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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 9 août 2024 26 minComplaisantActualité / polémiqueLogementSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Bilan des Jeux, héritage en Seine-Saint-Denis... Le "8h30 franceinfo" de Mathieu Hanotin et Karim Bouamrane

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteRéponse directe

    Je commence par vous, vous le maire de Saint-Ouen, Karim Boamrane, la France qui brille en sport collectif.

  • 0:48OuverteRéponse directe

    Vous l'avez suivi où ce match l'un et l'autre ?

  • 1:22OuverteRéponse directe

    C'est clair que la France revenait quand même d'assez loin, Mathieu Anotin. Vous étiez au stade aussi ?

  • 2:28OuverteRéponse directe

    Et j'ai envie de vous demander, les Américains, est-ce que c'est jouable pour vous ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça résonne particulièrement chez vous, en Seine-Saint-Denis, vous qui êtes maire tous les deux de ces villes socialistes de Seine-Saint-Denis ?

  • 4:54OuverteRéponse directe

    Les grosses figures, la Seine-Saint-Denis a ses icônes quand même, Pritka Pavade en tennis de table, même si elle n'a pas performé. Vous avez votre médaille d'euro de triathlon, Cassandre Beaugrand, qui est de Livry Gargan. Mais les stars de ces Olympiades sont passées par la Seine-Saint-Denis aussi, sur les fanzones ou autres ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:24Invité politiqueFait
    « Et une petite pensée pour notre ami Tony Parker, parce qu'on va ouvrir l'académie Tony Parker à Saint-Ouen. »
  • 1:37Invité politiqueFait
    « Il y a quand même, depuis dix ans, reconstruit complètement le basket français. »
  • 1:42Invité politiqueFait
    « Et justement, on travaille avec la Fédération pour reconstruire le basket en Seine-Saint-Denis, avec l'arrivée de la Tony Parker Academy à Saint-Ouen, »
  • 1:52Invité politiqueFait
    « avec l'arrivée aussi du Paris Basket à l'aréna Porte de la Chapelle, aux portes de la Seine-Saint-Denis, à 100 mètres de Seine-Saint-Denis pour le coup. »
  • 2:44Invité politiqueFait
    « L'élément déclencheur, ça a été l'équipe de handball dans les années 90. On a été la première championne du monde. »
  • 11:10Invité politiqueFait
    « Mais oui, il faut que sur cette prise en charge de l'extrême difficulté sociale, des gens qui sont en situation d'urgence absolue, qu'il faut héberger, »
  • 12:25Invité politiqueChiffre
    « c'est qu'une ville comme Saint-Denis, je n'ai pas les chiffres de Saint-Ouen, mais c'est plus de 4000, on va dire, hébergements d'urgence, »
  • 12:41Invité politiqueChiffre
    « La moyenne, la prise en charge de l'hébergement d'urgence dans les villes, je parle de Paris, métropole, on est à moins de 1%. »
  • 12:56Invité politiqueFait
    « qui est déjà extrêmement longue, »
  • 13:47Invité politiqueFait
    « On a fait en sorte que le village olympique, c'est concret, se transforme en logement. »
  • 14:00Invité politiqueChiffre
    « En ce qui nous concerne, on en récupère 1 000 avec... »
  • 14:37Invité politiqueChiffre
    « Et nous, on est monté à 25% de logements sociaux. »
  • 19:26Invité politiqueFait
    « juste sur ce territoire de Pleine Commune, ils auront permis la construction de trois nouvelles piscines, par exemple. »
  • 19:37Invité politiqueFait
    « Ils auront permis la rénovation complète de quatre grands pôles sportifs, »
  • 24:01Invité politiqueChiffre
    « aujourd'hui, on est plutôt à 50%. »

Temps de parole

  • Invité politique40 %
  • Karim Bouamrane35 %
  • Présentateur9 %
  • Invité9 %
  • Invité 26 %

3,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Mathieu Annotin, et bonjour Karim Boamran. Je commence par vous, vous le maire de Saint-Ouen, Karim Boamran, la France qui brille en sport collectif. On s'est sans doute régalé chez vous hier soir avec les basketteurs français qui sortent les champions du monde et qui vont affronter les Américains en finale.

