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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 10 octobre 2023 47 minActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseImmigration & asileNumérique

Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Chancelier Olaf Scholz depuis Hambourg.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 5 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 15:00OuverteRéponse partielle

    Combien d'otages français et allemands sont détenus à Gaza ? Que comptez-vous faire pour leur libération ?

  • 16:00OuverteRéponse directe

    Quelle est votre position sur la défense massive d'Israël à Gaza ?

  • 17:00OuverteRéponse directe

    Le blocus de Gaza vous inquiète-t-il ? Appelez-vous à la retenue ?

  • 18:00OuverteRéponse partielle

    Quel est le rôle concret de l'Iran dans cette crise ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Y a-t-il un virage à droite en Allemagne après les élections en Bavière et Hesse ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Craignez-vous des tendances vers la droite en Allemagne et en Europe ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Olaf ScholzChiffre
    « L'Allemagne va livrer un autre système de défense Patriot à l'Ukraine. »
  • 21:00Olaf ScholzFait
    « Une grande partie de notre prospérité et de notre sécurité se base sur cette coopération au sein de l'Union européenne. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Cher Emmanuel, Mesdames et Messieurs. Nous venons de passer deux jours intenses et bien chargés. Nous avons planifié ce séminaire depuis longtemps en tant que nouveau format pour exprimer cette qualité particulière et ces liens entre la France et l'Allemagne.

À court terme, cela s'est avéré comme un forum très important pour parler de la politique internationale. La situation en Israël est un sujet que nous avons bien évidemment traité de manière intensive. Emmanuel et moi-même avons participé à un entretien avec le président américain Joe Biden, avec madame Meloni et le ministre Rishi Sunak.

Nous étions tous unis pour condamner très fermement les attaques barbares contre les civils innocents. Nous nous tenons unis aux côtés d'Israël. Israël a le droit de se défendre contre ces attaques effroyables.

Bien évidemment, il s'agit aussi d'éviter une escalade régionale. Dans ce but, nous sommes en contact intense avec beaucoup d'États de cette région. Mesdames, Messieurs, Hambourg est une ville particulière, pas seulement pour moi-même.

Comme vous le savez, la ville est très fière d'être surnommée "la porte du monde". En tant que ville avec une histoire de plus de 800 ans, elle a, depuis toujours, élargi son horizon tout en regardant vers le monde, vers l'avenir. C'est la raison pour laquelle Hambourg était un endroit tout à fait approprié pour notre 1er séminaire gouvernemental, même si le temps n'était pas vraiment idéal.

Emmanuel, je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que ce format a bien fonctionné et que nous allons continuer de cette manière. Hier soir, nous avons discuté de la question de la cohésion sociale et de la manière dont celle-ci pouvait être organisée, dans une période où il y a beaucoup de mutations. Car, dans beaucoup de démocraties occidentales, on voit que la cohésion s'affaiblit.

Il y a aussi les forces populistes qui gagnent en popularité car elles soulignent ce qui nous divise. En tant que représentants des démocraties libérales, cela ne devrait pas nous laisser indifférents. Les discussions menées avec les membres du gouvernement étaient intéressantes et marquées par la confiance d'une séance très ouverte.

Cela a fait du bien et nous a montré que nos deux pays et sociétés étaient placés devant des défis similaires. Nous pouvons nous relever car nous sommes des démocraties fortes et vivantes, et aussi des économies innovatrices capables de nous adapter. Cela devrait nous rendre confiants.

Une Europe forte et souveraine est une condition préalable pour pouvoir tenir notre place dans un monde où il y a tant de changements. Ce matin, nous avons parlé de la manière dont nous pouvions davantage promouvoir la souveraineté technologique de l'Europe, surtout, mais pas seulement, lorsqu'il s'agit de l'intelligence artificielle. À mon avis, la discussion entre les ministres de France et d'Allemagne nous a montré que nous étions unis en disant que nous devrions saisir les chances du progrès technologique pour forger l'avenir.

Surtout en ce qui concerne l'intelligence artificielle, nous avons constaté qu'il y avait beaucoup d'opportunités qui y étaient liées. Nous avons discuté de manière très intense des compétences qui existent en France, en Allemagne et en Europe lorsqu'il s'agit de la science. Il y a déjà beaucoup d'entreprises qui sont actives dans ce domaine mais nous pouvons faire plus.

Nous voulons le permettre, et nous allons coopérer lorsqu'il s'agit de la réglementation européenne sur ce sujet. La perspective que nous poursuivons est la suivante : nous allons voir de manière concrète, par rapport à certaines applications, quelle sera la hauteur de nos règles. En même temps, il faut également développer les modèles de l'intelligence artificielle.

Nous ne voulons pas entraver cela, car nous voulons que cela soit développé et utile ici, en Europe, avec nos propres compétences. J'aimerais encore vous présenter trois aspects de nos entretiens bilatéraux. Premièrement, le soutien de l'Ukraine reste toujours un enjeu particulièrement important pour nous.

En ce moment, il s'agit d'atténuer les conséquences de la terreur semée par les bombes russes. Pour la population civile, la protection de l'infrastructure critique reste importante. Comme je l'ai dit la semaine dernière, c'est la raison pour laquelle l'Allemagne va livrer un autre système de défense Patriot à l'Ukraine.

L'Allemagne va également soutenir l'Ukraine. À ce sujet, on est en train de négocier des engagements de sécurité bilatérale. Deuxième point, l'Europe doit être plus rapide.

