Meeting de Louis Aliot et Marine Le Pen (Béziers, 9 mai 2014)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 80 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 15:09PrésentateurFait
« « La démocratie est-elle pensable en dehors du concept de souveraineté ? » »
- 18:00Invité politiqueFait
« « La haute trahison a été purement et simplement rayée de la Constitution » »
- 22:17Invité politiqueChiffre
« « L'Union européenne coûte déjà à la France 7 milliards d'euros nets par an » »
- 23:36Invité politiqueFait
« « M. Hollande médite une déstructuration complète de notre organisation territoriale » »
- 25:09Invité politiquePromesse
« « En faisant intervenir le Fonds souverain français qu'est la Caisse des dépôts » »
- 35:14Invité politiqueFait
« Mais comment on fait les pays de l'Est lorsqu'ils sont sortis du rouble et du Conseil d'assistance économique mutuelle ? »
- 35:20Invité politiqueFait
« Ils en sont morts. »
- 35:24Invité politiqueFait
« C'était au contraire le signe et la réalité de leur retour à la liberté. »
- 35:28Invité politiqueFait
« pour une nation, avoir sa monnaie est un signe de souveraineté, de liberté et d'indépendance. »
- 35:47Invité politiqueFait
« qu'elle ruinerait les veuves de Carpentras et qu'elle ferait plonger notre dette. »
- 35:51Invité politiqueFait
« Mais c'est de l'incompétence pure et simple ou bien du mensonge. »
- 36:13Invité politiqueFait
« le général de Gaulle a dévalué précisément le franc et qu'il faut bien admettre que la santé de l'industrie française s'en est trouvée bien améliorée. »
- 36:23Invité politiqueFait
« Alors je préfère dévaluer la monnaie pour relancer la croissance plutôt que de dévaluer les salaires et les pensions comme ils le font cyniquement. »
- 36:47Invité politiqueFait
« La dépréciation monétaire n'aura que très peu d'impact sur la dette publique. »
- 36:56Invité politiqueChiffre
« Plus de 95% de la dette française a été émise dans des contrats d'emprunt de droit français qui stipulent que la dette sera remboursée dans la monnaie ayant cours dans le pays. »
- 37:13Invité politiquePromesse
« la fin de l'euro, mes chers amis, ce sera plus de croissance, plus d'emplois et moins de dettes. »
- 37:23Invité politiqueFait
« Une monnaie qui est surévaluée de 30%, ça entraîne une chose très claire. »
- 37:47Invité politiqueFait
« La réalité, c'est que l'euro est une erreur depuis le début. »
- 37:59Invité politiqueFait
« Aujourd'hui, le mieux serait d'en sortir de manière concertée, au plus vite, de telle sorte que chaque pays puisse disposer d'une monnaie reflétant de manière fidèle les caractéristiques propres de sa base économique. »
Temps de parole
- Louis Aliot68 %
- Présentateur32 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Mesdames et Messieurs, merci encore. Au moment où, on le voit bien, le système sort ses griffes et manipule une nouvelle fois son piège de la diabolisation, des idées, des discours, des hommes. Mais cette fois-ci, avec une nuance de taille, le peuple ne croit plus à leur sornette. Au jeu vous-ai-compris qui s'impose après chaque défaite électorale de l'UMPS, nous entendons en écho le peuple qui dit « Oui, oui, on a compris, vous nous l'avez bien mis ». Ils osent d'ailleurs tout et c'est à ça qu'on les reconnaît. Oubliez le chômage, la précarité, la misère sociale, les fermetures d'usines, l'insécurité, l'immigration massive, la corruption, l'affaissement de notre démocratie.
Dans cette campagne européenne, tout est bon pour dénigrer une seule personne, Marine Le Pen et un seul mouvement, le Front National. Tout est bon pour nuire, pour salir et pour dénigrer. Nos mères sont observées à la loupe comme des objets scientifiques rares. Dès qu'il y en a un qui sort de la pensée unique, il est montré du doigt par la bien-pensance. Mais la fracture est là, arrogante, prétentieuse. Et ce peuple tolérant, qui subit pour l'instant pacifiquement, qui me fait d'ailleurs penser de Charles Péguy. Depuis les cités grecques et bien avant, les patries sont toujours défendues par les gueux et livrées par les riches.
Car les riches ont de biens temporels à perdre, alors que les gueux ont à perdre ce bien, l'amour de la patrie. Avec la construction européenne, la question de la patrie et de la souveraineté est redevenue une question centrale de la vie politique. Deux questions essentielles se posent. La démocratie est-elle pensable en dehors du concept de souveraineté ? La construction d'un ordre international, soi-disant pacifique, regardez toutes les guerres qu'il y a, fondé sur le droit, suppose-t-elle la liquidation du concept de souveraineté ? La démocratie ne peut se penser qu'à partir de ce concept-là, car elle est l'expression même de la souveraineté du peuple.
