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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 28 mai 2025 7 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprises

"Peu d'entreprises aujourd'hui prévoient une hausse de leur activité", alerte le spécialiste Denis Le Bossé

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 15 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que nous, journalistes, nous avons un miroir déformant, un miroir grossissant ou est-ce qu'il y a vraiment une augmentation des défaillances d'entreprises ces derniers temps ?

  • 1:10OuverteRéponse directe

    Comment est-ce que vous l'expliquez ?

  • 2:06OuverteRéponse directe

    Alors, on a vu les défaillances d'entreprises augmenter considérablement en 2023 et en 2024. Plus de 60 000 défaillances d'entreprises de mémoire l'an dernier. Est-ce que vous pensez qu'on a atteint un plateau haut, justement, les défaillances post-Covid ? Ou est-ce que ça va continuer à augmenter ?

  • 3:12OuverteRéponse directe

    Alors justement, quels sont les secteurs d'activité qui sont le plus concernés par les défaillances d'entreprises ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Alors justement, selon l'ancien ministre de l'économie, Arnaud Montebourg, les prêts garantis par l'État, les PGE que vous venez de mentionner, sont une machine à tuer les entreprises. Est-ce que vous êtes d'accord, sachant qu'il reste à rembourser 40 milliards d'euros selon BPI France, qui s'attend à 3% de défauts de paiement environ ?

  • 4:50OuverteRéponse directe

    Voilà. Et sachant qu'on a 5 ans pour le rembourser, ce que demande Arnaud Montebourg, c'est qu'il y ait des délais et que ce soit plutôt 10. Vous êtes plutôt d'accord avec ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57Invité politiqueFait
    « Peu d'entreprises aujourd'hui prévoient une hausse de leur activité. »
  • 1:02Invité politiqueChiffre
    « 88% d'entre elles prévoient une dégradation de la situation économique. »
  • 2:17PrésentateurChiffre
    « Plus de 60 000 défaillances d'entreprises de mémoire l'an dernier. »
  • 4:15PrésentateurChiffre
    « Il reste à rembourser 40 milliards d'euros selon BPI France, qui s'attend à 3% de défauts de paiement environ. »

Temps de parole

  • Invité politique62 %
  • Présentateur37 %

8,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

France Info.

0:04
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, c'est un bon thermomètre de l'économie française. Le nombre de défaillances d'entreprises, toutes ces sociétés qui se mettent sous la protection du tribunal de commerce parce qu'elles ont des difficultés financières importantes. Bonsoir Denis Lebossé.

0:19
Invité politique

Bonsoir.

0:19
Présentateur

Vous êtes le président du cabinet ARC, spécialiste des entreprises en difficulté de trésorerie. Pas plus tard qu'aujourd'hui, on a traité deux sujets dans l'actualité. L'enseigne de vêtements Jennifer qui sera fixée sur son sort le 12 juin. Un millier d'emplois sont en jeu. De l'autre, Aldebaran Robotics, 120 emplois liquidés probablement dès lundi. Est-ce que nous, journalistes, nous avons un miroir déformant, un miroir grossissant ou est-ce qu'il y a vraiment une augmentation des défaillances d'entreprises ces derniers temps ?

0:50
Invité politique

Mais tout à fait. Vous n'avez pas de miroir défaillant. Peu d'entreprises aujourd'hui prévoient une hausse de leur activité. 88% d'entre elles prévoient une dégradation de la situation économique. C'est les chiffres de notre dernier baromètre cabinet ARCIFOP. Et au quotidien, des entreprises déposent le bilan, ce qui génère bien sûr des pertes d'emploi très importantes.

1:10
Présentateur

Comment est-ce que vous l'expliquez ?

1:12
Invité politique

Alors, on l'explique assez facilement. Les entreprises ont été largement aidées pendant la période Covid. Ensuite, elles ont dû supporter des contraintes importantes avec une hausse, bien sûr, des matières premières, une hausse du coût d'énergie, un contexte inflationniste. Et puis, ensuite, une perte de confiance qui est liée notamment à une dissolution un peu hasardeuse, une motion de censure. Et puis maintenant, on a l'effet Trump. Face à cela, vous avez une large modification du contexte et de la façon de consommer des Français. Qui consomment moins. Qui consomment moins, qui consomment totalement différemment. Et notamment depuis la période Covid.