C'est la raison pour laquelle nous devons alléger les structures opaques et la bureaucratie en Europe. Nous connaissons cela aussi dans notre débat en Allemagne. Nous devons faire cela pour augmenter la croissance et la compétitivité de l'économie.

Nous devons réduire la bureaucratie. En Allemagne, j'ai demandé à tout un chacun de coopérer lorsqu'il s'agit de l'impact du pays, pour plus de rapidité et pour plus de possibilités en ce qui concerne la planification et la réduction de leur processus et aussi des processus étatiques. Mais nous devons également le faire au niveau européen.

Je me réjouis que nous puissions avoir cette implication commune de nos deux pays. Les ministres, avec Buschmann et Le Maire, vont présenter les premiers résultats à ce sujet. Le troisième point qui nous a préoccupés était la question de la migration.

Là, nous coopérons également de manière très étroite. Nous avons besoin d'un système européen commun et qui dispose d'ordre, de règles claires et de procédures efficaces. En ce qui concerne cette migration irrégulière, Emmanuel et moi-même sommes tombés d'accord sur cela.

Nous allons donc faire avancer la réforme du régime d'asile européen commun. Nous allons déployer beaucoup d'efforts car il s'agit d'offrir de la protection, mais il faut également éviter que la migration irrégulière n'entrave cela. Maintenant, il s'agit de clore rapidement les négociations avec le Parlement de l'Union européenne, après que les ministres et les États européens ont trouvé une solution.

Je pense qu'ils sont unis, c'est un grand progrès. J'aimerais encore rajouter un autre point. Nous avons traité beaucoup de questions d'avenir, et cela de manière intense.

Nous avons aussi parlé de l'espace et de l'aéronautique. Là, nous voulons faire en sorte que l'Europe garde sa souveraineté. Nous avons également parlé de la question de l'énergie et de la manière dont nous pouvons harmoniser les systèmes énergétiques en Europe pour que nous ayons plus de croissance et des prix d'électricité abordables.

Nous faisons preuve de beaucoup d'approches constructives pour développer des solutions en commun. Je l'ai déjà dit, nous avons passé des journées intenses ensemble ici. Emmanuel, je te remercie cordialement.

Merci à toi et à tes ministres. Je me réjouis que vous soyez là et que nous ayons pu avoir des discussions hier et aujourd'hui. Nous avons toujours eu à l'esprit ce grand projet franco-allemand de l'entreprise Airbus.

La France et l'Allemagne forment un couple très important pour l'Europe. Comme c'est souvent le cas dans les couples, il y a des perspectives différentes selon les questions, mais on a toujours la possibilité de trouver une position commune tout en se laissant porter par l'affectation et le respect que l'on a l'un pour l'autre. C'est ce que nous voulons faire, merci.

Merci beaucoup, cher Olaf, Monsieur le Chancelier. Mesdames et Messieurs les Ministres, Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs. Il me revient maintenant de vous remercier, Monsieur le Chancelier, pour l'organisation de ce séminaire gouvernemental franco-allemand et votre accueil à Hambourg, sur vos terres, si je puis dire, avec cette méthode de travail que nous avons initiée ensemble pour avoir des échanges de fond, vous l'avez rappelé, sur les sujets d'évolution de notre société, de cohésion sociale et d'intelligence artificielle.

Nous avons aussi eu de nombreux débats informels qui ont permis de faire avancer notre agenda. Je crois que c'est aussi l'esprit européen qui prévaut ici, sur ces rivages, celui d'une capacité à discuter et à converger sur de nombreux sujets et à dessiner ensemble un avenir commun pour nos deux pays et pour l'Europe. Notre couple, notre tandem, ce moteur de l'Europe dont on parle souvent, c'est celui qui permet en effet de faire avancer les choses et beaucoup de sujets structurants.

C'est la responsabilité qui est la nôtre, dont nous avons pleinement conscience et qui nous a animés durant ces deux journées de travail avec nos ministres et nos équipes. Avant toute chose, comme l'a fait monsieur le Chancelier, je veux ici dire et réitérer notre solidarité à Israël, et notre condamnation sans équivoque des effroyables actes terroristes qui touchent le pays depuis samedi. Hier, nous avons pu nous entretenir, le Chancelier et moi-même, avec le président Biden, le Premier ministre Sunak et la présidente du Conseil Meloni.

Nous sommes tous mus par cette volonté commune : ne laisser aucune place au terrorisme et créer ensemble les conditions d'une paix durable au Moyen-Orient. Ce séminaire, je le disais, nous a aussi permis de réitérer avec beaucoup de clarté notre soutien à l'Ukraine, qui est plus nécessaire et plus évident que jamais, et notre engagement à une Europe qui se protège toujours davantage, qui protège ses propres frontières et son voisinage. C'est le sens de notre engagement depuis le début, ensemble, aux côtés du peuple ukrainien et face à l'agression russe.

C'est le sens de nos engagements européens et des programmes communs que nous menons aussi pour renforcer notre intimité en matière de défense. Nous avons, comme l'a également dit monsieur le Chancelier, pu évoquer ensemble les questions de migration. Je crois que l'accord qui a été obtenu par nos ministres de l'Intérieur il y a quelques jours est un élément déterminant de notre action commune.

Nous l'avions poussé sous notre présidence. Il correspond, je crois, à notre volonté d'efficacité. C'est un élément de clarté quand nous parlons des migrations, en donnant à l'Europe plus d'efficacité pour protéger ses frontières communes et avoir une approche plus rigoureuse et efficace pour lutter contre les trafiquants, et plus efficace également quand il s'agit de protéger les combattants de la liberté.