C'est ainsi que la Révolution française, bourgeoise et libérale, a tout fait pour museler l'expression directe du peuple. D'où notre régime représentatif et surtout d'où les préventions de nos politiciens à l'égard du référendum et du référendum d'initiative populaire. En matière internationale, l'alternative à laquelle nous sommes confrontés n'est pas entre droit international et souveraineté, mais entre souveraineté et oligarchie technocratique et financière. L'article 3 de notre Constitution affirme que le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Dès lors, la seule autorité légitime à laquelle nous devons obéissance, c'est à nous-mêmes qui incarnons la nation.
La liberté civile suppose donc un peuple libre et la liberté des citoyens exige la souveraineté politique de la nation. Si on renonce à la souveraineté, on renonce obligatoirement à l'idée de pouvoir du peuple, c'est-à-dire à la démocratie. Les néolibéraux sont partisans de l'état de droit, mais pour eux, l'état de droit n'inclut pas nécessairement l'expression directe. Il faut penser pour le peuple, puisque le peuple n'est pas apte à penser par lui-même. Le débat actuel sur l'Europe est emblématique de cet état d'esprit sur l'anéantissement des souverainetés nationales. Toute société a besoin d'un état pour s'organiser et pour défendre les valeurs qui lui permettent de subsister.
Il ne peut y avoir de stabilité nationale ou internationale que dans le cadre des États-nations qui assurent pleinement leurs prérogatives régaliennes. Curieusement, l'Europe est le seul continent du monde qui a entrepris la liquidation de ces États, alors que partout ailleurs, les peuples ne font que tenter de renforcer leurs mécanismes étatiques nationaux et leur indépendance. Il n'y a pas de honte pour une nation à rechercher et à mettre en place, d'abord pour elle-même, les moyens qui permettent d'assurer sa survie, comme la prospérité et la liberté.
La France, tout au long de sa continuité historique, a inventé un modèle d'équilibre naturel auquel elle semble avoir renoncé par la bêtise et la trahison de ses gouvernements successifs. L'idée qui consiste à considérer les États-nations comme des ensembles dépassés, incapables d'assurer leur stabilité politique comme leur croissance économique, est absurde parce que constamment démentie par les faits.
Renoncer à des équilibres géopolitiques et des communautés de valeurs, la plupart très anciens et bien établis, pour favoriser une idéologie mondialiste consistant à les faire disparaître dans des ensembles artificiels, minés par les divisions culturelles, linguistiques, religieuses, politiques, ne conduira qu'à installer sur notre sol de nouveaux conflits.
La grande question de ce XXe siècle, mesdames et messieurs, n'est en aucune façon le moyen d'accroître ou de gérer la mondialisation, qui ne peut être que monopolistique et uniforme, mais celui de rétablir les solidarités nationales et internationales autour de modèles différents, parce que les mieux adaptés à l'histoire des nations, comme à la permanence de leurs identités spécifiques. Il n'y a ni racisme ni rejet des différences à vouloir assurer la promotion des souverainetés nationales, mais au contraire enrichissement collectif et droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
L'effacement des nations dans un melting-pourg mondialisé, dont les règles seraient supérieures aux leurs, est le plus sûr moyen de construire un monde ingérable et aussi de mettre en place des guerres sans fin entre les peuples voulant vivre pleinement leurs différences. La prétention, pardon, des États-Unis d'Amérique d'assurer l'installation de leurs modèles économico-politiques dans le monde entier, par tous les moyens, y compris par la guerre, constitue une régression de la civilisation. Ces gens-là sont des démagogues. Et pour poursuivre leur utopie, ils sont prêts à tout sacrifier, y compris leur pays et leur peuple.
Comme le disait encore Charles Péguy, qu'il faudrait lire et relire et faire lire par nos écoliers. Le triomphe des démagogies est passager, mais les ruines sont éternelles. Cette mauvaise construction européenne, si elle n'est pas stoppée, provoquera des ruines qu'il sera très difficile demain de reconstruire. La France, du fait de son identité actuelle et de son histoire originale, qui ne se confondent pas avec celles d'aucune autre nation, veut retrouver les marges de manœuvre dont la perte explique son destin. Pour cela, elle doit faire un effort de réforme intérieure, se protéger des évolutions qui la conduisent à n'être plus qu'un landeur, sans pouvoir de décision sur son avenir.
