Carburants : la crise s'aggrave, les caisses sont vides... - C dans l’air - 21.05.2026
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
6 Français sur 10 rencontrent des difficultés financières. Comment le gouvernement compte-t-il répondre à cette urgence sociale ?
- 2:05RelanceRéponse directe
Le FMI recommande des aides ciblées, limitées et temporaires. Le gouvernement suit-il cette ligne ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Le Premier ministre évoque une ambition d'électrification. A-t-il les moyens de cette transition à un an de la présidentielle ?
- 6:00OuverteRéponse partielle
Les entreprises sont-elles prêtes à compenser une partie des aides aux salariés ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Les agriculteurs subissent des vols de carburant. Comment l'État peut-il les protéger ?
- 10:00RelanceRéponse directe
La BCE anticipe une inflation à 3 % en 2026. Comment éviter une crise sociale ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30C.RouxChiffre
« 6 Français sur 10 rencontrent des difficultés financières, selon Ipsos. »
- 4:15S.LecornuFait
« Nous refusons toute baisse à discriminer de la fiscalité sur le carburant. »
- 6:15C.BarbierFait
« Il n'en a pas les moyens politiques. Tout le travail au cours de l'année 58, c'est un travail de stabilité politique avant de pouvoir faire des grandes réformes de mutation. »
- 8:15C.BarbierFait
« Il y a trop de difficultés pour qu'il y ait de la colère. Quand autant de Français ont du mal à faire la fin de mois, on ne pense pas à aller manifester. »
- 10:15B.Le MaireFait
« On est face à un risque de choc économique et financier majeur dans les mois qui viennent. »
- 12:15O.DétroyatFait
« Voler du carburant dans un tracteur, ça m'interpelle. Ce sont des cibles assez faciles, les agriculteurs, les transporteurs. »
- 16:15S.VillersChiffre
« On a essayé. On a baissé les taxes. On a mis en place un bouclier tarifaire. Ca nous a coûté plusieurs dizaines de milliards d'euros. »
- 18:15C.BarbierFait
« On est un pays endetté. »
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et devenir un champion au quotidien. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. 6 Français sur 10 rencontrent des difficultés financières, selon Ipsos. Beaucoup redoutent une dégradation de leur pouvoir d'achat.
Le Premier ministre a tenté de répondre aux conséquences de la guerre en Iran avec une double pression. Celle de l'urgence sociale, à laquelle il faut répondre sans marge de manoeuvre, et celle de la guerre, qui plombe notre économie, avec une facture qui dépassera de loin les 6 milliards déjà annoncés. Le FMI, qui a révisé les prévisions de croissance à la baisse pour la 2e fois depuis avril, avait fixé un cadre à la France en conseillant une réponse "limitée, temporaire et ciblée".
Chaque jour, les perspectives obscurcissent. L'AIEA sonne à nouveau l'alerte et évoque un marché du pétrole qui risque "de passer en zone rouge", avec des pénuries dès cet été. Avec nous pour en parler, D.Seux, éditorialiste aux "Echos" et sur France Inter.
C.Barbier, vous êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de "Franc-Tireur". O.Détroyat, vous êtes journaliste économique au "Figaro" en charge de la grande consommation.
S.Villers, vous êtes économiste, spécialiste des questions de finances, conseillère dans un cabinet de conseil auprès des entreprises. Vous avez publié une tribune dans "Les Echos" fin avril.
On en parlera. Merci à tous les 4 de participer à cette émission en direct. On les attendait, les annonces du Premier ministre.
Le FMI avait posé un cadre: des aides ciblées, limitées et temporaires. C'est précisément ce que va faire S.Lecornu. - D.Seux: Absolument, puisqu'il met sur la table 700 millions d'euros qui s'ajoutent à 500 millions d'euros, donc un total de 1,2 milliard.
Ca n'a rien à voir avec ce qui avait été dégagé au moment de la crise énergétique liée à l'Ukraine. Le gouvernement reste sur des aides ciblées, plutôt limitées et pas générales. Dans la conférence de presse du Premier ministre, il y avait une sorte de paradoxe.
Il nous a expliqué à la fois que la crise était grave et qu'elle serait longue, et nous a confirmé qu'il ne mettait pas beaucoup d'argent sur la table. Les Français peuvent se dire que c'est sérieux et qu'on ne prend pas des mesures lourdes. La pédagogie qu'il a essayé de faire cet après-midi, c'est expliquer pourquoi il faut faire des aides ciblées et pas trop chères. - C.Roux: Il écrit en même temps que l'économie tourne. - D.Seux: Oui, mais les indicateurs que vous avez rappelés ne vont pas dans ce sens.
Ils vont dans le sens d'un ralentissement. Une enquête, notre première depuis 3 mois, montre qu'il y a eu en mai, dans le moral des chefs d'entreprise, un coup d'arrêt. Sur le plan politique, c'est la 4e crise que nous avons depuis 10 ans.
Il y a eu les "gilets jaunes" autocréée. Il y a eu le covid. La crise de l'Ukraine.
Et maintenant, la crise de l'Iran. Ce double quinquennat se termine dans la crise. - C.Roux: S.Lecornu le sait.
Il a dit: "Il faut que nous soyons gaullistes." Comprendre: on ne peut plus continuer à subir, notamment sur la politique énergétique. Il explique que les hydrocarbures sont une laisse et qu'il faut reprendre notre liberté en lançant un grand plan d'électrification.
Est-ce qu'il a les moyens de cette ambition à un an d'une présidentielle, avec les comptes publics qui sont les nôtres? - C.Barbier: C'est être gaulliste et gaullien que de viser loin et se dire qu'on doit sortir de cette dépendance au carbone.
Il en a les moyens, je pense, en termes de conscience et lucidité de la population, notamment sur le fait qu'il faut se charger de la dépendance carbone, remettre du nucléaire dans la balance. Je pense que cette bataille intellectuelle est gagnée. Mais il n'en a pas les moyens politiques.
Tout le travail au cours de l'année 58, c'est un travail de stabilité politique avant de pouvoir faire des grandes réformes de mutation. Cette stabilité pourra revenir, mais pas avant 2027. Elle reviendra avec une personne bien élue.
Sinon, le président de la République pourra faire chuter son gouvernement en voulant faire bouger les choses trop vite. - C.Roux: On verra qui peut être concerné par ces aides.
Il essaye d'éviter un embrasement social? C'est des rustines pour attendre? - C.Barbier: Un peu plus que ça.
C'est un travail de pompier, mais un pompier qui n'a qu'un tuyau d'arrosage de jardin. Il n'y a plus d'eau dans les citernes des finances publiques. La population l'a compris. - C.Roux: Il n'y a pas de colère? - C.Barbier: Il y a trop de difficultés pour qu'il y ait de la colère.
Quand autant de Français ont du mal à faire la fin de mois, on ne pense pas à aller manifester. Deuxièmement, les Français ont compris que c'était une cause exogène, cette guerre, et pas une volonté du gouvernement. Manifester pour quoi?
Convaincre D.Trump d'arrêter sa guerre? Ca ne servira à rien.