0:19
Karim Bouamrane

Une grande fierté à l'image de tout ce qu'on fait au niveau sport-coum et sport individuel. Et une petite pensée pour notre ami Tony Parker, parce qu'on va ouvrir l'académie Tony Parker à Saint-Ouen. Et je pense, une petite pensée aussi au peuple serbe, parce que ça s'est joué à peu de choses, c'était vraiment le petit pousset contre le grand Goliath. Et une ambiance exceptionnelle, on voit vraiment à quel point la nation fait corps très concrètement autour d'une équipe exceptionnelle qui est l'équipe de France de basketball. Donc j'y crois, j'y crois et j'espère vraiment qu'on va gagner cette médaille d'or.

0:48
Invité

Vous l'avez suivi où ce match l'un et l'autre ?

0:51
Karim Bouamrane

Je vais ou je vais ? Alors exceptionnellement, moi j'étais en live, donc j'étais sur place et on a pu voir. Au stade. Au stade, j'étais au stade. Une ambiance exceptionnelle, tout le monde entonne la Marseillaise. Vraiment, on voit à quel point l'équipe de France arrive à nous rassembler, à nous fédérer. Et surtout en suspense haletant jusqu'à la dernière seconde. Donc il faut savoir que l'Allemagne nous avait fait du mal pendant les poules qualificatives. Et là, on est arrivé, on a montré qu'on était la France. Et la France, on gagne.

1:22
Invité

C'est clair que la France revenait quand même d'assez loin, Mathieu Anotin. Vous étiez au stade aussi ?

1:27
Invité politique

J'étais au stade aussi. C'était un moment exceptionnel. J'ai eu la chance d'être invité par le président de la Fédération, Jean-Pierre Suita, que je salue pour son travail exceptionnel. Il y a quand même, depuis dix ans, reconstruit complètement le basket français. Et justement, on travaille avec la Fédération pour reconstruire le basket en Seine-Saint-Denis, avec l'arrivée de la Tony Parker Academy à Saint-Ouen, avec l'arrivée aussi du Paris Basket à l'aréna Porte de la Chapelle, aux portes de la Seine-Saint-Denis, à 100 mètres de Seine-Saint-Denis pour le coup.

Et moi, ce que j'ai senti vraiment hier, c'est un peu ce mouvement profond du basket français qui se relançait depuis dix ans et qui, là, faisait une deuxième finale olympique de suite. Et à Paris, avec une ambiance absolument magique. D'ailleurs, dès qu'on est en finale, on les a même entendus pendant le deuxième match, tout au long du deuxième match.

2:21
Invité

Ah oui, j'ai compris qu'en vous entendant discuter juste avant qu'on démarre l'interview, que vous êtes très très pointus. Et j'ai envie de vous demander, les Américains, est-ce que c'est jouable pour vous ?

2:31
Karim Bouamrane

Tout est jouable. Sur un match, tout est jouable. Et comme je le dis souvent, et Thierry-Henri l'a rappelé encore hier, on est la France.

2:38
Invité

Ça veut dire quoi, ça ?

2:38
Karim Bouamrane

On est la France, c'est-à-dire qu'on a une capacité à pouvoir gagner dans les grands éléments, pendant les grands moments, à se dépasser. L'élément déclencheur, ça a été l'équipe de handball dans les années 90. On a été la première championne du monde. Ensuite, 98, et on a pété ce plafond de verre. Et quand on fait le parallèle avec la politique, c'est exactement ça. Donc, on a une capacité à les chercher. Donc, moi, j'y crois. Je pense que sur un match, tout est possible.

2:59
Présentateur

Alors, il y a le basket, mais il y a aussi le football, le volet, le handball féminin encore hier. Exceptionnel. Ces sports collectifs qui réussissent très, très bien au bleu pour ces Jeux. Est-ce que ça résonne particulièrement chez vous, en Seine-Saint-Denis, vous qui êtes maire tous les deux de ces villes socialistes de Seine-Saint-Denis ?

3:17
Invité politique

En tout cas, ce qui est sûr, c'est que cet esprit collectif, on le voit bien, ce n'est pas celui qui est le plus pourvoyeur en termes de nombre de médailles. Parce qu'à la fin, tout ça fait une médaille. Non, mais tout ça fait un sport, une médaille, entre guillemets. Mais par rapport à l'intensité, l'engouement que ça génère, je trouve que ça correspond aussi bien à l'ADN de notre pays, et à l'ADN, en tout cas, de nous, nos vies, de nos territoires, et de ce qu'on veut essayer de construire, quelque chose d'éminemment collectif, et de montrer que c'est aussi ensemble qu'on peut construire et trouver les solutions. Le ciment aussi, surtout.

