François Baroin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:06OuverteRéponse directe
Plus de 200 municipalités ont répondu présentes, mais pas en tant que telle l'association des maires de France que vous présidez, pourquoi ?
- 1:47RelanceRéponse partielle
Pourtant on voit des communes de toute taille qui se mobilisent et qui se manifestent, des grandes villes comme Bordeaux, des villes moyennes, petites, pas d'autres. Trois, vous avez dit, nous on n'a pas les moyens ?
- 2:50OuverteRéponse directe
Sur ces points, Bernard Cazeneuve vous a rassuré hier François Baroin ?
- 4:13OuverteRéponse directe
Et pour celles qui ne veulent pas, c'est, pour l'essentiel, une question de moyens, et pas une question d'idéologie, François Baroin, dans ce que...
- 5:11OuverteRéponse directe
Le débat ne s'est pas porté uniquement sur ce terrain-là, quand plusieurs maires, à Rouen, à Belfort, ont dit qu'ils ne voulaient accueillir que les chrétiens. C'est quoi, François Baroin ? Qu'en pensez-vous ?
- 6:43OuverteRéponse directe
Vous organisez, l'AMF, l'Association des maires de France, organise une journée nationale d'action dans dix jours pour alerter la population sur la baisse des dotations de l'État aux communes. Vous réclamez quoi, François Baroin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:31Invité politiqueChiffre
« juste un chiffre en 2003, il y avait 10 000 places des centres d'accueil des demandeurs d'asile, aujourd'hui on est à 25 000 »
- 2:13Invité politiqueChiffre
« on en accueille justement beaucoup plus que la moyenne nationale, deux fois plus, et depuis des années »
- 7:15Invité politiqueFait
« La baisse du transfert de l'argent que l'État doit aux collectivités locales est dans des proportions qui sont dramatiques »
- 7:56Invité politiqueChiffre
« On estime à moins 25 à moins 30% d'investissement public, dont 70% est porté par les collectivités locales »
- 8:02Invité politiqueChiffre
« Moins 10% d'investissement, c'est 0,2 point de croissance. Ça peut avoir un impact sur 0,6 point »
- 8:54Invité politiqueChiffre
« C'est moins 28 milliards »
- 9:12Invité politiqueChiffre
« moins de 10% pour les collectivités locales, à peine 4% pour les communes »
Temps de parole
- François Baroin83 %
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Bonjour François Baroin, des maires se mobilisent pour accueillir des réfugiés syriens et irakiens en provenance d'Allemagne. Plus de 200 municipalités ont répondu présentes, mais pas en tant que telle l'association des maires de France que vous présidez, pourquoi ?
L'association des maires de France a pour mission d'abord et avant tout de porter la parole des intérêts des communes, quelle que soit leur diversité, la taille des communes, on regroupe les 36 000 communes de France et on est l'interlocuteur de l'Etat. Les communes elles s'administrent librement, on n'administre pas, on ne donne pas une ligne politique, on ne fixe pas un cadre. On pourrait y donner l'infulsion. On relaie les intérêts, c'est ce que nous avons fait.
Et nous avons la semaine dernière, ce que j'ai fait moi-même en fin de semaine, alerté l'Etat sur la nécessité de rappeler deux, trois idées simples sur cette problématique dramatique sur le plan humain, difficile en termes d'organisation et de coordination, et donc sur le rôle et la place éminente de l'Etat. Le droit d'asile, l'accueil des réfugiés, des naufragés, qui sur le plan des principes est présidé et gouverné par un principe d'humanité, doit être et doit être coordonné de manière précise par l'Etat.
J'avais eu le ministre de l'Intérieur au cours du week-end, nous avons convenu d'une réunion, cette réunion s'est tenue hier, je tiens d'ailleurs à souligner le sens des responsabilités de Bernard Cazeneuve, son degré de réactivité par rapport à nos sollicitations, et l'intégration de ce qui remonte.
Ce qui remonte globalement, c'est qu'il y a une disparité sur le territoire, dans les capacités d'accueil, il y a une histoire de la mise en place de ces plateformes d'accueil des demandeurs d'asile dans notre pays, qui s'est constituée au fil des années, juste un chiffre en 2003, il y avait 10 000 places des centres d'accueil des demandeurs d'asile, aujourd'hui on est à 25 000, et en l'espace d'une annonce, on double le nombre de propositions de demandes d'asile.
Pourtant on voit des communes de toute taille qui se mobilisent et qui se manifestent, des grandes villes comme Bordeaux, des villes moyennes, petites, pas d'autres. Trois, vous avez dit, nous on n'a pas les moyens ?
