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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 23 janvier 2023 25 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesDéfenseEurope & international

Réformes des retraites et "fake news", guerre en Ukraine... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Stéphane Séjourné

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:05OuverteRéponse partielle

    Bonjour Stéphane, c'est Journet.

  • 0:21RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'il vient de vous tirer une balle dans le pied ?

  • 0:53OuverteÉludée

    Et vous voyez le mal que peut faire cette déclaration dans le discours actuel de la majorité ?

  • 1:47FerméeRéponse directe

    Est-ce que c'était une condition pour toucher les 40 milliards du plan de relance européen ?

  • 2:50OuverteRéponse partielle

    Parmi les points qui fâchent dans cette réforme des retraites, il y a l'âge, le report à 64 ans, mais aussi la durée de cotisation. Est-ce qu'il faut la plafonner à 43 ans ?

  • 4:35FerméeRéponse partielle

    Vos alliés, les députés du Modem, suggèrent d'augmenter légèrement la durée du temps de travail, de passer de 35 heures à 35,5 pour augmenter les cotisations. Ça rapporterait quasiment 2 milliards par an. Est-ce que vous dites oui si le Modem le dépose ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14PrésentateurFait
    « Il l'a dit vendredi dernier, je le cite devant les députés, les dépenses des retraites ne dérapent pas, elles sont relativement maîtrisées. »
  • 0:23Invité politiqueFait
    « Il parle des dépenses et dans un budget il y a des dépenses et des recettes. »
  • 0:27Invité politiqueFait
    « Et vous voyez bien qu'il y a un problème démographique qui va arriver avec plus de gens qui vont être à la retête que de gens qui vont cotiser. »
  • 0:46Invité politiquePromesse
    « Et donc la nécessité d'équilibrer notre système des retraites, c'est tout l'objectif du gouvernement aujourd'hui. »
  • 1:28Invité politiqueFait
    « d'augmenter l'âge de cotisation, c'est ce qui a été choisi, ou éventuellement de baisser les pensions. »
  • 1:55Invité politiqueFait
    « Non, pas du tout. Et là, là-dessus, je voudrais vraiment être très très clair. »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « Un, Bruxelles n'a aucune compétence sur les réformes structurelles que pourrait mener aujourd'hui le gouvernement français. »
  • 2:20Invité politiqueChiffre
    « On a touché aujourd'hui déjà à peu près 12 milliards d'euros sur les 40 milliards du plan de relance français. »
  • 2:24Invité politiqueFait
    « En fait, il y a des recommandations systématiquement de la Commission pays par pays, mais elles ne sont pas contraignantes. »
  • 2:30Invité politiqueFait
    « Et donc, je voudrais qu'on fasse attention aux fake news et à ce que renvoient l'extrême gauche et l'extrême droite sur ces sujets-là. »
  • 3:22Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, ça sera 44. »
  • 3:46Invité politiqueFait
    « C'est quand même l'équilibre de notre système. »
  • 4:58Invité politiqueFait
    « La proposition du gouvernement, c'est l'équilibre du système et la résolution des injustices liées au système actuel. »
  • 5:18Invité politiqueFait
    « on voit bien que le système est beaucoup plus juste aujourd'hui. »
  • 14:34Invité politiqueFait
    « Moi, je suis pour. Je suis pour qu'on aille loin. »
  • 15:52InvitéFait
    « Clairement, on a peur d'être considérés comme des co-béligérants par Vladimir Poutine ? »
  • 18:33Invité politiqueFait
    « Il faut voir que le modèle de production industrielle allemand est en train de s'effondrer sur ses bases. »
  • 20:03Invité politiqueFait
    « Le dernier kilowattheure est calculé par rapport au prix du gaz qui fabrique le prix de l'électricité. »
  • 21:14Invité politiqueFait
    « Non, il n'y aura pas de guerre commerciale, mais en tout cas, il faut une réponse européenne. »
  • 21:37Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, il y a à peu près 2% du PIB des États-Unis qui est mis en subvention pour les entreprises innovantes et pour les inciter à s'installer aux États-Unis. »
  • 21:55Invité politiqueFait
    « Donc, on a encore beaucoup d'argent dans les caisses, j'ai envie de dire, pour pouvoir justement redéployer cet argent et faire en sorte que nos industries ne se délocalisent pas et qu'on ne perde pas d'emploi. »
  • 23:22Invité politiqueFait
    « Oui, je devrais d'ailleurs le rencontrer cette semaine, je crois. »
  • 23:41Invité politiqueFait
    « La Poste va expérimenter la suppression de certains jours de tournées. »

Temps de parole

  • Stéphane Séjourné70 %
  • Présentateur12 %
  • Invité9 %
  • Invité 28 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Stéphane, c'est Journet. Bonjour. C'est aujourd'hui que le projet de loi réformant les retraites arrive au Conseil des ministres. Réforme qui, si l'on en croit le président du corps, le Conseil d'orientation des retraites, n'est pas si indispensable que ça. Il l'a dit vendredi dernier, je le cite devant les députés, les dépenses des retraites ne dérapent pas, elles sont relativement maîtrisées. Est-ce qu'il vient de vous tirer une balle dans le pied ?

