Déclaration du Président Emmanuel Macron depuis Marseille.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Emmanuel MacronChiffre
« Ce sont 650 millions d'euros qui sont déployés sur Marseille. Ce sont des records. »
- 2:00Emmanuel MacronPromesse
« On va changer la loi pour régler ces situations et accélérer les travaux d'urgence. »
- 4:00Emmanuel MacronFait
« Je veux ici dire l'émotion de la nation tout entière après ce qui est arrivé et la mort du jeune Nahel, et dire à sa famille toute notre solidarité. »
- 5:00Emmanuel MacronFait
« La justice a été immédiatement saisie. Je souhaite qu'elle fasse son travail évidemment avec célérité et dans le calme. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[ INAUDIBLE ] ici dans cette copropriété, dans les quartiers sud de Marseille, avec aussi monsieur le président de la société [ INAUDIBLE ] qui s'occupe de l'hébergement et de ce grand projet de réaménagement que nous avons, pour traiter de la question des copropriétés dégradées, qui est un immense sujet, on le sait, dans beaucoup de nos villes. C'est un problème qui touche la France entière. Au-delà de ce que nous avons décliné ces derniers jours et que nous avons rappelé, on voit bien qu'il y a des situations de détresse et parfois de désespoir extrêmement importantes.
Vous m'avez entendu, ces derniers jours, dire qu'à Marseille, madame la sénatrice le sait ô combien, on développe des grands projets de rénovation urbaine. L'Agence nationale de rénovation urbaine, Monsieur le Ministre, ce sont 650 millions d'euros qui sont déployés sur Marseille. Ce sont des records.
Cela nous permet de renouveler énormément de quartiers de cités, mais là où on a des bailleurs avec nous et où on peut réaménager l'espace urbain. La difficulté, ce sont des résidences comme celle-ci qui sont des copropriétés, où une situation s'est installée. Vous avez des marchands de sommeil, des propriétaires qui ne payent pas les charges et progressivement, une dette s'accumule.
Les communs se dégradent. Les ascenseurs et les toitures ne sont pas réparés. Vous le voyez, les façades se délabrent et progressivement, année après année, la situation glisse.
On est encore ici dans une situation qui s'est dégradée ces dernières années et qui est sous administration judiciaire. Il y a aussi des copropriétés, à Marseille, qui sont dans des situations encore bien pires. Face à cela, qu'allons-nous faire ?
D'abord, changer la loi. Le ministre a travaillé sur un texte, je fais confiance à nos parlementaires, et je sais, Monsieur le Député, que vous portez aussi plusieurs évolutions à cet égard. En quelque sorte, la loi aujourd'hui protège trop les intérêts de ceux qui ne jouent pas le jeu et qui nous placent collectivement dans ces situations.
Donc on va prendre des dispositions, dans la loi, pour davantage aider tous celles et ceux qui vivent dans ces situations, accélérer les travaux d'urgence, ici on va d'ailleurs tout faire pour que les travaux d'urgence puissent se faire dans les meilleurs délais, et accélérer les délais d'étude, en particulier, parce que personne ne peut comprendre que ça prenne tant de temps, et pouvoir exproprier beaucoup plus facilement, à la main d'administrateurs judiciaires ou d'administrateurs ad hoc qui sont nommés, les mauvais payeurs. C'est la clé, en fait. Ici, vous avez moins d'un tiers des propriétaires qui ont mis toute la copropriété dans cette situation de grande souffrance.
Il faut pouvoir les isoler, faire payer ceux qu'on peut et, ensuite, exproprier beaucoup plus facilement et de manière plus punitive les marchands de sommeil et ceux qui ont placé l'ensemble de la copropriété dans cette situation. Donc on va changer la loi pour régler ces situations et accélérer les travaux d'urgence en améliorant le travail avec l'administrateur. À côté de ça, on va lancer des opérations spécifiques.
Il va y avoir 11 opérations spécifiques sur Marseille où nous allons accélérer les choses, et trois d'entre elles qui sont des opérations d'intérêt national, où là on va donner un coup d'accélérateur parce que, si je puis dire, sur celles-ci on va nationaliser ces copropriétés. Là, en accord avec la Ville et l'ensemble des protagonistes, c'est l'État avec la métropole qui, vous avez raison de le rappeler, Monsieur le Ministre, a un rôle très important. On va nationaliser les choses et, en quelque sorte, on se dote de dispositifs hors du droit commun, on exproprie, on indemnise et on reloge tous ceux qu'on a identifiés et qui sont les gens qui sont victimes de cette situation, ce qui permet de restructurer les choses et de faire les travaux beaucoup plus rapidement.