Mais on pourra peut-être pas l'éviter dans la rue, parce que la grogne des professions concernées commence à gronder. Les agriculteurs sont tranquilles pour une seule raison: c'est les moissons. Il y a du travail dans les champs, donc difficile d'arrêter.
Mais il n'y aura pas de vaccin anti-colère jusqu'à la fin de l'année, surtout quand on va entrer en période budgétaire. Il y a de la colère, mais les Français ont compris que des aides ciblées, donc pas 20 centimes pour tout le monde...
Des aides limitées dans le temps, car même si l'impact de la guerre sera long, on sait que le détroit d'Ormuz peut être débloqué dans quelques jours...
Ca ne refluidifiera pas tout de suite les marchés, même s'il peut y avoir une baisse des prix du pétrole. L'astuce du gouvernement...
Si vous avez eu des dégâts sur le chiffre d'affaires entre février et mai, vous déposerez un dossier en juin et vous serez peut-être payé en juillet ou août à la rentrée. Ce moyen de gagner du temps, je pense que les Français ont compris que c'était le cache-misère des finances publiques. - C.Roux: Avec une logique économique de la part de S.Lecornu.
Il dit que c'est d'abord un soutien à l'activité et au travail. "On cible celles et ceux qui travaillent." - S.Villers: Ce sont bien les salariés qui sont privilégiés.
Lors des précédentes crises, on avait l'impression que les actifs avaient été laissés pour compte. On avait massivement augmenté...
Pas massivement. On avait limité l'impact sur les pensions alors que les salariés n'ont pas d'indexation. C'étiat automatique sur leur salaire, à part ceux qui gagnent le Smic.
Il y avait une forme d'iniquité de traitement entre les retraités et les actifs. Le gouvernement veut équilibrer en lançant un signal clair: "On doit privilégier le travail." Quand les salariés font face à une augmentation du prix du carburant, c'est eux qu'il faut aider en priorité.
Il faut aussi essayer de redonner confiance. C'est sans doute vers la cible des actifs qu'il faut orienter les efforts. - C.Roux: Avec une aide reconduite pour 3 mois pour les pécheurs, transporteurs routiers et d'autres concernés. - O.Détroyat: On réétudiait la situation régulièrement.
Il y a une dégradation importante et rapide de la situation française. On n'est pas les seuls. L'Italie est concernée aussi.
Les agriculteurs, les transporteurs, les dépanneurs seront concernés probablement par des élargissements d'aide. Il y a aussi le déplafonnement de la prime carburant que peuvent inverser les entreprises à leurs salariés qui est envisagé. On voit que c'est quand les caisses sont vides qu'on fait payer les entreprises.
Il y avait une volonté de faire participer les entreprises au rétablissement des comptes publics, déjà il y a quelques mois, dans le moment de la discussion du budget. Là, c'est faire participer à l'aide directement aux salariés pour pouvoir faire continuer la machine France. - C.Roux: Question. - D.Seux: Le gouvernement s'est engagé à ce que le déficit ne se creuse pas.
Il va falloir trouver des sous en face. Pour l'instant, 1,2 milliard, ça se trouve. On a des fois Eu de l'ordre de 150 milliards... - C.Roux: Mais il faut ajouter le coût de la guerre.
Il a parlé de 6 milliards et plus. - D.Seux: C'est au-delà de 8, maintenant.
Il annonce qu'il annoncera plus tard les mesures qui seront prises. Mais le gouvernement est obligé de s'adapter sur le plan budgétaire, comme les Français s'adaptent. Les Français s'adaptent, mais difficilement et douloureusement, à cette situation.
Voyons l'évolution de la vente de carburant depuis le 1er mai: moins 14 %. Ces chiffres datent d'il y a une heure. On avait déjà eu moins 10 % en avril par rapport à l'année précédente.
C'est beaucoup, moins 14 %. Ca veut dire qu'il y a des Français pour qui ce n'est pas simplement partir en week-end. C'est plus prendre les transports en commun, quand c'est possible.
C'est plus long, plus fatigant. C'est renoncer à des déplacements familiaux. Ca les marque dans leur chair économique et dans leur vie privée. - C.Roux: Le Premier ministre est face à une équation difficile.
Comment accompagner les conséquences des chocs de la crise en Iran en gardant des marges de manoeuvre? Avant la conférence de presse, le FMI avait fixé un cap clair qu'il a suivi. *-Chaque jour qui passe, on semble s'enfoncer un peu plus dans la crise. *-L'essence au compte gouttes dans le réservoir pour les Français adaptent leur stratégie. *-Prix des carburants...
La capacité financière des familles n'a jamais été aussi fragile depuis 4 ans. - L'économie française en panne. 3 mois après le début de la guerre au Moyen-Orient, le constat est indéniable. - S.Lecornu: Malheureusement, cette géopolitique s'est installée dans le réservoir des Françaises et des Français.
Sous une forme ou sous une autre, cela va durer. Il ne faut pas mentir aux Français. - Mais comment aider les Français quand les caisses sont vides?
S.Lecornu annonce un nouveau paquet d'aides pour les mois qui viennent. Les accompagnements ciblés comme ceux déjà en place pour les rouleurs, les agriculteurs ou les pêcheurs. - S.Lecornu: Nous refusons toute baisse à discriminer de la fiscalité sur le carburant.
Déjà, pardon, j'ai appartenu à un gouvernement qui l'a fait en 2022-2023, ça coûte très cher aux finances publiques. On peut pas faire semblant de dire: "Il y a un déficit, d'où il vient?" Il vient de là. - Les oppositions réclament pourtant depuis des semaines des évolutions plus faciles pour soulager la charge sur les Français. - J.-P.Tanguy: La mesure que propose le RN, baisser de 40 centimes le litre pour les consommateurs, ça représente 16 milliards d'euros par an.
C'est 1 % de la dépense publique. On estime que c'est possible. - E.Coquerel: On propose une mesure au niveau des raffineurs, c'est-à-dire de Total. - Pendant ce temps, les mauvais chiffres s'accumulent.
La croissance française marque le pas. Au 1er trimestre, la consommation des ménages a reculé. L'investissement s'est replié.
Au niveau international, la France emprunte à des taux d'intérêt élevés. Une situation qui pourrait rapidement devenir critique, alerte un ancien locataire de Bercy. - B.Le Maire: On est face à un risque de choc économique et financier majeur dans les mois qui viennent. - Alors, comment relancer la machine, quitte à faire des efforts pour soutenir l'économie?
Certainement pas les entreprises, préviennent les organisations patronales dans un courrier à S.Lecornu. S'estimant pénalisé par la hausse du Smic effective le 1er juin, le patronat réclame, au contraire, des allégements de charges. - Les entreprises vont avoir une double peine.
Elles vont devoir augmenter leurs salariés par rapport à la hausse du Smic, mais elles devront aussi payer plus de charges. - Et voilà le gouvernement face à un nouvelle arbitrage. Le ministre des Comptes publics se dit prêt à réfléchir, à réagir à des mesures globales. - D.Amiel: Certains nous demandent d'augmenter tout de suite, maintenant, en cours d'année, l'enveloppe des allégements de charges.