0:23
Stéphane Séjourné

Il parle des dépenses et dans un budget il y a des dépenses et des recettes. Et vous voyez bien qu'il y a un problème démographique qui va arriver avec plus de gens qui vont être à la retête que de gens qui vont cotiser. Et donc ce trou va se faire en fonction du décalage entre les recettes et les dépenses. Alors il n'a pas totalement tort sur les dépenses qui restent à peu près stag, mais on aura un problème de recettes par le passé. Et donc la nécessité d'équilibrer notre système des retraites, c'est tout l'objectif du gouvernement aujourd'hui.

0:53
Présentateur

Et vous voyez le mal que peut faire cette déclaration dans le discours actuel de la majorité ?

0:56
Stéphane Séjourné

Non, je pense que ça... Et finalement il n'y a pas le feu au lac. Je pense qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre le projet du gouvernement et ce que vient de dire le président du corps devant la représentation nationale. Sauf qu'il y a une partie qui manque, c'est la partie effectivement recette. Et donc l'objectif est d'avoir un système équilibré. Je rappelle les pistes du gouvernement lors, y compris de la constitution du programme présidentiel. Il y avait l'objectif de cet équilibre de la réforme des retraites et il y avait la possibilité d'augmenter les pensions éventuellement, d'augmenter l'âge de cotisation, c'est ce qui a été choisi, ou éventuellement de baisser les pensions.

Et donc effectivement on a choisi d'avoir un système d'âge qui était, je pense, le plus juste.

1:43
Invité

Stéphane Séjourné, l'opposition ne cesse de répéter que cette réforme, elle n'est pas nécessaire et que vous, vous souhaitez la mener simplement parce que c'est Bruxelles qui l'impose. Est-ce que c'était une condition pour toucher les 40 milliards du plan de relance européen ?

1:55
Stéphane Séjourné

Non, pas du tout. Et là, là-dessus, je voudrais vraiment être très très clair. Un, Bruxelles n'a aucune compétence sur les réformes structurelles que pourrait mener aujourd'hui le gouvernement français. Deux, il n'y a aucun document aujourd'hui qui est lié notamment aux 40 milliards. Vous faites référence au plan de relance français. On a touché aujourd'hui déjà à peu près 12 milliards d'euros sur les 40 milliards du plan de relance français. Sur les 12 milliards d'euros, il n'y a aucune contrepartie liée à la réforme des retraites. En fait, il y a des recommandations systématiquement de la Commission pays par pays, mais elles ne sont pas contraignantes.

Et donc, je voudrais qu'on fasse attention aux fake news et à ce que renvoient l'extrême gauche et l'extrême droite sur ces sujets-là. Évidemment, Bruxelles n'a aucune compétence en la matière et c'est un choix du gouvernement français présenté par le président de la République pendant la campagne présidentielle. Et donc, c'est bien logique que le gouvernement puisse présenter ce texte.

2:50
Présentateur

Parmi les points qui fâchent dans cette réforme des retraites, Stéphane Séjourné, il y a l'âge, le report à 64 ans, mais aussi la durée de cotisation. Est-ce qu'il faut la plafonner à 43 ans pour éviter que ceux qui ont commencé à travailler tôt, 16, 17, 18, et qui ne sont pas dans les dispositifs carrière longue, ou même ceux qui ont commencé à 20 ans, n'aient besoin de cotiser 44 ans ? Est-ce qu'il faut plafonner ?

3:10
Stéphane Séjourné

Alors, il faudra bien regarder ces effets de seuil, parce qu'à chaque fois qu'on met des seuils, effectivement, il y a des effets de seuil. Mais il est sûr que déjà, les 16, 18 ans aujourd'hui pouvaient aller jusqu'à 45 ans de cotisation d'annuité. Aujourd'hui, ça sera 44. Le débat parlementaire va regarder éventuellement ce que vous appelez communément les trous dans la raquette. Et donc, sujet par sujet, individu par individu, catégorie par catégorie, pour regarder s'il y a des inégalités flagrantes. Je pense que ça pourrait éventuellement faire l'objet de réflexion dans le débat parlementaire. Mais il y a quand même une ligne rouge à ça. C'est quand même l'équilibre de notre système.