Cette même volonté nous anime aussi en matière, vous l'avez rappelé, Monsieur le Chancelier, cher Olaf, de simplification de nos structures, pour avoir une Europe plus rapide mais aussi plus efficace. Nos ministres y reviendront, mais c'est le travail commun que nous souhaitons conduire. Au-delà de ces quelques sujets de convergence, nos discussions ont permis d'avancer sur plusieurs sujets, parfois techniques, qui sont au cœur du quotidien et de l'avenir de notre Europe mais avec, pour moi, un fil directeur, celui que nous avons l'un et l'autre.

Notre volonté est de bâtir, par une convergence franco-allemande, une Europe qui soit plus forte et plus souveraine. Dans un monde de plus en plus déréglé et face à des transitions qui sont souvent inquiétantes pour nos populations et à une compétition internationale qui devient de plus en plus féroce, en particulier en matière technologique et économique, nous voulons être sûrs que notre Europe avance au bon rythme et à la bonne échelle pour décider des bons investissements, rester compétitive et être un continent pleinement souverain, c'est-à-dire autonome quand il s'agit de ses matières premières, de ses productions technologiques ou de sa défense, pleinement compétitif, et qui peut regarder son avenir en face. En effet, c'est la condition même pour financer les modèles sociaux qui sont les nôtres.

À cet égard, je me réjouis de la volonté clairement affichée ensemble et que nos ministres vont porter, de relancer et de donner véritablement un coup d'accélération à l'union bancaire et l'union des marchés de capitaux. C'est une condition préalable à beaucoup d'investissements. C'est, surtout, ce qui nous permettra d'avoir une Europe plus efficace en termes de financements privés.

Deuxièmement, vous l'avez dit, nous avons longuement, avec nos ministres et nos équipes, parlé de la question de l'énergie. Nous avons un défi de court terme qui est notre compétitivité énergétique, et nous avons aussi à bâtir un modèle qui nous permettra d'aller vers la neutralité carbone en 2050, en partant de modèles nationaux qui sont extrêmement différents. C'est le sens même de la construction européenne et de notre histoire.

À cet égard, nous avons eu des discussions approfondies et très encourageantes, et nous avons acté de pouvoir travailler ensemble, avec nos équipes et nos ministres, dans les semaines à venir, pour chercher à conclure, d'ici la fin du mois, un accord nécessaire. C'est la même volonté qui nous anime sur les questions d'espace, où l'accès à l'espace et la compétitivité de nos acteurs est un élément déterminant. L'Europe a beaucoup avancé sur ce sujet, et c'est une de nos forces historiques.

Nous souhaitons ici la renforcer et continuer aussi les discussions qui nous permettront de trouver les indispensables accords pour pouvoir préserver la capacité autonome d'accès européen à l'espace. Nous aimons coopérer avec les partenaires qu'on choisit, mais le fil directeur sur le sujet de l'espace sera, pour nous, de préserver notre autonomie stratégique et de ne pas dépendre d'acteurs non européens. Sur la question de l'intelligence artificielle, enfin, nos discussions ont été extrêmement fécondes, ce matin, et nous ont permis d'abord d'essayer de poursuivre des projets de financement communs et d'avancer sur des initiatives communes pour financer davantage d'accès au marché, d'initiatives et de recherches fondamentales qui viennent de nos laboratoires et nos universités.

Ensuite, de nous coordonner en matière de régulation. Nous voulons très clairement un cadre européen de régulation qui corresponde à nos valeurs, mais nous considérons qu'il ne faut prendre aucune régulation qui viendrait brider de manière trop précoce les innovations dont nous avons besoin. À cet égard, nos positions convergent vraiment pour éviter des régulations inutiles et nous permettre d'avancer en termes de compétitivité et d'innovation sur les modèles de fondations et d'autres approches, et permettre de bâtir, en se donnant le temps, une régulation intelligente.

Nous allons le faire aussi sur les systèmes d'IA générique, par exemple, avec des obligations minimales proportionnées, mais cette approche commune, est, je crois, celle que nous avons bâtie, et aussi avec une volonté de développer des projets communs pour nous doter de capacités de calcul en Franco-Allemands et, si possible, en Européens, réduire nos dépendances en termes de processeurs, et nous permettre au maximum de mutualiser nos données et d'avoir des espaces de données au moins franco-allemands, si c'est possible paneuropéens, d'en faire la revue complète, d'y travailler ensemble et de pouvoir lancer des projets structurants à cet égard, comme un cadre commun pour les modèles de fondations. Sur tous ces sujets extrêmement innovants, je crois que notre approche est indispensable en commun. Nous avons pu aussi, dans la discussion, nourrir une volonté commune d'avancer sur la question de la cybersécurité et de la réduction de nos vulnérabilités en la matière, ce qui est à nos yeux une priorité complète.

Enfin, sur les questions de culture comme d'éducation, la convergence franco-allemande avance. Nous avons une vraie volonté d'avancer en commun. Nous avons plusieurs programmes qui existent déjà, mais notre volonté est véritablement d'aller plus loin.

Le kulturepass et le pass culture, exposés ensemble ce matin, en étaient une illustration avec nos jeunes. Mais, au-delà de cela, c'est aussi notre volonté de faire face aux défis de la formation et de l'éducation pour les jeunes générations qui sont celles pour lesquelles nous continuons d'avancer et de bâtir. Voilà les quelques mots que je souhaitais avoir et les perspectives que je souhaitais donner en complément de vos propos, Monsieur le Chancelier.