Ca reviendrait à augmenter les allégements de charges pour toutes les entreprises bénéficiaires, celles qui vont bien ou celles qui vont mal. Il faudrait se pencher sur les secteurs qui sont en première ligne. - Tenter de trouver un équilibre quand les mauvaises nouvelles s'accumulent...
Le FMI estime aujourd'hui que la France ne saura pas respecter sa promesse de tomber sous les 3 % de déficit en 2029. - C.Roux: Quelques voyants passent quand même au rouge... - D.Seux: Quand on liste l'ensemble des voyants économiques et politiques...
Il n'y a pas que l'instabilité qu'évoquait Christophe, l'instabilité générale. Le moral politique...
On a rarement vu...
On dirait que toutes les nouvelles vont dans le mauvais sens. Et il n'y a pas les JO pour remonter le moral... - C.Barbier: Il y a la Coupe du monde. - D.Seux: Mais on ne connaît pas le résultat.
On dirait que chaque jour creuse un peu le moral dans le mauvais sens. - C.Roux: On va faire un point sur l'état réel de l'économie.
Mais avant, question. - D.Seux: Il faudrait.
Il aurait fallu, si on avait les moyens de le faire. C'est ce qu'ont fait la plupart des pays voisins: Allemagne, Italie, Espagne. C'est ce qu'il y a de plus logique, baisser les taxes. - C.Roux: On ne peut pas le faire? - D.Seux: On n'a plus un radis.
C'est très difficile mais c'est le plus logique. Il faut habiller ça en disant "pourquoi aider le propriétaire d'une Porsche, alors qu'il faut aider l'infirmière?" L'Etat est là pour amortir les chocs.
Il n'a pas de vrais airbags, donc il cherche une rustine. - C.Roux: Quand on entend que les chauffeurs de taxi auront une aide à l'achat d'une voiture électrique ou que les infirmières à domicile auront une indemnité kilométrique...
Est-on en capacité d'amortir le choc? On disait à chaque crise que c'est la France, qu'on a des airbags, un modèle social...
On peut jouer cette carte ou c'est ça qui a changé avec cette crise? - S.Villers: J'ai l'impression qu'on joue pour la 1re fois un autre scénario.
On n'a pas la possibilité d'utiliser ce qu'on a toujours fait, soutenir massivement en dépit de notre dette. On est arrivés à un tel niveau...
On s'est un peu isolés par rapport à l'ensemble des pays européens. On peut pas reprendre les recettes du passé. Je rappelle qu'on a essayé.
On a baissé les taxes. On a mis en place un bouclier tarifaire. Ca nous a coûté plusieurs dizaines de milliards d'euros.
Pour autant, on peut dire aux autres pays européens qui mettent ces mesures en place que ça n'a pas fonctionné. - C.Roux: Ca a fonctionné pour ceux qui en ont bénéficié et qui ont peut-être mieux vécu quand ils avaient le bouclier tarifaire. - S.Villers: Il faut cibler sur les plus fragiles.
Cibler sur tout le monde avec l'idée qu'il y a toujours ce ruissellement, qu'on va continuer à consommer parce que tout le monde va avoir son pouvoir d'achat maintenu, maîtrisé, même les plus aisés...
En réalité, ils ont mis de côté. Le taux d'épargne, depuis la période covid et depuis que l'Etat s'endette massivement... 1000 milliards d'euros de dette supplémentaire...
Ca a été transféré dans la poche des Français, mais pas de tous les Français. C'est les Français les plus aisés. Il n'empêche qu'on peut regretter qu'il n'y ait pas ces aides massives.
On a bien vu que ces aides massives, de 2022 à 2025, ne nous ont pas permis de relancer la croissance. - C.Roux: Pendant ce temps, des partis politiques disent que c'est pas compliqué, qu'il faut bloquer les prix et taxer les marges de Total, par exemple. - C.Barbier: Il y a d'autres solutions que celles pratiquées par le gouvernement proposées en externe, comme en Espagne en Italie.
Il n'y a pas une relance profonde ou un effet de ressort monumental. Et si la crise dure 6 mois à 1 an, ça va leur coûter cher. Surtout, ils n'ont pas réglé leurs problèmes de crise politique.
Je pense à l'Espagne. Il y a aussi des ressorts internes dont les Français ne voient pas les limites. Ils sont persuadés que la baisse de la TVA générale ou la baisse générale des taxes va bénéficier davantage aux propriétaires d'une Porsche qu'à eux.
L'argent est rare et doit être réservé à ceux qui en ont besoin. Je pense que ce message est passé. - C.Roux: Les Français l'ont compris? - C.Barbier: Je pense.
Dans la mesure proposée par le RN, il y a un effet de souffle compensé par cette effet de finesse: "Pourquoi mon voisin sans problème aurait droit à la même aide que moi? Pourquoi on paye pareil à la pompe?" Ensuite, sur LFI, sur sa clientèle électorale, ça marche à plein.
Ceux qui ont été sensibles aux arguments pour la taxe Zucman, qui sont persuadés qu'on doit avoir un moment politique de redistribution violente entre les riches entreprises ou particuliers et les pauvres. Ils pensent qu'il y a de l'argent caché massif et qu'il faut simplement trouver l'outil politique pour trouver cet argent. - C.Roux: Les politiques ont compris le message passé par C.Barbier?
On comprend que la prime carburant sera plafonnée à 600 euros. On va demander aux entreprises de compenser une partie économique. Les entreprises sont prêtes à le faire? - O.Détroyat: Elles étaient prêtes à prendre leur part de l'effort collectif à faire pour prendre la France...
Mais ces efforts ne se traduisent pas par des efforts suffisants au niveau de l'Etat pour remettre les comptes d'équerre. Cette impression monte du tonneau des Danaïdes où on fait des efforts, tout le monde, les Français et les entreprises mais qu'au niveau politique, les grands moyens ne sont pas pris pour remettre la France d'équerre. C'est vrai que ça monte assez fort dans le milieu patronal.
L'inflation reste contenue à la pompe. Si elle se généralise, notamment au niveau alimentaire ou d'autres postes importants du budget des ménages, ça va être plus compliqué socialement et politiquement à circonscrire. - C.Roux: On a vu l'agacement des entreprises sur l'éventuel coup de rabot sur les allégements de charges.
Une lettre commune du Medef, de la CPME, de l'U2P parle d'une double peine. - D.Seux: Je suis convaincu que la réponse sera que c'est bien gentil de verser à chaque salarié un complément tout en leur demandant de réduire les aides.
Ils vont dire: "Merci, monsieur le Premier ministre, mais soyez cohérent." Il y a un climat de tension. Il se traduit dans les relations entre le gouvernement et les entreprises à un niveau qu'on n'avait pas connu. - C.Roux: C'est intéressant de s'arrêter sur ce point entre S.Lecornu et le patron du Medef. - D.Seux: Je ne sais pas si c'est une inimitié personnelle, mais il y a des tensions.
Il y a eu la proposition des organisations patronales de changer la règle budgétaire et d'en faire une règle d'or: "Plus droit au déficit." La réponse du Premier ministre a été cinglante, en gros, "mêlez-vous de ce qui vous regarde". La relation est tendue et c'est normal.
Le pays est tendu. - C.Roux: Mais C.Barbier disait que les Français entendent l'idée que cette crise nous est imposée et qu'on la subit.