Et donc, je pense que le Bruno Le Maire, que vous avez reçu d'ailleurs, il n'y a pas longtemps sur ce plateau, vous l'avez déjà rappelé, on a un besoin d'équilibre de ce système pour éviter que ce soit un budget de l'État qui vienne renflouer le système des retours.

3:58
Invité

Ici même, sur ce plateau, Elisabeth Borne disait, la ligne rouge, justement, c'est ne pas dépasser les 43 années de cotisation. Résultat, là, certains, avec votre réforme, vont devoir cotiser 44 ans. Est-ce que le parti présidentiel va se placer pendant le débat parlementaire pour un plafonnement des 43 ans ?

4:14
Stéphane Séjourné

Encore une fois, je vous le dis, je pense que c'est le Parlement qui décidera.

4:19
Invité

Mais vous êtes président du parti, je vous demande ce que vont faire les députés.

4:21
Stéphane Séjourné

Mais dans le cadre, justement, de l'équilibre financier du système. Moi, je ne suis pas le spécialiste économique, mais il faudra une étude d'impact pour voir si ça ne déséquilibre pas le projet du gouvernement, notamment sur le volet financier.

4:35
Présentateur

Vos alliés, les députés du Modem, suggèrent d'augmenter légèrement la durée du temps de travail, de passer de 35 heures à 35,5 pour, d'une part, augmenter un peu les salaires, et de l'autre, augmenter les cotisations, qui financent en partie le système des retraites. Ça rapporterait quasiment 2 milliards par an. C'est ce que dit le Modem. Là aussi, en cours d'examen à l'Assemblée, est-ce que vous dites oui si le Modem le dépose ?

4:58
Stéphane Séjourné

Je pense qu'il y a deux sujets. Il ne faut pas confondre tous les sujets et rajouter tous les débats dans ce texte. La proposition du gouvernement, c'est l'équilibre du système et la résolution des injustices liées au système actuel. Et donc, je vous le dirais, mais je pense qu'avec l'étude d'impact qui est sortie, notamment du gouvernement, on voit bien que le système est beaucoup plus juste aujourd'hui. Et il y a un deuxième débat. Le système est plus juste et rapporte plus

5:26
Présentateur

pour ceux qui pourront conserver leur emploi jusqu'à 64 ans.

5:29
Stéphane Séjourné

Et pour les pensions, notamment les 40% des retraités aujourd'hui qui sont les moins favorisés par le système actuel. Uniquement pour ceux qui pourront pousser jusqu'à 64. Un système est beaucoup plus répartiteur et beaucoup plus péréquation en termes de péréquation. Pardon, pas tour de la durée ? Je reviens sur la durée du temps de travail. Sur la durée du temps de travail, je pense qu'il y a vraiment une réflexion à mener sur y compris ce qui est être un actif aujourd'hui au XXIe siècle. Et donc sur la durée du temps de travail, sur le droit du travail.

On voit bien d'ailleurs dans les manifestations que certaines réactions et commentaires des manifestants sont liées aussi à l'anxiété, au manque de sens du travail. Et il y a beaucoup de réflexions autour de ça. Je pense que c'est un débat légitime qu'on doit avoir, mais c'est un débat qui n'est pas le débat qu'a posé aujourd'hui le gouvernement.

6:14
Invité

Donc si vos alliés du modem déposent un amendement en ce sens ?

6:17
Stéphane Séjourné

Je pense que le débat est totalement légitime. Il ne faudra pas avoir cette réflexion qui à mon avis est beaucoup plus large que le temps de travail. Avec le télétravail, avec la crise Covid, on voit bien que, y compris le fait de pointer nos grands-parents, nos parents, pointer avec un nombre d'heures. Le contrat de travail, le CDD et le CDI fait mention d'un taux horaire. Aujourd'hui, est-ce que ça a du sens pour un certain nombre de métiers ? Tout ça est une réflexion politique qui est très intéressante, mais qui doit être menée dans un autre cadre que la question aujourd'hui qui est posée par le gouvernement, qui est la réforme des retraites.

6:50
Présentateur

Stéphane Zéjourné, patron du parti présidentiel Renaissance. C'est l'invité de France Info jusqu'à 9h. Il est 8h40. Le fil info avec Maureen Suidiard.

