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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 10 juin 2025 6 minComplaisantActualité / polémiqueSantéTravail & emploi

Réforme du métier des infirmiers : "On aimerait qu'on nous mette à notre juste place", demande Gaëlle Cannat

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Cette réforme du métier, c'est ce que les 100 000 infirmiers libéraux français attendent ?

  • 0:47FerméeRéponse directe

    Parce que vous les faites sans prescription médicale ?

  • 1:14OuverteRéponse directe

    Pour faire quoi, par exemple ?

  • 1:37OuverteRéponse directe

    Et pendant la pandémie de Covid, vous avez eu le droit de faire des actes en plus ?

  • 2:21OuverteRéponse directe

    Alors, il y a quand même des médecins qui ne voient pas cette réforme d'un bon oeil. Ils disent que les infirmiers doivent rester sous la responsabilité des médecins parce que vous ne faites pas les mêmes études.

  • 2:58OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pensez que ça va apporter un peu plus... Enfin, si cette loi est votée, elle va apporter plus d'attractivité dans votre métier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36InvitéFait
    « Oui, et depuis très longtemps en fait. »
  • 0:42InvitéFait
    « C'est des choses qu'on fait déjà, mais qui n'ont jamais été légiférées et qui n'ont jamais été rémunérées. »
  • 0:50InvitéFait
    « Tout à fait. On le fait gratuitement et silencieusement. »
  • 1:01InvitéFait
    « C'est ça, tout à fait. »
  • 1:45InvitéFait
    « C'est à peu près ça. »
  • 1:51InvitéFait
    « Alors, les vaccins, quand on a la formation, la vaccination, on a le droit effectivement de faire les vaccins. »
  • 1:59InvitéFait
    « Je vais être payée quand je vais faire l'acte de vaccination. »
  • 2:17InvitéFait
    « Et en fait, on aimerait bien, effectivement, qu'on nous mette à notre juste place. »
  • 2:32InvitéFait
    « Rester sous la responsabilité, je trouve ça un peu patriarcal, en fait. »
  • 2:51InvitéFait
    « Le diagnostic infirmier, il existe depuis très, très longtemps, en fait. »
  • 3:10InvitéPromesse
    « Là, je pense vraiment que l'Assemblée nationale va la voter, le Sénat la semaine prochaine. »
  • 3:48InvitéChiffre
    « Depuis 2009. »
  • 3:58InvitéFait
    « Il est compris dans les 7,25 euros. »
  • 4:02InvitéChiffre
    « C'est 2,75 euros l'indemnité de transport. »
  • 4:34InvitéChiffre
    « Je gagne 6,30 euros brut. »
  • 4:41InvitéChiffre
    « En fait, les charges ont beaucoup augmenté. J'ai eu quasiment 60 %. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur27 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, le 5-7. Il est 6h22, sans doute de nouvelles prérogatives à venir pour les infirmiers. Ils pourraient être amenés à réaliser des consultations, des diagnostics, des prescriptions. Il ne manque que les deux votes finaux du Parlement à cette proposition de loi. A l'Assemblée, c'est aujourd'hui, au Sénat, la semaine prochaine. Bonjour Gaëlle Cana. Bonjour. Vous êtes la présidente du collectif Infirmiers Libéraux en Colère, vous exercez dans les bouches du Rhône. Cette réforme du métier, c'est ce que les 100 000 infirmiers libéraux français attendent ?

0:36
Invité

Oui, et depuis très longtemps en fait. Parce qu'en fait, vous dites qu'on va avoir des nouveaux actes, c'est pas tout à fait ça. C'est des choses qu'on fait déjà, mais qui n'ont jamais été légiférées et qui n'ont jamais été rémunérées.

0:47
Présentateur

Parce que vous les faites sans prescription médicale ?

0:50
Invité

Tout à fait. On le fait gratuitement et silencieusement. Et c'est ça en fait qui n'est pas normal.

0:54
Présentateur

Parce que ce qu'il faut dire, c'est qu'un infirmier libéral est payé à l'acte et il n'est payé que quand il y a une prescription.

1:00
Invité

C'est ça, tout à fait. Et c'est pour ça qu'on a demandé dans cette loi qu'il y ait l'accès direct à un infirmier. Parce que ça nous permet, du coup, on n'a plus forcément besoin. Alors évidemment, pas pour tous les actes, bien sûr. On n'a plus forcément besoin d'un médecin pour que le patient puisse accéder à nous. Pour faire quoi, par exemple ? Enlever des points de suture. Ça paraît complètement idiot, mais il faut savoir que moi, quand un patient se présente au cabinet pour enlever des points de suture, s'il n'a pas d'ordonnance du médecin, ça arrive souvent que ça ait été oublié aux urgences. Et bien en fait, je n'ai pas le droit d'enlever les points de suture.

Alors, soit je le fais gratuitement, soit je fais payer le patient. Enfin bon voilà, c'est du bricolage et ce n'est pas satisfaisant du tout.

1:37
Présentateur

Et pendant la pandémie de Covid, vous avez eu le droit de faire des actes en plus ? Il y avait comme les tests antigéniques, les vaccins. Ça, ça a duré un temps et ça vous a été retiré ?

1:45
Invité

C'est à peu près ça. Alors, les vaccins, quand on a la formation, la vaccination, on a le droit effectivement de faire les vaccins. Il faut savoir que moi, quand je prescris un vaccin à un patient, je ne suis pas payée. Je vais être payée quand je vais faire l'acte de vaccination. Ce qui veut dire que si je prescris un vaccin et qu'ensuite il se fait vacciner ailleurs, ce qui peut arriver, en fait, je ne vais rien toucher du tout. Et effectivement, pendant le Covid, on a su nous trouver les tests antigéniques. Alors, je sais bien qu'il y en a qui ont abusé. Ça, j'en ai bien conscience.