Y compris pour les territoires populaires, les villes populaires, de banlieues comme nous.

3:56
Invité

Karim Borat, Moabran ?

3:57
Karim Bouamrane

Le ciment au niveau républicain, que ce soit en Seine-Saint-Denis, que ce soit dans la région Occitanie, je vois notre ami vice-président en charge d'espoir, Kamel Chibli, à la région Occitanie, qui a pu récolter une myriade de médailles avec marchands, avec Dupont, que ce soit dans le Nord-Pas-de-Calais, que ce soit du côté de Strasbourg, que ce soit du côté de Bretagne, c'est la France. Donc il y a vraiment un sentiment de fierté, que ce soit au niveau de la jeunesse, mais aussi des moins jeunes, que ce soit des chefs d'entreprise, que ce soit des chômeurs, quelle que soit son origine sociale, quelle que soit son orientation sexuelle, qu'est-ce que soit son genre.

Il y a vraiment un sentiment de fierté, un sentiment d'appartenance. Et c'est plus qu'une parenthèse enchantée. C'est peut-être un nouveau paradigme qu'on doit ouvrir tous ensemble. Et ça doit nous amener à réfléchir sur comment tout ce qui est élément qui arrive à faire sens, qui arrive à nous projeter, qui arrive à nous donner de l'optimisme, qui arrive à nous donner de l'espoir, continue à se concrétiser concrètement après ces JO.

4:54
Invité

Les grosses figures, la Seine-Saint-Denis a ses icônes quand même, Pritka Pavade en tennis de table, même si elle n'a pas performé, on va dire. Vous avez votre médaille d'euro de triathlon, Cassandre Beaugrand, qui est de Livry Gargan, je crois. Mais les stars de ces Olympiades sont passées par la Seine-Saint-Denis aussi, sur les fanzones ou autres ?

5:17
Invité politique

Absolument. On a eu le plaisir à Saint-Denis d'être la ville qui a donné le dernier coup de pression positive à Teddy Riner. Il est venu il y a un mois et demi de cela au pied de la basilique des rois de France pour prendre le contact du public. Et il avait fait une promesse, c'est que s'il gagnait, il reviendrait. Je tiens à le saluer tout particulièrement parce qu'il a tenu cette promesse.

Et le lendemain de sa victoire en équipe, il était avec les enfants dans notre fanzone très familiale, où il y a plus de 5000 personnes tous les jours qui viennent s'initier aux différents sports, pour aussi rendre cette fierté, pour rendre cette victoire finalement, la partager avec les habitants et les habitantes. Donc c'est énormément de fierté aussi, toute cette dynamique qui se passe autour des athlètes aujourd'hui.

6:11
Invité

Karim Boulard ?

6:12
Karim Bouamrane

Nous, cette fierté, évidemment, on l'a vu au travers des champions. On a eu la chance d'avoir des gens de notre territoire qui ont pu bénéficier de la vie du grand Teddy Riner. Mais c'est aussi et surtout la présence des délégations. Quand vous avez le Brésil, une nation de 220 millions, que ce soit des escrimeux, des escrimeurs, que ce soit des joueurs de basket, que ce soit des handballers, que ce soit des champions judokas, qui viennent dans les quartiers, se mélanger avec les familles, se mélanger avec les jeunes, là il y a un sentiment de fierté et puis surtout il y a un sentiment de projection à moyen et long terme. Donc ça, c'était extrêmement important.

Et vous l'avez évoqué tout à l'heure avant l'émission, Mme Monde, c'est la présence de hauts dignitaires comme la maire de Los Angeles. Donc quand vous avez la maire de Los Angeles qui se déplace en côté de Karim Bas,

6:57
Invité

qui est venue plusieurs fois, qui est là pour le passage de relais avec Los Angeles.

7:00
Karim Bouamrane

Coupe du Monde de 2026 et les JO de 2028. Et évidemment, il y a la transmission de savoir-faire.

7:11
Invité

Elle vous dit quoi quand elle vient vous voir, Karim Bas ?

7:14
Karim Bouamrane

I'm glad to come back to Saint-Ouen. Ça, c'est le premier point. Très contente de venir. Mais voilà, elle le dit.

