Bruno Le Maire n'assume pas son bilan catastrophique ! - Bryan Masson (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 55 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteÉludée
C'est pas un peu populiste de reprocher au Parlement et à l'Elysée de s'augmenter quasiment au niveau de l'inflation ?
- 1:14OuverteRéponse directe
L'Elysée a eu raison de renoncer à cette augmentation, ainsi que le Parlement ?
- 2:20RelanceRéponse directe
Considérable, c'est-à-dire ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Est-ce que vous savez combien a coûté la dissolution ?
- 6:53RelanceÉludée
J'ai revu pas à la gestion.
- 7:10OuverteRéponse directe
La réforme des retraites, revoir la réforme des retraites et revenir à 60 ans, par exemple, pardon, mais c'est de l'argent public, il faut dépenser.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueChiffre
« On ne parle pas de plus de 5 milliards d'euros d'aide au développement pour des pays qui n'en ont pas besoin, comme la Chine ou la Turquie. »
- 0:39Invité politiqueChiffre
« On ne parle pas de l'augmentation de 100 millions d'euros de l'aide médicale d'État. »
- 0:43Invité politiqueFait
« On ne parle pas de la perte probable, notre Floron Sanofi et la marque d'Oliprane notamment. »
- 2:50Invité politiqueChiffre
« Et l'augmentation de 12% du budget de l'Elysée l'année dernière, cette année... »
- 3:53InvitéChiffre
« La dissolution a coûté 28,5 millions d'euros à l'Assemblée. »
- 4:07InvitéChiffre
« Ils doivent faire une économie de 5 milliards d'euros pour l'année prochaine, dont 23 millions d'euros pour les licenciements. »
- 7:29Invité politiqueChiffre
« Il y a un peu plus de 20 milliards d'économies, il y a des mesures que vous dites dépensières, mais que nous arrivons à financer. »
- 8:04Invité politiqueChiffre
« Vous savez que la France donne plus de 5 milliards d'euros par an à des pays qui n'en ont pas besoin. »
- 9:51PrésentateurChiffre
« Et encore aujourd'hui, le PLF 2025, le projet de loi de finances, c'est 150 milliards d'euros de déficit. »
- 11:15InvitéChiffre
« On a plus de 400 agences gouvernementales aujourd'hui dans notre pays. »
- 11:49Invité politiqueFait
« de l'ancien ministre de l'Économie, celui qui était là pendant 7 ans, qui pendant 7 ans était à la charge du budget de la France, et qui est parti aujourd'hui en Suisse »
- 13:37PrésentateurFait
« Bruno Le Maire avait demandé une enquête à Bercy, au sein de l'administration fiscale, pour essayer de comprendre comment on avait pu surestimer autant ces recettes. »
Temps de parole
- Bryan Masson28 %
- Invité25 %
- Invité 219 %
- Invité 318 %
- Présentateur7 %
- Invité 42 %
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Moyen Masson, député justement RN des Alpes-Maritimes, c'est pas un peu populiste de reprocher au Parlement et à l'Elysée de s'augmenter quasiment au niveau de l'inflation ?
Non, moi je suis honnête avec vous, je commence à bien cibler tout ça. C'est une belle communication macroniste. Si vous voulez, je ne dis pas que c'était volontaire, mais je dis que ça arrive au bon moment, c'est-à-dire qu'aujourd'hui l'Elysée se drape de la vertu en disant « attendez, on va faire des efforts, parce que quand même on va vous demander beaucoup ». Mais pendant qu'on parle du budget du Parlement et du budget de l'Elysée, en disant « ils ont fait un effort formidable », on ne parle pas de ce qu'il y a vraiment dans le budget. On ne parle pas de plus de 5 milliards d'euros d'aide au développement pour des pays qui n'en ont pas besoin, comme la Chine ou la Turquie.