Et certaines entreprises ne se sont pas adaptées à ce nouveau mode de consommation. Et il faut absolument s'adapter à ce nouveau mode de consommation.

2:01
Présentateur

Alors, on a vu les défaillances d'entreprises augmenter considérablement en 2023 et en 2024. Plus de 60 000 défaillances d'entreprises de mémoire l'an dernier. Est-ce que vous pensez qu'on a atteint un plateau haut, justement, les défaillances post-Covid ? Ou est-ce que ça va continuer à augmenter ?

2:20
Invité politique

Alors, nous sommes certainement sur un plateau. Nous avons eu une période de rattrapage.

2:24
Présentateur

Parce qu'on dit qu'en gros, le quoi qu'il en coûte, toutes ces entreprises qui ont été maintenues sous perfusion pendant le Covid, les défaillances ont eu lieu plus tard.

2:31
Invité politique

Oui, il y a eu une baisse, une large baisse de défaillance pendant cette période. On a eu une période de rattrapage. Aujourd'hui, clairement, cette période de rattrapage est passée. Nous sommes aujourd'hui dans une phase de dépôt de bilan qui est liée à des difficultés économiques. Puisque les entreprises ont accumulé différentes dettes. Notamment la dette fiscale, des dettes sociales, le PGE qui reste à rembourser. Et elles ont accumulé ces dettes. Et aujourd'hui, elles se trouvent face à un mini-tsunami. Elles sont une entreprise qui a créé son tsunami. Elles doivent payer les charges accumulées et les charges courantes. Avec un contexte économique qui n'est absolument pas favorable.

Et des pans entiers de l'économie aujourd'hui sont amenés à... Des sociétés qui concernent ces pans d'économie sont amenées à déposer le bilan.

3:16
Présentateur

Alors justement, quels sont les secteurs d'activité qui sont le plus concernés par les défaillances d'entreprises ?

3:23
Invité politique

Nous avons beaucoup de secteurs qui sont concernés. Comme vous le disiez tout à l'heure, il y a une baisse de la consommation. On a le retail, on a le transport.

3:29
Présentateur

Donc l'habillement.

3:30
Invité politique

L'habillement. Nous avons le transport. Le commerce de détail. Le détail. Le transport, la restauration. Et beaucoup de secteurs d'activité sont largement concernés. Bien sûr, le secteur du bâtiment sont concernés aussi. Et concernés. Donc aujourd'hui, nous rencontrons un grand nombre d'entreprises qui manquent cruellement de fonds propres. Parce que le fonds, il est là. C'est qu'on a en France un tissu dans petites entreprises, des PME, qui ont aujourd'hui, rencontre de grandes difficultés à obtenir des financements auprès de leurs établissements bancaires lorsqu'elles n'ont pas remboursé leur PGE.

4:02
Présentateur

Alors justement, selon l'ancien ministre de l'économie, Arnaud Montebourg, les prêts garantis par l'État, les PGE que vous venez de mentionner, sont une machine à tuer les entreprises. Est-ce que vous êtes d'accord, sachant qu'il reste à rembourser 40 milliards d'euros selon BPI France, qui s'attend à 3% de défauts de paiement environ ?

4:22
Invité politique

Alors, le PGE, ça a été une véritable aubaine. Ça a permis de sauver des centaines de milliers d'entreprises en 2020, 2021. On ne va pas refaire l'histoire. On ne va pas refaire l'histoire. Et c'était une bonne idée. Ça a été très utile. Aujourd'hui, il reste... Donc le PGE, nous avons eu le PGE de confort et le PGE de nécessité. Le PGE de confort a été demandé par des entreprises qui ont pu le rembourser très rapidement. Le PGE de nécessité, beaucoup d'entreprises doivent encore le rembourser aujourd'hui.