7:22
Invité

Mais qu'est-ce qui la frappe ? Une équipe de France Info l'a suivée hier, elle était de retour à Saint-Ouen. Et notamment, elle semble avoir des regrets de ne pas avoir installé, c'est un peu tard pour le faire, chez elle, le village olympique comme vous, dans une ville limitrophe.

7:37
Karim Bouamrane

La réversibilité, c'est-à-dire l'héritage, c'est ce qu'il apporte actuellement. Ça, c'est son premier sujet. Comment valoriser, comment utiliser, je l'avais évoqué dans le New York Times, comment utiliser les JO comme une arme politique. Et ces sujets, évidemment, c'est dans la continuité de nous, ce que nous portons collectivement, c'est-à-dire c'est les enjeux écologiques, les enjeux économiques et les enjeux sociaux. Et faire en sorte que ça soit une opération financière économique fructueuse pour sa ville. Sachant que pour elle, elle a un enjeu, c'est les SDF qui risquent de lui poser problème en termes d'image politique.

Donc, quand elle vient chez nous, c'est comment vous avez réussi à concilier les enjeux politiques, c'est-à-dire les enjeux sociaux, écologiques, économiques et financiers pour un territoire, pour des territoires comme le nord de Paris, incarné par Saint-Denis, incarné par Saint-Ouen, incarné par toutes les villes du département, porté et présidé par le président Stéphane Troussel, dont on salue l'excellent travail depuis plusieurs mois en direction de notre territoire.

8:33
Présentateur

Alors justement, on va revenir sur tous ces enjeux-là avec vous, Karim Boimran, maire de Saint-Ouen, Mathieu Anotin, maire de Saint-Denis. Vous restez là, on vous retrouve après le fil info de 8h40 avec Valentine Lottesse.

8:45
Invité

La force bleue du collectif, les handballeuses françaises ont rendez-vous en finale olympique après leur victoire hier contre la Suède. Tout comme les basketteurs, vainqueurs des Allemands, champions du monde en titre. Cinq disciplines en une, escrime, natation, équitation, tir et course à pied, c'est le pentathlon moderne. Deux français participent aujourd'hui au demi-finale, Valentin Prade et Jean-Baptiste Mourcia. C'est une décision scandaleuse, réagit l'avocat de l'imam de Pessac en Gironde. Son client est accusé d'apologie du terrorisme par le ministère de l'Intérieur. Il a été arrêté hier pour être expulsé. Maître Guesguès a l'intention de déposer un recours en urgence.

Le réseau social X interdit au Venezuela pendant au moins dix jours. Décision sur décret de Nicolas Maduro. Le président, contesté du pays, accuse régulièrement le propriétaire du réseau social de comploter contre lui. Avec deux maires de Seine-Saint-Denis très impliquées dans les jeux. Mathieu Hanotin pour Seine-Denis, Karim Boamran pour Saint-Ouen. Vous parliez de la maire de Los Angeles avec cette problématique qu'elle va avoir de 400 000 précaires au sens très large. Vous, comment vous avez opéré ? Parce que c'était une des problématiques. Il y a eu beaucoup d'associations qui se sont émues d'un nettoyage social en amont. Qu'en est-il réellement ?

10:13
Invité politique

On ne peut pas dire qu'il y a eu un nettoyage social. On a des structures sociales dans notre pays qui sont pour le coup très très différentes de ce qui existe aux Etats-Unis. Y compris, on ne parle pas du tout des mêmes volumétries que celles de personnes, que celles qui viennent d'être évoquées par rapport à Los Angeles précédemment.

Ce qui a permis de mettre en lumière les Jeux Olympiques et Paralympiques, notamment pour le nord de Paris, notamment pour la Seine-Saint-Denis, c'est quand même, excusez-moi de le dire, l'inégalité de la répartition, de la prise en charge, de l'extrême difficulté sociale, notamment de toutes les capacités d'hébergement d'urgence, qui sont aujourd'hui très fortement concentrées où ? À Saint-Denis, à Saint-Ouen, dans le nord de Paris. Et que ce n'est pas du tout, on va dire, régulé de manière équilibrée sur la zone métropolitaine. Et moi, c'est un message fort que je porte depuis plusieurs années, bien avant les JO.