On ne parle pas de l'augmentation de 100 millions d'euros de l'aide médicale d'État. On ne parle pas de la perte probable, notre Floron Sanofi et la marque d'Oliprane notamment. Donc excusez-moi, mais je trouve que c'est une belle communication macroniste, mais il ne faut pas tomber dans le piège. Oui, il fallait que tout le monde serre la ceinture. Et on ne pouvait pas se permettre d'avoir l'Elysée et le Parlement qui ne fassent pas d'efforts. Par contre, il faudrait peut-être qu'on évoque les vrais sujets. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, c'est une goutte d'eau, une infime goutte d'eau dans une dette abyssale de la France.
Yann Boucard, député droite républicaine du territoire de Belfort. L'Elysée a eu raison de renoncer à cette augmentation, ainsi que le Parlement ? Oui, naturellement. Ça a été rappelé, effectivement, c'est pas ça qui va changer le budget de la France. Je crois, moi, à la force du symbole, il était compliqué de demander aux Français de faire des efforts, de leur dire que la situation trouvée par Michel Barnier en termes de budget est dramatique, parce qu'elle est dramatique, et de dire qu'à la fois, on va pouvoir augmenter, même si ce n'est que du niveau de l'inflation, s'agissant du Parlement, et au-delà de l'inflation, quand même, pour l'Elysée, le budget de ces institutions.
Alors, ça ne va pas changer le budget, mais c'est aussi la force de l'exemple. C'est-à-dire qu'il y a des scrupules à géométrie variable, quand il s'agissait d'augmenter les frais parlementaires de 300 ou 700 euros. Vous l'avez voté. Là, vous l'avez voté. L'IRN aussi. Là, c'est l'Elysée, le Parlement global. Le Parlement global, c'est les députés aussi. Oui, mais c'est pas les frais de fonctionnement. Quand c'est personnel, là, vous y allez. Non, mais si, en l'occurrence, il y a les frais de fonctionnement des députés aussi dedans, donc c'est faux ce que vous dites. Oui, parce que vous les avez augmentés la dernière fois.
Je voudrais quand même vous dire, et ce serait intéressant que vous preniez à la rentrée prochaine le rapport du dentologue, parce qu'à l'occasion de la dissolution, l'ensemble des députés ont dû rendre les frais de fonctionnement qui sont non utilisés. Et nous sommes plusieurs centaines... Non, mais oui, vous avez raison, tant mieux. Mais nous sommes plusieurs centaines à rendre des sommes considérables. Considérable, c'est-à-dire ? Dans mon cas personnel, je peux vous répondre. Moi, j'ai rendu 15 000 euros, ne serait-ce que sur l'FM. Ensuite, il y a les enveloppes courriers, les enveloppes transport, etc. Et en réalité, on rend énormément. Et c'est normal. Et c'est la moindre des choses.
Parce que vous n'êtes plus député. Oui, mais c'est normal, c'est la moindre des choses. Mais ça veut aussi dire que, contrairement à ce qui peut diffuser ça et là, l'ensemble des enveloppes ne sont pas consommées. Et tout le monde ne se coinfre pas, comme ça a été dit, avec l'argent public. Et nous sommes l'immense majorité à être très scrupuleux sur l'argent public. Et c'est pour ça qu'il y a un déontologue. Et je voudrais juste dire quand même que les députés, les sénateurs, sont les élus les plus contrôlés de la vie publique. Et c'est normal.
Bien sûr. Et l'augmentation de 12% du budget de l'Elysée l'année dernière, cette année... Voilà, c'est ça que je veux dire.
C'est que le budget de l'Elysée, quand même, augmente chaque année. Et Thomas Soulier, est-ce qu'on a un président dépensier ? Je me souviens que François Hollande, son prédécesseur, avait diminué le budget de l'Elysée. Il avait pris des mesures quand même assez fermes en la matière. Il avait même baissé son salaire, le président Hollande. Et est-ce que le président Macron sait le quoi qu'il en coûte à l'Elysée ? Oui, il veut dire qu'il s'applique à lui-même le quoi qu'il en coûte. Mais c'est vrai que l'Elysée avait justifié cela en disant qu'il y avait l'inflation qui jouait là-dessus, comme pour tous les Français.