Afin que le peuple français puisse, une fois pour toutes, choisir et décider lui-même de son destin dans le cadre européen ou dans le cadre national, ainsi qu'il aurait dû pouvoir le faire depuis plus de 50 ans que dure cette tragique comédie, il faudra, mesdames et messieurs, un grand référendum pour mettre les pendules à l'heure. À ce moment-là, la seule question qui vaille et qu'il faudra poser au peuple français est la suivante. Voulez-vous que la France soit intégrée pleinement à la Fédération européenne ou bien qu'elle reste indépendante et souveraine ? Vous connaissez par avance déjà la réponse.
La souveraineté populaire comme la souveraineté nationale appartient au peuple qu'il exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Ni la puissance économique, ni la puissance des groupes de pression, ni des puissances étrangères ne peuvent imposer des mesures qu'ils ne souhaitent pas. C'est pour cela qu'il faut défendre la souveraineté, la liberté et l'indépendance de notre nation.
Du fait de la passoire européenne, de la mondialisation, des difficultés économiques, des déficiences de l'école, de l'université, de la formation professionnelle, de la protection sociale, mais surtout des revendications communautaristes de populations marquées par des histoires éloignées et même opposées à celles du creuset français, c'est notre modèle national qui est aujourd'hui remis en cause. Aucun pays ne peut survivre si ses citoyens ou ses résidents ne partagent pas les mêmes valeurs et les mêmes projets de civilisation.
Il ne restera plus un jour, pas si lointain, aux Français qu'à méditer dans les locaux vides de leurs usines et de leurs bureaux délocalisés, au milieu des friches, de leurs champs et de leurs vignes abandonnées ou de leurs villes désertées et en proie aux violences de tous ordres. Les fondements de la politique européenne sont idéologiquement marqués par la dictature du politiquement correct et l'absence de références aux fondamentaux de notre civilisation européenne et chrétienne. On peut y ajouter une dimension commerciale mondiale qui inscrit l'homme dans une stricte logique de marché. Leur Europe, mesdames et messieurs, n'est pas la nôtre.
La leur est un système de tutelle où une élite dirigeante a confisqué le pouvoir. Pour que la France soit à nouveau respectée dans le monde et pour que chaque Français soit fier d'appartenir à une grande et belle nation, il faut à la France une autre destinée et à l'Europe une autre direction. Le redressement national passe d'abord par notre réappropriation du pouvoir de décision, c'est-à-dire de notre souveraineté. La souveraineté, pardon, est en effet à un peuple ce que la liberté est à un individu. Elle est la maîtrise de notre destinée, indispensable à notre épanouissement et à notre indépendance. Ce qui a été injustement livré par nos dirigeants aux institutions eurofédérales.
Nous le reprendrons. C'est notre devoir, bien sûr, mais c'est aussi notre droit. Si la résistance à l'oppression est légitime, juste, nécessaire, alors il est un devoir de s'opposer à ce schéma d'asservissement pour rendre à notre peuple et à notre nation sa liberté et son indépendance nationale. Honte au pays dans lequel on se tait, dit Georges Clemenceau. Alors, Français, le 25 mai, faites parler les urnes. Seuls les suffrages nous rendront libres. Merci de m'avoir écouté.
Mes chers amis, mes chers camarades, c'est avec... Moi aussi, je vous aime. Je vous aime et c'est avec une grande joie que je me retrouve ce soir à Béziers avec notre tête de liste Louis Alliot et l'ensemble de vos candidats aux élections européennes. Avec un mélange de gravité et d'espérance. Gravité, car cette campagne se déroule dans une période d'accélération du rouleau compresseur européiste qui nous écrase. Espérance, car nous assistons de plus en plus large de la vraie nature de la construction européenne. Les Français ont eu du mal à comprendre ce qui se passait. Il faut dire que les européistes ne sont pas ses maîtres dans l'art de l'enfumage et de l'illusion.
Alors, longtemps, ils ont étourdi nos concitoyens sous un flot continu de mots flatteurs et de plans chimériques. Avec leurs promesses alléchantes et leurs renvois perpétuels d'hypothétiques résultats au calandre grecque. On ne peut pas vivre éternellement de promesses. Il faut bien un jour affronter le réel et juger l'arbre à ses fruits. Or, nous y sommes. Les calandres grecques sont arrivées et, mes chers amis, les fruits de l'arbre Union européenne sont pourris. Retomber, que la fumée s'est dissipée, eh bien, nous contemplons un visage de désolation. On nous avait promis la prospérité, nous avons la récession. On nous avait promis le plein emploi, nous avons le chômage de masse.