Mais, cher Olaf, au-delà de cela, sur tous ces dossiers, c'est l'esprit de Hambourg qui a régné, c'est-à-dire celui d'une volonté amicale de mieux se comprendre et de pouvoir avancer de manière informelle et bâtir des solutions d'avenir. À ce titre, nous verrons les fruits de Hambourg, quel que soit le temps, grâce aux graines que nous avons semées durant ces deux journées. Dès les semaines à venir, je suis confiant sur le fait que, sur beaucoup de ces sujets, nos discussions d'aujourd'hui et d'hier nous auront permis d'avancer.

Merci beaucoup, Olaf. Merci. Merci beaucoup.

Comme toujours, nous avons convenu qu'il y aurait 4 questions. Tout d'abord, Léopold Audebert. Bonjour, Monsieur le Chancelier.

Bonjour, Monsieur le Président. En accord avec mes collègues, j'ai trois thématiques à aborder avec vous sur la question d'Israël que vous avez chacun évoquée. Première question qui concerne évidemment les otages.

Combien d'otages français et allemands sont précisément détenus à Gaza, à l'heure où nous nous parlons ? Que comptez-vous faire, l'un et l'autre, pour obtenir leur libération ? Jusqu'où, très clairement, chacun de vos pays est prêt à aller alors que le Hamas menace de les exécuter ?

Une question également sur la défense israélienne. On le voit, la réplique israélienne monte en puissance. Quelle est votre position précise sur la future défense massive d'Israël à Gaza ?

Il y a un blocus que subissent actuellement les civils de la bande de Gaza, plus d'électricité, plus de nourriture et plus d'eau. Est-ce que ça vous inquiète et est-ce que vous appelez, oui ou non, à la retenue ? Enfin, une question spécifique sur l'Iran.

L'ombre de l'Iran semble planer, selon différentes sources, derrière les actions terroristes du Hamas. Quel est le rôle concret de l'Iran, selon vous, dans cette crise, et pourquoi ne pas avoir décidé de mentionner spécifiquement l'Iran dans votre communiqué commun hier soir ? Je vous remercie.

Sur votre première question, je me garderai de donner des chiffres et des identités trop précises parce que nous continuons le travail en lien avec l'ambassade, nos services, nos partenaires sur le terrain, les autorités israéliennes et le centre de crise du Quai d'Orsay. Je remercie tous les diplomates personnels qui sont engagés dans ce travail avec tous les ministères partenaires et, évidemment, nos partenaires israéliens. Nous avons, comme vous le savez, malheureusement plusieurs ressortissants qui ont perdu la vie et une dizaine de Français qui ont disparu.

Nous sommes en train de clarifier leur situation. Ça se fait au cas par cas. Les familles sont évidemment avant tout informées.

La ministre et le Quai d'Orsay auront l'occasion, dans les prochaines heures, dès que nous aurons un bilan stabilisé, de donner toutes les informations sur ce sujet. Évidemment, le chantage fait par le Hamas est insupportable. Nous ne pouvons que le condamner et nous le faisons avec fermeté.

Sur la question de nos disparus ou des potentiels otages, je reste prudent à ce stade. Nous avons une coordination très étroite avec les autorités israéliennes et nous serons amenés, en lien avec les autorités israéliennes et l'ensemble des pays qui sont dans notre situation, à coordonner une position commune. Mais nous faisons confiance, là aussi, aux informations et à cette bonne coopération avec Israël.

Je veux redire ici combien le chantage qui a été revendiqué par le Hamas après ces actes terroristes est odieux et inacceptable. Aujourd'hui, Israël assure sa défense, au moment même où elle est encore touchée par des frappes. Comme nous l'avons dit, nous soutenons ces opérations de défense et nous condamnons avec la plus grande fermeté tous les actes terroristes qui se sont produits et continuent de se produire.

Les prochains jours, je l'espère, permettront de mettre fin à toute attaque contre le territoire d'Israël, permettront la libération des otages et la clarification de la situation. Il ne m'appartient pas, aujourd'hui, de commenter ou de faire de la politique fiction. Le droit d'Israël à se défendre est un droit, en particulier compte tenu de ce qu'ils ont subi.

Notre souhait est, ensuite, que nous puissions tous ensemble œuvrer à une paix durable dans la région, laquelle supposera aussi des éléments politiques de la réponse et une approche plus complète et d'ensemble. Mais les choses viendront dans leur temps. Enfin, pour ce qui est de l'Iran, nous condamnons d'abord avec beaucoup de clarté tous les pays qui se sont félicités des horreurs perpétrées par le Hamas, ce qui est le cas de l'Iran.

Nous sommes en train de consolider les informations avec nos partenaires. Je n'ai pas de commentaire à faire sur l'implication directe de l'Iran, dont nous n'avons pas la trace de manière formelle. Mais il est clair que les propos publics tenus par les autorités iraniennes sont inacceptables et ne correspondent pas ni à nos valeurs ni à nos intérêts.

Ensuite, il est vraisemblable qu'il y ait eu des aides et des coopérations apportées au Hamas, mais je resterai prudent sur ce point tant que nous n'avons pas stabilisé des éléments de renseignements totalement sûrs. Je n'ai pas grand chose à ajouter. Je peux également redire que nous coopérons de manière intense avec Israël au sujet des personnes enlevées et de celles qui ont disparu.

Nous essayons d'identifier clairement de combien de personnes il s'agit, et nous essayons de faire de notre mieux pour les libérer. C'est une chose qui est très importante pour nous. Il est donc très utile que nous nous concertions de manière étroite et que nous menions des entretiens avec des pays dans la région, qui incluent également ce sujet.