4:46
Présentateur

Voilà. Et sachant qu'on a 5 ans pour le rembourser, ce que demande Arnaud Montebourg, c'est qu'il y ait des délais et que ce soit plutôt 10. Vous êtes plutôt d'accord avec ça ?

4:52
Invité politique

Exactement. Et ce serait bienvenu. Néanmoins, cette demande, si on rentre dans le système bancaire, entraîne systématiquement la dégradation de la cotation Banque de France de l'entreprise. Ce qui fait qu'elle ne peut plus avoir accès aux d'autres financements et surtout au système d'assurance crédit.

5:09
Présentateur

Bon, donc c'est-à-dire que ce n'est pas non plus une solution que vous préconisez. C'est ce que je comprends. Denis Le Bossé, qu'est-ce qu'il faut faire du coup ?

5:15
Invité politique

Ce qu'il faut, c'est permettre à ces entreprises qu'elles obtiennent, qu'elles puissent se renforcer en fonds propres, que des délais de paiement soient respectés. Parce que ces petites entreprises sont bien...

5:24
Présentateur

Ce que vous dites, c'est qu'elles ont des difficultés à accéder au crédit aujourd'hui, que les banques ne leur prêtent pas, c'est ça ?

5:29
Invité politique

Voilà, les banques ne leur prêtent pas, mais parce qu'elles n'ont pas remboursé leur PGE, parce que la situation financière... Ce que l'on peut comprendre.

5:35
Présentateur

Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ?

5:35
Invité politique

Il faut renforcer les fonds propres et surtout faire en sorte que les délais de paiement soient respectés. On mesure d'année après année un allongement des délais de paiement qui est consécutif à un rapport de force qui est créé entre les entreprises. Alors, pas seulement un rapport de force entre les petites et les grandes entreprises. C'est ce qui existe.

5:52
Présentateur

Il faut raccourcir les délais de paiement, pardon, pour que tout le monde comprenne bien de quoi on est en train de parler. C'est-à-dire qu'une entreprise qui a un fournisseur va mettre un temps fou à se faire payer et du coup, elle-même ne pourra pas payer ses créances, c'est ça ?

6:03
Invité politique

Exactement. Que ce soit un fournisseur privé ou public, parce que le secteur public n'est pas non plus exemplaire.

6:07
Présentateur

Donc ça, ça peut faire partie des solutions.

6:10
Invité politique

Les solutions. Beaucoup de solutions ont été mises en place, beaucoup de dispositifs ont été mis en place. Depuis 2008, beaucoup de dispositifs ont été créés. Néanmoins, aujourd'hui, plusieurs rapports sont sortis, des propositions ont été faites par Mme Grégoire lorsqu'elle était ministre des entreprises. C'est de proportionnaliser les sanctions infligées par la DGCC-RF, les proportionnaliser en fonction du résultat de l'entreprise. Aujourd'hui, vous avez des très grands groupes...

6:35
Présentateur

La direction de la concurrence.

6:36
Invité politique

De la concurrence. Aujourd'hui, vous avez des très grands groupes qui réalisent des milliards de chiffres d'affaires qui sont sanctionnés d'une demande maximum de 2 millions d'euros en cas de non-respect des délais de paiement. Vous conviendrez avec moi que c'est simplement l'épaisseur du trait pour 2 millions d'euros pour une multinationale. Et ce qui a été proposé par plusieurs rapports et dont la ministre, c'était de proportionnaliser les amendes administratives aux chiffres d'affaires ou aux résultats.

7:01
Présentateur

Et donc, si on raccourcissait les délais de paiement, si je vous suis bien, et si les amendes étaient plus importantes, notamment vis-à-vis des grands groupes qui ne payent pas à temps leurs petits fournisseurs, on pourrait éviter un certain nombre d'entreprises qui se retrouvent aujourd'hui face à des difficultés de trésorerie. Merci beaucoup, Denis Lebossé, président du cabinet ARC, spécialiste des entreprises en difficulté de trésorerie. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir. Merci beaucoup.