On nous avait promis la puissance, nous avons la dépendance et l'humiliation. On nous avait promis la sécurité aux frontières de l'Europe, nous avons les campements de Rome, nous avons une immigration massive, hors de contrôle, que l'Union européenne n'a pas seulement rendue possible, non, elle l'a rendue obligatoire. on nous avait promis le dépeçage morceau après morceau de notre outil industriel. On nous avait promis une politique industrielle. Nous avons le libre-échange, élevé au rang de dogme, salmodié par des élites incompétentes qui ne comprennent même pas quels sont les dupes d'intérêts étrangers.
Car ne vous y trompez pas, si les anglo-saxons ont inventé le libre-échange intégral, ils ne le pratiquent pas pour eux-mêmes. Ils nous l'ont envoyé comme un virus intellectuel pour nous affaiblir. Et il faut reconnaître que leur opération a parfaitement bien marché. Toutes les élites européennes, qu'elles soient dramatiquement naïves ou carrément vendues, ont adopté cette doctrine comme s'il s'agissait d'une panacée alors qu'il s'agit d'un poison qui nous affaiblit un peu plus chaque jour. En son nom, nous ouvrons nos fronts, nous vendons notre patrimoine.
L'Europe ressemble à une armée convaincue par son adversaire des vertus stratégiques du pistolet à bouchons et de l'abandon des places fortes. Mais, on nous avait promis aussi l'Europe sociale. Nous avons l'austérité comme unique horizon. Avec la suppression du SMIC en ligne de mire préconisée par M. Pascal Lamy, ancien président de l'OMC et grand ami de M. Hollande. M. Lamy, l'homme qui nous rappelle que les socialistes français, derrière l'expression mielleuse de leur compassion pour l'humanité souffrante, ont toujours trahi la classe ouvrière. Mais surtout, surtout, par-dessus tout et pire que tout, nous avons la perte totale de notre indépendance nationale.
Oui, les Français le sentent, les Français désormais le savent, car la vérité ne peut plus être dissimulée. Nous ne sommes plus un État souverain. Nous ne sommes plus un peuple libre. Il y a six ans, la forfaiture de Nicolas Sarkozy, aidée de ses complices, du PS, du Modem, des Verts et d'autres, ont imposé le traité de Lisbonne en bafouant la souveraineté populaire. Ah, cet événement avait déjà détrompé beaucoup de monde et levé un coin du voile sur la triste réalité. Vous savez, pour juger de ce genre d'actes, il existait un article dans notre Constitution, l'article 68, qui traitait de la haute trahison. Mais, figurez-vous que cet article a été supprimé.
La haute trahison a été purement et simplement rayée de la Constitution et remplacée par une phrase vague et sans conséquence, preuve que nos maîtres, parfois, savent se montrer prévoyants. Preuve aussi, peut-être, qu'ils commencent à sentir les reproches silencieux de leur conscience. Pour nous, en tout cas, c'est trop clair. Et nous pouvons dresser le tableau complet de la situation dramatique où nous nous trouvons. quand un peuple n'est plus la source ultime de la loi sur notre territoire et voit la représentation nationale se transformer en chambre d'enregistrement de volontés étrangères et supranationales.
Quand un peuple ne rend plus la justice en dernier ressort, mais voit ses jugements soumis aux cassations de cours illégitimes. Quand un peuple ne peut plus décider qui a le droit et à quelles conditions de venir s'installer chez lui, mais se voit littéralement submergé contre sa volonté par des populations venues bien souvent de civilisations sans rapport avec la sienne. Quand un peuple n'a plus la maîtrise de sa politique monétaire, mais se trouve soumis aux volontés d'une banque centrale toute puissante, prête à sacrifier la vie des nations au culte du Vaudor. Et n'hésite pas d'ailleurs à menacer les gouvernements qui émettent la moindre critique sur sa politique.
Quand un peuple enfin ne décide plus de la paix et de la guerre, mais se voit sommé par des puissances tutélaires d'envoyer des soldats mourir au service d'intérêts qui ne sont pas les siens, eh bien, je le dis, la mort dans l'âme. Ce peuple est esclave. Car il a perdu toutes, je dis bien toutes les prérogatives qui définissent un État souverain. Ce peuple, notre peuple, mon peuple, eh oui, il en déplaise à certains journalistes, mon peuple, c'est le peuple auquel j'appartiens, pas celui qui m'appartient. Le peuple français n'a donc qu'une alternative, ou bien le renoncement, ou bien la libération. Le Front National, depuis toujours, a choisi la liberté. Oui, la patrie est en danger.
Elle l'est d'autant plus que la machine infernale est en train de s'emballer. En ce moment même, derrière notre dos, des technocrates que personne n'a jamais élus sont en train de boucler le traité de libre-échange transatlantique qui voudrait nous livrer pieds et poings liés aux intérêts des multinationales américaines. Non seulement, ils aimeraient nous faire manger du poulet lavé à l'eau de Javel et boire du vin en poudre, mais ils apprécieraient que les grandes entreprises puissent attaquer devant une justice privée les États quand les législations sociales n'ont pas l'heure de leur plaire.