Nous essayons donc de faire le plus possible en faveur de la vie, de la santé et de la liberté de ces personnes, pour que nous puissions garantir cela. Que l'État d'Israël doive se défendre est évident et il est également évident que nous le soutenons. Et sinon, je n'aurais pas beaucoup à ajouter.

Les prochaines questions viennent de Daniel [INAUDIBLE]. [INAUDIBLE] Monsieur le Chancelier, après les élections en Bavière et en Hesse, est-ce qu'il y a un virage vers la droite en Allemagne ? Est-ce que cela peut être expliqué par la politique en matière d'immigration ?

Allez-vous changer de cap, en la matière, qui va au-delà d'une réforme du système européen en matière d'asile ? Monsieur le Président, lorsque vous regardez vers l'Allemagne, craignez-vous des tendances vers la droite en Allemagne, en Europe aussi, par rapport à votre pays ? Pensez-vous que c'est une conséquence de la politique migratoire et attendez-vous que l'Europe fasse davantage pour endiguer la migration ?

Merci beaucoup de cette question. Nous avons un parti populiste de droite, en Allemagne, et le fait qu'ils aient recueilli tant de voix est quelque chose qui nous préoccupe. Nous devons défendre notre démocratie.

Il n'y a aucun doute qu'il s'agisse de positions politiques, dans ce parti, qui ne vont pas de pair avec nos idées de la liberté, de la démocratie, de l'état de droit, de l'économie sociale de marché, de l'état social et de l'éducation. Donc cela n'est pas compatible et cela vaut surtout pour nos perspectives européennes. Une chose est très claire : une grande partie de notre prospérité et de notre sécurité se base sur cette coopération au sein de l'Union européenne, et cela vaut surtout pour nos deux pays.

Il est important que nous résolvions les problèmes, mais cela est toujours important, et les problèmes qui sont évidents doivent être réglés indépendamment des élections qui ont eu lieu. Il faut les résoudre parce que c'est nécessaire, en tant que tel. Et c'est la raison pour laquelle nous avons commencé depuis longtemps à mener une politique très conséquente par rapport à la migration.

Cela inclut, d'une part de relever le défi qui est lié au fait que l'Allemagne, comme beaucoup d'autres pays, a besoin de main d'œuvre. Nous en avons besoin pour éviter qu'il y ait une réduction de notre économie, pour que nous puissions avoir de la croissance, que nous ayons des personnes dans les hôpitaux, dans les centres de soins, dans le tourisme, dans les restaurants, qu'il y aient des personnes qui y travaillent. 13 millions de citoyens, qu'on appelle les boomers, et qui ont maintenant 60 ans, vont partir à la retraite, ces prochaines années.

Nous avons besoin d'une relève, et bien évidemment nous pouvons avoir cette relève en faisant en sorte que les personnes qui sortent de l'école soient suffisamment qualifiées pour faire une formation professionnelle ou des études. Nous devons également augmenter l'activité de notre population. Cela vaut surtout pour les femmes.

Nous avons fait beaucoup de progrès, mais nous pouvons encore faire davantage de progrès, surtout lorsque l'on pense aux temps partiels ou aux temps pleins, en matière d'emploi. Et cela est également lié à l'élargissement, au développement des possibilités de garde d'enfants. Cela doit être possible toute la journée, et en même temps, nous devons avoir de la main d'œuvre qualifiée venant d'autres pays.

C'est ce que nous avons fait avec notre loi, par rapport à la possibilité pour la main d'œuvre qualifiée [INAUDIBLE] en Allemagne. Il y a d'autres lois qui vont de pair avec cela. Bien évidemment, nous devons également proposer un refuge à ceux qui sont persécutés, mais la migration irrégulière doit être réduite.

Je l'ai déjà dit, le nombre de personnes qui viennent en tant que réfugiées en Allemagne est trop élevé, tout en sachant que ces personnes étaient dans d'autres pays européens auparavant, sans être enregistrées, sans être transmises au système d'asile. Il y a aussi beaucoup de personnes, parmi ces réfugiés, qui n'auront pas de protection, car ils ne peuvent pas prétendre à des raisons qui donnent droit à cette protection et à un tel statut dans notre pays. Et donc il faut procéder à un rapatriement, à un retour, et avec d'autres pays, nous avons fait en sorte que les frontières extérieures de l'Europe soient protégées.

Nous soutenons les États qui le font, aux frontières. Et nous avons plaidé en faveur d'un système d'asile européen commun, qui soit porté par l'idée de la solidarité. Et cela veut dire la chose suivante, que tous les réfugiés doivent être enregistrés dans les pays de première entrée, mais après il faut faire preuve de solidarité.

On ne peut pas seulement laisser cette tâche aux personnes qui se trouvent aux frontières européennes. Nous avons dit que nous voulions déclarer d'autres pays en tant que pays d'origine sûre, comme la Géorgie, la Moldovie, qui veulent devenir membres de l'Union européenne. Et nous avons également trouvé un accord avec les pays, parce que nous pouvons augmenter notre efficacité grâce à la numérisation.

Nous avons aussi une disponibilité 24 heures sur 24, et de cette manière, nous pouvons faire en sorte que ces demandes soient déposées à ces endroits, où il y a également des auditions. Mais cela vaut également pour les auditions qui sont liées à cela. Cela peut durer très longtemps, jusqu'à deux ou trois ans.

Cela doit être amélioré. Et bien évidemment, nous devons également prendre des mesures concrètes pour rendre les choses plus efficaces, aussi, par rapport aux autorités. Et nous devons faire en sorte que ceux qui n'ont pas de statut, de protection, ou ne peuvent pas rester dans nos pays, car il y a eu un problème, puissent être rapatriés.