Mais l'Elysée n'est pas épargnée aussi par la hausse des tarifs de l'électricité ou d'autres coûts supplémentaires. En effet, le budget avait été dépassé de quelques millions d'euros. Le budget des Français n'a pas été forcément augmenté de la même façon que l'inflation ces dernières années. Ça avait été assumé. Ils ont voulu le refaire. On voit que l'opinion publique était plus forte que l'Elysée. Dans l'histoire de l'Assemblée, il y a quand même un vrai paradoxe et quelque chose d'assez inédit. On va enlever à l'Assemblée cette hausse-là de quelques millions d'euros. Est-ce que vous savez combien a coûté la dissolution ? La dissolution a coûté 28,5 millions d'euros à l'Assemblée.
Pourquoi ? C'est ça coûté aussi aux collectivités qui doivent organiser les bureaux de vote. Ils doivent faire une économie de 5 milliards d'euros pour l'année prochaine, dont 23 millions d'euros pour les licenciements. Emmanuel Macron, en décidant de dissoudre l'Assemblée, a créé un coût de 28,5 millions d'euros. Licenciements de qui ? De collaborateurs parlementaires. Parce que même les députés qui ont été réélus ont dû licencier leurs collaborateurs pour les rembaucher derrière. C'est la loi, il n'y a pas d'autres possibilités.
Donc quand on voit qu'on demande à l'Assemblée, pour ou contre, c'est pas en mode de le dire, de faire des économies de quelques millions d'euros, tout en disant qu'on a dépensé quasiment 30 millions d'euros à cause de dissolution, il y a quand même quelque chose d'assez paradoxal. Ce qui peut quand même choquer aussi les Français, c'est que finalement, c'est vous, par exemple, en tant que député, qui décidez si vous vous augmentez ou pas, en fait, puisqu'il y a l'indépendance des pouvoirs. Et ça, les Français ont du mal à le comprendre. – C'est les députés qui votent le budget de la nation, c'est la Constitution qui voulait vous vôtre que ce soit.
– Et quand on vote son propre budget, bon, il faut faire preuve de beaucoup de déontologie. – Oui, vous avez raison, mais après, je vous rappelle que nous, on a quand même un principe, c'est qu'on retourne devant les électeurs, à minima, tous les 5 ans, en ce moment, c'est plutôt tous les ans. Et si on avait la mauvaise idée de s'augmenter considérablement, je peux vous dire que ni l'un ni l'autre, il n'y aurait plus grand monde aujourd'hui. Donc en réalité, le contrôle des députés, il est effectué par le peuple, et c'est très sain, et c'est pour ça qu'il y a cette déontologie, que tout le monde fait bien attention.
Et sur le cas de l'Assemblée, je voudrais quand même vous dire que cette augmentation, en réalité, elle avait été décidée dès le mois de juillet, avant qu'on connaisse l'état des finances publiques. Et l'ensemble des groupes parlementaires, je crois pouvoir le dire, s'est élevé immédiatement contre cette augmentation du budget de l'Assemblée nationale. Je pense à ma collègue Kester-Michel Tabarro, qui a immédiatement dit qu'il fallait revenir là-dessus, il n'y a pas eu de débat. On voit quand même la difficulté de faire des économies dans notre système.
C'est-à-dire qu'augmenter les impôts, on peut le faire assez facilement, mais dès qu'il s'agit de montrer l'exemple, de faire des économies, il faut passer au forceps. Sans doute que s'il n'y avait pas eu ce début de polémique, on ne serait pas revenu en arrière sur le budget de l'Elysée, le budget du Parlement. C'est si difficile pour les élus, pour les collectivités, pour l'État, pour le pouvoir central, de moins dépenser.
– Non, mais ça, vous avez entièrement raison. – Dans un pays sur-endetté ? – Non, mais vous avez entièrement raison, et je crois que même avec mon collègue ici présent, on est évidemment opposé à cette augmentation de budget de fonctionnement, qui est quand même assez dingue, compte tenu du contexte. Par contre, il est vrai qu'il y a un problème dans ce pays, et on le voit, on va payer la facture. On a des gens qui sont en charge de l'argent des Français depuis plusieurs dizaines d'années, parce que c'est quoi la dette publique ?