Non, c'est pas ça, c'est que Trois fait partie de ces 270 centres d'accueil, il y a 36 000 communes, il y a 270 centres d'accueil sur les 25 000 places, et c'est pas parce qu'on explique qu'on ne peut pas en accueillir qu'on n'en accueille pas, on en accueille justement beaucoup plus que la moyenne nationale, deux fois plus, et depuis des années.
Lorsqu'il y a eu le drame de l'ex-Yougaslavie, où il y a eu justement le même mouvement, pas dans les mêmes proportions, car ce qui se passe aujourd'hui est inédit, c'est un défi immense pour l'Europe, et immense pour la France, nous sommes retrouvés dans des situations difficiles, parce qu'il ne s'agit pas simplement d'offrir d'une certaine manière l'hébergement et la protection, ce qui est déjà sur le plan humanitaire très important, mais derrière, c'est une politique d'insertion, d'accompagnement, c'est la mise en place de médecins, d'accompagnement psychologique, c'est le choix de l'interprète, et donc il faut des lieux.
Sur ces points, Bernard Cazeneuve vous a rassuré hier François Baroin ?
On avait soulevé trois questions. La première, la coordination par l'État. Il l'a réaffirmée avec force, il a rappelé la position française, c'est-à-dire une négociation française dont je rappelle qu'elle est conditionnée par la mise en place de hotspots en Italie, en Grèce et en Hongrie. Aujourd'hui, il n'y a pas d'accord. Ces hotspots vont avoir une première responsabilité majeure, c'est-à-dire d'enregistrer les personnes qui viennent, qui fuient la mort, qui fuient la guerre, et ensuite de répartir, si on peut utiliser ce terme, selon les critères définis par la commission de Bruxelles, les personnes selon les pays.
Je rappelle que dans les critères, la commission de Bruxelles a fixé aussi la santé économique de chaque pays, y compris le taux de chômage. Ça fera peut-être partie des discussions à l'avenir. Ensuite, les personnes vont venir en Allemagne, ils le font déjà, et ils vont venir en France. Il faut donc une coordination entre l'État et les lieux où ces personnes vont s'installer. C'est donc sur la base, et c'était la deuxième question que nous avons...
Il y a un coordinateur qui a été nommé.
Oui, qui est un préfet de qualité, qui a eu une expérience et que nous avons rencontré hier, et qui, je crois, va prendre à bras le corps cette problématique à la fois humaine et d'organisation. Et c'est bien la remonter sur la base du volontariat. C'est-à-dire que, clairement, ce sont les communes qui le veulent et qui le peuvent, qui seront, évidemment, prioritairement en lien avec l'État pour pouvoir les accueillir.
Et pour celles qui ne veulent pas, c'est, pour l'essentiel, une question de moyens, et pas une question d'idéologie, François Baroin, dans ce que...
Il n'y a pas des villes plus généreuses ou moins généreuses. Il y a des villes qui le peuvent à raison de leur situation. Il y a des villes qui le peuvent à la raison de leur capacité d'accueil. Et il y a des villes qui le peuvent tout simplement parce qu'elles n'ont pas eu, jusqu'à présent, à traiter ce type de questions. On passe du simple au double. Donc ça veut dire qu'il va falloir construire, mettre en place des logements. Et dans les critères qui, me semble-t-il, peuvent être des éléments de référence partagés par tous, en dehors des débats politiques, c'est pas une affaire gauche-droite, c'est pas une affaire majorité-opposition.
C'est le taux d'occupation de ces places, des centres d'accueil, des demandeurs d'asile. C'est le taux d'occupation des centres qui sont gérés par Adoma, les anciens Sonacotras. C'est peut-être aussi les pourcentages du taux de logements sociaux dans telle ou telle ville. C'est également peut-être aussi la santé économique, le taux de chômage.
Le débat ne s'est pas porté uniquement sur ce terrain-là, quand plusieurs maires, à Rouen, à Belfort, ont dit qu'ils ne voulaient accueillir que les chrétiens. C'est quoi, François Baroin ? Qu'en pensez-vous ?
Vous savez, ce sont des débats qui font surgir énormément de réactions, dans un sens ou dans l'autre. Je crois que notre responsabilité à ceux justement qui exercent des responsabilités, soit au plus haut niveau de l'État, pour le gouvernement et le président de la République, soit à la tête de chacune de nos communes, lorsque nous sommes en responsabilité de maire, dont notre rôle, et c'est notre métier, c'est ce que nous faisons tous les jours, et pour ma part depuis 20 ans, est d'assurer la cohésion sociale. Il faut revenir à des idées simples, et ces idées simples, vous les trouvez dans le droit.