Là, pour vous donner un ordre d'idée, où il faut 7 à 8 ans quand on a identifié le problème et qu'on commence à le traiter sur une copropriété dégradée, et pour les habitants encore bien plus parce qu'il faut attendre qu'elle se dégrade, donc le cycle de vie d'une copropriété qui se dégrade met quasiment 15 ans pour que les choses changent, là où on met 7 à 8 ans pour régler le problème, on va pouvoir le faire en 18-24 mois tout compris grâce à ces dispositifs. Donc voilà, dispositif d'urgence sur les situations les plus dégradées et changement de la loi sur le reste. Mais je voulais ici insister et être aux côtés, avec nos élus et le ministre, de celles et ceux qui vivent ces situations, sur le fait que c'est une de nos priorités, la copropriété dégradée et l'habitat insalubre.
C'est vraiment une cause nationale dont on se saisit. On va investir davantage, mais on va surtout changer la loi pour mieux protéger nos compatriotes. Monsieur le Président, il y a beaucoup d'émotions en France, par rapport à ce qui s'est passé hier à Nanterre.
D'abord, est-ce que vous en avez parlé ce matin en Conseil des ministres ? Qu'en avez-vous dit et quels commentaires faites-vous concernant l'action de ce policier ? Écoutez, d'abord je veux ici dire l'émotion de la nation tout entière après ce qui est arrivé et la mort du jeune Nahel, et dire à sa famille toute notre solidarité et l'affection de la nation.
Nous avons un adolescent qui a été tué. C'est inexplicable et inexcusable. D'abord, ce sont des mots d'affection, de peine partagée et de soutien à sa famille et à ses proches.
Ensuite, la justice a été immédiatement saisie. Je souhaite qu'elle fasse son travail évidemment avec célérité et dans le calme que ce travail requiert, et que la vérité puisse être faite dans les meilleurs délais, qu'évidemment nous soyons tous informés et que la justice passe. Je remercie l'ensemble des élus, le maire de Nanterre et tous les élus qui se sont exprimés, le ministre de l'Intérieur s'est exprimé ce matin.
Je pense que, dans un tel contexte, il faut de l'affection et du respect pour le jeune Nahel, sa famille et ses proches, qu'il faut le calme pour que la justice se fasse et qu'il faut du calme partout parce que nous n'avons pas besoin d'avoir, en effet, un embrasement ou une situation qui viendrait se dégrader. Les représentants des forces de l'ordre ont dit clairement, sur les réseaux sociaux, il vaut mieux un voyou mort qu'un policier mort. Est-ce qu'il n'y a pas un problème dans la relation entre la police et [ INAUDIBLE ] ?
Je veux ici dire, de manière très claire, que la police comme la gendarmerie, qui sont des femmes et des hommes qui viennent aussi de tous les quartiers de la République, s'engagent pour vous protéger, nous protéger et servir la République, et je les remercie chaque jour de cela. Ils ne servent qu'une chose, ce sont les lois de la République. Ils le font dans un cadre déontologique qui est défini et qui doit être respecté.
Là, la justice a été immédiatement saisie et doit passer. C'est à la justice d'assigner les responsabilités et de passer. Je veux ici que tout le monde ait du respect pour la victime et sa famille et, le respect, c'est l'affection de la nation et dire que rien ne justifie la mort d'un jeune.
Vous avez eu la famille de Nahel au téléphone ? Je n'ai pas eu la famille ce matin puisque j'étais en conseil des ministres et que je suis là. Les choses se feront dans le bon ordre.
Vous avez vu cette vidéo ? Je ne ferai aucun commentaire, la justice est saisie. Une dernière question, Monsieur le Président, vous l'avez évoqué à demi-mots, mais est-ce que vous craignez que ce qui s'est passé hier soir à Nanterre fasse tache d'huile et qu'il y ait une forme d'embrasement dans certains quartiers ?
Je pense que ce que nous souhaitons tous, c'est qu'il y ait le calme et qu'on continue d'avancer et de régler les sujets du quotidien. Je l'évoquais hier, que les sujets d'école, de sport, de sécurité et de réhabilitation urbaine soient traités et qu'on avance avec les élus sur ces sujets parce que c'est ça, la réalité, et que, alors que l'été arrive, vous le voyez bien, et qu'il fait très chaud, on a beaucoup de familles et beaucoup de jeunes qui vivent dans des situations très difficiles. Ce sont des familles qui ne partent pas en vacances.
Donc, évidemment, les esprits peuvent s'échauffer dans ces contextes-là. Mais je souhaite qu'il n'y ait aucune manipulation parce que, aussi vrai qu'aucun commentaire ne saurait être toléré face à un tel drame, aucune manipulation ne saurait l'être non plus. Il faut du respect et de la considération et que la vérité passe et, moi, je souhaite qu'ensuite on puisse avoir le calme qui permet d'avancer en efficacité, avec des élus responsables et engagés. [ INAUDIBLE ] Non, je pense qu'il ne faut jamais faire de généralités, jamais.
Une dernière petite question, Monsieur. Vous avez renouvelé votre confiance en Elisabeth Borne ?
Emmanuel Macron