C'est à un moment donné, tous les Français qui paient leurs impôts, ils mettent dans un panier commun pour l'État, et en fait, les gens qui sont chargés de gérer ça, les ministres de l'économie, les présidents de la République, les premiers ministres, ces gens-là, ont fait n'importe quoi avec l'argent des Français. Et aujourd'hui, on se rend compte qu'on va droit dans le mur. On va droit dans le mur parce qu'on n'arrive plus à gérer cet argent. – D'accord, mais pardon, mais moi, j'ai revu pas à la gestion.
– Parce que moi, j'ai relu votre programme d'législative, le programme du Rassemblement National, c'était très dépensé, hein. Si on avait appliqué votre programme, je pense qu'on serait exactement, peut-être, voire pire dans cette situation budgétaire compliquée.
– Je suis honnête avec vous, c'est faux. C'est faux, on a étudié, évidemment, plein de pistes d'économie, d'ailleurs, demain…
– La réforme des retraites, revoir la réforme des retraites et revenir à 60 ans, par exemple, pardon, mais c'est de l'argent public, il faut dépenser.
– Demain, mercredi, nous allons proposer et annoncer notre contre-budget que nous allons présenter à l'Assemblée Nationale. Jean-Philippe Tanguy se chargera de présenter nos pistes que nous allons aussi présenter à Michel Barnier. Il y a un peu plus de 20 milliards d'économies, il y a des mesures que vous dites dépensières, mais que nous arrivons à financer.
– Parce que la TVA, par exemple, à 5,5, qui est la grande mesure sur des produits de première nécessité, ça a un coût quand même. – Évidemment, c'est un coût.
– Mais attention, le terme de coût, il est aussi farfelu, parce que c'est plutôt un manque à gagner. Parce que redonner de l'argent aux Français, permettre aux Français qu'ils puissent dépenser un peu mieux leur argent, c'est ce qui permet aussi de faire marcher la machine d'économie en France. Moi, je crois aussi à la libération de l'économie, je crois au moins d'impôts, moins de charges, mais par contre, en effet, il y a des dépenses qui sont folles. Pardon, mais tout à l'heure, j'évoquais l'aide au développement. Vous savez que la France donne plus de 5 milliards d'euros par an à des pays qui n'en ont pas besoin. On finance une partie des infrastructures chinoises. Pardon, mais…
– Pas à hauteur de 5 milliards. – Pas à hauteur de 5 milliards. – Mais c'est un coût global. – Mais même 10 millions, 20 millions, 30 millions, la Chine, je crois, n'a pas besoin d'aide de la France pour se développer. On donne à la Turquie, alors qu'on sait, la Turquie, tout l'amour qu'elle porte à la France. C'est ironique, évidemment. Donc, il y a des choses à faire.
– On est aussi content que la Turquie s'occupe des migrants, et c'est peut-être aussi, quand on donne, il y a derrière, on attend aussi un retour.
– Mais à l'heure actuelle, c'est plutôt l'Italie et Giorgia Melloni qui font le travail sur l'immigration et sur les moins 70%. – Pourquoi la Turquie n'aime pas la France ? – Ah, mais je pense qu'il y a aujourd'hui un pouvoir qui est en place par Erdogan qui a décidé de s'attaquer à l'Europe. – Comment ? – Ah ben, par des mots très durs, par des actions politiques d'offensive à l'égard de notre diplomatie française, et puis surtout par une volonté, je crois, de déstabiliser, pardon, mais la plupart des pays qui sont en lien avec la France. Je crois qu'aujourd'hui, il ne faut pas se leurrer. La Turquie, ce ne sont pas nos amis, et malheureusement, il va falloir aussi agir là-dessus.
– Je ne suis pas d'accord avec ça, les Turcs sont nos amis, là, pour le coup. – Je ne vais pas rebondir sur la question, mais on a évidemment de la collaboration avec l'État turc, et je rappelle que la Turquie est membre de l'OTAN, il y a beaucoup de choses à dire sur la politique étrangère de la Turquie, sans aucun doute, mais il ne faudrait quand même pas laisser dire que les Turcs sont à nos ennemis. – Voilà, on s'est un peu éloigné quand même des problèmes de budget, excusez-moi, de l'Assemblée et du Parlement, on pourra faire un débat sur la Turquie. – Gaëtan Mélin.