Nous allons le faire par le biais de partenariats de migrations avec d'autres pays. En Europe, nous essayons de faire avancer les choses, et là, il est possible de modifier les choses par rapport aux efforts déployés ces dernières années, ces dernières décennies, qui n'étaient pas couronnés de succès. Les gouvernements, avant mon gouvernement, ont déployé des efforts, mais ça n'a pas fonctionné.

Nous pouvons proposer quelque chose. Il faut donc trouver une possibilité pour que ces personnes retournent dans les pays de transit ou d'origine, et nous pouvons proposer des choses pragmatiques. Donc ceux qui pourront travailler chez nous, les personnes dont nous avons besoin peuvent venir chez nous, et c'est très bien pour ces pays, mais aussi pour l'Allemagne, pour l'Europe.

Voilà, c'est l'attitude de notre gouvernement. Nous l'avons préparé soigneusement. Beaucoup de points ont déjà été mis en place et les prochaines étapes vont être franchies, bien évidemment toujours en étroite coopération avec ceux qui sont concernés les Länder allemands, mais aussi les communes.

D'abord je me garderai bien de commenter la vie politique, y compris de voisins et d'amis. C'est une discipline. Ensuite, partout où les nationalismes montent, c'est une réponse inefficace au problème migratoire qui est apportée, car ce que notre Europe est encore en train de vivre le montre, le seul moyen d'apporter une réponse efficace au problème des migrations illégales, qui est ce sur quoi nous voulons travailler, c'est une coopération européenne renforcée, c'est-à-dire une Europe qui, de manière coordonnée, ensemble, prévient les arrivées sur son sol, en travaillant avec les pays d'origine et les pays de transit, une Europe qui protège, ensemble, ses frontières communes et une Europe qui accroît le système de responsabilité et de solidarité, en son sein, pour les demandeurs d'asile, et qui gagne en efficacité pour le retour vers le pays d'origine.

La bonne réponse est européenne. Ce que nous avons vécu ces dernières semaines à Lampedusa l'a encore montré. Je crois que ce à quoi aspirent, partout en Europe, nos compatriotes n'est pas de lutter contre les migrations tous azimuts, parce que beaucoup d'entre eux sont issus de migrations, parce que nous voulons continuer à avoir des étudiants, des chercheurs, des artistes, des entrepreneurs, c'est-à-dire une migration que nous avons choisie, qui suit des mouvements légaux, Mais nous voulons lutter beaucoup plus efficacement contre les groupes qui organisent ces migrations illégales, qui utilisent aujourd'hui les faiblesses de nos propres organisations ou les lenteurs de nos propres systèmes.

C'est exactement ce à quoi nous devons nous attaquer. Et cela suppose une très grande coordination européenne. À cet égard, le texte passé il y a quelques jours est une avancée notable, au niveau européen, entre nos ministres.

Mais il nous faut renforcer notre action commune à l'égard des pays tiers, d'origine et de transit. La troisième question, Thomas Wieder. Thomas Wieder, du journal Le Monde.

Le Goethe-Institut a annoncé une vaste restructuration de son réseau, il y a quelques jours. La France va en payer le prix fort, avec la fermeture de trois des cinq instituts Goethe qui sont présents sur le territoire français. Monsieur le Chancelier, le réseau des 240 associations franco-allemandes, ainsi que plusieurs grands intellectuels et artistes, vous demandent d'intervenir pour empêcher ces fermetures, qui paraissent incompréhensibles à l'heure où la France et l'Allemagne veulent promouvoir l'apprentissage de la langue de l'autre, comme c'est écrit notamment dans le traité d'Aix-la-Chapelle.

Que leur répondez-vous ? Et, Monsieur le Président, regrettez-vous ou non cette décision, et n'est-elle pas le symptôme supplémentaire d'une relation franco-allemande qui, au-delà des belles images et des belles paroles, comme celles qu'on voit aujourd'hui, est en train peu à peu de se distendre, voire de ressembler de plus en plus à une forme de mésentente cordiale ? Merci beaucoup de cette question.

Je peux vous dire que les instituts Goethe, surtout ceux situés en France, nous tiennent vraiment à cœur. Il est clair qu'il y aura toujours une présence très forte des instituts Goethe, aussi en France. Je pense que cela est tout à fait juste, et vous l'avez déjà dit, nous allons faire des deux côtés de notre mieux pour que l'apprentissage de la langue de l'autre soit possible, pas seulement dans les écoles, mais aussi à côté des écoles.

Il ne s'agit pas seulement de l'apprentissage linguistique, il s'agit aussi de l'échange culturel. Je suis très reconnaissant de ce travail très investi des personnes qui travaillent pour les instituts Goethe, partout dans le monde, surtout en France. La direction de l'Institut a pris des décisions.

Nous en avons pris acte. Cela reste une institution indépendante, qui a pris une décision, mais vous pouvez être sûr que nous allons déployer beaucoup d'efforts pour avoir un bon développement, qui va permettre qu'il y ait toujours une présence forte des instituts Goethe, aussi en Allemagne. C'est quelque chose qui est tout à fait évident, à tous les égards.

Je souhaite que nos ministres et notre structure puissent inventer les voies et moyens de compenser les effets, s'il était confirmés, d'une telle mesure, mais je ne crois pas que je parlerais de mésentente cordiale, pour ce qui ce qui est de notre relation. Au contraire. Par contre, le défi qui est celui de notre génération, c'est qu'il nous faut réinventer la relation, c'est-à-dire qu'elle ne doit jamais être considérée comme donnée, statique.