C'est moins vrai pour les entreprises? - D.Seux: Je pense que les entreprises sont ulcérées par les concessions faites aux socialistes dans les négociations budgétaires, notamment sur la réforme des retraites.
Beaucoup pensent que c'est définitif. Le pacte de confiance a été cassé à cette époque, à l'automne. Je n'ai pas le même sentiment.
Je pense que les Français regardent ce qui se passe dans les autres pays et se disent que la baisse des taxes...
Je crois que le RN a trouvé un argument assez puissant pour l'avenir: la baisse des taxes sur l'énergie. Ca fait un an et demi qu'il la martèle. - C.Barbier: C'est en cohérence parfaite avec la revendication d'une baisse générale de la TVA, dans leur combat historique pour le pouvoir d'achat des Français.
C'est ce combat qui a sauvé M.Le Pen en 2022 de la concurrence idéologique d'E.Zemmour.
Mais sur les entreprises, le gouvernement a la rancoeur des coups bas contre le Medef lors de la séquence budgétaire. Il y a eu ce meeting qui devait se tenir à Bercy, un meeting fantôme... - C.Roux: Le gouvernement est prudent sur ce sujet.
Le ministre de l'Economie a dit ceci à l'instant. On a eu une augmentation de 10 millions d'euros des recettes du carburant. Cette transparence, c'est pour répondre aux arguments du RN avec l'idée qu'on se ferait une cagnotte sur le dos des Français? - C.Barbier: La cagnotte, le mythe de la fin des années 90, de l'ère Jospin...
Plus personne ne peut y croire. Il n'y a plus d'argent dans les caisses françaises. Il n'y a pas de phénomène qui remplit naturellement ces caisses, hormis la croissance. - C.Roux: S.Villers disait que c'était la première fois, peut-être, que la France faisait face à une crise sans ses habituels airbags. - D.Seux: A ma connaissance, c'est la 1re fois qu'on a une crise absolument sans airbags.
C'était prévisible. - C.Roux: Justement, question. - O.Détroyat: On voit surtout que le gouvernement est démuni face à tout ça.
Il y a eu la tentation au début de la crise de dire que ce sont les distributeurs De carburant qui s'en mettaient plein les poches, qu'ils avaient augmenté leurs marges...
Le gouvernement était démuni face à une situation exogène qui traduit bien le déséquilibre et la fin de la mondialisation telle que certains l'ont connue. - C.Roux: Ce qui est compliqué, dans notre situation d'observateur...
Le Premier ministre dit que l'économie tient, qu'il y a des indicateurs inquiétants, des défaillances d'entreprises au plus haut depuis 2015. Dans le même temps, l'attractivité de la France, dans un baromètre, est en tête en Europe. 852 projets financés par des investisseurs étrangers.
L'indice de l'activité du secteur privé en France est à son plus bas et évoque une récession. En préparant l'émission, on ne sait pas dire si ça va bien ou pas. - C.Barbier: C'est Churchill: "La situation est désespérée, mais elle n'est pas grave." Oui, on a plus d'airbags, mais dans l'histoire longue, en 1815, ou après la Première Guerre mondiale, l'état de destruction était incomparable.
On n'a pas cherché un airbag ou des amortisseurs et on s'en est remis. - C.Roux: Mais il n'y avait pas une telle compétition au niveau mondial. - C.Barbier: Mais il y avait une compétition aussi.
Ce n'était pas gagné. Après la guerre de 1870, en quelques années, on a remboursé notre dette de guerre. La France doit penser en réponse, en effort, en investissements, plutôt qu'en amortisseurs.
Nous avons fait le choix, depuis les chocs pétroliers des années 70, d'avoir l'édredon le plus épais possible, pour que ça fasse moins mal quand on tombe, mais pas de trampoline. Vous ne pouvez pas avoir quelque chose qui soit à la fois un matelas et un trampoline. On a choisi le matelas.
On doit penser trampoline. Ca veut dire des investissements dans le nucléaire, etc. C'est tout l'enjeu de la campagne de l'année prochaine.
Qui pourra de nouveau proposer un matelas épais financé par l'argent public en étant crédible? Il faut passer à l'effort, au trampoline, mais il ne faut plus que ce soit du sang et des larmes. - S.Villers: Par le passé, il y a eu cette vision de long terme qui rassurait à la fois les ménages et les entreprises.
Aujourd'hui, les entreprises se disent que l'Etat a fait des mauvais choix et on demande aujourd'hui aux entreprises de payer une partie des erreurs prises par le gouvernement. Comme les caisses sont vides, pour faire face à l'inflation, il faut des augmentations de salaire. Or, les entreprises se disent qu'elles n'ont pas cette marge non plus.
L'activité est au ralenti. Les perspectives de croissance de chiffre d'affaires pour les entreprises sont plutôt moroses. En plus, elles sont prises par la problématique des taux d'intérêts qui sont de plus en plus élevés.
C'est aussi du fait de la France. On disait l'an dernier que s'il n'y avait pas de budget voté, les taux d'intérêt allaient se tendre. Ils se sont retendus avec la guerre en Iran.
Les entreprises font face à une évolution technologique de l'IA et doivent investir massivement avec des taux record. C'est le moment d'investir, mais les entreprises se demandent si ça sera rentable. - C.Roux: Avec une spécificité dans cette crise: on ne sait pas quand elle s'arrêtera.
C'est souvent le cas d'une crise, mais c'est entre les mains des belligérants de la guerre en Iran. Le Premier ministre a fait de scénario, un scénario optimiste de retour à la normale cet été ou cet automne et un scénario noir de destruction des sites de production d'hydrocarbures. Ce n'est pas le scénario qu'il souhaite retenir.
Question. - C.Barbier: Il n'y aura pas de prochain budget.
Je suis un peu dans la politique-fiction...
Fin 2026, on va négocier le budget 2027 avec des résultats décevants pour 2026. Il faudra être encore plus durs. Pas de majorité possible.
Fin décembre, on fera une loi spéciale. Reconduction par tranches. Après, on dira que le prochain président s'en occupera.
On va passer une loi spéciale pour 2 mois comme en 2025-2026. Mais pour aller jusqu'à la présidentielle, dissolution dans la foulée, nouvelle Assemblée mi-juin, fin juin...
On est à l'été. C'est déjà le budget 2028 qui se profile. Le président élu, quel qu'il soit, devra prendre le taureau par les cornes.
On le sent un peu à travers ce qui a fuité. Il faudrait en avoir la confirmation. E.Philippe semble prévoir un référendum pour valider un projet déjà dans la Constitution depuis quelques années, une règle d'or et la capacité pour le gouvernement de légiférer par ordonnance sur de nombreux sujets.
C'est assez césarien. Ca ressemble à du de Gaulle de 58-59. Déjà, il faut être élu.
En aura-t-il le temps? J'en suis pas sûr. Mais pour moi, on n'aura pas de budget 2027. - D.Seux: Ce qui serait souhaitable, c'est que l'ensemble des partis, rêvons un peu, se mettent d'accord pour, en septembre, conclure une copie d'attente et qu'on s'accorde sur un budget pour attendre le débat présidentiel.