– On ne peut pas faire porter toute la responsabilité aux différents gouvernements qui ont présenté les budgets. Leur responsabilité, c'est depuis 1975, d'avoir présenté aux parlementaires des budgets déficitaires.
– Donc droite et gauche réunis.
– Exactement, c'est-à-dire que depuis 1975, on a été incapable d'avoir les recettes égales les dépenses. Et encore aujourd'hui, le PLF 2025, le projet de loi de finances, c'est 150 milliards d'euros de déficit. Donc à partir du moment où on ne changera pas le curseur sur ce procédé, et effectivement, aux parlementaires aussi, de s'approprier cela et d'essayer de mettre les recettes en face des dépenses.
– Oui, mais bon, quand on voit encore une fois les programmes des uns et des autres, c'est plutôt des programmes de dépenses. Lorsque vous êtes en campagne, il y a très peu de programmes d'économie. Même à droite, hein. – Sans doute pendant des années, vous aviez raison. On a proposé la semaine dernière autour de Laurent Wauquiez, autour de Véronique Lovagy, un programme d'économie à hauteur de 50 milliards. Moi, j'invite le gouvernement à s'en saisir. On va faire ce travail via les amendements lors de l'examen du projet de loi de finances. Il y a beaucoup à dire. Quand on regarde l'explosion du coup de...
– Enfin, pardon, mais la droite réclamait des chèques carburants à chaque hausse du prix de l'essence. La droite était la première à demander des chèques carburants. – Mais la droite, à chaque fois, met des économies en face. Nous, notre ligne, elle est très claire. C'est d'abord, fin d'augmentation d'impôts sur les classes moyennes, sur la France qui travaille, et c'est redonné du salaire net aux Français.
– Mais comment vous faites les économies ? Vous parlez des économies, mais finalement, où vous voulez trouver ces économies ?
– Je l'ai dit, il y a tout un travail de restructuration d'abord de l'État à faire.
– Oui, mais ça ne se fait pas en...
– Ah oui, mais le problème, c'est que ça fait 10 ans qu'en France, on dit que ce ne sont pas des économies pour le 1er janvier prochain, donc on ne les fait pas. Si on sait que ce sont des économies, et je suis d'accord avec vous, qui vont prendre des mois, voire parfois certaines, des années à entrer en vigueur, alors faisons-les tout de suite pour qu'elles entrent en vigueur le plus rapidement possible. On a plus de 400 agences gouvernementales aujourd'hui dans notre pays. Certaines se recoupent, et on le voit, et vous le savez aussi bien que moi, et leur coût a explosé depuis quelques années.
Alors il faut faire ce travail de grand ménage tout de suite, parce que la réalité, c'est que c'est nous, collectivement, les Français, qui payons la facture via nos impôts.
– Mais alors vous avez raison, là je vois ce que vous essayez de nous faire dire, d'accuser un peu les députés et les parlementaires de mal faire leur travail.
– Non, pas de mal faire, mais c'est un fait que Gaëtan a rappelé, c'est que depuis 1975, on présente des budgets déficitaires,
qui ont été votés par la droite, par la gauche… – Vous avez raison, mais il y en a un dont on parle très peu en ce moment, de l'ancien ministre de l'Économie, celui qui était là pendant 7 ans, qui pendant 7 ans était à la charge du budget de la France, et qui est parti aujourd'hui en Suisse, qui est parti faire toute autre chose, et qui évidemment est très loin de ses responsabilités de ministre de l'Économie. Là il est très discret, il est très loin,
mais enfin c'est lui qui pendant 7 ans a eu la charge de l'argent des Français. – Je crois qu'il s'est exprimé, Thomas Puy, à la sortie d'un restaurant, interrogé là-dessus, qu'est-ce qu'il a dit ? – Il réunissait quelques amis dans un restaurant près de l'Assemblée, dans le système arrondissement de Paris, et il a eu en gros cette phrase, « Vous connaîtrez la vérité, et j'expliquerai aux Français la vérité ». Et il fait, il laisse planer une sorte de doute, voire de soupçon, sur le fait que la vérité n'a pas été dite ces derniers mois, voire ces dernières années. Il y a une vraie inquiétude, une vraie question, pourquoi ce déficit depuis maintenant 6 mois a explosé ?