6:59
Invité

Un compte à rebours pour les militaires français au Burkina Faso. Le pays leur demande de partir d'ici un mois. 400 forces spéciales sont positionnées pour lutter contre les groupes terroristes. Emmanuel Macron demande des clarifications sur la question. Invité de France Info ce matin, Olivier Faure, affirme que les résultats sont incontestables. Selon la direction du parti, le premier secrétaire du PS sortant est réélu. Olivier Faure réfute l'existence de fraudes massives, comme le dénonce son adversaire, le maire de Rouen, Nicolas Meillard-Rossignol. Plus d'une française sur trois affirme avoir déjà vécu un rapport sexuel sous la contrainte.

Résultat d'une étude publiée ce matin pour le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes. On apprend aussi que les hommes de 25 à 34 ans sont moins sensibles aux situations sexistes que leurs aînés. Grosse déception pour Caroline Garcia la nuit dernière. La joueuse de tennis française est éliminée en huitième de finale de l'Open d'Australie. Quatrième mondiale, elle était pourtant l'une des favoris du tournoi. La polonaise Magdalinette s'impose 6-7-6-6-4. France Info

8:04
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

8:09
Invité

Toujours avec Stéphane Séjourné, le secrétaire général du parti présidentiel Renaissance. Le texte sur la réforme des retraites va donc être débattu à l'Assemblée à partir du 6 février. 20 jours d'examen maximum et un possible recours aux ordonnances à l'Assemblée. C'est pour clore le débat le plus vite possible ? Il faut aller vite ?

8:25
Stéphane Séjourné

Non, je pense qu'on a 20 jours de débat, 50 jours en tout. C'est les textes financiers qui sont encadrés, notamment par la Constitution. C'est les véhicules législatifs que vous avez choisis ? Ça peut permettre aussi de mettre tout le monde face à ses responsabilités et ses contradictions aussi. J'ai entendu les oppositions nous dire qu'ils allaient déposer des milliers d'amendements. Il y a un risque de ne pas aller au bout de la discussion s'il y a de l'obstruction parlementaire. Et donc, il y aura un intérêt d'avoir un débat serein, un débat qui est sans obstruction, mais surtout un débat qui va au bout des sujets. Et donc, ça mettra aussi tout le monde devant ses responsabilités.

Je pense que 50 jours de débat au Parlement, avec des amendements, un gouvernement mobilisé, des parlementaires présents qui posent les bonnes questions, des trous dans la raquette, comme j'évoquais en première partie, qui sont résolus. Je pense que c'est aussi ça la démocratie. Il y a eu le temps des syndicats pendant des mois. Le président de la République a d'ailleurs décalé le dépôt en Conseil des ministres qui intervient aujourd'hui du texte à plus tard pour permettre ce temps de discussion avec les syndicats. Et là, il y aura un temps parlementaire. Je pense que c'est assez logique. Est-ce que vos députés auront le droit de voter contre la réforme ?

Je pense que nos députés auront le droit d'abord d'améliorer la réforme.

9:36
Présentateur

Vous avez entendu certains, il y en a une demi-douzaine aujourd'hui, qui disent pour l'instant, on vote contre. Est-ce qu'ils ont le droit de le faire ?

9:41
Stéphane Séjourné

Ou est-ce que, de fait, ils quitteraient la majorité s'ils le font ? Je ne vais pas me mettre dans la position où déjà nos parlementaires qui ont fait campagne pour le président de la République et pour le programme du président de la République dans le cadre de leurs élections législatives et donc ont intégré cette question-là des retraites dans leur programme, voteraient contre le texte. C'est eux qui le disent aujourd'hui. Je crois que déjà, nos parlementaires prendront toute leur part dans l'amélioration des dispositifs.

10:07
Invité

Non, mais vous avez parlé à ceux qui disent officiellement, publiquement, non, moi je ne vais pas la voter, c'est très fort.

10:11
Stéphane Séjourné

Je n'ai pas vu dans les parlementaires des gens qui diront « je ne la voterai pas ». J'ai pas vu des parlementaires qui disaient qu'il fallait améliorer le texte. En l'État, je ne la voterai pas. Barbara Pompili a dit ça, par exemple. Je pense que Barbara Pompili est totalement légitime à proposer également des dispositions qui vont améliorer le texte. Il n'y aura pas de sanctions prévues en tout cas pour l'instant. À ce stade, je souhaite que nos parlementaires fassent leur rôle et organisent notamment le débat parlementaire au mieux possible.