Les générations qui nous ont précédés ont toutes connu des crises. Si nous faisions la revue de la relation franco-allemande, je peux à peu près reprendre les mêmes formules que vous avez aujourd'hui sur absolument tous les tandems qu'il a pu y avoir, tous. Ça veut dire que ça n'est jamais naturel, parce que nous ne sommes pas les mêmes.

Et c'est tant mieux. C'est ce qui est notre force. C'est le cœur même de la vitalité européenne.

Mais nous ne devons jamais rester assis et nous habituer à ce qui a déjà été fait. Il nous faut réinventer, toujours, des voies de coopération, des manières de mieux nous comprendre, de mieux nous connaître et de faire avancer les choses. Il y a une chose dont je suis sûr, c'est que notre moteur doit être l'Europe, en même temps que nous sommes le moteur de celle-ci.

C'est-à-dire que l'Allemagne et la France, et avec elles, leurs sociétés civiles, leurs responsables politiques et économiques ne doivent jamais oublier que nous sommes toujours dépositaires aussi de quelque chose de plus grand que nous. Si la France et l'Allemagne ne savent pas s'entendre, l'Europe est bloquée. Ça ne veut pas dire que quand nous savons nous entendre, tout est réglé, mais un pas énorme a été franchi.

Regardez, dès qu'on n'est pas d'accord sur quelque chose, nos voisins se réveillent en disant : "On aimerait bien avancer, mais l'Allemagne et la France ne sont pas d'accord sur tel sujet." Donc, nous avons de toute façon le devoir moral, politique, historique, de bâtir des voies communes pour avancer, pour nos deux pays et pour notre Europe. Et ensuite, je pense que ce que nous sommes en train de réinventer, ce sont aussi des formes de coopérations nouvelles.

Vous parliez de notre jeunesse. Il y a évidemment l'apprentissage de la langue de part et d'autre, mais il y a aussi une capacité à réinventer des chemins par lesquels nous entretenons la fascination réciproque. Et en effet, on ne réussirait pas cette aventure si on avait des jeunesses, de part et d'autre du Rhin, qui, toutes ensemble, regardent soit vers le grand Est et l'Asie, avec ses promesses, soit de l'autre côté de l'océan, et vers un rêve américain, en se disant : "Finalement, de l'autre côté du Rhin, soit c'est trop classique ou trop naturel, soit ça n'a plus d'attraction pour moi." Il faut qu'on réapprenne à nos jeunesses à se faire rêver mutuellement.

C'est un défi qui ne passe pas que par les Sommets, les décrets, les textes, mais par l'intimité de nos sociétés civiles, par nos artistes, nos intellectuels, nos académiques, nos coopérations aussi très concrètes, comme celles que nous menons. Mais croyez bien qu'en tout cas, à mes yeux, il est au sommet des priorités, parce que je pense que dans ce monde en désordre que j'évoquais au début de mon propos, une Europe plus forte et plus unie est indispensable. Et pour cela, une Allemagne et une France plus proches sont une condition nécessaire.

Voilà la quatrième question. [INAUDIBLE] de Reuters. Une question que j'aimerais vous poser à tous les deux.

Justement, le sujet dont on venait de parler, il faut que la France et l'Allemagne coopèrent, sinon l'Europe ne va pas avancer. Il y a actuellement le débat par rapport à une forme de la conception de l'industrie européenne de l'énergie. Donc, vous avez dit que vous avez parlé de l'énergie, mais là, il y a des contradictions.

Il s'agit de l'utilisation de l'énergie nucléaire, il s'agit aussi d'un prix pour l'électricité de l'industrie. Et il ne s'agit pas tout simplement de la compétitivité par rapport à la Chine, par rapport aux États-Unis. Il s'agit aussi de la compétitivité entre vos deux pays.

Est-ce que c'est dangereux, dans la relation européenne, dans la relation bilatérale, et quel est l'état des lieux ? Et en concertation avec mes collègues, encore une question par rapport à Israël. Est-ce que vous êtes tous les deux pour que l'Union européenne continue ses aides aux territoires palestiniens ?

Apparemment, il y a différentes approches dans vos deux pays. Et est-ce que vous pensez qu'il est bon que la justice intervienne contre le Hamas et d'autres organisations de Palestiniens ? Merci.

Merci beaucoup. Tout d'abord, j'aimerais dire que nous sommes unis sur beaucoup de points. Nous voulons déployer beaucoup d'efforts pour que l'Europe puisse avoir une économie sans CO2, et cela d'ici le milieu de ce siècle.

Les voies sont différentes mais vont de pair, et les différents pays ont pris des décisions qui ont trait à différentes trajectoires vers cet objectif. Cela ne veut pas dire que nous n'allons pas y arriver ensemble, en même temps. Pour l'Allemagne, je peux dire que nous misons sur la production de l'électricité avec les éoliennes offshore, sur terre aussi, sur les énergies solaires, la biomasse, l'énergie hydraulique.

Nous voulons élargir notre réseau d'électricité, en coopération avec nos pays voisins, et aussi avec la France. Et en France, l'énergie nucléaire joue un rôle plus important, mais ce n'est pas une contradiction. Ce sont les différentes décisions qui ont été prises.

