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Podcast / conversationMEDIADVIZE PODCAST STUDIO· 5 septembre 2025 17 minComplaisantActualité / polémiqueSolidarités & familleLogementSanté

ENFANCE Adeline Hazan présidente de UNICEF France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Quel est le constat que l'on peut faire en août 2025 sur la présence d'enfants dans la rue en France ?

  • 6:00OuverteRéponse partielle

    Comment ces enfants sont-ils arrivés dans la rue ? Est-ce lié à l'immigration, à l'inflation ou à d'autres causes ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Faut-il dissocier l'hébergement familial de celui des personnes seules pour répondre à la pénurie de logements ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Quelles solutions immédiates mettre en place avant l'hiver pour les enfants à la rue ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Faut-il des règles différentes pour les territoires ultramarins pour agir plus rapidement ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont les recommandations essentielles pour le budget 2026 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:00Adeline HazanChiffre
    « Il y a 203000 places d'hébergement d'urgence alors même que le strict minimum devrait être de 10000 de plus. »
  • 11:00Adeline HazanChiffre
    « En 2024, il y a eu 38 enfants morts dans la rue dont le plus jeune avait 8 jours. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans l'actu Pris au moto. Je suis Patrick Lonchamp et chaque semaine, je vous emmène découvrir un mot qui fait l'actualité. Avec mes invités, nous passerons de la réflexion à l'action pour comprendre, décrypter l'enjeu de ce mot dans notre société contemporaine.

L'actu prise au mot, c'est le podcast des mots qui font l'actu. Bienvenue à vous et bonne découverte. Et notre mot de cette semaine, c'est l'enfance.

L'enfance, c'est un mot qui vient du latin. Infance, littéralement celui qui ne parle pas. L'enfance est d'abord cette voix fragile dépendante qui doit être entendue par d'autres.

Et la question est là, comment notre société écoute-t-elle vraiment son enfance ? En cette rentrée 2025, le constat est brutal. Des milliers d'enfants dorment encore dans la rue sans solution d'hébergement.

À l'école, les inégalités explosent, manque d'enseignement, classe surchargée, fracture numérique. Et dans le champ sanitaire et bien les alerte se multiplient. D'abord, il y a la crise dans la pédopsychiatrie, désertification médicale, mal-être grandissant des plus jeunes.

Et à la veille de cette rentrée, et bien ce sont plus de 2000 enfants, 2159 très exactement, qui selon une photo du 18 au 19 août de l'UNICEF France sont et ont dormi dans la rue dont 503 avaient moins de 3 ans. Voilà donc la réalité. L'enfance ce n'est pas qu'un âge tendre ou une image de carte postale, c'est un test politique, un miroir de notre capacité collective à protéger les plus vulnérables.

L'économique, lui n'est pas en reste car investir dans l'enfance c'est préparer le futur capital humain d'un pays. Chaque euro mis dans l'éducation, dans la prévention santé, dans la protection des plus fragiles rapporte bien plus qu'il ne coûte à l'inverse l'abandon se pêche cher, décrochage, précarité, violence sociale. Les voix s'élèvent donc pour rappeler cela, l'UNICEF France tire la sonnette d'alarme.

Depuis des mois, des associations locales supplaient les carences publiques. Des mères alertes sur l'explosion de la pauvreté infantile dans leur territoire et partout des enseignants, des éducateurs, des bénévoles s'efforcent de donner une chance à ces enfants que la société oublie. Alors, posons-nous donc la question autrement.

L'enfance est-elle un droit ou un privilège ? Un bien commun que nous devons protéger ensemble ou un décor attendrissant qu'on agite à chaque rentrée scolaire avant de passer à autre chose. C'est pour ouvrir cette réflexion qu'aujourd'hui nous recevons Adeline Azan, présidente de l'UNICEF France avec elle on évoque l'enfance et les solutions qui sont apportées pour sortir 2159 enfants de la rue la nuit.

Bonjour Adelineazan. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous.

On va évoquer donc avec vous la question de l'enfance et particulièrement des enfants à la rue puisque vous venez de publier avec l'UNICEF France les la Fédération des acteurs de la solidarité en août 2025. Un baromètre. Quel est le constat que l'on peut faire en août 2025 ?

Un constat qui si j'ai bien compris est assez alarmant sur la présence d'enfants dans la rue aujourd'hui en France ? Oui, le constat que nous faisons avec euh la Fédération des acteurs de la solidarité, il est plus qu'alarmant. Je dirais qu'il est euh totalement euh indigne d'un pays comme la France.