C'est un scénario de fiction mais ce serait le plus souhaitable. - C.Roux: Mais quand on écoute l'AIE...
B.Le Maire disait qu'ils sont très alarmistes. Néanmoins, c'est l'Agence internationale de l'énergie qui dit que des pénuries sont envisageables en juillet ou août et alerte sur les possibilités de "basculer en zone rouge" concernant le pétrole.
Une information sur les Etats-Unis, un plongeon des stocks de brut et des stocks qui reculent plus vite que prévu. De l'avis de l'AIE, on va pas vers des lendemains qui chantent. - D.Seux: C'est peut-être parce qu'elle est installée à Paris qu'elle est aussi pessimiste.
Il y a déjà des pénuries sur un certain nombre de segments. Le fioul, qui fait avancer les porte-conteneurs, les pétroliers, un pétrole assez spécial, il en manque déjà. L'ensemble des compagnies internationales ont décidé de faire ralentir leurs tankers, super tankers et porte-conteneurs.
Ensuite, il y a des produits très spécifiques comme les carburants pour les machines de travaux publics, qui sont en difficulté. La pénurie dans les stations, on ne la voit pas pour l'instant. Je me souviens quand même que l'AIE nous avait dit il y a 3 mois que ça arriverait maintenant.
Pour l'instant, je ne vois pas de pénurie. - C.Barbier: Pour l'Afrique, c'est catastrophique, les engrais.
Ca devait arriver à la mi-juin pour les semailles. On se prépare peut-être à une prochaine famine en Afrique par manque d'engrais. La catastrophe humanitaire pourrait s'ajouter à la catastrophe économique. - C.Roux: En tout cas, c'est aussi la catastrophe pour les Français.
Les vols de carburant se sont multipliés en France. Les agriculteurs doivent renforcer la sécurité autour de leurs zones de stockage de carburant. - Elle est presque devenue experte en vol de carburant. - Les réservoirs des camions sont directement accessibles.
Il suffit d'ouvrir le bouchon et ils viennent et prélèvent directement dans le réservoir. Ils peuvent aussi percer le réservoir pour se servir. - Angélique est patronne d'une entreprise de transport routier.
Il y a quelques semaines, elle s'est fait voler près de 10 000 l de carburant. 20 000 euros de préjudice. Alors, pour protéger sa flotte de camions, elle a investi dans des caméras de vidéosurveillance pour retrouver les voleurs grâce à un appel à témoins. - On estime qu'il y a minimum 3 individus.
Chacun porte plusieurs bidons. Lors de cette intrusion, on les a fait fuir. Avec cette publication, des personnes nous ont contactés.
Il y a des noms identiques qui reviennent. On espère que cela fera avancer l'enquête. - Des affaires qui se multiplient.
Les vols de carburant, nouveau fléau dans une France où le litre de gazole est à 2,20 euros. Même les pompiers de Brest en ont fait les frais. Les vidéos des victimes, pour beaucoup des routiers, se multiplient. *-Ils ont forcé le réservoir. *-Tu commences ta journée, tu vois ça. *-Un petit trou et on pompe tout. - Des professionnels exaspérés et des gendarmes sur le qui-vive. - Ils étaient à proximité des caméras.
Ca nous aide. - Les conseils que je peux donner, c'est utiliser les grandes aires comme celle-là ou faire le plein au moment du départ et pas du stationnement, surtout à l'approche du week-end. Ils sont censés être stationnés le samedi et le dimanche.
Ca laisse moins de temps aux auteurs de le faire au moment du départ. Ca limite les vols de grande quantité. - Une autre profession est particulièrement touchée: les agriculteurs.
Il y a quelques semaines, au petit matin, Franck a trouvé le réservoir de son tracteur percé. - Il y avait une grosse marre de fioul par terre, de carburant. Bien sûr, la jauge à sec.
Impossible de travailler le lendemain. J'ai voulu prendre un autre tracteur. L'autre, pareil. - 800 l de carburant envolés.
Depuis début mars, une vingtaine de fermes du département ont été visitées. Une solidarité s'est créée avec ses collègues. Un groupe WhatsApp sert à donner l'alerte. - "Véhicule suspect, Mercedes classe A inspectait autour de ma ferme." Aussitôt, ça vibre et les 100 agriculteurs à la ronde surveillent. - Un coup dur de plus pour cette profession déjà épuisée par les crises à répétition. - On en a marre.
C'est plus possible. On a déjà eu toutes les hausses suite au conflit en Ukraine en 2022. Là, le conflit au Moyen-Orient.
On a pris 70 % sur le carburant, peut-être plus. J'ai dû en racheter suite au vol que j'ai subi. Les engrais vont doubler.
On est au bord de l'asphyxie. On ne veut plus de discours. On veut des résultats tout de suite. - En France, le vol de carburant est puni de 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende. - O.Détroyat: Voler du carburant dans un tracteur, ça m'interpelle.
Ce sont des cibles assez faciles, les agriculteurs, les transporteurs. Les travaux dans les champs vont commencer. Les cuves agricoles sont pleines.
Ca traduit les tensions qu'il y a aujourd'hui. On ne sait pas trop par qui c'est fait. Il y a certaines personnes qui revendent le carburant.
Ca peut aussi être des particuliers. C'est pas la première fois qu'on a connu ça. Dans les exploitations agricoles, il y avait eu plus de 16 000 vols, et pas que du GNR.
Il y a eu des engrais, du cuivre, dans les sites industriels. On voit qu'on est dans un moment un peu de bascule sur les produits du quotidien et sur la difficulté de l'inflation. - D.Seux: C'est un cocktail explosif.
Vous avez la question du carburant et la chienlit, le problème de la sécurité. La sécurité n'est pas au quotidien dans les villes, mais dans les champs. - O.Détroyat: Sans qu'on puisse s'en prémunir. - D.Seux: Il y a une exaspération des agriculteurs, mais pas simplement d'eux.
Pourquoi? Est-ce que c'est l'Etat qui est responsable? Il y a un incivisme qui se répand. - C.Roux: Est-ce que la réponse peut être européenne?
La Commission européenne a prévu 200 millions d'aides aux agriculteurs. A.Genevard, la ministre de l'Agriculture dit: "Il faut qu'on produise des engrais pour être autonomes." Tout ce qu'on a abandonné depuis ces 20 dernières années, il faut retrouver une forme de souveraineté.
C'est ce que révèle cette crise. - C.Barbier: C'était le paracétamol en 2020.
Maintenant, ce sont les engrais. - O.Détroyat: Pour avoir des engrais, il faut du gaz. - C.Barbier: C'est un vrai problème.
La réindustrialisation du pays s'étend jusqu'à ces domaines. Pour les vols qu'on a vus, ça va donner du gardiennage et de l'autodéfense ainsi que de la tension localement. Pour les professionnels, ils ont des gros stocks de carburant.
Les vols sont majeurs. Pour les particuliers, la seule solution est de ne plus faire le plein. On peut mettre 10 l.
Comme ça, la perte est minimum. On va tous les jours remettre 10 l, comme on fait le plein de sa voiture électrique. - C.Roux: On est face à une France qui s'appauvrit, c'est le sentiment.