En ce moment même, se prépare le nouveau plan de renflouement de l'euro, cette idole païenne à laquelle nos maîtres ont déjà sacrifié 70 milliards et dans laquelle ils sont disposés à engloutir l'épargne des Européens, comme l'a préconisé d'ailleurs la présidente du FMI qui a au moins le mérite de la franchise, puisque les nouvelles règles de l'Union bancaire prévoient de ponctionner les comptes des épargnants pour sauver les banques une énième fois. Quant à l'idée d'élaborer un plan de sauvegarde des travailleurs européens, de toute évidence, elle n'effleure personne parmi nos élites.
En ce moment même, de nouveaux chapitres des négociations préalables à l'adhésion de la Turquie sont ouverts, prévoyant même l'orientation préférentielle des fonds européens vers ce pays, alors même que l'Union européenne coûte déjà à la France 7 milliards d'euros nets par an, en pure perte, mes chers amis. En ce moment même, les effets de la directive sur les travailleurs détachés montent en puissance et ravagent nos PME du fait d'une concurrence déloyale organisée sciemment par ceux-là même qui viennent ensuite pleurer quelques larmes d'hypocrites sur le malheur des peuples en visitant quelques usines fermées, la boîte de Kleenex en bandoulière.
Avec cette directive, savez-vous ce qu'ils ont inventé ? La délocalisation à domicile. Le dumping social sans bouger de son fauteuil. Le MEDEF en avait rêvé, eh bien l'Union européenne l'a fait. Plus besoin de se déplacer pour employer des pauvres, on les fait venir sur place. C'est tellement plus simple. Suffisait d'y penser. la délocalisation la délocalisation sur place et la priorité étrangère. Puisque c'est précisément parce qu'ils sont étrangers que ces travailleurs coûtent moins cher que les travailleurs français aux entreprises qui les embauchent, enfin aux entreprises ou à l'État français d'ailleurs.
Mais la machine infernale ne nous attaque pas seulement par le haut, elle nous attaque aussi par le bas. En ce moment même, le président de la République, M. Hollande, médite une déstructuration complète de notre organisation territoriale, conforme d'ailleurs au plan déjà ancien des eurocrates qui souhaitaient faire éclater les États-nations et n'avoir en face d'eux que de grandes régions, si possible transnationales, de grandes baronies coûteuses et bien dociles.
On s'étonne d'ailleurs de la contradiction qui existe entre une tribune du président de la République expliquant que les élections européennes, c'est très important, et dans le même temps l'organisation de consultations de présidents de partis politiques sur la réforme territoriale, une semaine avant le scrutin européen. Vous savez, M. Hollande, il n'est plus à une contradiction près. En ce moment même, le président de la République, totalement en dessous des devoirs de sa charge, se demande s'il faut vendre à Alstom, qui présente quand même un résultat net en 2013 de 550 millions d'euros. ça va, ça va pour Alstom, avec un carnet de commandes plein d'ailleurs.
Alstom gage de notre indépendance énergétique, c'est pas rien quand même. Et bien, le président de la République s'interroge de savoir s'il va le vendre aux Allemands, aux Américains ou aux Japonais. Entre les trois, voyez-vous, son cœur balance.
Moi, je sais que c'est incroyable, mais il n'a même pas envisagé une seule seconde de garder à la France ce joyau industriel alors que c'est parfaitement envisageable, par exemple, en faisant intervenir le Fonds souverain français qu'est la Caisse des dépôts, qui ferait mieux d'intervenir en défense de notre industrie stratégique plutôt que d'être propriétaire de la chaîne de restauration Rapid Quick, surtout quand elle fait du halal, ou d'investir dans la maison de disques qui édite les disques de Carla Bruni.
Le pire, d'ailleurs, dans cette circonstance, c'est d'entendre les petits marquis du marigot parisien, les 30 minutes de la décadence, les amis du désastre ricaner et nous expliquer qu'Alstom n'est pas rentable et ne vaut rien. Bien sûr, c'est sans doute d'ailleurs pour cela que Général Electric, Siemens et Toshiba veulent tant s'en emparer. Pauvre France, parce que pauvre François. On prenait jusqu'ici M. Hollande pour un président de Conseil Général peu doué, espèce d'assistante sociale désemparée, un chef de bureau amateur de l'almanac Vermeaux. On découvre qu'il est aussi le mandataire, liquidateur de l'industrie française.