Nous avons comptabilisé dans la nuit du 18 ou au 19 août dernier donc de exactement 2159 enfants à la rue. Ces enfants à la rue euh il faut les ajouter aussi aux enfants qui sont dans des centres d'hébergement d'urgence et des enfants qui vivent à l'hôtel comme solution d'urgence. les enfants à la rue, ça cela représente une augmentation de 6 % par rapport à l'année dernière et de 30 % par rapport à 2022.

Hm hm. Donc on voit bien que loin de ce tasser, ce chiffre ne fait qu'augmenter, qu'empirer. Et pour donner quand même un ordre d'idée, en 2012, l'INC estimait à 30000 environ le nombre d'enfants qui n'avaient pas de domicile. 300 alors qu'on est à 43500.

Hm hm. Ça veut dire une augmentation en 12 ans de 53 %. Alors, c'est absolument dramatique.

Alors, justement, comment comment ces enfants sont-ils arrivés dans la rue ? Comment se fait-il que ce chiffre augmente ? Est-ce que c'est une population croissante qui arrive sur notre territoire et qui a du mal à trouver des solutions de logement ?

Est-ce que c'est la forte inflation qui fait que aujourd'hui la précarité est d'autant plus grande et bien que l'on retrouve les enfants et les familles dans la rue ? Il y a plusieurs causes qui se croisent, qui se cumulent. Il y a d'abord, vous l'avez cité, c'est tout à fait exact, l'augmentation très très importante de la pauvreté en France.

Il y a aussi le durcissement des politiques de d'expulsion locative, notamment avec la loi Casbarian qui a facilité les possibilités d'expulsion locative. Euh et puis il y a évidemment le fait que il n'y a pas assez de place d'hébergement d'urgence en France. Hm il y a 203000 places d'hébergement d'urgence alors même que le strict minimum devrait être de 10000 de plus.

Il n'y a pas assez après en en amont de logements sociaux ou très sociaux. Ce qui fait que les personnes qui sont en centre dehébergement et qui pourraient prétendre et il y en a un certain nombre à euh un logement social ou très social, et bien malheureusement ils sont obligés d'attendre pendant des années et du coup de d'emboliser euh contre leur volonté bien sûr, mais d'emboliser les centres d'hébergement. Est-ce qu'il faudrait selon vous euh madame Maan, que on dissocie euh euh la famille euh de euh l'hébergement familial, de l'hébergement de personnes qui sont seules aujourd'hui pour pouvoir répondre finalement à cette problématique de pénurie euh de logement pour préserver le noyau familial.

Oui. Euh nous justement dans ce que nous demandons, nous demandons une loi pluriéannuelle euh de sur la construction de des places d'hébergement d'urgence et de logement social. Et dans cette loi, nous estimons qu' il doit y avoir une priorité aux familles avec enfants.

Non pas que les autres personnes doit doivent rester dans la rue. Personne ne doit rester dans la rue. Mais euh c'est encore pire quand il y a des enfants qu'ils soient en basâge ou adolescents.

Nous avons aussi dans notre rapport avec la face d'écrit en détail et puis dans un autre rapport en 2022 également décrit en détail ce que quelles sont les conséquences d'être à la rue pour un enfant et pour un adolescent. On voit bien que c'est pas seulement un toit qui qui n'existe pas, c'est le droit à la santé qui n'existe pas. C'est comment on fait ses devoirs, c'est le droit à l'éducation, c'est le droit à la sociabilité aussi.

Parce que ça veut dire qu'un enfant ou un ados qui rentre à l'hôtel le soir, qui rentre en centre d'hébergement, voire pire, qui rentre qui va dans la rue, h il ne peut pas avoir de vie sociale avec ses camarades h soit parce que c'est matériellement pas possible, soit parce qu' il ne veut pas le dire et du coup il se sent complètement en marge de la société et cela créera, c'est une évidence, des troubles même à l'âge adulte. On on verra à la fin de notre échange justement quels sont quelles sont les pistes et aujourd'hui comment permettre d'ancrer dans le corps législatif et dans le corps social cette question de la protection de l'enfance mais sur des appels de réaction immédiate. Comment est-ce qu'on peut on n'est pas encore à l'hiver mais l'hiver va arriver assez rapidement.