Mais oui, il faut que sur cette prise en charge de l'extrême difficulté sociale, des gens qui sont en situation d'urgence absolue, qu'il faut héberger, eh bien que chacun prenne sa part, parce que ce n'est toujours pas le cas aujourd'hui en Ligue de France.

11:28
Invité

Mais ça veut dire que ça s'est, entre guillemets, aggravé, ça s'est accentué avec l'approche des Jeux ?

11:33
Invité politique

C'est vrai, ce n'est pas ça qui s'est accentué, c'est juste qu'il y avait des choses qui existaient avant, que finalement, parce que c'était parfois à Saint-Denis, à Saint-Ouen, à l'île Saint-Denis ou ailleurs, eh bien on s'en accommodait, et que là, on a choisi de ne pas forcément s'en accommoder. C'est-à-dire qu'il y a des solutions qui ont été trouvées aussi pour un certain nombre de personnes, pour les réaffecter avec des propositions d'hébergement d'urgence.

12:03
Invité

Mais à l'extérieur de l'île de France, c'est ça ?

12:05
Invité politique

Ou en tout cas répartis différemment sur l'île de France et pas sur le même site. Parce que de toute façon, sinon, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible d'accueillir tous ceux qui sont soit en situation d'errance, soit en situation d'extrême précarité, dans des résidences sociales ou des résidences d'urgence, entre guillemets, sur le même territoire. Nous avons déjà, ce qu'il faut bien se rendre compte, c'est qu'une ville comme Saint-Denis, je n'ai pas les chiffres de Saint-Ouen, mais c'est plus de 4000, on va dire, hébergements d'urgence, qu'ils soient hôteliers ou en résidence sociale. Donc c'est 3,7% finalement en équivalent de la population.

La moyenne, la prise en charge de l'hébergement d'urgence dans les villes, je parle de Paris, métropole, on est à moins de 1%. C'est-à-dire que dans une ville comme Saint-Denis, qui connaît déjà de grandes difficultés sociales, qui a une liste d'attente sur l'accès au légement social, qui est déjà extrêmement longue, on a aujourd'hui entre 3 et 4 fois plus de faits d'hébergements d'urgence que dans des villes qui ont beaucoup moins de difficultés sociales. Et ça, je trouve que les Jeux ont aussi permis de mettre en lumière cette inégalité majeure à l'échelle de l'Union de France, qu'il faudra régler durablement demain et après-demain.

13:16
Karim Bouamrane

Le point que vous évoquez, Mme Bonte, est vraiment crucial dans la réussite des JO sur le plan politique, sur le plan social. C'est comment faire en sorte qu'un des prismes, à savoir le logement, soit bien traité, en faisant le parallèle avec la question de Los Angeles. En Ile-de-France, c'est un problème vraiment macro. Quand on voit sur le plan francilien, sur le plan national, on a 8 millions de mal logés, on a 16 millions de précarisés à cause du logement. Nous, à Saint-Ouen, si on reprend les demandes, on a à peu près 5 000 demandes de logement. On a 500 logements qui se libèrent chaque année. Donc très concrètement, comment on a fait ?

On a fait en sorte que le village olympique, c'est concret, se transforme en logement. 4 000. Il va en rester 4 000, c'est ça ? 4 000 en incluant le territoire de Saint-Denis, de Saint-Denis, de 2 500. En ce qui nous concerne, on en récupère 1 000 avec...

14:03
Invité

Je crois qu'en global, avec le village des médias, ça fait 4 000.

14:05
Karim Bouamrane

C'est ça, ça fait 4 000.

14:06
Invité

Et est-ce que ça aurait pu être plus ?

14:07
Karim Bouamrane

Ça aurait pu toujours être plus, mais le sujet, c'est, chère madame, comment faire en sorte qu'il y ait une égale répartition de la politique sociale dans tout le territoire ? C'est la fameuse loi SRU, et c'est comment les maires jouent le jeu en termes de politique sociale. Quand je suis venu en responsabilité, la première chose que j'ai faite, c'est imposer directement en direction des promoteurs pour faire en sorte qu'il y ait un minimum minimum de logements sociaux et un maximum maximum de prise en compte de cette volonté d'intégrer l'égalité. Et nous, on est monté à 25% de logements sociaux.