Et là encore, il ne fait que se conformer aux injonctions et aux interdictions de Bruxelles qui défend aux États d'aider leur industrie, ce qui revient à leur interdire de défendre leur technologie de souveraineté et leurs intérêts stratégiques. Mais qui défendra la France ? Qui défendra le peuple français ? Qui, mes chers amis, a encore le sens de nos intérêts stratégiques dans ce théâtre de rombes, ce marigot où s'ébattent condescendance et cupidité, incompétence et lâcheté ? Ah, si au moins la parole avait une valeur.
Si les engagements étaient vraiment solides, si l'honneur et la responsabilité étaient encore respectées, notre classe politique à la tête d'un tel bilan, au lieu de se pavaner, devraient raser les murs. Elles devraient marcher jusqu'à Compostelle en chemise et la tête couverte de cendres. Mais rien de tout ça est une repentance. Eux qui aiment tant battre leur coulpe sur la poitrine des autres, mais il s'agit de leur faute, de leurs erreurs, quand il s'agit de leurs poitrines, on les entend moins. L'UMPS, comme toujours à trois semaines des élections, devient le théâtre des conversions aussi subites que temporaires.
Ceux-là même qui ont tous utilisé depuis 30 ans, ceux-là même qui pratiquent avec assiduité la religion de l'euro, devenant presque des fondamentalistes de l'euro. Devant les autorités bruxelloises, s'avancent vers nous, les genoux rouges encore de leurs derniers aplatissements, revêtus de lin blanc et de probité candide, et sans rire, les trompettes de la nation, les trompettes de la solidarité patriotique, les trompettes de l'indépendance et de la souveraineté. Quelle duplicité, quel cynisme, quel spectacle ! Mais pour qui nous prennent-ils ? Pour qui prennent-ils exactement les électeurs ?
Le pire est qu'à l'impudence, ils ajoutent le ridicule, car les deux parties de l'UMPS n'arrivent plus à tenir leurs troupes, ils ne tiennent plus aucune ligne, ils soutiennent tout et le contraire de tout. C'est encore utile d'essayer de tromper les électeurs en promettant pour la énième fois une autre Europe, alors c'est l'Europe sociale, au PS, une Europe qui protège à l'UMP, d'autres plus francs ou moins malins, ou les deux, et au nom du même parti, ils nous expliquent pourquoi il ne peut pas exister une autre Europe dans le cadre des traités actuels, ce en quoi, d'ailleurs, ils ont parfaitement raison.
Ces derniers, les plus francs des membres du système, nous proposent le vrai programme du système, à savoir la poursuite et l'intensification des politiques en cours. Allez écouter si l'Union européenne échoue, si elle n'a atteint aucun de ses objectifs prétendus, si elle patauge dans la récession et la crise sociale, elle est assez loin dans l'application de la doctrine. Mais c'est exactement ce qu'on lisait dans la Pravda sous Brezhnev. Le communisme ne marche pas, c'est qu'il en faut plus. Le communisme économique, tout cela, est d'ailleurs programmé par la Commission européenne. Le malheur est que ces processus sont précisément la cause de notre marasme.
On voit ainsi la moitié la plus franche du PS ou de l'UMP, les promesses de l'autre moitié sont des mensonges. Puisqu'elles sont radicalement contraires à tous les engagements qu'ils ont ratifiés, main dans la main. Je dois dire que dans ce numéro de gribouille et de pieds nickelés, M. Lamassour est irrésistible. Je finirai par penser que ce parangon d'européisme, fasciné d'ailleurs par le modèle allemand, est décidément le seul homme honnête de l'UMP. Ainsi, quand M. Copé, avec le ton de conviction et la franchise qu'on lui connaît, promet une politique industrielle et une protection des frontières, M.
Lamassour ne se fait pas prier pour lui rappeler que cela n'a aucun sens dans le cadre de l'Union européenne. Aux boutiques de l'UMPS, quand M. Sapin ou Montebourg promettent la main sur le cœur et le cours de l'euro, les oligarques socialistes européens, souvent d'ailleurs amoureux eux aussi de l'Allemagne, expliquent que c'est tout simplement impossible et que ce n'est même pas souhaitable. Ainsi, quand M. Guénaud et Wauquiez nous jouent la sarabande de l'indépendance nationale et de la souveraineté nationale, quelles crédibilités ont-ils ? Où étaient-ils quand M. Sarkozy liquidait les derniers vestiges de la souveraineté nationale ?
Quand Nicolas Sarkozy supprimait de la Constitution l'obligation d'un référendum auprès du peuple français pour tout nouvel élargissement de l'Union européenne, où étaient-ils à l'Élysée, au gouvernement, aux ministres intègres, conseillers vertueux. Cette UMP totalement divisée dans la tactique où chacun se demande comment mieux tromper l'électeur et mieux enfoncer le voisin est une boutique en perdition. A l'intérieur, ils se détestent tous et n'ont plus rien à offrir aux Français que la guerre des clans et des ambitions personnelles.