Quelles sont aujourd'hui les les solutions immédiates qu'il serait possible de de mettre en place pour essayer de ne pas faire d'économie ? sur l'enfance. Mais dans l'immédiaté, il faut transformer des lieux.

Bah, je dis pas construire parce que construire ça prend un certain temps, mais transformer des lieux en centre d'hébergement parce que nous nous considérons qu'être à l'hôtel pour un enfant, ce n'est vraiment pas terrible. Euh bon, être en centre d'hébergement non plus, mais enfin c'est quand même mieux. Et puis surtout, il faut qu'il y ait un accompagnement social plus important parce que actuellement non seulement ces personnes sont à la rue ou en situation de d'hébergement d'urgence, mais aussi elles sont livrées à-mêmes.

Elles n'ont pas d'accompagnement social et ça nous pensons que c'est absolument indispensable. Hmm. Alors, j'ai j'ai vu qu'il y avait aujourd'hui des des solutions et qui existaient particulièrement euh sur euh sur Paris où aujourd'hui euh des acteurs euh privés euh euh travaillaient à restaurer, à remettre en état euh d'anciens hôtels.

Justement, euh est-ce que c'est des pistes aujourd'hui euh qui peuvent être euh peuvent devenir systémiques et peut-être avancer sur cette question de l'accueil de ces familles en très grande précarité ? Alors, ce sont des pistes à l'évidence parce que c'est toujours mieux d'être dans un un établissement avec d'autres familles et surtout un soutien éducatif, c'est ce que nous demandons. Mais c'est quand même très provisoire, c'est quand même quelque chose de précaire qui ne remplace absolument pas un véritable hébergement, c'est-à-dire un un appartement.

Alors, ce que je voudrais dire aussi, c'est que les collectivités locales euh et les citoyens d'ailleurs euh font preuve de beaucoup de solidarité. Elles organisent des hébergements à l'école. Les parents se relèvent pour euh être présents avec les enseignants pour que l'école reste ouverte la nuit ou le weekend, c'est quand même pas rien.

Alors à la fois, je veux saluer cette solidarité citoyenne mais en même temps, je ne trouve je trouve qu'il est pas normal que ce soit justement les associations et les particuliers et les enseignants qui sont pas fait pour ça qui euh finalement palient euh la carence de l'État. Alors, vous avez fait cette photo qui vous qui vous a servi à appuyer ce baromètre dans la nuit du 18 au 19 août 2025. Vous avez mentionné qu'il y avait 2159 enfants qui étaient dans la rue cette nuit-là dont euh et ça c'est un chiffre que je trouve absolument énorme dont 503 qui ont moins de 3 ans et qui sont restés sans situation d'hébergement. comment on peut prioriser parce que je pense qu'il y a encore plus d'urgence quand on a un enfant en basage.

Quand je dis entre 0 et 3 ans, c'est-à-dire les femmes enceintes ou en post parom qui ont vraiment à ce moment-là un besoin d'urgence. Là, on n'est plus juste dans une question d'enfant à la rue, on est dans une question d'urgence. Comment est-ce qu'on peut mettre en priorité ces ces cette des dispositifs pour accompagner ces femmes ?

C'est le rôle du 115. Et de ce fait-là, justement, le le 115 quand il va chercher une solution pour les familles, il priorisera un enfant de euh 6 mois par rapport à un enfant de 10 ans. Mais justement, c'est ça que nous dénonçons aussi, c'est qu'on en soit venu à trouver que et ben entre un enfant de 12 ans et un enfant de de d'un an, et bien l'enfant de 12 ans, il va pouvoir rester à la rue parce qu'il faut prioriser.

On a vu des femmes enceintes euh qui sont à la rue. On a même vu des femmes qui sortent de la maternité et pourtant les maternité font ce qu'elles peuvent et et ont en général gardé au maximum plusieurs jours de de plus ces femmes. Mais au bout d'un moment, elles sont là pour faire accoucher les femmes pas pour faire centre d'hébergement.

Et bien ces femmes, elles se retrouvent avec un bébé de 15 jours dans les bras. Et ce que je voudrais citer comme dernier chiffre, mais celui-là est terrifiant, c'est qu'en 2024, il y a eu 38 enfants morts dans la rue dont le plus jeune avait 8 jours. Alors, est-ce qu'on accepte est-ce qu'on accepte de vivre dans un pays qui qui laisse ses enfants mourir ?

Évidemment, la réponse est non. Personne d'ailleurs ne veut l'accepter, mais prenons les mesures et là, je m'adresse à l'État. Prenons les mesures pour que justement cette solution n'existe plus.