10:34
Invité

Plus d'un million de Français dans la rue la semaine dernière, selon le ministère de l'Intérieur, il était deux millions selon les syndicats. D'ailleurs, les syndicats qui ont annoncé une nouvelle journée de mobilisation le 31 janvier, et Philippe Martinez de la CGT qui évoque aussi la possibilité de mobiliser ses troupes pendant les vacances d'hiver. Est-ce que vous avez peur que ça dure ?

10:51
Stéphane Séjourné

En tout cas, il y a eu une bonne mobilisation, une grande mobilisation. C'est indéniable dans la première manifestation. Il faudra regarder par la suite. Il y a un gros travail de pédagogie qui va être réalisé notamment sur l'effet plus juste de cette réforme par rapport au système actuel pour aussi convaincre les uns et les autres, les jeunes générations, mais aussi ceux qui sont proches de la retraite. On verra bien dans les différents événements que préviendront les syndicats, mais maintenant, c'est le temps du Parlement. Il y a une bonne mobilisation,

11:21
Invité

mais ça ne changera rien au fond de la réforme.

11:22
Stéphane Séjourné

Le temps du Parlement est aussi un temps démocratique. Le droit de manifester est constitutionnel, le droit de faire des grèves est constitutionnel, mais le devoir des parlementaires, c'est d'étudier le texte, de le voter. Ils ont été élus pour ça, et notamment, le gouvernement avait fait des présentations de ce texte de manière légitime. Si ça bloque dans la rue, Stéphane Séjourné,

11:44
Présentateur

est-ce qu'il faudra en passer par une consultation des Français, par un référendum ?

11:47
Stéphane Séjourné

Oui, j'ai vu cette proposition du Front National. Du Parti Socialiste aussi ? Moi, je pense que cette question aurait été légitime si elle n'avait pas fait partie du débat, notamment de la présidentielle. Je crois que la question des retraites est une question qui est surdimensionnée dans le débat politique depuis maintenant quelques années, et donc occupe énormément de débat dans la présidentielle. La question est trop compliquée pour qu'on vote ? Pendant l'ensemble du débat présidentiel, on en a parlé là, bien avant, dans la négociation avec les syndicats. On en parlera pendant le débat parlementaire.

Je pense qu'il n'y a pas de défaut de discussion ou de débat public autour de cette question. S'il n'y avait pas eu ce débat pendant la présidentielle, ou si éventuellement le président de la République l'avait même annoncé en tant que tel avant, il y aurait peut-être eu la question dont ça serait posé.

12:41
Présentateur

Mais vous entendez tous les électeurs de gauche qui disent on a voté Macron pour faire barrage, on n'a pas voté Macron pour la réforme. Oui, je vais vous dire. Et qu'Emmanuel Macron, à peine élu, a dit ce résultat m'oblige.

12:51
Stéphane Séjourné

C'est la première réforme des retraites qui est présentée de manière totalement transparente pendant une élection. Généralement, l'ensemble des projets de réforme des retraites n'ont jamais été discutés pendant les élections présidentielles et sont arrivés après par les gouvernements successifs comme étant des projets qui n'avaient pas été proposés dans les programmes des candidats. Et je pense que ça a de la valeur. Ça a de la valeur politique. Et donc, en République, en démocratie, je pense que ce point-là est important. Et nous, en tout cas, on est légitimes à le mettre en avant.

13:24
Présentateur

Pourquoi est-ce que Matignon interdit à ses ministres de débattre avec Philippe Martinez de la CGT ou avec Laurent Berger de la CFDT ?

13:32
Stéphane Séjourné

Je ne vais pas me prononcer auprès, à la place de Matignon.

13:36
Présentateur

Je vais vous poser la question autrement. Si vous, là, on vous proposait tout de suite un débat, par exemple avec Laurent Berger, vous diriez oui, non, ou je dois d'abord avoir le feu vert de Matignon ?

13:44
Stéphane Séjourné

Non, je pense que je peux avoir un débat avec les forces politiques aujourd'hui. Mais pas avec les syndicats. Pas avec les syndicats. Et des forces politiques. Il y a eu un débat avec les syndicats. Il a même été prolongé. Je vous le dis, le président de la République a même décalé le dépôt de ce texte en Conseil des Mournes. Mais vous ne pensez pas que ce débat, on peut l'avoir publiquement aujourd'hui ? Justement, avoir un débat avec les syndicats, une concertation avec les syndicats. Je pense que le temps des syndicats a été largement construit. D'ailleurs, la position est claire. C'est le retrait du texte, aujourd'hui. Et donc, le retrait du texte, c'est la position des syndicats.