Et surtout, intégrer toutes les classes sociales, enseignants, infirmiers, infirmières, demandeurs d'emploi, jeunes, retraités. Donc c'était ça dont il s'agissait et dont il s'agit aujourd'hui. Donc lorsqu'on parle d'héritage, c'est surtout l'aspect qu'est-ce qui va rester en termes de logement, mais aussi en termes d'environnement et en termes d'infrastructures de services publics.

14:59
Présentateur

Sur le présent, disons, du logement au village olympique, il y a eu, donc sur votre territoire, il y a eu un certain nombre de critiques sur le confort notamment de certaines chambres et d'absence de climatisation lors de journées de nuit un petit peu de chaleur. Vous dites, c'est comme ça, c'était la bonne façon de faire, il faut apprendre à se passer de clim.

15:19
Invité politique

Alors moi, je le pense d'abord parce qu'il y a eu effectivement quelques nuits avec des pics de chaleur, mais il y a quand même des innovations assez exceptionnelles qui ont été faites techniquement sur ce village olympique qui ont permis de créer un système de rafraîchissement qui soit, comment dire, sans consommation carbone supplémentaire sur un système de base de géothermie qui sert au bureau la journée et au logement le soir.

Donc en termes de résilience énergétique, c'est quand même quelque chose d'extrêmement fort, très innovant, qui pourra peut-être se déployer ailleurs demain, mais quoi qu'il arrive, la solution de manière durable n'est pas la clim et donc on ne pouvait pas faire des logements climatisés qui allaient rester pendant 50 ans après, évidemment.

16:12
Invité

Etienne Taubois, le directeur général du comité d'organisation, nous disait que quand même, face à ça, il y a toujours cette même inégalité des grosses équipes qui arrivent quand même avec leurs climatiseurs qui rajoutent dans les chambres. Ça, c'est quoi ? Il va falloir progressivement faire évoluer les esprits ?

16:26
Karim Bouamrane

Complètement. C'est comment on arrive à concilier confort des athlètes de très haut niveau parce que ça fait trois ans et demi qu'ils s'entraînent comme des malades et c'est vraiment le projet d'une vie, une médaille pour les athlètes et enjeux écologiques. Donc si derrière, on leur explique que les clims ne sont pas très écolos, ici on voit les grandes nations qui viennent avec leurs climatiseurs qui ne sont pas très écolos, donc il y a un problème déontologique, il y a un problème moral et il y a un problème écologique.

Je pense que là maintenant, l'enseignement qu'on doit en tirer, parce qu'on peut toujours être perfectible, c'est comment faire en sorte qu'on arrive à concilier les gros pics de chaleur avec les enjeux écologiques dans des sites comme les villages olympiques. Et ça, c'est éventuellement un transfert de compétences qu'on pourra faire avec notre amie Karine Basse, la maire de Los Angeles.

17:12
Présentateur

Karine Boamran, maire de Saint-Ouen, Mathieu Anotin, maire de Saint-Denis. On vous retrouve à nouveau pour poursuivre cet échange. Après le fil infouille, 8h50, Valentine Lottesse.

17:23
Invité

14 médailles d'or au compteur de la France ce matin, quatrième au classement des Nations après le 5 hier du cycliste Benjamin Thomas sur l'épreuve de l'omnium. Nous sommes donc à une médaille d'or d'égaler le record des Jeux d'Atlanta. Le sprinter américain Noah Lyles souffre du Covid. Médaillé de bronze hier sur le 200 mètres. Après son sacrolympique sur le 100 mètres, il est contraint d'arrêter ses Jeux. Reprise des négociations le 15 août pour une trêve à Gaza. Israël accepte après une nouvelle mise en garde des pays médiateurs. Pour les Etats-Unis, l'Egypte et le Qatar, il n'y a plus de temps à perdre ni d'excuses possibles. Levez les yeux ce soir. Spectacle garanti ou presque.

Des pluies, d'étoiles filantes sont annoncées tout le week-end et peut-être même des aurores boréales. France Info. Le 8.30 France Info. Bérongère Bonte, Agathe Mahouel.

18:19
Présentateur

Et nos invités ce matin, Mathieu Annotin, Karim Boamran, tous deux maires de Saint-Denis et de Saint-Ouen. Donc, on a évoqué l'héritage. Question logement tout à l'heure. L'héritage de ces Jeux de Paris d'un point de vue des équipements sportifs aussi. Évidemment, c'est une question des équipements pérennes. On parle de plusieurs piscines, plusieurs gymnases qui resteront donc financés par les Jeux Olympiques ?