Enfin, cette situation pardon n'existe plus. cette situation n'existe plus et à l'état de nous apporter de quoi apporter des solutions. Euh on on n pas parlé des territoires.

Est-ce que suivant les territoires, je on va parler des territoires de la métropole, on va opposer peut-être grande métropole à ruralité, puis on verra ce qui se passe aussi dans les territoires ultramarins. Le rapport entre grande métropole, zone rurale, il y a une une différence notable ou pas ? Oui, il y a une différence parce que plus les plus on se trouve dans des grosses collectivités, plus il y a de d'enfants sans domicile.

C'est encore plus vrai dans la région PA, dans la région Auverronalpe et bien sûr dans la région Île-de-France. Euh, ça c'est une chose. Mais pour autant ça commence à être une vraie réalité dans les petites villes ou les villes moyennes.

Il y a plus une ville qui soit pas confrontée un peu ou prou à cette situation là. Euh donc évidemment euh tous les territoires finalement sont concernés mais à à différentes échelles. Le pire du pire étant évidemment l'outre mer.

C'est c'est vous avez fait un focus hein dans ce baromètre d'ailleurs sur voilà on a fait un focus parce qu'on est très préoccupé par la situation des enfants enemè à Mayotte en Guyane à la Réunion la situation est pire. On n'a pas pu décompter mais grosso modo, on sait qu'il y a des centaines de milliers de personnes qui ne sont pas dans des dans des logements sûrs, sécurs. Hm hm hm.

Est-ce que selon vous faudrait des règles différentes pour les les territoires ultramarins pour agir peut-être plus rapidement et plus efficacement que que qu'en métropole ? Bah, il faudra non une égalité égalité de droit. Mais c'est vrai que comme la situation est particulièrement grave en outreem, il faut surtout des fonds supplémentaires en outreem et une meilleure organisation.

Alors, vous sortez ce baromètre à quelques alors on ne sait plus quand maintenant, mais quelques jours du début de l'étude du plan de financement 2026, mais on n'est pas certain que ce plan 2026, ce plan de de finance va aboutir en tout cas aussi rapidement. Quelles sont les les recommandations qui sont pour vous essentielles, Adelinazan ? Alors, justement, on était déjà très inquiet de considérer que au-delà même de la préparation de la loi de finance initiale, euh les coûts budgétaires qui ont été faites sur la ligne solidarité, insertion, inclusion, soit la ligne où il y a eu le plus de coup, 1 milliard 7 sur cette ligne-là avec l'aide euh publique au développement, ce sont les secteurs où les couples les plus importantes ont été annoncées euh sur le budget 2026, ben ni vous ni ne savons à l'heure où on se parle quand est-ce qu'il va être voté.

Mais justement, je voudrais faire une remarque à ce sujet, c'est à quel point justement cette instabilité politique, elle nuit à des à l'action publique dans dans ces domaines en fait du du soin, de l'enfance et cetera parce que là, il n'y a que des politiques de long terme qui s'inscrivent dans la durée qui peuvent changer la la situation des des enfants ou des personnes des personnes vivants en précarité. Et déjà depuis un an, on a vu à quel point les changements de ministre de l'enfance, du logement et cetera se faisait et et donc forcément ça ralentit encore davantage euh une situation déjà très précaire. Comment est-ce qu'on peut vous aider à l'UNICEF France Adelinazan ? en parlant bien sûr, en médiatisant le plus possible et ça a été le cas d'ailleurs cette situation et puis euh aussi bien sûr parce que l'UNICEF ne fonctionne qu'avec des contributions de particuliers ou d'entreprise euh avec euh des dons et pour faire un don, c'est très simple, il faut aller euh sur le site de l'UNI de l'UNICEF et faire un don sur unicef.fr.

Merci beaucoup Adelineazan d'avoir été notre invité de l'actu Prise au mot. On se retrouve nous la semaine prochaine pour un prochain mot décrypté au travers de l'actualité. Merci beaucoup Adelinazant, à très bientôt.

Au revoir. C'était l'actu Prisomo, un podcast original de Mediaadvise Podcast Studio. Vous pouvez nous retrouver sur le site de notre partenaire médiatico ou sur les plateformes de podcast dédié.

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Merci à vous tous et à vous toutes de votre fidélité. À très bientôt, à la semaine prochaine. Au revoir. [Musique]