Nous devons faire en sorte que les choses aillent bien de pair. Et de plus, nous avons la perspective suivante, en ce qui concerne la conception du futur marché de l'électricité, nous allons être couronnés de succès, s'il y a une solution européenne commune, et cela est le plus probable, si la France et l'Allemagne vont développer cette solution ensemble. Et nos discussions intenses, donc nos discussions entre nous deux, mais aussi les décisions des ministres qui ont participé à ces discussions, ont déjà montré que nous voulons avancer ensemble, nous allons avancer ensemble et sommes confiants en la matière.

En ce qui concerne l'autre question, bien évidemment nous devons regarder les choses de près. C'est nécessaire, nous allons le faire. Et là il s'agit, d'une part de l'aide humanitaire, et cela concerne souvent des endroits qui sont lointains, où les choses se sont passées.

Il s'agit de l'eau, il s'agit des denrées alimentaires. En même temps, il faut garantir qu'on ne soutienne aucune structure liée au terrorisme. Nous sommes convaincus que ce n'est pas le cas, mais c'est quelque chose qui doit être réexaminé.

C'est toujours comme ça, dans ce genre de situation. C'est nécessaire et nous nous sommes donc exprimés de cette manière. Pour ce qui est de votre 1re question, notre défi, c'est de réussir à décarboner nos économies, tout en restant compétitifs et en créant suffisamment d'emplois industriels pour notre population.

L'objectif est simple. La priorité, c'est d'avoir, dans ce contexte-là, une Europe qui ait une stratégie cohérente et compétitive, en particulier, en tout cas pour les années qui viennent, face aux États-Unis d'Amérique, qui sont moins dépendants d'un point de vue énergétique que nous, et ont des prix qui sont plus faibles que les nôtres, en tout cas pour les 5 ou 10 ans qui viennent, à coup sûr, ce qui est un problème de compétitivité. Et donc la stratégie européenne et la stratégie franco-allemande, à mes yeux, doit être concentrée sur des choses très simples : continuer la décarbonation de notre production d'électricité.

Premièrement, sortir du charbon. Deuxièmement, sortir du gaz. Et on sait ensuite qu'on a trois façons de faire, à horizon 2050 : économies d'énergie et efficacité, renouvelable et nucléaire.

Tous les scientifiques, quelle que soit leur nationalité, le disent, si vous enlevez une de ces trois options, ça ne marche pas. C'est trop coûteux ou impossible. À cet égard, la complémentarité franco-allemande est complète, même si nos modèles nationaux sont très différents.

Et donc je pense que ce serait une erreur historique que de nous perdre dans des divisions picrocholines à court terme, parce qu'on préfèrerait ou le renouvelable ou le nucléaire. Et ce que nous avons discuté avec le chancelier va bien dans ce sens. Priorité à la production la moins chère possible d'électricité décarbonée.

Et à mes yeux, ensuite, ce que nous devons bâtir, c'est un marché de la libre circulation des électrons bas carbone. On l'a fait pour beaucoup de choses qui n'étaient pas libres. Là, voilà, c'est ça !

On doit produire au maximum des électrons bas carbone sur notre continent et leur permettre de circuler librement, pour consommer, produire, etc. C'est ça, notre stratégie. Ensuite, on a des modèles différents.

C'est une chance, parce qu'ils peuvent être complémentaires. Nous devons finaliser la discussion pour clarifier le cadre et lever tous les doutes qu'il peut y avoir, parce que nous avons la même volonté : hors électrons intensifs, on ne veut pas de modèle qui soit un modèle subventionné. On veut un modèle qui correspond aux coûts de production.

Et ensuite on veut pouvoir avancer pour renforcer aussi les interconnexions européennes. Je pense que sur ce sujet, il faut toujours se remettre dans le bon cadre et dans les priorités. Les priorités, c'est surtout de garder notre compétitivité et notre capacité à décarboner nos économies face au reste du monde.

Et à ce titre, l'accord franco-allemand semble tout à fait à portée de main, compte-tenu des discussions que nous avons eues ensemble et qu'ont eues nos équipes. Et donc, pour moi, les tous prochains jours et prochaines semaines nous permettront de finaliser un accord solide pour nous-mêmes et pour notre Europe. Pour ce qui est de l'aide apportée à la population palestinienne, nous ne sommes pas en faveur de la suspension de l'aide qui bénéficie directement aux populations palestiniennes.

Nous-mêmes avons mis en place des procédures pour nous assurer que cette aide ne permette pas de financer le Hamas. La France a apporté une aide aux Palestiniens, qui s'élevait en 2022 à 95 millions d'euros. Cette aide est concentrée sur le soutien aux populations, dans les domaines de l'eau, de la santé, de la sécurité alimentaire et de l'éducation.

Elle est versée notamment par le biais des Nations Unies. Elle bénéficie directement à la population palestinienne, à Jérusalem-Est, en Cisjordanie, à Gaza, dans les camps situés dans les pays voisins, et elle est pleinement conforme aux engagements de la France. Je suis tout à fait en faveur, par ailleurs, pour qu'il y ait une procédure de revue de toutes les aides européennes, qui soit apportée, mais je ne suis pas pour qu'il y ait une suspension, surtout quand cette revue et des procédures de vérification ont été effectuées, ce qui fut le cas pour notre aide.

Je pense que c'est important, car nous devons lutter de manière intraitable contre le terrorisme et le terrorisme du Hamas, mais nous ne devons pas confondre la lutte contre le terrorisme avec le droit humanitaire le plus élémentaire, le soutien aux populations civiles, le risque étant, sinon, qu'un soutien populaire aux actions terroristes et aux plus extrêmes ne s'installe dans la région. Mesdames, Messieurs, merci beaucoup de votre attention. Nous allons maintenant clore la conférence de presse.

Merci.