Je n'exclus pas, au demeurant, que toutes ces contradictions grotesques, tout ce cirque, car il faut appeler les choses par leur nom, soient en fait délibérément organisées dans une tentative désespérée de tromper le plus de monde possible. Mais je crois que ça ne trompe plus personne. Ces manipulations grossières et sans honneur ne peuvent plus fonctionner. Vous savez ce qu'on dit, on peut mentir parfois à quelques-uns, mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde. Alors, bien sûr, à court de tactique électorale, ils sortent la grosse caisse. Ils dégainent en désespoir de cause ce que j'appelle les arguments d'intimidation massive. Il y en a trois.
Je les ai comptés qui tournent en boucle dans les médias du système et dans les bouches de nos adversaires. Le premier, le plus vieux, c'est l'argument de la paix. Mais oui, vous le connaissez cet argument. L'Europe, c'est la paix. C'est beau comme la messe. En conséquence, s'opposer à l'Union européenne, ce serait mécaniquement être pour le retour des conflits. Nous voilà donc criminels et fauteurs de guerre. Mais mes amis, cet argument est pathétique. La réconciliation franco-allemande voulue par De Gaulle et Adenauer, voulue aussi par les peuples eux-mêmes d'ailleurs, n'a tout simplement aucun rapport avec l'Union européenne.
Et si l'on cherche des raisons plus profondes, nous dirons que la paix résulte du fait que l'Allemagne, mise à genoux en 1945, effondrée sous l'immensité de ses fautes, a tout simplement perdu le goût pour longtemps et s'est heureux de faire la guerre à ses voisins. Une chose est sûre, cette paix n'a aucun rapport avec la perte de notre souveraineté, avec la suppression des frontières, le libre-échange, la mise en place de l'euro, la toute-puissance de la Commission européenne. Elle est une des incantations les plus rabâchées et pourtant cet argument relève du pur et simple terrorisme intellectuel.
Je rappelle au passage que la Grande-Bretagne et la France, ennemis jurés, ennemis mortels, pendant des siècles, vivent en paix depuis bientôt 200 ans. Je ne sache pas qu'il était nécessaire pour cela de créer une Union franco-anglaise dotée de 20 000 fonctionnaires et soumettant nos deux peuples à toutes sortes de politiques absurdes. L'ironie sanglante dans cette affaire est que l'Union européenne, par sa politique déflationniste, qui rappelle très pour très celle de Laval en 1935, est en train de ranimer les tensions en Europe. Alors qu'on ne vienne pas nous dire que l'Union européenne, c'est la paix. Non. Leur Europe, c'est la guerre économique. La paix, c'est nous.
Le même argument qui est plus récent, je vous l'accorde, se rapporte à la sortie de l'euro. Cette monnaie qui détruit l'industrie française effosse tous les signaux économiques en Europe. On nous dit sortir de l'euro serait une catastrophe. Ce serait la fin du monde. Les dix plaies d'Égypte, le retour à l'âge de pierre. Mais comment on fait les pays de l'Est lorsqu'ils sont sortis du rouble et du Conseil d'assistance économique mutuelle ? Ils en sont morts. C'était au contraire le signe et la réalité de leur retour à la liberté. Car de tout temps, mes amis, pour une nation, avoir sa monnaie est un signe de souveraineté, de liberté et d'indépendance.
Quant à la dévaluation dont on nous disait, souvenez-vous, pendant la campagne présidentielle, qu'elle ruinerait les veuves de Carpentras et qu'elle ferait plonger notre dette. Mais c'est de l'incompétence pure et simple ou bien du mensonge. Ils ont d'ailleurs, pour certains, changez d'oeuvre, vous avez remarqué, trois mois avant l'élection, hop là, la veste a été retournée là extrêmement rapidement. Il ne reste plus que M. Copé qui continue à tourner en boucle sur l'argument de la dévaluation. C'est d'ailleurs étonnant parce qu'il n'arrête pas de dire qu'il est gaulliste.
Il oublie probablement qu'en 1958, le général de Gaulle a dévalué précisément le franc et qu'il faut bien admettre que la santé de l'industrie française s'en est trouvée bien améliorée. Alors je préfère dévaluer la monnaie pour relancer la croissance plutôt que de dévaluer les salaires et les pensions comme ils le font cyniquement. Quant à la dette, là aussi, je crois qu'ils n'y connaissent strictement rien et racontent absolument n'importe quoi. De toute façon, plus c'est gros, plus ça passe. Le but, c'est d'effrayer les électeurs. Ils devraient savoir que le risque financier, en dernier instant, c'est toujours supporté par les créanciers et jamais par les débiteurs.