Il n'y a plus rien à négocier avec les syndicats. Désormais, c'est au Parlement. Avec les parlementaires et les forces politiques.

14:22
Invité

11 mois de guerre en Ukraine. Hier, Emmanuel Macron a rappelé sa détermination sans faille à soutenir les Ukrainiens. Pourtant, à ses côtés, Olaf Scholz, le chancelier allemand, a rappelé son refus pour le moment de livrer des chars lourds de combat. Est-ce qu'il a tort ?

14:34
Stéphane Séjourné

Moi, je suis pour. Je suis pour qu'on aille loin. C'est la position aussi de mon groupe au Parlement européen. On a eu ce débat-là pendant la session plénière à Strasbourg la semaine dernière. Mais les Allemands bloquent ? Je pense qu'il y a plusieurs sujets. Il y a un sujet qui est technique et qu'il faut lever. C'est-à-dire qu'autour d'un char, ce que nous disent les experts militaires, c'est qu'il y a besoin de plusieurs dizaines, voire des fois des centaines de personnes pour la maintenance de ces chars. C'est des engins de technologie.

Et donc, il faut voir derrière quel est l'appui même technologique, l'appui de maintenance que peuvent opérer les armées allemandes, françaises, anglaises qui veulent donner du matériel militaire de ce type. Et puis, il y a une question plus politique et plus philosophique. Est-ce qu'on va un peu plus dans l'offensif ? Aujourd'hui, c'est cette question-là politique qui bloque en Allemagne. Aujourd'hui, le fait d'avoir du matériel militaire offensif sur le terrain pose pour certains un certain nombre de questions qui est assez légitime.

Mais on est dans une aide aujourd'hui à l'Ukraine qui nécessite, en tout cas pour ce qui est du côté ukrainien, plus de matériel militaire s'ils veulent faire face notamment à une contre-offensive qui est liée à peu près...

15:52
Invité

Clairement, on a peur d'être considérés comme des co-béligérants par Vladimir Poutine ?

15:56
Stéphane Séjourné

Oui, il y a toujours cette crainte. Mais si la Russie avait décidé déjà, je pense, de nous montrer du doigt comme des co-béligérants, il l'aurait probablement déjà fait.

16:08
Présentateur

Stéphane Sejourné, est-ce qu'on attend que les Allemands envoient leurs chars de combat pour envoyer aussi, nous, des chars Leclerc ?

16:13
Stéphane Séjourné

Est-ce que c'est dû tout le monde ensemble ou personne ? Je pense qu'on essaye de le faire à 27, voire même avec la coordination de l'OTAN et des Etats-Unis, justement pour se protéger et justement pour avoir une réaction internationale. Ça veut dire que si les Allemands ne le font pas, on n'ira pas tout seul non plus ? Je pense que les Allemands attendent une décision. Alors les Allemands, eux, ils attendent les Allemands, ils attendent les Américains. Les Polonais attendent les Allemands

16:41
Présentateur

parce qu'eux-mêmes ont des chars allemands et nous, donc, on attend les Allemands qui attendent les Américains.

16:44
Stéphane Séjourné

Aujourd'hui, la concertation, elle est liée, aujourd'hui, la concertation, elle est à la fois au sein de l'Union Européenne, à la fois au sein de l'OTAN, en coordination et moi, en tout cas, je pousse pour qu'on envoie plus de matériel militaire.

16:56
Présentateur

8h50, le Fin Info avec Maureen Suenert. On poursuit avec vous. Stéphane, séjournez dans un instant.

17:00
Invité

Des chars de combat seront-ils bientôt livrés à Kiev par la Pologne ? La ministre allemande des Affaires étrangères affirme que son pays ne s'y opposera pas. La France étudie la question de la livraison de chars Leclerc. Livraison possible si cela n'entraîne pas une escalade du conflit avec la Russie, indique le président français. Le jour J, pour la présentation du projet de la réforme des retraites en Conseil des ministres, il est officiellement dévoilé ce matin. Le projet de loi répond aux inquiétudes de la population, assure ce matin le ministre du Travail, notamment sur la prise en compte de la pénibilité et des carrières longues, dit Olivier Dussopt.