18:44
Invité politique

Absolument. Il faut que tout le monde se rende compte qu'à l'échelle de Pleine Commune, c'est-à-dire les Saint-Denis et Saint-Ouen et les sept autres villes qui sont autour, c'est là où se concentre en Seine-Saint-Denis le maximum de l'héritage. Il y a plusieurs dimensions à l'héritage. Il y a une dimension urbaine avec des ponts, des routes qui ont été refaites, évidemment. Et il y a une dimension majeure qui est la dimension sportive pour montrer qu'à l'occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques, on pouvait organiser un rattrapage en termes d'équipements sportifs, à la fois en termes de nombre et en termes aussi de qualité.

Et très concrètement, les Jeux Olympiques et Paralympiques, juste sur ce territoire de Pleine Commune, ils auront permis la construction de trois nouvelles piscines, par exemple. Ils vont même permettre d'en agrandir deux autres derrière. Ils auront permis la rénovation complète de quatre grands pôles sportifs, que ce soit ce qui a été le plus grand stade d'entraînement des Jeux Olympiques, le stade Auguste de l'Ouen à Saint-Denis, la nef de l'île des Vannes appartenant à Saint-Ouen sur le sud de l'île Saint-Denis.

19:59
Présentateur

Mais est-ce que ça peut suffire d'inciter les habitants à faire du sport ? Parce que c'est l'autre programme d'accompagnement.

20:05
Invité politique

Il y a deux choses. Il faut à la fois se dire que, pour une fois que la Seine-Saint-Denis est aidée un peu plus que les autres, alors que ça n'a pas beaucoup été le cas depuis les 30 dernières années, d'abord on peut commencer par s'en féliciter. Après, on peut aussi se dire que non, ce n'est pas les Jeux Olympiques et Paralympiques qui vont tout changer dans la vie, ce n'est pas un Deus Ex Machina qui va arriver, qui va dire je vais régler tous vos problèmes. Ça n'a jamais été ça, et nous on n'a pas eu cette ambition-là. On a eu l'ambition de se servir de ce que vous pouvez donner.

Et après, il faut aussi dire que ce n'est pas non plus que des volumes d'équipements, qui en tout cas à l'échelle d'un pays, vont régler une approche sportive et culturelle. Il y a quand même eu des choses exceptionnelles qui ont été faites, je pense, qui vont changer la donne durablement, sur la question du 30 minutes de sport à l'école. Nous, on a été dans les premières villes à le faire, et on l'a largement dépassé aujourd'hui.

20:55
Invité

Qui a été généralisée à l'échelle nationale.

20:57
Invité politique

Exactement, il faut aller évidemment plus loin. Je pense à la question de comment est-ce qu'on favorise le design actif de nos villes pour qu'elles deviennent sportives. Comment est-ce qu'on fait des villes marchables ? Comment est-ce qu'on utilise les villes telles qu'elles sont pour permettre justement la pratique, non seulement de sport, mais d'activité physique et sportive, parce que le grand mal en termes de santé publique du XXIe siècle, c'est la sédentarité. Et ça, il faut qu'on soit tous mobilisés pour lutter contre.

21:24
Invité

Mais Karim Boine, quand on dit un enfant sur deux, c'est pas nager à l'entrée en sixième à Seine-Saint-Denis. Quel est l'objectif ? Comment vous faites pour que ça change ?

21:32
Karim Bouamrane

Que ce soit ce que vous évoquez, c'est l'accompagnement. Déjà, un territoire comme l'autre, on a déjà gagné. On a déjà gagné. On a gagné. On a vraiment bénéficié d'un plan keynésien social, économique puissant. Lorsque vous récupérez des écoles, lorsque vous récupérez des parcs de 3 hectares, lorsque vous récupérez des piscines, lorsque vous récupérez des arénas New Age, de 14 millions.

22:06
Invité

Pardon, je vous interromps, mais il y a un certain nombre de responsables de structures locales du département qui redoutent que malgré ces nouvelles installations, au quotidien, la pénurie perdure.