Quand on siphonne le carburant dans les tracteurs... - C.Barbier: C'est la France du système D pour dépenser le moins possible.
Je prends les transports en commun pour travailler. Même voler quelques litres d'essence, c'est toujours ça de pris. - C.Roux: Question.
Est-ce qu'il faut se tourner vers l'Europe en disant: "Répondons ensemble à cette crise en Iran." - D.Seux: Ce qu'on attendait de l'ensemble des gouvernements européens, c'était de forcer D.Trump à associer l'Europe à cette guerre en Iran, qu'il a menée sans consulter personne et sans prendre en considération l'impact sur tout le monde.
Le niveau européen nous déçoit. L'Europe est-elle une puissance? Non.
Devrait-elle l'être? Oui. On a-t-elle la volonté?
Ca devrait être la grande question. Il faut être plein d'espoir là-dessus. Une bonne nouvelle... - C.Roux: Il y a l'air d'avoir quelque chose d'urgent qui s'est passé. - O.Détroyat: Non.
Lecornu II vient d'annoncer quelque chose. - D.Seux: En début de semaine, il y avait les ministres du G7 réunis.
Ils ont pris une décision intéressante de se mettre à produire, dans les pays occidentaux, les terres rares. On en parle beaucoup. Ils servent dans les voitures, dans les batteries électriques...
Avec l'Australie, le Japon, on a décidé de baisser la dépendance à la Chine. Quand on veut, on peut le faire. Il y a un virage en train d'être pris pour essayer de réindustrialiser et de recouvrir de la souveraineté.
Ca montre que c'est possible. - C.Roux: La BCE et la croissance de la zone euro ne devrait pas dépasser 0,9 % en 2026.
L'inflation devrait culminer à 3 %, au détriment du pouvoir d'achat des ménages, précise la BCE. Bruxelles redoute des pénuries de produits raffinés. Les engrais, l'hélium, si le conflit... - D.Seux: C'est la stagflation.
Vous avez de l'inflation avec une croissance très molle. La croissance américaine reste toujours... - S.Villers: Plafonner l'inflation sur l'ensemble de l'année à 3 %, c'est très optimiste.
A moins que la BCE se mette à augmenter ses taux d'intérêt, mais on basculerait tout de suite en récession...
On n'a pas encore vu les effets sur l'inflation. Ca va se traduire certainement par une hausse des prix alimentaires. On a vécu ça pendant la guerre en Ukraine, en 2022.
Il n'y a pas de surprise. On peut déjà faire... - C.Roux: Oui, mais un des experts invités sur le plateau nous expliquait que la difficulté, c'est que les prix qui ont augmenté de 6 % n'ont jamais retrouvé leur niveau d'avant-crise.
On est sur une hausse de 3 % qui s'ajoute à celle de 6 %. - S.Villers: Oui, mais il y a eu des réajustements.
Les retraites ont été indexées sur l'inflation. Ils n'ont pas perdu...
Et les salaires, qui ont pu, avec un décalage...
Ils ont rattrapé...
Le pouvoir d'achat n'a pas été entaché. Aujourd'hui, si on est dans le scénario noir annoncé par Lecornu, l'inflation à 3 %, c'est une inflation extrêmement faible. Les produits alimentaires ont connu des hausses à 2 chiffres lorsqu'il y a un problème de récolte, lorsqu'on obtient moins d'engrais.
C'est à ce moment-là que les aides doivent être données, notamment aux agriculteurs. Ils doivent faire face à une problématique d'engrais...
On doit éviter qu'il n'y ait pas d'autre option que d'augmenter massivement les prix. L'inflation sera bel et bien installée. Il faut agir au plus vite pour les agriculteurs, à travers les aides à l'engrais, pour leur permettre une récolte pas dramatique et maintenir des prix acceptables. - C.Roux: Puisqu'on est avec l'idée que les prix de l'alimentation vont repartir à la hausse, ils sont déjà repartis à la hausse...
On parle d'une augmentation de 2,2 %, pour l'instant, pour la France. Un rapport du Sénat dénonce des pratiques prédatrices de la grande distribution. Pratiques abusives, menaces, intimidations...
C'est A.Guhl qui s'exprime. - A.Guhl: Si on prend l'alimentaire, sur 100 euros dépensés par le consommateur, les agriculteurs en perçoivent 8.
Les transformateurs et les industriels en perçoivent 14. 35 vont aux importations. Plus de 40 reviennent à la distribution et aux services. - C.Roux: On essaye de savoir qui profite de cette situation de crise. - O.Détroyat: C'est un sujet qu'on avait beaucoup abordé après la guerre en Ukraine.
On cherche à savoir qui profite de la crise. Si on prend la filière alimentaire, depuis un an, globalement, chaque maillon de la chaîne a pris sur ses marges que ce soient les distributeurs ou les industriels. Il y a une volonté de contenir l'inflation.
Les distributeurs et les industriels ont conscience que si les prix augmentent en rayons, ils vont perdre des volumes, au vu de la difficulté du pouvoir d'achat des Français. On arrive à un moment où la guerre des prix arrive au bout de ce qu'on peut faire. Croire qu'on va pouvoir réajuster la valeur entre les maillons de la chaîne sans que ça se traduise par une augmentation des prix en rayons, c'est illusoire.
On a parlé des engrais, mais il y a aussi les emballages, les dérivés du plastique. Les coûts du carburant...
Un ensemble de coûts et de pressions inflationnistes qui se font ressentir en rayon. Le gouvernement essaye de contenir ça à Bercy. Il va peut-être falloir... - C.Roux: On est dans un moment où chacun se renvoie la balle, en sachant que les agriculteurs donnent le sentiment d'être au bout de la chaîne et de subir la pression.
Distributeurs et industriels se renvoient la responsabilité de l'augmentation des prix. - D.Seux: Oui. - C.Barbier: Quel que soit le scénario, l'agriculteur est toujours perdant.
Néanmoins, il y a un responsable à tout ça: le consommateur. Cette puissance de la grande distribution est fondée sur l'attrait prix. "Nous défendons votre pouvoir d'achat.
Grâce à nous, c'est moins cher. Vous aimez le moins cher." Les consommateurs protestent mais votent pour la grande distribution chaque fois qu'ils font leurs courses. - D.Seux: Les marges de distribution...
Les résultats de la grande distribution se font sur le volume avec une marge faible. Ca donne des gros bénéfices. - C.Roux: Il y a les carburants, les produits de consommation qui commencent à être impactés par l'augmentation des matières premières.
Comment cela se traduit concrètement? Nos équipes sont allées voir comment les producteurs sont confrontés à la hausse des tarifs à chaque étape de la production. - C'est une ferme familiale implantée dans la Somme Depuis 3 générations.
Ici, on travaille le lait de pâturage de A à Z. Combien pèse la crise à chaque étape de sa production? On est allés poser la question.
Grégoire est le cogérant de la ferme, où la nourriture des 100 vaches laitières est locale. - Céréales produites sur la ferme. De l'herbe et des betteraves. - Pourtant, la crise dans le détroit d'Ormuz pèse dès le début de son processus de production avec la hausse des prix de l'engrais et du carburant pour les tracteurs. - On est à 30 % sur le prix du gazole.
