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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 23 mars 2026 9 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleSécurité

Ces élections municipales prouvent que "la tambouille ça ne fonctionne pas", pour Raphaël Glucksmann

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse directe

    Quelles leçons tirez-vous de ces résultats de ce second tour des municipales ?

  • 1:14OuverteRéponse directe

    Vous faites référence aux positions prises par Olivier Faure et le Parti Socialiste. Vous voyez un désaveu de leur stratégie ?

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    À Lyon et Nantes, les alliances ont fonctionné. Comment l'expliquez-vous ?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Les socialistes disent que la France insoumise fait perdre. Qu'en pensez-vous ?

  • 3:43FerméeÉludée

    Est-ce que vous considérez Olivier Faure encore légitime pour diriger le Parti socialiste ?

  • 4:07OuverteRéponse directe

    Marine Tourdelier a critiqué les résultats des municipales. Que répondez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14Invité politiqueFait
    « Paris, Lyon, Marseille qui reste à gauche, la droite qui conquiert des bastions socialistes historiques, le Rassemblement National qui s'enracine. »
  • 1:01PrésentateurFait
    « Vous ne pouvez pas dire, Jean-Luc Mélenchon bafoue les principes républicains et tient des propos antisémites. Et 15 jours plus tard, vous alliez avec lui. »
  • 3:20PrésentateurChiffre
    « Aux Européennes, nous avons fait 14% sur une ligne extrêmement claire, alors que la social-démocratie française n'avait pas fait plus de 6% depuis plus de 10 ans à une élection nationale. »
  • 5:11PrésentateurFait
    « Si la gauche, c'est la lutte pour l'émancipation, si la gauche, c'est la République, si la gauche, c'est la fin de l'assignation à résidence identitaire, la gauche, c'est d'assumer la construction européenne jusqu'au bout. »
  • 7:10PrésentateurPromesse
    « On a désormais un an, un an, pour que la gauche républicaine soit la digue face au Rassemblement National. »
  • 8:41PrésentateurPromesse
    « Personne ne doit penser que 2027, c'est une élection comme les autres. Il va falloir y aller pour gagner. »

Temps de parole

  • Présentateur77 %
  • Raphaël Glucksmann23 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

7h49 sur France Inter, Benjamin Duhamel, votre invité est eurodéputé et coprésident de place publique.

0:07
Raphaël Glucksmann

Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter pour votre première réaction au lendemain de ce second tour des municipales. Paris, Lyon, Marseille qui reste à gauche, la droite qui conquiert des bastions socialistes historiques, le Rassemblement National qui s'enracine. Quelles leçons est-ce que vous tirez de ces résultats de ce second tour des municipales ?

0:26
Présentateur

Vous savez, dans la démocratie, ce sont les électeurs qui sont les seuls maîtres. Et les électeurs ont tranché. Ils ont tranché pour la clarté. Pour la clarté, lorsque la droite refuse l'alliance avec l'extrême droite. Et pour la clarté, lorsque la gauche républicaine tient ferme sur ses appuis. Vous savez, la gauche républicaine qui refuse l'alliance avec les filles, elle gagne. Elle gagne à Paris, elle gagne à Marseille, elle gagne à Lille, elle gagne à Montpellier, elle gagne à Rennes, elle gagne à Saint-Etienne. Et c'est une leçon immense pour l'avenir. La tambouille, ça ne fonctionne pas.

Vous savez, vous ne pouvez pas dire, Jean-Luc Mélenchon bafoue les principes républicains et tient des propos antisémites. Et 15 jours plus tard, vous alliez avec lui. Ça ne marche pas. Les électeurs n'en veulent pas.

1:14
Raphaël Glucksmann

Donc là, Raphaël Guzman, vous faites référence aux positions prises par Olivier Faure et le Parti Socialiste. Vous voyez dans ces résultats, notamment ce qui s'est passé à Toulouse, à Limoges, un désaveu de la stratégie du Parti Socialiste et de ses alliances entre l'EPS et la France.

1:27
Présentateur

Ce que je vois, c'est qu'en fait, la seule manière de gagner, c'est la clarté. Et que lorsque je parle de clarté, je ne parle pas simplement d'éthique ou de morale. Moi, j'ai entendu les critiques qui disaient « oui, c'est un moraliste, son intransigeance va nous conduire dans le monde ». Mais attendez, la clarté, c'est une stratégie politique autant qu'une affaire de morale. Et quand vous êtes clair, eh bien vous gagnez. Quand Emmanuel Grégoire est clair, il remporte une fantastique victoire. Quand Benoît Payan est clair, alors qu'il a face à lui le Rassemblement National, eh bien il fait céder ses adversaires.