Un homme tué par balle à Marseille la nuit dernière. Meurtre commis à la Belle de Mai dans le 3e arrondissement. C'est le 2e mort par un marfeu dans la ville depuis le début de l'année. La suite des 16e de finale de la Coupe de France de football. Qualification de Lille, Auxerre, Lens ou encore Nantes. Hier, ce soir à 20h45, le club du Nord qui évolue en Régional 1. L'US, pays de Kassel, affronte le Paris Saint-Germain. France Info.

18:05
Présentateur

Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel.

18:09
Invité

Bonjour avec Stéphane Séjourné, secrétaire générale du parti présidentiel, Renaissance et chef de file du groupe Renew au Parlement européen. Depuis plusieurs mois, il y a de l'eau dans le gaz entre la France et l'Allemagne pour plusieurs sujets, notamment celui du marché européen de l'électricité. Pas d'annonce hier à l'issue du sommet franco-allemand. Clairement, on est impuissant face aux Allemands. On n'arrive pas à faire réformer ce marché pour découpler le prix du gaz de celui d'électricité ?

18:33
Stéphane Séjourné

Il faut voir que le modèle de production industrielle allemand est en train de s'effondrer sur ses bases. Et donc, il était basé sur un gaz russe, pas cher et presque totalement illimité. Des débouchées chinoises qui se sont rarifiées avec la crise Covid. et une main-d'oeuvre polonaise et notamment de République tchèque qui n'était pas chère. Ça, c'était le modèle allemand sur lequel était basée l'industrie. Et ces trois facteurs sont en train de s'effondrer.

Et donc, effectivement, la production d'électricité a été un des éléments de la compétitivité industrielle allemande et aussi de la compétitivité industrielle française puisqu'il y a un plan industrie qui a été présenté par le gouvernement déjà à l'ancien mandat. Et puis, il y a une volonté de souveraineté et de remettre des industries un peu partout en Europe.

19:24
Invité

Mais là, avec la guerre, tout est remis en cause. Et donc, tout est remis en cause

19:27
Stéphane Séjourné

et notamment le modèle énergétique européen. Je dis ça pour bien vous expliquer dans quelle situation on est avec les Allemands.

19:34
Présentateur

Vous comprenez les arguments des Allemands et le fait qu'on n'arrive pas à les faire bouger.

19:38
Stéphane Séjourné

Alors, on n'arrive pas à les faire bouger. Il va falloir déjà qu'on ait une production d'électricité qui commence à se normaliser. Et donc, une production d'électricité qui sera peu carbonée, qui soit notamment sur les éoliennes, sur les panneaux photovoltaïques. Et puis, qu'on arrive à découpler le prix du gaz et le prix de l'électricité. Parce qu'aujourd'hui...

20:00
Invité

Ça fait des mois qu'on entend Bruno Le Maire se battre sur ce sujet.

20:03
Stéphane Séjourné

Le dernier kilowattheure est calculé par rapport au prix du gaz qui fabrique le prix de l'électricité. Et donc, c'est notamment le modèle allemand qui veut ça. On a bénéficié pendant tout un temps avec un prix du kilowattheure qui était très peu cher lié à ce calcul-là. Ce n'est plus vrai avec la guerre en Ukraine. L'Allemagne dit non. Comment on va y arriver ? Et donc, ça nous fait décoller le prix de l'électricité partout en Europe.

20:22
Invité

L'Allemagne dit non. Comment on va y arriver ?

20:24
Stéphane Séjourné

Eh bien là, c'est pour ça qu'il y a des discussions.

20:26
Invité

On en parle.

20:26
Stéphane Séjourné

Il y aura une réforme qui sera probablement proposée par la Commission européenne sur le marché de l'énergie. Elle devrait en tout cas venir dans pas longtemps au Parlement européen et être notamment discutée par les chefs d'État et de gouvernement au Conseil. Je souhaite qu'on puisse avancer rapidement. Il y a encore des réticences, mais il faut que les Allemands avancent aussi sur un modèle énergétique qui est différent et qui n'est pas uniquement lié à la production et à l'importation de gaz.

20:57
Présentateur

Alors, il y a aussi ce qui se passe aux États-Unis. Joe Biden a mis des centaines de milliards de dollars sur la table dans le cadre de son plan climat pour subventionner massivement les industries qui produisent sur le sol américain. Est-ce que l'Europe doit faire la même chose quitte à se lancer dans une guerre commerciale avec notre allié ?

21:14
Stéphane Séjourné

Non, il n'y aura pas de guerre commerciale, mais en tout cas, il faut une réponse européenne. Ça, c'est une évidence. Elle a été d'ailleurs annoncée par la présidente de la Commission. Il y a un texte qui va venir autour du mois d'avril-mars au Parlement européen avec la volonté de voter des mesures qui répondent au protectionnisme américain.