Mais ça veut dire qu'on a quand même des capacités, on a des compétences qui sont reconnues depuis longtemps. Et en fait, on aimerait bien, effectivement, qu'on nous mette à notre juste place.

2:21
Présentateur

Alors, il y a quand même des médecins qui ne voient pas cette réforme d'un bon oeil. Ils disent que les infirmiers doivent rester sous la responsabilité des médecins parce que vous ne faites pas les mêmes études.

2:31
Invité

Bien sûr qu'on ne fait pas les mêmes études. Rester sous la responsabilité, je trouve ça un peu patriarcal, en fait. Je crois qu'on a notre champ de compétences qui n'empiète pas sur celui des médecins. On est responsable, on est quand même formé. Alors, oui, on n'a pas les mêmes études que les médecins. Moi, je ne veux pas faire du diagnostic médical. Moi, je ne veux pas dire à un patient quelle est sa pathologie, etc. Par contre, le diagnostic infirmier, il existe depuis très, très longtemps, en fait. Et je voudrais simplement pouvoir l'appliquer et pouvoir m'en servir correctement pour m'occuper des gens.

2:58
Présentateur

Est-ce que vous pensez que ça va apporter un peu plus... Enfin, si cette loi est votée, elle va apporter plus d'attractivité dans votre métier ?

3:05
Invité

Alors, la condition sine qua non, c'est qu'ensuite, on soit revalorisé financièrement. Là, je pense vraiment que l'Assemblée nationale va la voter, le Sénat la semaine prochaine. Pour moi, il n'y aura pas de soucis. Ce qui va se passer ensuite, c'est qu'il y aura des négociations, notamment avec la CNAM. La CNAM, c'est la Sécu, vous parlez très simplement. Et c'est là que ça risque de coincer.

3:23
Présentateur

Qui vont débuter en juillet, ces négociations, le mois prochain.

3:25
Invité

C'est ça, tout à fait. Et c'est là que ça risque de coincer. Parce que si la CNAM nous dit qu'en fait, il n'y a pas d'argent dans les caisses, et grosso modo, débrouillez-vous, là, on va avoir un vrai problème. Donc, la loi, pour moi, elle est bien, vraiment. Elle valorise notre métier, elle nous met à notre juste place. Si derrière, les décrets d'application et les négociations ne sont pas à la hauteur, en fait, on aura tout raté. Ça fait combien de temps que vos tarifs n'ont pas été réévalués ? Depuis 2009. Donc, ça fait 16 ans que, pour une injection, on est payé 7,25 euros brut, déplacement compris. Il n'y a pas d'indemnisation pour l'indemnité pour le transport ?

Il est compris dans les 7,25 euros. C'est 2,75 euros l'indemnité de transport. Quelle que soit la distance ? Oui. Quand les infirmiers sont à la montagne, par exemple, on rajoute des indemnités kilométriques. Moi, qui suis en zone semi-rurale, j'ai simplement le forfait de 2,75 euros. Si vous passez d'un immeuble à l'autre, 2,75 euros, c'est super rentable. Mais moi, si je fais 5 kilomètres, ça devient un petit peu plus compliqué. Et par exemple, pour reprendre l'exemple des points de suture, tout à l'heure, vous gagnez combien quand vous enlevez des points de suture ? Alors, moi, souvent, je les retire au cabinet, puisque c'est des gens qui prennent rendez-vous.

Donc, il n'y a pas de transport dans ce cas-là. Je gagne 6,30 euros brut. Et ça fait combien en net ? Il me reste à peu près... En fait, les charges ont beaucoup augmenté. J'ai eu quasiment 60 %.

4:46
Présentateur

Donc, il va me rester 3 euros. Est-ce qu'il arrive que des infirmiers refusent certains soins parce que ce n'est pas rentable et presque que ça leur coûte de l'argent ?

4:54
Invité

Oui. Les points de suture, notamment, les patients ont de plus en plus de mal à trouver. Les injections, comme l'injection, je vous disais qu'elle est à 7,25 euros. Effectivement, ce n'est pas très rentable. Alors, moi, je ne me résous pas à ce que les gens n'aient pas accès à leurs soins parce que ce n'est pas rentable pour moi. Donc, je vais le faire. Mais je vais le faire parce que je compense avec d'autres actes qui sont un petit peu mieux payés.

5:15
Présentateur

Mais je trouve que ce n'est pas normal, en fait. Une dernière question, Gaël Cana. Est-ce qu'il vous est arrivé d'avoir envie d'exercer votre métier dans le secteur public ? De quitter le libéral ?

5:24
Invité

De retourner à l'hôpital ? Pas du tout. Je pense que tous les infirmiers qui sont installés en libéral, en fait, ils ont un petit peu fui l'hôpital. Parce que l'hôpital, c'est dur. Moi, je sais que les hôpitaux ont eu un Ségur. Je trouve que c'est normal. Mais je trouve qu'en fait, ce n'est pas assez. Vraiment, je trouve que de travailler à l'hôpital, c'est difficile. Et nous, on a une certaine forme de liberté aussi. Et non, je ne retournerai pas à l'hôpital. Mais je ne suis pas la seule.

5:48
Présentateur

Merci, Gaël Cana, présidente du collectif Infirmiers libéraux en colère. Vous étiez l'invité du 5-7.