2:00
Raphaël Glucksmann

Il y a aussi, Raphaël Guzman, des villes où ça a marché. À Lyon, le rassemblement derrière Grégoire et Doucet, ça a fonctionné. À Nantes, la numéro 2 du Parti Socialiste, Johanna Roland, qui s'allie avec la France Insoumise. Là, ça n'a pas empêché leur victoire à tous les deux.

2:12
Présentateur

Vous vous rendez compte ? En fait, on a une situation où on a un message complètement illisible. Moi, ce que je vous dis, et j'en suis convaincu, c'est que le seul chemin pour que la gauche gouverne à nouveau ce pays, et c'est ça le but, pour que la gauche soit la digue, la gauche républicaine soit la digue face au Rassemblement National qui s'enracine partout dans le pays, dans toutes les villes moyennes, eh bien c'est la clarté. C'est la clarté, c'est la fin du flou artistique, c'est la fin de l'ambiguïté cultivée comme stratégie.

Et que, finalement, quand vous prenez une décision, quand vous tranchez, eh bien oui, vous prenez toujours un risque, mais que c'est la seule manière d'être digne à nouveau de gouverner la France.

2:51
Raphaël Glucksmann

Mais ce qui est singulier, Raphaël Guzman, c'est que quand on entendait les réactions des socialistes hier soir, il disait à peu près ce que vous dites ce matin, Pierre Jouvet, effectivement, qui dit « Maintenant, la France insoumise fait perdre », c'est vrai qu'il faut rappeler que ce sont ces mêmes socialistes qui plaidaient en faveur des alliances locales pendant cet entre-deux-tours. Est-ce que vous comprenez encore quelque chose à la ligne du Parti socialiste ?

3:10
Présentateur

Ce que je comprends, c'est qu'en fait, les urnes viennent de nous donner une leçon. Et que ce n'est pas la première fois. Aux Européennes, nous avons fait 14% sur une ligne extrêmement claire, alors que la social-démocratie française n'avait pas fait plus de 6% depuis plus de 10 ans à une élection nationale. Eh bien, c'est la même chose qui s'est produite hier. Et moi, ce que je veux, c'est que nous construisions sur cette base. C'est ce que je répète.

3:37
Raphaël Glucksmann

Mais ça, Raphaël Guzman, l'éloge de la clarté, je crois qu'on a compris, sur le Parti socialiste et la ligne prise par Olivier Faure. Est-ce que vous la comprenez ou est-ce que vous considérez ce matin qu'il n'est plus légitime pour diriger le Parti socialiste, compte tenu de ses têtes à queue stratégiques ?

3:51
Présentateur

Ce que je veux, moi, c'est rassembler les gens sur une ligne claire. Je peux vous le répéter 50 fois parce qu'en fait, apparemment, les appareils politiques ont du mal à le comprendre. Et ils pensent que c'est déconnecté. J'entends leur mot. C'est déconnecté. Non, ce n'est pas déconnecté. C'est complètement connecté aux attentes des Françaises et des Français.

4:07
Raphaël Glucksmann

Oui, Marine Tourdelier a dit, par exemple, Raphaël Glucksmann, François Hollande, ils seront contents d'être à la tête de cimetière de ville où la gauche est défaite.

4:14
Présentateur

Mais ce que l'on veut, c'est l'inverse du cimetière. Et je veux dire, le procès en déconnexion venant d'appareils politiques qui se plantent à chaque élection, il ne vaut rien. Parce qu'être connecté, c'est répondre aux attentes des électrices et des électeurs. Être connecté, c'est répondre à ces électrices et électeurs de gauche qui, par exemple, sur le marché de Lavore, dans le Tarn, viennent me voir pour me dire, mais cette fois-ci, vous ne refaites pas toujours le même coup de la tambouille. Vous êtes clair, vous êtes digne, vous êtes ferme sur vos appuis.

Et à ce moment-là, alors oui, nous viendrons et nous pourrons créer une dynamique dans le pays et nous pourrons empêcher la bascule de la France au rassemblement national. La clarté, ça veut dire les gauches irréconciliables ? Mais ça veut dire qu'en fait, quand vous jouez sur les non-juifs, quand vous bafouez les principes républicains, vous n'êtes pas la gauche, ce n'est pas notre famille, ce n'est pas notre histoire, ce n'est pas notre tradition. Donc ça veut dire des gauches irréconciliables ? Mais pour moi, ils ne sont pas de gauche. Enfin, je veux dire, qu'est-ce que c'est que la gauche ?

Si la gauche, c'est la lutte pour l'émancipation, si la gauche, c'est la République, si la gauche, c'est la fin de l'assignation à résidence identitaire, la gauche, c'est d'assumer la construction européenne jusqu'au bout. Nous sommes la gauche, nous sommes la gauche qui peut gagner, nous sommes la gauche républicaine, nous sommes la gauche solidaire. Jean-Luc Mélenchon, la France en famille, ce n'est pas la gauche. Ce n'est pas notre histoire, ce n'est pas notre famille. Ils ont quitté les rives de cela. Ils ont quitté les rives de cela, et il faut le dire une fois pour toutes.