22:15
Karim Bouamrane

Alors, le sujet, c'est... On marche sur deux jambes. On a les infrastructures qui nécessitaient un soutien des services publics sur le plan keynésien, un réinvestissement ou un investissement. Donc là, on peut dire que c'est une réussite. Et il y a l'accompagnement post-JO qui doit jouer un rôle extrêmement important. Donc là, ça va jouer.

C'est comment on va financer nos éducateurs, comment on va être en capacité de financer tout ce qu'on appelle le périscolaire, comment on va financer les encadrants, le savoir-nager, parce qu'aujourd'hui, et on va le voir dès novembre prochain avec le vote du budget, toutes les collectivités ne pourront pas porter à elles seules leur capacité à pouvoir suivre l'idéal porté par les Jeux olympiques, à savoir le savoir-nager, les statistiques que vous réveillez.

23:04
Invité

Donc là, vous dites quoi ? L'État aidez-nous ?

23:06
Karim Bouamrane

L'État doit nous aider et surtout...

23:08
Invité

Le privé aidez-nous ?

23:08
Karim Bouamrane

L'État, c'est le rôle, je pense, je reste convaincu que nous partageons une bonne partie des maires de Seine-Saint-Denis et des maires même, quel que soit leur profil politique, je pense que l'État doit accompagner les différentes collectivités territoriales sur le savoir-nager, mais surtout sur le pôle éducatif, sportif, parce qu'au regard des agrégats économiques qu'on connaît, le projet loi de finances risque d'être très compliqué pour les villes.

23:38
Invité politique

On peut quand même juste aussi dire que sur l'héritage aquatique, les choses ont déjà commencé à bouger. Honnêtement, on avait lancé au niveau du département un plan d'accès savoir-nager. Mais disons-le, si on n'avait pas eu le Covid, parce que quand même 2020-2021 a été quelque chose de terrible pour la montée en puissance pour les Jeux Olympiques, on aurait aujourd'hui déjà dépassé, on disait un jeune sur deux, c'était même plutôt 40% il y a 4-5 ans. Aujourd'hui, on est plutôt à 50%. On a des augmentations très positives qui sont constatées et notre objectif, c'était de rattraper la moyenne nationale qui est en gros à 70%.

Dans une ville comme Saint-Denis, nous l'avons d'ores et déjà globalement fait. Et ça va encore s'accélérer demain et après-demain.

24:18
Présentateur

Mathieu Annotin, Karim Bouamran, il nous reste quelques petits instants pour évoquer la toute fin qui se rapproche. La cérémonie de clôture, elle aura lieu déjà dimanche soir au Stade de France. Vous avez quelques informations sur ce qu'on peut en attendre ?

24:31
Invité politique

Sur ce qu'on peut en attendre ? Sur le secret du spectacle ?

24:33
Présentateur

Quelques surprises à réveiller ? Vous ne savez pas vous-même ? Non, on ne sait pas.

24:37
Invité politique

Même la cérémonie, on a découvert ça en même temps que tout le monde. Non, par contre, ce que je sais, c'est que l'on veut que ce soit un dernier moment pour le territoire, pour la ville de Saint-Denis, pour l'ensemble de la Seine-Saint-Denis. Un dernier moment de fierté incroyable dans lequel on veut aussi montrer tout l'aspect positif qui est ressorti de ces Jeux Olympiques, de nos villes, de nos territoires. Ces Jeux Olympiques et Paralympiques auront finalement servi de révélateurs pour Saint-Denis, pour Saint-Ouen, pour la Seine-Saint-Denis.

Là où il y avait beaucoup de clichés, là où il y avait beaucoup de stigmatisation, eh bien, on a fait la démonstration que nous sommes des territoires, des villes hospitalières qui savons accueillir le monde. Et ça, je pense que c'est un héritage durable aussi qui restera.

25:20
Présentateur

Karim Boindran, un dernier mot ?

25:21
Karim Bouamrane

Oui, pas le dernier moment de fierté. Le moment qui va poursuivre notre fierté, la reconnaissance, et surtout montrer qu'il y a aujourd'hui les périphériques qui ont exactement la même capacité de rayonnement, la même capacité de fierté, la même capacité d'espoir que les hypercentres. Donc, ça va être ça l'héritage.

25:39
Présentateur

Karim Boimran, maire socialiste de Saint-Ouen, Mathieu Annotin, maire PS également de Saint-Denis. Merci à tous les deux d'être venus sur France Info. Merci Bérangère Bonte. Merci.