuteur 1Fait
« c'est peu que 5 minutes dans une séquence de 36 années qui m'ont impliqué dans chacun des débats parlementaires au destin de la Nouvelle-Calédonie »
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« la situation de la Nouvelle-Calédonie est de nouveau dans un moment de difficulté »
- 2:00Locuteur 1Fait
« il y avait là-bas une situation coloniale et que par conséquent, il y avait au moins deux peuples »
- 3:30Locuteur 1Fait
« l'État unitaire n'existe plus en France, c'est dur à dire et dur à entendre mais la Polynésie française a un gouvernement »
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« s'il y a colonisation, s'il y a plusieurs peuples, si le processus, comme l'a dit l'accord de Matignon, est de décoloniser »
- 6:00Locuteur 1Fait
« la partie indépendantiste déclare que le résultat est nul et non avenu »
- 7:00Locuteur 1Fait
« nous devons premièrement l'entendre et ne chercher à rien brutaliser ou précipiter »
- 8:00Locuteur 1Fait
« on partirait de l'illusion que l'un peut avoir raison absolument contre l'autre »
- 9:00Locuteur 1Promesse
« la prochaine présidence doit prendre acte du blocage, faire une nouvelle proposition, la soumettre au vote des Calédoniens »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Président, ministre, collègues, c'est peu que 5 minutes dans une séquence de 36 années qui m'ont impliqué dans chacun des débats parlementaires au destin de la Nouvelle-Calédonie pour la modeste part qui était celle d'un parlementaire et d'un français qui aime sa patrie et ne l'aime jamais tant que lorsqu'elle est au pinacle des valeurs qui la constituente. La situation de la Nouvelle-Calédonie est de nouveau dans un moment de difficulté et rien ne serait pire que de nier la difficulté mais rien ne serait pire non plus que de l'aborder avec un formalisme qui consisterait à dire comme on le dirait pour une élection municipale ou régionale sur le territoire de l'hexagone peu importe qu'il n'y ait eu que 30 % de votant en vote est en vote et chacun n'a qu'à donner son avis par les bulletins de votes. Non, car la Calédonie depuis l'accord de Numéa où la France, la République française, le gouvernement français et tous ceux qui se sont succédés depuis a reconnu un fait inoui, unique sur tout le territoire de la République aujourd'hui, c'est qu'il y avait là-bas une situation coloniale et que par conséquent, il y avait au moins deux peuples, ce qui n'existe nulle part ailleurs sur le territoire de la République française en conformité avec les principes philosophiques qui nous anime nous autres républicains français qui est que on ne distingue pas d'autres peuples que celui qui est constitué par la communauté légale.
Ça a été notre état d'esprit pendant ces siècles et nous savons tous que nous avons buté sur des difficultés avec des méthodes que cette formule n'a pas permis d'affronter correctement jusqu'au point que il a fallu la décolonisation a voulu dire partout la constitution d'État nation séparé distinct indépendant de la France. cette histoire est écrite. Peut-être peut-on faire mieux ?
Peut-être pourrait-on même tirer de la difficulté dans laquelle se trouve aujourd'hui la Calédonie des enseignements et des méthodes qui vaudrait pour les autres territoires éloignés ou à l'histoire néocoloniale qui constitue la réalité française aujourd'hui pour essayer de trouver à partir de cet exemple et des propos que vous venez de tenir collègue Gomez dans lequel je mesure toute l'évolution qui a été celle de la partie non indépendantiste de la Calédonie au cours des 40 années qui viennent de s'écouler car avant vous on ne parlait pas comme ça et j'ai entendu l'état d'esprit extrêmement ouvert qui est le vôtre et la disponibilité à la réflexion sur la façon de se sortir de tout ça. L'État unitaire n'existe plus en France, c'est dur à dire et dur à entendre mais la Polynésie française a un gouvernement. Le territoire du Congrès de le la Calédonie a un gouvernement et d'autres chacun des territoires.
La Martinique n'a qu'une assemblée, la Guadeloupe en a deux, la Guyane en a un et la Corse a une collectivité spécifique. Les problèmes d'ailleurs posés en Corse pourraient être analysés à partir des réalités et des enseignements que nous tirerions par exemple aussi de la difficulté calédonienne. C'est pourquoi tout en enregistrant la difficulté, je veux dire que je me sens concerné, je me sens impliqué et je me sens directement interpellé par l'issue que l'on peut donner à cette situation dans un cadre caldonien et un cadre national.
Dès lors, s'il y a colonisation, s'il y a plusieurs peuples, si le processus, comme l'a dit l'accord de Matignon, est de décoloniser, s'il y a un droit à l'autodétermination qui a été reconnu à un corps électoral local, s'il y a une autorité politique constituée le congrès du territoire, alors rien ne peut se penser en dehors non seulement du texte de l'accord de Numéa, mais de son esprit, de l'esprit de conciliation qui s'y trouve. Je veux dire que dès lors que la partie indépendantiste déclare que le résultat est nul et non avenu, qu'elle fait même une démarche auprès des autorités légales de notre République pour revenir sur ce résultat, nous sommes dans l'obligation de considérer que l'accord de Matignon n'a pas fini son travail. Je dis bien l'accord de Matignon.
Dès lors, puisque la partie indépendantiste dit qu'elle ne discutera de rien jusqu'à la fin de la nouvelle élection présidentielle, nous devons premièrement l'entendre et ne chercher à rien brutaliser ou précipiter. Deuxièmement, cette discussion doit avoir lieu avec un état d'esprit ouvert, ouvert peut-être, s'il le fallait dans l'esprit des accords de Numéa, jusqu'à imaginer qu'on reconduise encore pour 10 ans la situation qui était prévue par le contrat de l'accord de Numéa, c'est-à-dire tout faire qui évite la confrontation ou comme vous l'avez si bien dit, collègue Gomez, on partirait de l'illusion que l'un peut avoir raison absolument contre l'autre. Ce n'est pas possible.
En tout cas, c'est ainsi que pour ma part, je l'entends et je vais conclure. Pour ma part, je pense que la prochaine présidence doit prendre acte du blocage, faire une nouvelle proposition, la soumettre au vote des Calédoniens, aller jusqu'à, s'il trouvait un accord sur ce point, reconduire l'ensemble de l'accord pour un nouveau cycle décénal. Et si un nouveau statut devait être discuté, alors que on considère que celui qui est en place ne changera pas tant que le nouveau statut n'aura pas été accepté par tout le monde.
Ce qui revient à dire la proposition numéro 1 que j'ai fait. Sauf si un cadre d'ensemble déteêtre à être défini par l'ensemble des territoires éloignés et insulaires de la République française. Collègue Gomez, collègues de la Calédonie, je vous souhaite le meilleur à vous et au peuple de la Calédonie.
Je dis bien au peuple au pluriel des îles loyauté de Béllep, de la grande terre, province du nord, province du sud, il dépend. Et que chacun sache là-bas, quel que soit le peuple auquel il dit qu'il se rattache, que l'amour de la patrie française est acquise à chacun.
Jean-Luc Mélenchon