21:33
Présentateur

Donc, on va subventionner massivement aussi notre industrie automobile qui produit de l'électrique, par exemple ?

21:37
Stéphane Séjourné

Aujourd'hui, il y a à peu près 2% du PIB des États-Unis qui est mis en subvention pour les entreprises innovantes et pour les inciter à s'installer aux États-Unis. En Europe, on a à peu près l'équivalent en plan de relance européen qui n'a pas été encore dépensé. Donc, on a encore beaucoup d'argent dans les caisses, j'ai envie de dire, pour pouvoir justement redéployer cet argent et faire en sorte que nos industries ne se délocalisent pas et qu'on ne perde pas d'emploi. Donc, ça, c'est le premier volet financier.

22:07
Présentateur

Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on les subventionne, qu'on leur baisse leurs impôts ? Alors, il y aura... Comment ça va se passer ? Comment vous allez convaincre un industriel de ne pas aller déménager de l'autre côté de l'Atlantique ?

22:16
Stéphane Séjourné

Il y aura les capacités pour les États membres de faire des aides d'État un peu plus supérieures. Donc, on va alléger les aides d'État et puis, il y aura les capacités d'avoir du financement direct pour implanter des nouvelles industries en Europe. Ça, c'est le premier point de financement. Il y a un deuxième point qui est le point de facilitation. Et donc, aujourd'hui, pour faire un plan hydrogène, il nous faut presque trois ans. Donc, ce n'est plus possible. Il y a 90% des panneaux photovoltaïques qui sont produits en Chine. Ce n'est plus possible non plus. Et donc, il faudra probablement simplifier la bureaucratie européenne.

Et donc, l'Europe s'engage à simplifier pour l'obtroit des permis, des subventions. Et donc, il y a un grand plan de simplification qui sera proposé par la Commission pour justement permettre aux entreprises d'aller plus vite dans l'implantation au niveau européen. Tout ça sera voté normalement avant l'été. Et donc, ce sera une réponse de l'Europe aux Etats-Unis.

23:10
Invité

Stéphane Séjourné, vous vous êtes lancé dans un combat concernant le timbre rouge. Vous avez écrit au patron de la Poste pour lui demander de revenir sur la suppression du timbre. Est-ce qu'il vous a répondu ?

23:22
Stéphane Séjourné

Oui, je devrais d'ailleurs le rencontrer cette semaine, je crois. Ce qui était inquiétant, en tout cas pour nous, au parti, c'était peut-être d'avoir une difficulté sur les tournées quotidiennes de la Poste. On sait très bien qu'un certain nombre, notamment de personnes âgées, ne voient que le facteur de manière quotidienne. La Poste va expérimenter la suppression de certains jours de tournées. Exactement. Il faudra avoir des garanties sur ce point-là. C'est pour ça que j'ai souhaité écrire au patron de la Poste et puis avoir un rendez-vous avec lui pour qu'il puisse aussi garantir ce service public. On parle d'une entreprise.

C'est important dans la période où on parle notamment de la solitude, de la retraite et donc il ne faut pas rajouter d'autres facteurs irritants. On parle d'une entreprise, Stéphane, séjournée.

24:08
Présentateur

On parle d'une entreprise qui est 100% publique. Pourquoi ce n'est pas le ministre de l'économie qui s'occupe de ça ?

24:14
Stéphane Séjourné

Je pense que c'est aussi le rôle de la majorité d'alerter sur ces points. On nous a souvent reproché le fait que les parlementaires ou le parti était godillot ou ne bougez pas un sourcil avant que le gouvernement bouge. Moi, je souhaite que mon parti aussi prenne des initiatives. Mais l'objectif,

24:29
Présentateur

c'est que la Poste renonce à cette suppression

24:31
Stéphane Séjourné

ou remette des tournées partout ? Mon objectif, c'est qu'il y ait des garanties sur la tournée quotidienne du facteur, notamment dans les zones rurales. Oui, mais c'est très en lien puisque le timbre rouge permettait ça et donc je veux des garanties et donc je pense que la Poste peut nous les avoir.

24:48
Présentateur

Merci à vous Stéphane, séjournée secrétaire général de Renaissance, invité ce matin de France Info dans deux minutes le journal.

24:56
Locuteur

Merci. Merci.

Réformes des retraites et "fake news", guerre en Ukraine... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Stéphane Séjourné — Stéphane Séjourné · Pourquijevote