C'est une chose à laquelle on ne s'attendait pas. On se dit qu'on va patienter et que ça va redescendre. Là, ça fait quelques semaines.
Ca ne descend pas. - Dans l'exploitation, tout est optimisé. Cette salle de traite ultramoderne fonctionne en continu grâce à des robots. - On va venir collecter le lait.
On va quantifier la quantité de lait. On va analyser la qualité. - Mais les consommables et les pièces détachées, pour beaucoup en plastique, voient leur cours flamber... - On est sur de l'ordre de 10 à 15 %. - Dans un contexte où les prix de l'énergie augmentaient déjà avant même le début de la guerre en Iran.
Après la traite, le lait arrive dans ces cuves pour être pasteurisé. - La température du lait, on vient le pasteuriser à 85 degrés pendant 15 minutes. Les factures d'électricité entre l'ancien et le nouveau contrat, c'est 20 % d'augmentation.
Sur les économies de consommation d'énergie, on économise sur les emballages. - Ca aussi, c'est un poste qui augmente et qui pèse lourd, au vu du nombre de yaourts emballés ici. - On met la date, l'opercule et on éjecte.
On a à peu près 1000 pots à l'heure. On fait à peu près 7000 yaourts par jour. On a une augmentation de 5 à 7 % sur le carton, et sur les opercules.
Ils ont pris 20 %. - Quand les factures s'alourdissent à tous les étages, surgissent forcément les questions sur la rentabilité de l'entreprise, qui fait travailler une dizaine de salariés. - On s'engage avec eux.
C'est une entreprise familiale. On a des engagements. Ils sont au courant que je ferai tout pour garder ma main-d'oeuvre.
Ce n'est pas facile à vivre. On doit se remettre en question systématiquement, recalculer nos coûts, essayer de trouver des solutions immédiates. - Car l'addition des hausses n'est pas tout à fait terminée.
Une fois emballés, les yaourts partent en quasi-totalité vers des fromageries, quelques supérettes ou des restaurants d'entreprise. - On est en train de charger un client qui s'en va dans l'Oise, chez Chanel. - Et la facture du transporteur a aussi flambé dès les semaines qui ont suivi la fermeture du détroit d'Ormuz. - Le prix du gazole a augmenté.
Ca s'est répercuté sur nos factures finales. Plus 15 %. C'est énorme.
On ne peut pas faire sans. Cette prestation est obligée d'être réalisée. - Le carburant pour les tracteurs, plus 30 %.
Les engrais, plus 40 %. Plus 15 % pour les consommables. 20 % pour l'électricité. 5 % de hausse sur les pots. 20 % sur les opercules. 15 sur le transport.
Produire ce pot de yaourt coûte à Grégoire 7 % plus cher qu'il y a quelques mois. Il a dû se résoudre à appeler ses clients pour augmenter ses prix. - 7 à 8 %, ça va augmenter de 5 centimes.
On va essayer d'absorber 50 % de cette augmentation. Sur un yaourt, nos augmentations vont être impactées à hauteur de 2 à 3 centimes. C'est pas toujours bien perçu.
Ca fait changer les tarifs dans les magasins et dans les catalogues. Je leur fais passer le message sur le fait qu'on est arrivés à un seuil où on ne peut plus. - Avec l'espoir que le consommateur final accepte lui aussi de payer quelques centimes de plus ses courses en rayon. - C.Roux: Aura-t-il le choix?
Il est intéressant, ce reportage. - D.Seux: Les autres aussi, bien sûr.
Il est passionnant. Il décortique l'économie. On voit bien qu'on arrive au moment de cristallisation.
Tout le monde a serré la ceinture, a pris sur ses marges. A un moment, c'est pas possible. C'est la raison pour laquelle le Premier ministre tient une conférence de presse.
Nous changeons de moment. - C.Roux: "Nous changeons de moment", ça veut dire qu'il nous prépare à entrer dans le dur? - D.Seux: On est passés d'un coup dur à une vraie crise. - S.Villers: L'inflation est en train de se diffuser, comme on a connu...
Les marges de manoeuvre sont plus réduites. La BCE est très embarrassée, dans cette séquence. En 2022, elle pouvait augmenter ses taux d'intérêt.
Elle partait de zéro. Il y avait cette marge. Ca a permis d'essouffler l'inflation, sans précipiter les pays européens dans la récession.
Aujourd'hui, quelle est la marge de manoeuvre de la BCE? Il y a peu de croissance. - C.Roux: Les marchés anticipent une hausse des taux. - S.Villers: Ils deviennent de plus en plus circonspects.
Ils se disent que s'il y a cette hausse, c'est qu'il y a un risque de plus en plus énorme. Ce qu'on est en train d'observer, c'est que les taux longs, qui sont quand même la référence sur l'ensemble des marchés financiers, ont déjà augmenté, sur l'ensemble des pays. C'est, pour l'immobilier, qu'il y a moins d'incitation pour les ménages à aller acheter, parce que le crédit sera plus cher.
Pour les entreprises, c'est pareil. Pour eux, les taux sont plus élevés. Est-ce qu'elle va conserver un statu quo en disant...
La BCE ne peut agir que sur les taux courts. "Sur les taux longs, c'est acté. Il y a déjà une progression." Il ne faut pas qu'il y ait une progression non plus.
La BCE va se retrouver avec une inflation et la nécessité de soutenir l'économie. Avant, pour le faire, elle injectait des liquidités pour éviter la récession. Face à une situation qui va être inédite, les banques centrales vont se dire qu'il y a énormément d'inflation mais qu'il faut aider l'économie...
Il y aura peut-être une crise obligataire. Il va falloir injecter des liquidités. Ca ne veut pas dire que ça va arriver.
Pour autant, il y a énormément de risques qu'il n'y avait pas précédemment. - C.Roux: Vous êtes sur la ligne de B.Le Maire qui parle d'une grave crise financière? - S.Villers: Il y a de plus en plus d'éléments d'alerte avec cette progression.
Les taux américains atteignent des niveaux record. Les Japonais aussi. - C.Roux: Au Royaume-Uni! - S.Villers: Ca avait commencé l'année dernière.
Ca a bien progressé. On est à 3,9. On va arriver à 4 %. 4 %, on n'est plus dans le même scénario qu'on a connu...
Pendant des décennies, on était habitués à des taux à 1 %. - C.Roux: A l'époque où on arrosait et on distribuait, on disait qu'on empruntait à des taux négatifs.
Aujourd'hui, on est plus dans ce cas de figure. - S.Villers: Au moment de la crise covid, les taux étaient à zéro.
Les pays européens ont emprunté. C'était pas cher. Lorsque la crise en Ukraine a commencé, les pays européens se sont dit: "On ne peut plus aider, parce que les taux augmentent." Un seul pays a commencé à aider en faisant du "quoi qu'il en coûte", c'est la France. - D.Seux: On alertait en disant que les taux à zéro n'existaient pas pour la vie éternelle.
C'est la cigale et la fourmi...
Nous avons été cigales pendant des années. Les fourmis ont mieux fait le boulot. - C.Barbier: Mais la fourmi reste prêteuse.