La dépréciation monétaire n'aura que très peu d'impact sur la dette publique. Et rapidement, d'ailleurs, il sera extrêmement positif. Plus de 95% de la dette française a été émise dans des contrats d'emprunt de droit français qui stipulent que la dette sera remboursée dans la monnaie ayant cours dans le pays. Elle sera donc remboursée dans la nouvelle monnaie de la France le jour où il y aura une nouvelle monnaie en France. Ça veut dire que la fin de l'euro, mes chers amis, ce sera plus de croissance, plus d'emplois et moins de dettes. Une monnaie qui est surévaluée de 30%, ça entraîne une chose très claire. Les produits que nous fabriquons, nous les vendons 30% plus cher que les autres.
On ne peut pas tenir, on ne peut pas être compétitif dans cette situation. Et d'ailleurs, je vais vous dire, on ne s'en est pas rendu compte maintenant. La réalité, c'est que l'euro est une erreur depuis le début. Tous les économistes sérieux, non aveuglés par le projet politique d'un État européen, l'ont dit avant sa création. Aujourd'hui, le mieux serait d'en sortir de manière concertée, au plus vite, de telle sorte que chaque pays puisse disposer d'une monnaie reflétant de manière fidèle les caractéristiques propres de sa base économique. Tout cela se trouve dans les manuels de premier cycle de sciences économiques.
Les technocrates auraient dû les lire, mais au lieu de cela, ils préfèrent continuer de croire comme ils disent à leur rêve européen. Ou à défendre plus cyniquement, d'ailleurs, pour beaucoup d'entre eux, les banques dont ils sont bien souvent les salariés. Si vous voulez, mon avis, fondre les rêves avec la réalité, ce n'est pas un signe de bonne santé mentale. Mais quand le rêve transforme la réalité en cauchemar, il est grand temps de réveiller le malade. Les Euro-Gaga méprisent d'ailleurs tellement le peuple français qu'ils décident les uns après les autres de fuir le débat du 22 mai sur France 2. Le seul grand débat de ces européennes est de se faire remplacer par des étrangers.
Le PS n'ira pas et on verra un Allemand quand le modem UDI veut y missionner un Belge. Bien évidemment, deux technocrates européistes pur jus qui considèrent comme eux que la France, les Français, tout cela, ne signifie plus rien. J'attends de voir si l'UMP aussi se débinera en envoyant le luxembourgeois Juncker, c'est son nouveau chouchou. Eh bien moi, je ne me défilerai pas mais je serai là et je représenterai manifestement bien plus que le Front National. Je représenterai les patriotes français. Je représenterai la France. Aujourd'hui, mise à genoux par des politiciens tout entiers tournés vers l'étranger, tout entiers soumis à lui.
Le dernier argument, le dernier en date en tout cas, crève tous les plafonds de bêtises. On nous dit la chose suivante puisque le Front National est opposé à l'Union Européenne et à ses politiques, il ne devrait pas présenter de candidat pour siéger au sein du Parlement européen. Je dois dire qu'un tel culot m'a d'abord laissé sans voix. Mais enfin, la réponse est simple. Quand une machine infernale est emballée, quand un navire fonce sur les récifs, le devoir commande de monter à bord pour parer au plus pressé et éviter le pire en s'emparant des commandes, oui ou non ? Cette idée est très très complexe et elle dépasse, je crois, les capacités de compréhension de nos adversaires.
Il faut dire que leur conception du courage leur commanderait plutôt, en pareil cas, de se tenir prudemment sur la rive avec leur petit moulin à prière en attendant la catastrophe. Par cet argument, l'UMPS voudrait surtout convaincre les Français de rester chez eux le 25 mai, alors que c'est le contraire qu'il faut faire. pour la France, pour nos enfants, pour l'avenir de la liberté, il faut voter le 25 mai. Ne pas voter, rester chez soi, c'est servir le système et il n'attend que ça. Je demande aux Français solennellement de ne pas lui faire ce cadeau. Ce serait prêter main forte au système dans son œuvre d'asservissement de la France, lui donner un blanc-seing pour continuer son œuvre.
Bon sang, vous tous, vous voulez cesser d'être les oubliés de la politique française, alors faites-vous entendre, rappelez-leur votre existence, allez voter, votez et faites voter Front National, plus il y aura de députés patriotes au Parlement européen. Capitaine catastrophe, mes chers amis, car notre pays et notre peuple sont en danger. Mes chers compatriotes, rien n'est jamais perdu en politique.
Louis Aliot