Et le droit d'asile, il est conféré par le préambule de la Constitution, c'est l'honneur de notre pays, qui est le pays de la déclaration des droits de l'homme, et qui a fixé déjà dans l'un de ses articles le cadre de l'accueil des gens qui sont menacés dans leur vie. Il est fixé aussi par la Convention de Genève de 1951, il n'est pas divisible. Il n'est pas divisible. Donc on ne trie pas en fonction des religions, comme l'a dit Manuel Valls. Le Premier ministre est dans le sens de la définition du droit, il a raison sur ce point, on ne peut pas ouvrir un débat de cette nature.
Le droit d'asile, l'accueil, la définition, l'enregistrement de ces personnes répondront à des critères qui sont reconnus par le droit international et qui font partie des engagements de la France.
Alors vous organisez, l'AMF, l'Association des maires de France, organise une journée nationale d'action dans dix jours pour alerter la population sur la baisse des dotations de l'État aux communes. Vous réclamez quoi, François Baroin ?
Bon, ça c'est le sujet qui nous mène depuis plusieurs mois, qui est très difficile. Nous sommes à un niveau de tension très fort avec l'État, et donc vous voyez que lorsque la situation l'exige ou l'impose, nous sommes des partenaires très loyaux de l'État. Nous agissons d'ailleurs au nom de l'État dans un certain nombre de missions. Mais là, nous sommes dans une situation qui est inédite. La baisse du transfert de l'argent que l'État doit aux collectivités locales est dans des proportions qui sont dramatiques. Je pèse le terme, sont dramatiques. Dramatiques, avec quel type de conséquences ? Les conséquences vont être de trois ordres.
Soit ça va être une altération en profondeur de la qualité des services publics, pour ne pas dire leur fermeture. Soit ça va être un effacement puissant du transfert des subventions que les collectivités donnent aux associations. Soit ça va être une hausse importante de la fiscalité locale. Nous sommes en début de mandat et ça peut intervenir. Donc on ne peut pas avoir une schizophrénie de discours entre d'un côté une augmentation de la fiscalité locale sur le terrain et une volonté de baisse des prélèvements obligatoires à l'échelle nationale.
Soit, et c'est un point qui est peut-être le plus important, de mon point de vue aujourd'hui, c'est un effondrement de l'investissement public dans les deux années qui viennent. On estime à moins 25 à moins 30% d'investissement public, dont 70% est porté par les collectivités locales. Moins 10% d'investissement, c'est 0,2 point de croissance. Ça peut avoir un impact sur 0,6 point. Donc cette journée est inédite. Une fois encore, ce n'est pas une affaire majorité-opposition. Il y a au sein des maires de France des gens de gauche, des gens de droite.
Oui, ils sont partagés les gens de gauche. Mais puisque vous parlez de schizophrénie, quand on entend la droite réclamer depuis des mois et des années la baisse des dépenses publiques, là on entend en retour, ah ben oui, mais surtout pas pour les collectivités locales.
Non, ce n'est pas ce message-là où je vais le compléter. Peut-être, comme je l'ai déjà dit à de nombreuses reprises, personne de sérieux ne conteste la nécessité de réduire les déficits publics. J'ai moi-même été le ministre du Budget, qui est le premier à geler les dotations de l'État aux collectivités locales, à l'époque où il y avait une inflation 1,7. Donc ça faisait déjà des sommes. Il y a une grande différence entre geler et effondrer le transfert de l'argent que l'État doit aux collectivités locales. C'est moins 28 milliards. Moins 28 milliards, c'est plus de la moitié d'une année d'investissement public.
Et juste pour conclure, il faut baisser les déficits, donc il faut réduire les dépenses. Parce qu'il faut réduire la dette, et cette dette étouffe notre économie. Simplement dans cette dette, 80% de la responsabilité de l'État devient à l'État, de la dette devient à l'État, 10% à la sécurité sociale, moins de 10% pour les collectivités locales, à peine 4% pour les communes. Et on nous demande 25% de l'effort. Ce n'est pas tenable.
François Baroin, on vous retrouve dans quelques minutes face aux auditeurs de France Inter, et on me signale qu'on a déjà une auditrice en ligne qui n'est pas du tout d'accord avec vous, qui conteste vos chiffres, c'est la ministre de la Décentralisation. Marie-Lise Lebranchu, vous êtes ok pour dialoguer avec elle ? Aucun problème. Ce sera dans quelques minutes. Il est 8h31.
François Baroin