Elle le fait à 4 %. Le jour où on émettra de la dette et qu'on ne pourra pas la lever, ce sera beaucoup plus dur. - C.Roux: On est dans la zone euro, qui nous protège de ce scénario? - C.Barbier: Heureusement qu'on y est.
Les Français l'ont compris. A chaque fois qu'un candidat parle du Frexit ou de sortir de l'euro, il dégringole dans les sondages. Plus personne ne le dit, y compris ceux qui le disaient il y a des années.
Ce qui nous protège, c'est l'euro, être adossé à l'Allemagne. Elle va moins bien qu'avant. - D.Seux: Le RN s'est converti à l'euro en 2019.
Ce n'est pas si loin que ça quand même. Il y a un autre facteur qui aide la France: nous avons la réputation de savoir bien prélever les impôts et d'avoir un des meilleurs systèmes fiscaux au monde. Ca ne rassure pas nos téléspectateurs, mais c'est quelque chose que les investisseurs du monde entier savent.
Le fisc français est efficace. - C.Roux: Dans les solutions qu'a le gouvernement, il y en a une d'écartée, c'est l'augmentation de la fiscalité.
Question. - C.Barbier: Les deux.
Il prolonge le "et en même temps". "Là, c'est très inquiétant et je vais essayer de vous rassurer." Il fait ce qu'il peut.
C'est sa posture vis-à-vis des Français, essayer de convaincre qu'il va dire la vérité sur le budget et qu'il va être dans le réalisme. Pour l'instant, ça fonctionne. Son socle de popularité n'est pas mauvais.
Il s'effrite un peu, mais compte tenu de la situation, il pourrait être rejeté. Personne ne pense que d'autres feraient mieux à sa place et qu'il faudrait vite le remplacer. - C.Roux: C'est un Premier ministre d'attente avant une présidentielle? - C.Barbier: Oui.
C'est aussi un Premier ministre de résilience. Si la crise devient grave, il sera balayé. - D.Seux: C'est un Premier ministre lucide, mais qui a compris que la dernière année du quinquennat va être difficile. - C.Roux: Question.
B.Le Maire disait: "C'est une responsabilité collective." Non? - D.Seux: C'est ce qu'on demande aux partis politiques, d'exercer le pouvoir que nous leur confions.
Ils n'en ont pas fait un très bon usage. C'est une responsabilité collective. J'ai pas vu beaucoup de Français défiler dans les rues en disant que le "quoi qu'il en coûte", c'était trop. - C.Roux: Question. - O.Détroyat: On était à moins 15 % sur le carburant.
Il n'y a pas qu'à la pompe que les habitudes ont changé. On voit que dans les rayons alimentaires, alors même que l'inflation reste très soutenue, la baisse du bio a été entamée il y a quelques années...
Il y a cette habitude de chercher les promotions, les rayons antigaspi qui sont dès l'entrée des magasins et qui marchent. Les reventes entre particuliers, la seconde main...
On a ces stratégies. Les Français ont pris l'habitude de vivre dans une "permacrise" où il faut s'adapter au quotidien. On trouve des solutions pour essayer de faire le dos rond. - C.Roux: 6 Français sur 10 rencontrent aujourd'hui des difficultés financières. - O.Détroyat: Cela arrive au bout. 10 % sont dans le rouge et n'arrivent pas à remplir leurs obligations financières comme payer leurs impôts ou boucler les fins de mois. - C.Roux: Question. - D.Seux: Oui.
Ils consomment, épargnent et payent des impôts. J'ai été surpris et heurté par le jour de libération des actifs. Ils ont dit: "Les actifs prennent en charge trop les retraités et ne travaillent que pour eux-mêmes au début du mois de mai." Les retraités payent des cotisations sociales, des impôts, ils consomment.
Ils aident la génération suivante. - C.Roux: Question de Hervé. - C.Barbier: Il faut augmenter tous les salaires dans ce pays, notamment celui des fonctionnaires à une condition: qu'il y ait beaucoup moins de fonctionnaires.
Il faut qu'on remplace tous les fonctionnaires qui partent à la retraite sur le terrain et aucun dans les bureaux. Il faut que l'argent économisé par ces fonctionnaires non remplacés, on le donne aux fonctionnaires qui restent. Pour l'autre moitié, on investit dans l'IA, qui remplacera les fonctionnaires qui seront... - C.Roux: Ca ne s'est jamais fait. - C.Barbier: Je viens de me faire 4 à 5 millions d'ennemis.
Je ne suis pas candidat à la présidentielle. Il faut faire ça. Ce sera très bien pour les fonctionnaires qui resteront, plus gratifiant.
On fera une évolution du statut de la fonction publique, pour aller vers beaucoup plus de souplesse. "Je rentre, je sors". La fonction publique, c'est pas à vie.
Quel candidat à la présidentielle pourra proposer ça? - S.Villers: Je trouve ça assez étonnant.
On est capables de dire qu'on a trop de fonctionnaires donc qu'il faut réduire le nombre. Comme ça, il y aura plus de hausse de salaire pour les gens du secteur public. Quand on a trop de retraités parce qu'on en a de plus en plus, est-ce qu'on dit la même chose?
Finalement, ça nous coûte trop cher? On est capables de tenir des discours qui, sur le long terme, nous sont défavorables. On ne parle pas de discours de réalité en regardant véritablement là où ça nous... - C.Roux: La désindexation des retraites, politiquement, c'est un sujet difficile? - S.Villers: Oui, mais ça a coûté 24 milliards en 2024 et 18 milliards, rien que pour l'indexation. - D.Seux: Un certain nombre de fonctionnaires...
Ce n'est pas tous les fonctionnaires qui ont vu leurs salaires gelés. Dans l'hospitalier et la police, certains salaires ont été revus à la hausse. - C.Roux: Question.
On est encore un pays riche? - C.Barbier: Oui, par son patrimoine, ses actifs et sa population ainsi que son niveau d'infrastructure et de diplôme.
On est un pays pauvre si on regarde la comptabilité. On est un pays endetté. - C.Roux: Question. - O.Détroyat: Ils l'acceptent.
Cette année sera une année touristique très bonne en France. Les gens vont partir plus près. Ils vont économiser sur le carburant.
On en revient sur ces sujets d'adaptation au quotidien. Ils l'acceptent. - C.Roux: Question. - D.Seux: Ce ne sont pas les mêmes.
Les deux tiers de l'augmentation du taux d'épargne, c'est l'épargne des retraités, qui se sont probablement dit, au moment des débats sur la retraite, "nous allons être désindexés". Ca n'a pas été le cas. Ils ont épargné et réépargné.
Ce sont les autres Français qui souffrent aussi. - C.Roux: Question. - S.Villers: C'est possible.
J'en sais rien. - D.Seux: Certains économistes avaient dit que le pétrole serait à 150 ou 200 dollars.
Il reste à 110 dollars. Il est pas monté aussi haut que c'était craint. - C.Roux: C'est la fin de cette émission.
Bonsoir, Aurélie. - A.Casse: Dans un instant, J.-P.Tanguy va réagir aux annonces de S.Lecornu sur le carburant. "Vos kilos valent de l'or"...
Le magazine "Complément d'enquête" nous en dit plus sur les piqûres anti-obésité