Ce n'est pas quelque chose qu'on peut effacer d'un coup d'éponge dans une salle obscure pour faire des négociations électorales. Donc en fait, la seule manière, la seule manière, c'est de renouer avec notre histoire. C'est de montrer qu'en fait, on peut être viscéralement attaché à la justice sociale, aux services publics, et fondamentalement attaché aux principes de la démocratie libérale, qu'on peut voter en étant à la fois complètement écolo, complètement favorable à la transformation écologique, et farouche partisan de l'Europe, qu'on n'a pas besoin de se scinder intérieurement à chaque élection.

6:04
Raphaël Glucksmann

Vous pouvez dire, si vous voulez que Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise, ce n'est pas la gauche, simplement, on voit aussi des victoires du côté de la France insoumise, en plus de Saint-Denis au premier tour à la Courneuve, à Roubaix, à Vaud-en-Velin, à Creil, à Vénissieux. Parce que ça aussi, c'est un mouvement en faveur de la gauche, de villes qui, par ailleurs, ont un électorat populaire. C'est ce que Jean-Luc Mélenchon appelle la Nouvelle France.

6:22
Présentateur

Mais il n'y a pas de Nouvelle France. Il n'y a pas d'ancienne France. Il n'y a que la France. Et vous savez, il faut s'adresser à tous les Français, en tant que citoyens français. Et moi, je ne me résous pas à ce que les quartiers populaires des métropoles soient désormais simplement captés par la France insoumise.

D'ailleurs, tout comme je ne me résous pas à ce que les villes moyennes françaises soient aujourd'hui captées par le Rassemblement National, il va falloir qu'on aille partout, dans tous les quartiers français, qu'on reprenne le métier à tisser de la République française, qu'on lance une politique forte sur l'école, sur l'intégration, sur la justice sociale, pour que l'ensemble des Françaises et des Français trouvent leur place dans le projet de redressement et le contrat patriotique qu'on va leur proposer. Mais moi, ce que je veux vous dire, c'est qu'en fait, la bataille de la France a commencé.

On a désormais un an, un an, pour que la gauche républicaine soit la digue face au Rassemblement National. Un an pour proposer un nouveau contrat patriotique à la France. Un an pour reprendre le drapeau tricolore des mains du Rassemblement National et un an pour reprendre le drapeau de la justice sociale des mains de ceux qui la vilissent.

7:32
Raphaël Glucksmann

Un an avant l'élection présidentielle, il y a un sondage paru hier soir à Aris qui vous donne, en vue de 2027, à 14% devant Jean-Luc Mélenchon qui est à 11%. Je pense que ça frappera les auditeurs ce matin. Vous parlez comme un candidat à l'élection présidentielle. Qu'est-ce qui pourrait encore vous empêcher de concourir à cette élection ?

7:49
Présentateur

Là, le moment maintenant, c'est de se rassembler autour d'un projet, autour d'un cap clair, autour d'une stratégie qui ne soit pas une tambouille et de montrer qu'il y a un chemin. Moi, ce que je veux dire d'abord à tous les auditeurs qui nous écoutent, c'est qu'il n'y a aucune raison de renoncer. Il n'y a aucune raison de se résigner à la bascule. Il n'y a aucune raison de se résigner à la bascule. Pourquoi ? Parce que oui, le Rassemblement National est en train de progresser. Mais il y a quand même encore un sursaut possible. Vous l'avez vu à Lens, vous l'avez vu à Toulon, vous l'avez vu à Nîmes.

8:23
Raphaël Glucksmann

Vous ne répondez pas à ma question. Qu'est-ce qui pourrait vous empêcher d'être candidat à l'élection présidentielle ?

8:26
Présentateur

Mais simplement de ne pas être la personne qui va pouvoir gagner. Moi, je vous le dis aujourd'hui. Pourquoi je suis en tête ? Parce que j'incarne cette clarté. Parce que j'incarne cette ligne. Et donc, je veux la construire, cette ligne, en rassemblant tous ceux qui la partagent. Mais maintenant, moi, je vais vous dire une chose. Personne ne doit penser que 2027, c'est une élection comme les autres. Il va falloir y aller pour gagner. Nous n'avons pas le droit de perdre. Parce qu'en face de nous, ce sera la bascule de la France dans le trumpisme et dans le poutinisme. Et donc, ce n'est pas une affaire d'égo, c'est une affaire de ligne politique.

Merci, Raphaël Glucksmann, d'avoir réservé à France Inter votre première réaction sur les municipales. Et à tout à l'heure.

Ces élections municipales prouvent que "la tambouille ça ne fonctionne pas", pour Raphaël Glucksmann — Raphaël Glucksmann · Pourquijevote