Et personne n'apporte vraiment la réponse. Et le Marc, quand il lui pose la question, il dit, « Je saurais dire ça aux Français ». Il dit en quelque sorte, peut-être que c'est Emmanuel Macron qui m'a demandé aussi de ne pas faire d'économie, et de continuer, comme je dirais vers les Pécresse, à cramer la caisse. – Mais quand il dit « devant les Français », c'est-à-dire que c'est devant la commission d'enquête parlementaire ? – On sait que la commission des finances va se transformer en commission d'enquête parlementaire, pour justement étudier ce cas-là, pourquoi la dette a explosé, déficit public, ces derniers mois.
Donc là, les Français, évidemment, attendent des réponses, et beaucoup de députés avec qui on parle, qu'ils soient le Bloc central ou ailleurs, nous disent qu'on ne comprend vraiment pas comment ça a pu exploser de manière aussi exponentielle, en seulement 6 mois. – Excusez-moi, mais c'est incompréhensible, ce que vous nous dites. – Bah si, c'est très incompréhensible. – Oui, mais c'est incompréhensible dans le sens que ce n'est pas un petit dérapage. – Ah ben non, c'est un énorme dérapage. – Il y a une direction du Trésor, il y a des gens qui font des prévisions.
– Bruno Le Maire, justement, lorsqu'on a eu le premier dérapage, notamment sur les recettes, on s'est aperçu que les recettes étaient nettement moins importantes, enfin, elles n'étaient pas au rendez-vous, Bruno Le Maire avait demandé une enquête à Bercy, au sein de l'administration fiscale, pour essayer de comprendre comment on avait pu surestimer autant ces recettes.
et lui-même a demandé un budget rectificatif à Emmanuel Macron. – Qui l'a refusé ? – Emmanuel Macron lui a dit non. – Il avait peur d'être censuré. – C'est comme une campagne des élections européennes et qu'on ne voulait pas dire aux Français qu'en gros, il va falloir faire des économies supplémentaires. Donc vraiment, ce sujet-là, des six derniers mois, ce qui s'est passé, est en vrai secret de la Vème République. – Mais autre chose, 348 sénateurs, 577 députés, est-ce que vous n'êtes pas trop nombreux, finalement ? 577 députés, aujourd'hui ? – Moi, je ne crois pas. Sincèrement, je ne le crois pas. – Quand on regarde les circonscriptions, les réponses de pays…
– Oui, mais si on se compare, il ne faut pas prendre juste le nombre, il faut prendre le coût individuel de chaque élu par rapport à la population. Parce que si vous prenez par rapport aux États-Unis, chaque collègue député a 50 collaborateurs. Nous, on en a 3. Donc le coût, ça fait aussi partie de ces coûts-là. Et moi, je crois que la démocratie a un coût, il faut l'assumer. Moi, je viens d'un territoire rural. Si demain, vous réduisez de 150, évidemment, il y aura toujours autant de députés à Paris, il y aura toujours autant de députés en Seine-Saint-Denis, à Marseille, partout dans le territoire de Belfort, en Ardèche, dans la Drôme, vous en aurez moins.
Et ces territoires ruraux qui sont méprisés par Emmanuel Macron depuis 7 ans, ça sera les premiers à ne plus être représentés à l'Assemblée.
– Moi, je trouve que le débat doit être mis sur la table. En effet, il y a une question aujourd'hui, est-ce que ce n'est pas trop de députés, de sénateurs ? Je pense qu'il faut vraiment avoir l'humilité de débattre de cette question-là pour aussi être mieux dans l'exercice de la fonction. Ça passe aussi par la fonction nationale. C'est un débat qui permettrait aussi de réduire le nombre de députés, mais qu'à la fois, ils soient plus représentatifs des Français.
Bryan Masson